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 Someone that you're with ▬ Anja

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Reine des Glaces
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MessageSujet: Re: Someone that you're with ▬ Anja    Dim 7 Juil - 1:04

Étrangement, elle n'aimait pas elle-même cette étrange réserve qu'elle gardait, ne s'approchant pas plus et gardant les bras croisés alors même qu'elle était en train de le rassurer et de lui signifier qu'elle ne comptait pas partir tant qu'il ne recommençait pas. Elle aurait peut-être dû franchir elle-même les quelques centimètres qui les séparaient et se serrer doucement contre lui mais elle ne parvenait pas à avancer plus. Elle n'arrivait pas plus à décroiser ses fichus bras, formant comme une protection, une barrière qui l'empêcherait de l'atteindre s'il lui prenait l'idée de la repousser encore. Elle sentait pourtant qu'elle ne lui en voulait plus, qu'elle ne lui tiendrait pas rigueur des mots qu'il avait pu avoir, mais elle n'arrivait pas à faire le dernier pas, contrainte à garder une légère distance avec lui. Peut-être parce que, même si elle ne l'admettrait pas de vive voix alors pourtant que sa réaction le démontrait sans doute possible, ses mots l'avaient blessée. Ce devait être ça, qui la retenait. Elle n'avait pas particulièrement envie de prendre une deuxième salve en pleine figure, même s'il s'était pourtant déjà excusé. Elle resta immobile durant tout le temps où elle parla et encore après, jusqu'à ce que ce ne soit lui qui décide de se rapprocher. Elle ne le repoussa évidemment pas, silencieuse, glissant une main légère sur sa nuque quand il réitéra ses excuses, comme pour lui signifier qu'elle les acceptait. Le visage serein, mais une lueur peinée encore ancrée au fond de ses yeux, elle répondit doucement à son baiser sans pour autant chercher à l'approfondir. Elle sentait autant que lui que ce n'était pas le moment, confirmée dans son ressenti par Erwan qui lui confiait qu'il devait lui parler.

Sans qu'elle ne sache exactement mettre le mot dessus, cela la rassura, en quelque sorte, qu'il décide de se confier. Pas qu'elle tienne absolument à connaître sa vie, ni à savoir tout ce qui pouvait lui passer par la tête et le tracasser. Non ce n'était pas parce que cela allait combler sa curiosité qu'elle était satisfaite mais parce que lui se sentirait probablement soulagé d'en parler. Elle ne connaissait pas sa vie, ne savait pas s'il avait des proches sur lesquels il pouvait compter et qui pourraient l'écouter sans le juger. Elle ne prétendait pas le connaître suffisamment pour cela mais, à en juger par l'état de son appartement, elle devinait qu'il ne devait pas recevoir beaucoup de visites. Aussi, s'il restait seul toute la journée à ruminer sur sa situation et son bras, elle était bien placée pour savoir que ça ne devait pas l'encourager à faire face. En parler, que ce soit à elle ou quelqu'un d'autre, ne pourrait que lui être bénéfique. Parce que cela lui permettrait peut-être de mettre les choses en perspectives et de prendre un certain recul sur sa situation. Il s'avérait que c'était vers elle qu'il se tournait pour se confier. Comme elle l'avait dit, elle ne le forçait à rien mais, s'il le voulait, elle l'écouterait. Cela ne voulait pas dire qu'elle trouverait une solution miracle pour le sortir de ses problèmes - de toute manière elle ne pourrait rien pour son bras - mais même pour lui, ce serait mieux de faire face plutôt que de continuer à faire l'autruche et feindre que tout allait bien. Aussi elle acquiesça d'un léger hochement de tête quand il lui signifia qu'il la rejoignait, lui demandant au passage de s'habiller un peu... plus.

Ce ne fut qu'arrivée dans sa chambre, captant son image dans le miroir qu'elle comprit pourquoi il lui avait demandé de se changer. La chemise entrouverte et simplement posée sur ses épaules laissait deviner ses formes plus que subjectives. Non pas que la vue devait lui déplaire mais, s'il voulait discuter "sérieusement", il valait peut-être mieux lui éviter toute déconcentration. Quittant son reflet en entrouvrant sa penderie, elle attrapa les premiers vêtements qui lui tombèrent sous la main et qu'elle jugea assez sages : à savoir un t-shirt beaucoup trop large pour elle et un jogging. Rien de très glamour donc et encore une fois, elle nageait dans les vêtements avec son poids plume. Regagnant le salon, elle en profita pour chercher les bas qui manquait à l'appel en attendant qu'il la rejoigne, les retrouvant légèrement en retrait sous le canapé après quelques minutes de recherche. Elle les amenait avec ses habits retrouvés au préalable au moment où Erwan arriva. Il s'était rasé, en vitesse et de manière assez négligée mais tout de même. Elle eut un petit sourire quand il lui demanda si c'était mieux, approuvant ainsi sa supposition. Elle ne revint pas en revanche sur ses excuses, les ayant déjà acceptées et préférant passer à autre chose. D'un hochement de tête, elle accepta le café qu'il lui proposait, ne trouvant plus l'idée aussi ridicule que quelques minutes auparavant, et alla s'asseoir face à lui. Glissant un sucre dans la tasse, elle le touilla légèrement en relevant ses yeux clairs vers son amant, restant silencieuse pour lui laisser le loisir de s'exprimer. Ca n'avait pas l'air d'être évident et il semblait un peu perdu, se faisant visiblement violence. Ce ne devait pas être dans ses habitudes de discuter ainsi - ce n'était pas dans celles d'Anja non plus - et son impression qu'il n'avait parlé de tout cela avec personne se confirmait. Il lui rappela cependant que ce n'était pas parce qu'il allait lui expliquer certaines choses qu'elle devrait forcément s'en mêler. Réfléchissant une seconde, elle finit par acquiescer, rectifiant cependant ce qui n'était pas tout à fait juste.


    « Ce ne sont pas tout à fait mes "copains"... »

Elle hésita un instant, pesant mentalement ce qu'elle pouvait dire ou non.

    « Ils me parrainent, me protègent. Ils m'ont aidé à développer mon agence, mondialement, quand je l'ai lancée il y a quatre ans. Et... on a un espèce de partenariat, j'imagine. J'ai besoin d'eux, ils ont besoin de moi. C'est un peu plus compliqué qu'un simple copinage... »

Puisqu'il s'apprêtait à se confier, et étant donné qu'il avait un peu de mal à se lancer, elle songeait qu'elle pouvait en faire de même, un peu. Elle aurait pu ne rien dire du tout. Elle aurait pu en dire plus aussi. Elle pensait que c'était suffisant pour qu'il comprenne un peu la position dans laquelle elle se trouvait vis-à-vis de la mafia sans qu'il n'en sache trop. Terminant ses explications par une petite moue, elle finit par faire glisser sa main sur la table pour finalement la déposer sur celle d'Erwan, liant leurs doigts en un geste qui se voulait encourageant sans être intrusif.

    « Si tu ne veux pas que je m'en mêle je resterai à l'écart, même si je ne suis même pas sûre que je pourrais y changer quoi que ce soit. Quant à savoir par où tu pourrais commencer, je dirais peut-être le début ? »

Et à partir de cet instant, elle ne serait plus que celle qui écouterait, sans juger, sans se mêler, sauf s'il le lui demandait. Elle ne serait plus que cette bonne oreille dont elle lui avait parlé, un peu souriante, un peu sérieuse, un peu inquiète et un peu sereine, le tout entremêlé mais qui ne le forçait à rien. C'était lui qui décidait de ce qu'il lui révélerait ou non.




    She'll suck you dry... But still you'll cry, to be back in her bosom. To do it again. She'll make you weep... And moan and cry, to be back in her bosom. To do it again... Saviors and saints, devils and heathens alike... She'll eat you alive.
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MessageSujet: Re: Someone that you're with ▬ Anja    Dim 7 Juil - 23:57

Il faut qu’on parle...Que JE TE parle… Ces mots étaient sortis de ma bouche. Pourtant l’homme qui les avait prononcés était un étranger. Je ne me reconnaissais pas dans ces paroles où j’avouais mes faiblesses. Bien que j’avais connaissance de bon nombre de mes défauts, je n’avais pas pour coutume de les exposer devant un public. Au contraire, mauvaise nouvelle comme bonne nouvelle, je gardais tout pour moi. J’étais une éponge à sentiment pour qui le mot confidence n’avait que peu d’écho. Pour ma défense, j’étais l’homme qui écoutait, soutenait sans remplacer, présent sans être étouffant. Personne ne m’avait jamais demandé si j’avais des problèmes. C’était comme demander au médecin s’il était malade, dans la représentation sociale des gens cela n’était pas possible. Alors aux yeux du reste du monde, j’allais parfaitement bien. J’étais juste un ex-médecin revendicatif et orgueilleux. Mes gestes n’étaient pas des marques de protection mais le reflet d’une personnalité autoritaire et intransigeante. Bref, le portrait que mes anciens collègues ou amis ou membres de ma famille dressaient de moi n’était guère flatteur. On m’accusait de trahir, de perdre totalement les pédales, mais tout ça… c’était pas un choix, juste des conséquences désastreuses. Je perdais le contrôle de ma propre vie et au lieu de tenter de me comprendre, on me blâmait pour mes erreurs. Anja était la seule femme qui apercevait mes faiblesses. Elle était la seule pour qui mon jeu d’acteur était terriblement mauvais. J’aurais dû prendre peur de me saveur aussi vulnérable, surtout devant une femme qui semblait avoir tellement d’influence, mais en réalité, j’étais rassuré. C’était idiot, stupide, mais quelque part j’étais flatté d’avoir autant d’importance à ses yeux. Ravi qu’elle accepte de me pardonner et qu’elle se réfugier dans mes bras. J’aurais aimé incarner une force tranquille, être un véritable pilier pour elle mais… tout s’effondrait. Les fondations de ma propre personne étaient instables, je ne pouvais pas me permettre de soutenir quelqu’un alors que j’avais tant de difficultés à gérer ma propre vie. En revanche, Anja semblait décidée à me supporter. Ce n’était pas rien. Pour la première fois depuis une éternité, j’acceptais de me livrer. Enfin, j’accordais ma confiance à quelqu’un. Néanmoins, cela ne faisait pas sans craintes ni hésitations.

La patience d’Anja envers moi était infinie. Doucement, je réalisais la chance que j’avais de l’avoir rencontrée et surtout de savoir qu’elle désirait, dans une juste mesure, rester à mes côtés. Evidemment, je me demandais si la russe n’avait pas un intérêt là dedans mais je balayais mes interrogations rapidement. Et alors ? Quand bien même elle cherchait à me manipuler, et ce que ma situation pourrait empirer ? Je n’en avais pas le sentiment. Au final, j’étais prêt à prendre le risque. Curieusement, j’avais pris la décision de tout (ou presque) lui avouer en me rasant. Elle ne m’avait laissé seul que quelques minutes, le temps probablement d’enfiler une tenue plus confortable et moins sexy, mais je n’avais pas eu besoin de plus pour comprendre que j’étais au pied du mur. D’ordinaire, j’étais un mec débrouillard et optimiste, mais là… je ne voyais plus où je serais demain, ni même si je serais encore en vie. A cause de l’incident avec mon bras, ma situation était plus que critique. La seule certitude c’est que tout seul, si je continuais comme ça, je fonçais dans le mur à pleine vitesse et je ne me relèverais pas.

Quelques minutes de solitude plus tard, je rejoignis Anja dans le salon. Même avec des vêtements où elle nageait dedans, elle restait terriblement séduisante. Au regard d’Anja en découvrant mon visage, je compris qu’elle préférait l’effet « rasé à l’arrache » que « barbu à souhait », je piquais encore mais probablement beaucoup moins. Nous échangèrent un regard et je baissais les yeux, gêné de la trouver encore désirable même quand elle ne faisait rien pour. Ce n’était pas ma faute si elle était belle. Belle à en mourir. C’était pas mal pour un type qui pensait vivre ses dernières heures. Je gardais légèrement mes distances avec cette beauté fatale, histoire de rester concentré. Ce n’était plus vraiment le moment de lui faire des avances, même si l’idée était très tentante. Anja accepta un café et à regret la table nous instaura une distance peu propice au rapprochement. Je nous servis les cafés en silence avant de prendre en place, terriblement mal à l’aise. J’avais jamais fais ça avant et c’était pas une nouvelle première expérience qui me rendait enthousiasme. Un peu vieux jeu, j’aimais pas les trucs nouveaux de peur de ne pas savoir comment les utiliser. Je détestais être ridicule et face à Anja, j’avais la désagréable sensation de l’être. Entre nous, cela ne devait pas être la première fois. Ma jambe tapota nerveusement le sol. Tempo mécanique de l’angoisse qui m’habitait. Ce n’était pas me livrer qui me posait problème, c’était la possibilité que le regard d’Anja change sur moi. S’il y avait une seule chose que je souhaitais conserver, c’était ces regards complices où nos yeux pétillaient de malice comme cet instant où je me moquais gentiment de sa tenue bien trop grande pour elle.

« Ce ne sont pas tout à fait mes "copains"... » rectifia Anja. Sa précision me rappela à la raison et je me concentrais sur son discours, oubliant cette envie de la taquiner verbalement. Je baissais les yeux sur mon café, peu importe le terme employé, ils copinaient avec Anja. Il n’y avait qu’à voir comment Max la regardait, comme si il fallait se prosterner à ses pieds… « Ils me parrainent, me protègent. Ils m'ont aidé à développer mon agence, mondialement, quand je l'ai lancée il y a quatre ans. Et... on a un espèce de partenariat, j'imagine. J'ai besoin d'eux, ils ont besoin de moi. C'est un peu plus compliqué qu'un simple copinage... » Mondialement ? Mondialement ? J’avais relevé les yeux, surpris d’entendre ce mot. Anja avait plusieurs agences ? Dans le monde entier ? Je le savais pas moi ! J’avais jamais pensé que cela pourrait être aussi lucratif les agences de… filles. Avec cette nouvelle, Anja ne m’avait pas aidé, au contraire, je me sentais aucune plus minable. Je comprenais un peu mieux pourquoi elle avait un escalier en marbre chez elle. Le sexe, c’était vraiment très lucratif. Je hochais la tête mécaniquement, réalisant mal que j’avais en face de moi un véritable businessman. Je ne disais pas qu’elle n’était pas une femme d’affaire, mais je ne l’avais jamais vu comme ça… Je ne connaissais pas cette facette d’elle. Elle devait vraiment être redoutable. « Un jour, faudra que tu me racontes comment t’as fais pour être parrainée par la mafia… » Son histoire n’était pas totalement claire. A dire vrai, les événements qu’elle me révélait ne faisait que m’embrouiller davantage. Comment avait-elle réussi à rencontrer les bonnes personnes pour arriver là ? Comment pouvait-elle s’épanouir dans ce milieu d’homme et obtenir un bénéfice ? Comment avait-elle fait pour ne pas se faire assassiner par un rival ? Les questions se bousculaient, mais je savais que ce n’était pas le moment pour elle de se livrer. J’étais son amant, Anja n’avait pas à se livrer. Elle n’était pas forcée de le faire même si… j’avais vraiment envie d’en savoir plus sur elle et ses faces cachées.

La main d’Anja glissa sur la table pour rencontrer la mienne. Silencieux, je la laissais faire, appréciant la douceur du geste avec un fin sourire. « Si tu ne veux pas que je m'en mêle je resterai à l'écart, même si je ne suis même pas sûre que je pourrais y changer quoi que ce soit. Quant à savoir par où tu pourrais commencer, je dirais peut-être le début ? » Commencer par le début, facile à dire. Je fis la moue et demandais dans un soupir : « J’espère que ton chauffeur en a pas trop marre d’attendre… » Nous allions en avoir pour un moment. Un long moment surtout si il fallait remonter au début. Je pris une grande inspiration avant de commencer mon monologue. Je ne savais même pas ce que j’allais dire, mais il fallait que je parle. « J’ai pas toujours incarné l’image du gendre idéal… » amorçais-je avec un sourire. « Quand j’étais plus jeune, j’étais… assez difficile. Rien du bien méchant, mais je m’entendais pas avec mon beau-père, alors j’ai fais un tas de connerie pour l’enmerder. Ca marchait super bien. » La précision ne se faisait pas sans fierté. Bien que j’ai passé l’âge, je gardais une rancœur envers cet ordure de beau-père. « A mes dix sept ans, je me suis émancipé. Je savais pas quoi faire de ma vie, mais comme on m’avait souvent répété qu’un batard comme moi n’arrivait jamais à faire quelque chose de ses dix doigts, j’ai décidé de faire le métier le plus dur qu’il existe. Le truc où plus de la moitié des gens échoue : médecine. » Ma vocation avait été de prouver à mon beau-père qu’il avait tord. Mon statut professionnel avait reposé son mon orgueil, pourtant, j’étais fier de ma réussite. Je souris doucement, nostalgique de cette époque. « Tout allait très bien pour moi. J’étais travailleur, responsable… pas tous les soirs, mais je m’en sortais bien. Sauf que financièrement c’était difficile d’enchainer le boulot et de travailler les cours. Au bout d’un moment, j’arrivais plus. Mes résultats n’étaient pas assez bons pour que j’obtienne une bourse. Il me manquait trois points… » Je me mordis les lèvres, j’en voulais encore à ces trois points qui avaient influencé mon avenir. « J’avais gardé des connaissances, l’ami d’un ami, qui connait un ami... Bref, on m’a présenté à Max. Pas de problème, il me prêtait l’argent. Je savais que ça serait pas gratuit mais si je réussissais mes études, je pourrais le rembourser facilement avec l’un de mes premiers salaires. » Anja devait pensait que j’étais naïf. Elle n’avait peut-être pas tord. « Jusque là ca allait mais… un an plus tard, mon beau-père est mort et j’ai récupéré la garde de mes deux demi-sœurs : Stacey et Clara. J’étais devenu un étranger pour elle… mais… » Je haussais les épaules, qu’est ce que j’aurais pu faire d’autres ? Dire non, je veux pas m’en occuper. C’était ma famille quand même. « Deux gamines à charge, des études prenantes, pas vraiment le temps pour m’investir dans un boulot rentable… J’ai augmenté mon prêt. Je savais déjà que j’étais coincé, mais mes sœurs n’ont jamais manqué de rien. Et puis j’allais faire le boulot que j’aimais, même si j’étais pas un fils de. » J’étais un batard. Tu vois Anja… on vient vraiment pas du même monde. Bien que j’ignorais totalement de quelle planète cette femme vivait, nous n’étions certainement pas du même univers. « Quand j’ai finis mes études, la mafia m’a pas oublié. Il voulait que je la rembourse en travaillant à leur côté. Génial ! J’étais médecin urgentiste, c’était pas une corvée de bosser pour eux. J’avais un emploi du temps chargé, des absences mais… pour l’hôpital j’avais des problèmes financiers, pour ma famille une urgence à l’hôpital. » Personne n’avait jamais rien vu. Personne ne m’avait jamais soupçonné. « Je m’attendais plutôt bien avec eux… Tant que j’étais utile, j’étais estimé et assez bien respecté. Mais… ils m’ont appelé plusieurs fois récemment et je suis pas venu. J’ai pas respecté ma partie du contrat, donc ils m’ont remis les idées en place. » Les coups c’était la leçon que je méritais. La mafia avait une pédagogie particulière. « Ils vont me tuer, non ? » demandais-je franchement à Anja. J’étais un garçon logique, je savais pour eux je représentais une fuite possible et ces mes n’étaient pas des enfants de cœur. Pour ne prendre aucun risque quand il saurait à quel point j’étais inutile, ils allaient me descendre comme un chien. Bien que cela soit un problème assez important, me sachant d’ors et déjà condamné, ce n’était pas à moi que je pensais. « Tu crois que… mes sœurs risquent quelque chose ? » La réponse était certainement oui, mais j’avais besoin de l’entendre de sa bouche. Je voulais qu’elle me dise que mon égoïsme allait les tuer, que je n’avais pas été capable de les protéger. J’avais jamais été un vrai grand frère, plutôt une ombre absente, incapable de prendre les bonnes décisions. Mécaniquement, ma main avait joué avec celle d’Anja durant mon long monologue, mais Anja allait bientôt la lâcher, non ? On tient difficilement la main d’un homme qui va crever… Après tout, Anja aurait raison, je ne valais plus rien. Je n’étais plus personne, juste les vestiges d’un passé houleux qui hantait le présent et éclipsait l’avenir.
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MessageSujet: Re: Someone that you're with ▬ Anja    Mar 9 Juil - 23:20

Comment elle avait fait pour être parrainée par la mafia ? Elle n'avait rien fait. C'était eux qui étaient venus la chercher. Parce que déjà à l'époque elle était intouchable, étant la femme de La Rage. Parce que son idée d'agence de luxe lui avait rapporté tous les gros poissons de la ville, ceux qui se pensaient trop importants pour aller aux putes et qui voyaient en ce nouveau service un compromis parfait entre leurs envies d'adultères et garder un certain prestige. Les apparences, c'était ça, qui comptait. Mais loin d'être seulement jolies, ses filles recueillaient tous les secrets sur l'oreiller et c'était elle qui les récoltait, étendant inlassablement son réseau et son influence. C'était pour bénéficier de ce pouvoir que la mafia russe était venue la trouver. Parce qu'elle était une compatriote, les russes ne se faisaient confiance qu'entre eux. Et peut-être aussi parce que, s'ils n'arrivaient pas à mettre la main sur le Fight Club, son ex-mari préférant rester neutre dans ces histoires de mafia, ils avaient dû songer qu'ils auraient peut-être plus de chance avec sa femme. Ca avait fonctionné, un peu trop bien même parce qu'elle n'en était pas ressortie indemne. Le pouvoir et l'argent avaient un prix, elle avait payé cher. Et c'était pour cela qu'elle n'était pas prête de refaire les mêmes erreurs. Elle ne se jetait plus dans de nouveaux partenariats sans envisager tous les angles et s'assurer qu'elle y gagnait toujours plus. Elle n'était pas sûre de pouvoir faire quelque chose pour Erwan, pas sûre de vouloir le faire si cela la compromettait. Mais elle ne pourrait le savoir que lorsqu'il lui aurait expliqué. Elle redoutait seulement de se rendre compte qu'il avait plus d'ennuis qu'elle ne l'imaginait, et alors elle n'était pas sûre de pouvoir rester en retrait comme elle le lui promettait. Patiente, elle attendit qu'il se décide à parler, à se livrer, évoquant son chauffeur qu'il espérait n'être pas trop impatient. Un petit sourire lui répondit comme elle secouait négativement la tête.

    « Ca fait longtemps qu'il est parti... »

C'était un peu dans leurs codes. Si elle ne réapparaissait pas au bout d'une heure, le chauffeur s'éclipsait et soit elle le rappelait, soit elle revenait en taxi. Elle n'était pas encore assez tyrannique pour imposer à ses employés de l'attendre pendant qu'elle s'envoyait en l'air, sans jamais savoir évidemment combien de temps cela prendrait ni même si elle rentrerait après. Alors non, il n'avait pas à s'inquiéter pour son chauffeur. Il pouvait faire l'égoïste, parce qu'à ce moment précis, c'était lui qui était important. Un peu hésitant, il finit néanmoins par se mettre à parler et, peu à peu, sa langue se mit à se délier. Comme il parlait, dans son esprit elle l'imaginait, d'abord adolescent rebelle qui défiait l'autorité de son beau-père. L'image la fit doucement sourire. Le sourire s'évapora néanmoins rapidement quand elle comprit qu'il n'avait probablement pas été gâté dans son enfance ni très souvent été mis en valeur. Il devait plus souvent avoir été rabaissé que glorifié. Pour prouver sa valeur, il avait voulu faire médecine. Mais ces études-là coûtent cher et c'était comme ça qu'il avait plongé dans le bassin des requins : la mafia russe l'avait aidé à financer ses études et, évidemment, pas de bonté de coeur. Elle était bien placée pour le savoir, c'était évidemment un piège pour attirer les jeunes - et moins jeunes d'ailleurs - afin de les avoir à portée de main. Parce que l'argent était toujours le nerf de guerre et si l'on en possédait, on pouvait toujours acheter la vie d'autrui. Pour ceux qui empruntaient, ça ressemblait à un crédit. Anja savait que c'était plus une signature pour un contrat à vie, une prison dans laquelle ils ne se rendaient même pas compte qu'ils se faisaient enfermés. C'était ce qui était arrivé à Erwan, d'autant plus qu'il avait eu besoin de plus d'argent encore quand il avait récupéré ses demi-sœurs. Une question troubla la brune mais elle ne l'interrompit pas : et la mère ? Le beau-père était mort mais, la mère ? Ce questionnement disparut néanmoins quand il prononça un prénom : Clara. Oh. Elle se souvenait d'une Clara évoquée à l'hôpital. Sur le moment, elle avait songé à une femme, une maîtresse ou une petite amie. C'était sa soeur. Le souvenir accrocha l'ombre d'un sourire sur ses lèvres mais elle l'effaça vite, comprenant qu'il s'était sacrifié pour le bien-être de ses sœurs. Et la reconnaissance. Lui aussi avait payé le prix fort pour un peu de gloire.

Loin de vouloir qu'il les rembourse en argent, les russes l'avaient fait bosser pour eux. Il était devenu un médecin à leurs bottes. Elle l'admettait, c'était très futé. Payer les études d'un futur docteur afin qu'il soit parfaitement formé pour l'avoir ensuite à disposition certainement pour couvrir leurs conneries ou soigner leurs hommes de main qui auraient pu être amochés sur le terrain. C'était très intelligent. Elle aurait juste préféré qu'ils l'aient fait avec un autre que lui car, typiquement, ils l'avaient transformé en esclave à durée indéterminée. Puisqu'il ne les avait pas remboursé comptant, ils pourraient toujours lui mettre sous le nez que c'était eux qui lui avaient payé ses études et qu'il était médecin grâce à eux. Et vu comme cela devait leur être utile, ils auraient bien tord de le laisser leur filer entre les doigts. C'était d'ailleurs la raison de la remise en place de la veille. Il n'avait pas répondu présent alors ils lui rappelaient qu'il leur devait toujours quelque chose et qu'il n'avait pas d'autre choix que de leur obéir. La question était : pourquoi les avait-il évité ? Est-ce que c'était parce qu'il était trop occupé à déprimer ? Parce qu'il jugeait ne pas pouvoir leur être utile pendant sa convalescence ? Parce qu'il commençait à en avoir marre d'être leur larbin ? Ou, comme elle le craignait, parce qu'il ne pourrait plus répondre à leurs exigences à cause de son bras ? Un frisson la parcourut et quelque chose en elle s'ébranla quand il lui demanda s'ils allaient le tuer.

Elle aurait voulu lui répondre que non mais elle ne pouvait pas se voiler la face. Parce que c'était exactement ce qu'elle-même aurait fait. Mais plus que le danger qu'il encourait lui-même, c'était le sort de ses sœurs qui le préoccupait. Là encore, elle aurait aimé pouvoir le rassurer mais elle ne le pouvait pas. Parce qu'évidemment, les russes s'en prendraient à ses proches s'ils n'obtenaient pas ce qu'ils voulaient. Elle songea à Aidan. Cet irlandais qu'elle avait contraint de devenir sa taupe au Fight Club, lui laissant ainsi la vie malgré le fait qu'il en sache trop sur elle. Il avait voulu fuir et qu'avait-elle fait ? Elle l'avait enfermé trois semaines et menacé de s'en prendre à ceux qu'il aimait. Ca avait marché, elle l'avait maté. Parce que c'était ça qu'elle et ceux dans son genre faisaient : ils dressaient leurs chiens à obéir sans la moindre pitié et n'avaient pas de scrupules pour ceux qui montraient les crocs. En un flash lugubre, elle imagina Erwan dans cette cave, comme elle menaçait de s'en prendre à ses sœurs s'il faisait machine arrière. L'idée la révolta. Elle refusait. Animée d'une étrange force, elle lâcha sa main et se leva. Elle contourna la table pour arriver face à lui, poussant doucement sa chaise pour qu'il pivote, lui imposant de lui faire face. Sans un mot, elle l'enjamba, s'installa à califourchon sur lui, ses bras reposant sur les épaules de son amant. Elle resta une seconde à le considérer, détaillant les bleus et blessures qui ornaient son visage avec une certaine colère. Elle refusait. Toujours sans rien dire, elle se pencha vers lui et ses lèvres attrapèrent les siennes avec une étrange résolution. Elle l'embrassa avec fougue mais pas comme si c'était le dernier non, elle ne le laisserait pas. Elle ne détacha son visage du sien que quand l'air lui manqua. Silencieuse, elle prit le temps de reprendre son souffle, passant un doigt sur sa barbe mal rasée.


    « Je sais que tu ne veux pas que je m'en mêle. Mais... Est-ce que tu me laisserais te conseiller Erwan ? Je les connais, je sais leurs modes de fonctionnement. Mieux que personne même. »

Pour preuve, elle les utilisait aussi. Au fond, elle était comme eux.

    « Je n'interviendrais pas directement, seulement pour t'orienter dans tes choix de manière à ce qu'ils n'aient pas l'opportunité de s'en prendre à tes sœurs. A ce qu'ils ne voient aucun intérêt à se débarrasser de toi, aussi. »

Parce que si elle se foutait complètement du sort qu'ils auraient pu réserver à ses demi-sœurs, ce n'était pas le cas pour ce qu'ils auraient pu lui faire, à lui.

    « Est-ce que tu me laisserais ? T'aider ? »

Et face à lui, il n'avait plus seulement l'amante, mais également l'impitoyable femme d'affaires. La mante religieuse qui n'avait fait qu'une bouchée de ceux qui se mettaient sur sa route. Le requin qui nageait parmi les autres sans s'être jamais fait mordre. La femme qui s'était imposée dans un monde d'hommes, n'ayant aucun scrupule à se servir du corps de ses congénères. Celle qui avait réussi à mettre New-York, peut-être même le monde, à ses pieds. Dans son regard, une lueur déterminée qu'il ne devait certainement pas lui connaître. Alors, s'il l'acceptait, elle le prendrait sous son immense aile noire. Là où elle cachait et abritait jalousement tous ceux à qui elle tenait, veillant à ce qu'il ne leur arrive jamais rien. Parce qu'elle refusait de le laisser aller à l'abattoir sans réagir. Elle l'aiderait à se sortir de là, à condition toutefois qu'il accepte. Ca ne tenait qu'à lui et il devait le savoir puisqu'elle le regardait le plus sérieusement du monde, sans l'ombre d'un tressaillement. Bien sûr elle aurait pu intervenir même sans son accord et dans son dos, mais elle préférait le laisser maître de son destin, ne pas trahir cette confiance nouvelle. C'était à lui de choisir.




    She'll suck you dry... But still you'll cry, to be back in her bosom. To do it again. She'll make you weep... And moan and cry, to be back in her bosom. To do it again... Saviors and saints, devils and heathens alike... She'll eat you alive.
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MessageSujet: Re: Someone that you're with ▬ Anja    Mer 10 Juil - 22:01

Anja ne pouvait imaginer à quel point je détestais cette situation. Etre aussi faible, vulnérable et l’exposer ainsi ne me ressemblait pas. D’habitude, je parvenais à prendre sur moi pour éviter qu’on soupçonne mes ennuis. Malgré quelques failles, personne n’avait percé à jour cette double identité que je n’avais pas choisie. Sauf Anja. Cette femme était un grain de sable dans mon existence, elle empêchait les rouages de faire leur œuvre et… pourtant je ne regrettais rien. Pas notre rencontre en tout cas. Même si cet instant où j’hésitais à lui raconter toute la chronologie des événements, en somme ma vie, j’aurais aimé m’en passer. Tout raconter à Anja s’avérait nécessaire. D’une, elle devait comprendre que ma colère n’était et ne serait jamais dirigée contre elle. De deux, peut-être… peut-être qu’elle pourrait m’aider. Cela dit, je n’y croyais pas vraiment. J’avais juste besoin de tout raconter à une personne extérieure, de poser oralement les choses. Cela ne m’aiderait pas à trouver une solution, mais peut-être que j’y verrais plus clair. Se confier à Anja, bien qu’elle soit importante à mes yeux étaient loin d’être évident. Depuis que j’avais appris son affiliation à la mafia, je devrais prendre en compte qu’elle faisait partie des leurs. Anja était une russe. Et même si je doutais qu’elle ait la moindre responsabilité dans mon passage à tabac je ne devais pas oublier qu’elle était avec eux. Il était probable que nous ne faisions pas partie du même camp même si je ne refusais de me rendre à cette évidence.« Ca fait longtemps qu'il est parti... » précisa Anja et j’hochais la tête songeur. Je me demandais si c’était dans ses habitudes d’abandonner son employé pour s’envoyer en l’air chez quelqu’un. Pour que son chauffeur sache qu’il doit s’éclipser au bout d’un certain temps, c’était qu’ils avaient convenus d’un accord. Peut-être qu’elle en avait discuté juste avant de monter chez moi, à moins que cela ne soit vraiment une question d’habitude. Autrement dis, je n’étais certainement pas le premier mec pour lequel Anja laissait en plan son chauffeur. Je ne serais certainement pas le dernier non plus… Si je hochais la tête, j’étais loin d’approuver sa conduite. Anja ne me devait rien et la réciproque était vraie. Cela dit, je détestais quand elle faisait ça. Quand elle sous-entendait plus ou moins clairement qu’elle avait une vie des plus épanouies et qu’elle ne rendait de compte à personne. Cette pseudo transparence m’agaçait, elle mettait le doute, alimentait le flou relationnel dans lequel nous évoluions. Là aussi, c’était une règle de jeu imposée et non approuvée.

Avec une lenteur qui trahissait de sérieuses difficultés à se confier et à faire confiance à quelqu’un d’autre que moi, je finis par raconter à Anja certains fragments de ma vie. Sciemment, j’avais passé sous silence certaines parties comme la mort de ma mère qui m’avait permis de quitter le domicile familial et par conséquent d’abandonner ma famille. Mon discours faisait suffisamment de moi un égoïste, inutile d’en rajouter. L’opinion d’Anja comptait un peu trop à mes yeux pour que je lui raconte tout… absolument tout. La jolie russe devait déjà savoir combien j’étais un minable petit bâtard raté aux ambitions déchues. Je n’avais pas non plus évoquer la fin de ma carrière de médecin. Bien sure que non, comment j’aurais pu le lui avouer en sachant que c’était certainement l’image du docteur qui l’avait séduite. Anja ne serait pas venue à l’hôpital pour soigner son fils, je n’aurais eu aucune chance avec une femme comme elle. Durant tout mon discours, j’avais observé Anja, craignant ses réactions. Résolu à accepter l’inévitable, je relevais les yeux vers la russe pour conclure ce monologue. La mafia russe allait me tuer, je le savais. Par moment, j’avais du mal à y croire, mais la majorité du temps, j’étais lucide sur mon avenir : celui-ci était plus que limité. Je comprenais les règles du jeu, j’avais joué et j’avais perdu. Impossible de rejouer la partie. Game Over. C’était le désir égoïste d’un condamné, celui d’entendre un tiers lui confier qu’il n’y avait plus d’espoir, que c’était perdu d’avance. Qu’il n’y avait même plus à lutter. Avec le temps, j’étais parvenu à me faire à l’idée. Seulement, j’avais naïvement pensé qu’Anja me dirait que mes sœurs ne risquaient plus rien. C’était moi et uniquement moi qui avait conclus ce pacte avec les russes, alors j’étais le seul qui devrait en payer les conséquences, non ? Cela ne marchait pas comme ça, toute action entrainait des conséquences. L’effet domino d’accord, mais pas mes sœurs. Je les avais suffisamment déçues comme ça. J’acceptais d’être hais, mais je refusais d’être responsable de leur mort. C’était un prix bien trop cher à payer pour mes erreurs.

Brutalement, Anja lâcha ma main et quitta sa chaise. Je fronçais les sourcils, songeant qu’elle allait certainement franchir le seuil de cet appartement et ne plus jamais revenir. A sa place, je ne resterais pas au chevet d’un mourant. Soyons lucide, je ne présentais qu’un intérêt limité à ses yeux. Anja avait une affiliation certaine avec la mafia russe, elle était « parrainée » et même si l’affaire n’était pas très claire, je doutais qu’elle soit totalement libre de ses mouvements. Il était hors de question qu’Anja se mettre en porte à feu et se découvre de nouveaux ennemis à cause de moi. La jeune russe avait peut-être l’impression de régner dans un monde d’homme, mais il suffirait d’une balle entre les deux yeux pour que la reine quitte son trône. Qu’est ce qui les empêchait de le faire ? Personne n’était irremplaçable. Rapidement, je m’aperçu qu’Anja ne partait pas. Je l’aidais à pousser ma chaise pour m’écarter de la table et lui faire face. Mon regard était interrogateur et je songeais qu’elle allait me traiter d’imbécile et me gifler, ivre de colère en réalisant que j’avais fais un pacte avec le diable. Les scénarios se bousculaient à une vitesse folle dans mon esprit embrumé. Une fois encore, j’avais tout faux. Anja était à dix mille lieux de me gifler, ses cuisses se calèrent contre les miennes et la jeune femme s’installa sur moi. Instinctivement, mes mains glissèrent dans la courbe de ses reins pour réduite à néant la faible distance installée entre nous. Ses lèvres attrapèrent les miennes avec une fougue que je ne pouvais qu’apprécier. Ma main souleva légèrement mon tee-shirt (celui qu’elle m’avait emprunté) et glissa contre ses hanches, appréciant la taille fine de la jeune femme. Elle me rendait dingue. Jamais, je n’avais connu une attraction pareille. C’était passionnel. Incontrôlable. Enivrant. Avec elle tout s’effaçait et seul un désir brûlant existait.

A bout de souffle, ce baiser dura jusqu’à la dernière seconde. J’aurais voulu que ce baiser ne se termine jamais quitte à mourir asphyxié. Avide de renouveler l’expérience, je me redressais et inclinais légèrement la tête pour chercher à nouveau ses lèvres, prêt à les mordre avec douceur. Je la dévorais des yeux, crevant d’envie pour elle. Elle savait si bien chasser mes pensées... La tête vide, le cœur palpitant, je tentais de me rapprocher sans subtilité mais Anja me coupa violement dans mon élan. « Je sais que tu ne veux pas que je m'en mêle. Mais... Est-ce que tu me laisserais te conseiller Erwan ? Je les connais, je sais leurs modes de fonctionnement. Mieux que personne même. » Il a une seconde à peine, on était… si… proche. Finalement, la gifle que m’avait mise Anja était mentale. J’avais imaginé qu’elle avait décroché de cette histoire macabre, tout comme je l’avais fais. J’avais encore tout faux. Anja avait refermé avec brutalité cette parenthèse dans laquelle je souhaitais me glisser. Je me mordis les lèvres, vexé par ce changement d’attitude. Je secouais doucement la tête, je n’avais aucune envie qu’Anja s’en mêle. Je lui avais dis, à plusieurs reprise même. Le regard fermé, Anja continua à insister. « Je n'interviendrais pas directement, seulement pour t'orienter dans tes choix de manière à ce qu'ils n'aient pas l'opportunité de s'en prendre à tes sœurs. A ce qu'ils ne voient aucun intérêt à se débarrasser de toi, aussi. » Non. Non. Et non. Anja essayait la corde sensible, mes sœurs. Mon regard dériva vers le sol. La mâchoire fermée, je refusais d’avoir cette conversation avec elle. « Est-ce que tu me laisserais ? T'aider ? » Je secouais la tête durant de longues secondes, incapable de prononcer un mot. Je lui avais demandé de pas le faire et elle le faisait quand même. Anja n’avait rien écouté. Je tapotais gentiment sa cuisse pour qu’Anja comprenne que je souhaitais me lever. Froidement, je lui rappelais : « Je t’avais demandé de pas faire ça. » Anja était sensée écouter faire quelques commentaires et c’est tout.

Enervé, je commençais à faire les cent pas dans le salon, abandonnant mon café et Anja par la même occasion. « Je veux pas que tu t’en mêles. En fait, je t’interdis de t’en mêler. » affirmais-je avec autorité. Je détestais parler comme ça, surtout à Anja. Je la connaissais assez pour savoir qu’elle ne supporterait pas ça. A nouveau c’était pas un choix, mais une nécessité. « Je viens de te dire que c’était foutu pour moi. C’est pas une vision pessimiste de la situation, c’est un fait. Tu veux quoi Anja, récolter des enmerdes ? Te découvrir de nouveaux ennemis ? » S’impliquer dans cet affaire cela voulait dire prendre un risque, et à mes yeux il était trop important pour qu’Anja m’apporte son aide. Je soupirais et m’avançais vers elle. En fait, je n’étais énervé mais inquiet. Je posais l’une de mes mains sur ses hanches et l’autre sur sa joue. « Je m’inquiète pour mes sœurs, pour moi… je ne veux pas m’inquiéter aussi pour toi. J’estimais avoir fais suffisamment de dégâts comme ça.» Je caressais doucement sa joue, sincère avec elle. Ce n’était pas que je ne voulais pas de son aide, mais j’estimais que cela n’en valait pas la peine. « Soyons pragmatique, ça t’apporterait quoi ? » Pourquoi Anja ferait ça pour moi ? Au mieux, elle le fait parce qu’elle a un petit béguin pour moi et dans ce cas cela ne suffira pas pour me sortir d’affaire. Au contraire, cela rendrait la fin beaucoup plus pénible. Au pire, Anja souhaitait obtenir quelque chose de moi …. qu’elle n’obtiendrait probablement pas. Lucide était devenu mon second prénom, je valais plus rien. Je me mordis les lèvres et fuyais son regard. J’en valais vraiment pas la peine songeais-je en silence.
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MessageSujet: Re: Someone that you're with ▬ Anja    Jeu 11 Juil - 23:18

A voir l'expression sur son visage, Anja comprit qu'il allait refuser. Sa mâchoire serrée, son regard fuyant n'auguraient pas de bonnes nouvelles. Il ne comptait pas la laisser l'aider et intérieurement, elle se sentit déçue. Sans chercher à batailler, elle se redressa quand il le lui demanda d'un geste. S'écarta pour le laisser se lever à son tour. Elle ne chercha pas à le retenir pas plus qu'elle ne tenta de lui barrer la route. Elle le laissa aller sans s'interposer, appuyant légèrement ses fesses sur la table sans un mot. Le suivant des yeux, la brune croisa ses bras en attendant de voir ce qu'il allait bien pouvoir lui sortir comme excuses pour l'écarter encore. Le ton de sa voix lui parut plus rustre qu'elle ne l'avait pensé et elle se sentit vexée, idiote de lui avoir tendu la main si c'était pour qu'il la rejette aussi facilement, simplement parce qu'il "lui avait demandé de ne pas le faire". Sans broncher, elle encaissa, ses sourcils se fronçant néanmoins légèrement tandis qu'elle ne le lâchait pas des yeux comme il se mettait à tourner en rond. Il renouvela son désir qu'elle reste à l'écart mais sa phrase suivante la laissant bouche-bée, son sourcil droit s'arquant légèrement. Pardon ? Il lui interdisait ? Il lui interdisait, à elle, de s'en mêler ? Une nouvelle bouffée de colère pas encore tout à fait calmée de leur altercation précédente grimpa et elle le fusilla du regard. Il se prenait pour qui, au juste ? Il n'avait rien à lui interdire du tout. Rien que pour ça, son esprit de contradiction pourrait être capable d'aller trouver demain la mafia pour y mettre son grain de sel. Ne savait-il pas encore que le meilleur moyen de la pousser à faire quelque chose était de tenter de l'en empêcher ? Alors peu importait qu'elle ait voulu lui laisser le choix et le respecter, s'il lui "interdisait", elle se ferait une joie de se dés-interdire elle-même.

Encore choquée qu'il ait le culot de lui parler ainsi, Anja rongea néanmoins son frein, préférant le laisser aller jusqu'au bout de ses explications avant de lui rentrer dedans et de le remettre à sa place. Le regard sombre, elle fulmina silencieusement pendant qu'il martelait que ça ne servait à rien puisque, de toute manière, les russes allaient le tuer. Il en était à ce point persuadé qu'il pensait que c'était inutile qu'elle tente de l'aider. Pire même, il pensait qu'elle s'attirerait des ennuis en le faisant. Décidément il ne la connaissait vraiment pas bien. Parce que ce qu'elle lui proposait, c'était exactement ce qu'elle faisait tous les jours, à son agence. Agir dans l'ombre, récupérer les informations pour les utiliser au mieux, intervenir sans qu'on ne sache jamais qu'elle serait derrière, les complots, les manigances, c'était son quotidien tout cela. Il ne devait pas le savoir mais c'était tellement évident pour elle que ça l'agaçait qu'il puisse envisager que cela lui retomberait dessus. La pensait-il si dénuée de subtilité ? Si c'était le cas, elle ne serait jamais arrivée là où elle en était aujourd'hui. Le regard sévère, les sourcils légèrement froncés, elle resta les bras croisés en serrant les dents. Non, elle ne cherchait pas les ennuis. Et non, elle ne se ferait pas de nouveaux ennemis. Pensait-il qu'elle se serait proposée s'il y avait un risque ? Elle n'était pas encore complètement idiote. Comme si la discussion le décourageait, le fatiguait, il soupira et revint vers elle. Avait-il enfin retrouvé la raison et comprit qu'il ne pourrait rien lui interdire du tout ? Elle ne savait pas mais, les yeux encore un peu froids, elle ne le repoussa pourtant pas, gardant cependant les bras croisés sous sa poitrine comme preuve de son mécontentement.

Alors, elle comprit. Comme il expliquait qu'il ne voulait pas s'inquiéter pour elle en plus de ses sœurs et de lui-même, elle comprit pourquoi il refusait son aide. Et une fois de plus, elle eut envie de le qualifier de crétin mais le mot ne franchit pas ses lèvres. Comme à l'hôtel, il était prêt à se sacrifier pour lui éviter les ennuis. Mais comme à l'hôtel, il ne se rendait pas compte que le sacrifice était inutile parce qu'elle ne risquait strictement rien. Au contraire même. S'il la laissait consciemment l'aider, elle aurait toutes les cartes en main pour pouvoir anticiper les mouvements et ne pas se mettre en danger ni l'incriminer plus aux yeux de la mafia. Mais en la forçant à agir de son côté, il réduirait ses marges de manœuvre et c'était là que ça deviendrait dangereux. Elle aurait dû être encore énervée mais de ses remontrances, elle ne retenait que le fait qu'il ne voulait pas la voir se mettre dans une position indélicate. Sa dernière question la laissa cependant perplexe. Ca lui apporterait quoi ? Pourquoi, qu'est-ce que ça pourrait lui rapporter ? Il pensait qu'elle voulait se servir de lui peut-être ? Mais son regard fuyant l'informa qu'il s'agissait d'autre chose. La question n'était pas de savoir ce que ça pourrait lui rapporter mais pourquoi elle le ferait si justement elle n'y gagnait rien. Parce que lui ne voyait pas de raison suffisante mais la raison se trouvait juste sous ses yeux. Ce fut à son tour de soupirer doucement et de secouer la tête, murmurant quelques mots avec complicité tandis qu'elle décroisait les bras.


    « Je t'ai déjà dit que t'étais un crétin ? »

Elle eut un petit rire, rassurant, tandis qu'elle se penchait légèrement pour réussir à capter son regard. S'il pensait qu'il pourrait lui échapper...

    « Tu recommences Erwan. Tu me repousses. »

Le sérieux était revenu sur ses traits tandis qu'elle énonçait l'évidence.

    « Qu'est-ce que ça m'apporterait ? A moi, rien. A toi, de rester en vie, et peut-être même d'épargner tes sœurs. Mais je vais te dire le problème, c'est que tu te vois déjà mort. Alors tu te dis, puisque c'est déjà joué, à quoi ça servirait ? Mais moi, tant que je verrais pas ton nom sur une tombe, je considèrerais que t'es vivant. Et que ça vaut la peine d'essayer. Sauf si tu veux vraiment en finir, dans ce cas dis-le et on y remédie maintenant... »

Elle eut un petit sourire mutin, le regardant presque avec provocation tandis qu'elle haussait vaguement les épaules. Reprenant aussitôt son sérieux, elle l'amena jusqu'à elle en tirant doucement sur le bord de son jean sans lui laisser le temps de protester.

    « Mais je pense pas, sinon tu m'aurais pas dit tout ça. Je pense que si tu m'as expliqué toutes ces choses c'est que, peut-être inconsciemment, tu espères que je vais pouvoir changer la donne. Parce que je les connais et que je suis avec eux, tu l'as vu hier. Je le répète, j'interviendrai pas directement, sauf si t'essayes encore de me l'interdire. Mais je pense que ce serait dommage de pas profiter de cette chance. Si pour une fois le fait que je trempe dans des affaires louches peut servir à quelque chose... Alors je te le demande encore une fois : est-ce que tu me laisserais t'aider ? Tout ce que j'y gagne moi, c'est que tu restes en vie. »

Les yeux fixés droit dans les siens, elle ne le lâcha pas pour qu'il comprenne qu'elle était bien sérieuse, qu'elle ne plaisantait pas et qu'elle ne se fichait pas de lui non plus. Pour illustrer cette sincérité désintéressée, elle ne chercha d'ailleurs pas à se rapprocher plus, restant sagement là où elle se trouvait, encore appuyée sur la table derrière elle, les mains posées de chaque côté de ses hanches. Sûre d'elle, elle essayait de lui montrer à quel point elle était confiante et qu'elle ne risquait vraiment rien. Elle venait de lui renvoyer la balle et c'était à lui de la saisir, à condition bien sûr qu'il soit prêt à accepter qu'il méritait encore d'avoir une place quelque part, peu importait son bras, peu importaient ses erreurs passées. Il lui suffisait juste de croire un peu en lui, et en ses capacités à elle.




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MessageSujet: Re: Someone that you're with ▬ Anja    Ven 12 Juil - 22:21

La réaction d’Anja était prévisible. A partir du moment où j’avais décidé de lui « interdire » quelque chose, la russe m’avait jeté ce regard noir qui avait pour but de me rappeler à l’ordre. Bien trop occupé à ruminer mes problèmes, j’ignorais royalement l’avertissement. Quand bien même, j’aurais apporté à ce regard toute l’attention qu’Anja désirait, je ne serais pas revenu en arrière pour autant. Je ne regrettais aucune de mes paroles, chacune trahissait l’angoisse qui m’habitait et cette préoccupation permanente que j’avais à l’égard de mes proches. Malgré elle, Anja faisait partie de ces rares personnes qui comptaient pour moi. Peut-être qu’elle n’avait pas choisi, probable qu’elle n’ait pas voulu ce qui était arrivé entre nous, mais c’était trop tard pour revenir en arrière. Il y avait ce truc entre nous et si nous ne souhaitions pas lui donner de nom ou en discuter, il était difficile de nier l’évidence. Ce feeling indescriptible était présent et inutile de lutter contre lui, il reviendrait toujours. De toute façon qui voudrait se battre contre Anja ? Certainement pas moi, mais quand sa sécurité risquait d’être menacée à cause de mes conneries… je ne pouvais pas rester calme. L’idée qu’il arrive quelque chose à mes proches, qui plus est par ma faute, me mettait hors de moi. Je ne pouvais pas ne pas réagir. Anja devait comprendre qu’il y avait de lourdes limites à son pouvoir. Sous ses airs autoritaires, elle devait bien comprendre qu’elle ne pouvait pas tout gérer. Certes, elle gérait bien plus de chose que moi… mais quand même. Comment Anja pouvait se permettre de prendre des risques pour moi ? La mafia russe ne lui ferait pas de cadeau si elle tentait de s’interposer, surtout qu’Anja se croyait invulnérable mais elle ne l’était pas. Pas à mes yeux. Anja avait un enfant en bas âge à sa charge, un gamin qui n’avait rien demandé. Sevastyan pourrait être un éventuel dommage collatéral exactement comme mes sœurs. Cela serait injuste, mais si la Mafia voulait faire plier quelqu’un il saurait très bien comme s’y prendre. J’ignorais comme Anja faisait pour être aussi sure d’elle. A l’entendre, elle régnait sur son univers, mais un jour, le plus lointain possible, son règne s’achèverait dans la douleur. Anja ne pourrait jamais ressortir indemne de son parrainage avec la mafia, pour moi c’était une certitude. Tout n’était qu’une question de temps avant que tout ne s’effondre. Pourquoi accélérer le processus en tentant de sauver ce qui ne pouvait pas l’être ?

Par chance, Anja me laissait poursuivre sans m’interrompre. Une nouvelle preuve de sa patience infinie envers moi. La connaissant cela devait être pourtant tentant de mettre de côté mes états d’âmes pour me rentrer dans le lard. Pourtant, elle renonça à cette confrontation de front avant même d’essayer. Cela ne l’empêchait de fulminer en silence. Je la comprenais mais je refusais de lui accorder du crédit. Ma colère surpassait aisément la sienne, mais Anja n’était pas la cible. Si j’étais en colère, c’était uniquement contre moi-même. Je m’en voulais d’avoir fais ce pacte avec le diable et à présent je regrettais de m’être livré à Anja. J’en avais parlé à quelqu’un, j’avais faillis… Désormais, elle était impliquée dans mes affaires. Décidemment, j’étais incapable de tenir mes promesses. Désemparé, je me rapprochais d’Anja. L’idée qu’elle me repousse ne m’effleura même pas. Anja ne pouvait pas me faire ça… ou alors elle n’avait rien compris, rien écouté. Ses bras croisés sur sa poitrine indiquaient qu’elle boudait. Anja m’en voulait pour l’ « interdiction ». Elle avait raison sur le principe. Je n’étais rien pour elle, pas vraiment un amant, encore moins un ami. Je n’étais personne pour lui dicter sa conduite. Pour ma défense, c’était plus fort que moi. Parfois, il valait savoir s’imposer. Après tout, j’avais raison aussi, Anja n’avait pas de rôle officiel dans ma vie. Qui était-elle pour juger de ce qui était bon pour moi ? De quel droit m’imposerait-elle ces décisions alors que cela ne la concernait même pas ? Anja n’était pas concernée donc elle n’avait pas à s’en mêler. C’était logique. Cependant, nos vies, nos envies, nos sentiments, notre feeling, refusait d’obéir à ce raisonnement orthodoxe. L’être humain aimait suivre un chemin chaotique. Si la majorité de l’espèce humaine suivait ma route alors nous n’avons rien à craindre du réchauffement climatique. Nous étions nos propres ennemis. Après tout, j’avais moi-même commandité ma propre destruction, involontaire certes, mais cela ne changeait rien aux faits.

L’aide d’Anja ne m’apporterait rien, au mieux un sursit… mais qu’est ce que j’en ferais ? Anja ne pouvait pas le deviner (quoique…) mais je n’avais plus envie de me battre. Tout le monde m’avait tourné le dos. Ma vie avait perdu de son intérêt. Pour être honnête, elle se résumait à un grand vide. Plus de Lennox. Aucune possibilité d’exercer mon métier. Pas l’ombre d’un espoir pour la reprise de ma carrière. C’était foutu. Tout était foutu. Alors non seulement, je souhaitais préserver Anja, mais je désirais aussi ne pas lui donner de faux-espoir sur mon avenir. Il était incertain, suspendu dans le vide depuis que j’avais perdu l’envie de me battre. Mon orgueil m’empêchait juste de le reconnaitre à haute voix. Qui plus est, je n’avais pas envie d’être un pion sur l’échiquier d’Anja. Qui me disait qu’elle n’allait pas me manipuler comme un vulgaire gigolo ? Notre relation était particulière, difficile à définir et encore plus compliquée à anticiper. Avec Anja, je ne savais pas à quoi m’en tenir. Elle brouillait les cartes et je doutais qu’elle le faisait exprès… c’était vraiment à rien n’y comprendre entre nous. Finalement, Anja quitta rapidement sa mine boudeuse. Elle décroisa les bras et ironisa, complice : « Je t'ai déjà dit que t'étais un crétin ? » Je fis la moue et haussais les épaules. Je n’avais pas le cœur à rire et pour l’occasion je n’étais pas vraiment flatté de me faire traiter de crétin. Son rire ne me rassura qu’à moitié et je n’osais même pas la regarder. Lentement, Anja parvient à capter mon regard et à m’arracher un fin sourire. « Tu recommences Erwan. Tu me repousses. » C’était pas vrai. Je fronçais les sourcils et secouais doucement la tête, marquant ainsi mon désaccord. Peut-être qu’elle avait raison, mais ce n’était pas le but premier. Tout ce que je voulais, c’était la protéger, limiter les dégâts. Chez moi, c’était vraiment devenu une obsession. Quand je repensais au mal que j’avais fais à mes sœurs je ne voulais pas infliger la même chose à Anja.

Silencieux, le regard baissé, Anja poursuivit. « Qu'est-ce que ça m'apporterait ? A moi, rien. A toi, de rester en vie, et peut-être même d'épargner tes sœurs. Mais je vais te dire le problème, c'est que tu te vois déjà mort. Alors tu te dis, puisque c'est déjà joué, à quoi ça servirait ? Mais moi, tant que je verrais pas ton nom sur une tombe, je considèrerais que t'es vivant. Et que ça vaut la peine d'essayer. Sauf si tu veux vraiment en finir, dans ce cas dis-le et on y remédie maintenant... » Rien ? C’était un rien énigmatique qu’Anja défendait. Quand elle parla du problème, je relevais les yeux, piqué au vif. Elle marquait (encore) un point, mais je ne le reconnaitrais jamais. Anja ne pouvait pas comprendre, elle était au sommet de sa gloire alors que la mienne était terminée. Anja ne savait pas ce que c’était de se lever toujours les jours sans avoir le moindre but. Anja n’avait aucune idée de ce que c’était de tout perdre et de ne plus rien avoir à gagner. Sans répondre à son sourire, je haïssais les épaules, feignant de trouver l’idée absurde. Je doutais sérieusement qu’Anja puisse me mettre une balle dans le cœur même si je le lui demandais gentiment. Fidèle à elle-même, Anja tira sur la ceinture de mon jean pour que je me rapproche. L’idée de protester était absurde et je souris doucement, séduis par son sens de l’initiative. « Mais je pense pas, sinon tu m'aurais pas dit tout ça. Je pense que si tu m'as expliqué toutes ces choses c'est que, peut-être inconsciemment, tu espères que je vais pouvoir changer la donne. Parce que je les connais et que je suis avec eux, tu l'as vu hier. Je le répète, j'interviendrais pas directement, sauf si t'essayes encore de me l'interdire. Mais je pense que ce serait dommage de pas profiter de cette chance. Si pour une fois le fait que je trempe dans des affaires louches peut servir à quelque chose... Alors je te le demande encore une fois : est-ce que tu me laisserais t'aider ? Tout ce que j'y gagne moi, c'est que tu restes en vie. » Franchement, je n’y croyais pas beaucoup. Je haussais les épaules et soupirais, comprenant qu’elle allait gagner. Anja gagnait à tous les coups. Ma main caressa doucement sa joue, dessinant distraitement les traits de son visage. « Tu sais vraiment pas ce que ca veut dire non ? » demandais-je doucement. Je n’avais aucune envie de me battre contre Anja. Je la laissais gagner le combat sans vraiment lutter. Mes bras s’appuyèrent sur ses épaules, profitant de l’étreinte pour la dominer d’une petite tête. Je soupirais en caressant sa chevelure brune. « D’accord. » lâchais-je dans un souffle. J’allais probablement regretter cette décision, d’ailleurs je n’étais pas spécialement emballé. « De toute façon, t’es tellement bornée… » lui rappelais-je avec un faible sourire. J’étais résolu et pas pleinement satisfait. Comme toujours, j’avais tendance à vouloir poser des limites. « Pas d’intervention directe. Aucune prise de risque pour toi, Sevastyan ou pour ton buisness. » tentais-je avec un semblant d’autorité. En échange, je collaborais, c’était pour moi, je pouvais faire des efforts. Adoucis, je me collais contre Anja et chuchota contre son oreille. « Merci. » Mon visage se colla contre le sien à la recherche d’un rapprochement alors que nous nous étions jamais éloignés. Je posais mon index sur ses lèvres, j’avais aucune une dernière précision à apporter : « Par contre, qu’on soit clair. Je ne vais pas coucher avec toi pour te remercier à la limite je vais t’offrir des tagadas… mais si je couche avec toi, c’est seulement parce que j’en ai envie. Très envie. » Mon sourire s’agrandit. C’était ça que je préférais entre nous. Cet humour pitoyable qui arrivait à dessiner un fin sourire sur ses lèvres. Je savais que j’étais pas drôle, en revanche, j’avais conscience d’avoir quelques atouts physiques contre lesquels Anja ne pouvait pas lutter. Oubliant totalement les éléments que j’omettais de dévoiler à Anja, je me penchais vers elle pour céder à l’appel de ses lèvres.
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MessageSujet: Re: Someone that you're with ▬ Anja    Jeu 18 Juil - 16:12

Les paupières grandes ouvertes, un sourire presque serein sur les lèvres, la brune venait d'exposer ses arguments et de jouer ses cartes. Elle avait posé son jeu, à présent elle attendait de voir si ça prendrait. Ferait-elle mouche ? Est-ce que ce serait suffisant pour le convaincre que ça en valait la peine, qu'elle aimerait vraiment qu'il la laisse l'aider ? Car elle ne proposait pas à la légère. Définitivement pas. Encore une fois, elle n'était pas du genre bonne samaritaine, les soucis des autres lui importaient peu et ne l'atteignaient pas, elle avait suffisamment d'emmerdes comme ça. Pourquoi lui tendre la main alors ? Parce qu'Erwan ne faisait plus vraiment partie des "autres". Il était parvenu à s'extirper de ce troupeau informe auquel Anja ne daignait même pas accorder un regard. Il s'était hissé, à force de présence, de compatibilité physique, d'efforts - beaucoup d'efforts -, de complicité... Si bien que sans qu'elle l'ait vraiment vu arriver, il avait réussi à se faire une place dans son cercle intime pourtant si fermé. Alors maintenant qu'il y était, il méritait de profiter des avantages que cela pouvait offrir. Cela incluait sa protection et le fait qu'elle refusait de le laisser s'embourber dans le pétrin sans réagir alors qu'elle en avait le pouvoir. Si elle le pouvait, elle le sortirait de là, mais elle préférait qu'il lui donne son accord plutôt que d'agir dans son dos. Accrochée à ses yeux, à l'expression de son visage, elle patientait, attentive au moindre indice qui pourrait lui indiquer de quel côté penchait la balance. Alors, quand il lui demandait si elle ne connaissait vraiment pas le mot "non", elle sut qu'il acceptait.

Elle eut un petit sourire, mutine. Il visait juste, elle ne savait pas ce que ça voulait dire et n'en faisait toujours qu'à sa tête, peu importaient les dangers ou les conséquences. Oh elle réfléchissait tout de même avant la plupart du temps, mais une fois qu'elle s'était mis quelque chose en tête, il était impossible de l'en faire démordre. Elle fut un peu plus convaincue encore quand il entoura ses épaules, elle-même glissant ses bras autour de sa taille, et acheva d'être rassurée quand enfin il abdiqua et accepta. D'accord, il était d'accord. Et elle était à ce point sûre d'elle pour penser que dès lors, il était sorti d'affaires et que ça irait mieux. Il n'avait plus d'inquiétudes à avoir maintenant, elle l'aiderait à se tirer de là. Sans intervenir directement et sans prendre le moindre risque. Si c'était ses conditions, elle ne protestait pas, elle n'était de toute manière pas encore suicidaire. Bornée oui, idiote non. Un petit sourire pointa sur ses lèvres quand il murmura un mot au creux de son oreille. Un mot, rien qu'un petit mot. Merci. Sans rien ajouter elle déposa un baiser au creux de sa mâchoire, rassurante. La quiétude s'envola néanmoins quand il reprit la parole et un petit rire jaillit de ses lèvres. Ça revenait, cette complicité contre laquelle ils ne pouvaient pas lutter. Le désir aussi, indomptable, immanquable. Elle releva vers lui des yeux coquins, se mordillant doucement la lèvre comme elle acquiesçait d'une mouvement du visage, lui assurant qu'elle avait compris qu'il ne coucherait pas avec elle pour la remercier mais seulement parce qu'il en avait envie. Très envie. Ça tombait bien, elle aussi.

Sans se faire prier, ses lèvres attrapèrent rapidement les siennes, quémandeuses. L'une de ses mains resta sur son jean, s'attardant dans le creux de son bassin tandis que l'autre remontait jusqu'à sa nuque, la contournait pour finalement trouver sa mâchoire. Il y avait ces petits fourmillements là, dans le bas de son ventre, qui remontaient tout le long de sa colonne vertébrale et la chatouillaient de partout. C'était physique. Chimique. Le cran ne tarda pas à monter quand elle se suréleva pour s'asseoir sur la table, sans savoir s'il s'était de lui même rapproché entre ses jambes ou s'il l'avait fait sous l'impulsion de sa main toujours égarée contre ses reins. Elle déboutonnait déjà son jean quand il lui ôta le t-shirt informe qu'elle portait. Le reste de leurs vêtements ne survécut pas plus longtemps, il était néanmoins aisé de suivre leur parcours jusqu'à la chambre comme les habits étaient disséminés mieux que n'aurait pu le faire le Petit Poucet. Après un dernier gémissement, Erwan au plus près d'elle, au plus creux d'elle, elle laissa retomber sa tête contre l'oreiller. Les joues rosies, le cœur battant. Ses jambes autour de sa taille et ses bras entourant ses épaules elle refusait néanmoins de le laisser s'écarter. Lui-même ne semblait pas si pressé de lui échapper, ses lèvres déposant quelques baisers contre son cou. Ils restèrent quelques secondes ainsi, probablement le temps que leurs muscles ne se délassent et qu'ils reprennent leur souffle. Elle eut subitement un petit rictus, explicitant ses pensées par des paroles.


    « Je veux bien que tu ne me remercies pas beaucoup plus souvent... »

Son rire répondit au sien comme un écho. Après encore une seconde immobiles et silencieux, ses doigts vinrent chercher les siens. Entrelacés ils jouèrent, se déplaçant, se caressant, se frôlant. Venu de nul part, il la complimenta sur ses mains qu'il qualifia "de fées", lui demandant si elle serait aussi douée pour un massage. Un sourire fendit ses lèvres. Parce qu'il n'était pas très subtil pour réclamer. Elle regarda un instant son torse, couvert de bleus, ses lèvres encore un peu tuméfiées, son visage un peu abîmé et jugea qu'il l'avait bien mérité, plus encore après l'effort qu'il venait d'accomplir. Sans chercher plus loin elle lui demanda s'il avait des huiles ou autre. Dans la salle de bain, peut-être, il croyait. Un peu à regrets, elle se sépara de lui et se releva, fila jusqu'à la salle de bain pour en revenir quelques minutes plus tard avec ce qu'il fallait. Il était déjà allongé sur le ventre et les sourcils de la russe se soulevèrent légèrement, taquine comme elle voyait qu'il ne perdait pas le nord. Féline elle s'installa sur lui, assise sur ses fesses. Les mains badigeonnées d'huile essentielle, elle débuta le massage. Ses mains glissèrent sur sa peau, ses paumes appuyèrent doucement sur ses muscles, ses doigts se mirent à l'oeuvre pour dénouer ses épaules. L'atmosphère s'emplit rapidement de l'odeur suave de l'huile. S'appliquant elle restait silencieuse, les yeux rivés sur son dos qu'elle cajolait mais ce fut lui qui prit la parole.

    « Dis... si je te demandais comment tu as commencé avec la mafia... tu me le dirais ? »

Ses gestes se suspendirent, tout son corps s'immobilisa, son souffle fut retint, son regard perdu... Ça ne dura qu'une seconde. Le temps qu'il lui fallut pour consentir et conclure qu'elle ne craignait rien à se dévoiler, rien qu'un peu. Reprenant la danse de ses mains, sa langue se délia, encouragée par l'ambiance feutrée qui régnait dans la chambre.

    « Je n'ai pas commencé, c'est eux qui l'ont fait. Ils sont venus me trouver. Parce que après seulement quelques mois d'existence, mon agence accueillait parmi ses clients tous les hommes d'affaires, tous les gros poissons de la ville et d'ailleurs. Et qu'en les ayant comme clients, je commençais à savoir des choses. Beaucoup de choses. Sur tout le monde. C'est ce qu'on appelle le pouvoir, j'imagine. Détenir des informations qui pourraient s'avérer compromettantes placées entre les mauvaises mains, savoir des secrets, être dans la confidence... C'est ce pouvoir que les russes ont voulu, je suppose. Ça faisait des années qu'ils essayaient de mettre la main sur le Fight Club, mais mon ex-mari ne voulait pas s'impliquer dans toutes ces histoires de mafia. Pas prendre de parti. Moi je l'ai fait. Que je sois russe a beaucoup aidé, nous avons une mentalité très... patriotique. Ils sont venus me trouver et m'ont proposé de m'aider à m'implanter dans d'autres pays. J'ai accepté, je gardais quand même une certaine indépendance. Et ça fait trois ans et demie que ça tourne comme ça. »

Ça sortait tout seul. Comme toujours elle n'en disait évidemment pas trop, loin de tout expliquer, tout raconter. Mais ça sortait tout seul et ce n'était pas la première fois qu'elle avait cette impression avec Erwan. Elle en vint néanmoins à se demander pourquoi il lui posait la question. Voulait-il s'assurer qu'elle était effectivement en mesure de l'aider et de le conseiller ? Qu'il se rassure, elle l'était. Elle en revanche avait besoin d'en savoir un peu plus pour le faire convenablement. Sans tabou, ne stoppant pas le manège de ses doigts sur toute la longueur de son dos, elle le questionna.

    « Pourquoi tu n'as pas répondu à leurs appels ? C'est parce que ton bras n'est pas totalement remis ? D'ailleurs, tu fais quoi exactement pour eux ? »

Elle savait qu'il en avait déjà dit beaucoup. Que ça avait dû être difficile. Mais il fallait qu'elle pousse encore un peu, qu'il en dise plus. Ce n'était pas pour l'embêter et détourner l'attention d'elle, c'était parce qu'elle avait besoin de savoir. Elle lui demandait quelques efforts, encore...




    She'll suck you dry... But still you'll cry, to be back in her bosom. To do it again. She'll make you weep... And moan and cry, to be back in her bosom. To do it again... Saviors and saints, devils and heathens alike... She'll eat you alive.
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MessageSujet: Re: Someone that you're with ▬ Anja    Jeu 18 Juil - 23:28

Ce sentiment entre Anja & moi ne pouvait souffrir d’une explication. Impossible de mettre des mots sur les actes (futurs et passés) qu’Anja réalisait pour moi. Ce n’était ni de la pitié ni du dévouement, c’était autre chose. Une fidélité, une sorte d’allégeance entre nous deux que nous nous contentions d’évoquer sans prendre le temps de le décrire. C’était un accord tacite entre nous. Nous ne mettions pas de mots sur cette relation… nous avions essayé (surtout moi) de le faire par le passé et cela s’était soldé par une rupture. Je n’avais aucune envie de tenter à nouveau d’apprivoiser son absence, alors je m’adapterais au silence. Qui plus est… nous n’avions pas besoin d’en discuter. Entre nous, tout passait par les gestes, l’attitude. On se comprenait sans se parler. Avec Anja, c’était comme un miroir, un reflet intelligent qui savait où j’allais et où je voulais aller. J’avais jamais pensé qu’on pourrait me comprendre à se point. Sans me vanter, j’étais plutôt un garçon compliqué.  Pourtant Anja savait être là. Elle savait quoi faire, quoi dire pour… être présente sans m’étouffer, être pertinente sans m’interroger. J’étais persuadé qu’une femme comme elle je n’en rencontrais pas d’autre dans ma vie. Anja était loin d’être parfaite mais elle avait cette particularité, ces rares faiblesses qui la rendaient fragiles et cette force de caractère qui lui avait permis de construire son empire. J’avais en face de moi une conquérante. Un type qui ne possédait rien (un gars comme moi) ne pouvait que l’admirer, l’envie peut-être un peu… Anja avait l’air si… confiante ! J’avais un pied dans la tombe et cela n’avait vraiment pas l’air de l’inquiéter. Si pendant un instant, je songeais qu’elle voyait en moi des aptitudes que je n’avais pas, je compris rapidement que c’était en elle ses compétences qu’elle croyait. Anja s’imaginait que, parce que j’acceptais son aide, j’allais m’en sortir. Si seulement c’était si simple… Elle était intelligente, très intelligente. Alors comment pouvait-elle ignorer que les décisions de la mafia ne dépendait ni d’elle, ni de moi ? Cela faisait longtemps que j’avais accepté de perdre le contrôle de ma vie. Je m’étais résigné à obéir à des ordres et à devenir une petite-main, une sorte de soldat imputé d’une mission… Anja était un haut de la chaine alimentaire, elle ne connaissait pas ça. A mes yeux, et peut-être que c’était réducteur, mais elle avait toujours eut cette empire. Anja était probablement née avec des avantages, une position sociale. La réussite peut-être que c’était dans les gènes, comme ça cela justifierait mes multiples échecs. Franchement, je comprenais pas grand-chose à cette femme. Trop belle, trop intelligente… Y’avait beaucoup de « trop » pour décrire Anja. Elle était « trop » pour moi, mais je la voulais quand même.

La vouloir était un euphémisme, je la désirais comme un homme désirait une femme. C’était basique, animal mais aussi terriblement sincère et passionnée. Mieux, c’était unique. Anja me regardait sans la pitié que certain me dédierait à coup sure si ils savaient… Anja avait connaissance d’une partie de ma vie que j’avais toujours méthodiquement cachée à mes proches. J’aurais horreur d’être considéré comme un gamin des rues, comme un bâtard ou un usurpateur. Si je ne me confiais jamais, c’était exclusivement à cause du regard des autres. Je n’avais pas honte de mes actes, mais je redoutais qu’on ne me voit plus de la même manière. Après tout, je n’avais pas tord. Avec Evalyn c’était exactement ce qui s’était passé… Mais Anja était terriblement différente. Elle avait tout ce qu’il lui fallait pour me mettre à terre et me piétiner mais elle n’en abusait pas. Mieux, je ne pensais pas qu’elle en avait l’intention. La maquerelle n’avait aucun intérêt dans mes enmerdes… elle faisait ça uniquement pour moi et j’étais bien plus touché que j’en avais l’air. Ce n’était pas dans ma nature de la remercier pendant des heures et des heures, je ne faisais pas de zèle. De toute façon j’avais envie de penser à autre chose et elle aussi. Avec un plaisir non dissimulé, ce fut Anja qui fit le « premier » bas. Ses lèvres s’emparèrent des miennes avec impatience et je répondis à ce baiser passionné, la plaquant contre la table. Anja n’en savait rien mais d’ordinaire le café c’était sacré chez moi… sûrement pas autant qu’elle. Avec précipitation, nous abandonnèrent nos vêtements en retournant dans ma chambre. C’était une barrière de trop pour nos corps en ébullition. Rapidement, vient l’osmose et au lieu de s’écrouler à ses côtés, je restais face à Anja durant de précieuses secondes. Ces regards échangés ne trompaient pas. C’était bien plus qu’une histoire de cul entre nous. C’était pas que du sexe, il y avait plus, bien plus. Lentement, je me refugiais dans son cou, savourant la présence de ses cuisses contre mon bassin. Elle ne voulait pas me lâcher et moi je ne voulais pas l’abandonner. Rester dans cette position était douloureux mais cela en valait la peine. Soudainement, Anja se mit à rire et je l’interrogeais du regard, regrettant de ne pas lire dans ses pensées. « Je veux bien que tu ne me remercies pas beaucoup plus souvent... » Mon rire rejoignit le sien. C’était une jolie formule pour me flatter. A bout de force (et pas aidé par nos rires), je m’allongeais au côté d’Anja. Une main entourant ses hanches et je jouais avec l’une de ses mains, se rapprocher… s’éloigner… On s’apprivoisait comme des adolescents. C’était une bouffée d’oxygène dont je ne pourrais plus me passer.

Sans subtilité (et je ne m’en cachais pas), je demandais à Anja un massage. Elle accepta quasiment aussitôt pour mon plus grand bonheur. D’elle-même, elle se leva pour aller chercher l’huile de massage dans la salle de bain… Mon regard la suivit sans gène. Anja était entièrement nue et évoluait sans pudeur dans ma chambre. Complice, je glissais deux doigts entre mes lèvres pour la siffler. Je n’avais aucune envie qu’elle se rhabille, elle me plaisait bien trop en tenue d’Eve. Je profitais de son absence pour réquisitionner les deux oreillers et m’installer sur le ventre, les coudes repliés sous ma tête. L’espace de quelques instants, j’avais envie de me sentir cajoler par Anja. Après avoir joué les infirmières, celle-ci prenait son rôle de masseuse très à cœur. Je sentis l’odeur de l’huile mais aussi (et surtout) Anja s’installer sur mes fesses. « J’espère que le siège est assez confortable… » demandais-je avec le sourire. Silencieux, je profitais du massage durant de longues minutes avant de briser le silence. Les déclarations d’Anja avaient soulevés de nombreuses questions. Principalement sur son ex-mari mais… je n’osais pas l’interroger sur ce sujet. C’était ridicule de ma part, mais je refusais d’être aussi intrusif. Anja avait un passé (et pas des moindres) mais je ne voulais pas qu’elle pense que je le lui reprocher. Je respectais les limites tacites… peut-être même que je les inventais tout seul. Curieux, je lui demandais comment elle était rentrée de ce cercle si fermée constitué par la mafia. Anja ne tarda pas à me répondre et je ne remarquais même son trouble. De ce qu’elle me disait, j’apprenais qu’elle avait tout de même monté son agence tout seule. La mafia avait juste été un catalyseur…  A la base, Anja avait tout fait toute seule. Ses explications en appelaient beaucoup d’autres mais je restais silencieux. Petit à petit, je commençais à apprendre à la connaitre. Le bras ankylosé, je tendis celui-ci le long de mon corps, regrettant de ne même pas être capable de tenir la position. Je détestais ce foutu bras… Qu’Anja soit réellement capable ou non de m’aider ne m’intéresser pas tant que ça… je voulais juste savoir. Connaitre tout ce qu’elle voulait bien que je sache. Anja m’avait répondu sans détour mais elle s’était limitée à la question, ne révélant que le minimum vital, pourquoi ? C’était un jeu de questions – réponses pas une véritable conversation. Mais c’était mieux que rien, non ?

Bien que le massage soit un don, notre conversation relevait du donnant-donnant. Anja avait répondu à ma question, elle m’en posa donc une autre. « Pourquoi tu n'as pas répondu à leurs appels ? C'est parce que ton bras n'est pas totalement remis ? D'ailleurs, tu fais quoi exactement pour eux ? » Doucement, je me mis à rire. J’étais gêné par la question et en plus, je la trouvais inutile. « Tu réalises qu’on a passé un cap ? » interrogeais-je, complice. « Tu poses des questions dont tu connais déjà les réponses… » lui signifiais-je, en me retournant pour l’apercevoir. Pourquoi elle me posait cette question ? Anja avait compris. « Tu t’en ais douté quand on était avec Max, tes soupçons ce sont confirmés en rentrant dans mon appartement et tu as eut confirmation quand tu as vu mon bras trembler. » J’étais loin d’être con, j’étais même très observateur. Je pensais qu’elle n’allait pas me contredire. La voix parfaitement calme, je ruminais néanmoins contre mon bras. J’étais… diminué… réellement, c’était pas une illusion mais un fait, j’avais perdu énormément de mobilité du membre et j’avais ces tremblements qui rendaient tout impossibles. « Il faut que je te le dise ? » Elle voulait l’entendre de ma bouche ? Je n’en voyais pas l’intérêt. Elle n’avait aucune idée à quel point c’était douloureux. Anja avait joué au jeu alors j’allais faire de même et répondre à chacune de ses questions. « J’ai pas répondu parce que j’avais rien à dire, rien à apporter. Mon bras se remettra pas, Anja. C’est terminé. Over. Mon boulot de médecin n’était plus qu’un médecin et je ne voulais pas développer davantage. Je soupirais et répondit mécaniquement : « J’étais leur médecin, leur chirurgien, leur urgentiste… maintenant je suis juste un butching-ball en attente de licenciement… » L’ironie perçait ma voix. C’était un sujet vraiment douloureux… Je ne réalisais pas tout à fait l’ampleur de la perte. Il allait me falloir du temps, beaucoup de temps…. Anja aurait pu m’en laisser un peu plus. Qu’est-ce qu’elle pensait ? Que je faisais un caprice ? J’étais plus médecin, je ne le serais plus jamais alors la mafia allait devoir trouver quelqu’un d’autre et ce même si cela impliquait se débarrasser de moi. Sans perdre le nord, je signalais à Anja. « T’as deux tours d’avance sur moi… » Anja eut trois questions, alors que je ne lui en avais posé qu’une. Théoriquement, c’était donc mon tour et je comptais bien l’utiliser tout en savourant ce massage. Les mains d’Anja étaient divines, cela dit… je repensais encore et toujours à ce que je n’avais plus : la blouse et tout ce qui allait avec.
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MessageSujet: Re: Someone that you're with ▬ Anja    Dim 21 Juil - 17:52

Effectivement assise sur un siège très confortable, la brune stoppa néanmoins son massage quelques instants au moment où Erwan entreprit de lui répondre. Un cap ? Ses sourcils se froncèrent une seconde parce qu'elle ne voyait pas de quoi il voulait parler, n'ayant aucune idée de quel cap ils auraient bien pu franchir. Ses sourcils reprirent néanmoins leur position initiale au moment où il précisa. Le cap étant qu'elle connaissait déjà les réponses à ses propres questions, sous-entendu qu'elle commençait à le connaître au point de ne plus avoir réellement besoin de les poser. Hum, non. Si elle demandait, c'était qu'elle jugeait ne pas avoir déjà l'information. Or elle en avait besoin pour tenter de l'aider au mieux. Mais lui était certain qu'elle le savait déjà ou plutôt qu'elle avait réussi à le deviner d'abord à l'entrepôt puis ici et notamment ce matin, en voyant son bras trembler. Elle avait effectivement fait quelques suppositions, qu'elle s'était bien gardée d'exposer. Et il y avait d'ailleurs une raison précise : elle préférait ne pas imaginer le pire. Même à cet instant précis, elle préférait ne pas y songer et se dire qu'il devait se tromper, qu'elle n'avait pas compris et absolument rien deviné. Impossible pourtant de garder ses œillères et son "Il faut que je te le dise ?" un peu trop franc, un peu trop brutal, la pétrifia et elle eut la désagréable sensation d'avoir vu juste. Elle eut subitement envie de retirer sa question et, pour une rare fois, de ne pas avoir raison. Elle ne pouvait plus reculer néanmoins et la sentence tomba. Celle qu'elle avait envisagée mais préférée ignorer, celle qu'elle redoutait. Ce n'était pas que son bras ne s'était pas totalement remis, c'était qu'il ne se remettrait jamais.

En un flash, elle revit le restaurant de l'hôtel, les otages alignés à côté d'elle et, à quelques mètres, l'italien qui pointait son arme pile sur le front d'Erwan. Elle se souvenait son regard quand il s'était tourné vers elle. Son regard alors qu'il hésitait à tirer, lui faisant bien comprendre que la vie du médecin était au bout de son index et que, s'il n'avait pas été avec elle, il n'aurait absolument pas hésité et l'aurait abattu froidement. Elle se rappelait avoir senti une bouffée de rage et l'avoir défié du regard, le poussant à seulement oser le faire. Mais il avait renoncé et le canon s'était dirigé vers l'épaule de son amant plutôt que son visage. Les pupilles d'Anja se posèrent sur la cicatrice en forme d'étoile. Devrait-elle se sentir responsable bien qu'elle lui avait évité d'être abattu de sang froid ? C'était parce qu'il pensait qu'elle s'était faite violée qu'il avait cru bon de devoir tenter quelque chose contre les preneurs d'otages. C'était parce qu'il voulait se rattraper de l'avoir abandonnée qu'il l'avait amenée dans cet hôtel. C'était parce que son autorité avait fait effet qu'il était toujours là mais que son bras ne fonctionnerait plus jamais comme avant. Aurait-elle dû, se sentir coupable ? Pourtant ce n'était pas le cas, elle ne parvenait qu'à se sentir désolée. Elle avait tentée de l'empêcher, lui avait demandé de ne pas intervenir, de ne pas suivre ce flic bien trop téméraire et qui y avait perdu plus encore dans l'histoire. Mais elle n'avait pas réussi à le retenir et il l'y était allé quand même. Et maintenant, son bras resterait à jamais ce handicap. Celui qui lui avait volé sa carrière car il ne pourrait plus pratiquer. Celui qui l'aurait forcé à signer de nouveau avec la mafia car il devrait quand même les rembourser. Ce bras qu'il devait haïr pour lui avoir fait perdre tant.

Durant tout le temps où il parla, la russe était restée silencieuse. Elle ne voulait pas le couper. Si elle devait l'entendre pour évaluer la gravité de la chose et envisager la façon dont elle pourrait l'aider, lui avait peut-être également besoin de le dire pour, peut-être, commencer à l'accepter. Parce qu'elle était certaine qu'il ne l'avait pas encore fait, pas fait le deuil de sa mobilité, de sa carrière, autrement il se serait remis à vivre et son appartement ne serait pas dans l'était dans lequel il était. Elle se doutait que ce ne devait pas être facile, que ça devait même être très douloureux à encaisser, mais il allait falloir qu'il commence à se faire à l'idée. Elle savait ce que c'était, elle aussi avait eu à faire le deuil d'une partie d'elle-même... Et elle percevait à quel point cela devait le blesser dans l'intonation de sa voix et dans le sarcasme qu'il mettait à avouer qu'il ne serait plus le médecin des Rouges mais seulement un homme sur lequel ils pourraient cogner avant de vouloir se débarrasser de lui. Le regard dans le vide elle retint un soupir. Parce qu'elle comprenait que même s'il venait d'accepter son aide, il ne pensait pas encore qu'elle parviendrait à le tirer d'affaires. Repoussant cette histoire de "tours d'avance", ses mains se remirent en action et elle remonta pour finalement les laisser glisser le long de ses bras si bien qu'elle se retrouva finalement allongée sur lui, son buste contre son dos. Elle déposa un baiser sur son épaule, celle qui le hantait et où se trouvait, quelques centimètres plus bas, la dangereuse cicatrice. Elle profita de la proximité pour approcher ses lèvres de son oreille et murmurer quelques mots dont elle espérait qu'ils lui insuffleraient un peu de sa force et de sa confiance.


    « Ne te laisse pas licencier... On ne les laissera pas te licencier. »

Ce "on" l'incluait, évidemment. Elle, la mauvaise fée de New-York qui venait de se pencher sur l'épaule de cet ancien médecin et qui était bien décidée à ne pas le laisser tomber. La diablesse qui le guiderait pour réussir à échapper au diable. Elle avait une idée déjà, envisageait les premiers mouvements à faire sur l'échiquier pour couper l'herbe sous le pied de la mafia. Ne pas leur donner de nouvelles raisons de vouloir le tancer mais leur faire comprendre également qu'il ne pourrait plus faire ce qu'il faisait jusque là pour eux. Elle savait, déjà. Parce qu'elle réfléchissait comme si c'était à elle qu'Erwan devait quelque chose et comment elle réagirait, ce qu'il faudrait pour ne pas l'énerver plus et tenter de l'apprivoiser. Mais plus tard, l'heure était trop intime pour qu'ils parlent déjà de tout cela. Se redressant légèrement, elle ramena ses doigts vers les omoplates, décidant de revenir sur ce qu'elle avait écarté une seconde plus tôt.

    « Il n'est pas question de "tours"... Tu n'as qu'à demander, au pire je n'aurais pas envie de répondre et je ne le ferais pas. Alors vas-y... Qu'est-ce que tu veux savoir ? »

Il devait imaginer qu'ils devaient poser les questions chacun leurs tours pour qu'elle veuille bien répondre. Ce n'était pas le cas. Pas de donnant-donnant, elle n'avait pas été plus loin simplement parce qu'elle ne l'avait pas voulu, pas parce qu'elle avait attendu qu'il en dise plus pour faire de même. Il était des points qu'elle refuserait d'aborder ou qu'elle ne pourrait pas, elle le lui dirait simplement. Pour le reste, il n'avait qu'à demander ce qu'il voulait savoir...

    « Comment t'as eu l'idée de ton... agence ? Admets que aussi bien pensé que cela soit, ça pose des questions. »

Un petit rictus franchit ses lèvres sans qu'elle ne cesse le massage, répondant du tac-au-tac.

    « Il faut que je te le dise ? »

Elle reprenait les mots qu'il avait eu une seconde plus tôt, plus pour le taquiner que pour réellement éviter la question. Elle avait du mal à parler de son agence. Parce qu'il y avait trop en jeu. Un instant, elle s'imagina Erwan en policier infiltré qui se serait incrusté dans ses draps en mission pour en apprendre plus sur son agence et réussir, enfin, à la faire tomber. Mais l'idée lui parut aussitôt ridicule parce qu'elle l'avait vu soigner Sevastyan, les policiers étaient trop idiots pour être aussi doués en médecine. Et plus que ça, il y avait ses regards sur elle qui ne trompaient pas.

    « Je crois que tu n'es pas idiot Erwan et que tu sais que c'est plus qu'une agence d'escortes. Il est arrivé un moment où être "la femme de" ne m'a plus suffi. Je voulais plus, je pouvais plus. Mais pas juste pour faire cesser mon ennui, j'ai toujours vécu dans un milieu aisé et il fallait, si je me lançais dans quelque chose, que ça en vaille la peine. Que ça soit rentable et que ça me permette de continuer à vivre de façon aussi luxueuse, que ça me fasse briller. A l'époque, et c'est toujours le cas, j'étais persuadée que les deux choses qui rapportaient le plus étaient la violence et le sexe. Mon ex-mari était déjà présent sur le premier terrain, alors je me suis tournée vers le second. J'ai juste fait en sorte de le cacher sous un service légal et je dois me débrouiller pas trop mal parce que je suis encore là. »

Ils n'étaient toujours pas parvenus à la faire tomber et plus les années passaient, moins il y avait de chance qu'il y arrivent. Parce que ses relations se renforçaient, son pouvoir et son influence aussi. Elle avait dans son portefeuille des mafieux, des juges, des terroristes, des policiers même et toute la raclure de New-York. Ils se donnaient tous rendez-vous dans son luxueux bordel et mettaient leurs croyances et leurs vies de côté pour aller jouir entre les cuisses de ses filles et leur murmurer leurs secrets sans trop regarder qui était leur voisin. Et si elle tombait, une chose était sûre, tous tomberaient. Elle amena doucement ses doigts au bord de sa nuque, curieuse plus qu'inquiète de la réponse qu'il pourrait fournir à sa nouvelle question.

    « Ca te choque ? Que ce soit une femme qui vende le corps d'autres ? »




    She'll suck you dry... But still you'll cry, to be back in her bosom. To do it again. She'll make you weep... And moan and cry, to be back in her bosom. To do it again... Saviors and saints, devils and heathens alike... She'll eat you alive.
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MessageSujet: Re: Someone that you're with ▬ Anja    Dim 21 Juil - 22:59

Bien qu’Anja soit dans une position particulièrement plaisante et qui était loin de me déplaire, le fait qu’elle soit assise sur moi ne me permettait pas de voir son visage. Aussi, notre conversation se déroulait à l’aveugle. Ce n’était pas particulièrement gênant, Anja avait l’habitude de masquer ses émotions. A mon humble avis, ce n’était pas quelque chose qu’elle faisait uniquement en ma présence. Pour elle, cela devait être un réflexe. Avec ses relations, Anja avait dû prendre le partie de ne jamais dévoiler son jeu avant de connaitre celui de son interlocuteur. Durant nos échanges, j’avais toujours sentis chez elle une certaine réserve. Anja ne révélait que ce qui était essentiel, aucune information superficielle ou complémentaire, je devais me contenter du minimum. Loin de le lui reprocher – même si par moment, cela pouvait être agaçant – je devais admettre que cela alimentait le mystère qui régnait autour de sa personne. D’ordinaire, j’aurais peut-être détesté cette part d’ombre qui régnait autour de sa personnalité et de ses activités. Par exemple, avec mes sœurs, je détestais ne pas savoir quelque chose, je me sentais mis à l’écart, ignoré. Ma relation avec mes frangines n’avaient vraiment rien à voir avec celle qui m’unissait ou Fischer. C’était étrange, mais je lui faisais davantage confiance qu’à mes propres sœurs, qu’à ma propre famille. Par ma défense, faire parti de ma famille (surtout que nous n’avions que notre mère en commun et une très courte partie de mon adolescence et de ma vie d’homme si l’on y repensait) ne signifiait pas grand-chose à mes yeux. Les liens du sang ne signifiaient rien à mes yeux. Avec Anja c’était différent. Je ne me sentais pas redevable de sa personne, nous n’avions aucun intérêt à se retrouver régulièrement, pourtant c’était plus fort que nous. Théoriquement, même si l’on considère mes déboires avec la mafia russe, je n’avais pas besoin d’elle. Sérieusement, j’appréciais sa proposition d’aide et je n’avais pas eu le cœur à la refuser mais… je n’attendais rien d’elle. Anja n’appartenait pas à mes besoins, elle faisait partie de mes envies. Des envies qui me permettaient encore de me sentir vivant. Anja me permettait de me vider de la tête. Elle me faisait du bien et pas uniquement car elle était en train de relâcher tous les muscles de mon corps. Sa présence m’apaisait sans que je ne veuille expliquer pourquoi. Comme Anja, je n’éprouvais pas ce besoin de tout expliquer, de tout justifier. J’étais pas un homme prise de tête… J’avais une philosophie de vie plutôt cool, je pense. Je me contentais de ce que la vie avait à m’offrir et ce, même si je m’étais toujours battu pour obtenir quelque chose. L’essentiel à mes yeux était de prendre sur moi pour ne pas m’étendre sur mes problèmes. En réalité, c’était devenu une façon d’être. Malgré toutes les merdes qui m’arrivaient, je ne me plaignais pas. Un peu… mais tant que ça si on y réfléchit bien. De toute façon, qui allait m’aider ? Anja ! Je ne me faisais guère d’illusions. Qui était là pour m’écouter ? Anja ? Je tenais suffisamment à elle pour éviter de pleurnicher dans ses jupes. Peut-être que je tenais un peu plus au stéréotype de l’ « homme fort » que ne je le souhaitais enfin… soyons réaliste, avec Anja l’ « homme fort » c’était foutu d’avance. Je n’incarnais pas la virilité incarnée à ses yeux, plutôt le mec paumé qui devait lui faire pitié. C’était pas ce que je préférais mais je ne perdais pas de temps à refaire le monde. Je tentais de faire le deuil de mon image et Anja m’y aidait plus qu’elle ne le pensait. Avec elle, je pouvais difficilement tricher… Anja me donnait parfois l’impression de me connaitre mieux que moi. Néanmoins, c’était certainement une illusion… cela dit, j’avais envie d’y croire : enfin, quelqu’un me donnait l’impression de me comprendre, plus, Anja se donnait la peine de me comprendre.

Grâce à ma réponse, Anja savait désormais l’inavouable. J’ignorais si le fait que je le dise moi-même faisait parti de son plan – à dire vrai, je ne savais même pas si elle avait un plan… - mais au moins les choses avaient le mérite d’être clair : je n’étais plus médecin et je ne le serais jamais plus. Fin de l’histoire du Docteur Erwan. A présent, je devais arracher les pages de ma vie professionnelle et m’en reconstruire une. Décidé à ne plus jamais remettre les pieds au Lennox, j’abandonnais tout ce qui relevait de la médecine. Sans regret ? Si, bien sure que j’avais des regrets mais je n’avais pas envie de m’appesantir là-dessus. C’était du passé, il fallait avancer… A quoi bon perdre son temps à discuter de choses que je ne pouvais pas changer ? J’allais de l’avant… comme je le pouvais. Franchement, j’avais pas envie de songer à une reconversion professionnelle. Mon avenir, si j’en avais un, était uniquement avec la mafia. J’avais pu m’y soustraire pendant des années et avoir une vie parallèle riche et agréable… c’était pas si mal. A présent, terminée la vie à côté, j’allais devoir me consacrer à la mafia et répondre à leur exigence. En clair, j’allais probablement me faire tuer. Sans mon statut de médecin, je pensais n’être d’aucune utilité pour eux. Je n’étais pas un homme de main, je ne savais pas vraiment me battre, encore moins tenir une arme. De toute façon, je refuserais de m’impliquer dans certaines magouilles… Pas question de jouer les tueurs, de toute façon j’en serais incapable. Crétin que j’étais, il me serait impossible de prendre la vie d’un homme pour sauver la mienne, même si c’était une ordure, je n’essayerai même pas de le faire. Je soupirais et me rappelais que je n’en étais pas encore là, il me restait un peu de temps. Autant en profiter pour penser à autre chose. Anja savait parfaitement y faire pour me changer les idées. Je sentis sa poitrine venir à la rencontre de mes omoplates. Anja se couchait sur moi et cessait le massage. Parfaitement détendu grâce à ces soins, je n’irais pas lui reprocher d’arrêter prématurément. Je tournais la tête sur le côté, regardant dans la même direction qu’elle alors qu’elle osait : « Ne te laisse pas licencier... On ne les laissera pas te licencier. » « on » ? Surpris et flatté par ce pronom, je ne pu m’empêcher de lui faire remarquer, taquin et totalement sous le charme. « On ? » « On a un « on ». Je suis impressionné… » Impressionné qu’elle ose enfin se l’avouer et flatté, terriblement flatté. Peut-être que je venais de comprendre – ou de croire naïvement qu’Anja n’avait aucune intention de me laisser tomber. J’étais un pion sur l’échiquier de la mafia russe et il me plaisait de croire qu’Anja ne voulait pas perdre ce fameux « pion » trop vite. Si elle m’offrait un sursit, c’était toujours bon à prendre. « Tu vas pas me laisser tomber… ? » concluais-je un peu trop vite. J’aurais aimé l’affirmer mais c’était plus fort que moi de finir par une interrogation. Après tout Anja ne m’offrait aucune garantie ? Je devais être davantage méfiant mais… je lui faisais totalement confiance. Un peu trop peut-être… l’avenir nous le dira.

Loin de me douter qu’Anja réfléchissait pour deux, mon attention était focalisée par notre conversation. J’avais le sentiment désagréable qu’on respectait chacun son tour de parole et que notre échange ne laissait pas de place à la spontanéité, mais j’avais tord. « Il n'est pas question de "tours"... Tu n'as qu'à demander, au pire je n'aurais pas envie de répondre et je ne le ferais pas. Alors vas-y... Qu'est-ce que tu veux savoir ? » Amusé par cette perche qu’Anja me tendait, mon sourire s’élargit. « Tu sais que j’ai pas l’air curieux au premier abord… mais en fait… » je l’étais ! Je l’étais vraiment ! Surtout quand il était question d’Anja. Nous nous étions fréquentés régulièrement durant un long moment et pourtant, j’avais très peu de connaissance sur elle. Je devais en savoir plus que certains mais j’étais un homme exigeant, je n’en savais jamais assez à mon goût. Ce n’était pas de ma faute, Anja avait le don de m’intriguer. Décidé à profiter de l’occasion, je l’interrogeais sur les débuts de son agence. Entre temps, Anja avait repris son massage avec douceur. Avec son sens de la repartie habituelle, Anja ne put s’empêcher de prendre mes paroles en écho : « Il faut que je te le dise ? » Allait-elle en profiter pour éviter à la question ? Cela risquer de gâcher le moment, mais Anja en avait parfaitement le droit. Cela voudrait dire qu’elle ne me faisait pas vraiment confiance mais je crois que je ne lui en tiendrais pas rigueur. Je prendrais ce qu’Anja voudrait bien m’offrir. « Je crois que tu n'es pas idiot Erwan et que tu sais que c'est plus qu'une agence d'escortes. Il est arrivé un moment où être "la femme de" ne m'a plus suffi. Je voulais plus, je pouvais plus. Mais pas juste pour faire cesser mon ennui, j'ai toujours vécu dans un milieu aisé et il fallait, si je me lançais dans quelque chose, que ça en vaille la peine. Que ça soit rentable et que ça me permette de continuer à vivre de façon aussi luxueuse, que ça me fasse briller. A l'époque, et c'est toujours le cas, j'étais persuadée que les deux choses qui rapportaient le plus étaient la violence et le sexe. Mon ex-mari était déjà présent sur le premier terrain, alors je me suis tournée vers le second. J'ai juste fait en sorte de le cacher sous un service légal et je dois me débrouiller pas trop mal parce que je suis encore là. » Anja complimentait mon intelligence. En même temps, j’avais toujours vécu à New York, alors je savais qu’une escort ne se contenter pas d’accompagner un client, il y avait toujours une notion de sexe sous-jacente. C’était un détail idiot et totalement inutile, mais maintenant je comprenais mieux l’escalier en marbre et sa somptueuse villa. Anja ne manquait de rien et ne manquerait jamais de rien. J’avais raison sur un point nous n’étions pas issus du même monde. Anja était née avec une cuillère en argent dans la bouche et son mari avait toujours dû leur assurer un train de vie plus que confortable. Quant à moi, j’en serais incapable et je n’en avais pas la prétention. Anja le savait, non ? Le plus idiot dans mes réflexions, c’était que je me fichais totalement de l’aspect illégal de son entreprise. Tout ce que je voyais, c’était qu’Anja vivait dans un luxe que je ne connaitrais jamais. Je n’étais pas à plaindre, loin de là mais contrairement à Anja, j’avais vraiment ressenti le manque sinon jamais je n’aurais été embrigadé dans la mafia. Bien que nous avions énormément de points en communs, l’argent était une différence majeure dans notre relation. Par curiosité, je me demandais si Anja saurait s’en passer ? Et à mon avis, la réponse ne me plaisait pas. Anja ne pouvait nier qu’elle avait un petit côté matérialiste… Oh elle se fichait probablement des choses comme ses robes de hautes couturiers mais uniquement parce qu’elle était capable d’en posséder d’autres encore mieux, non ? Nos manières de vivre s’opposaient autant que nos caractères se ressemblaient.

L’assurance d’Anja était plus que communicative. La jeune femme pensait tellement ne jamais être prise que je n’émettais aucun doute, malgré la part de risque que son business comportait. Je le lui concédais volontiers Anja était une femme très maligne et je ne m’inquiétais pas pour elle. Les années l’avaient forgée et elle savait exactement ce qu’elle faisait. Ma masseuse était un redoutable requin, prête à tuer pour défendre son territoire. C’était logique, arrivé où elle en était elle ne pouvait pas se permettre de perdre. Anja parlait de violence, de sexe comme des pouvoirs, mais elle taisait l’essentielle : l’argent. L’économie faisait tourner le monde et son entreprise faisait travailler énormément de personnes sur la planète. J’ignorais combien d’employées elle avait sous ses ordres mais je n’imaginais pas Anja les négliger sous prétexte qu’elles étaient des putes. Pour Anja, c’était bien plus que cela. Son agence était comme son second bébé. Elle avait tellement donnée de sa personne, de son temps dans cette société qu’elle faisait partie intégrante d’elle-même. Ayant toujours connue Anja avec cette fameuse agence, cela ne pouvait pas me déranger. Anja jouissait d’une totale liberté dont je ne souhaitais absolument pas la privée. Au contraire, j’étais admiratif de sa force de caractère et de ses ambitions. Jamais je n’aurais eut un telle talent ou ne serait-ce que dix pour cent de ses compétences. Déjà qu’en chef de famille, je craignais un max alors m’imaginer en chef d’entreprise ayant des objectifs secrets, bonjour la faillite. Les mains d’Anja caressaient ma nuque et celle-ci termina ses explications par une question : « Ca te choque ? Que ce soit une femme qui vende le corps d'autres ? » Je rigolais doucement et tapotais la place vide dans le lit à côté de moi. « Approches. » lui demandais-je doucement. Je me calais face à elle et plaçais l’une de mes mains dans le bas de ses reins que je prenais plaisir à caresser. « Je suis new yorkais, il en faudrait bien plus pour me choquer… » lui fis-je remarquer. « Je crois pas mettre montré macho avec toi… » J’avais peut-être parlé trop vite alors je me rattrapais. « Pas vraiment en tout cas… Sérieux ! Je suis pas macho Anja, même si j’apprécie beaucoup tes massages… La suprématie de l’homme sur la femme, c’est terminé depuis longtemps. Mais… solidarité masculine oblige, je nierais avoir tenu de tels propos. » Tous les hommes n’étaient pas prêt à admettre que les femmes étaient devenues nos égales, si ce n’est plus. Anja l’ignorait mais j’avais grandis dans un environnement où la femme n’était bonne qu’à faire des enfants (et de préférence des garçons) et comme j’avais toujours hais mon beau-père je n’avais jamais partagé sa vision de la parité. A mes yeux, une femme valait un homme et vice-versa. Je vivais avec mon siècle, et non comme certains cro-magnons cela ne m’empêchait pas d’avoir parfois des attitudes chevaleresques (rappelons qu’Anja appelait ça des actes de crétinisme et qu’elle n’avait pas totalement tord…). J’embrassais les lèvres d’Anja et me permis de lui confier ce qu’elle n’avait pas dû avoir l’habitude d’entendre surtout d’un homme. « Je suis admiratif de ta réussite… Tu as beaucoup de talents et de chance puisque ça dure… » Je remis une mèche de cheveux rebelles derrière son oreille. J’avais mal jugé Anja… elle n’était pas tant orgueilleuse en réalité, elle était juste fière d’elle et personne ne pourrait lui donner tord. Elle n’avait pas besoin de moi pour le savoir alors je me tus. Tendrement, mon front se cala sur le sien et je lui fis remarquer : « J’aurais beaucoup, beaucoup de questions tu sais mais… pas maintenant. » Nous avions le temps… « on » pourrait prendre ce temps plus tard. J’allais m’efforcer d’y croire. De plus, je n’avais pas envie de lui passer un interrogatoire. Je haussais les épaules, peut-être qu’Anja m’avait insufflé un peu d’espoir. Je devais admettre qu’elle était douée pour rallier les gens à son opinion. Je frottais mon nez contre le sien et l’embrassais sans pour autant céder à nouveau à la tentation. « Merci pour le massage. Je t’en dois un… » La prochaine fois qu’on se verrait ca serait mon tour de lui montrer ce que je valais, une histoire de dette à payer ou d’égalité des sexes, à elle de juger mais j’y tenais.

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MessageSujet: Re: Someone that you're with ▬ Anja    Sam 27 Juil - 2:50

    « Je te laisserai pas tomber... »

Evidemment que non. Si elle lui proposait son aide, ce n'était pas pour la reprendre dans deux jours et le laisser se démerder tout seul avec les russes. Elle était bien décidée à le sortir de cette impasse, sans se saborder au passage évidemment. Elle ferait tout ce qu'elle pourrait pour le conseiller mais resterait dans l'ombre, de manière à ne pas paraître officiellement impliquée même si, oui, elle serait là pour ne pas leur donner l'occasion de vouloir se débarrasser d'Erwan. En cela ils avaient un "on", ils étaient un "on". Parce qu'il faudrait qu'ils travaillent ensemble pour avoir le plus de chance de réussir. Elle ne voyait pas pourquoi il paraissait aussi surpris puisque c'était elle-même qui lui avait proposé son aide. Elle espérait juste que la limite du "on" était aussi claire pour lui que pour elle car ce "on" se limitait à faire équipe pour lui promettre un sort moins terrible que celui que lui réservait la mafia. Pour le reste... Elle n'avait pas changé d'avis depuis la veille mais elle ne jugea pas utile de le re-préciser, elle avait été suffisamment claire et il devait l'avoir parfaitement compris.

Elle s'amusa de sa curiosité sans cesser d’œuvrer sur ses épaules et omoplates. Une fois de plus, son instinct ne l'avait pas trompée. Elle avait senti qu'il aurait aimé qu'elle se raconte un peu, peut-être parce que lui-même venait de le faire ou, simplement, parce que comme il le disait il était plus curieux qu'il n'y paraissait. Il était vrai qu'il n'avait jamais cherché à la questionner, que ce soit sur son business, ni sur la manière dont elle pouvait avoir un train de vie aussi élevé, ni sur sa vie personnelle, notamment cet enfant qu'elle élevait seule, et pas non plus sur elle, ses envies, ses projets, ses goûts et loisirs. Ils se fréquentaient depuis de nombreux mois mais il ne savait finalement d'elle pas grand chose hormis qu'elle gérait une agence, qu'elle était mère célibataire et qu'elle adorait les douches, la vodka et les bonbons. Et qu'elle faisait affaire avec les russes, mais cette découverte-là était toute récente. Ce n'était pas grand chose en somme. Mais elle avait apprécié qu'il ne cherche pas à tout prix à tout savoir sur elle. Anja était une femme assez secrète qui n'aimait pas forcément se dévoiler. Elle ne laissait échapper que ce qu'elle jugeait utile et important. De même, elle n'était pas du genre à jouer l'inquisitrice. Pas avec ses amants en tout cas. Elle n'avait pas besoin de connaître toute la vie de quelqu'un pour pouvoir s'amuser avec lui au lit. Aussi, il était plus ou moins normal que ni Erwan ni elle ne soient très au courant de la vie de l'autre, même si les choses venaient de changer et qu'elle savait maintenant beaucoup plus de choses sur lui qu'il n'en connaissait sur elle. Et puisqu'ils avaient admis la veille faire un peu partie de leurs vies réciproques, elle comprenait qu'il ait envie d'en savoir plus. Alors, il n'avait qu'à demander, s'il abordait un thème qu'elle préférait garder secret, ce ne serait pas lui qui lui tirerait les vers du nez... Mais les premières questions étaient concluantes et cela ne lui paraissait pas laborieux de se dévoiler un peu. Encore une fois, il y avait cette sensation que c'était presque facile avec lui.

C'était peut-être la première fois qu'elle parlait aussi franchement de son agence avec une personne qui était extérieure à ses affaires. Pour réussir à en discuter sans la moindre méfiance, c'était qu'elle devait avoir une relative confiance en lui. Elle était toutefois curieuse de savoir quel regard il pouvait porter sur son business, et plus particulièrement sur le rôle qu'elle y tenait. Elle admettait ne pas avoir un boulot très commun, encore moins pour une femme. Ce n'était pas donné à tout le monde de croiser un mac et de pouvoir discuter avec lui, même s'ils étaient peut-être plus nombreux à New-York qu'ailleurs. Mais plus que cela, elle était une maquerelle. Une femme qui vendait le corps d'autres femmes pour se faire de l'argent. Sans le moindre regret, sans la moindre honte. Erwan ne savait probablement pas qu'elle les protégeait et les traitait du mieux possible, tant qu'elles lui étaient fidèles. Il ne devait voir que la partie où elle se faisait simplement de l'argent sur leur dos. Et c'était en ça qu'elle était curieuse de savoir quel regard il pouvait porter sur tout cela. Et pour lui répondre, il voulait apparemment l'avoir face à lui et non plus au-dessus. Puisqu'il le lui demandait, elle arrêta son massage et descendit de ses fesses pour venir s'installer sur le lit, à ses côtés. Elle venait juste de se poser quand la main d'Erwan rejoignit le haut de ses fesses. Elle en fit néanmoins abstraction pour ne pas être déconcentrée et se focaliser sur ses paroles. Il ne s'était pas montré macho avec elle qu'il disait... Les sourcils d'Anja se surélevèrent légèrement, devait-elle lui rappeler d'où lui venait la cicatrice sur son épaule ? Mais il devait s'être rendu compte lui-même de ce qu'il disait puisqu'il rectifia, assurant néanmoins n'être pas un vrai macho et penser que l'homme et la femme étaient égaux. Même s'il le nierait devant d'autres hommes... Un petit rire quitta les lèvres de la brune. Elle se retint pourtant d'exprimer ses pensées, croyant fermement que dans certains cas les femmes étaient même supérieures aux hommes. Mais c'était déjà beau qu'il accepte la parité, elle n'allait pas en demander trop.

Les mots qu'il eut ensuite la touchèrent plus qu'elle ne l'aurait cru. Il était effectivement rare qu'on la complimente sur sa réussite, plus, qu'on "l'admire". Une seconde, elle se demanda s'il n'y avait pas une pointe de jalousie dans cette révélation, une pointe de nostalgie. Après tout, lui venait de perdre sa carrière. Mais la douceur qu'il mit dans son geste en replaçant une mèche de ses cheveux chassa ses impressions et lui prouva qu'il était simplement sincère. Pour une rare fois, une exceptionnelle fois, elle n'avait rien à répliquer. Il pourrait au moins se targuer de lui avoir ôté les mots de la bouche, elle qui avait toujours réponse à tout. Dommage que ses silences soient habituels et qu'il n'en sache jamais rien. Encore surprise par sa propre stupéfaction, elle songea qu'Erwan se montrait plus tactile et... câlin qu'à l'accoutumée. Pas que ça la dérangea, elle se fit juste la remarque. Et le front contre le sien, il annonça qu'il aurait beaucoup de questions mais qu'il les gardait pour plus tard. Elle hocha doucement la tête. Plus tard, ça lui allait. Elle n'avait pas spécialement envie de subir un interrogatoire, elle préférait une ou deux questions éparpillées. Ses mots suivants en revanche la firent sourire. Ce n'était pas tombé dans l'oreille d'une sourde.


    « Ouh. Je retiens. Je réclamerai. »

Elle ne se gênerait pas ! Et ses yeux taquins dirigés vers les siens laissaient clairement voir qu'elle n'oublierait pas qu'il lui avait promis un massage. Jetant un coup d’œil au réveil, elle songea qu'elle devrait ne plus trop tarder. Mais elle n'avait pas envie de bouger. Se glissant doucement sur les draps, elle vint se nicher contre lui pour profiter des derniers instants au calme à ne rien faire. Il faudrait qu'elle retourne à l'entrepôt tout à l'heure, pour voir le patron qu'elle avait manqué la veille. En parlant de mafieux... Sans bouger, restant encore contre lui en fixant un point invisible, elle lâcha ses premiers conseils.

    « Tu devrais appeler Max. Lui dire que tu veux parler au patron. Que ça concerne tes dettes. Je suis sûre que ça attirera suffisamment l'attention pour t'obtenir un rendez-vous. Quand tu seras face à lui, explique-lui, pour ton bras. Dis-lui la vérité. Que tu ne peux plus faire de médecine mais que tu veux tout de même le rembourser. Tu devras peut-être faire des choses que tu n'aimeras pas mais il sera plus indulgent si c'est toi qui va vers lui que si c'est lui qui doit te courir après... »

Elle savait de quoi elle parlait. Elle en tout cas, aurait réagi ainsi. Elle se montrait impitoyable envers les déserteurs ou ceux qui étaient de lui fausser compagnie quand ils lui devaient encore des choses. Mais si on venait la voir pour trouver un terrain d'entente, elle serait prête à faire des efforts, ou en tout cas à ne pas se montrer trop cruelle. A regret, elle se sépara de lui, se redressant légèrement à genoux sur le lit.

    « Et après tu m'appelles. Tu me dis comment ils ont réagi, ce qu'ils ont répondu et... on avisera. Je vais devoir filer. Il faut que je vois le patron aujourd'hui. Si ça ne va pas, je pourrais toucher un mot pour toi... »

La brune tenta de garder son sérieux mais elle finit par avoir un petit rire avant même qu'Erwan n'ait pu protester.

    « Je plaisante. Pas d'implication, je sais. »

Un large sourire un peu moqueur au coin de la bouche, elle se pencha pour déposer un dernier baiser sur ses lèvres. Elle se força à se reculer avant que le désir ne revienne, autrement elle était certaine de rester ici encore pour quelques heures. Avant de se lever, elle lui lança un petit regard. Les hématomes couvraient toujours son torse et un peu son visage mais il semblait avoir retrouvé un peu le sourire. Il semblait aller mieux, mentalement du moins. Si elle pouvait lui avoir partagé un peu de sa confiance, c'était déjà ça. Parce qu'elle en était certaine, ils parviendrait à le sortir de ce mauvais pas. En tout cas, rien n'augurait que quoi que ce soit les en empêche. Comme elle l'avait dit, elle ne comptait pas le laisser tomber.




    She'll suck you dry... But still you'll cry, to be back in her bosom. To do it again. She'll make you weep... And moan and cry, to be back in her bosom. To do it again... Saviors and saints, devils and heathens alike... She'll eat you alive.
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MessageSujet: Re: Someone that you're with ▬ Anja    Dim 28 Juil - 18:16

« Je te laisserai pas tomber... » En cinq petits mots, Anja parvenait à apaiser mes angoisses et à suspendre une solitude omnisciente. C’était exactement ce que j’avais besoin d’entendre. Pour la première fois depuis longtemps, je ne me sentais plus seul face à mes difficultés. Peut-être que j’avais noircis le tableau et que j’avais tord. Au fond, il existait peut-être une solution pour que je m’en sorte. Cela n’avait l’air de rien, mais je ne pensais pas Anja capable de s’obstiner sur une cause perdue. Elle était trop « Anja » pour s’engager dans un combat perdu d’avance. Là encore, nous nous ressemblions. A partir du moment où je n’y croyais pas, je me donnais pas les moyens d’y arriver. Anja avait dû le comprendre car elle avait cherché à m’insuffler l’espoir qui me manquait. Subtilement, la jeune femme m’aidait à mieux assumer la situation et à remonter la pente, doucement, lentement. Ce n’était pas une guerre que je gagnerais demain, mais avec Anja à mes côtés, je ne comptais pas me rendre sans combattre. Si j’avais une petite chance de m’en sortir, je serais con de ne pas la saisir, non ? Anja dégageait tellement d’assurance que je lui faisais instinctivement confiance. Je n’avais pas besoin de tout savoir sur elle. Prétentieux, je pensais savoir l’essentiel et surtout je voyais un « on » une marque d’affection qui me réchauffait le cœur. Ce n’était rien, rien du tout et pourtant j’étais conquis par l’attitude d’Anja. Ses mains sur mon corps, ses paroles glissées à mon oreille… Tout chez elle me séduisait. J’appréciais tellement l’instant que j’appréhendais son départ. Le réveil indiquait que la matinée était déjà avancée… Anja n’avait pas que moi dans sa vie, malheureusement. Avec elle, j’étais bien et je n’avais aucune envie que cela s’arrête. Réfugiés dans notre bulle, j’aurais aimé suspendre le temps et rester dans ce cocoon confortable qu’Anja avait le don de créer.

Pour parfaire le tableau, Anja se prêta aussi aux jeux des confidences. Grâce à ses quelques informations qu’elle me livrait, j’avais moins le sentiment d’être en position de « faiblesse ». Je savais qu’Anja n’avait aucun intérêt à me manipuler pour obtenir quelque chose, mais en acceptant de se livrer un minimum, Anja prouvait que notre relation n’était pas à sens unique. Mieux, elle me démontrait que c’était vraiment une relation… même si pour des questions politiques, je m’abstiendrais de le lui faire remarquer. Notre relation – liaison était très bien comme elle était et je me garderais bien de tout foutre en l’air avec des mots maladroits. J’avais compris la leçon et de toute façon je ne voyais pas l’intérêt de tout définir entre nous. Anja semblait décidée à être là pour moi, et c’était précisément ce que je voulais. Pourquoi vouloir plus ? Cela serait prendre le risque de tout perdre. Contrairement à certains ambitieux, j’avouais me contenter de ce que j’avais. Evidemment, je voulais plus… mais je ne l’exigeais pas et respectais l’intimité d’Anja. C’était quelque chose qui devait particulièrement lui plaire, connaissant sa réserve naturelle et sa réticence à se livrer. Anja était une femme mystérieuse et j’avouais être séduis par cette part de mystère qu’elle cultivait si bien. Cela soulevait des interrogations et attisait le désir. Un désir toujours palpable entre nous. C’était physique, chimique, instinctif entre eux. Nous étions incapables de lutter contre l’attraction que nous exercions et surtout… on ne souhaitait vraiment pas résister. A mes yeux, le métier qu’exerçait Anja n’avait rien de choquant. Certes, c’était peu banal, intriguant… un peu excitant, mais certainement pas choquant. Les détails de son buisines, comme les conditions de travail de ses employées ne me regardaient pas et je ne comptais vraiment pas m’en mêler. Qui j’étais pour juger ? Franchement, je n’avais jamais été aux putes de ma vie, alors je ne comptais pas faire de commentaires. Cela ne m’empêchait pas de me poser des questions… y’avait des hommes dans son agence ? Anja était moderne alors j’imaginais qu’elle devait avoir des… « Produits » pour tous les gouts. Aussi sexiste que cela soit, cela me choquait plus que cela soit des hommes qui se prostituent plutôt que des femmes. Une preuve que mon ouverture d’esprit connaissait quelques limites. Est-ce qu’Anja recourrait à ses services ? Probablement que non… quand même… elle n’en avait pas besoin.  Je me demandais ce qui devait se dire dans son bureau… Est-ce qu’Anja donnait des conseils ? Il fallait admettre que le milieu du sexe était plus qu’intriguant… Il y avait de quoi nourrir la curiosité d’un mec. D’autant plus qu’Anja n’évoquait pas clairement le sujet et que mon imagination pouvait s’avérer débordante. Cela me rappelait cette histoire de caméra que j’avais très envie de concrétiser… On y pensant, Anja devait faire face à toutes sortes de demandes d’illuminés, de pervers… je ne cracherais pas sur quelques anecdotes croustillantes, simple curiosité. Je résistais à la tentation de poser des questions et me collais contre Anja juste le temps de lui confier tout le bien que je pensais d’elle. Je ne le réalisais pas, mais j’avais vraiment cette femme dans la peau pour lui confier à demi-mot mon admiration. Anja devait faire beaucoup d’envieux que cela soit dans la gente féminine ou masculine. Mais elle ne devait rien à personne, alors pourquoi elle se priverait des avantages de sa réussite ? Au contraire, elle devait en profiter avant que cela ne s’effondre. Je savais de quoi je parlais, malheureusement.

Câlin, je promis à Anja de payer ma dette et de lui offrir un massage, une prochaine fois. La promesse ne tomba pas dans l’oreille d’une sourde. « Ouh. Je retiens. Je réclamerai. » J’avais hâte qu’Anja réclame… vraiment très très hâte. « C’est très sexy. » commentais-je amusé. Très proches, je mordillais les lèvres d’Anja dans une complicité quasi-parfaite. Anja se rapprocha de moi et je ne m’écartais pas, bien au contraire. Ma main pressa sa chute de rein et la seule chose qui me refreina furent les mots d’Anja. Brutalement, la jeune femme devenait sérieuse… Je fis la moue, déçu comme un gamin qui venait de se prendre une punition mais quelques secondes plus tard, je me reculais pour écouter attentivement Anja. Les conseils ne tombaient pas dans l’oreille d’un sourd. Consciencieusement, je hochais la tête. Anja avait raison, jouer la transparence valait mieux que d’attendre que le big boss découvre tout. Cela dit… je n’étais pas prêt à faire n’importe quoi pour sauver ma peau. Facile à dire mais… vraiment, il y avait certaines choses que la mafia faisait certainement mais que jamais je ne pourrais faire. J’étais pas un tueur, et je ne comptais pas le devenir. « Je vais faire comme ça. » affirmais-je. Evidemment, j’étais loin d’être serein mais…. Je faisais confiance à Anja. De toute façon, les choses ne pouvaient pas vraiment empirer. Doucement mais fermement, Anja s’éloigna et j’ouvris à regret les bras pour la libérer. « Et après tu m'appelles. Tu me dis comment ils ont réagi, ce qu'ils ont répondu et... on avisera. Je vais devoir filer. Il faut que je vois le patron aujourd'hui. Si ça ne va pas, je pourrais toucher un mot pour toi... » Je la regardais avec un regard noir, furieux… Elle n’avait rien compris ! « Je plaisante. Pas d'implication, je sais. » Mauvais joueur, je marmonnais : « C’est même pas drôle. » La jeune femme m’embrassa rapidement et tout comme elle, je résistais à l’envie de la plaquer à nouveau contre moi. Anja était un appel perpétuel à la tentation. Comme un coq en pâte, je la regardais se rhabiller à regret. « Si je me refais casser la gueule, tu reviens jouer les infirmières ? » demandais-je complice avant d’ajouter joueur : « Je cherche pas du tout à en profiter ! » Ou peut-être un tout petit peu, mais je le valais bien, non ? Grâce à Anja, j’avais retrouvé mon sens de l’humour. Alors qu’Anja était prête à me quitter, je lui demandais de m’attendre, j’enfilais rapidement un jean et un tee-shirt pour la raccompagner jusqu’à sa limousine ou intercepter pour elle un taxi. J’avais envie de profiter de ces instants jusqu’au bout. « N’oublies pas ça… ça pourrait servir… un jour. » confiais-je en glissant la caméra dans la sac à main de la jeune femme. Egal à moi-même, je ne perdais pas de vue mes idées. Dès le couloir de mon appartement, ma main quitta les hanches d’Anja, je lui redonnais de bonne grâce sa liberté. Etrangement sage dans l’ascenseur, je ne tardais pas à lui confier qu’il me tardait de la revoir au plus vite. Des mots chuchotés à son oreille, un dernier baiser – qui m’obligea à la plaquer contre la paroi de l’ascenseur et je laissais Anja m’abandonner. Une petite voix me souffla qu’elle ne sera jamais loin et mon cœur se serra en songeant qu’elle était déjà trop loin…
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