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 Someone that you're with ▬ Anja

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MessageSujet: Someone that you're with ▬ Anja    Mer 22 Mai - 15:31

Avec un rythme régulier, la balle cognait contre le sol avant de rebondir contre le mur. Ma main gauche la réceptionnait, puis la relançait. C’était un va-et-vient régulier, ennuyant. Je pouvais entendre l’horloge de la cuisine marquer le tempo. Cette mise en scène était sensée rééduquer mon bras, resté trop longtemps immobilisé. Tu parles… comme si cela servait à quelque chose. Ce putain de bras gauche était devenu inutile. Il n’était plus qu’une maladresse ambulante que je m’efforçais de supporter au quotidien. Autant le dire tout de suite, je n’étais pas de très bonne humeur en ce moment. Brusquement, mon bras s’agita et je ne parviens pas à rattraper la balle. Celle-ci fit quelques bonds sur le parquet avant de rouler jusqu’à la cuisine. Je lâchais un juron et regardais ce bras devenu un étranger à mon propre corps. Quelque chose avait forcément dérapée pour que j’en arrive là. Ce n’était pas forcément mon opération… c’était quasiment toute ma vie. Je secouais la tête, refreinant cette envie de pleurer qui me prenait aux trippes depuis plusieurs jours. Chialer comme une fille n’allait pas arranger mon bras. De toute façon, j’avais lâchement laissé tomber tout ce qui pourrait m’aider... A quoi bon se battre quand la bataille était perdue d’avance ? Je n’avais pas besoin d’un pseudo collègue qui m’explique que je ne retrouverais jamais ma mobilité et mon aisance de chirurgien. Je n’avais ni envie, ni besoin de l’entendre, alors j’avais coupé les ponts avec l’hôpital. Depuis mon arrêt, je n’avais jamais remis les pieds à l’hôpital que pour me faire enlever l’attèle (que j’enlevais déjà tout seul). Ce rendez-vous postopératoire avait scellé mes adieux avec le Lennox. Plus de dix de carrière et des adieux silencieux, c’était tout ce qu’il restait. Je n’étais pas seulement en arrêt médical… j’avais démissionné. Carrément. Impulsivement. J’avais rédigé une lettre avec le strict minimum et je l’avais envoyée par la poste. Une nouvelle preuve de ma lâcheté. Une réalité, j’avais honte d’être devenu cette loque humaine qui ne parvenait même plus à jouer à la ba-balle, même un clebs savait faire ça. Alors la vie de chirurgien, même de médecin, c’était un souvenir que j’avais balayé. Une réminiscence que je voulais effacer. Cette vie là, c’était tellement loin maintenant…

Lentement, je daignais lever mon postérieur du canapé devenu à la fois mon refuge, et mon meilleur ami. Il ne faisait pas encore la conversation, mais cela ne saurait tarder. Comme souvent, le téléphone sonna et automatiquement le répondeur enchaina. Je n’avais pas souvenir d’avoir pris un coup de téléphone depuis… quelque temps déjà. Je m’isolais du reste du monde et c’était mieux comme ça. C’était le chef, mon ancien chef, il appelait régulièrement pour me dire de rappeler… et je ne rappelais pas, alors il rappelait quand même. C’était stupide. Depuis le temps, il aurait du se rendre compte que je rappellerais jamais. Le Lennox n’existait plus pour moi. J’avais pris une décision et celle-ci était irrévocable. Comme je n’étais plus médecin, qu’est ce que je ferais là bas ? Je n’étais plus d’aucune utilité, alors tout ce que je voulais, c’était qu’on me foute la paix. Pour le moment, le reste du monde y arrivait plutôt bien. Même si, il y en avait qui y arrivait mieux que d’autres… Je passais ma main sur ma barbe de quelques jours. Le rasage de près était devenu accessoire. Contrairement à mes habitudes, il y avait un certain laisser-aller… Mes cheveux d’ordinaire coupés au ras du crâne étaient d’une longueur conséquente, si bien que cela commençait à boucler. J’avais horreur de ces bouclettes. La prochaine chose que je ferais, cela serait peut-être me raser le crâne… C’était une idée après tout. Je me penchais pour ramasser la fameuse balle, mais en tendant mon bras gauche, j’eu un nouveau tremblement et fit rouler celle-ci sous le meuble… putain. Je l’abandonnais là. De toute façon, je n’allais pas jouer la balle indéfiniment. Cet exercice n’était d’aucune utilité. Après avoir terminé le paquet de céréales – devenues mon alimentation de base – je balançais le carton dans l’évier et enfilais un sweat. Quelques bouteilles vides trônaient sur le bar pour que je me rappelle d’en acheter. Vodka, whisky, que des alcools forts histoire de parvenir à trouver le sommeil. Dormir, boire, fumer… j’avais la belle vie.

Clope au bec, je quittais l’appartement. Trois rues plus loin, il y avait une petite épicerie tenue par un chinois qui ne fermait jamais. Compte-tenu de l’heure avancée (21h passée), c’était parfait pour acheter de l’alcool. J’achetais trois bouteilles et passais après un adolescent boutonneux qui allait certainement se prendre une cuite avec ses copains… Veinard. Le sachet en plastique dans les bras, je marchais dans les rues de New York. J’empruntais le chemin le plus cours pour rentrer chez moi. Plus le temps passait et moins j’aimais l’extérieur. Tous ses gens qu’on croisait sans connaitre, tous ces sourires… ces regards… cela me rendait malade de deviner le bonheur des autres. Les épaules voutées, je préférais encore regarder le trottoir que me taper ce spectacle. Par inadvertance, j’heurtais quelqu’un mais cela avait tout d’un geste volontaire. « Salut Erwan… ben alors… tu réponds plus au coup de fils ? » Je haussais les épaules et me préparais à reprendre mon chemin, mais il me barra le route. « Tututuuttt Doc ! Tu viens avec nous ? » Je lui lançais un regard interrogatif et répondis tout simplement : « Non ». Mauvaise réponse. L’homme ouvrit sa veste pour me laisser apercevoir la crosse d’une arme. Je soupirais et hochais la tête. Je n’avais pas vraiment le choix, d’autant plus que l’idée de me faire, à nouveau, tirer dessus ne me disait rien. Sans un mot, je suivais l’homme qui s’appelait Max et son acolyte qui ne parlait jamais. Loin d’être idiot, il était le bras droit de mon généreux donateur. Quand à l’autre… un homme de main banal. J’avais déjà soigné l’homme d’une blessure au couteau dont il gardait encore la cicatrice à l’abdomen. Nous avions des rapports cordiaux, mais il ne fallait pas se leurrer, il était juste un chien à la botte de son maitre et j’étais le bâton qu’il venait chercher. Cela allait chauffer pour mon matricule. Je connaissais la raison, j’étais pas con. Ils avaient appelés, j’étais pas venu… c’était il y a moins de 24h et j’allais le payer cher. Pourquoi pas ? Après tout, cela me semblait logique. Nous arrivèrent dans une sorte de hangar désaffecté et à peine rentré dans le bâtiment, Max me frappa par terre. Surpris, je chutais au sol. Je pensais que y’aurait un dialogue avant mais non même pas. Ce type faisait deux têtes de plus que moi – et pourtant j’étais pas petit, il devait aussi faire deux fois mon poids. Son bras était plus gros que ma cuisse. Dans la chute, les bouteilles s’en sortaient bien. « T’as joué au con Erwan… t’as vraiment joué au con… là. » Peut-être que j’étais sensé plaider mon innocence, dire que je ne l’avais pas fais exprès… mais à quoi bon. Je reçu un coup de pied dans l’abdomen et roula en me tordant de douleur sur le sol. « Tu bosses pour nous je te rappelle… Tu nous dois de l’argent, beaucoup d’argent. » L’homme s’intéressa au contenu de mon sac, il découvrit les bouteilles et commenta : « Ben dis donc…. Tout ça pour toi… je trouvais que t’avais une sa gueule, je comprends pourquoi… » Comme si j’avais envie qu’il se permette de juger, je me redressais. « Ecoutes Max, je suis plus médecin… » Max s’empara d’une bouteille – celle de vodka – et répliqua avec fermeté. « Tant qu’on décide que t’es notre doc, t’es notre doc, compris doc ? » Ca faisait beaucoup de doc… Brutalement, Max cessa de jouer avec la bouteille. Il s’en saisit par le haut et la brisa sur mon épaule, la gauche une nouvelle fois. Je lâchais un cri et m’effondra, encore, sur le sol. Le verre avait déchiré mon sweat et l’alcool brûlait ma peau. « Je me rappelle plus, c’était cette épaule ? » « Enf… » Ma voix s’éteignit à cause d’un deuxième coup avec le reste de la bouteille qu’il tenait en main. Je lâchais un grognement de douleur. Finalement à choisir, j’aurais préféré me prendre une balle. Les coups s’enchainèrent un peu trop vite pour que je parvienne à les référencer. Max visait principalement les côtés… Peut-être qu’il y avait deux agresseurs, j’en sais rien et cela ne changeait pas grand-chose. Au bout de longues minutes tout s’arrêta, mes oreilles bourdonnaient, pourtant je parviens à lever les paupières. Les jambes que j’aperçues me semblaient familières mais… non, je devenais délirer. Cela ne pouvait pas être elle. C’était une hallucination, un délire… Mais il faut croire que non. « Anja Malkovski » sembla saluer Max. Oh non, c’était bien ce que je croyais. Ma joue se reposa sur le bitume glacée.
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MessageSujet: Re: Someone that you're with ▬ Anja    Sam 25 Mai - 23:15




Distraite, Anja écoutait vaguement le dernier titre en vogue qui passait à la radio tout en regardant la ville qui défilait par la vitre opaque de sa voiture. La chanson parlait de jeunes qui voulaient faire la fête et avait un rythme endiablé. C’était même trop bruyant pour elle et elle demanda au chauffeur de couper la musique. Le silence empiéta peu à peu sur les dernières notes qui résonnaient encore dans son esprit pour ne finalement laisser place qu’au ronronnement rassurant du moteur. La soirée était déjà bien entamée mais dehors, il faisait encore clair. Les lampadaires ne s’étaient même pas allumés et les passants se promenaient avec insouciance. Certains déambulaient en se tenant la main, d’autres allaient d’un pas pressé une bouteille à la main, certainement pressés de se rendre à une soirée, et puis il y avait ceux qui étaient seuls mais pas tant que ça parce qu’ils étaient soit au téléphone, soit avec un casque sur la tête. Indifférente, la russe observait le manège de cette ville et la routine de ces gens sans même leur envier la simplicité de leur vie. Elle se disait parfois, que ce pourrait être plus simple. Mais Dieu qu’elle s’ennuierait. Elle aurait même aimé, ce soir, rester tranquillement auprès de Sevastyan mais les affaires l’appelaient. A bien y réfléchir, ça aurait peut-être pu attendre le lendemain mais elle n’avait pas envie de rester enfermée. Peut-être que ce n’était qu’une excuse cachée et qu’une fois l’affaire réglée, elle sortirait. Elle verrait bien.

La berline freina puis finit par se stopper. Plongée dans ses pensées, elle n’avait même pas remarqué qu’ils s’approchaient de l’entrepôt. Ses pupilles se levèrent légèrement et elle vit, dans le coin de ciel qui se découpait derrière la hauteur du hangar, que le ciel s’assombrissait. Il faisait peut-être encore jour mais le temps se couvrait et ce fut au moment où elle se dit qu’il allait bientôt pleuvoir qu’elle vit les premières fines gouttes s’écraser sur son carreau. Resserrant autour d’elle son manteau, la brune songea qu’elle aurait dû prendre son écharpe. Se décidant finalement à affronter la légère pluie, elle ouvrit la portière et quitta l’habitacle après avoir posé ses talons sur le sol encore sec. Elle rejoignit en quelques rapides enjambées la porte, pressant le pas puisqu’elle n’avait rien pour s’abriter ni le visage ni son joli chignon. Elle jeta un bref regard à la caméra qui surveillait l’entrée du bâtiment, devinant l’homme qui observait les écrans et la voyait arriver. La porte s’ouvrit sans qu’elle n’ait à frapper, l’homme derrière la caméra devait l’avoir reconnue, et aussitôt eut-elle mis le pied dans le hangar, elle entendit des bruits de coups, des râles et des plaintes de douleur. A peine quelques mètres plus loin, un homme se faisait corriger par Max et Sergej, deux hommes de la mafia russe. Elle les connaissait, évidemment. La silhouette du troisième lui disait vaguement quelque chose et elle se dit qu’il devait les avoir mis sacrément en colère pour qu’ils s’acharnent ainsi sur lui. Sans y prêter réellement attention, elle s’avança néanmoins vers eux pour s’enquérir de l’endroit où se trouvait le patron, Grisha, un cinquantenaire à la tête de toute la branche new-yorkaise de cette Mafia Rouge et avec lequel Anja traitait depuis l’ouverture de son agence. Ce ne fut qu’arrivée près d’eux qu’ils cessèrent leurs coups, Max la saluant comme si tout était normal, et qu’elle lança un rapide coup d’œil à l’homme sur le sol pour se rendre compte, avec effarement, qu’elle le connaissait. Et qu’il n’était pas qu’une simple connaissance comme elle avait pu le suggérer en entrant.

Erwan. Elle ne l’avait pas revu depuis… près d’un mois et demi. Et leur dernière entrevue avait été légèrement explosive et pas très agréable. Subitement, l’arrière-goût amer qu’elle avait eu en bouche après qu’il ait quitté son bureau lui revint, là dans ce hangar désert. Elle se rappelait s’être sentie mal après qu’il soit parti, ses mots raisonnant inlassablement dans son esprit sans la laisser tranquille. "T’as raison sur un point Anja… Maintenant j’ai un truc à regretter." Elle s’était dit qu’elle devait être faite pour ça : faire regretter les gens d’avoir un jour croisé son chemin. C’était une malédiction comme une autre et elle l’acceptait sans broncher. Qu’aurait-elle pu faire de toute façon ? Lui courir après ? Le rappeler ? Non. Son égo l’en avait empêché pourtant elle se souvenait avoir hésité une ou deux fois en passant sur son nom dans la liste de ses contacts. Elle aurait pu, elle aurait peut-être dû, lors de l’une de ses soirées solitaires, essayer de l’appeler. Ou, juste, lui envoyer un message. Mais pour quoi faire ? Pour dire quoi ? Aux vues de la discussion qu’ils avaient eue, il lui semblait qu’ils n’avaient plus grand-chose à se dire, l’un comme l’autre campant sur leurs positions sans vouloir entendre l’autre, elle peut-être plus encore que lui. Elle n’avait pas rappelé. Elle avait failli le faire quand, quelques jours après leur dispute, elle avait ouvert le sac de vêtements qu’il était venu lui ramener. Loin de n’y trouver que ses affaires, elle y avait découvert une caméra avec un petit mot. Elle aurait pu sourire en lisant ses propositions si l’objet ne l’avait pas rendue si mélancolique de la complicité qu’ils avaient partagée. Seulement alors, elle s’était rendu compte comme tout avait été vite, trop vite. Elle les revoyait dans cette chambre d’hôtel, alors qu’il lui proposait avec un sourire sous-entendu de faire une sex-tape. Et puis il y avait eu les fusils, le sang puis l’hôpital. Et ce week-end, un peu étrange, un peu irréel. Trop rapide. Elle s’était dit qu’ils ne pouvaient plus revenir en arrière, en fixant l’emballage du caméscope. Elle avait songé à aller le lui rendre, mais ça aurait voulu dire aller chez lui et faire le premier pas. Elle avait pensé aussi à le renvoyer par courrier mais ne l’avait pas fait, pas plus qu’elle n’avait mystérieusement pas effacé son numéro de son répertoire. Et maintenant il était là, devant elle, ou plutôt à ses pieds, le vêtement déchiré et le visage en sang. Elle sentit son cœur se serrer vaguement tandis qu’elle relevait ses yeux vers Max et son acolyte, les graciant d’un léger hochement de tête.


    « Max. Sergej. »

Elle aurait voulu dire autre chose mais rien ne sortit. Son premier instinct était de ne pas montrer qu’ils se connaissaient trop… intimement, néanmoins elle venait de décider qu’elle ne le laisserait pas se faire tabasser sans rien tenter. Son cerveau tournait à toute vitesse comme elle se demandait ce qu’elle aurait bien pu faire mais Max dut voir à son expression qu’elle s’interrogeait sur la raison d’un tel passage à tabac puisqu’il se mit à s’expliquer de lui-même sans qu’elle n’ait encore rien demandé.

    « Vous inquiétez pas, c’est rien qu’un petit rappel à l’ordre. Vous venez voir le patron ? »

Un rappel à l’ordre ? Pourquoi faisaient-ils un rappel à l’ordre à Erwan ? Ils ne procédaient ainsi que pour leurs collaborateurs qui leurs faisaient faux bond ou ne respectaient plus le marché initialement passé. Se pouvait-il que le médecin, cet ancien amant, soit en lien avec la mafia qui la parrainait sans qu’elle ait rien vu ? Les questions tournaient dans sa tête mais les paroles de Max lui avaient au moins apporté de quoi donner la relance, ce qu’elle fit, l’œil subitement plus vif.

    « S’il est disponible, oui, j’aimerais le voir. Il sait que vous abîmez un médecin talentueux ? »

C’était là sa seule porte d’entrée, sa seule manière de pouvoir agir. Ça devait quelque part avoir fonctionné car les deux compètes échangèrent un regard surpris, se demandant certainement comment elle pouvait être au courant de son métier puisque rien ne le laissait deviner. Soudain un peu sur la défensive, Max la dévisagea une seconde avant de poser la question la plus évidente.

    « Vous le connaissez ? »
    « Suffisamment pour savoir qu’il est médecin, et plutôt doué. »

Max haussa un sourcil, semblant croire assez volontiers ce qu’elle racontait sans chercher beaucoup plus loin. Après tout, le doc avait opéré bon nombre de leurs hommes de mains ou associés, pourquoi pas la maquerelle ? Pour s’en assurer néanmoins, il se pencha vers Erwan, un genou à terre, lui relevant le visage en tirant sur ses cheveux pour l’obliger à regarder vers la brune.

    « C’est vrai ça, tu connais la Dame ? »

Le spectacle la désola néanmoins elle ne pouvait rien faire de plus, rien dire de plus. Elle s’appliquait avec suffisamment de difficulté à tenter de ne pas montrer qu’elle le connaissait et que le voir dans cet état ne la laissait pas indifférente, mais elle ne pouvait pas intervenir réellement dans les agissements des mafieux, ni se mouiller plus. Elle resta muette, fixant Erwan avec autant de recul qu’il lui était possible néanmoins son regard le suppliait de la suivre et de ne pas la contredire. Il ne devait pas comprendre plus qu’elle, n’avait peut-être même pas envie qu’elle se mêle de cette histoire et qu’elle reste loin de lui après… tout ça. Mais même s’ils ne se voyaient plus, elle ne voulait pas le laisser se faire battre sans lever le petit doigt. Elle ne le voulait ni ne le pouvait.




    She'll suck you dry... But still you'll cry, to be back in her bosom. To do it again. She'll make you weep... And moan and cry, to be back in her bosom. To do it again... Saviors and saints, devils and heathens alike... She'll eat you alive.


Dernière édition par Anja Malkovski le Lun 27 Mai - 11:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Someone that you're with ▬ Anja    Dim 26 Mai - 16:36

Ses longues jambes et le bruit de ses talons qui claquent contre le sol trahissaient sa présence. Meurtris contre le sol, les jambes repliées contre mon ventre en un réflexe de protection, mes paupières se soulevèrent pour analyser cette silhouette si familière. Elle n’était qu’un détail dans l’arrière plan qui se rapprochait avec une impression de déjà-vu. Bien que l’angle de vue m’était étranger, cette silhouette m’était familière. Pour me conforter de ce sentiment qui penait à se développer – j’étais occupé à encaisser les coups et à gémir – Max l’appela par son nom. Anja Malkovski. Une identité connue. Je levais difficilement les yeux vers elle. Pas de doute. C’était bien la même femme… Anja. Dans ma bouche se mêlait au sang, le goût amer du remord. De toutes ces choses qui s’étaient dites, et ces secrets qu’on avait gardés pour soi. Ma première pensée était pour notre altercation, cette rupture qui ne pouvait pas en être une, puisque – jusqu’à preuve du contraire – nous n’avions jamais été ensemble. Anja m’avait appris une chose : le regret. Non pas de l’avoir rencontrée, ou d’avoir appréciés notre complicité et ces moments partagés, mais que cela se soit terminé ainsi. Anja m’avait viré de sa vie comme si j’étais un vulgaire gigolo. Elle avait chassé ma présence d’un revers de la main tel un moustique gênant qu’on veut exterminer. Ce regard de glace qu’elle m’avait dédié, cette indifférence qu’elle m’avait vouée pendant de trop longues minutes restaient coincé au fond de ma gorge. J’avais une patience hors du commun, mais contrairement aux apparences, je n’avais pas pour habitude d’être traité comme un indésirable depuis la fin de mon adolescence. Jamais, je n’avais supporté ce sentiment d’être rejeté ou pire traité comme un étranger alors que je ne l’étais pas. Son discours teinté de faux semblant, ses incohérences pour conclure qu’il fallait que je sorte de sa vie – alors que je n’y étais pas vraiment entre. Ses mensonges à peines volés pour une conclusion prévisible. Ce jour là, la franchise d’Anja s’était transformée en hypocrisie. Anja avait déposé notre complicité sur une étagère, comme un vulgaire bibelot qu’on regrettait d’avoir acheté. Le monde avait continué à tourner, sans Anja à mes côtés, celui-ci c’était un peu – beaucoup, tout est relatif – écroulé. Cela n’avait rien avoir avec elle. Et je ne tenais personne responsable des enmerdes que j’accumulais… Mais disons que pendant ce temps, j’avais eu l’énergie nécessaire pour attiser la rancœur. J’en voulais terriblement à Anja, non pas pour m’avoir quitté, mais pour l’avoir fais de cette manière avec un discours ridicule qui la discréditait autant qu’il avouait son attachement. Agir de cette manière n’était pas nécessaire, elle avait tout gâché, à commencer par ce qui n’avait pas été.

Anja était dans la pièce. Encore et toujours, elle trouvait le moyen d’être présent à mes côtés comme le destin s’acharnait. Sauf que je ne souhaitais pas de son aide et je ne désirais pas sa présence. J’avais relevé les yeux vers elle par réflexe pour m’assurer que cette vision était réelle, mais dès que mon regard croisa le sien je levais les yeux au ciel et détournais le regard. Je ne voulais pas d’elle. Je n’avais aucune envie que ma route croise à nouveau la sienne. Son discours avait été clair, chacun sa vie, chacun son contexte. Autrement dit, chacun se démerdait et n’impliquait pas l’autre, puisque c’était (?) ce qu’il souhaitait. Il n’y avait pas le moindre espoir pour qu’Anja ne m’ait pas reconnu. Malgré la tenue un peu négligée, la barbe et les cheveux plus long, j’étais toujours le même homme. Je ne doutais pas qu’elle ait réussit à m’oublier et à me remplacer en un temps record, mais elle ne m’avait pas oublié. Pas totalement en tout cas. Tu parles d’une consolation… Mon regard fuyait et je restais étalé sur le sol. L’intervention d’Anja me donnait quelques secondes de répit, c’était toujours ça de pris, même si j’aurais choisi de m’en passer pour ne pas la revoir. « Max. Sergej. » Non seulement Anja était connue… des russes ? Mais en plus il la connaissait. Anja connaissait mieux que moi mes employeurs-agresseurs-gourous et je ne sais plus trop quoi encore. Naïvement, j’avais cru, malgré son patronyme qu’elle trainait avec des italiens. Après tout, c’était grâce à son agence et à ses contacts qu’Anja avait échappé à un viol… qu’est ce qu’elle venait faire avec les Russes ? Mes russes pour être exact ? J’avais suffisamment d’enmerdes sans vouloir en plus qu’une ex-maitresse se rajoute à l’addition. Non seulement, je ne comprenais rien, mais en plus je risquais de découvrir des informations que j’avais toujours tenu à ignorer. Chacun sa vie, chacun ses enmerdes, c’était ma règle de vie et jusqu’à preuve du contraire, le précepte qu’appliquait avec assiduité Anja. « Vous inquiétez pas, c’est rien qu’un petit rappel à l’ordre. Vous venez voir le patron ? » Elle ne s’inquiète pas du tout pensais-je pour moi-même. Profitant de leur conversation, ma main palpa mon torse. Je respirais encore, plutôt facilement malgré une quinte de toux. Aucune douleur particulière. Vu le contexte, le fait d’avoir mal partout me rassurer. « S’il est disponible, oui, j’aimerais le voir. Il sait que vous abîmez un médecin talentueux ? » Dans un même geste, Max et moi dévisagèrent Anja. Ce n’était pas le médecin qui m’avais surpris mais le talentueux. Petit 1 : Anja n’en savait rien, puisqu’elle avait surtout connaissance d’autres de mes talents. Petit 2 : quand bien même elle savait quelque chose, elle ferait mieux de la fermer et d’aller trainer son fameux contexte un peu plus loin. Elle ne voyait pas qu’on était occupé à me casser la gueule ? Faux-cul me retenais-je de dire. Ce n’était pas le moment que je m’enfonce, mais je ne songeais pas non plus à ramper sur le sol pour me soustraire en douce à mes obligations. « Vous le connaissez ? » « Suffisamment pour savoir qu’il est médecin, et plutôt doué. » Les informations d’Anja n’étaient pas actualisées depuis un moment. Cela faisait un moment que le doc avait raccroché le stéthoscope. J’avais fais mes adieux à la médecine et c’était définitif. Pas de regrets ou de remords à partager.

Alors que je pensais qu’on m’avait oublié pour les beaux yeux d’Anja, Max se pencha vers moi. Sa poigne se referma sur une chevelure devenue véritablement trop longue, et il tira ma tête afin de me confronter à Anja. Un échange de regard dont je me serais bien passé. A nouveau la tête haute, je ne regardais Anja qu’une fraction de seconde avant de me concentrer sur Max. « C’est vrai ça, tu connais la Dame ? » Puisqu’elle venait de le dire… à croire que je n’étais pas le seul à ne pas comprendre ce qui sortait de la bouche d’Anja. « Boarf… » Ma réponse ne sembla pas satisfaire Max qui insista sur mes bouclettes. « Vaguement ! » avouais-je en jetant à Anja un regard lourd de sens. Je ne voulais pas qu’elle s’en mêle. Au contraire, je l’encourageais à continuer à vaguer à ses occupations, comme si de rien n’était… Après tout, c’était son truc de faire comme si rien ne s’était passé. Ma nouvelle réponse attisa la curiosité de Max et celui-ci me donna un coup de genou contre le nez. Toujours aussi violent et efficace. Cela commençait à en faire beaucoup plus que je ne pouvais en encaisser. « Ca veut dire quoi « vaguement ? » » Ma bouche se fendit en un sourire. Ce n’était pas le moment de faire de l’humour, mais à cause de sa question à la con, je ne pu m’empêcher de préciser : « Ben que c’est vague… pas clairement défini… » A en voir le regard furieux que me laissait Max, ce n’était décidemment pas ce qu’il voulait entendre. Fidèle à moi-même, et à ce caractère d’enmerdeur de service qui faisait surface dans l’adversité, je me tournais vers Anja : « T’aurais dis quoi toi ? » Puisqu’elle décidait de s’en mêler, et que de toute façon, quoi que j’en dise ou pense, elle allait forcément le faire. Cette tête de mule n’écoutait qu’elle, autant qu’elle prenne la parole. J’étais curieux d’entendre comment elle définirait notre « relation ». Talentueux, doué… Anja me flattait, mais je ne me faisais guère d’illusion, cela n’allait pas durer. De toute façon, je n’attendais que ça, que le vent tourne, d’une manière ou une autre.
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MessageSujet: Re: Someone that you're with ▬ Anja    Mer 29 Mai - 23:23

Au moment où elle vit les doigts de Max se resserrer sur le cuir chevelu d’Erwan et tirer sans réelle délicatesse, elle sentit un sentiment de frustration monter en elle. Parce qu’elle ne pouvait pas exiger ni commander qu’il cesse. Elle ne faisait pas partie de la mafia et cela n’avait jamais été le cas. Elle n’était "que" parrainée par eux et c’était pour cette unique raison qu’ils toléraient sa présence et la respectaient. Il arrivait parfois que des hommes de main se retrouvent sous ses ordres parce que les hautes figures de la Mafia Rouge avaient accepté d’offrir leurs services quand Anja le réclamait pour certaines affaires. Mais en dehors de ces moments bien particuliers et bien définis, elle n’était pas réellement des leurs et n’avait par conséquent pas son mot à dire quand ils corrigeaient quelqu’un, par exemple. Elle avait certes l’attention des pontifes et pouvait se montrer très persuasive mais en ce qui concernaient les affaires de la mafia, ce n’était pas elle qui avait le dernier mot. Alors, même si elle aurait voulu retirer la main du russe des boucles d’Erwan de ses propres doigts fins mais autoritaires, elle n’avait pas ce droit, pas plus qu’elle ne pouvait le sommer d’arrêter sous prétexte que cela ne lui plaisait pas. Il lui fallait ruser et utiliser des chemins détournés pour arriver à ses fins, et essayer d’amener Max à voir les choses de son point de vue, ou du moins de façon à ce que le résultat soit celui qu’elle désirait.

La partie venait de commencer et le jeu s’annonçait d’ores et déjà assez serré. Elle ne pouvait pas nier le connaître, autrement qu’aurait-elle eu à faire qu’on lui mette une raclée ? Mais elle ne pouvait pas non plus dire franchement qu’elle en savait assez sur lui pour connaître sa position sexuelle préférée et à quel endroit le caresser pour ne pas manquer d’éveiller sa libido. Premièrement cela ne les regardait pas, ils n’avaient pas à savoir qui passait ou non par son lit. De deux, elle avait la sensation que cela le desservirait. Sur l’instant, ils le laisseraient peut-être en paix – et encore, elle n’en mettrait pas sa main à couper. Mais il était certain qu’ils le charrieraient à leur prochaine entrevue et que, quelque part, Erwan perdrait peut-être une certaine crédibilité si elle le tirait d’affaires comme une gamine capricieuse refuserait qu’on abîme l’un de ses jouets. Elle ne l’avait jamais considéré comme tel. Pourtant Dieu savait qu’elle aimait à profiter du divertissement que pouvait lui offrir un homme pour la soirée sans rien promettre et sans non plus effleurer l’idée de le rappeler un jour. Mais avec Erwan, c’était un peu plus que cela. Parce qu’il y avait cette complicité et parce qu’avec lui, elle avait l’impression que c’était facile et qu’ils se comprenaient. Correction : elle avait eu cette impression. Leur dernière discussion prouvait à quel point elle s’était trompée et qu’ils n’étaient pas tant que cela sur la même longueur d’onde. Pour autant, même si elle ne le voyait plus, elle n’avait pas envie de l’abandonner à son sort et aux mains rustres des slaves. Ce n’était pas de la pitié, Seigneur non. Plutôt une manière un peu maladroite d’essayer de se rattraper pour la méchanceté dont elle avait pu faire preuve.

Elle aurait voulu que le médecin entre dans son jeu et aille dans le même sens qu’elle mais à voir son expression, il ne semblait pas être du même avis. Sa réponse confirma d’ailleurs leur divergence d’opinion comme il annonçait qu’ils ne se connaissaient que "vaguement". Ça n’aurait pas dû la toucher pourtant cela l’agaçait qu’il la relègue au statut de simple connaissance. Mais quelque part, elle se dit que c’était de bonne guerre et qu’elle l’avait mérité. Sans rien montrer ni parler, elle soutint le regard d’Erwan quelques instants avant de baisser les yeux pour fixer le sol cimenté. Très clairement, il venait silencieusement de lui demander de se mêler de ses affaires, autrement dit pas celles-ci, et de dégager. Dans un sens il avait raison, elle n’avait pas à s’infiltrer dans sa vie ni ses problèmes, pas alors que c’était elle qui l’avait repoussé un mois plus tôt. Max la sortit de ce mauvais souvenir en donnant un nouveau coup, lui demandant de préciser le "vaguement". Sur le visage d’Erwan apparut alors un sourire qu’elle commençait à bien connaître. Il allait faire le crétin, exactement comme à l’hôtel. Ça l’amusait, de provoquer des malfrats ? Elle avait envie de le gifler elle-même et elle trouva Max presque trop gentil de ne pas réitérer de violence quelconque. Sans qu’elle s’y soit attendue, Erwan se tournait à présent vers elle pour l’inclure dans le dialogue et la prendre à partie. Sa première réaction aurait pu être de l’envoyer balader et d’approuver, arguant finalement qu’elle ne le connaissait pas si bien avant de l’ignorer totalement. Ça aurait pu si son instinct ne lui soufflait pas de prendre sur elle et de rester, d’insister encore. Il avait de la chance que son instinct ne lui ait fait que rarement défaut et qu’elle l’écoute presque toujours. Après une seconde d’hésitation, les trois regards masculins rivés vers elle, elle finit par ouvrir la bouche, bien décidée à user d’une nouvelle pirouette pour se tirer d’affaires comme elle ne s’adressait plus qu’à Max.


    « Je dirais qu’il est assez têtu et qu’il peut se montrer borné au point de frôler l’insolence quand on lui pose une question qui lui déplaît, mais que ça ne l’empêche pas d’être très bon dans ce qu’il fait. Et j’ajouterai que puisqu’il est déjà en convalescence, si vous continuez à l’abîmer vous allez aggraver sa situation et son bras mettra plus de temps encore avant d’être opérationnel. »

Elle avait avancé ses arguments sur un ton dégagé, comme si elle ne faisait qu’évoquer des faits sans s’impliquer. Un court instant, le silence plana sur l’entrepôt et Max sembla la jauger mais pas une seconde elle ne baissa son regard pour fuir le sien. Mine de rien, ça faisait pas mal de détails assez précis sur la vie du doc et sur son caractère, alors la maquerelle devait effectivement le connaître depuis un certain temps. Ce qui était sûr, c’était qu’elle marquait un point sur la question du rétablissement du doc, et que le russe aimait bien la façon dont la brune s’exprimait mais ça, ça n’avait jamais été un secret. Pas pour rien qu’elle avait réussi à se faire une place dans ce monde de mecs. Avec un petit rire, Max finit par lâcher les cheveux d’Erwan et par le laisser, se relevant pour faire quelques pas vers Anja. Elle ne lâcha toujours pas ses yeux mais l’atmosphère semblait s’être quelque peu détendue.

    « Le patron est pas là, il a des affaires à régler ailleurs. Mais vous pouvez revenir demain si c’est pas trop urgent ? »

La brune esquissa un mince sourire et hocha doucement la tête pour signifier qu’elle comprenait. Négligemment, Max fit un petit geste à Sergej et le deuxième russe se pencha vers Erwan pour entreprendre de l’aider à se relever. Anja se força à ne pas s’attarder sur la vision, reportant son attention sur Max. Elle avait le sentiment d’avoir gagné mais elle n’en était pas certaine et préférait s’en assurer.

    « Ça peut attendre demain, vous n’aurez qu’à lui dire que je repasserai… Qu’est-ce que vous allez faire de lui ? »

Elle n’eut qu’un petit mouvement du menton mais elle n’avait pas besoin d’en dire plus, ses yeux et ceux du mafieux se tournaient déjà simultanément vers le médecin en piteux état.




    She'll suck you dry... But still you'll cry, to be back in her bosom. To do it again. She'll make you weep... And moan and cry, to be back in her bosom. To do it again... Saviors and saints, devils and heathens alike... She'll eat you alive.
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MessageSujet: Re: Someone that you're with ▬ Anja    Dim 2 Juin - 0:40

La présence d’Anja dans ce hangar étiqueté « mafia russe » soulevait bon nombre de questions. Comment pouvait-elle être alliée des italiens et des russes en même temps ? Je n’étais absolument pas dans les confidences de la mafia russe, loin de là, néanmoins, j’avais plus de dix ans d’esclavagisme derrière moi, aussi… j’avais appris l’essentiel : les russes étaient, par définition, ennemis de la mafia italienne. La position d’Anja était beaucoup plus complexe que je ne l’aurais pensée. Malgré son nom aux résonnances russes, je ne m’étais jamais douté qu’elle bossait avec la mafia qui m’ « employait ». Pour ma défense, je ne m’intéressais pas à ce contexte qui faisait parfois d’elle une femme capricieuse, autoritaire et froide comme la pierre. Ce n’était pas cette partie là de sa personnalité qui m’avait intéressée… Mais aujourd’hui, c’était face à cet aspect de sa vie que je me trouvais confrontée. A nouveau, tout ce que je souhaitais ignorer se rappeler à mon bon souvenir. La vie, en particulier la mienne, était d’une ironie à couper le souffle. Un souffle court, mis à mal par les nombreux coups que j’avais encaissé. Dans sa furie, Max n’y avait pas été de main morte, et lorsqu’il tira mes cheveux vers l’arrière je n’avais pas la force de m’opposer. De toute façon, comment j’aurais pu m’y opposer, je n’étais qu’un point sur leur échiquier. Un pantin qu’on manipulait à son gré. Depuis le temps, que j’avais endossé ce rôle, je commençais à être habitué, cela ne voulait pas dire que je le supportais pour autant. Mais quel autre choix, j’avais ? Cela faisait longtemps que je ne contrôlais plus rien. Contrairement à Anja, la mafia ne m’estimait pas vraiment. Tant que je servais à quelque chose, il me gardait en vie… tant que j’étais utile, je craignais rien, mais à présent que leur doc « préféré » jouait les parkinsoniens… la donne avait changée. Pour l’instant j’étais le seul à le savoir. C’était une information que je mourrais d’envie de balancer. C’était suicidaire et c’était peut-être ce que je cherchais au fond… Je ne voyais plus ma famille, je n’avais plus mon job de chirurgien et je ne le récupérerais jamais… Alors qu’est-ce qu’il me restait ? Des bouteilles explosées sur le sol. Tu parles d’une vie… Continuer dans ses conditions, cela ne m’intéressait pas. J’avais envie d’en finir tout simplement.

La présence d’Anja ne changeait pas grand-chose. Au contraire, elle empirait la situation et tout ce que je souhaitais, c’était son départ. Anja n’appartenait plus à ma vie – y avait-elle appartenu un jour ? – et nos chemins devaient à présent suivre des routes parallèles. A mes yeux, elle était déjà là depuis trop longtemps. Ca l’éclatait de me voir à genoux ? Inutile de nier, Anja avait ce petit côté dominatrice… Elle assistait à un spectacle qui devait lui plaire. Tant mieux pour elle. Mais si elle s’attendait à ce que je plie et que j’accepte sa pseudo pitié, alors elle me connaissait encore plus mal que je ne le pensais. Jamais, je n’avais accepté qu’on m’aide, je n’allais pas commencer aujourd’hui, et ce même si je baignais dans mon propre sang. Curieusement, en soutenant le regard d’Anja, celle-ci baissa les yeux…. Ce n’était pas un geste qui lui ressemblait… Depuis quand je gagnais au jeu du regard qui tue ? Ce n’était pas dans les habitudes d’Anja de baisser les yeux. Un bref instant, je fronçais les yeux, surpris qu’elle réagisse de cette manière tout en restant dans la pièce. C’était probablement de la pitié, rien d’autre. Mais puisqu’Anja était encore présente, je décidais de l’inclure de le débat, au plutôt d’exclure un peu Max et ces questions à la con… Il croyait quoi ? Que j’allais lui parler de ma vie privée ? Ces types en savaient déjà trop sur moi, alors je ne révélerais plus rien, surtout pas le fait qu’Anja ait été ma maitresse. Cela ne pourrait que se retourner contre moi. De toute manière, même si je le voudrais, je serais incapable de décrire notre relation liaison… Notre « rupture » remontait à un mois, mais je n’avais rien oublié et encore moins pardonné à Anja la manière dont elle m’avait traitée… Comme si je n’étais rien et n’avais jamais rien représenté à ses yeux. Je tendais une perche à Anja. Avec ma question, elle avait l’occasion de me piétiner, qu’elle en profite ! Tous les regards étaient tournés vers elle, et je crachais du sang dans l’indifférence générale. Je ne songeais même pas à me relever, je m’attendais à ce qu’Anja cherche à m’enfoncer. C’était de bonne guerre, d’autant plus que je ne souhaitais vraiment pas son aide. Anja pris la parole, et la justesse de ses mots me surpris. « Je dirais qu’il est assez têtu et qu’il peut se montrer borné au point de frôler l’insolence quand on lui pose une question qui lui déplaît, mais que ça ne l’empêche pas d’être très bon dans ce qu’il fait. Et j’ajouterai que puisqu’il est déjà en convalescence, si vous continuez à l’abîmer vous allez aggraver sa situation et son bras mettra plus de temps encore avant d’être opérationnel. » Je ne m’attendais pas à ce qu’elle persiste à m’aider alors que je lui avais clairement signalé que je ne souhaitais rien d’elle. Je relevais les yeux vers elle et les baissais aussitôt. Ce coup-ci, ce fut mon tour de baisser les yeux. Ce n’était pas seulement son coup de main qui me mettait mal à l’aise c’était ces quelques mots sur mon rétablissement futur. J’étais plus opérationnel et je ne le serais plus jamais… J’allais devoir leur avouer, alors pourquoi pas maintenant ? J’ouvris la bouche pour me confesser, mais Max relâcha afin son étreinte. Surpris, j’atterris une nouvelle fois sur le sol contre mon épaule meurtrie. Je soupirais et fermais les yeux. J’accueillis le bitume froid avec soulagement. Si Max s’éloignait, c’était peut être bon signe ?

« Le patron est pas là, il a des affaires à régler ailleurs. Mais vous pouvez revenir demain si c’est pas trop urgent ? » J’en revenais pas de la manière dont Anja était traitée par la mafia. Décidemment, son influence au sein de la mafia me dépassait. Sergef me souleva du sol avec une facilité déconcertante et je m’efforçais de tenir debout sans son aide. Un regain d’orgueil qui m’aidait à supporter la douleur aux côtés et à l’épaule. Ils n’y avaient pas été de main morte pour sa correction. « Ça peut attendre demain, vous n’aurez qu’à lui dire que je repasserai… Qu’est-ce que vous allez faire de lui ? » Anja se souciait de moi ? Pourquoi ? Elle m’avait viré de sa vie avec des excuses bidons… il fallait qu’elle me retrouve dans cet état pour s’intéresser à moi ? Qu’est ce que c’était si ce n’était de la pitié ? Je soutiens le regard de mon bourreau et évitais soigneusement celui d’Anja, décidé à l’ignorer. « Il va rentrer chez lui et la prochaine fois, il répondra à son téléphone et il fera ce qu’on lui demande, rétablis ou pas. » Il était présent dans la pièce et il entendait songeais-je... Max m’interrogea du regard et je soutiens son regard l’espace de quelques secondes. « N’est-ce pas ? Sinon la prochaine fois, c’est pas toi qu’on viendra tabasser… » Max n’avait pas besoin de citer un prénom pour que je comprenne qu’il faisait directement référence à Clara. C’était toujours la même menace. Je devais admettre qu’elle était terriblement efficace. Refroidis, je hochais la tête et baisais les yeux. Max gagnait. Il gagnait à tous les coups. « T’as compris Erwan ? » Il ne suffissait pas d’hocher la tête, il fallait aussi le lui dire verbalement. Max se rapprocha feignant la menace. J’aurais pu jouer les malins mais… cela ne servait plus à rien. « J’ai compris. » Max désigna la porte du hanger, et doucement, je m’avançais vers celle-ci. Mais avant de partir, je m’adressais à Max. « Dis à ton patron qu’il faut que je lui parle… » Max leva les yeux, me signalant que ma demande n’avait pas autant de valeur que celle d’Anja. Evidemment, à quoi je m’attendais ? Je soupirais, vanné et quittais le hangar sans un regard en arrière. Je ne m’inquiétais pas pour Anja. Elle était en compagnie d’ « amis » alors elle saurait se débrouiller. De toute façon, il ne fallait pas compter sur mon aide…

Telle une âme en peine, avec la dégaine d’un SDF qui vient de se prendre la raclée du siècle, j’errais dans les rues de New York en direction de mon appartement. Par chance, le hangar des russes se situait à proximité de mon immeuble. J’étais seulement à quelques blocks. Une fine pluie tombait sur la ville, j’avais le bras et la gueule en sang… Une petite vieille changea de trottoir à mon approche et je me surpris à sourire. Il était loin le docteur qui inspirait confiance avec sa blouse blanche et son sourire. Rapidement, je secouais la tête et effaçais cette image douloureuse. A présent, c’était du passé… Ma main posée sur ma blessure à l’épaule, la tête baissée, je rasais les murs pour me faire oublier. J’allais devoir discuter avec la mafia de ma situation, autrement dis, j’allais, incessamment sous peu, signer mon propre arrêt de mort. Le pire, c’était l’indifférence que je ressentais vis-à-vis de la situation. Cette vie que je menais, elle m’était totalement étrangère… C’était pas moi ! C’était un cauchemar et je n’avais même pas espoir de me réveiller... Perdu dans mes pensées, je ne remarquais pas la silhouette d’Anja qui se profilait à l’horizon. A dire vrai, je pris conscience de sa présence au dernier moment, lorsque je manquais de la bousculer. Aussitôt, je me reculais d’un pas et levais les yeux au ciel, agacé par sa présence. Elle n’avait rien à faire là… Je regardais autour de moi, je m’attendais à apercevoir Max et son sbire, mais Anja semblait seule. Cela ne m’empêcha pas de l’accueillir froidement : « Je compte pas te remercier… je t’avais rien demandé. » A ne pas en douter c’était un reproche ou plutôt un rappel : on ne se devait rien.
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MessageSujet: Re: Someone that you're with ▬ Anja    Jeu 6 Juin - 0:32

Ca l’attristait de le voir dans cet état. Plus qu’elle ne l’aurait imaginé. Après tout, elle avait bien pris soin de se montrer odieuse pour le faire fuir et le chasser de sa vie. Elle l’avait peut-être fait de manière inconsciente au départ, toujours était-il qu’elle avait laissé faire cette partie d’elle-même et n’avait pas cherché à rattraper le tir. Une fois de plus, elle avait eu ce qu’elle voulait. Une fois de plus, elle ne s’était pas attachée. Mais pourquoi alors elle détestait cette vision affaiblie de lui et se sentait obligée d’intervenir pour tenter de l’aider à se sortir d’affaire ? Elle aurait dû ne rien en avoir à avoir à faire. Elle aurait dû ne pas s’inquiéter de le voir ici et rester indifférente à la correction qu’on lui donnait. Quelle importance qu’il se fasse tabasser ? Elle était en bon terme avec la mafia et n’était venue que pour voir le patron. Ce n’était pas ses affaires si un ancien amant se faisait remonter les bretelles. Sauf que c’était un peu plus compliqué que cela… Elle ne savait pas elle-même pourquoi elle faisait cela, dans quel but ou ce que cela pourrait bien lui apporter. Car, toujours, si elle se mêlait des affaires d’autrui, c’était pour y gagner quelque chose dans l’histoire. Mais elle n’avait pas la moindre idée, à cet instant précis, des raisons qui la poussaient à intervenir quand elle aurait mieux fait de se taire. Elle ne savait pas mais, puisque son instinct la guidait dans cette direction, elle le suivait.

Il fallait croire qu’elle avait eu raison parce que Max lâchait prise et décidait de stopper là la leçon. Il laissait repartir Erwan à condition qu’il consente à répondre à leurs appels et à obéir. Une seconde, elle s’interrogea. Le médecin évitait son regard mais cela ne l’empêchait pas de le fixer avec curiosité. Que faisait-il exactement avec les russes ? Pourquoi devaient-ils l’appeler et que lui demandaient-ils quand ils le faisaient ? Leur devait-il de l’argent ? Pourquoi devait-il être à leur disposition et que devait-il faire pour eux ? Elle n’en avait pas la moindre idée mais elle ne demanderait pas. Ce n’était pas sensé la regarder. A nouveau, elle se rendit compte qu’elle ne connaissait pas si bien que cela son ancien amant quand Max le menaça de s’en prendre à l’un de ses proches s’il réitérait et qu’elle ne savait pas le moins du monde de qui il pouvait s’agir. Elle ne savait rien d’Erwan parce qu’elle n’avait jamais posé de questions et qu’il s’était bien défendu de lui dire quoi que ce soit. La réciproque était valable aussi ne voyait-elle pas qui ils pourraient menacer pour que cela persuade Erwan de revenir dans le rang. Quoiqu’il en soit cela sembla fonctionner puisqu’il acquiesça à ce que Max réclamait, scellant d’une nouvelle parole le contrat qui l’engageait. Silencieuse et spectatrice, Anja suivit la scène sans ouvrir la bouche. Elle avait eu ce qu’elle voulait, elle était parvenue à faire cesser les coups et à obtenir qu’ils le laissent partir. Si elle s’en mêlait encore, elle craignait d’envenimer les choses et que les russes ne fassent machine arrière. Il fallait parfois rester à sa place et c’était le moment parfait pour cela. Sans rien dire donc, elle observa Erwan quitter difficilement les lieux, son regard le suivant jusqu’à ce que la porte se soit refermée et que Max ne lui pose une nouvelle question.


    « Vous connaissez bien le doc ? »
    « Comme je vous l’ai dit, suffisamment pour savoir qu’il est médecin. Vous passerez mes salutations à Grisha ? »

Max l’observa un instant, essayant de deviner si elle cachait quelque chose mais elle restait aussi impassible qu’à l’accoutumée. Un vrai glaçon malgré le sourire faussement chaleureux qu’elle offrait. Le russe finit par hocher la tête pour signifier qu’il ne manquerait pas de le faire, à la suite de quoi Anja les salua d’un petit sourire accompagné d’un signe du chef avant de se diriger à son tour vers la sortie. Dehors, il pleuvait toujours. Elle jeta un regard alentour mais n’aperçut pas la silhouette qui l’intéressait. Sans perdre plus de temps, elle rejoignit sa voiture et se réfugia dans l’habitacle. Elle fit signe à son chauffeur de se mettre en route et de s’éloigner. La voiture se mit en branle et, à peine le premier carrefour franchit, elle le reconnut. Elle demanda à son chauffeur de se garer plus loin sur le trottoir et, jetant à intervalles réguliers un œil en arrière pour évaluer sa progression, elle se décida enfin à sortir quand elle jugea qu’il était assez proche maintenant pour la reconnaître et pour qu’elle ne soit pas mouillée trop longtemps. Ses talons s’ancrèrent sur le béton mouillé, elle referma d’un geste la portière et se maudit à nouveau de ne pas avoir pris de parapluie quand elle sentit la désagréable pluie qui s’abattait sur son visage, se collait à sa peau et aplatissait son chignon. Elle resserra son manteau autour d’elle, ne lâchant pas la silhouette qui fonçait droit sur elle sans avoir l’air de l’avoir reconnue. Il faillit même lui rentrer dedans mais l’évita à temps et elle ne put que lire son agacement quand son regard se posa sur elle comme il se reculait. Elle ne sut pas bien ce qu’il cherchait en fouillant des yeux la rue mais quand ils se reposèrent sur elle, il semblait plus distant que jamais. Elle accusa le coup mais il rajouta une couche. Elle eut envie de le gifler. Ou de l’envoyer balader. De le rembarrer peut-être ou de simplement tourner les talons. Elle n’en fit rien et détourna son regard pour fixer ses chaussures une seconde. Il lui fallut faire un effort surhumain pour prendre sur elle-même et mettre de côté sa fierté. Après une seconde, elle finit par relever ses yeux vers lui.

    « Je sais. »

Sa voix s’évanouit mais elle resta plantée là à le regarder, désolée qu’il s’imagine que c’était ce qu’elle était venue chercher. Elle ne voulait pas de ses remerciements. Il croyait vraiment que c’était pour ça qu’elle était là et qu’elle avait fait tout ça ? Pour avoir un putain de merci et se sentir toute puissante ? Non, réellement il ne savait rien d’elle et peut-être moins encore que ce qu’il imaginait. Peinée par ses pensées qu’elle imaginait, elle se mordilla la lèvre une seconde puis finit par se décider. Elle se lança, lâchant les mots avant de changer elle-même d’avis.

    « Laisse-moi te raccompagner chez toi Erwan. Je sais que tu vas peut-être me dire que tu es assez têtu et borné pour finir à pieds étant donné le peu de distance… Mais je te répondrais que je suis aussi têtue et bornée au point de te suivre en voiture au pas s’il le faut. »

Elle anticipait. Elle se doutait qu’il allait décliner l’offre aussi prenait-elle les devants et étouffait ses objections avant qu’il ne les oppose. A sa place elle aurait certainement refusé, étant donné leur dernière entrevue. Mais il était véritablement amoché et puisque de toute façon elle le suivrait jusque chez lui, autant s’épargner le trajet à pieds et venir avec elle en voiture. Un peu anxieuse parce qu’elle ne savait pas comment il allait réagir et qu’elle redoutait qu’il l’envoie gaiement promener, elle réfréna tout sourire. Il était trop tôt encore.

    « Monte dans la voiture… S’il te plaît. »

Voyait-il l’effort qu’elle fournissait pour ne pas laisser son orgueil prendre le dessus ? Car il lui en coûtait vraiment de réfréner ses ardeurs. Aussi espérait-elle qu’il accepterait et qu’il monterait rapidement, parce qu’elle n’était pas certaine de se contenir très longtemps et parce que la pluie commençait véritablement à la tremper…




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MessageSujet: Re: Someone that you're with ▬ Anja    Jeu 6 Juin - 15:17

Ce sentiment d’être un étranger à son propre corps ne me quittait pas. C’était la seule chose qui m’aidait à accepter la situation. Se dire que cette vie n’était pas la mienne et que j’allais me réveiller et que rien n’avait changé. Dans une vie parallèle, j’étais encore chirurgien. Peut-être que je n’aurais jamais rencontré Anja, mais de ce cas, jamais je ne me serais fais tirer dessus et j’en serais pas là à errer dans la rue comme un clochard et me demander si j’allais réussir à rentrer chez moi. La douleur me rappelait que ce corps était bien le mien. Et que le corps en question, il n’allait peut-être pas tenir si longtemps. Bien que je me plaignais de ne plus avoir les mêmes sensations dans le bras, aujourd’hui la douleur ne me laissait pas indifférent. Je ne voyais pas exactement dans quel état j’étais, mais je devinais les multiples bouts de verres plantés dans mon épaule. Ce n’était pas le plus grave. Ces derniers temps mon épaule avait l’habitude de souffrir. Le pire allait être les ecchymoses qui allaient apparaitre sur mon torse et mon ventre. J’allais être recouvert de bleus et cela n’allait pas m’encourager à bouger mes fesses du canapé. Tout ce que je voulais faire c’était aller me coucher. Peut-être qu’allongé, j’aurais moins mal que débout. Chaque pas était une décharge de souffrance dans mon corps. Ce passage à tabac m’avait meurtri de la tête aux pieds. Et la rue me semblait terriblement longue. La pluie n’aurait pas commencé à s’abattre je n’aurais pas pu m’interdire de m’avachir contre un mur et d’attendre que cela passe. Je ne me serais pas relevé tout de suite. Peut-être même que j’aurais été incapable de me relever. Ce n’était pas comme si quelqu’un m’attendait chez moi. J’avais tout mon temps. Pris dans mes pensées, je n’avais pas remarqué Anja. Mais à présent que sa silhouette se détachait de mon champs de vision, je n’allais pas la louper.

Malgré la proximité que nous avions partagée, je restais froid et distant. Rancunier. Je pourrais la haïr pour m’être pris une balle dans l’indifférence générale pour ses beaux yeux, mais à dire vrai, je ne lui tenais pas rigueur de ce qui était arrivé au NY Mariott. J’avais pris une décision, la plus destructrice de toute ma vie, mais je l’assumais jusqu’au bout. Ce n’était pour ça que je lui en voulais, mais pour m’avoir quitté. C’était ridicule, parce qu’on était pas ensemble ! Mais… elle m’avait viré de sa vie comme si j’étais un vulgaire gigolo. Même si cela ne datait pas d’hier, je lui en voulais terriblement. A quoi elle s’attendait aujourd’hui ? Que j’allais la remercier pour se mêler de mes enmerdes ? Que j’étais content de la voir ? C’était pas le cas, je ne voulais voir personne. J’aspirais à une solitude méritée. Le merde m’enerdait alors je ne voulais personne dans mes pattes. Collègues, amis, famille… j’avais viré tout le monde. Anja m’avait fait comprendre que je ne comptais pour elle, que j’étais juste un mec, parmi tant d’autres, alors qu’est-ce que ça lui faisait de voir à terre, piétiner par les russes ? Probablement rien. Pourtant, elle devait se sentir concernée un minimum pour oser m’affronter sous la pluie. Un vent de remord avec dû souffler pour qu’elle décide de m’intercepte. Sauf qu’Anja allait se heurter à un orgueil et une rancœur qui n’avait rien à lui envier. Il était rare qu’Anja détourne le regard quand elle avait quelqu’un en face d’elle et ce détail me marqua. Faute de me sentir mal à l’aise, j’en profitais pour lui jeter un regard plus noir que jamais. Je n’avais absolument pas envie d’être avec elle. Comme je venais de lui dire, je n’avais pas l’impression que je devais lui être redevable. Je ne lui avais rien demandé et je m’étais efforcé de lui faire comprendre de ne pas s’en mêler. Elle ne m’avait pas écouté, mais... c’était pas mon problème. Je ne comptais pas me prosterner à ces pieds. « Je sais. » Si elle savait, qu’est ce qu’elle foutait là ? Mon regard resta sévère, et j’attendis qu’Anja me dise ce qu’elle voulait. « Laisse-moi te raccompagner chez toi Erwan. Je sais que tu vas peut-être me dire que tu es assez têtu et borné pour finir à pieds étant donné le peu de distance… Mais je te répondrais que je suis aussi têtue et bornée au point de te suivre en voiture au pas s’il le faut. » Agacé, je levais les yeux au ciel. J’aurais dû être touché par sa proposition, mais tout ce qui m’animait était la rancœur. Je me fichais de sa sollicitude. Et le fait qu’elle me rappelle que nous étions aussi bornés l’un que l’autre ne m’amusait pas. Anja avait tord, j’étais encore plus borné qu’elle. Toute ma vie, je m’étais demerdé seul. C’était une réalité à laquelle Anja n’avait, selon moi, pas été confrontée. Je ne disais pas que sa vie avait été facile, mais j’affirmais que cela ne pouvait pas être pire que la mienne, surtout en ce moment. Anja avait l’air d’une gamine qui ne savait pas ce qu’elle voulait. Une enfant pourrie gâtée qui ne savait pas quel jouet choisir. Je te prends, je te jette… je n’en fais qu’à ma tête.

Une nouvelle fois Anja insista : « Monte dans la voiture… S’il te plaît. » Je jetais un coup d’œil à la voiture, puis à Anja. Sans peser le pour et le contre, je répondis calmement à la jeune femme : « Nan. » C’était une affirmation qui ne souffrait d’aucune hésitation. Et au cas où Anja n’avait pas compris, j’allais lui expliciter : « Nan, je vais pas monter dans ta putain de voiture, Anja. » D’un pas décidé, je m’avançais vers la jeune femme qui me barrait la route. Il était clair que je n’allais pas la menacer. Château-branlant, je savais que je luttais pour ne pas m’effondrer, mais ce n’était pas une raison pour accepter l’aide qu’on m’offrait. J’en voulais trop à Anja pour penser qu’elle pourrait réellement m’aider sans chercher à obtenir quelque chose ou à me piéger. « Et pourquoi pas assis ou couché tant que tu y es… ?» Bien que j’avais un tempérament plutôt calme, il m’arrivait aussi d’hurler et d’affirmer clairement mon avis. Anja allait faire les frais d’une colère que j’estimais méritée. « Au cas où tu aurais oublié, tu m’as demandé de partir… alors… j’exécute tes ordres ! » ironisais-je. Quelques secondes, je la jugeais du regard, puis continuais à avancer tant que j’en avais encore la force. Peu conscient des efforts d’Anja, je refusais de monter dans sa voiture. Ce n’était qu’une question d’orgueil mal placé. Anja savait très bien de quoi il était en question. Cela n’aurait tenu qu’à moi, je serais parti sans me retourner… sauf que voila je me suis retourné. Un bref instant, alors que je m’éloignais d’elle, j’ai jeté un regard en arrière. Curieux ou peut-être intéressé par la réponse, je me suis surpris à me demander ce qu’elle allait faire. C’était des conneries, Anja n’allait pas vraiment me suivre en voiture. Elle faisait ça pour se donner bonne conscience. Franchement, c’était efficace ? Je n’en avais pas le sentiment mais ce n’était pas à moi de juger. Anja était maitresse de sa conscience elle n’avait qu’à s’arranger avec elle. Ce n’était pas moi qui allais lui apprendre quelque chose.
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MessageSujet: Re: Someone that you're with ▬ Anja    Jeu 6 Juin - 23:34

La pluie ne cessait pas. Pour le moment, son manteau éloignait encore les gouttes mais elle devinait qu’il ne tarderait pas à percer et que l’humidité s’infiltrerait jusque dans ses vêtements, jusque dans ses entrailles. Ça commençait déjà, ses pieds étaient trempés dans ses jolis talons ; ses mains, serrées autour de sa veste, complètement moites ; les mèches de ses cheveux se collaient à sa peau et elle craignait que son maquillage ne pâtisse des larmes incessantes que pleuraient les nuages. Pourtant elle ne bougeait pas, plantée sur ses deux jambes face à Erwan en espérant qu’il accepte sa proposition. Elle avait comme un doute étant donné le regard sombre qu’il lui accordait mais maintenant que les mots étaient partis, elle ne les reprendrait pas. La réponse ne fut pas celle qu’elle attendait mais il eut au moins le bon goût de ne pas la faire tarder, pour leur éviter d’être tous deux plus mouillés encore. Il refusait. Il refusait de monter dans sa "putain" de voiture. A ce point ? Il lui en voulait tellement que même l’idée de monter avec elle dans une voiture pour qu’elle le raccompagne et lui évite plus de souffrances inutiles lui était insupportable ? Elle devait l’avoir probablement blessé puisqu’elle ne l’imaginait. Elle aurait pu soupirer de désolation mais ça ne servirait à rien. Elle ne parviendrait pas à le faire changer d’avis, elle le voyait dans son regard et dans son allure agressive. Pour autant la brune ne vacilla pas quand il s’approcha, une lueur de tristesse cachée au fond de ses yeux clairs. Celle-ci disparut néanmoins rapidement quand il insinua qu’elle le prenait pour un chien.

Réellement ? C’était ce qu’il pensait ? La compassion quitta son visage et, une nouvelle fois, elle se fit de marbre et de glace comme ses yeux accrochaient ceux du médecin pour ne pas les lâcher. Son regard indiquait très clairement pour elle son état d’esprit : elle aurait pu le gifler, là, maintenant. Elle le détestait de prononcer de tels mots, de se rabaisser ainsi lui-même et de faire d’elle ce qu’elle n’était pas. Les mots qu’il utilisait ne lui plaisaient pas. C’était peut-être le dernier de ses soucis et il devait se fiche complètement de ce qu’elle songeait mais alors, elle ne voyait pas pourquoi elle-même continuait de s’en inquiéter. Qu’il la prenne pour une dominatrice sadique et esclavagiste si cela lui chantait. A partir de cet instant, elle décidait de ne plus se soucier de ce qu’il pensait. Elle avait essayé. Elle avait fait un effort. S’il n’en voulait pas, elle ne pouvait pas l’y forcer mais une chose était sûre, elle n’en ferait pas plus. Anja n’était pas de ces femmes qui se mettaient à genoux, larmoyantes, pour ne pas être bannies complètement des vies des autres. S’il ne voulait plus la voir, très bien, il gagnait. Elle ne le supplierait pas de bien vouloir encore lui adresser la parole. Ce devait être maintenant, ce moment où leurs chemins se séparaient définitivement pour emprunter différentes directions. Pas tout à fait encore puisqu’il frappa une nouvelle fois et les mots qu’elle avait pu avoir un mois plus tôt lui revinrent en pleine figure comme un boomerang. Il partait, puisqu’elle le lui avait demandé. Alors pourquoi ne voulait-il pas monter dans sa voiture, puisqu’elle le lui demandait ? Elle faillit lui retourner ce sarcasme mais se retint. Ça ne servait plus à rien de toute manière. Elle fut confortée dans cette idée quand il commença à s’éloigner, ne supportant probablement pas plus longtemps sa présence.

Anja resta immobile quelques secondes, les yeux dans le vide. Elle en avait même oublié cette maudite pluie. Elle digéra les attaques verbales sans bouger, décidée à chasser ce tiraillement qui lui pinçait la poitrine. Dans son champ de vision et après s’être éloigné de quelques mètres, elle aperçut Erwan qui faisait volte-face et regardait dans sa direction. Sortant de sa léthargie elle planta son regard droit dans le sien, visiblement furieuse et déçue. Elle n’eut que quelques mots, lâchés avec la plus grande sincérité du monde suffisamment fort pour qu’il puisse les entendre.


    « Va te faire foutre. »

Sans lui accorder un regard de plus, elle se détourna et remonta dans sa voiture. Loin de démarrer en trombe et de lui passer devant en l’abandonnant, le véhicule se mit lentement en marche pour venir se positionner à côté de la silhouette chancelante, adaptant finalement son rythme à la marche du médecin. Puisqu’elle l’avait dit, elle le faisait. Elle le raccompagnait chez lui, la voiture roulant à son pas. Néanmoins, elle ne daigna pas baisser la vitre de sa portière, restant bien cachée derrière le verre fumé qui empêchait tout contact visuel. Elle ne le regarda d’ailleurs pas durant tout le temps que dura le trajet, fixant d’un air borné la route droit devant elle. Il aurait bien pu se mettre à hurler ou à frapper sur le capot, son énervement se serait heurté à un mur de silence et d’indifférence. C’était parce qu’elle avait trop d’orgueil pour aller contre les mots qu’elle avait prononcé, autrement elle jurait qu’elle l’aurait abandonné là. Du coin de l’œil, elle le voyait qui avançait difficilement mais à ce stade, ça ne l’atteignait plus. Ça lui ferait les pieds et ça lui permettrait peut-être de se rafraîchir les idées. Comme ça, il aurait peut-être le temps de se rendre compte qu’il aurait mieux fait de venir avec elle plutôt que de l’envoyer promener.

Quelques voitures les dépassèrent en klaxonnant mais Anja n’y prêta pas attention. Ce ne fut que lorsque le pas claudiquant d’Erwan eut pénétré son immeuble qu’elle autorisa son chauffeur à reprendre une allure normale. Elle lui indiqua la direction de sa villa. A elle aussi, cet étrange trajet lui avait permis de réfléchir. Elle avait essayé. Elle avait fait un effort mais puisqu’il l’avait repoussée, elle n’avait plus rien à lui dire. C’était terminé, pour de bon cette fois. Qu’il se débrouille avec les russes et ses blessures, elle s’en moquait. Il ne lui restait plus qu’une chose à faire pour mettre un point final à leur liaison, et elle allait justement la chercher chez elle. La berline se faufila avec aisance dans la ville, remonta l’allée de la demeure. Anja sortit de l’habitacle et entra chez elle avec précipitation. Elle ne prit même pas le temps de se changer. Furieuse, elle voulait juste en finir. Elle alla chercher la petite boîte qui l’intéressait puis ressortit et rejoignit la voiture dont le moteur n’avait pas été coupé. Le véhicule fit le chemin en sens inverse puis se gara finalement devant l’immeuble qu’ils venaient de quitter. Sans hésiter, la russe, le paquet en main, sortit de la voiture et rejoignit l’entrée. Par chance, une personne sortait au moment où elle approchait. Cela lui évitait au moins de sonner et de risquer qu’il la laisse à la porte. Les talons claquant sur le sol, elle monta rapidement les marches jusqu’à arriver devant la porte qu’elle cherchait. Enervée, elle appuya sur la sonnette dont le son grésillant hurla quelques secondes de l’autre côté de la porte. Le visage fermé, elle s’était décidée. Peu importait qu’il fasse encore la gueule dès qu’il la verrait ou qu’il se soit décidé à être un peu plus aimable. Elle se fichait de ses états d’âmes puisque sa décision était prise. Le battant de la porte s’entrouvrit et il n’était même pas encore face à elle qu’elle prenait déjà la parole de manière abrupte.


    « Ta caméra. »

Dès l’instant où la porte se fut assez ouverte, elle lui fourra dans les mains l’emballage qui contenait l’appareil, avec autant de précipitation que s’il s’était agi d’une bombe prête à exploser. L’objet remis à son propriétaire et puisqu’elle avait accompli ce qu’elle était venue faire, seulement alors elle se donna le droit de relever son regard vers lui et la vision la surprit. Torse nu, Erwan se tenait devant elle, le jean un peu descendu, des ecchymoses commençant à se former sur son buste, le visage encore ensanglanté et un joint pas très loin de ses lèvres. Elle fut saisie une seconde par le spectacle, interdite. Cet homme-là était à mille lieux de l’amant qu’elle avait connu. Etait-il seulement le même homme ? Elle avait l’impression de ne pas le reconnaître même si les traits du visage et les angles de son torse lui paraissaient familiers. Rapidement néanmoins, Anja se ressaisit. Ça ne la regardait pas, il le lui avait bien assez clairement fait comprendre. Et maintenant qu’elle lui avait rendu son bien, elle s’apprêtait déjà à faire demi-tour et à repartir d’où elle était venue, sans se soucier de l’évolution troublante qui semblait avoir frappé celui qui avait été le médecin de son fils.




    She'll suck you dry... But still you'll cry, to be back in her bosom. To do it again. She'll make you weep... And moan and cry, to be back in her bosom. To do it again... Saviors and saints, devils and heathens alike... She'll eat you alive.
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MessageSujet: Re: Someone that you're with ▬ Anja    Ven 7 Juin - 22:46

Pour la première fois de ma vie, je trouvais Anja bien naïve. Comment pouvait-elle croire que j’allais vraiment monter dans sa voiture ? Qu’est ce qu’elle s’imaginait ? Que je pouvais tout oublier sous prétexte qu’elle papillonnait des paupières ? J’étais un homme très influençable mais il y avait des limites. Anja m’avait jeté, et quand bien même ce paramètre ne serait pas à prendre en compte, je n’étais pas prêt à accepter une main tendue. A dire vrai, c’était au dessus de mes forces de ravaler ma fierté et de monter dans cette voiture. L’idée était tentante mais je n’avais aucune envie d’être redevable envers Anja. J’avais suffisamment de dettes comme ça envers les russes, autant éviter des les accumuler. Surtout qu’avec Anja… c’était étrange. La relation ou plutôt la non-relation qui nous avait, par le passé, unie, n’était plus qu’un lointain souvenir. Loin d’espérer renier avec elle, j’aspirais surtout à ne plus me refaire avoir. Anja était la seule femme qui avait osé me virer de sa vie. C’était probablement parce que c’était l’une des rares personnes à m’avoir plus ou moins accepté de sa vie. Inconsciemment, je m’étais immiscé dans son quotidien et elle avait fais de même. En partant, elle avait instauré un véritable manque que je refusais d’admettre. Anja ne pouvait pas me manquer, elle n’était rien pour moi. Juste une femme avec qui j’avais passé quelques nuits… juste une fille que j’avais eu dans la peau et dont le souvenir était difficile à effacer. Et pourtant cela ne m’empêchait pas de refuser son offre. Elle n’avait pas idée à quel point j’étais blessé par son comportement à mon égard. Elle m’avait viré comme un gigolo, abandonné comme le bâtard qu’on m’avait toujours reproché d’être. Forcément je le prenais mal. La rancœur dictait mes mots et je n’hésitais pas à lui dire le fond de ma pensée. Venant d’elle, être traité comme si je n’étais rien m’avait profondément déçu. Je devais être terriblement naïf car… je m’y attendais pas. Cette putain de claque qu’elle m’avait assignée, je ne l’avais vu venir. Je ne sais pas ce que je croyais ou ce que j’avais imaginé mais… jamais je n’aurais cru qu’elle me donnerait ce rôle. Et maintenant, elle voulait m’aider ? Si elle voulait aider quelqu’un pour l’abandonner ensuite elle n’avait qu’à se trouver un chiot. C’était cruel mais pour une fois cela ne tomberait pas sur ma gueule.

Doucement, avec des jambes qui peinaient à avancer je m’éloignais d’Anja. J’avais trop mal pour m’engueuler avec elle. Et surtout je craignais de ne pas réussir à repartir si je restais débout sans bouger trop longtemps. Néanmoins à cause d’un instant de faiblesse, je me retournais vers Anja, surpris qu’elle me laisse le dernier mot. Tu parles… « Va te faire foutre. » Un vague sourire se greffa sur mon visage. C’était bon de retrouver son caractère de merde, même si c’était seulement l’espace de quelques secondes. Sans m’empêcher de lever les yeux au ciel, je poursuivis ma route, indifférent à sa colère. Quelques instants plus tard, mon regard fut attiré par la voiture qui me suivait au pas. Interdit, je m’arrêtais imiter par la voiture. « Anja, t’es sérieuse là ? » m’exclamais-je devant une vitre qui resta close. Elle n’allait même pas me répondre… Je lâchais un juron et repris ma route au rythme des klaxonnes qui dépassaient la voiture. Anja allait vraiment le faire. Elle l’avait dis ou alors elle le faisait. Une nouvelle fois, je levais les yeux au ciel et repris ma route, ignorant comme je pouvais la voiture qui me rappelait ma stupidité de mâle. Si Anja cherchait une nouvelle façon de m’humilier elle avait trouvé. Pourquoi elle ne lâchait pas l’affaire ? Qu’est ce que cela allait lui apporter de me suivre ? J’avais beau réfléchir, je ne voyais pas quel intérêt Anja avait en se livrant à ce petit manège. C’était juste une perte de temps. Arrivé devant la porte de mon immeuble, je regardais une dernière fois la voiture d’Anja. Elle allait partir maintenant… Quel idiot, j’avais décidemment tout raté aujourd’hui. A présent qu’il était trop tard pour revenir en arrière, je me demandais si j’avais bien fais de l’envoyer paitre comme ça. Cela ne me ressemblait pas vraiment mais… Anja l’avait cherché ! C’était elle qui avait commencé alors je me persuadais d’avoir bien fais. De toute façon, j’avais d’autres choses plus urgentes à m’occuper, à commencer par panser mes blessures.

A peine arrivé, j’enlevais mes chaussures et chaussettes trempées et à défaut de parvenir à ôter mon sweat, j’optais pour la paire de ciseaux et découpais le dit vêtement. Bien que je n’étais pas attaché à mes vêtements, cela me faisait mal au cœur que le sweat offert par Clara à Noël dernier finissait comme ça. Maintenant il était fichu. La mafia me dépossédait de beaucoup de chose… En plus, de l’impression d’avoir le visage en feu, j’avais le bras en sang. C’était fou cette sensation de ne plus rien ressentir et d’avoir quand même mal. Sans prendre la peine de nettoyer ma blessure, je m’équipais d’une pince à épiler et tentais d’extraire les morceaux de verre de ma plaie. La tâche s’avérait fastidieuse. Je me tordais dans tous les sens pour réussir à me soigner, en conséquence, j’avais encore plus mal qu’en ne faisant rien du tout. Finalement, après quelques minutes de souffrance seulement, j’abandonnais ma tâche. Je me levais difficilement du canapé et ouvris le congélateur, j’en extrais un paquet d’oignons congelés et le déposais sur mon torse. C’était sensé me faire du bien… ce n’était pas vraiment efficace. Je retournais m’allonger sur le canapé et fermais les yeux l’espace de quelques secondes. Je ne comprenais pas ce qu’avait fais Anja. Et je trouvais notre pseudo conflit totalement ridicule. On se comportait comme des gamins – surtout elle, mais on ne pouvait pas dire que j’avais élevé le débat. J’attrapais mon téléphone portable indemne malgré les épreuves de la journée et cherchais le numéro d’Anja. J’étais dans la merde et lui demander un service, même si cela me faisait chier, je n’avais pas vraiment le choix. D’une, j’étais incapable de me soigner et ma blessure par balle n’était déjà pas très jolie alors inutile d’aggraver la situation. De deux, Max n’allait jamais passer mon message à son boss. Or, il fallait que je lui parle. Ma nouvelle condition questionnait mon implication dans la mafia. Ce n’était pas que je refusais d’honorer ma dette, mais il fallait se rendre à l’évidence : je pouvais plus le faire. J’étais incapable de soigner quelqu’un. Ma médecine c’était terminé. Le constat était amer mais flagrant. Je soupirais et tapotait sur mon téléphone alors qu’il se mettait en veille. J’appelle, j’appelle pas ? J’appelle pas. A quoi bon prendre le risque de me faire envoyer chier ? C’était une mauvaise idée et cela m’enmerdait trop de reconnaitre que j’avais besoin d’aide. Je me massais les tempes et tentais de compter le nombre de miroir que j’allais devoir éviter. Putain quelle vie de merde.

Douloureux, je parviens tout de même à me relever pour récupérer dans une vieille boite en fer dans la cuisine un vieux souvenir… Enfin pas si vieux que ça. Aux gros mots, les grands moyens. Sans hésitation, j’allumais le joint et en tirais deux longues bouffées pensant à me soulager. Cela faisait mal autant psychologiquement que physiquement. Le pire, c’était ce manque d’échappatoire. J’avais bien une petite idée de ce que je devais faire mais… enfin peut-être que c’était pas si mal, j’avais rien à perdre de toute façon. Il fallait que je le fasse. Cigarette illégale au bec, j’attrapais mon téléphone et tentais une nouvelle fois de me faire violence pour l’appeler. Brutalement on sonna à la porte et j’abandonnais le téléphone dans le salon. Cela n’avait pas sonné à l’interphone, donc c’était forcement quelqu’un de l’immeuble. Probablement une voisine qui avait un problème et que j’allais envoyer chier… Sans trouver la force de me rhabiller ou la nécessité, j’allais ouvrir la porte. Pied nu, torse, nu, j’avais la dégaine d’un baroudeur un peu paumé. A peine j’ouvris la porte avec mon bras droit et coinçais le joint dans mes lèvres, mon bras gauche meurtris était le long du corps. Je ne sentais pas grand-chose si ce n’était la douleur dans le haut de l’épaule là où Max avait frappé à plusieurs reprises qu’on me balança dans les mains une boite en carton. Mon regard tomba sur l’appareil que je manquais de faire tomber. « Ta caméra. » précisa Anja. Nos regards se croisèrent et je lu sur nos visages un étonnement réciproque. On ne s’attendait pas à se retrouver là, ou bien pas comme ça. Un peu honteux d’être pris sur le fait, avec ce joint je tentais tout même de la retenir : « Fanja ! » Avec le joint entre les lèvres, pas facile. Je le retirais de mes lèvres et répétais : « Anja ! » J’avançais vers elle, sans trop savoir quoi dire, préférant regarder la boite en carton plutôt que la jeune femme. « Anja… tu m’as envoyé chier, je t’ai envoyé chier… on peut considérer qu’on est quitte ? » Nous ne l’étions pas tout à fait. Mais comme l’indiquait le ton de ma voix, je n’avais pas envie de me chamailler. J’avais mal. Vraiment, je m’étais pris des raclés mais… là je ne me contentais pas de toucher le fond, je creusais ma tombe. « Reprends ça… » demandais-je doucement en lui tendant la boite. C’était un cadeau, un souvenir qui me fit doucement sourire. Quand j’y repensais, j’avais vraiment eu de bons moments avec cette femme. On avait un petit passé sans importance en commun, j’avais vraiment pas envie de me battre contre elle. « Viens… t’es trempée et si la vieille d’en face me voit avec ça… » justifiais-je en montrant le joint. Je fermais les yeux un bref instant, tracassé par ce qu’Anja devait penser de ma déchéance. « C’est thérapeutique. » expliquais-je sans conviction avant de faire un geste du bras pour inviter Anja à s’éloigner de l’ascenseur. Je ne pouvais pas lui dire clairement mais la camera… c’était un prétexte, non? Elle s’était pas donné la peine de rentrer chez elle la récupérer juste pour me le balancer, ou alors elle se balader avec dans son sac à main ? Cela m’étonnerait. Avec une certaine pression, j’attendis le verdict d’Anja, si elle voulait partir, vu l’état de mon appartement je n’étais pas vraiment en mesure de la retenir… Entre les éclats de verres extraits de mon bras qui trainaient dans une assiette, les bouteilles vides, et le paquet d’oignons surgelés, je n’étais pas impatient de la voir rentrer chez moi. Pourtant, et contrairement à ce que j’avais dis plus tôt, je n’avais aucune envie de la voir partir.

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MessageSujet: Re: Someone that you're with ▬ Anja    Dim 9 Juin - 18:54

Avec la même précipitation agacée, ses doigts martelèrent le bouton de l'ascenseur. Maintenant qu'elle lui avait rendu sa caméra, maintenant qu'elle avait accompli ce qu'elle était venue faire, elle n'avait plus aucune raison d'être là. Elle n'avait plus rien à faire là. La curiosité la brûlait, elle aurait aimé savoir ce qui avait pu lui arriver pour qu'il change aussi rapidement et qu'elle ne le reconnaisse presque pas. Pourtant ça ne faisait qu'un peu plus d'un mois qu'elle ne l'avait pas vu, mais elle avait l'impression qu'il était différent. Ou alors il l'avait toujours été et c'était elle qui n'avait pas fait attention ? Peut-être, après tout pour que Max ait la main si lourde, ce ne devait pas être la première fois qu'il rencontrait Erwan. Elle aurait voulu savoir ce qu'il faisait avec les russes, lui demander pourquoi ils l'avaient amoché comme ça. Non. Elle se gifla mentalement, se répétant la résolution qu'elle avait prise. Ca ne la regardait pas et elle n'avait plus rien à faire ici. Elle appuya une nouvelle fois sur le bouton d'appel et, l'ascenseur n'ayant pas bougé, les portes s'ouvrirent au moment où Erwan l'appelait. Elle occulta sa voix, essayant de ne pas y prêter attention. Elle eut la subite impression qu'être venue jusqu'ici pour ramener la caméra était une mauvaise idée. Elle aurait mieux fait de l'envoyer par colis postal... Sans se retourner elle avança de quelques pas. Elle s'apprêtait même à pénétrer dans l'ascenseur mais les mots qu'il prononça la firent se stopper net, juste devant la marche de la cage d'ascenseur, et elle se tourna d'un geste vif vers lui, le regard sombre.

Quittes ? Alors quoi, il devait obligatoirement l'envoyer promener à son tour avant de pouvoir lui adresser la parole normalement ? Et maintenant qu'il l'avait fait, se sentait-il soulagé ? Ca lui apportait quoi, d'avoir été aussi agressif ? En tout cas à elle, ça ne lui donnait que l'envie de l'envoyer chier encore une fois et de tourner définitivement les talons. Elle l'aurait fait d'ailleurs, s'il avait eu le courage de la regarder en face plutôt que de fixer la boîte en carton. Toujours furieuse, elle sentait la bile qui grimpait dans sa gorge et qu'elle ne tarderait probablement pas à cracher mais, comme ses yeux se posaient de nouveau sur lui, elle sembla seulement se rendre compte du ton las qu'il avait employé en lui parlant. Ce n'était pas qu'il voulait à tout prix prouver qu'elle ne lui était pas supérieure, c'était juste qu'il essayait de ne pas perdre la face mais de faire un pas en arrière tout de même. Calmé, il essayait, lui aussi, de faire un effort. Et si son état physique n'avait pas autant attiré son attention, elle ne l'aurait peut-être même pas remarqué. Ses yeux se promenèrent une seconde sur les blessures qui ornaient son visage et son torse. Définitivement, il n'était pas en état de subir une nouvelle joute verbale, ni avec elle, ni avec qui que ce soit d'ailleurs. Elle ne bougea pas ni ne dit mot mais elle le sentait, sa colère se dissipait et la bile ne sortirait pas. Son regard descendit jusqu'à la boîte qu'il voulait qu'elle reprenne mais elle ne s'en saisit pas tout de suite, se contentant de la fixer tout en restant silencieuse. Que voulait-il qu'elle en fasse au juste ? Assurément pas les propositions qu'il avait laissé en post-it alors, quoi ? Elle n'en avait pas besoin. C'était lui qui l'avait achetée alors puisqu'elle ne lui servirait pas, autant qu'il la récupère. Toujours pas décidée à prendre le carton, elle releva ses yeux vers lui et se surprit à se demander ce qui pouvait le faire sourire. Pire encore, elle en vint à douter quand il lui proposa d'entrer. Une seconde plus tôt, elle était tout à fait décidée et sûre de vouloir mettre un terme définitif à tout cela et à présent, la voilà qui hésitait à accepter ou non.

Pourquoi entrer ? Elle n'avait rien de plus à lui dire que ce qu'elle n'avait dit la dernière fois. Elle n'avait pas changé d'avis ni n'était revenue sur ce qu'elle avait dit. Elle le voyait d'ici, si elle entrait dans son appartement il y aurait ce silence pesant et cette gêne persistante. Mais d'un autre côté, pourquoi refuser ? Elle se rendit compte qu'elle n'avait, elle non plus, pas envie de batiller ni de se chamailler. Et, comme pour choisir à sa place, les portes de l'ascenseur finirent par se refermer derrière elle. Soit, elle restait. Elle jeta un œil au joint qu'il tenait et pour lequel il craignait tant que sa voisine le surprenne tandis qu'il expliquait qu'il en prenait parce que c'était thérapeutique. S'il savait comme elle se fichait qu'il consomme une drogue douce. Ce n'était pas elle qui le jugerait alors qu'elle avait fait bien pire. Les journaux people avaient même immortalisé ses dérapages puisqu'elle les avait commis en compagnie du célèbre acteur Samuel Grant. Cocaïne. Alors, ce n'était pas avec sa cigarette rieuse qu'elle allait être choquée et le prendre pour un hors-la-loi. Elle eut envie de sourire néanmoins l'intention ne fut pas suffisante pour étirer les muscles de ses lèvres. Le rejoignant à mi-chemin, elle tendit elle aussi son bras pour prendre la boîte qu'il lui tendait toujours. Oh, elle n'allait pas la garder, elle n'en avait toujours pas l'utilité mais elle la lui rendrait plus... gentiment. La caméra en main, la brune consentit finalement à s'approcher, lâchant quelques mots avant d'entrer dans l'appartement.


    « Tu n'as pas à te justifier Erwan. Ce n'est qu'un joint... »

Dédramatiser. Ce n'était rien qu'une drogue douce. Qui ne fumait pas, de temps à autre, un peu de cannabis pour se détendre ? Tout le monde le faisait, il n'avait pas à culpabiliser. Dans l'appartement, elle ne put s'empêcher de jeter un regard circulaire autour d'elle. Les lieux n'avaient pas vraiment changé depuis la dernière fois qu'elle y était venue si ce n'était que c'était un peu plus... anarchique. Des boîtes de céréales dans l'évier, des bouteilles vides.. beaucoup de bouteilles vides. Et dans le coin salon, une assiette dans laquelle gisait quelques morceaux de verre ensanglantés et du matériel médical. Elle ne fit aucun commentaire, ne pouvant s'empêcher mentalement de comparer ce mode de rangement à celui qu'elle avait vu en revenant de la fusillade. Se tournant vers lui, le regard d'Anja ne put que se poser sur son épaule meurtrie pendant qu'il refermait la porte, dos à elle. Sans vraiment réfléchir, la russe s'avança d'un pas, déposant une main aérienne à quelques centimètres des plaies dans lesquelles restaient plantés quelques morceaux de verre.

    « Ils t'ont pas loupé... »

La gêne n'eut pas le temps de s'installer suite à ce contact puisqu'elle se recula aussitôt, retirant sa main de son épaule pour faire volte-face et s'avancer dans le salon. Elle posa la caméra sur la table basse, attrapant de ses doigts fins la petite pince à épiler qu'elle désinfecta d'un coton imbibé d'alcool. Sans demander sa permission et sans même savoir s'il était d'accord, elle s'assit sur le rebord du canapé, celui-là même dans lequel ils avaient passé quelques heures à regarder films et télévision après leur retour de l'hôpital. Les petits bras de fer nettoyés, elle releva son visage vers lui, ses doigts armés de la pince à épiler.

    « Tu viens ? »




    She'll suck you dry... But still you'll cry, to be back in her bosom. To do it again. She'll make you weep... And moan and cry, to be back in her bosom. To do it again... Saviors and saints, devils and heathens alike... She'll eat you alive.
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MessageSujet: Re: Someone that you're with ▬ Anja    Dim 9 Juin - 22:14

L’évidence sautait aux yeux. A force de virer les gens de ma vie, il ne restait plus personne dans mon entourage. Ce n’était pas un reproche, juste un constat. Il n’y avait qu’à me voir tenter de me déboiter l’épaule pour me soigner pour comprendre que je n’avais personne à appeler. Personne sauf peut-être une fille… Pas vraiment une amie. Un peu plus qu’une connaissance. Il était difficile de caractériser ma relation avec Anja tant elle me semblait complexe. Pourtant, je n’avais jamais rien fais pour compliquer les choses. Au contraire, avec les femmes, je laissais venir et je ne prenais quasiment jamais de décision. Je ne m’engageais pas, jamais, c’était une réalité contre laquelle, je ne cherchais pas à lutter. On me l’avait souvent reproché, mais avec Anja… j’avais pas compris les reproches. Vraiment pas. Aujourd’hui encore elle restait une énigme. D’autant plus qu’elle s’était impliquée plus que je ne l’aurais cru et plus que je ne l’aurais voulu concernant mon altercation avec les russes. Bien sure je refusais en bloc son aide, mais j’étais bien content de la trouver quand même. D’autant plus lorsqu’elle frappait à ma porte sous prétexte de me rendre ma fameuse caméra. Cette idée à la con que j’avais eu le jour de notre « séparation », je ne l’avais pas vraiment regretté. C’était pour ça que j’avais souris en la redécouvrant, parce que je me rappelais ce qu’avait été notre relation, des parties de jambes en l’air, mais aussi une complicité que je n’avais jamais partagée avec qui que se soit. Sans se parler, nous réussissions à nous comprendre. C’est du moins l’impression que j’avais eu à son contact. Nous cherchions pareil, nous voulions la même chose jusqu’à… ce que cela change sans raison. Notre enguelade était incompréhensible et savoir qui avait eut tord n’avait plus vraiment d’importance. J’avais beau être parfois rancunier, en réalité, je ne l’étais pas vraiment. Je prenais les choses comme elles arrivaient et j’avais l’habitude d’enchainer les obstacles. En ce moment, ils étaient très rapprochés mais cela allait s’arranger, peut-être. Bien que j’ai une nature optimiste, en ce moment… ce n’était pas ça. Aujourd’hui, j’avais aucun moyen de m’échapper. Avant, je pouvais décrocher avec l’hôpital, j’arrivais à m’évader mais… j’avais plus ça. Je tournais à rond entre mes quatre de mur. En plus d’être de mauvaise humeur, j’allais devenir dingue. Lorsqu’Anja avait frappé à la porte, aussi égoïste que cela soit, je voyais un moyen de m’échapper, d’avoir un peu d’aide, même si j’en voulais pas, j’étais obligé d’admettre que j’en avais besoin à cause de mon bras. Je m’en sortirais pas tout seul, j’étais trop dans la merde même si je voulais pas l’admettre, je commençais doucement à en avoir conscience. Et puis… revoir Anja, ce n’était pas quelque chose qui se refusait. C’était vraiment égoïste, mais je ne voulais pas la laisser partir. Anja s’était quand même donné la peine de venir, elle s’en fouterait totalement… elle n’aurait pas pris la peine de me rapporter la caméra. Ce souvenir qu’elle me balançait presque à la gueule, c’était un prétexte. L’occasion de lui demander de rester, ce dont je me ne privais pas.

En voyant ce regard de tueuse dont elle avait le secret, je baissais les yeux. Quand on est cassé de partout, c’était encore moins facile de l’affronter. Sérieusement, je n’étais pas fier de moi, vraiment pas. Je crevais de honte de m’exposer ainsi devant elle. Je savais que j’étais maladroit avec mes paroles. Je ne savais pas m’y prendre avec les femmes. Surtout que dans cette situation… j’étais vraiment pas en position de force. J’étais coupable et ça… c’était une réalité qu’Anja ne pouvait pas ignorer. En plus d’être dans la merde à cause de mes mauvais choix, c’était entièrement ma faute. J’avais pas le droit de me plaindre, c’était mes conneries. Quoi qu’Anja décide, je ne voulais pas garder cette caméra. C’était un cadeau. Un présent stupide, ridicule, mais assumé. J’avais pas pour habitude de reprendre mes cadeaux, non pas que j’en ai offert beaucoup mais… c’était un souvenir, même si il n’avait jamais servis. Et puis… cette idée à la con, on l’avait eut le jour de la prise d’otage. Ce jour maudit où j’avais tout perdu. J’avais pas envie d’en garder un souvenir, une cicatrice en forme d’étoile était largement suffisamment.

Après une attente qui me sembla très longue, Anja s’avança vers moi et s’empara de la boite en carton. Elle restait. « Tu n'as pas à te justifier Erwan. Ce n'est qu'un joint... » Peut-être que pour elle, ce n’était qu’un joint mais pour moi c’était plus que cela. C’était mon image de médecin qui volait en éclat. J’avais toujours pensé que les femmes me voyaient comme le gendre idéal, bon sur tout rapport… et là, j’étais un mec qui venait de se faire tabasser, qui fumait des joints, et qui – ça elle l’ignorait encore – n’avait plus de travail. L’image du trentenaire accompli n’était plus qu’un souvenir. Et en plus… ce n’était pas mon premier joint. Vraiment pas, j’en fumais occasionnellement. J’avais l’impression que cela soulageait mon bras alors de temps en temps, je ne me privais pas. Je restais un petit consommateur comme il y en avait des milliers. Anja n’était pas choquée mais j’étais gêné qu’elle voie l’un de mes nouveaux vices. En l’espace de quelques heures, Anja allait remarquer toutes ses fissures qui martelaient mon âme, je ne lui avais jamais menti… mais je lui avais caché énormément de choses. Ce n’était pas grave, nous n’avions aucun compte à nous rendre. Mais avec Anja, j’avais rapidement compris qu’elle cachait des choses vis-à-vis de son agence. Je n’avais pas cherché à savoir quoi, cela ne me regardait pas. En revanche, j’étais prêt à parié qu’elle ne s’était jamais douté que le Docteur Louvier, ce brave gars aux allures d’appollon cachait autant de choses. Sans être un excellent menteur, je savais jouer des apparences. Personne ne connaissait mon passé. Je racontais peu de chose sur ma vie privée, alors qui pourrait se douter que je trainais depuis plus de dix ans avec la mafia russe ? C’était un secret que j’avais bien réussi à dissimuler… jusqu’à aujourd’hui. Anja ne savait probablement pas grand-chose, mais elle devinait suffissament bien pour comprendre que je n’étais pas seulement l’homme qu’elle avait connu. C’était prétentieux, mais… j’étais plus que tout cela. Anja n’avait aperçu qu’une petite facette de ma personnalité, l’aspect public. A présent, elle connaissait aussi une infime partie de ma vie personnelle. Personne n’était au courant de mes relations avec la mafia. Personne. J’avais toujours mis un point d’honneur à le cacher, mais cela aussi, cela venait de s’écrouler.

Intimidé par le fait de dévoiler un appartement au rangement chaotique, je laissais tout de même Anja pénétrer dans cet espace familier. C’était le bordel et je me maudis d’avoir été aussi négligeant avec mon appartement. Pour ma défense, plus personne ne venait alors… Je refermais doucement la porte dernière nous, continuant à fumer tranquillement mon joint. Mon épaule ne laissa pas Anja indifférente. Elle la bonté d’esprit de ne pas y toucher… mais cela ne servait pas à grand-chose, je sentais… très peu. Alors ce n’était pas ce qui était le plus douloureux. « Ils t'ont pas loupé... » Avec un sourire appuyé, je lui fis remarquer : « Et encore t’as pas vu les autres… » Aussitôt dis, je fis la moue et levais les yeux au ciel. Si, elles les avaient vus justement. « Ah si… merde. » Je secouais doucement la tête, l’air de dire, ne fais pas attention. Ce n’était pas parce que j’étais en centième dessus que je n’avais plus le droit de faire de l’humour de merde. Ma vie avait changée, mais je voulais croire que je restais le même. Mes enmerdes ne dataient pas d’hier. J’avais appris à me construire avec tout ça. J’avais l’air différent mais… c’était encore moi. Chômeur, couvert de bleus, certes, mais c’était exactement le même homme qui avait séduit Anja. Cela semblait tellement loin…

Curieusement, Anja semblait plus à l’aise que moi dans mon propre appartement, elle s’installa sur le canapé et s’empara de la pince à épiler, décidée à jouer les infirmières. « Tu viens ? » « Enlèves ton manteau… tu… veux quelque chose ? » Je hochais la tête avant de poser mes fesses sur le bord du canapé, lui exposant mon bras meurtri. J’étais terriblement gêné qu’Anja se donne ce rôle. Elle n’était pas obligée de faire ça, et même si je savais qu’elle ne se sentait pas obligé de le faire, je préférerais le lui rappeler. Ma main saisit la sienne alors qu’elle s’apprêtait à se servir de la pince. « T’es pas obligée de faire ça… » Je me mordis les lèvres, je ne comprenais pas ce qu’elle faisait ou pourquoi elle le faisait. Qu’elle m’offre son aide – qui ne saurait peut-être pas gratuite – me mettait des plus mal à l’aise. Nerveux, je frappais la mesure avec mon genou et baissais les yeux. « Je suis désolé… » finis-je par murmurer entre mes dents. J’osais à peine lever les yeux vers elle. « Je voulais pas que tu… t’assistes à tout ça. » précisais-je. C’était une honte pour moi d’admettre mes problèmes. J’avais pas le choix puisqu’Anja m’avait pris en « flagrant délit ». « C’est vraiment pas important tout ça. » relativisais-je. Je ne voulais pas qu’elle s’inquiète pour moi. Je ne savais pas du tout ce que je faisais mais… je faisais semblant avec un sourire qui se voulait rassurant. Comme d’habitude. L’important, c’était de s’effacer et que personne ne se préoccupe de mes enmerdes. « Tu peux y aller, je sens pas grand-chose. » lui dis-je. Je ne cherchais pas à jouer les héros qui n’avaient jamais mal, mais la plaie qu’Anja nettoyait avec précaution se situait dans une zone devenue fantôme. Je ne sentais plus grand-chose alors elle n’était pas obligée de se montrer aussi douce. Je sentais pas la différence. Avec des précautions qui ne me ressemblaient pas, je regardais Anja sans oser affronter directement son regard.

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MessageSujet: Re: Someone that you're with ▬ Anja    Lun 10 Juin - 1:05

Des mecs passés à tabac par ses amis mafieux russes, elle en avait vu à la pelle. C'était même parfois elle qui faisait appel à eux pour reprendre des clients un peu trop violents ou des partenaires pas assez coopératifs. Elle faisait partie de ceux qui avaient le pouvoir de briser et de faire mal, elle était du côté de ceux qui tenaient la gâchette et il lui suffisait d'appuyer pour que l'arme qu'étaient la force des mafieux russes ne se mette en branle et parte à l'assaut. Elle ne faisait pas partie des victimes mais bien des persécuteurs. Et, comme elle voyait Erwan affaibli, ses hématomes, ses coupures, les débris de verre encore plantés, elle songea que c'était peut-être bien la première fois qu'elle connaissait personnellement et intimement une des victimes de ceux qui la protégeaient. Et la sensation était... étrange. Elle n'en voulait pas aux russes, ne le pouvait pas puisqu'elle était comme eux. Dès qu'on lui résistait ou qu'on allait à l'encontre de ses besoins ou désirs, elle n'hésitait pas à user de menaces ou de violence. Ce n'était pas elle qui les exécutait effectivement, mais ça ne changeait rien au fait que dans cette histoire, elle aurait très bien pu être celle qui avait ordonné le passage à tabac du médecin. Et, tout à la fois et parce qu'il avait fini par s'incruster peu à peu dans son monde, elle aurait aimé pouvoir lui épargner ces désagréments et le mettre sous sa protection. Ou en tout cas, elle aurait voulu qu'il n'ait pas à subir les violences des russes. Quelque part, cela la peinait que ce soit ses collaborateurs, ceux de son camp, qui lui avaient causé ces préjudices. Pour cette raison, elle ne parvint pas réellement à sourire même si Erwan tentait de plaisanter sur sa situation. A nouveau, elle aurait aimé se dérider mais ses muscles faciaux restèrent impassibles. Il n'y avait rien qui la faisait rire dans ce qu'elle voyait...

Puisqu'il l'y invitait, elle finit par ôter son manteau, le posant précautionneusement sur le rebord du canapé. Elle ne s'était pas trompée, la veste avait commencé à percer, son chemisier était un peu humide toutefois pas assez pour être clairement mouillé. A l'abri et son vêtement le plus trempé ôté, elle sentait déjà qu'elle commençait à se réchauffer, de légers frissons la parcourant de part en part. Elle refusa poliment quand il lui demanda si elle voulait quelque chose. Non, elle n'avait pas vraiment soif, ni faim. S'il avait vraiment insisté elle aurait fini par accepter mais il ne le fit pas et elle se douta que cela l'arrangeait de ne pas avoir à chercher à manger ou à boire dans l'hécatombe qu'était sa cuisine. Entre temps il l'avait rejointe sur le canapé et elle commençait déjà à se pencher sur son épaule pour regarder plus précisément ce qu'il fallait retirer mais le médecin la stoppa dans son geste. Elle s'immobilisa quand sa main attrapa la sienne, relevant vers lui ses yeux clairs comme elle se demandait si elle avait fait quelque chose qu'il ne fallait pas. Il était médecin, elle était loin d'être spécialiste mais elle n'avait même pas encore commencé alors elle ne voyait pas ce qu'elle aurait déjà pu faire de travers ? Rien. Ca n'avait rien à voir, il voulait juste lui rappeler qu'elle n'était pas forcée de faire "ça". L'aider. Elle le savait. Et s'il ne la connaissait pas encore assez bien, ils étaient rares ceux qui parvenaient à lui faire faire des choses sous la contrainte. Si elle le faisait, c'était qu'elle le voulait. Elle ne répondit pourtant rien, sachant qu'il le devinerait. La pince en main elle n'avait pourtant encore rien fait. Il gigotait. Son genou frappait le sol rapidement et faisait un peu trembler son bras. Patiente, elle attendit qu'il se calme, ce qu'il sembla faire comme il se mettait à parler. Il était désolé qu'elle ait assisté au spectacle plus tôt et peut-être encore maintenant. Elle imaginait. Il n'était peut-être pas aussi fier qu'elle mais elle avait eu la preuve qu'il en tenait tout de même une bonne couche. Ce ne devait pas être évident d'avoir été vu diminué et encore affaibli. Elle le savait, elle détestait montrer ses faiblesses. Mais ce n'était pas une raison pour nier l'évidence et faire comme si tout allait bien. Ce n'était pas le cas.

Malgré l'envie de lui ouvrir les yeux, ou en tout cas de lui montrer qu'elle les avait grands ouverts, la brune resta silencieuse et se mit à la tâche. Elle ne faisait pas une infirmière parfaite, n'avait pas de réelles bases en soin mais ses années de mariage lui servaient d'expérience qualifiante. Avec douceur mais néanmoins fermeté, elle commença à retirer les morceaux de verre. Il y en avait deux gros, dessus et dessous de la cicatrice de la balle qu'il avait reçu, et quelques uns plus petits, éparpillés ça et là dans son épaule. Il lui assura ne pas ressentir la douleur, elle eut d'ailleurs un petit froncement de sourcils durant une seconde - était-ce normal ? - mais se dit que ce n'était pas une raison pour le charcuter. Elle retira les deux plus gros morceaux, serrant les dents pour lui quand elle les extirpait de la peau et les laissant retomber avec un petit tintement dans l'assiette posée sur la table basse. Ce court silence lui avait laissé le temps de réfléchir, de choisir ses mots. Pour le distraire mais elle restant concentrée, elle se mit à lui parler, un peu, tandis qu'elle s'attaquait aux lames plus petites mais plus nombreuses.


    « Tu as déjà entendu parler du Fight Club Erwan ? Peu importe, c'est un club, de bagarre. Les hommes, et les femmes, y vont pour se taper dessus, tous consentants. C'est leur façon de se défouler, d'extérioriser et que sais-je encore. »

Elle n'avait elle-même jamais vraiment compris ce que les gens qui fréquentaient le Fight Club y recherchaient, quoique si, ils retrouvaient simplement une certaine bestialité, mais elle ne voyait pas quels avantages il pouvait y avoir à redevenir si primaires. Là n'était pas la question.

    « Celui qui a monté ce club, le patron... J'ai été mariée à lui pendant sept ans. Étant le fondateur, il revenait assez rarement avec des coups à la maison mais, quand ça arrivait, c'était moi qui le soignait. Alors, je sais que je ne suis pas obligée de t'aider mais ça doit être un truc qui me reste de cette époque-là : je n'aime pas quand les personnes qui font partie de ma vie d'une manière ou d'une autre ont le minois abimé. »

Paisible, elle se révélait, un peu, sans même s'en rendre vraiment compte. Elle n'avait jamais parlé de son passé avec lui, n'avait pas l'intention de s'étendre plus et cette anecdote n'avait que pour but de le rassurer, quelque part. Elle n'allait pas le charcuter parce qu'elle avait un peu l'habitude. Quand au fait qu'il faisait partie de sa vie, ce n'était pas un scoop, elle avait déjà admis qu'il comptait plus qu'elle ne l'aurait voulu un mois plus tôt. Ils ne s'étaient absolument pas côtoyés durant ce mois, ni vus ni parlés ni touchés mais elle avait l'impression qu'il n'était pas vraiment parti, même si elle avait tenté de le chasser. Il était encore là, la preuve, elle se souciait qu'il se soit fait casser la gueule. Elle venait de terminer avec le verre dans son épaule, s'étant appliquée à passer le coton alcoolisé sur les plaies chaque fois qu'elle les libérait du verre intrus, pour empêcher le sang de trop couler, désinfecter et soulager aussi. En quelques gestes, elle scotcha une compresse sur son épaule, pour protéger les plaies, néanmoins elle n'avait pas terminé. Elle avait déjà attrapé un nouveau coton qu'elle imbibait, se penchant cette fois légèrement vers le visage d'Erwan sans s'inquiéter de la proximité qu'elle lui imposait.

    « Quant au reste... Tu trouves peut-être que ce n'est pas important de se prendre une raclée et de se faire menacer par des mafieux mais je les connais, je crois que toi aussi, et à moi, ça me parait plutôt important. »

Elle avait parlé pour le distraire et, d'un geste un peu vif, elle appliqua le coton sur le coin de sa lèvre, s'apprêtant à devoir forcer un peu et appuyer s'il bougeait parce que quelque chose lui disait que là, contrairement à son bras gauche, il allait sentir passer le désinfectant et que ça allait lui piquer. Distraction ou non, elle pensait les mots qu'elle énonçait avec calme, loin de lui faire la morale, et elle était sûre que, quelque part, il était d'accord avec elle et qu'il ne faisait que feindre une certaine nonchalance face à la situation. Pressant toujours le coton, les yeux de la brune quittèrent la lèvre abimée pour remonter le long de ses joues et venir chercher son regard, afin de vérifier si elle voyait juste ou non.




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MessageSujet: Re: Someone that you're with ▬ Anja    Lun 10 Juin - 22:51

C’est non sans une certaine appréhension que j’avais pris place à côté d’Anja. Ce n’était pas sa présence qui me stressait, mais la situation. J’avais ce sentiment étrange que les rôles s’étaient inversés. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, je n’avais jamais soigné Anja, une fois j’avais fais quelques points de suture à son fils, mais autrement notre relation était à mille lieux du monde médicale. C’était étrange car Anja l’une des très rares personnes que j’avais connue à l’hôpital et avec qui j’avais gardé contact. D’ordinaire, et c’était une règle que je m’étais fixée, je ne me liais pas avec les patients. Ce n’était pas seulement une question d’éthique et de déontologie, mais aussi de discrétion, je ne supporterais pas de devenir le médecin-qui-se-tapait-les patientes. J’avais toujours mis un point d’honneur à distinguer ma vie privée et ma vie professionnelle. Peut-être que c’était un tord à en voir mon isolement. Mes collègues ne se battaient pas vraiment à la porte et le peu qui daignaient m’appeler, je ne souhaitais pas donner suite. C’était sévère, égoïste et peut-être injuste, mais je ne voulais plus faire parti de ce monde. A présent je n’y avais plus aucune légitimité. Si je voulais m’en sortir, je devais couper les ponts brutalement. C’était pas un choix, mais une question de survie. En prenant place sur le banc de touche, j’acceptais un peu ma déchéance, ce nouveau statut d’handicapé que j’allais me trimballer à vie. Pourtant dans les yeux d’Anja, rien semblait n’avoir changé. C’était certainement un mensonge mais j’aimais y croire. Patiente, la jeune femme attendit que je me calme avant de se prêter au rôle de l’infirmière. Aussi déplacé que cela soit, je trouvais que le rôle lui allait mieux qu’à moi. C’était dégradant pour moi d’être aussi impuissant face à une blessure. Je devais rester assis, obligé de supporter des soins. Les meilleurs médecins faisaient les pires patients et croyez-moi... j’étais un bon médecin. Enfin, j’avais été. Lentement, je tâchais de ne pas infliger à Anja mes angoisses. Peut-être qu’elle avait envie d’en finir vite et de se barrer d’ici. Franchement, je pouvais comprendre. A sa place, je serais probablement pas resté. Quoi que si, je restais toujours quand les gens avaient besoin de moi. C’était la réciproque qui était fausse. Intimidé par la présence d’Anja, je n’osais relever les yeux vers elle. C’était ridicule mais savoir qu’elle restait un peu me rassurait. Pendant quelques minutes voire quelques heures, sa présence apaiserait ma solitude. Malgré nos divergences encore récentes, la compagnie d’Anja restait agréable. Une seconde, il me semblait que nous avions des années d’absence à rattraper et l’instant suivant, j’avais l’impression étrange qu’on ne s’était jamais quitté. Anja n’avait pas vraiment disparu de ma vie. En tout cas, elle n’avait pas totalement souhaité y disparaitre, sinon elle n’aurait pas utilisé la caméra comme prétexte pour revenir, elle ne m’aurait pas suivi avec sa voiture et elle n’aurait jamais remis les pieds chez moi. La russe n’avait pas besoin de dire quelque chose pour que je comprenne que je l’avais véritablement marquée. Je me demandais bien ce qu’elle pouvait me trouver, mais Anja n’était pas totalement insensible à ma présence et c’était valable aussi pour moi. Cette femme me faisait quelque chose mais je n’avais aucune envie de parler de ce genre de chose. Là dernière fois cela avait été un véritable fiasco et puis… l’heure n’était pas à ce genre de chose. Ce n’était pas le moment et nous n’étions pas ce genre de personne. A quoi bon se mentir ? Je n’étais pas fais pour cette vie là et pour être totalement honnête, je pensais que j’étais pas fais pour la vie tout court.

Les yeux baissés, je ne sentais même pas la pince à épiler extraire des morceaux de verre. Anja aurait pu ne pas s’appliquer, l’effet aurait été le même. Je ne sentais plus rien, plus rien du tout… J’aurais aimé que mon torse soit aussi anesthésié cela m’aurait évité de souffrir et de lorgner sur le paquet d’oignions qui décongelaient tranquillement. Un peu de glace cela ne m’aurait pas fais de mal, mais je n’osais plus bouger et je n’étais pas sure d’en avoir la force. Immobile, jamais je ne permettrais de critiquer le travail d’Anja. Elle était suffisamment sympa pour m’aider sans que j’ai à lui demander alors je me taisais, reconnaissant.

A nouveau, à croire que je le faisais sans m’en rendre compte, je rassurais Anja sur ma situation. Je prenais tout ça à la légère avec une nonchalance habituelle. En réalité, c’était loin d’être le cas. Je m’efforçais de croire que j’avais une chance de m’en sortir. Et c’était très loin d’être facile. Il y avait des moments où je ne me donnais pas cette peine, mais comme Anja était là…. Je me sentais obligé de faire un effort et de prendre le temps de la rassurer, de lui dire que tout irait bien pour moi. Dans ses yeux, bien que nos regards se fuyaient – surtout le mien – je lisais une inquiétude sincère. En réalité, Anja ne se contentait pas d’être là, elle faisait plus qu’apporter une simple présence. Elle avait ce petit truc en plus difficile à définir. Anja possédait ce détail qui faisait d’elle une femme fatale mais… il y avait autre chose. Pas seulement son caractère de merde, Anja avait quelque chose au fond d’elle qui faisait d’elle une femme unique. Ce n’était pas seulement sa façon de me regarder, mais aussi sa manière de me considérer. Je n’étais plus rien du tout, strictement rien, mais cela ne paraissait pas. Anja ignorait la grandeur de ma déchéance et à quel point le chaos était devenu maitre de ma vie, mais… j’avais envie de croire que ni ça, ni rien d’autre, ne pourrait changer notre relation. Après tous les événements qui s’étaient enchainés, et nos dérapages aux tords partagés… tout semblait revenu à une certaine norme. Franchement, j’avais envie d’y croire, de me raccrocher à ça. J’avais peut-être le droit de croire que quelqu’un croyait au moins cinq minutes en moi dans toute ma vie ? Sérieusement, ce n’était pas arrivé souvent.

Finalement, nos regards avaient finis par s’apprivoiser et j’osai, jeter un coup d’œil sur son travail, sans voir grand-chose. Doucement Anja prenait la parole : « Tu as déjà entendu parler du Fight Club Erwan ? Peu importe, c'est un club, de bagarre. Les hommes, et les femmes, y vont pour se taper dessus, tous consentants. C'est leur façon de se défouler, d'extérioriser et que sais-je encore. » Le Fight Club, je le connaissais de nom mais franchement… j’avais jamais compris le principe. Anja me parlait de types qui se tapaient dessus volontairement alors que moi… j’avais subis tout ça. Je le regardais de côté, je ne voyais pas très bien où elle voulait en venir. Il fallait donner l’adresse à Max, personnellement j’avais dépassé le stade où je tapais sur les gens. A notre âge, c’était aussi bestiale que pathétique. Anja poursuivit et je lui accordais toute mon attention : « Celui qui a monté ce club, le patron... J'ai été mariée à lui pendant sept ans. Étant le fondateur, il revenait assez rarement avec des coups à la maison mais, quand ça arrivait, c'était moi qui le soignait. Alors, je sais que je ne suis pas obligée de t'aider mais ça doit être un truc qui me reste de cette époque-là : je n'aime pas quand les personnes qui font partie de ma vie d'une manière ou d'une autre ont le minois abimé. » La surprise se lu sur mon visage. Anja avait été mariée. Pendant 7 ans. A un mec qui passait son temps à taper sur les gens ? J’avais dû mal à y croire, mais le détail qui marqua mon attention était tout autre. Je n’aime pas quand les personnes qui font partie de ma vie… Je savais que je faisais parti de sa vie, j’avais finis par le comprendre mais… je n’avais pas le souvenir qu’elle l’avait dit aussi clairement. Touché, ma main droite se déposa sur son genou l’espace de quelques secondes. Une timide marque de tendresse que je ne cherchais pas à expliciter.

Le pansement terminé, je remerciais Anja d’un hochement de tête. Je n’avais réellement rien sentis. A aucun moment, j’avais eu le moindre mouvement de recul. Une nouvelle preuve que je ne ressentais vraiment plus rien… Je pensais qu’Anja en avait finis avec son travail, mais elle décida de s’aventurer sur une nouvelle plaie. Pensif à cause de ses propos, je fis pas attention à la menace du coton imbibé d’alcool qu’elle approchait de mes lèvres. « Quant au reste... Tu trouves peut-être que ce n'est pas important de se prendre une raclée et de se faire menacer par des mafieux mais je les connais, je crois que toi aussi, et à moi, ça me parait plutôt important. » Déstabilisé par la teneur de ses propos qui signifiaient qu’elle n’était pas dupe de mon beau discours, je ne me reculais pas assez vite pour éviter le coton qu’Anja posa sur mes lèvres. Je jurais et bloquais sa main pour l’empêcher de poursuivre. « Arrête.. ! » me défendis-je un peu mollement, en lui souriant doucement. Ma main agrippa la sienne et jouais avec elle, entremêlant sans gène nos doigts. « Ca pique. » justifias-je.

J’appuyais ma tête sur le dossier du canapé et me tournais vers elle, je repoussais juste le désinfectant pas notre proximité. Anja m’épatait. J’arrivais à mentir avec tout le monde mais avec elle… ça ne passait pas. Anja avait ce filtre qui l’empêchait de croire en mes mensonges. Je restais de longues minutes, silencieux, avant de finalement lâcher sa main. « T’as raison… » lâchais-je les yeux fuyants avant d’oser la dévisager. « … c’est pas la première fois que j’ai le droit à ce genre de rappel à l’ordre. » Je passais ma main dans mes cheveux bouclés. Je savais que j’en disais peu, mais il me fallait du temps pour me livrer. Je finis par quitter cette nonchalance. « Anja… tu sais très bien que y’a pas toujours de solutions aux problèmes. Parfois… les histoires finissent mal. Particulièrement quand on est mêlé à la mafia. » Ma voix était calme, posée. Evidemment, je paniquais un peu en prenant conscience de ce qui m’attendait. Mais qu’est-ce que cela changerait ? « C’est peut être « important », dramatique… flippant… mais… c’est ma faute. C’est entièrement ma faute ! » J’étais censé en vouloir à la terre entière ? Ce n’était pas le cas. En réalité, j’étais lassé. Lassé de ce monde où j’avais finis par trouver une place, pour finalement la perdre. J’affrontais le regard d’Anja, pas vraiment combattif mais pourtant souriant. A nouveau ma main gauche glissa sur sa cuisse, sans pour autant chercher un rapprochement immédiat : « Faire partie de ma vie… » Avec un sourire appuyé, complice, je précisais « …Peu importe la manière, ne veut pas dire que tu dois faire partie de mes problèmes Anja. »
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MessageSujet: Re: Someone that you're with ▬ Anja    Jeu 13 Juin - 0:39

Evidemment que non, elle n'était pas dupe de ses mensonges. Mine de rien, elle commençait à le connaître, lui et ses réactions. Même si la plupart du temps quand ils se voyaient, ils n'étaient pas très sérieux et plus taquins qu'autre chose. Quand bien même, elle devinait facilement et c'était peut-être en partie pour cela qu'elle avait paniqué lors de leur dernière entrevue. Outre leur complicité, ce devait être un don que la russe avait. Elle sentait quand on lui mentait ou quand on n'était pas tout à fait honnête. Elle le savait, ses tripes le lui disaient, et alors elle appuyait pour faire sortir la vérité ou alors elle décidait de laisser couler et de ne pas s'en préoccuper. Ce devait être son instinct, particulièrement développé, qui lui permettait de voir les cachoteries ou les entourloupes. Ou peut-être que c'était parce qu'elle-même était une parfaite menteuse et qu'elle était la première à promettre pour recevoir mais reprendre aussitôt. Elle pouvait être une vraie garce quand elle le décidait mais, à ses yeux, c'était toujours mérité. Elle ne savait pas ce qu'Erwan avait fait ou non pour être aussi sévèrement rabroué mais ce qui était sûr, c'est que ce n'était pas négligeable.

Loin de le forcer à tout lui raconter ou se dévoiler, Anja laissait simplement sous-entendre qu'il devait être moins indifférent qu'il ne le laissait paraître et elle lâchait ça, mine de rien, en continuant de le soigner, cette fois décidée à s'attaquer à la plaie qui ornait la commissure de ses lèvres. A peine avait-elle frôlé la blessure avec le coton qu'il se saisit de sa main, l'éloignant de son visage en râlant. Ses yeux se plantèrent directement dans les siens comme il lui demandait d'arrêter, soit disant parce que ça "piquait". Elle aurait pu se moquer de lui. Elle aurait dû d'ailleurs, pour preuve, son regard se faisait malicieux et une pointe de raillerie étirait, enfin, le coin de ses lèvres tandis que ses yeux lui chuchotaient qu'il faisait son précieux un peu trop douillet pour un petit morceau de coton. Les mots auraient pu sortir de ses lèvres, espiègles, mais sa main qui emprisonna la sienne engloutit également les paroles qui s'apprêtaient à sortir. Lâchant ses yeux, elle dirigea son regard vers leurs doigts enlacés et reprit un peu de contenance, ses railleries se retrouvant chassées par une certaine douceur. Elle ne résista pas, pas plus qu'elle ne chercha à se libérer. Quelque chose lui disait qu'elle aurait dû s'affoler à ce contact ou vouloir le repousser après leur dispute mais rien, il n'y avait pas de panique, juste une étrange sérénité. Une quiétude qui ne l'inquiétait pas. Récupérant le coton de sa main libre, elle laissa l'autre dans celle d'Erwan sans avoir le moindre mouvement de recul. Elle ne savait pas pourquoi mais quelque chose lui disait qu'il avait besoin de ce contact, d'être aussi tactile. Pas seulement parce que c'était elle et que c'était les principaux rapports qu'ils avaient. Aussi parce qu'elle avait l'impression qu'il ne voyait pas grand monde ces derniers temps. L'état de son appartement aidait beaucoup à la déduction... Mais ce n'était pas ce qui la gardait immobile, Dieu savait que la brune était loin d'avoir une généreuse empathie. C'était plutôt cette même mystérieuse force qui l'avait faite rester, à l'hôpital, puis le week-end qui avait suivi. Tout comme elle était restée, elle laisserait sa main dans la sienne le temps qu'il la garderait.

Le moment dura, un peu. Elle avait abandonné le coton sur la table et ne bougeait pas, pensive, se demandant ce qui pouvait bien passer par la tête du médecin qui restait silencieux mais les doigts contre les siens. Après quelques minutes, il finit néanmoins par la lâcher et elle sortit de ses pensées, surprise qu'il coupe le contact. Ses yeux cherchèrent les siens et elle les trouva pour l'entendre dire que ce n'était pas la première fois qu'il se faisait remettre en place. Alors, c'était plus grave encore qu'il n'y paraissait. Durant toutes ses explications, Anja demeura muette, jugeant préférable de le laisser s'expliquer sans l'interrompre. Et aussi parce qu'elle ne savait pas quoi lui répondre. Oui, les affaires incluant des mafieux se terminaient parfois mal. Mais non, elle n'arrivait pas à envisager que ses mentors puissent blesser quelqu'un qu'elle estimait. Oui, c'était peut-être sa faute. Mais non, ce n'était pas une raison pour déclarer forfait et attendre la sentence. Oui, elle avait deviné faire également partie de sa vie. Mais non, il ne l'avait pas non plus clairement énoncé jusque-là. Et enfin, non, cela ne voulait pas dire qu'elle devait être mêlée à ses problèmes. Mais oui, elle aurait aimé pouvoir lui épargner ça... La situation était délicate, la position inconfortable. Objectivement, elle savait que si les Rouges lui avaient déjà donné plusieurs chances, il allait bientôt avoir épuisé son quota et que ça ne finirait pas bien. Pour lui. Elle le savait, elle était la première à ne pas laisser de troisième chance quand la seconde avait été gaspillée. Elle ne supportait pas l'épée de Damoclès qui était suspendue au-dessus de sa nuque mais tout à la fois, elle ne se voyait pas intervenir. Ce n'était pas ses affaires, elle n'avait pas à exiger quoi que ce soit de la mafia. Et, même si elle l'avait pu, elle pensait probablement à juste titre que jamais Erwan n'aurait voulu qu'elle interfère. Parce qu'il n'aimait pas cette partie de sa personnalité et qu'il ne voudrait probablement pas qu'elle le sorte d'affaire encore. Elle l'avait bien compris aujourd'hui, dans le hangar. Un peu coincée, retour à la case départ : elle ne savait pas quoi lui dire. Alors, pour changer, elle laissa son instinct prendre les rennes. Délicatement, sa main se glissa jusqu'à la sienne, qui venait de se poser sur sa cuisse, et ses doigts pressèrent les siens d'un geste rassurant. Comme un soutien, un appui.


    « Je ne demande pas à en faire partie. Pas plus que tu ne voudrais que ce soit le cas, je pense. Crois-le ou non, j'ai déjà suffisamment de problèmes pour moi... Je pourrais peut-être t'aider et leur parler. Peut-être, peut-être pas. Il faudrait déjà que je le veuille. Il faudrait que tu le veuilles aussi. Ca fait beaucoup de choses incertaines mais il y en a une qui est sûre : même sans agir ou interférer, je peux écouter. S'il te prenait l'envie de parler... Il parait que j'ai une bonne oreille. »

C'était horrible cette sensation de ne pas avoir été claire et de passer à côté de ce qu'elle voulait dire. Elle avait le sentiment de n'avoir pas su trouver les mots, ou en tout cas pas ceux qu'elle aurait aimé dire. Ceux-là lui paraissaient ridicules et elle se maudit de ne pas pouvoir être plus loquace dans cette situation. Elle estimait avoir mal amené la chose. Qu'aurait-il bien à faire qu'elle soit capable d'écouter ses histoires ? Elle n'était après tout qu'une fille qui était passée par son lit, pourquoi lui expliquerait-il ce qui lui pesait à elle et pas une autre ? Ridicule. Elle était ridicule et se détestait de balancer pareilles idioties. Avec un peu plus de rapidité qu'elle n'aurait dû, elle retira sa main de la sienne et reprit le coton qu'elle avait laissé sur la table, bien décidée à chasser ce malaise qui s'était déposé comme une fine couche sur elle, prête à faire comme si elle n'avait absolument rien dit en affichant un sourire un peu trop prononcé.

    « Tu vas me laisser m'occuper de ton visage ou tu es trop sensible pour me laisser y toucher ? »




    She'll suck you dry... But still you'll cry, to be back in her bosom. To do it again. She'll make you weep... And moan and cry, to be back in her bosom. To do it again... Saviors and saints, devils and heathens alike... She'll eat you alive.
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MessageSujet: Re: Someone that you're with ▬ Anja    Jeu 13 Juin - 22:38

Mentir était devenu une seconde nature. Ce n’était pas un choix mais une obligation. Pour être honnête, je n’avais pas à me forcer beaucoup. J’avais été un adolescent rebelle, pas franchement menteur, mais un peu arrangeur de la vérité. Je savais arrondir les angles quand cela m’arrangeait. Avec mon job à l‘hôpital et mon travail clandestin auprès des mafieux, j’en avais inventé des excuses, des incidents familiales pour justifier mes absences. D’ordinaire, je me contentais d’en dire le moins possible pour éviter de me contredire. La plupart du temps, personne ne soupçonnait mes petits mensonges. C’était fou à quel point l’apparence pouvait donner un alibi. Docteur Louvier, bon sous tout rapport. Archi-professionnel. Menteur ? Nan impossible ! J’avais le profil (parait-il) du gendre idéal, alors cela endormait la méfiance de mes interlocuteurs. Pour être tout à fait franc, j’avais travaillé cette image pendant des années jusqu’à réellement la posséder. Quand un gosse qui s’est fait traiter de « bâtard » toute sa vie se retrouve en pleine immersion parmi des bourgeois nés avec une cuillère en argent dans la bouche, c’était un véritable choc des cultures. Cela n’avait pas été un jeu d’enfant de se faire une place dans ce monde qui était à des années lumières de mon milieu d’origine. Pourtant, j’avais réussi. J’étais un outsider, le gamin qu’on n’aurait jamais cru capable de faire un boulot aussi prestigieux que médecin. Je pouvais toujours me vanter d’avoir réussi ma vie… avant que tout s’effondre. C’était déjà bien, je pouvais me raccrocher à ça, à mes objectifs atteints, mais cela restait une pâle consolation. Quand je pensais à tout ce que j’avais il y a encore quelques semaines je ne pouvais qu’être amer de cette vie que j’avais savouré à cent à l’heure. Je n’avais pas de regrets, mais j’avais le sentiment de ne pas avoir profité suffisamment. J’aurais dû… j’aurais jamais dû retrouver dans cette situation. Je savais que je n’avais jamais rien fait d’héroïque dans ma vie, vraiment rien, mais… je méritais pas ça ? Je valais mieux que cette Fatalité qui s’écharnait sur moi. J’avais fais tellement semblant d’aller bien que je me demandais pourquoi je n’y arrivais plus aujourd’hui. Peut-être que c’était la douleur, le ras-bol, où la présence d’Anja qui perçait mes blessures à jour. Je me croyais un menteur hors-pair, en réalité, si je me fiais à Anja, j’étais un bien piètre menteur. La jolie russe ne croyait plus en mes mensonges. C’était étonnant… mes propres sœurs n’avaient jamais mise en doute ma parole et Anja, qui ne me connaissait depuis beaucoup moins longtemps – en savait bien plus sur moi qu’elles. J’ignorais comment c’était arrivé, mais elle me connaissait mieux que n’importe qui.  

Ce que j’appréciais chez Anja, c’était cette distance tranquille qu’elle nous imposait. Pour elle, c’était probablement une distance de sécurité. Par moment, je trouvais ça agaçant, mais c’était aussi une façon de ne pas me forcer à dévoiler mes secrets. Patiente, la jeune femme ne m’imposait rien. Ses yeux m’observèrent sans que j’y retrouve la méfiance qui l’avait habitée lors de notre précédente rencontre. J’évitais en râlant le coton piquant et cela sembla amuser Anja. Je ne faisais pas l’enfant, ressentir la douleur contrastait réellement avec ce que je ressentais au bras. A défaut d’échanger le moindre mot, ma main s’empara de la sienne l’espace de quelques secondes. C’était juste elle & moi. Naïvement, je n’avais pas le sentiment qu’Anja fasse du social en s’autorisant cette proximité. Avec Anja, on pourra se séparer pendant dix ans qu’on se retrouvait de la même manière. Le temps ne jouait pas sur notre relation. C’était étrange, terriblement bizarre mais… je n’avais pas envie de chercher à comprendre. Chercher à expliquer ce qui se passait, c’était une perte de temps. Et puis… l’excuse n’était pas valable, mais j’avais le cerveau en vrac. Doucement, je me confiais à elle, avouant l’évidence : entre la mafia et moi, cela ne datait pas d’hier et cela n’allait pas se terminer aujourd’hui. Je savais que je ne tenais pas un discours très optimiste mais j’étais réaliste. J’étais pas non plus du genre à voir le pire en permanence, mais là… j’étais vraiment dans la merde. Je n’avais aucune possibilité de m’en sortir. C’était un fait : il n’existait pas de solution. D’autant plus maintenant que je n’avais plus aucune valeur à leurs yeux. Tout ce qui me protégeait, c’était qu’ils ne le savaient pas encore. Mais quand j’allais leur dire… qu’est ce que j’allais prendre. Mes explications restèrent vagues, inutile de m’étaler sur le drame qu’était ma vie. Le jeu du oui et non se déroulait dans la tête d’Anja. J’étais étranger à son raisonnement. Tout ce qui comptait pour moi, c’était de n’entrainer personne dans ma chute. Au contraire, à terme, ma descente en enfer rendra service à Stacey et Clara. Ce n’était pas grand-chose, mais les assurances vies que j’avais souscrites leur assureront un peu moins d’ennui à l’avenir. C’était le moins que je puisse faire pour elles. Quoi qu’en pense Anja, je ne la laisserais jamais s’impliquer dans mes problèmes. Peu importe, si elle avait une solution miracle… à la limite, je voulais bien l’écouter mais pas question qu’elle mette sa position en péril pour mes beaux yeux. J’en valais pas la peine. Néanmoins, j’étais curieux de connaitre sa position… être amie avec les russes et copine avec les italiens, ça me dépassait totalement. La main d’Anja sera mes doigts, un geste surprenant. Pour une femme qui m’avait chassée de sa vie, je la trouvais très présente. Délicatement, Anja mit fin au silence qui s’était installé : « Je ne demande pas à en faire partie. Pas plus que tu ne voudrais que ce soit le cas, je pense. Crois-le ou non, j'ai déjà suffisamment de problèmes pour moi... Je pourrais peut-être t'aider et leur parler. Peut-être, peut-être pas. Il faudrait déjà que je le veuille. Il faudrait que tu le veuilles aussi. Ca fait beaucoup de choses incertaines mais il y en a une qui est sûre : même sans agir ou interférer, je peux écouter. S'il te prenait l'envie de parler... Il parait que j'ai une bonne oreille. » Une bonne oreille… J’aurais dû être touché par sa sollicitude et je l’étais. Mais un détail me frappa : cette bonne oreille qu’elle vantait et que je trouvais un peu… sélective. Ce n’était pas grand-chose, mais je préférais m’intéresser aux faiblesses, à ces détails inutiles plutôt qu’à cette envie de m’aider qui marquait ses mots. On pouvait pas m’aider, pourquoi Anja perdrait son temps ? En plus, elle l’avait parfaitement compris je ne le voulais pas. Remplies de ce que je pensais être des regrets, Anja retira sa main de la mienne. Et comme si de rien n’était, elle repris son coton et me menaça avec : « Tu vas me laisser m'occuper de ton visage ou tu es trop sensible pour me laisser y toucher ? » Je fronçais les sourcils, et avouais comme une évidence : « Je suis trop sensible. » Qu’elle laisse tomber avec son désinfectant. Ca piquait vraiment et en plus ce n’était pas très utile. J’allais bien, cela allait vite cicatriser. « Ca me donne un petit côté bad boy… les filles en raffolent. Comme la barbe. » justifiais-je sans y croire. Je disais juste pour parler d’autre chose et tester un peu sa réaction.

Au bout de plusieurs minutes de réflexion, je me redressais, les coudes posés sur mes genoux, je décidais de me livrer à Anja. Après tout, j’avais besoin de son aide, non ?   « Okay… alors si je t’en parle, pas de jugement de valeur ? Pas de conclusion hâtive ? Tu me conseilles juste… Tu te vexes pas, tu… tu peux faire ça pour moi ? » J’aurais dû réfléchir avant de parler mais… ce n’était pas style de prémédité ce genre de chose. J’attendais d’avoir un geste de sa part, un signe qui me prouvait qu’elle acceptait avant de poursuivre. « T’as une bonne oreille… Ca devrait pas poser de problème. » Mon sourire s’agrandit un peu moqueur. Je pris mon temps avant de balancer en la regardant droit dans les yeux, sans ce sourire de crétin que j’avais eu une seconde plus tôt. C’était vraiment sérieux. « C’est à propos d’une fille. Une femme superbe, vraiment… J’en avais jamais rencontrée une comme ça. Elle a des airs de femmes fatales, un caractère de merde. » Mon sourire s’élargit, complice avant de disparaitre dans la nervosité. « Et… je pense qu’elle a un petit béguin pour moi. Elle m’a virée de sa vie à cause de son « contexte » alors que le mien est carrément pire… Et là… On dirait qu’elle est de retour. Mais… je sais pas trop ce qu’elle pense de moi. On dirait qu’elle se soucie de moi mais… je sais pas. J’ai pas envie d’être pris en pitié et en ce moment je suis assez lucide pour savoir que je suis un brin pathétique. Je sais pas quoi faire avec elle… » Anja risquait de ne pas apprécier. Mais c’était plus fort que moi. Je pouvais pas m’empêcher ! Après tout, elle avait dis qu’elle ‘était une bonne oreille. Je lui laissais le bénéfice du doute. C’était pas ma faute si la dernière fois elle avait interprété de travers tout ce que je lui avais dis. Je ne lui en voulais pas, mais je savais pas sur quel pied danser avec elle. Ce n’était pas le problème auquel Anja s’attendait mais au moins celle-ci Anja pourrait vraiment m’éclairer. Pour détendre une atmosphère que je refusais de devenir pesante, je demandais avec un sourire. « Qu’est ce que toi… et ta bonne oreille, vous me conseillez de faire ? » Je ne voulais pas me moquer d’Anja méchamment. Je ne cherchais pas à retourner la situation contre elle, vraiment pas. Elle savait que de toute façon, ce n’était pas mon genre de faire ça. J’étais pas manipulateur, j’étais juste spontané et curieux. Je tenais à savoir ce que faisait Anja à mes côtés. J’ignorais totalement ce que je voulais, mais en tout cas je refusais catégoriquement d’être une œuvre de charité.
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MessageSujet: Re: Someone that you're with ▬ Anja    Sam 15 Juin - 2:44

Le coton dans les mains, elle se demandait ce qu'elle était en train de faire. Ce n'était pas qu'elle remettait en cause sa présence ici, dans son appartement et après leur dispute. Ni cette main, quoiqu'un peu réticente, qu'elle lui tendait tout de même. Pas une promesse de le sortir de ses ennuis, juste la possibilité de se décharger un peu s'il le souhaitait. Non, ce qu'elle ne comprenait pas, c'était ce qu'elle faisait là, avec ce coton, après lui avoir proposé une oreille attentive. Quel besoin avait-elle encore de vouloir jouer à l'infirmière après ce qu'elle venait de dire ? Il devait se ficher complètement de ce bout de coton imbibé d'alcool. Ou en tout cas, c'était comme ça qu'elle aurait réagi à sa place. Mais c'était uniquement parce qu'au fond, elle savait très précisément ce qu'elle faisait. Distraction. Elle faisait distraction et se cachait derrière ce petit bout de ouate pour éviter d'avoir à affronter sa réaction et un éventuel rejet. Parce qu'elle savait l'avoir déjà blessé, elle se rappelait très clairement ses mots alors que, prêt à partir, il avouait qu'elle lui avait offert des regrets. Elle voyait venir gros comme une maison qu'il l'envoie promener avec sa bonne oreille, parce qu'il n'avait sûrement pas besoin d'elle, pas même pour lui raconter ses problèmes. Alors pour esquiver le refus, elle se faufilait. Vite vite. Changer de sujet de conversation. Vite vite. S'occuper les mains et les pensées, même un coton faisait l'affaire. Sauf qu'il n'en voulait pas. Plus d'échappatoire, la porte se refermait. Elle sentait un léger vent de panique s'insinuer maintenant qu'elle n'avait plus rien pour justifier sa présence - plus d'épaule à soulager, plus de visage à soigner, plus de caméra à donner. Cependant, elle fut forcée de sourire quand il insinua qu'il gardait les coups et la barbe pour le côté bad boy. Elle secoua doucement la tête en levant vaguement les yeux au ciel, un peu amusée tout de même. Mais il n'avait pas compris que ce que les filles aimaient, chez les bad boy, c'était quand ils donnaient des raclées. Pas quand ils en recevaient... Même si elle était forcée d'admettre que cela lui donnait un petit côté sexy. Au fond, il n'avait pas tout à fait tord.

Au cours des minutes de silence qui suivirent, elle en profita pour jauger l'étendue des dégâts, tout en essayant de ne pas avoir un regard trop appuyé. Le dévisager sans l'épier. L'observer sans le scruter. Il garderait quelques bleus au visage, sous l’œil, sur le nez et à la lèvre. Son torse en revanche lui paraissait un peu plus préoccupant, des hématomes commençant à se former un peu partout là où les pieds avaient cogné. Mais elle n'était pas médecin et s'il jugeait qu'il n'avait pas besoin de plus de soins, elle ne se voyait pas en position d'insister. La brune avait fini par abandonner et reposer le coton sur la table, les yeux perdus dans l'assiette contenant les débris de verre ensanglantés, quand Erwan remua à côté d'elle et se redressa, un peu penché vers elle. Il acceptait de lui parler si de son côté, elle faisait l'effort de ne pas se montrer trop critique ni trop précipitée dans ses raisonnements. Et qu'elle ne se vexait pas. Pourquoi, il y avait une chance qu'elle se vexe ? Allait-il se montrer blessant ou incisif ? Une pointe de méfiance émergeait en elle mais elle la réprima, hochant simplement la tête vers lui. Elle essayerait. Elle ne pouvait rien garantir mais elle tenterait. Sans relever la moquerie, la russe resta attentive, à présent curieuse de savoir ce qu'il allait bien pouvoir lui dire. Mais il ne se lançait pas, semblant hésiter encore un peu. Elle aurait voulu l'encourager, lui prouver qu'il n'avait rien à cacher de pire qu'elle - il n'avait pas enlevé d'enfant, pas vrai ? -, au lieu de cela, elle resta silencieuse, décidant de lui laisser le temps de réflexion nécessaire. Il finit par chercher son regard et elle sut aussitôt que ce qu'il s'apprêtait à dire lui pesait vraiment, que ça n'avait rien d'une plaisanterie.

Si elle n'avait pas vu son regard, elle aurait cru qu'il se moquait d'elle. Il lui parlait d'une fille. Réellement. Une fille. A elle. Sérieusement, il lui parlait d'une fille. Et comme les mots sortaient, elle commença à douter - à cause du caractère de merde - mais eut rapidement confirmation - à cause du "contexte". Ce n'était pas d'une fille aléatoire qu'il lui parlait, mais bien d'elle. A cet instant précis, elle aurait du se sentir mal à l'aise. Se mettre à paniquer, peut-être, et mal interpréter tout ce qu'il racontait. Au lieu de cela, et sans savoir par quel miracle, elle resta étonnamment calme et l'écouta jusqu'au bout. Elle n'eut même pas à se forcer pour ne rien afficher sur son visage, ni pour ne pas le stopper quand il se trompait dans ses affirmations, puisqu'elle tenta de l'écouter de manière objective, comme s'il parlait d'une autre. L'exercice était difficile. Il acheva en avouant qu'il ne savait pas quoi faire puis, dans un sourire, en lui demandant conseil. Anja resta une seconde interdite. Parce que pas une seconde elle ne s'était attendue à ça en lui proposant de l'écouter. Leur dispute le minait-elle plus que ses soucis avec la mafia ? Peut-être pas mais une chose était sûre : elle l'avait blessé plus qu'elle ne l'avait imaginé. Pour ne pas le laisser complètement dans le flou et sans réponse, tout en s'appuyant plus confortablement dans le canapé, elle précisa.


    « Laisse-moi réfléchir. »

Parce qu'il lui fallait au moins ça : un petit temps de réflexion. Se mettant à fixer le vide, elle occulta ce qui l'entourait, le pourquoi du comment et avec qui pour se recentrer et se poser les bonnes questions. Contre toute attente, elle ne s'énervait pas et elle comptait lui répondre. Ce n'était pas la première fois qu'il venait à la charge pour éclaircir leur relation. Et elle venait de comprendre que, si même après la façon dont elle l'avait repoussé il recommençait, il ne la lâcherait pas tant qu'il n'aurait pas de réponse satisfaisante ou qu'elle ne le rature complètement de sa vie. Ce dont elle n'avait pas envie, sinon elle ne serait pas ici. Ca ne voudrait cependant pas dire qu'elle prononcerait ce qu'elle pensait qu'il voulait entendre. Elle pouvait au moins se montrer sincère puisqu'il venait de le faire. Car oui, elle croyait que ses questionnements le tracassaient et étaient sortis sans réelle arrière-pensée. Il ne lui expliquait pas tout ça juste pour l'emmerder, la taquiner ou lui forcer la main. De la manière dont elle le voyait, la vie d'Erwan ne devait pas être ni facile ni joyeuse en ce moment. Elle le devinait à l'état de son appartement et à sa barbe négligée, cette image contrastant énormément avec celle du médecin qu'il arborait autrefois. Elle le sentait perdu, plus abattu qu'il ne le laissait paraître par ses soucis avec la mafia et il ne faisait jamais que prendre la perche qu'elle avait tendue pour essayer de dénouer au moins un pan de sa vie. En l'occurrence, celui dans lequel elle apparaissait. Elle finit par relever ses yeux vers les siens. Il ne lui avait fallu que moins d'une minute de réflexion, tout au plus deux. Pas de sourire, pas de moquerie ni de méchanceté. Juste de l’honnêteté.

    « Déjà, si comme tu le dis elle a un caractère de merde, je l'imagine difficilement te prendre en pitié, toi pas plus qu'un autre. »

Elle avait beau être narcissique, c'était bien la première fois qu'Anja parlait d'elle à la troisième personne. Rien à voir avec une quelconque mégalomanie cependant, elle jugeait que son avis paraitrait peut-être plus objectif à Erwan de cette manière. Et au moins la question de la pitié était réglée : la russe n'en avait pas beaucoup et il fallait qu'il arrête de croire qu'elle se trouvait ici uniquement par pitié. Il valait mieux que cela, même s'il avait peut-être du mal à le voir à l'heure actuelle.

    « Ensuite... Je crois que tu te trompes. Elle ne t'a pas virée de sa vie à cause d'un quelconque "contexte". Il n'y a pas de contexte. Elle a juste eu... peur ? que tu lui en demandes trop. Plus que ce qu'elle ne peut offrir. Parce que sa vie a été compliquée et l'est toujours. Elle craint que tu lui demandes de s'investir dans une relation plus sérieuse. Ce dont elle ne veut pas. Elle ne peut pas. Pour autant, ça ne l'empêche pas de se soucier de toi et de tenir à toi. Parce qu'à force de vous voir, tu as fini par entrer un peu dans son monde. Et si elle est revenue, c'était qu'elle le voulait. »

Elle avait la sensation de lui avoir déjà dit tout ça. Ou plutôt, elle l'avait insinué lors de leur dispute mais ils étaient tous deux si bornés qu'elle n'était pas sûre qu'il l'ait entendue. D'autant plus qu'elle avait fait beaucoup plus d'allusions. Alors que cette fois, elle restait parfaitement calme, pas dégagée mais en tout cas suffisamment neutre pour exposer les choses clairement, sans que son point de vue ne soit obscurci par une colère latente. Les explications étaient terminées, ne restait à présent que le conseil à donner.

    « Alors, ce que tu peux faire... Peut-être, tu devrais lui dire ce que toi tu veux clairement. Ce que tu cherches. Peut-être que ça la rassurera. Peut-être pas. Mais vous serez fixés et vous n'interpréterez plus les dires de chacun de la mauvaise manière... »

Alors, qu'est-ce que tu veux, Erwan ?




    She'll suck you dry... But still you'll cry, to be back in her bosom. To do it again. She'll make you weep... And moan and cry, to be back in her bosom. To do it again... Saviors and saints, devils and heathens alike... She'll eat you alive.
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MessageSujet: Re: Someone that you're with ▬ Anja    Sam 15 Juin - 16:43

Quoi qu’elle était en train de faire, Anja ne devait pas s’arrêter. Sa seule présence suffisait à angoisser un peu mes angoisses. Ce n’était pas ce morceau de coton qui allait soulager mes douleurs. C’était elle que je voulais et pas ses talents d’infirmières, nan pas qu’elle était inutile, mais ce n’était pas ça que j’attendais d’elle. Au final, je me contentais de peu. Sa seule présence me suffisait. Peut-être même que nous n’étions pas obligés de discuter et que je pouvais me contenter de la regarder en silence. Néanmoins, la conversation était loin d’être désagréable. Je me l’avouais, cela faisait un moment que je n’avais pas eu une conversation digne de ce nom. Cela n’était pas pour autant que cela me manquait réellement. Je n’avais jamais été un grand bavard, je me définissais plutôt comme quelqu’un de solitaire. Plutôt de bonne humeur, malgré les circonstances désastreuses de notre rencontre, je jouais les bad boys de pacotille, totalement inconscient que se balader torse nu avec des ecchymoses me donnait l’air sexy. A mes yeux, c’était plutôt pathétique. Mais Anja devait trouver cela drôle, je voyais qu’elle se retenait légèrement de sourire. Une fraction de seconde j’eu le sentiment de marquer des points auprès d’elle. Qu’elle me regardait comme avant… comme si rien n’avait changé entre nous. Anja me surveillait du regard et je faisais comme si je ne voyais rien. Je la laissais admirer les muscles couverts de bleus. Je n’avais jamais été très pudique et Anja connaissait très bien mon corps. Ce n’était pas la première fois qu’elle me voyait ainsi. Si cela pouvait lui rappeler des bons souvenirs, pourquoi s’en priver ? Finalement, la russe abandonna le coton sur la table. Elle rendait les armes et refusait de jouer les planqués. Cela allait donc être notre première grande discussion. Et connaissant nos caractères de feu et sa mauvaise foi, cela serait certainement la dernière. Prudent, j’insistais sur le fait qu’Anja ne devait pas me juger, ni s’énerver. Si elle voulait que je me confie alors elle devait respecter mes règles. Sauf que… contrairement à ce qu’elle s’attendait, je ne comptais pas discuter de mon alliance avec la mafia. Le problème que je souhaitais soulever était directement lié à cette « bonne oreille » dont elle vantait les mérites. Personnellement, j’avais un avis très différent sur sa capacité d’écoute. Anja avait une oreille sélective. Elle n’entendait que ce qu’elle voulait et ne comprenait que ce qui l’arrangeait. Ce n’était pas un reproche mais un fait. Je n’étais pas particulièrement rancunier mais je n’avais pas oublié cette rupture stupide et inattendue qu’Anja m’avait imposée. Encore aujourd’hui, je lui en voulais un peu… C’était surtout que je ne la comprenais pas. D’ordinaire, on avait toujours été sur la même longueur d’onde mais là… Anja avait tout foutu en l’air et j’avais beaucoup de mal à expliquer son comportement. Elle m’avait habitué à tellement mieux. Pour compliquer la situation, Anja avait utilisé la caméra comme prétexte pour s’infiltrer dans mon appartement. Elle me quittait mais elle voulait rester ? C’était à rien n’y comprendre et je ne souhaitais pas rester dans ce flou artistique qui caractérisait à présent notre relation. Avant cela ne m’aurait pas dérangé, mais je me posais suffisamment de questions comme ça. Je n’avais pas besoin d’une complication supplémentaire. Anja avait raison, ce n’était pas une plaisanterie, mais une question de fond qui la concernant autour que moi. Une question qui attendait vraiment une réponse. Cela n’aurait aucune importance, je ne me donnerais pas la peine de soulever l’interrogation. Cela n’en avait pas l’air mais cela me coutait d’en parler. Je n’avais jamais abordé ce genre de sujet, encore moins avec une fille qui me plaisait. Se livrer ainsi ce n’était vraiment dans mes habitudes et je le faisais avec une certaine pudeur, craignant les réactions d’Anja.

D’ordinaire si peu angoissé, je connaissais à présent le stress de se déclarer à mot couvert à une fille et d’attendre en silence le verdict. A mes yeux, cela ne faisait aucun doute qu’elle allait me jeter. Tant pis. Au moins, la situation serait clair et je n’aurais aucun regret à voir. Je mourrais sans ce questionnement à la con, c’était toujours bon à prendre. « Laisses-moi réfléchir. » Laisses-moi réfléchir ? Avais-je le choix ? J’aurais aimé une réponse un peu plus spontané mais Anja cherchait surement les bons mots pour me renvoyer dans les cordes. Je m’avachis un peu plus dans le kidnappé et me fis la réflexion de penser à la caméra. Anja devait partir avec, je ne désirais vraiment pas la conserver et puis c’était un cadeau, un souvenir. A nouveau, la jeune femme avait raison, je ne voulais pas qu’elle se défile, pas ce coup si. On était plus des adolescents, mais des adultes alors autant se comporter en temps que tel. On devait tirer la situation au clair et poser les choses, mais si cela allait faire mal. Je n’avais pas envie qu’Anja reste chez moi par pitié, parce qu’elle avait vu que je m’étais fais cassé la gueule. Cette position malheureuse dans laquelle elle m’avait surprise ne devait pas interférer dans notre « relation ». Cela devait rester elle et moi ou cela ne devait plus être, mais il fallait décider. Je n’avais pas envie de me raccrocher à une histoire à sens unique ou à un ressenti qui n’existait pas. Se bercer de belles illusions cela n’avait jamais été mon truc. En venant jusqu’à chez moi, Anja avait fait renaitre un espoir à elle de choisir si c’était ou non une erreur. Elle ne serait pas la première à regretter d’être venue et à fuir. J’avais un don pour éloigner les gens… Alors le départ d’Anja ne m’étonnerait pas. J’avais l’habitude d’être quitté quand je ne partais pas de moi-même.

Enfin, Anja brisa le silence. Cela n’avait duré que deux minutes. Une éternité pour l’homme suspendu à ses lèvres. « Déjà, si comme tu le dis elle a un caractère de merde, je l'imagine difficilement te prendre en pitié, toi pas plus qu'un autre. » Pas faux. Anja avait raison et je hochais la tête pour confirmer mes propos. « Elle a vraiment un caractère de merde. » Sans offense. C’était vrai et je ne me gênais pas pour le dire. De toute façon, elle arrivait à savoir quand je mentais alors… je n’allais pas me priver. Anja parlait d’elle à la troisième personne et me vient l’idée qu’elle allait jouer à l’andouille et ne pas comprendre que je parlais d’elle. Elle n’oserait quand même pas… ? A présent que cela devenait plus sérieux, je laissais Anja s’exprimer sans oser l’interrompre. « Ensuite... Je crois que tu te trompes. Elle ne t'a pas virée de sa vie à cause d'un quelconque "contexte". Il n'y a pas de contexte. Elle a juste eu... peur ? que tu lui en demandes trop. Plus que ce qu'elle ne peut offrir. Parce que sa vie a été compliquée et l'est toujours. Elle craint que tu lui demandes de s'investir dans une relation plus sérieuse. Ce dont elle ne veut pas. Elle ne peut pas. Pour autant, ça ne l'empêche pas de se soucier de toi et de tenir à toi. Parce qu'à force de vous voir, tu as fini par entrer un peu dans son monde. Et si elle est revenue, c'était qu'elle le voulait. » J’avais tout faux alors ? Pourtant, c’était ce contexte qui, me semble-t-il, avait fait d’elle une garce froide, autoritaire blablabla je sais plus trop quoi. J’avais mal compris ou c’était sa version des faits qui changeaient ? Méfiant, je l’écoutais attentivement me confier ses peurs. Anja et moi nous ressemblions énormément, mais elle avait tout faux… je n’avais jamais voulu de relation sérieuse, j’étais pas fais pour ça et quand bien même ! J’avais la mafia sur le dos, je n’avais pas envie de fonder une famille pour l’abandonner. Qui plus est, j’étais pas un homme d’engagement. Vraiment pas. J’avais jamais vu les choses comme ça. A présent que j’avais eu mes explications et que je pouvais étiqueter Anja comme une trouillarde sentimentale avec une phobie de l’engagement – ce qui ne m’était pas étranger, j’attendis mon conseil : « Alors, ce que tu peux faire... Peut-être, tu devrais lui dire ce que toi tu veux clairement. Ce que tu cherches. Peut-être que ça la rassurera. Peut-être pas. Mais vous serez fixés et vous n'interpréterez plus les dires de chacun de la mauvaise manière... » Je hochais la tête, trouvant le conseil sensé. Nous aurions dû commencer par là. En fait, j’avais pensé que nous l’avions fais à son Agence mais… nous n’avons pas du parler la même langue. Sinon on se serait compris et cette enguelade n’aurait jamais eu lieu. Je gardais Anja et répondis sans prendre le temps de la réflexion : « Je veux pas que tu parles à la troisième personne… Tu fais ce que tu veux, mais ca… » Je fis la moue, ca ne me plaisait pas. Cela lui donnait des airs de mégalo et… même si cela donnait un point de vue objectif, je regrettais justement ce manque de subjectivité. C’était d’elle dont on parlait pas d’une autre et Anja le savait très bien. Avec un sourire complice, je me rapprochais doucement d’elle, cherchant à renouer avec cette proximité qui nous caractérisait. Plus sérieux, j’ajoutais : « Je sais ce que je veux. Je veux que tu restes. Et je sais aussi ce que je veux pas. Les relations, c’est pas mon truc Anja. Je sais pas faire… et avec les problèmes que j’ai… C’est pas envisageable. » La mafia occupait une partie de ma vie depuis tellement longtemps que je ne savais pas ce que c’était que de vivre sans. J’avais toujours eu cette épée de Damoclès au-dessus de ma tête, elle venait de se rapprocher mais c’était prévu. Pas aussi tôt, mais je savais ce que cela arriverait. Je n’étais absolument pas fier de cette situation mais j’assumais. Les épaules un peu voutés le regard fixé sur la table basse, je concluais. « J’ai conscience que c’est égoïste de ma part Anja, mais… même si la mafia doit me tuer. J’ai pas envie d’avoir des regrets ou de me terrer parce que j’ai peur. C’est de l’inconscience, certainement, mais j’ai pas peur, je veux juste continuer à vivre et à faire partie de ta vie. Ca ne veut pas dire qu’on va se marier, enménager ensemble, faire des bébés, adopter un chien… Nan, c’est pas ça. On veut la même chose, Anja. » Alors pourquoi est-ce qu’il y aurait un problème entre nous ? Je relevais les yeux vers elle, satisfait de ma conclusion. Cette fois-ci, je pensais qu’on s’était compris. A nouveau, nous semblions sur la même longueur d’onde. Mes yeux capturèrent son regard avant de glisser vers ses lèvres, sans pour autant oser faire le nouveau premier pas entre nous.
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MessageSujet: Re: Someone that you're with ▬ Anja    Dim 16 Juin - 23:29

C'était plus facile qu'elle ne l'imaginait. Se dévoiler. Anja restait parfaitement calme comme elle expliquait les raisons du comportement qu'elle avait pu avoir. Elle devait prendre sur elle pour ne pas fuir et esquiver les questions mais c'était tout de même moins douloureux qu'elle ne le pensait. Est-ce que c'était parce qu'elle avait promis de ne pas s'énerver ? Est-ce que c'était simplement parce que c'était lui et que ce n'était pas la première fois qu'elle avait l'impression qu'avec Erwan, elle avait moins de difficultés parce qu'ils se comprenaient assez aisément ? - quand leurs mauvaises fois respectives n'entraient pas en jeu... Ou est-ce que c'était parce qu'elle parlait de tout cela comme si elle n'était pas réellement impliquée ? C'était idiot mais de parler à la troisième personne l'aidait probablement. Elle songeait que ça aurait été plus difficile de se raconter en utilisant le "je". Il le lui reprocha d'ailleurs, regrettant probablement qu'elle ne s'implique pas plus entièrement. Cependant, elle ne le prenait pas vraiment pour elle. Elle se contenta de hausser doucement les épaules, lui lançant un regard qui disait clairement que c'était lui qui avait commencé à parler d'elle comme s'il parlait d'une autre. Elle n'avait fait que suivre. Peu importait. Arrivait à présent la question qui fâcherait, ou réconcilierait.

Elle venait d'expliquer le plus calmement du monde qu'elle ne voulait pas de relation plus sérieuse, que c'était même ça qui lui avait fait peur et qui l'avait forcée à le repousser un mois plus tôt. Restait maintenant à savoir s'il allait être d'accord avec elle ou si, au contraire, il allait lui demander l'impossible. Elle se fit de nouveau violence pour ne pas commencer à paniquer et rester calme. Mais elle se sentait tout de même un peu nerveuse. Parce qu'elle savait qu'elle ne pourrait pas aller contre ses besoins de liberté et son refus de s'engager. Et que, de fait, cela marquerait la fin de leur équilibre précaire. Mais, quoiqu'il veuille, elle espérait qu'il serait aussi sincère qu'elle et qu'il ne se contenterait pas de lui dire ce qu'elle voulait entendre pour éviter une nouvelle dispute. Un peu tendue, elle se décontracta un peu quand elle vit son sourire comme il s'approchait d'elle. S'il s'approchait, c'était bon signe non ? Il ne prendrait pas le risque si leurs avis divergeaient ? Et, effectivement, il alla dans le même sens qu'elle. Il ne voulait pas de relation, il n'en voulait pas et ne pouvait pas, à cause de la mafia. Quelque part, elle se sentait désolée pour lui. Qu'il s'interdise d'être heureux - pas forcément avec elle - parce que la mafia prenait une part trop importante dans sa vie et qu'il craignait que ça n'atteigne ses relations. Ce devait être invivable, d'être toujours méfiant par peur d'impliquer ses proches dans de sombres histoires, et Anja se sentit soudain privilégiée parce qu'elle n'avait pas ce problème-là, presque intouchable qu'elle était. Mais égoïstement, elle retenait qu'il ne voulait rien de plus si ce n'était qu'elle reste. Ca, elle pouvait faire. Et comme pour démentir les idées qu'elle venait d'avoir, Erwan expliqua qu'effectivement, c'était difficile avec la mafia mais qu'il ne voulait pas les laisser régir sa vie. Pas vivre dans la peur ni dans les regrets. Elle comprenait. Parce qu'elle s'inquiétait un peu, elle aurait voulu lui dire d'être tout de même un peu plus prudent mais ce n'était pas son rôle. Comme il le répétait, elle restait une amante et c'était ce qu'ils souhaitaient, l'un comme l'autre. Imbécilement, la brune eut l'impression qu'un poids la quittait, rassurée, au point qu'elle se permit un petit sourire. Captant son regard sur ses lèvres, elle comprit qu'il voulait se rapprocher mais ne l'osait pas. Une petite partie sadique d'elle-même se voyait le laisser en plan avec ses désirs. Cette partie sombre. Mais ce n'était pas ce qu'elle voulait. Se rapprochant doucement, elle vint mettre son visage face au sien, sans agir encore.


    « J'ai pas dû bien te comprendre la dernière fois... Je t'embrasserais bien, mais je voudrais pas te faire mal. »
    « Tu sais se faire du mal c'est un concept intéressant... Parait que c'est à la mode, pas autant que la caméra cela dit. »
    « T'as pas lâché l'idée hum ? »
    « Hum ? »

Son sourire innocent lui prouva que non, il n'avait pas oublié l'idée de la sex-tape. Le haussement d'épaules ne la trompa pas plus, de même que son corps qui se rapprocha ostensiblement du sien sans qu'elle n'ait eu l'impression de bouger. Alors, elle se rendit compte que c'était toujours là, malgré la dispute et la séparation prolongée. Ce désir et cette envie charnelle. Elle voulait mettre fin à son impatience qui grimpait mais toutefois pas avant d'être sûre qu'il n'en souffrirait pas trop, physiquement parlant. Et pour la caméra, ils verraient ça plus tard. Elle ne voulait pas qu'ils se retrouvent sous le signe de performances à accomplir parce qu'un œil numérique les observerait.

    « Pas aujourd'hui... Mais sérieusement, tes blessures vont supporter un baiser d'une femme superbe ? »
    « De qui tu parles ? Je vois pas de femme superbe... fatale oui.. superbe... »
    « C'est vrai, elle est pas là. Autant en profiter. »

Elle aurait pu se vexer. Elle préférait en plaisanter et garder cette ambiance badine, convaincue par une certaine malice dans ses yeux qu'il ne le pensait pas réellement. Alors, doucement, elle franchit les derniers centimètres. Ses lèvres se posèrent sur les siennes et elle sentit des frissons la parcourir comme elle se rendait compte que son contact lui avait manqué. Elle essaya de faire attention, veilla à ne pas frôler de trop près ses bleus mais encouragée par la fougue d'Erwan, ses précautions s'évanouirent assez rapidement et elle se retrouva rapidement sur lui, son corps se pressant doucement contre le sien. La suite ne fut qu'un mélange de passion et de frénésie dus aux retrouvailles. Ils passèrent d'abord par la douche pour retirer le sang qui avait séché sur sa peau, profitant de ce prétexte pour se déshabiller mutuellement et se rapprocher, mais restant tout de même encore sages. Ca ne dura pas. Sages, ils ne le furent pas longtemps dès qu'ils atteignirent sa chambre, son lit. Anja essaya d'épargner au maximum ses hématomes mais leurs échanges passionnels prenaient souvent le pas et, même si Erwan s'en cacha plutôt bien, elle se douta que, parfois, il avait plus mal qu'il ne le laissait voir. De petites pauses câlines visant à soulager ses douleurs à des échanges beaucoup plus intenses, la nuit était déjà bien entamée quand Anja finit par s'endormir. Lorsqu'elle ouvrit un œil, elle eut l'impression qu'il était passé midi tellement son sommeil avait été lourd mais le réveil sur la table de chevet lui indiquait qu'il était à peine 9h. S'étirant doucement, telle un chat, elle se tourna lentement vers Erwan allongé à ses côtés. Ce qui la frappa d'abord furent ses traits tirés. Il avait l'air de n'avoir pratiquement pas dormi. Ensuite, ses yeux captèrent rapidement son torse couvert des bleus qui étaient sortis pendant la nuit. Elle lui sourit doucement en guise de bonjour, s'approchant avec précaution de lui. Elle le trouva bien silencieux ce matin. Il se contentait de la regarder mais elle l'avait connu plus bavard. Encore un peu endormie, elle passa sa main au-dessus de son torse, sans le toucher, comme si un champ magnétique invisible suffirait à le guérir. Mais ça ne marchait pas.

    « Tu vas en avoir pour un moment... T'as dormi ? »
    « Ouais, je viens juste de me réveiller. »
    « T'as l'air encore fatigué... »
    « C'est parce que tu m'as épuisé ! »

Il souriait. Elle-même eut un petit rire mais celui-ci s'évanouit rapidement quand elle vit le bras d'Erwan se mettre à trembler assez violemment. Son bras gauche. Celui dans lequel il avait reçu une balle. Elle le savait, même si elle ne voyait pas directement l'impact, dissimulé sous le pansement qu'elle avait fait la veille. Son bras tremblait, pris de brusques spasmes, comme si quelqu'un venait de le brancher sur un courant électrique. Et elle le devinait, ce devait être assez douloureux. Dans un réflexe idiot, sa main vint chercher celle d'Erwan, la gauche, alors même que son bras tremblait encore. Comme si leurs doigts emmêlés allaient suffire à faire cesser les crampes. La réaction dura un peu moins de dix secondes mais c'était suffisamment impressionnant comme ça. Sourcils froncés et maintenant parfaitement réveillée, Anja se redressa encore un peu pour regarder son amant avec inquiétude, se fichant pas mal de sa crinière emmêlée et de son maquillage un peu brouillon.

    « Erwan... Ca arrive souvent ? »




    She'll suck you dry... But still you'll cry, to be back in her bosom. To do it again. She'll make you weep... And moan and cry, to be back in her bosom. To do it again... Saviors and saints, devils and heathens alike... She'll eat you alive.
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MessageSujet: Re: Someone that you're with ▬ Anja    Mer 19 Juin - 1:32

C’était un jeu d’enfant. Ou plutôt le jeu d’adultes qui refusaient de se compliquer l’existence. Des incompétents sentimentales qui s’interdisaient de s’impliquer. C’était un choix assumé et voulu. La mafia n’aurait pas fais parti de ma vie, peut-être que les choses auraient été différentes. Il m’arrivait – c’était vraiment très rare – de songer à ce que ma vie aurait pu être… j’aurais été plus cool avec Clara. Mais je refusais de m’imaginer en couple, marié, avec des enfants. C’était certainement égoïste de ma part, mais j’étais pas le gendre idéal que les femmes imaginaient. L’image que je revoyais de moi, c’était juste une belle illusion savamment dessinée. Les gens s’y laissaient facilement prendre. D’un côté, je pensais que cela les arrangeait de me voir comme ce médecin professionnel et quasi-parfait. Ce beau gosse à blouse blanche toujours remplis d’assurance, qui savait ce qu’il faisait et où il allait. Aucune hésitation et toujours prêt à aider. Qui démentirait que j’étais le mec idéal ? J’avais tout fais pour me créer cette belle image de gendre idéal. Mes problèmes personnelles personne n’en connaissaient l’existence. Jusque là, j’avais réussi à cacher mes déboires avec la mafia aux personnes qui m’étaient le plus proches. Ma propre famille, mes propres sœurs ne savaient rien. Je pensais sérieusement que cela ne les intéressaient. Elles ne voulaient pas savoir. Elles ne voulaient pas voir. Me savoir couper de leur vie leur rendait service. Je disais pas ça pour me positionner en tant que victime, mais parce que je le pensais. J’avais toujours été là pour résoudre les problèmes des autres, mais qui se préoccupaient des miens ? Il n’y avait personne. Ce n’était pas dramatique en soit, juste un peu triste de se dire que quand j’allais mourir – et je prévoyais cela pour prochainement – il n’y aurait personne pour me pleurer ou me regretter. Tant mieux. Je n’avais pas pour vocation d’attrister les gens, mais j’aurais aimé qu’on se soucie de ma vie, aussi égoïste que cela soit. Après tout, c’était humain de vouloir exister pour quelqu’un ? Ne serait-ce qu’une fois… juste une fois pour savoir ce que cela faisait. Avec Anja, ce n’était pas ça. Pas tout à fait. Mais j’avais dû mal à croire que je ne comptais pas ses yeux. Je n’imaginais pas être un amant parmi tant d’autres. Je ne prétendrais pas réussir à lui suffire ou être l’unique homme dans sa vie en ce moment. Je savais que ce n’était pas le cas et je comprenais pourquoi. Je ne serais jamais l’homme d’une seule femme. J’en valais pas la peine et je ne le souhaitais pas. A quoi bon décevoir les attentes ? Qui plus est… m’engager… nan. J’étais fais pour ça. Je vivais ma vie au jour le jour et Anja semblait partager mon avis. Anja était cette présence rassurante qui ne s’imposait pas. Elle était là et réussissait à exister sans m’étouffer. Connaissant mon envie d’indépendance, ce n’était pas quelque chose d’anodin. Anja savait prendre cette juste distance et j’ignorais comment. Cela dit, je n’avais aucune envie de le savoir. Je ne perdrais pas mon temps à tenter d’expliquer l’inexplicable. Cela ne se commandait, ne se discutait pas… Il fallait juste le vivre. Avec Anja, je trouvais que nous avions passé beaucoup de temps à analyser la situation. Un peu trop peut-être.

Mon regard appela ses lèvres avec une envie non dissimulé. Bien que notre relation soit totalement clarifiée et mon attirance pour elle légitime, je n’osais pas l’approcher suffisamment. Toujours cette peur tacite de se faire repousser et aussi cette appréhension de ne pas être à la hauteur. J’avais mal partout. Un peu sadique, Anja se rapprocha sans pour autant me sauter dessus. J’aurais pu apprécier cette prudence mais à dire vrai, je la regrettais. Anja était trop sage, trop patiente. Je me faisais violence pour l’être davantage. Je ne voulais pas céder le premier et m’abandonner dans ces bras. J’avais envie que cela soit elle qui cède. Nous échangeâmes quelques répliques où je pris un malin plaisir à réitérer mon adhésion à cette idée de sex-tape. Ce n’était pas que j’y tenais particulièrement mais j’avais lancé l’idée et je me devais de l’assumer. Qui plus est… cela faisait partie de ma liste des choses à faire avant de mourir. La dite liste était imaginaire mais si j’en faisais une, j’étais certain de la mettre dessus. Ma main droite s’aventura sur ses hanches, la rapprochant timidement. Un nouvel échange verbal plus tard, Anja céda enfin. Ses lèvres glissèrent contre les miennes et je ne privais pour me rapprocher davantage. Je me collais contre elle. C’était un réflexe, une habitude qui revenait, à croire qu’on ne s’était jamais quitté. Après un long moment à se câliner presque sagement, nous quittèrent pour se retrouver sous la douche. La plupart de nos vêtements nous quittèrent avant la salle de bain… Personne n’allait s’en plaindre. Malheureusement pour Anja, je ne tentais même de la porter. On se serait probablement écroulé sur le sol et cela n’aurait rien eut d’excitant. Très vite, nous dansèrent jusqu’à ma chambre, mon lit ou nos corps se retrouvèrent. Pas question d’abandonner la fougue pour la douceur. Ce n’était pas question d’être brutale, mais je n’avais pas envie de montrer mes faiblesses. Ce n’était pas les hématomes que je souhaitais cacher mais cette faiblesse au bras. Je me faisais violence pour la toucher avec mon bras gauche mais… ce n’était pas ça. Par moment, c’était presque douloureux. J’avais peur qu’elle se doute d’un truc. Que cette morsure dans son coup paraisse suspecte. C’était pas sexy, c’était une perte de contrôle parce que j’avais mal… Avec un peu de chance, cela passerait pour une nouvelle marque d’affection. Entre nous, ce n’était pas la première fois que je la mordais. Au pire, je lui dirais que c’était dans l’euphorie de nos retrouvailles.

A bout de force, de souffle aussi Anja finit par trouver le sommeil. J’enviais cette facilité qu’elle avait eut à s’endormir. Par chance, elle m’épargna de prendre mon torse comme oreiller. J’aurais pas supporté une pression sur mon torse, ce n’était pourtant pas l’envie qui m’en manquait. Contrairement à Anja, je passais ma nuit à regarder les chiffres défiler lentement sur mon réveil. C’était long, très long. Pour ne rien arranger, je pestais contre la mafia et ce qui m’attendait. Je crois que j’avais peur de ce qui allait se passer pour moi. Je n’avais jamais crains le pire parce que j’avais toujours su m’en sortir. J’étais quelqu’un de débrouillard, les épreuves me faisaient pas peur et j’étais un champion du plan B mais là… j’avais pas de possibilités. Mon cerveau fonctionnait à plein régime mais rien de positif n’en sortait. Non seulement j’allais me faire tuer, mais en plus, j’attendais ça… Je servais à rien. J’avais plus de vie pro, sociale alors cela serait pas plus mal. Dès demain, enfin dans quelques heures à présent, j’irais parler au big boss. Autant que je me décide avant de changer d’avis. Avachis dans le lit, mes doigts dessinaient des cercles dans le dos nu d’Anja. Finalement, je décidais de la laisser dormir tranquillement et remontais les draps jusqu’à cette épaule. J’aurais aimé partager cette sérénité mais j’en étais incapable. Trop de problèmes en tête et une douleur dans le bras qui ne me quittait plus. J’avais des fourmillements et je me faisais violence pour ne pas quitter ce lit. La tête rejetée en arrière, je ne pouvais m’empêcher de repenser à cette balle qui m’avait blessée à l’épaule. Merci Anja. Grâce à toi, j’ai échappé à la balle dans la tête. Tu peux peut-être remédier à cela, non ? Je crois que ça m’arrangeait. Pour ne rien arranger, j’avais envie de fumer une clope et je me retenais pour ne pas incommoder Anja. Ce n’était pas parce que je ne dormais pas que je devais l’empêcher de dormir. Enfin, Anja quitta les bras de Morphée. La jolie russe se rapprocha et eut ce geste étrange que je ne comprenais pas. Poser sa main à distance, comme si cela allait me guérir ou pire comme si elle avait peur de me blesser. Il fallait la poser ou non, mais il fallait se décider… J’aimais pas être traité comme si j’allais m’effondrer en morceau. En plus, Anja me reprocha d’être fatiguée. J’aurais peut-être dû lui dire qu’elle ronflait ? Je prenais sur moi pour ne pas être désagréable. Je me faisais violence pour sourire alors que le cœur n’y était pas du tout. Comme pour enfoncer le clou, mon bras choisit ce moment pour se mettre à trembler. Cela ne pouvait échapper à Anja. « Erwan... Ca arrive souvent ? »Un spasme, ce n’était ni le premier, ni le dernier mais c’était sûrement le plus mal choisie. Mué par un désir débile, Anja trouva intelligent de se saisir de mon bras. Ma réaction fut un réflexe face à la nouvelle décharge de douleur qu’elle m’imposait sans le savoir, je dégageais ma main laissant mon bras trembler à souhait. « Dégage ! » ordonnais-je sans réfléchir. Aussitôt, je regrettais la violence de mes propos. Je parlais de sa main, juste de sa main… De toute façon, il n’y avait rien faire. Mon bras se calma assez rapidement et confus, je priais Anja : « Désolé… c’est rien, rien du tout, juste une crampe. » Une crampe ou plutôt une douleur neuropathique…  mais je n’avais aucune envie de me laisser dans des explications. Anja devait oublier ça. Je me penchais vers pour embrasser son cou, glissant ma main droite contre ses hanches. « Excuse moi… j’ai mal dormi. » justifiais-je avant que mes lèvres n’insistent contre son cou, cherchant à détourner l’attention d’Anja. Après tout… j’étais son amant alors l’intéresser à mon corps ne devrait pas poser de problème. «  Je vais me faire pardonner...» confiais-je à son oreille.  
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MessageSujet: Re: Someone that you're with ▬ Anja    Jeu 20 Juin - 11:46

Inquiétude. Anja n'aimait pas cette sensation. Elle n'avait pas vraiment l'habitude de la ressentir, quoiqu'un peu plus depuis que Sevastyan était dans sa vie. Et encore. Dans son esprit, elle restait toute puissante, intouchable. Que pourrait-il bien lui arriver ? A elle, pas grand chose. Elle pensait avoir eu assez d'épreuves à traverser dans sa vie pour ne plus s'inquiéter de ce qui pourrait arriver encore. Elle était une grande fille qui savait s'occuper d'elle et qui n'avait pas vraiment peur de l'avenir. Son avenir était déjà tout tracé. Elle finirait par se venger de Stanislas, ce serait peut-être même sa fin, ou la fin de sa raison. D'avance, elle savait qu'elle ne finirait pas à vieillir paisiblement avec un être aimé. Sa vie était bien trop dangereuse. Au choix, elle finirait tuée violemment par une mafia, enfermée et folle dans un hôpital, achevée par Stanislas peut-être même bien, ou peut-être en prison quand elle ne serait plus assez maligne pour leur échapper. Ce n'était pas du défaitisme, juste une réalité. Comment cela pourrait-il jamais finir autrement ? Alors non, ce n'était pas pour elle qu'elle s'inquiétait, mais pour les autres. Ceux qui s'étaient creusés une place dans sa vie, son cœur. Sevastyan d'abord. Ce pauvre gamin qui partait mal dans la vie, enlevé par une maquerelle qui crevait de jalousie. Ça ne durerait pas éternellement, elle ne le garderait pas éternellement avec elle en feignant que tout était normal. Elle le savait mais elle préférait ne pas le voir. C'était un des rares problèmes qu'elle ne préférait pas affronter de face, mais seulement le jour où il se présenterait. Il y avait Julian aussi. Ce Chouchou qu'elle ne pourrait peut-être pas toujours sortir d'affaires ni abriter quand il irait mal. Tant qu'elle serait en lice, elle savait qu'il n'aurait pas grand chose à craindre, mais que lui arriverait-il le jour où elle serait mise à l'ombre ? Inquiétude. Définitivement, elle n'aimait pas ce sentiment et le voilà qui pointait son nez, comme elle fixait le bras d'Erwan qui se mettait à tressauter de façon incontrôlable.

Elle n'y connaissait pas grand chose mais la russe imaginait que ce n'était pas normal. Cela faisait plus d'un mois qu'il s'était fait tirer dessus. Il aurait du commencer à se remettre, non ? Plus que le tremblement en lui-même, elle s'inquiétait de ce que cela impliquait. Parce qu'il était médecin, fatalement il avait besoin de ses deux mains, de ses deux bras. Il devait être toujours en arrêt et elle commençait à comprendre le carnage dans la cuisine si cela faisait un mois qu'il restait là à déprimer. Plus loin encore, l'image de Max menaçant Erwan s'il ne répondait pas à leur appel la prochaine fois lui revint en mémoire. Elle ne savait pas ce qu'il faisait exactement pour la mafia mais elle imaginait que ça avait attrait à ses connaissances en médecine. Et, s'il ne pouvait plus exercer dans le cadre de son métier, il ne le pourrait pas plus pour les beaux yeux des russes. S'ils n'avaient plus besoin de lui ? Elle chassa ses idées, connaissant déjà la réponse mais se rassurant en songeant qu'elle ne faisait que des suppositions et qu'il n'en était peut-être pas encore là. Elle le reconnaissait elle-même, son geste était idiot. Elle ne savait pas pourquoi elle l'avait fait ou plutôt si, ce n'était qu'un réflexe, rien de réfléchi. Elle se rendit compte elle-même de son erreur au moment où ses doigts prirent les siens, tremblants. Ce n'était pas parce qu'elle lui prenait la main que ça allait s'arrêter ou qu'elle allait pouvoir l'aider. Pour autant, ce n'était pas non plus une raison pour réagir aussi violemment.

Bouche bée et interdite, elle le fixa médusée comme il l'envoyait balader. Mais c'était plus violent que ça. Il lui ordonnait de dégager. Une bouffée de colère lui rosit les joues comme elle s'apprêtait à exaucer son souhait, amorçant déjà le geste de quitter le lit pour aller récupérer ses affaires et partir. Elle n'en eut pas le temps cependant, stoppée par les excuses d'Erwan qui semblait lui-même dépité d'avoir réagi ainsi. Elle ne bougea pas, ne partit pas néanmoins elle resta distante, ses yeux montrant clairement qu'elle n'avait pas apprécié. La mine mutine, elle resta immobile quand il s'approcha, embrassant son cou en s'excusant encore et en assurant qu'il allait se faire pardonner. Mais non, ça ne marchait pas comme ça. A cet instant précis, c'était bien la dernière chose dont elle avait envie. Posant ses mains sur le haut de ses épaules, elle le força à se reculer doucement, devenant plus cinglante qu'elle ne l'aurait voulu.


    « Et comment tu comptes te faire pardonner ? En me mordant comme cette nuit parce que tu as "juste une crampe" ? »

Oui, elle l'avait senti. Evidemment. Elle n'avait rien dit parce qu'elle se doutait que c'était dû à sa douleur et qu'il ne voulait pas qu'elle le lui fasse remarquer. Mais elle détestait qu'il la prenne pour une idiote en minimisant les faits comme il le faisait en ce moment. Ce n'était pas "juste une crampe" et il le savait aussi bien qu'elle. Les mâchoires serrées, elle s'en voulut aussitôt d'avoir été aussi agressive. Lâchant un léger soupir, elle amena une main sur sa joue, son pouce frôlant sa mâchoire. La colère avait quitté son regard et sa voix se faisait plus douce.

    « Tu sais ce qui m'énerves le plus ? Ne pouvoir rien faire. J'ai l'habitude de tout commander, tout diriger. Un problème ? Non, je trouve toujours une solution parce que, d'une manière ou d'une autre, j'ai toujours ce que je veux. Mais ça... Je peux rien faire. Et je déteste ça. C'était pareil la première fois, quand je suis venue à l'hôpital avec Sevastyan. Je déteste ce sentiment d'inutilité et quand ça me dépasse. Mais pour tout ce qui est médical, je ne peux rien faire. Les menaces ne marchent pas, le chantage non plus. Et je n'accomplis pas encore de miracle alors... Ça m'effraie d'être aussi impuissante. Je voudrais juste claquer des doigts et que tu n'aies plus mal, que tes crampes disparaissent et qu'il n'y ait plus de cicatrice sur ton bras. Mais ça marche pas comme ça. Et je déteste ça... »

De nouveau, elle soupira, secouant vaguement la tête comme elle faisait une petite moue mi-agacée mi-désolée. Elle le dévisagea une seconde, glissant ses prunelles le long de son nez, de ses lèvres avant de revenir vers ses yeux.

    « Je sais même pas pourquoi je te dis ça... »

Elle n'en avait pas la moindre idée. En revanche, elle se doutait qu'il ne devait pas en avoir grand chose à faire puisqu'au final, elle ne pouvait rien pour lui et ses douleurs. Avec légèreté, elle déposa un baiser sur ses lèvres avant de replonger son regard dans le sien. Elle ne demandait pas qu'il lui raconte tout, elle imaginait qu'à sa place elle ne l'aurait pas fait. Elle souhaitait juste qu'il arrête de la prendre pour une idiote et qu'il ne lui mente pas pour des choses aussi grosses et visibles... Même si elle ne pouvait rien faire.




    She'll suck you dry... But still you'll cry, to be back in her bosom. To do it again. She'll make you weep... And moan and cry, to be back in her bosom. To do it again... Saviors and saints, devils and heathens alike... She'll eat you alive.
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MessageSujet: Re: Someone that you're with ▬ Anja    Jeu 20 Juin - 22:53

Qu’est ce qu’Anja s’imaginait en prenant ma main dans la sienne alors que celle-ci s’agitait de manière incontrôlable ? Sérieusement, elle croyait quoi ? Qu’elle allait réussir à calmer un spasme, par définition incontrôlable ? Peut-être que j’avais loupé une étape et qu’Anja disposait de connaissances médicales, mieux de pouvoirs magiques tant qu’à faire ? Anja avait joué les infirmières et je ne pouvais pas m’en plaindre. Au contraire, je devrais la remercier pour m’avoir apporté son aide quand j’en avais besoin, mais là… Qu’est ce qu’elle faisait ? Anja franchissait une limite, sans me demander la permission. Elle s’infiltrait dans une partie de ma vie que je ne souhaitais pas dévoiler. Anja n’imaginait pas l’étendu de ma déchéance et je préférais que cela reste ainsi. C’était mon choix, mon droit de ne pas vouloir exposer mes erreurs et ma souffrance. Ces détails ne regardaient que moi. J’avais toujours tenu à garder ma vie privée totalement privée… Alors de quoi droit Anja se permettait d’intervenir dans cette facette de ma vie ? Et ce que c’était légitime de remarquer la faiblesse d’un homme avec qui on venait de coucher ? Est-ce que c’était normal de me rappeler mes faiblesses. Je savais que j’étais diminué et je ne risquais pas de l’oublier, alors pourquoi me rappeler ? Pourquoi m’infliger une humiliation supplémentaire ? Anja aurait pu faire comme tout le monde et faire semblant de ne pas avoir vu ou s’en foutre éperdument. J’aurais préféré qu’elle ignore tout ou qu’elle se donne au moins la peine de rentrer dans mon jeu. J’avais le droit de faire semblant d’aller bien et Anja devait faire semblant de croire à ce mensonge. C’était la règle du jeu. Amant – maitresse, autrement dit, on n’avait pas à dévoiler des aspects aussi privées de notre vie si l’on en avait pas envie. Pourquoi je me forcerais à lui raconter ma vie ? D’une, elle ne le faisait pas. De deux, j’en avais aucune envie. De trois, c’était pas le but. Ou alors on ne s’était pas compris. Nous avons parlé d’une relation sans engagement cela incluait qu’on s’éviter ce genre de conversation, non ? Pour ma part, j’avais joué le choix. Bien que je l’ai renvoyé dans les cordes, je tentais de me faire pardonner à ma manière. Pas de longs discours. Juste des lèvres qui se posaient contre son cou et que je chercher à renier avec un contact charnel. J’avouais ne pas avoir tout à fait la tête à ça mais si Anja était resté c’était bien pour ça et pas autre chose. C’était l’essence de notre relation et c’était comme ça qu’on jouait. Enfin, c’était comme ça qu’on aurait dû jouer. Sauf qu’Anja, cette tête de mule, venait de changer les règles. Ses mains se posèrent avec autorité sur mes épaules et me reposèrent sans que j’insiste. Naïvement, j’aurais jamais pensé qu’elle me repousserait parce que je refusais de lui faire le récit de mes problèmes de santé. J’aurais encore moins pensé qu’elle ose me reprocher une morsure et me balancer en pleine gueule mes faiblesses : « Et comment tu comptes te faire pardonner ? En me mordant comme cette nuit parce que tu as "juste une crampe" ? » Stoïque, je la dévisageais avec rancœur. J’avais mal, d’accord. Anja l’avait remarqué, pas de problème. Mais pourquoi elle se permettait de me faire remarquer qu’elle avait remarqué ? Je fronçais les sourcils. Cela lui plaisait d’avoir ce genre d’ascendant sur moi ?  Les lèvres pincées, je supporterais mal ce proche à peine voilée. D’ailleurs, je ne me privais pas pour lui rappeler. «  D’habitude tu t’en plaints pas…. » . Agacé, je tentais de reprendre mes distances mais Anja caressa doucement mon visage. La question revenait à nouveau : à quoi tu joues, Anja ?

Je baissais les yeux, gênés par cette marque de tendresse que j’avais du mal à comprendre. J’avais cru comprendre qu’elle me repoussait. Forcé de comprendre, que je ne comprenais rien. Peut-être que je la prenais pour un idiote. Peut-être que je voulais lui épargner de s’inquiéter pour moi. Soyons réaliste, cela ne servait à rien. Son amant avait une date de péremption tatoué sur le front et je craignais qu’elle l’ait oublié. Je soupirais, déstabilisé par cet équilibre précaire qui stabilisait notre relation. J’avais aucune envie de m’engueuler avec elle, mais j’avais encore moins envie de lui expliquer à quel point ma vie était chaotique. C’était pas son problème… c’était uniquement le mien et je pensais avoir été clair là-dessus. « Tu sais ce qui m'énerves le plus ? Ne pouvoir rien faire. J'ai l'habitude de tout commander, tout diriger. Un problème ? Non, je trouve toujours une solution parce que, d'une manière ou d'une autre, j'ai toujours ce que je veux. Mais ça... Je peux rien faire. Et je déteste ça. C'était pareil la première fois, quand je suis venue à l'hôpital avec Sevastyan. Je déteste ce sentiment d'inutilité et quand ça me dépasse. Mais pour tout ce qui est médical, je ne peux rien faire. Les menaces ne marchent pas, le chantage non plus. Et je n'accomplis pas encore de miracle alors... Ça m'effraie d'être aussi impuissante. Je voudrais juste claquer des doigts et que tu n'aies plus mal, que tes crampes disparaissent et qu'il n'y ait plus de cicatrice sur ton bras. Mais ça marche pas comme ça. Et je déteste ça... » C’était toujours pareil. Je devrais être touché par sa sollicitude, flatté qu’elle s’intéresse autant à moi mais j’étais rien dans tout ça… Anja me mettait mal à l’aise. J’avais pas l’habitude qu’on s’intéresse à moi de cette manière et je lui avais dis que j’avais renoncé. Alors à quoi ca servait tout seul ? Elle n’aimait pas, certes, mais qu’est-ce que j’y pouvais. J’étais sincèrement désolé de lui infliger cette faiblesse impossible à résoudre. Ma situation venait perturber ses idéaux. C’était une évidence qui n’avait pas pu lui échapper si longtemps. Le monde tournait sans nous, il ne se préoccupait pas de nos états d’âmes et poursuivait sa route, inébranlable… La vie, le destin, la fatalité, l’Homme avait inventé un tas de mot pour désigner ce qu’il ne pouvait pas contrôler. Aussi détestable que cela soit, il fallait se faire une raison. Cela faisait un moment déjà que j’avais appris à accepter que ma vie n’allait plus. Pour être honnête, j’avais baissé les bras depuis un moment. Tout m’échappait. « Je sais même pas pourquoi je te dis ça... » Je hochais doucement la tête et répondis : « Je sais pas non plus. » .

Enfin si. Je savais. Ou plutôt, je le devinais. Anja avait se sentait trop préoccupée par mes problèmes pour endosser uniquement le rôle de l’amante. Elle avait faillis à son rôle et je craignais qu’elle n’ait un petit béguin pour moi. Ce n’était pas vraiment mérité et surtout… C’était difficile à gérer. J’avais cette habitude à rayer les gens de ma vie dès lors qu’on s’intéressait un peu trop moi. Je me protégeais comme je le voulais mais surtout je protégerais les autres de ces élans d’affection qui les feraient pleurer sur ma tombe. Je secouais doucement la tête avant de reprendre mes distances. « Qu’est ce que je suis censé de te dire franchement ? Ne t’inquiètes pas pour moi, je sais m’occuper de moi. Je suis un grand garçon je peux résoudre mes problèmes tout seul ? J’y crois pas et t’y crois pas non plus. J’ai des enmerdes, mais ce sont mes enmerdes et je ne te demande rien. Si tu veux savoir quelque chose, ais l’obligeance de me le demander directement… On gagnerait du temps. Peut-être même que j’y répondrais, mais je vais pas chialer dans tes bras sous prétexte que j’ai plus aucun contrôle sur ma vie. Ca te regarde pas Anja. J’ai pas envie d’être ta Bonne Action du mois. » Le discours était dis sans animosité mais avec fermeté. J’avais mon orgueil et même si l’envie de se livrer était tentante… j’y arrivais pas. Je ne voulais pas impliquer Anja dans mes problèmes. Elle avait la chance de régner sur son monde et d’ignorer que dans la vraie vie, pour les vrais gens, nos choix nous échappaient. Tant mieux pour elle, elle ne le connaissait pas aussi bien que moi ce sentiment de perdre totalement le contrôle. Sinon à force elle aurait compris qu’il ne savait à rien d’en parler qu’on devait juste faire avec. Pensif, je rajoutais sans réfléchir : « T’aurais pas un petit béguin pour moi par hasard ? »
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MessageSujet: Re: Someone that you're with ▬ Anja    Dim 23 Juin - 18:03

Très sincèrement, elle ne comprenait pas elle-même pourquoi elle lui expliquait tout cela. Pourquoi elle lui racontait qu'elle détestait ne pas pouvoir régler les choses. Comme elle le disait, elle aurait aimé claquer des doigts et que sa douleur disparaisse mais elle ne le pouvait pas. Peut-être que c'était sa manière à elle de dire que, même si elle ne pouvait rien pour lui de ce côté-là, elle pourrait peut-être l'aider autrement ? Honnêtement, elle ne savait pas. Elle n'avait pas réfléchi ses mots, ils étaient simplement sortis, voilà tout. Et maintenant qu'ils étaient là, elle se rendit compte qu'elle était probablement aussi perplexe que lui parce que, d'abord, elle ne savait pas du tout comment il allait réagir et, ensuite et peut-être pire encore, elle ne savait pas comment elle aurait aimé qu'il réagisse à ses mots. Immobile, elle resta dans l'expectative jusqu'à ce qu'il se recule un peu, elle-même retirant sa main de sa joue et s'écartant légèrement. Et, au fur et à mesure qu'il parlait, elle se rendit compte que peut-être et tout simplement, elle n'attendait rien. Elle ne voulait pas qu'il lui dise de ne pas s'inquiéter. Qu'il le dise ou pas, elle devinait qu'elle le ferait, d'une certaine manière. Elle ne voulait pas plus qu'il lui explique sa vie, ses problèmes et tout ce qui lui arrivait ou pouvait le tracasser. Non pas que ça ne l'intéressait pas mais elle n'avait pas besoin de savoir tout ça pour avoir l'impression de le connaître, pas plus qu'elle ne voulait s'incruster trop dans sa vie. Elle ne voulait pas non plus forcément qu'il lui demande de l'aide dans la mesure où elle ne savait pas si elle pouvait répondre à ses attentes ou non. En revanche, ce qui était certain, c'était qu'elle ne voulait pas qu'il la prenne pour une idiote en essayant de lui faire avaler des mensonges plus gros que lui.

Aussi puisqu'elle ne lui demandait rien, Anja ne comprit pas pourquoi il s'énervait. Enfin, il ne se mit pas réellement en colère, restant plutôt calme et sa voix assez posée, mais c'était tout comme. Il ne lui demandait rien. Elle avait remarqué. Qu'elle lui pose des questions si elle voulait savoir... ? Mais elle n'avait rien dit ! Elle avait simplement formulé cette impuissance qu'elle détestait et s'il prenait ça comme une invitation à se révéler à elle, alors il ne la connaissait pas encore très bien. Si elle avait voulu savoir, elle aurait effectivement posé elle-même la question sans attendre d'avoir sa permission, qu'il lui réponde ensuite ou non. Si lui restait plus ou moins calme, elle commença à bouillonner quand il évoqua le fait de lui "chialer dans les bras". Réellement ? Il pensait que c'était ce qu'elle voulait ? Pour qui il la prenait au juste ? Elle n'avait rien d'une mère Térésa et recueillir les complaintes et les problèmes des autres était loin de faire partie de l'un de ses passes-temps. Elle aimait certes se sentir supérieure et que les autres aient besoin d'elle et de ses services mais cela ne s'appliquait que dans le cadre professionnel et certainement pas avec ses amants. Elle avait beau être sadique, elle ne l'était pas à ce point. Sa colère grimpa encore quand il lui asséna de façon catégorique que tout cela ne la regardait pas et qu'il ne voulait pas être... sa bonne action de mois.

Une flamme de fureur embrasa tout son être et son regard se fit plus dur tandis qu'elle le regardait, encore hésitante entre la stupéfaction et l'irritation. Il était sérieux ? Il croyait réellement de une, qu'elle était du genre à avoir des bonnes actions, et de deux, que c'était le sort qu'elle lui réservait ? Avait-il une estime si basse de lui-même qu'il se pensait aussi vulgaire à ses yeux ? Déjà, elle se redressait mais il acheva de la mettre en boule avec sa dernière phrase. Elle n'en revenait pas... Béguin. Béguin ? Béguin ?! Non mais il l'avait bien regardée ? Elle avait l'air d'une gamine à s'amouracher ou quoi ?! Sans qu'elle le contrôle, elle eut un petit rire nerveux mais qui était loin d'être jovial, avant qu'elle ne se lève d'un bond, nue comme un ver, se fichant bien de devoir affronter la froideur en dehors des couvertures même si elle eut un léger frisson. Elle n'en revenait pas et elle était furieuse autant que déçue. Sans partir encore, elle restait face à lui, le regard flamboyant de rage et d'incompréhension mais la voix qui sortit de ses lèvres n'avait rien de hargneuse, les mots étant prononcés avec un certain dédain qu'elle ne pouvait retenir et une dureté non dissimulée.


    « T'as raison Erwan, ça me regarde pas. Je t'enverrais un message la prochaine fois que je voudrais baiser et on s'en tiendra là. »

Sans même lui laisser le temps de formuler une éventuelle réponse, la brune fit aussitôt volte-face, sortant de la chambre comme une furie. Vexée, elle se mit en quête de ses vêtements dispersés dans l'appartement. Elle n'en revenait pas de ce qu'il venait de lui dire. Comme si, elle, était le genre de fille qui s'accrochait et s'intéressait de trop près aux autres. Il n'avait rien compris. Elle mourrait d'envie de retourner dans la chambre rien que pour l'insulter mais elle ne lui accorderait pas cette attention. Elle aurait aussi pu s'expliquer et lui dire tout ce qu'elle pensait mais cela n'en valait pas la peine, il ne comprendrait pas plus ou détournerait encore ses paroles. S'il voulait de la distance et la paix, elle allait lui en donner. Et où était passé ce putain de soutien-gorge ?!




    She'll suck you dry... But still you'll cry, to be back in her bosom. To do it again. She'll make you weep... And moan and cry, to be back in her bosom. To do it again... Saviors and saints, devils and heathens alike... She'll eat you alive.
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MessageSujet: Re: Someone that you're with ▬ Anja    Dim 23 Juin - 22:39

Quelque chose m’avait échappé. Un détail, un mot, une intonation dans sa voix, j’ignorais de quoi il s’agissait mais il était indéniable que j’avais loupé quelque chose. Pire, je n’avais pas compris. Cela n’était pas la première fois que cela arrivait, surtout avec Anja. Mais cela semblait devenu une routine dans mes relations. Toutes se soldaient par un non-sens, un échec, une enguelade et… un départ. C’était un refrain voire une malédiction dont je n’arrivais pas à me séparer. Sincèrement, je ne faisais pas exprès d’être comme ça. D’ordinaire, je n’étais pas aussi borné et égoïste. Je pouvais accuser les circonstances, il était quand même évident que c’était ma personnalité qui changeait. Je ne supportais plus rien, encore moins qu’on s’intéresse à moi. J’estimais vraiment ne plus en valoir la peine. Avant, j’étais bien peu de chose, mais désormais je n’étais plus rien. Plus de famille. Plus d’amis. Plus de collègue. Plus de travail. Plus d’avenir. Je n’avais plus rien… Du moins j’en étais persuadé que j’avais totalement balayé la présence d’Anja, la relayant à ce statut de femme-objet, sois jolie mais tais-toi. Surtout tais toi. J’avais l’impression d’être soumis à sa pitié. Ce pathos que je voyais se dégager de sa personne, je le détestais. Jamais personne ne s’était apitoyé sur mon sort et je ne désirais pas qu’elle commence ce soir. Je ne le supportais pas. C’était de ma faute, j’étais indépendant, têtu et parfois totalement crétin. Anja le savait, mais je crois qu’elle n’avait pas compris à quel point. Pour ma défense, la jeune femme m’avait involontairement bousculé. En remarquant, cette faiblesse au bras, c’était comme si elle avait brandis une pancarte annonçant que je n’étais plus rien. Anja était une femme intelligente, elle n’avait pas besoin que je lui explique pour qu’elle comprenne que je ne bossais plus au Lennox. Elle savait que j’avais perdu mon statut de médecin et peut-être même qu’elle devinait que je ne le serais plus jamais. Depuis des mois, je tentais de minimiser l’impact que cette balle avait eut sur ma vie, je faisais semblant d’aller bien même si cela n’allait pas. Anja venait de briser ma nouvelle image sans ménagement. Je savais que c’était inconscient, mais elle venait de me mettre au pied du mur. Egoïstement, j’avais repoussé les inquiétudes d’Anja avec grossièreté et méprise. Aussitôt que je t’entendis ma propre voix, je regrettais l’intégralité de mes propos. Jamais, vraiment, jamais je n’avais voulu la traiter comme ça. Mais je venais de le faire et nous savions très bien que je ne pouvais pas revenir en arrière. Autrement, j’aurais tout de même la sagesse de le faire. Je me mordis les lèvres, gêné par mon propre discours. Je venais quasiment de gifler une femme qui me tendait la main. Abruti songeais-en silence tout en continuant à m’enfoncer. J’étais maladroit avec Anja, je ne voulais pas lui reprocher sa sollicitude à mon égard, je voulais juste la prévenir de ne pas s’attacher… Je me donnais peut-être un peu trop d’importance, mais je n’avais pas envie qu’elle pleure sur ma mort. Parce qu’elle était imminente et le seul service que  je pouvais rendre aux gens c’était d’éviter de m’immiscer dans leur vie, même si j’avais conscience que c’était précisément ce que je faisais avec Anja. En la voyant se relever, ses yeux lançant des éclairs à mon égard, je compris que j’avais vraiment dépassé les bornes. Ce dédain était bien pire que la colère.

En entendant Anja je ne pouvais que comprendre la gravité de mon erreur : « T'as raison Erwan, ça me regarde pas. Je t'enverrais un message la prochaine fois que je voudrais baiser et on s'en tiendra là. » Sans le vouloir mes mots avaient dépassés ma pensée et j’avais pris Anja pour une pute. J’avais relégué notre relation à de vulgaire parties de jambes en l’air, alors que la veille nous avions avouer tenir l’un à l’autre sans désirer s’embarquer dans une relation. Je tentais : «  An.. » Elle ne me laissa pas le temps de finir son prénom qu’elle se levait avec cette fierté qui lui était propre. Elle m’abandonnait à mon sort, comme un con. Je n’hésitais pas avant d’attraper un caleçon dans mon armoire, d’attraper un jean, un tee shirt et de tenter de la rattraper. J’avais encore mal partout à cause des bleus offerts par Max. Je ne voulais pas la laisser partir, en tout cas pas comme ça… « Anja… » Par chance, elle n’était pas encore partie. J’enfilais mon jean devant elle, en sollicitant le moins possible ma main gauche. Il était clair que je ne menais pas large et que les regrets dictaient ma conduite. « Excuse-moi… Vraiment je suis désolé. » Je tentais de m’avancer vers elle, prudemment par peur d’être rejeté – ce que je n’aurais vraiment pas volé. « J’aurais vraiment pas dû dire ça… je sais pas ce qui m’a pris. » avouais-je penaud. J’ignorais quoi dire pour me faire pardonner, j’étais bien placé pour savoir qu’on n’oubliait pas ce que l’autre disait. Mal à l’aise, je passais ma main dans mes cheveux : « Enfiles quelque chose, tu vas prendre froid… » proposais-je en lui tendant ma chemise. Si elle ne la saisissait pas, je pouvais toujours la déposer sur le canapé à côté d’elle. J’avouais rester à bonne distance tant j’avais peur de ses foudres. Avec ce que je lui avais dis, il serait légitime qu’elle réplique. « Y’a du café… » précisais-je en lui désignant la cafetière. Anja savait où se trouvait les tasses et les micro-ondes, je lui aurais bien proposé de le prendre avec moi mais… mauvaise idée, non ? Je comprenais qu’elle ne veuille plus me voir et qu’elle aspire à disparaitre très vite. « Je vais t’aider à chercher tes affaires… » annonçais-je avant de reculer vers la chambre pour récupérer les vêtements d’Anja dans la salle de bain, avant de franchir le seuil de la porte, je m’arrêtais et me retournais vers son regard de feu : « Tu sais je… voulais vraiment pas me comporter comme un connard avec toi. Vraiment je… pardonne-moi. » Je n’avais pas vraiment d’excuse mise à part le fait que j’avais honte de la situation dans laquelle j’étais et que je ne désirais pas en parler… c’était probablement ce que j’aurais dû lui dire. Le stress ou je ne sais quoi provoqua un nouveau tremblement dans mon bras, preuve que je ne pouvais décidemment pas le cacher. Je baissais les yeux, terriblement désolé par la situation que j’avais provoquée et m’éclipsais dans la salle de bain à la recherche des sous-vêtements d’Anja. Je me rappelais les lui avoir enlevés sous la douche et ils n’avaient pas pu disparaitre tout seul.
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MessageSujet: Re: Someone that you're with ▬ Anja    Lun 1 Juil - 22:56

Elle aurait dû avoir froid, là, debout au beau milieu du salon, complètement nue. Elle aurait dû mais l'énervement la réchauffait. Elle sentait ses joues brûlantes, elle avait l'impression que toute sa peau irradiait de colère, ses tempes battaient la mesure et son coeur pulsait à une vitesse phénoménale au point même qu'elle se demanda si de la fumée ne lui sortait pas de la tête ou des oreilles. Cette image aurait pu la faire sourire et se calmer mais il n'y avait absolument pas de quoi rire. Elle ne se rappelait même pas quand elle avait été aussi furieuse pour la dernière fois. Elle n'en revenait toujours pas de ce qu'il avait pu lui dire d'ailleurs. Fulminante, elle avait trouvé sur son passage son chemisier et sa jupe, tous deux roulés en boule et serrés contre elle. Lui manquaient ses bas et ses sous-vêtements et aucun n'était à portée de vue. Elle faisait les cent pas quand Erwan la rejoignit. Il avait pris le temps d'enfiler un jean mais le regard mauvais qu'elle lui lança indiquait clairement qu'elle ne voulait pas le voir et qu'il ferait mieux de retourner dans sa chambre et de ne pas croiser son chemin jusqu'à ce qu'elle soit partie. Elle ne comprenait pas d'ailleurs, qu'est-ce qu'il venait foutre ici et l'emmerder alors qu'il venait de lui demander de lui laisser de l'espace ?! Il venait à peine d'entrer dans la pièce que déjà, ses yeux le fusillaient du regard. Il avait de la chance d'être si loin, autrement elle jurait qu'elle l'aurait giflé.

Comme si ça allait rattraper sa conduite ou changer quelque chose, il s'excusa. Sincèrement ? Il pensait que ce serait suffisant après ce qu'il venait de lui balancer à la gueule ? Anja n'était pas de ces femmes qui tendaient gentiment l'autre joue quand on venait de les blesser. Elle se fichait de ses excuses et n'en voulait pas, dans l'état de colère où elle se trouvait, ce qu'il faisait était peut-être même encore pire. Immobile avec ses habits en main, elle restait légèrement penchée en avant, comme si elle s'apprêtait à lui sauter à la gorge d'un moment à l'autre. Et le fait qu'il renouvelle ses excuses ne contribua pas à la calmer. Ah il ne savait pas ce qu'il lui avait pris ? Eh bien elle non plus mais juste dire "je suis désolé" ne passerait pas. Ca ne marchait pas comme ça. Pas avec la manière dont il l'avait traitée. Elle ne bougea pas plus quand il lui proposa sa propre chemise pour éviter d'avoir froid - s'il savait à quel point elle bouillonnait à cet instant ! Elle ne voulait pas de sa chemise. Elle ne voulait rien de lui. A cet instant précis, elle devait probablement ressembler à un chat si ce n'était qu'elle n'avait pas le dos aussi rond et les poils beaucoup moins hérissés. Silencieuse, elle suivit son geste du regard tandis qu'il posait la chemise sur le canapé après qu'elle n'ait pas bougé. Elle resta à contempler le vêtement un moment avant de relever d'un geste vif son visage vers le sien, sidérée par ce qu'il lui proposait maintenant. Un café. Non mais un café. Et pourquoi pas des croissants et de la baguette tant qu'il y était ? Le regard dardé droit sur lui, elle se demandait s'il se rendait seulement compte de ce qu'il disait. Il était vraiment en train de lui proposer un café après l'avoir envoyée promener ?! Elle hallucinait complètement, se demandant même si elle n'était pas tout bêtement encore endormie et en plein rêve. Toujours aussi silencieuse et immobile, Erwan eut finalement la première remarque censée de cette matinée : il allait l'aider à chercher ses affaires. Qu'il fasse donc ça. Elle-même s'était déjà détournée pour fouiller de nouveau la pièce de son regard brûlant quand il reprit la parole. Ses yeux se posèrent sur lui et sans qu'elle comprenne comment, sa colère sembla se dissiper presque instantanément.

Trop aveuglée par sa propre colère fulgurante, elle ne s'était pas rendue compte qu'il était actuellement sincère et qu'il pensait ce qu'il disait, ne s'excusant pas simplement pour essayer de rattraper le tir. Il avait véritablement l'air attristé par la situation, de ce qu'il avait dit, de la manière dont elle l'avait pris et du dérapage glissant qui les faisait aller droit dans le mur. Et ce fut probablement qu'il reconnaisse avoir été trop loin et qu'il s'insulte lui-même de "connard" qui lui firent prendre l'ampleur de son affliction. Pour autant elle ne réagit pas tout de suite, restant encore immobile comme elle fixait ce bras qui se remettait à trembler sans qu'elle puisse rien faire. Sans un mot, elle le laissa partir, prenant subitement conscience des frissons qui la parcouraient depuis probablement un moment déjà. Un regard sur sa peau lui suffit à remarquer sa chaire de poule. Maintenant, elle avait froid. Plantée au beau milieu de la pièce comme une idiote, elle finit par déposer ses habits sur le canapé, attrapant la chemise qu'il lui avait proposée et l'enfilant sans pour autant prendre la peine de la fermer. Elle resserra néanmoins le tissu autour d'elle, son corps frêle flottant dans ce vêtement trop grand. Elle resta quelques minutes encore dans le salon, le temps que les restes de sa fureur se dissipe complètement et qu'elle se demande ce qu'il faisait. Après avoir hésité, elle finit par emprunter le même chemin que lui sur la pointe des pieds, poussant délicatement la porte de la salle de bain pour voir s'il avait trouvé les affaires qui lui manquaient. Elle le trouva debout face au lavabo, tordant ses sous-vêtements qu'il avait visiblement trouvés pour en égoutter l'eau qui les gorgeait encore depuis la veille. Elle s'approcha lentement mais, plongé dans ses pensées, il ne sembla pas la remarquer tout de suite. Ce ne fut qu'après quelques secondes qu'il parut capter son reflet dans le miroir, délaissant les sous-vêtements humides pour se tourner doucement vers elle. Les bras croisés pour garder la chemise fermée et le tissu au plus près de sa peau, elle parcourut les derniers centimètres qui les séparaient, s'arrêtant devant lui sans s'approcher trop. Son énervement l'avait quittée mais elle paraissait encore un peu réticente.


    « Ca fait deux fois aujourd'hui que tu m'envoies balader - plus si on compte les autres -, et ça fait autant de fois que je reste. Il va arriver un moment où je vais en avoir marre d'être patiente et où je vais finir par partir définitivement Erwan... Je te demande pas de tout me raconter, de tout m'expliquer. Je suis pas ta copine, je vais pas te faire une crise si tu veux pas me parler. Mais faut que t'arrêtes de me prendre pour une idiote en essayant de me faire croire que tout va bien quand je vois bien que c'est pas le cas. Si tu veux parler je peux écouter, si tu veux pas je demanderais pas, à aucun moment je te forcerais à quoi que ce soit. Mais si tu continues à me repousser comme ça... Faut que t'arrêtes de faire ça. »

Ce n'était pas vraiment des reproches, ce n'était pas non plus un sermon. Plutôt une mise en garde. Parce qu'elle ne voulait pas partir mais c'était ce qui arriverait s'il continuait ainsi. Elle ne voulait pas s'immiscer dans sa vie privée, elle lui demandait juste de ne pas lui mentir ni de la prendre pour une conne. Elle ne pensait pas que c'était trop demandé... Elle était aussi fière que lui, probablement même plus, elle se doutait qu'il n'avait pas envie d'étaler ses problèmes devant elle sans même savoir si elle y pourrait quelque chose. Elle-même ne le ferait probablement pas. Mais dans ce cas-là, qu'il lui dise clairement qu'il ne préférait pas aborder le sujet, elle ne lui en voudrait pas. Le visage plus ou moins serein, elle paraissait néanmoins peinée de devoir expliquer tout cela quand pour elle cela coulait de source. Et en même temps, elle se voulait plus ou moins rassurante parce que, comme elle venait de le dire, elle était encore là malgré tout. Elle savait que ce ne devait pas être évident avec son bras mais ce n'était pas une raison pour la traiter comme il venait de le faire. Les bras toujours croisés, elle resta là à le regarder, sachant pertinemment que, même si cela lui restait encore un peu coincé en travers de la gorge, elle lui avait déjà pardonné.




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MessageSujet: Re: Someone that you're with ▬ Anja    Mer 3 Juil - 0:21

C’était toujours le même refrain. La même mélodie que je desservais à mes proches. Dès qu’ils franchissaient une certaine limite, je prenais mes distances. Pire, j’imposais à l’autre de reculer. J’en voulais au monde entier, et particulièrement à ma famille de m’abandonner voire même de me traiter comme un paria. En réalité, ce monde qui m’encerclait n’y était pour rien. C’était moi qui dressais des barrières. J’étais maitre de ma propre prison, mon propre tortionnaire. A force de n’en faire qu’à ma tête, j’avais rayé un par un mes amis de ma vie. Je prétendais que c’était une contrainte dû à la mafia pour ne prendre aucun risque, mais c’était un choix. J’avais toujours assumé l’entière responsabilité de mes actes, pourtant… quand il s’agissait de reconnaitre que le poids de la solitude était la conséquence de ses propres actions, il n’y avait plus personne. Si j’étais à la dérive, c’était entièrement ma faute. Je ne supportais plus qu’on s’approche de moi, j’avais toujours eu peur de la pitié des gens. Ce n’était pas totalement ma faute, habitué à me battre j’avais du mal à accepter une main tendue, craignant que celle-ci me gifle. Anja n’échappait pas à la règle. La jolie russe subissait les foudres d’un homme plus prompt à aider les autres qu’à être aider. Ce n’était pas un bon jour pour moi, c’était même carrément une mauvaise période. Anja avait débarqué dans ma vie alors que j’étais un jeune trentenaire plein d’assurance, un carriériste assumé, apprécié par ses collègues et désiré par quelques femmes. Je lui avais offert une spontanéité à toute épreuve, des instants de complicités que jamais je regretterais. Et à présent, il restait quoi ? Anja était le genre de femme qu’un homme ne rencontrait qu’une seule fois dans sa vie s’il en avait la chance. J’avais côtoyé suffisamment de femmes pour m’apercevoir de sa différence. Sa singularité faisait sa force et je n’avais jamais rencontré une femme aussi décidée qu’elle. Anja était une véritable tête de mule. J’enviais sa force de caractère parce que j’avais perdu la mienne. Anja croyait en ce qu’elle faisait alors que moi… j’avais perdu foi en mes gestes. Je savais que je ne m’en sortirais pas… Alors à quoi bon ? J’avais arrêté me battre. C’était regrettable, j’en avais conscience, mais je n’arrivais pas à me convaincre que j’avais encore une petite chance. Je ne voyais aucun espoir auquel me raccrocher. Pessimiste, je pensais avoir perdu Anja. Elle était intelligente, alors elle savait qu’elle n’avait plus rien à faire ici. Je n’avais que des enmerdes à lui offrir, le tout saupoudrer de rancœur. Je n’étais vraiment pas de bonne compagnie. Anja n’avait aucune raison de rester et vu comment je l’avais traitée, je l’avais involontairement poussée vers la sortie. Anja partait… sa différence ne l’empêchait pas d’agir comme les autres, de me laisser seul ruminer une succession de mauvais choix.  

L’image que me renvoyait le miroir était sans artifice. Impossible de tricher avec son propre reflet. J’étais un homme malmené par les événements, un gamin qui avait toujours revendiqué sa liberté alors qu’il l’avait vendu depuis longtemps. Tout était ma faute. J’avais sciemment vendu mon âme au diable pour obtenir un avenir professionnel que j’avais moi-même saboté. Tout ça pour les beaux yeux d’une fille qui n’avait et n’aurait jamais besoin de moi. J’étais vraiment pas doué pour choisir mes combats. Ma main caressa mes joues barbues. Cette barbe c’était vraiment une connerie monumentale. Cela ne risquait vraiment pas d’arranger le tableau. En arrière plan, la silhouette d’Anja se détacha et j’abandonnais ses sous vêtements dégoulinants dans le lavabo pour lui prêter attention. Anja était encore là… mais cela n’allait pas durer. J’imaginais qu’elle voulait probablement m’engueler avant de partir et je l’aurais pas volé. Je ne comprenais pas ce qui m’avait pris. J’aurais jamais dû la traiter de cette manière. Il y avait peu d’action que je regrettais mais repousser Anja alors qu’elle souhaitait m’aider en faisait partie. Je l’avais vraiment traitée comme une pute et ce n’était pas quelque chose dont j’étais fier. Au contraire, j’avais honte de lui faire subir mes sursauts d’humeur. Il n’y avait de mots suffisamment fort pour excuser l’inévitable. Anja avait raison de partir. Encore un peu sur la défensive – et on pouvait aisément le comprendre – Anja s’approcha lentement sans que je n’ose faire un geste envers elle. « Ca fait deux fois aujourd'hui que tu m'envoies balader - plus si on compte les autres -, et ça fait autant de fois que je reste. Il va arriver un moment où je vais en avoir marre d'être patiente et où je vais finir par partir définitivement Erwan... Je te demande pas de tout me raconter, de tout m'expliquer. Je suis pas ta copine, je vais pas te faire une crise si tu veux pas me parler. Mais faut que t'arrêtes de me prendre pour une idiote en essayant de me faire croire que tout va bien quand je vois bien que c'est pas le cas. Si tu veux parler je peux écouter, si tu veux pas je demanderais pas, à aucun moment je te forcerais à quoi que ce soit. Mais si tu continues à me repousser comme ça... Faut que t'arrêtes de faire ça. » Anja avait raison. Il fallait que j’arrête de repousser tout le monde à commencer par elle. La russe semblait m’avoir pardonné mais je ne faisais pas le fier pour autant. Notre équilibre était fragile, précaire. Avec Anja, nous marchions sur un fil et la chute était toute proche. Pourtant, nous arrivions toujours à se raccrocher l’un à l’autre pour ne pas trébucher. Pour être exact, Anja ne profitait jamais de l’occasion pour me pousser. Peut-être qu’elle devinait que la chute me serait fatale. Je soupirais soulagé qu’Anja me laisse – encore – une chance. Soulagé, je franchis l’espace qui nous séparait et mes bras entourèrent ses hanches, caressèrent son dos mal couvert par ma propre chemise. « Je sais. » Je savais qu’il fallait que j’arrête mais… c’était plus facile à dire qu’à faire. On ne se débarrassait pas facilement de ses vieux reflexes. « Excuses-moi. » demandais-je une nouvelle fois. J’étais aussi sincère que la première. Ma main caressa sa joue pour l’inciter à relever la tête. Je me penchais vers elle pour l’embrasser délicatement. Ce n’était probablement pas la bonne méthode pour me faire pardonner mais avec Anja… d’une, j’avais dû mal à m’en empêcher. De deux, j’avais le sentiment qu’avec elle, les gestes parlaient plus que les mots. Malgré l’attirance que m’inspirait Anja, l’heure n’était plus au rapprochement corporel. Anja n’était pas une pute et jamais, malgré les apparences je ne l’avais considérée ainsi. Mais il était peut-être temps de le lui prouver : « Il faut qu’on parle… Que je te parle. » annonçais-je. On – et surtout moi – ne pouvait pas continuer comme ça. Il fallait que je me décide à lui faire confiance si je voulais espérer m’en sortir. Anja était la personne la plus apte à m’aider. En restant, alors que tout la poussait à partir, elle me prouvait qu’elle était digne de confiance. Pour être honnête, je n’étais pas sure de faire le bon choix, mais je n’avais rien à perdre. Au contraire, si je choisissais de me confier à elle, alors elle comprendrait qu’elle était vraiment importante pour moi, non ? C’était un risque à prendre.

« Je te rejoins dans cinq minutes, d’accord ? » lui dis-je en me détachant d’elle. « Si tu pourrais enfiler un truc… prends dans mon placard si besoin. » Anja avait le privilège d’ouvrir mes placards et de prendre ce dont elle avait besoin. Qu’elle ne voie aucune offense mais ce n’était pas facile de se concentrer si elle était à moitié nue devant moi. Seul dans la salle de bain, j’en profitais pour glisser ses vêtements dans le sèche linge pour les essorer convenablement et aussi pour me raser. La barbe ce n’était vraiment pas une bonne idée et si je voulais arrêter de jouer les planqués je devais m’en débarasser. « C’est mieux, non ? » demandais-je en caressant ma joue franchement rasée. J’avouais avoir été un peu négligeant avec le rasage mais il y avait un net progrès. « Je suis vraiment désolé pour ce que j’ai dis. » reprécisais-je encore. Mécaniquement, je me dirigeais vers la cafetière où j’avais mes habitudes. J’interrogeais Anja du regard pour savoir si elle en voulait un. J’avais dis que j’allais lui parler mais… j’ignorais totalement par quel bout commencer. Je passais ma main dans mes cheveux, mal à l’aise par la face à face qui s’annonçait. Je m’installais à la table de la cuisine, invitant Anja à en faire de même. « J’en ai jamais vraiment parlé… je sais pas par où commencer. » avouais-je un peu perdu avant de jouer avec ma tasse. Ce n’était pas de la mauvaise intention, mais j’étais bien plus doué pour embrasser une femme que lui faire la conversation, le poids des habitudes là encore. Excessivement prudent, je rappelais : « Quoi que je te raconte… Tu devras me laisser régler ça avec la mafia. Tu peux pas intervenir, tu l’as dis… tu risquerais d’empirer les choses, même si ça a l’air d’être tes copains… » Copains ou pas, cela restait la mafia et je ne leur faisais absolument pas confiance, loin de là. J’imaginais sans mal qu’Anja n’avait pas du tout la même relation que j’entretenais avec eux. J’étais un accessoire, un service amélioré alors qu’Anja semblait appréciée, respectée. C’était à rien n’y comprendre mais cela ne changeait pas l’équation. Anja devrait vraiment accepter de jouer les spectatrices, même si ma vie en dépendait je ne perdais pas de vue que la mafia pouvait toujours s’en prendre à mes sœurs. Je me fichais de mourir – enfin c’était relatif – mais je me préoccupais encore plus de n’entrainer personne dans ma chute.
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Someone that you're with ▬ Anja

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