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 Everything looks darker in here [Ray]

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Reine des Glaces
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MessageSujet: Everything looks darker in here [Ray]   Ven 6 Sep - 17:08




Elle en avait raté, des choses, pendant ses deux mois en totale autarcie. Cela faisait un peu plus de deux semaines qu'elle était enfin revenue à la réalité, enfin presque. Au moins était-elle sortie de sa villa. C'était Erwan qui l'y avait plus ou moins forcée, en défonçant son portail. Et après six jours à des centaines de kilomètres d'ici, dans un chalet au bord d'un lac, ils étaient finalement revenus à New-York. Pas de retour à la normale tout de suite néanmoins, il l'avait convaincue de passer un mois de "vacances" avec elle, sur son yacht. Ils revenaient toutefois de temps en temps à New-York et Anja revenait doucement vers l'agence. Elle reprenait en main son business, peu à peu, après l'avoir totalement laissé aux mains de son bras droit dans lequel elle avait totalement confiance. Après la mort - le meurtre - de Sevastyan, elle s'était plongée dans une spirale d'auto-destruction à passer ses journées à boire, se droguer, dormir et pleurer. Son corps en avait pâti. Elle avait beaucoup maigri et était devenue dépendante à l'alcool. Evidemment elle ne s'en était absolument rendue compte sur le moment. Ce fut Erwan qui le lui révéla quand elle fit sa première crise de manque. Cela faisait de nombreux jours et elle commençait à aller un peu mieux. Les crises se faisaient de plus en plus rares et elle avait repris un peu de poids. Evidemment, elle ne buvait plus une goutte d'alcool, du moins pas pour le moment. Elle y reviendrait probablement dans quelques mois, quand le spectre de Sevastyan ne la hanterait plus. Mais quelque part, elle avait eu de la chance. Si Erwan avait attendu un peu plus longtemps avant de l'arracher à sa torpeur, elle aurait probablement atteint un point de non-retour et les conséquences auraient été irréversibles. Ce n'était pas le cas. Il lui fallait juste un peu de temps...

Mais le temps, justement, ne s'était pas arrêté avec elle. La terre avait continué de tourner et les gens avaient poursuivi leurs vies, prenant parfois des tournants inattendus. C'était cette vérité qui lui revenait en plein visage alors qu'elle regardait, ébahie, les images qui défilaient sur la télévision. Elle n'avait rien vu, n'avait pas été là pour le voir. On aurait peut-être pu la prévenir si elle n'avait pas ordonné qu'elle voulait rester seule. Peut-être même qu'il avait essayé de l'appeler et lui avait laissé un message, lui aussi. Elle n'avait toujours pas rallumé son téléphone, dont la boîte vocale devait être pleine à ras bord. Et, abasourdie, elle découvrait via les informations que Ray s'était rendu et que le procès avait même déjà eu lieu. Incarcéré dès qu'il avait été voir les forces de l'ordre puisque fugitif, il avait pris pour deux ans de prison. Sous le choc, elle avait expliqué à Erwan assis à côté d'elle qu'elle connaissait l'homme qu'ils voyaient sur l'écran. Et qu'elle comptait lui rendre visite dès qu'ils feraient une escale à New-York. Sachant qu'elle pouvait faire confiance à l'ancien médecin, elle lui avait vaguement expliqué qu'elle l'avait hébergé au-dessus de son agence pendant sa cavale. Un peu curieux, il avait posé quelques questions sur la manière dont elle l'avait connu et avec un petit sourire, elle avait avoué qu'elle avait failli tromper son mari avec lui. Ca lui semblait appartenir à une autre vie, ces souvenirs. Parce qu'elle n'était plus mariée à Stanislas. Et parce que cela faisait de nombreux mois qu'il ne s'était rien passé entre Ray et elle. Ce n'était pas elle, c'était lui qui n'avait plus donné de nouvelles. Elle ne lui en voulait pas, elle pouvait comprendre qu'il ait trouvé une histoire plus sérieuse. Elle ne lui avait pas demandé d'explications puisqu'ils n'avaient été que des amants. Amants devenus plus ou moins amis puisqu'elle l'avait aidé, à plusieurs reprises, quand il le lui avait demandé. Du moins, comme elle avait pu. Elle gardait en revanche un souvenir très vivace de l'arme qu'il avait pointée sur elle parce qu'elle ne voulait pas intervenir pour l'aider à retrouver sa fille. Alors, même si leur relation était un peu ambigüe et tendue, maintenant qu'elle savait où il se trouvait, elle voulait aller le voir. S'assurer qu'il allait bien.

Un coup de fil lui avait suffi pour connaître les prochaines visites et, deux jours plus tard, elle se trouvait au sein même de Rikers Island. C'était Erwan qui l'avait déposée devant la prison, lui demandant avec humour de ne pas y rester. Il ne connaissait pas exactement toutes ses activités mais il devinait que ce serait suffisant pour l'envoyer dans ce genre d'endroit. Il n'avait pas tord, il n'imaginait juste pas à quel point. Ils auraient aimé, avoir un indice, trouver un moyen de la faire enfermée là-dedans. Ils avaient failli, avec Sevastyan. Mais elle avait trouvé une solution radicale pour éloigner le problème et les faire repartir bredouille. Mais rien que pour ça, elle l'aurait mérité. De croupir à vie dans une cellule. C'est en se faisant cette réflexion qu'elle tendit sa carte d'identité pour qu'ils procèdent à l'identification. On la fouilla, on vérifia ses vêtements. Rien de trop provoquant, rien qu'une jupe de tailleur et un chemisier à manches courtes. Et pas de bijoux, surtout. Elle avait tout retiré et tout laissé sur le yacht. Les vérifications terminées, elle glissa mine de rien une grosse coupure à l'un des agents pour savoir s'il n'était pas possible d'avoir un entretien un peu plus privé, dans une salle, sous surveillance. Mais pas avec tous les autres détenus ni au parloir. Une deuxième coupure lui garantit ce qu'elle souhaitait et elle se laissa guidée en silence. En route ils ne croisèrent personne d'autre que des gardiens. La dernière fois qu'elle était venue ici, elle avait assisté au dernier soupir de Cash Systol. Et elle détestait toujours autant cet endroit. C'était gris, c'était froid, c'était déprimant. Mais c'était fait exprès. Dans un endroit comme celui-ci, elle était certaine qu'elle ne se serait jamais remise de ce qu'elle avait fait subir au petit bambin. Son fantôme ne l'aurait jamais abandonnée mais ce devait être ça, le but.

Après avoir marché quelques minutes, l'agent qu'elle avait soudoyé ouvrit une porte et lui demanda d'attendre à l'intérieur le temps qu'on amène le prévenu. La pièce était vide et ne possédait qu'une table et deux chaises l'une face à l'autre. Les quatre murs étaient aussi gris que le reste de la prison. Seule une petite fenêtre se trouvait à côté de la porte, probablement pour qu'on puisse jeter un œil à ce qui se passait dans la pièce depuis l'extérieur. Alors, la russe se dit que ce devait être un bureau qu'ils utilisaient pour les visites et qu'elle ne devait pas avoir été la première à avoir donné un petit extra pour un peu d'intimité. Assise sur la chaise, elle patienta de longues minutes avant que la sonnerie reconnaissable d'une porte de prison que l'ouvre ne retentisse. La porte finit par s'ouvrir et elle se leva de sa chaise. L'agent s'écarta pour laisser le détenu entrer. Ray s'avança sous les néons blafards. Il avait les traits tirés et avait perdu du poids. Était-ce à ça qu'elle avait elle-même ressemblé quand elle se détruisait à petits feux ? Peut-être. Après tout, elle avait fait de sa villa sa propre prison et le gardien n'était autre que l'esprit vengeur de Sevastyan. Mais ici, Ray n'était pas tout seul et l’œil au beurre noir qu'il arborait le rappelait très bien. La tenue orange lui donnait des airs de bad boy, elle qui l'avait toujours vu comme un homme respectable, mais cela n'avait rien de comique.


    « Vous avez une heure. »

La tirant de son observation, l'agent referma la porte derrière lui, restant devant celle-ci après avoir jeté un coup d’œil dans la fenêtre comme pour leur signifier qu'il surveillait. Reportant son attention sur Ray, elle ne savait pas bien quoi dire. Lui demander comment il allait était ridicule, elle le voyait bien. Ca n'allait pas très fort. Mais dans un endroit comme celui-ci, elle ne voyait pas bien comment il aurait pu aller mieux. Aux vues de leurs antécédents, elle ne savait pas bien non plus comment elle devait se comporter. Sur quel pied danser. Elle l'avait aidé oui mais certainement pas autant qu'il l'aurait voulu. De plus, il ne devait pas avoir la moindre idée de ce par quoi elle était passée. Mais à la vérité, il n'avait jamais su non plus qu'elle s'étaient improvisée mère pour une année. Il ne savait rien de Sevastyan. Tout au plus, s'il avait essayé de la joindre, on lui aurait répété à l'agence ce qu'on avait dit à tous : qu'elle ne voulait voir personne. Lui en voulait-il ? Elle n'en avait pas la moindre idée aussi elle resta immobile, n'osant pas s'approcher. Cela ne faisait que quelques secondes qu'il était entré et elle ne savait toujours pas quoi dire néanmoins elle se décida à briser le silence.

    « Je viens tout juste d'apprendre. Je ne savais pas que tu t'étais rendu. Je suis venue presque aussitôt. »




    She'll suck you dry... But still you'll cry, to be back in her bosom. To do it again. She'll make you weep... And moan and cry, to be back in her bosom. To do it again... Saviors and saints, devils and heathens alike... She'll eat you alive.
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MessageSujet: Re: Everything looks darker in here [Ray]   Sam 7 Sep - 19:48

« Chimiste, hein ? » Un rire glacial étira les lèvres gercées de son interlocuteur alors qu'il s'approchait de lui en haussant les épaules, visiblement amusé par la situation. « Tu sais ce qu'on leur fait, aux scientifiques dans ton genre ? » Ray n'eut pas le temps de réfléchir ou de réagir qu'un coup de poing l'atteignait aux côtes, qu'un autre suivait en lui donnant la désagréable impression de lui exploser l'oeil et la joue. Merde. Lorsque les gardiens de la prison intervinrent afin de séparer les deux détenus, le chimiste était en piteux état et l'autre semblait rayonner dans sa combinaison orange. On renvoya les deux hommes dans leurs cellules respectives et Ray se laissa tomber sur son lit de camp en grimaçant, les côtes et le visage douloureux. Au début, il comptait les jours, mais désormais, il en avait perdu le fil. Chaque fois qu'on lui balançait un coup de poing à la gueule - ou ailleurs - il s'était promis de ne pas répliquer, de ne pas frapper en retour. Il méritait cette torture physique et il ne voulait leur donner aucune raison de le garder encore davantage entre ces murs pourris. « Je vais te sortir de là. C'est promis. Mais n'oublie pas: attitude exemplaire. » lui avait dit avec sérieux son avocat avant de tourner les talons en direction de la porte de sortie de l'établissement. Il ne devait pas se faire prendre, il devait se montrer calme afin de prouver au juge qu'il n'était pas un danger public, qu'il avait agi simplement parce que c'était la seule option qui lui était encore donnée d'entreprendre après que la police de New York eut abandonné les recherches. Il lui avait dit qu'ils allaient jouer là-dessus, qu'ils pouvaient même prétendre que le drame avait causé chez lui une faiblesse psychologique, que Ray avait perdu toute morale en apprenant la disparition de sa fille. Le juge était difficilement influençable, mais le jury, constitué de citoyens lambdas, pouvait fortement intercéder en sa faveur et le soutenir. Pour ça, il ne devait en aucun cas leur donner l'occasion de s'en prendre à lui autrement. S'il désirait revoir sa fille, il tolérerait sans broncher les sévices de la prison, en somme.

La plupart du temps, Ray demeurait dans sa chambre afin d'avoir la paix, mais ses pensées tournoyaient alors dans sa tête tel un véritable ouragan, si bien qu'il finissait par quitter son refuge afin de rejoindre la salle commune. Ce ne fut que quelques jours plus tard qu'on vint le rejoindre dans sa chambre alors qu'il était étendu sur son lit, vêtu de sa combinaison orange, son oeil orné d'une ecchymose bleuâtre. Anja Malkovski était venue le voir. Anja ? Il avait tenté de l'appeler lorsqu'il avait retrouvé sa fille, avait tenté de la rejoindre afin de la remercier pour le petit appartement qu'elle lui avait gentiment offert et lui confirmer qu'il n'aurait plus besoin de l'utiliser, désormais. Évidemment, ses essais téléphoniques s'étaient révélés infructueux et il n'avait laissé aucun message afin de ne pas prendre de chance. Si jamais sa ligne téléphonique venait à être surveillée, Anja aurait pu être en danger. Et lui aussi. Les flics ne devaient attendre qu'une preuve de plus afin de la mettre sous les barreaux et lui-même était déjà recherché, jamais il n'aurait osé lui laisser un message.

Surpris par l'initiative de la russe, il se releva de son lit en grimaçant et passa une main dans ses cheveux afin d'espérer dompter ses cheveux désormais un peu plus longs qu'à son habitude. On le prit par le bras sans prendre la peine de lui passer les menottes puisque le chimiste n'avait jamais posé ne serait-ce qu'un seul geste déplacé depuis son arrivée ici. Entouré de deux hommes suffisamment costauds pour le mettre à terre en une fraction de seconde, ce n'était pas vraiment à son avantage de jouer les durs à cuire et il les suivit sans protester jusqu'à la petite pièce grise. Il ne s'était pas attendu à la visite d'Anja et il n'avait pas cru qu'elle ferait le trajet jusqu'ici pour venir le voir, pas après ce qui s'était passé lorsqu'il avait pété les plombs. Elle était venue le chercher lorsqu'il s'était fait tabasser par il ne savait quel enfoiré, mais tous deux n'avaient pas vraiment eu la chance de parler et Ray n'avait pas pu savoir si elle lui reprochait encore son comportement.

Et pourtant, la russe était bien là. Elle s'était relevée de sa chaise et l'attendait sagement, le détaillant discrètement.

Ben oui, Anja. La prison ne me réussit pas. semblait-il vouloir dire alors qu'il posait ses prunelles azurées sur la jeune femme, tournait la tête afin de suivre des yeux le gardien qui s'éclipsait. lorsqu'il reporta son attention sur la femme qui se trouvait devant lui, il comprit à quel point ça lui faisait du bien de la voir. Il resta pourtant silencieux jusqu'à ce qu'elle ouvre la bouche la première, jusqu'à ce qu'elle lui dise qu'elle appris pour lui et qu'elle était presque venue tout de suite. Un sourire sincère - mais qui ressemblait un peu à une grimace vu la douleur qui se propageait lamentablement dans chacune des fibres de son corps - étira ses lèvres et il s'approcha d'elle jusqu'à la serrer contre lui sans même prendre garde à l'élancement soudain de ses côtes explosées. « Tu n'étais pas obligée de venir. » fit-il en un murmure alors qu'il relâchait son étreinte, prenant brusquement conscience de l'étrange situation au sein de laquelle il venait de les enliser. « Mais je suis heureux que tu sois là. » avoua-t-il finalement en posant ses yeux bleus sur elle. Heureux de voir un autre visage connu, plus sympathique que ceux des gardiens et des détenus réunis. « J'imagine que tu as compris que je n'ai pas été très bien accueilli. » Il rit un peu, haussa les épaules en désignant son oeil et sa mâchoire blessée.

« J'ai essayé de t'appeler, pour te le dire. » débuta-t-il lentement en détaillant les traits de son visage afin d'y déceler une expression différente. Il prit place sur la chaise qui se trouvait de l'autre côté de la table avec une grimace de douleur, sans néanmoins lâcher la brune des yeux. « Comment tu vas ? » Parce qu'il en avait déduit qu'elle n'allait pas bien. Qu'elle ne prenait pas ses appels parce qu'elle n'avait envie de parler à personne. De toute façon, la réceptionniste de l'agence le lui avait confirmé et le bras droit d'Anja le lui avait reconfirmé lorsqu'il avait maintenu sa position et demandé à lui parler absolument. Au moins, elle pouvait se vanter d'avoir un personnel efficace.
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MessageSujet: Re: Everything looks darker in here [Ray]   Lun 9 Sep - 0:07

Elle venait de refermer la bouche quand elle se dit que ce qu'elle venait d'expliquer, il n'en avait probablement rien à faire. Ca devait lui faire une belle à jambe, à lui qui était enfermé entre ces quatre murs, de savoir qu'elle était venue le voir aussi vite qu'elle l'avait pu. Qu'elle venait tout juste d'apprendre la nouvelle. Peut-être n'en avait-il rien à faire. Mais un sourire sur les lèvres du chimiste lui indiqua le contraire et elle le lui rendit brièvement avant qu'un sentiment de surprise ne la happe, comme elle le voyait s'approcher puis, la seconde d'après, qu'elle le sentit contre elle. Elle ne savait pas vraiment d'où ça venait mais c'était là. Peut-être parce qu'ils n'avaient plus été en contact, amical ou plus, depuis un bon moment. La dernière fois, c'était à peine pour l'aider à rejoindre l'appartement après qu'elle ait été le chercher. La fois d'avant, il la menaçait d'une arme en lui demandant où était caché son coeur. Elle avait beau l'avoir aidé comme elle avait pu, elle n'avait jamais cherché à le réconforter. Ne l'avait jamais pris en pitié. Alors cette étreinte lui paraissait un peu étrange. Peut-être aussi parce que depuis quelques temps, le seul homme qui posait la main sur elle était Erwan. Est-ce que c'était normal, qu'elle ressente une espèce de légère gêne au contact d'un autre, alors même que celui-ci avait déjà visité son lit ? Un peu empruntée, elle finit par passer ses bras autour de lui. Dans ce monde brutal, il devait certainement prendre toutes les marques de douceur qui se présentaient à lui, y compris lorsqu'ils venaient des bras à peine réticents d'une maquerelle. Ses sourcils se froncèrent une seconde quand il énonça qu'elle n'était pas obligée de venir et, en guise de réponse, quand il la lâcha et se recula, elle lui fit un petit sourire. Elle savait. Mais lui devait aussi savoir qu'elle n'était pas une femme que l'on forçait à quoi que ce soit. Si elle était là, c'était qu'elle le voulait. Et tant mieux parce que sa présence lui allait aussi.

La brune se permit de le détailler un peu plus gravement, un peu plus précisément comme il mentionnait son accueil peu chaleureux. Elle voyait ça oui. Elle songea qu'elle aurait pu demander à la mafia russe de faire passer le message aux hommes qu'elle avait ici de dissuader quiconque de toucher encore au chimiste. Mais à la réflexion elle se ravisa. Il ne devait probablement plus rien avoir envie à faire avec les gens de son monde et ça ne serait peut-être pas lui rendre service. Elle préférait rester en-dehors de ses histoires, il ne s'en porterait probablement que mieux. Même si elle n'aimait pas beaucoup le spectacle qu'elle voyait. L'hématome sur son œil s'étendant à sa joue. Et les petites grimaces de douleur qu'il faisait régulièrement, dès qu'il esquissait un geste qui requérait l'usage de ses muscles situés aux mauvais endroits. Il prenait la chose à la légère, du moins essayait de le lui faire croire, en riant et haussant les épaules mais elle n'était pas dupe. Il parvenait peut-être à apaiser les inquiétudes de ses autres visiteurs mais elle voyait derrière son rire et devinait les moments de solitude et de souffrance qui devaient peser sur lui chaque jour. Et comme elle ne voulait pas l'encourager dans la voie de l'amoindrissement de ce qu'il vivait, elle ne répondit pas à son rire et se contenta de poser sur lui un regard bienveillant.

Comme d'autres, il avait essayé de l'appeler et s'était heurté à un silence buté. Regardant ses pieds une seconde, elle ne pouvait cependant pas s'en vouloir de n'avoir pas été présente. Elle avait eu suffisamment à gérer de son côté. Sans un mot elle prit place face à lui, se rasseyant sur la chaise qu'elle venait de quitter, et releva finalement son regard vers le sien. Un léger malaise l'envahit quand il continua. Elle ne s'était pas attendue à cette question... Comment allait-elle ? Et elle voyait dans ses yeux qu'il avait compris que son silence et son indisponibilité étaient le signe que quelque chose n'allait pas. Essayant de garder une certaine contenance, un petit rictus quitta ses lèvres tandis qu'elle secouait doucement la tête. Prise sur le fait. Elle finit par acquiescer doucement en lui répondant d'une voix pas très élevée ni très sûre d'elle.


    « Mieux. Du moins j'espère. »

Elle était encore en voie de rémission et pas tout à fait prête à reprendre sa vie là où elle l'avait arrêtée. Mais ça allait mieux, oui. Ca commençait. S'il l'avait vu deux semaines plus tôt, elle lui aurait certainement fait peur. Après une seconde d'un silence pas vraiment pesant, elle reprit, cette fois très sincère.

    « Je suis contente que tu aies retrouvé ta fille. »

Une petite boule lui serra néanmoins la gorge. La fille de Ray avait été enlevée par Cash. Et si elle n'avait pas pu l'aider, c'était bien parce qu'elle avait elle-même enlevé un enfant. Pour Ray, l'histoire se terminait bien. Il avait retrouvé sa petite fille. Dans son cas, c'était tout l'inverse. La mère de Sevastyan ne le reverrait jamais et elle non plus. Un voile passa devant son regard et en un flash, elle revit l'oreiller qu'elle pressait avec force sur lui puis, la seconde d'après, son visage livide. Prise d'un léger vertige, elle sembla néanmoins revenir à elle. Comme si elle s'était absentée, plongée dans ses pensées - morbides -, l'espace de quelques secondes. Et, toujours comme si elle se réveillait, elle regarda autour d'elle furtivement. Pour essayer de reprendre pied dans la réalité, se raccrocher au moment présent. Son regard se reposa sur le prisonnier et elle se souvint pourquoi elle était là. Changeant totalement de sujet pour chasser le fantôme du petit garçon, elle croisa ses mains sur la table en reprenant ses airs de femme intouchable.

    « Tu as un bon avocat ? »




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MessageSujet: Re: Everything looks darker in here [Ray]   Mer 11 Sep - 15:12

Elle allait mieux. Anja s'était toujours - ou presque - montrée douée afin de lui cacher ses états d'âmes et il attribuait certainement cette caractéristique au fait qu'elle faisait marcher son business presque toute seule depuis trop longtemps déjà. Elle se devait d'être une femme d'affaires et comme tant d'autres avant elle, la russe lui donnait l'impression d'avoir abandonné certaines de ses valeurs au profit de celles, beaucoup plus rigides et strictes, du monde au sein duquel elle évoluait. Il avait pourtant compris qu'elle allait mal lorsqu'il avait tenté de lui téléphoner et il avait cru, de prime abord, que les travaux nécessaires à la reconstruction de l'agence lui prenaient tout son temps ou bien l'avaient totalement atterrée. Voir ce qu'on avait mis toute une vie à bâtir s'effondrer en un claquement de doigt ne faisait jamais plaisir à personne et le chimiste pouvait en témoigner maintenant qu'il avait presque tout perdu. Plus encore, il perdrait bien plus que ce qu'il avait déjà abandonné derrière lui, mais il tentait de ne pas y réfléchir. Pas maintenant. Il pourrait tout laisser de côté si le juge le lui demandait, du moment qu'il puisse être à la maison, avec Tara et Charlie. En réalité, il n'avait plus rien à perdre et il accepterait la décision, quelle qu'elle soit, dès l'instant où il saurait avec certitude qu'il pourrait retrouver celles qui comptaient le plus à ses yeux désormais. Et puis, il s'était dit qu'elle n'était pas du genre à se laisser abattre par une catastrophe naturelle. Qu'il devait y avoir autre chose pour qu'elle refuse carrément de prendre ses appels. On ne lui avait pas dit de laisser un message parce qu'elle était absente du bureau directorial, on lui avait dit qu'elle ne répondait pas au téléphone et qu'elle ne voulait voir personne. Alors, c'était bien plus grave que ce qu'il avait d'abord imaginé et il espérait sincèrement qu'elle ait pu surmonter ses problèmes.

Il hocha légèrement la tête lorsqu'elle affirma qu'elle allait mieux et il détailla discrètement ses traits afin de s'assurer qu'elle ne lui mentait pas. Il la crut sincère, mais de toute façon, qui était-il pour remettre en question ses propos ? Elle devait savoir, mieux que quiconque - et certainement mieux que lui - comment elle allait. Et lorsqu'elle parla de Charlie, les yeux du chimiste s'humidifièrent instantanément et il dut baisser la tête afin de chasser les perles salées qui ne le quittaient plus que très rarement lorsqu'il repensait à la petite fille.

« C'est une petite combattante. Elle fait beaucoup de progrès et ... » Je ne suis pas là pour les voir, jours après jours. fut-il à deux doigts de rajouter en relevant les yeux vers celle qui lui faisait face. « Elle est entre de bonnes mains. » avoua-t-il finalement en haussant légèrement les épaules. Après tout, il connaissait sa peine. Il en avait pour deux ans de prison. Deux ans. À chaque fois qu'il pensait à sa peine d'incarcération - et ce malgré l'assurance de son avocat, qui lui répétait inlassablement qu'il le ferait sortir avant même qu'il n'ait eu le temps de s'habituer au gris des murs de sa cellule - une boule se formait dans le creux de son ventre et il poussait un soupir résigné. Il ne pouvait rien faire d'autre, de toute façon, puisqu'il se retrouvait entre les mains de la justice américaine. Le temps. Seul le temps lui permettrait de quitter enfin ses murs, il en était presque convaincu. Il avait observé la russe alors qu'elle semblait plongée dans ses pensées, elle aussi, le visage grave, mais ne s'y était pas attardé. Même s'il aurait aimé comprendre ce qui l'avait tracassée à ce point-là. Il 'avait toujours crue inébranlable, forte et totalement insaisissable, mais voilà que la coquille qu'elle avait dressé autour d'elle semblait s'être lentement fissurée.

Non. Bien sûr que non. Anja quitta les pensées qui lui donnaient des sueurs froides et il ne la quitta pas des yeux, sourit à sa question. Grimaça aussi.

« Je pense. Un ancien copain de fac. Je ne l'avais pas vu depuis longtemps, mais il a l'air de faire du bon boulot. » Et puis, comme si c'était un secret, il s'approcha un peu d'elle afin de parler tout bas. « Il dit qu'il peut me faire sortir d'ici bientôt, mais j'ai du mal à le croire. Je devrai attendre d'avoir le crâne bien au chaud sous les rayons du soleil pour ça, j'imagine. » Il sourit un peu en passant une main nerveuse dans ses cheveux.

« Je n'ai jamais vraiment eu la chance de te remercier pour tout ce que tu as fait pour moi depuis un an. Je le fais maintenant. » avoua-t-il en posant son regard bleu brillant sur elle. Elle l'avait hébergé au-dessus de l'agence pendant longtemps et même si ce geste n'était sans doute pas le pire qu'elle ait pu commettre - Ray était loin d'être dupe - elle l'avait tout de même fait, sans trop d'hésitation. Pourtant, il ne pouvait s'empêcher de se dire qu'elle n'avait absolument rien fait pour sa fille alors qu'elle aurait pu tenter quelque chose, avec tous ses contacts. Elle connaissait Lebovski, elle connaissait Systol, elle aurait pu essayer. Mais elle n'avait rien fait. « Je sais bien à quel point tu te fous de ma fille, en réalité. Je peux te demander pourquoi tu es venue ? » Son ton n'était pas un reproche et il était même plutôt doux, comme résigné. Il avait simplement envie de savoir, envie de savoir pourquoi elle avait fait tout ce trajet pour venir le voir, lui. Elle devait avoir d'autres amis en prison, non ? D'autres crapules à réconforter et à distraire ? Alors pourquoi lui ? Pourquoi lui, alors qu'il lui avait planté un pistolet contre la tempe et qu'il lui avait volontairement reproché tous les mots du monde ?
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MessageSujet: Re: Everything looks darker in here [Ray]   Dim 15 Sep - 13:59

L'espace de quelques instants, elle essaya de comprendre de quoi Ray parlait. Qu'entendait-il par "elle faisait des progrès" ? Quels genres de progrès ? Assurément, il ne devait pas parler de ceux qu'elle avait pu voir Sevastyan développer au fil des mois. Ses babillages plus ou moins compréhensibles qui s'étaient transformés en mots puis en phrases intelligibles. Ses trottinements malhabiles qui étaient devenus des pas plus assurés au point qu'il en arrive à courir sans tomber tous les deux mètres. Ses gestes maladroits qui s'étaient affirmés au fil du temps. Le regard qu'il lui lançait quand il parvenait à mettre sa cuiller dans sa bouche sans en mettre partout ; ou à emboîter correctement deux cubes de plastiques ; ou quand il lui offrait un dessin qui n'avait absolument aucun sens mais qu'il avait fait de tout son coeur pour elle. La fierté qu'il éprouvait quand elle le complimentait ou le félicitait, et même l'attente qu'elle le fasse. Il lui fallut faire un effort surhumain pour garder le chagrin que lui amenaient ces souvenirs enfoui mais par miracle, elle parvint à rester de marbre. Cependant elle se fit la réflexion que ce n'était pas de ce genres de progrès que devait parler Ray. Sa petite fille était bien plus âgé que le petit bambin puisqu'elle se rappelait qu'elle avait déjà quatre ans quand elle avait été enlevé. Ray le lui avait dit, hurlé même. En retenant un soupir, la brune se dit que Sevastyan n'irait jamais jusque cet âge-là... Mais alors de quoi pouvait-il parler ? Elle se souvint que c'était Cash Systol qui avait enlevé la petite aussi, la période de captivité n'avait pas dû être une partie de plaisir et elle en gardait peut-être quelques séquelles. D'où ses progrès, ceux qui lui permettraient de revenir à une vie "normale". Ce serait peut-être un peu plus long puisque son père ne pouvait pas être à ses côtés au quotidien mais de ce qu'il évoquait, elle n'avait rien à craindre là où elle était et ne manquerait de rien. En hochant vaguement la tête, Anja se dit que c'était finalement le principal.

Pour éviter de divaguer trop longtemps dans ses pensées et ne pas risquer de s'écrouler devant le chimiste qui devait probablement avoir assez de problèmes à gérer, elle était revenue sur un sujet beaucoup plus terre-à-terre et pratico-pratique : son avocat. Elle était bien placée pour savoir que la compétence d'un avocat dépendait exponentiellement de son tarif et, elle avait beau avoir mis l'argent de Ray de côté sur l'un de ses comptes, elle ne savait pas s'il avait assez pour se payer la crème ni même s'il avait les contacts suffisants. Et dans ce genre d'affaires, c'était primordial. D'autant plus qu'il y avait matière à le défendre. Même sans être du métier, elle le voyait. Il avait beau être un fugitif et avoir collaboré avec la plupart des criminels recherchés par la police, il ne l'avait pas vraiment fait par choix. C'était sa dernière chance de retrouver sa fille. Avec un bon avocat, elle ne doutait pas qu'il pourrait s'en tirer à mieux que deux ans de prison lors de l'appel. Et comme Ray le lui confiait, elle espérait que son ami fasse l'affaire et parvienne à ce qu'il lui avait promis. Il avait beau être une vieille connaissance, elle espérait sincèrement qu'il ferait l'affaire pour un cas pareil. Qu'il ne s'était pas rapproché de Ray simplement pour booster sa carrière au risque de l'enfoncer plus encore. Dans ces cas-là, il était mieux de ne pas impliquer les sentiments. S'il était question de sauver sa peau, peu importaient les liens de parenté ou d'amitié. La seule chose qui comptait était de s'en tirer. Du moins, c'était la philosophie de la russe et s'il devait lui arriver de devoir passer devant la justice, elle n'aurait aucun remord à prendre un avocat dont elle serait sûre qu'il la sortirait d'un pétrin plutôt qu'un autre, certes plus proche, mais qui s'avérerait moins efficace. Il n'était pas question de pitié quand il s'agissait de sa propre survie.

Toujours face à lui, elle fut à nouveau un peu surprise quand il la remercia. Elle n'était pas venue pour ça, et il ne lui avait pas tant coûté que ça de l'aider. Elle savait qu'il aurait aimé qu'elle fasse plus. Mais elle n'avait pas pu. Elle n'était pas suffisamment hypocrite avec elle-même pour l'aider à retrouver sa fille disparue quand elle-même avait enlevé un petit garçon. Evidemment il ne pouvait pas le deviner, il ne savait rien de tout ce qu'elle cachait. Pour lui, ce devait juste paraître pour un caprice. Peu importait. Elle préférait passer pour une lâche que pour un monstre à ses yeux. Elle avait déjà suffisamment de mal à se voir ainsi elle-même dans le miroir. Sans savoir quoi répondre, elle se contenta de hocher la tête, esquissant un petit sourire qui disparut néanmoins bien vite à ses mots suivants. Sa phrase, bien que prononcée sans amertume, lui fit l'effet d'une gifle. Il pensait qu'elle s'en foutait. C'était ce mot là qui la percuta de plein fouet. Sans un mot elle l'encaissa, les mâchoires un peu serrées. Ce n'était pas ça. Il n'avait pas compris. Mais encore une fois, c'était mieux ainsi, mieux valait qu'il pense cela plutôt qu'il apprenne la vérité. Pour autant, elle n'était plus aussi forte qu'avant mentalement et elle ne pouvait pas rester là à le regarder droit dans les yeux sans ciller. Les lèvres closes, elle baissa son regard sur ses propres mains et seulement alors, elle se rendit compte qu'elle jouait nerveusement avec ses doigts. Elle cessa aussitôt, ramenant ses mains sur ses jambes, sous la table. Après quelques secondes d'un étrange silence, elle inspira doucement puis se décida à relever ses yeux clairs sur lui.


    « Je sais pas... Ca m'a semblé être la chose à faire. Je me suis pas posée la question, quand je t'ai vu à la télé, je me suis dit qu'il fallait que je vienne. Pas pour réclamer des remerciements en tout cas, ça c'est sûr. C'est pas que je m'en fous Ray. Pas vraiment... Mais c'est comme je te l'avais dit : je pouvais pas t'aider. »

C'était déjà ces mots-là qu'elle avait eu, quand il lui avait demandé de l'aide. Elle se rappelait très bien les avoir prononcés, avant qu'il ne l'accuse de pas avoir de coeur, le pistolet pointé sur son visage. Elle profita de cette pause pour s'humidifier légèrement les lèvres avant de reprendre.

    « Je suis venue pour m'assurer que tout allait bien, je crois. Que tu as un bon avocat, qui sera capable de te sortir de là plus tôt que prévu. Te dire que si jamais tu as encore besoin de l'appartement, tu n'hésites pas à le demander. Et le compte, tu t'en sers tant que tu en as l'utilité. Jusqu'à ce que ce se soit calmé et que tu puisses récupérer ton argent sans danger. En fait, je crois que je suis venue parce que, même si tu m'as mis un flingue sur la tempe, ça n'y change rien et que tu peux toujours venir me voir ou m'appeler s'il y a quoi que ce soit. Même malgré les événements récents entre nous. »

Autrement dit, même s'ils n'étaient plus amants et que leur relation était un peu tendu ces derniers temps. Finalement, elle imaginait qu'elle était simplement venue pour ça. Parce qu'elle le respectait toujours et voyait en lui un honnête homme qui ne méritait pas tout ce qu'il lui arrivait. Alors, si elle pouvait faire quoi que ce soit - et à condition qu'elle puisse réellement -, elle le ferait. Elle était simplement venue lui faire une piqûre de rappel. Même si cela lui laissait un étrange arrière goût dans la bouche.




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MessageSujet: Re: Everything looks darker in here [Ray]   Mer 18 Sep - 5:05

Il regretta aussitôt ses paroles lorsqu'il la vit baisser les yeux, lorsqu'il comprit qu'il était allé trop loin. Elle n'avait rien pu faire pour sa fille et même s'il l'en avait crue capable, elle n'avait jamais voulu l'aider pour ça. Mais c'était son choix. Son choix et seulement le sien. Elle avait décidé de le laisser se débrouiller seul et il ne pouvait pas lui en vouloir de ne pas avoir voulu se mêler de ses affaires. Ils n'étaient pas mariés, Anja ne lui devait rien et c'était même plutôt le contraire. Il était celui qui avait une dette envers elle alors qu'elle lui avait permis d'habiter à l'agence pendant près d'un an pour un coût dérisoire, même pour un studio de Brooklyn. Il ne s'était pas cru capable d'habiter le loyer sans fournir ne serait-ce qu'une compensation financière et il regrettait encore ce jour où il lui avait planté un pistolet contre la tempe. Elle n'avait pas mérité ce traitement-là, mais il n'avait tout simplement pas compris les raisons qui la tenaient éloignée de son cas à lui. Elle était déjà une criminelle, dans les faits, non ? De quoi avait-elle peur ? Elle lui semblait habituée à couvrir ses propres arrières, à ne jamais laisser ne serait-ce qu'une infime trace de ses méfaits alors de quoi avait-elle eu peur ? La police n'était encore jamais parvenue à la coincer tellement elle faisait attention à bien garder le tout strictement professionnel et légal, mais il avait bien vu qu'il l'avait effrayée pour de bon, ce soir-là. Elle s'était énervée, elle aussi, elle lui avait même demandé de tirer, mais il n'avait jamais eu l'intention de le faire. Jamais. Parce qu'on ne tuait pas ses amis. Parce que Ray n'avait jamais tué qui que ce soit et qu'il n'aurait jamais été capable de le faire. Surtout pas elle. Il avait ignoré sa détresse et il ignorait ce qui l'avait réellement provoquée, persuadé que ce n'était pas vraiment l'arme en elle-même. Ce ne devait pas être la première fois qu'elle faisait face à une arme et ce ne serait sûrement pas la dernière. Alors pourquoi ? Pourquoi ne l'avait-elle pas foutu dehors lorsqu'elle en avait encore la chance ? Tant de questions sans réponses alors qu'il ne saurait sans doute jamais ce qui s'était vraiment passé ce soir-là dans la tête de la russe.

« Je sais. » murmura-t-il simplement lorsqu'elle lui confirma qu'elle n'avait pas pu l'aider, que ce n'était pas vraiment parce qu'elle n'avait pas voulu. « Ça n'a plus d'importance. » Non. Ça n'avait plus d'importance parce que Charlie était là maintenant. Elle était de retour et même si elle n'était pas au mieux de sa forme, même si elle refusait de parler, elle était quand même là. Avec elle ou sans elle, il était parvenu à la retrouver. Il ne pouvait pas la remercier pour ça puisqu'elle lui avait carrément dit qu'il devrait se débrouiller tout seul pour retrouver sa trace, mais il pouvait la remercier pour tout le reste. Tout ce qu'elle avait fait pour elle depuis sa fuite. L'hébergement, l'ouverture du compte en banque, le support moral lorsqu'il l'avait appelée au beau milieu de la nuit pour qu'elle vienne le chercher dans le stationnement d'un bar miteux du Bronx. Elle était venue. Elle n'avait pas hésité une seule seconde et elle était venue le récupérer, l'avait même aidé à rejoindre son lit alors que chacun des os de son corps semblait hurler sous la torture qu'il leur provoquait en leur demandant de le porter au moins jusque là. En réalité, il ne savait pas vraiment combien de temps il avait attendu avant qu'elle ne vienne le retrouver, tout simplement parce qu'il devait avoir perdu connaissance, entre-temps. La bouche pâteuse, il avait parfois l'impression de se réveiller et il n'avait compris que plus tard qu'il revenait alors à lui, que l'enfoiré l'avait suffisamment tabassé pour que la douleur finisse par le plonger dans l'obscurité.

Il releva des yeux humides vers elle lorsqu'elle lui dit qu'il pourrait toujours venir la voir, qu'elle allait faire tout ce qui était en son possible pour l'aider si ça entrait dans ses cordes et dans son champ d'expertise. Il ne put s'empêcher d'enserrer les doigts de la jeune femme entre les siens lorsqu'elle ramena sa main sur la table et se mordit l'intérieur de la joue, ému par les propos qu'elle avait décidé de lui tenir malgré tout. Ainsi donc, ils étaient véritablement des amis, n'est-ce pas ? Elle ne savait pas si elle lui proposait tout ça simplement parce qu'elle avait conscience qu'il avait son destin entre ses mains, qu'il pouvait la dénoncer s'il l'avait voulu - pour sauver sa propre peau - mais il savait qu'elle le connaissait mieux que ça et qu'il était un homme de principes, malgré tout. Il ne faisait pas partie de la police et ce n'était pas son rôle d'envoyer une amie au trou. Il y était déjà et, à son avis, c'était suffisant.

Lentement, il relâcha l'étreinte de ses doigts sur les siens, ferma les yeux l'espace de quelques secondes avant de les poser à nouveau sur la russe qui lui faisait face. « Ça ne peut qu'aller mieux maintenant. N'est-ce pas ? » Sa petite fille avait été retrouvée et était bien en sécurité avec Tara. Tara elle-même semblait s'accrocher à cette éventualité de le voir revenir bientôt et lui-même s'accrochait à ce bonheur de se savoir rapidement à la maison s'il ne faisait rien de répréhensible. Pendant un instant, il eut envie de lui demander quelque chose, de lui demander si elle n'avait pas un homme qui pourrait veiller sur Tara et Charlie pendant qu'il était parti, si elle ne connaissait pas quelqu'un qui saurait se montrer subtile tout en ne quittant pas des yeux la femme et l'enfant lorsque toutes deux se trouvaient à la maison ou bien lorsqu'elles sortaient ensemble. Un homme avec un flingue à la ceinture, un homme qui saurait se montrer violent et insensible s'il se devait de l'être envers un ennemi potentiel. Mais il refusa ne serait-ce que de demander. Anja n'avait pas à faire ça pour lui et il n'était pas vraiment certain d'avoir l'argent suffisant pour lui payer ce que cet homme lui coûterait. Il faisait confiance à Tara pour bien se débrouiller et pour se montrer prudente lorsqu'elle emmènerait l'enfant en balade, mais il ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour elles. Éloigné de leurs vies, il ne savait que ce qu'elles voulaient bien lui raconter et il avait l'impression de vivre à des kilomètres de là, à des kilomètres de New York alors qu'il ne l'avait pourtant pas encore quittée.

« Je voulais simplement te dire que je regrette. » avoua-t-il en un souffle douloureux alors qu'une quinte de toux indésirable lui donnait l'impression de faire éclater sa cage thoracique. Même la salive pouvait parfois être avalée de travers. « Tu peux venir me voir aussi. Pour tout. » Si elle avait besoin de parler à quelqu'un d'autre, si elle avait besoin d'être écoutée, si elle avait besoin de lui, tout simplement.
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MessageSujet: Re: Everything looks darker in here [Ray]   Dim 22 Sep - 23:30

Une nouvelle fois, la surprise la saisit quand elle vit la main de Ray partir de son coin de table pour venir vers le sien. Puis, quand elle sentit ses doigts serrer doucement les siens. Sans vraiment comprendre, elle releva son regard vers le sien et se retrouva un peu bouleversée de le voir aussi ému. Pas de gêne pourtant. Sa précédente étreinte l'avait mise un peu mal à l'aise étant donné la nature de leur relation et leurs antécédents, sans compter le fait que ces derniers temps, elle n'avait laissé qu'un homme la toucher. Pourtant, à cet instant précis, il n'y avait pas d'embarras. Elle prenait ce geste simplement pour ce qu'il était : une marque d'amitié. Parce que, oui, c'était ce qu'ils étaient à présent. Si on lui avait dit, des années plus tôt, quand elle l'avait rencontrée et qu'ils s'étaient laissés aller au jeu de la séduction alors qu'ils étaient tous les deux engagés, qu'ils finiraient par devenir amis sans qu'il n'y ait de sous-entendu ni d’ambiguïté, elle n'était pas sûre qu'elle l'aurait cru. Anja n'était pas de ces femmes qui pensaient que l'amitié entre un homme et une femme était impossible, bien au contraire. Mais elle considérait que c'était chose plus compliquée si les deux amis avaient à un moment ou à un autre eu des contacts plus charnels. Parce que les sensations, le sexe, compliquait toujours tout. Mais elle songea que si ça ne la dérangeait pas, c'était parce qu'ils avaient fait le chemin inverse avec Ray. Pas une amitié qui avait dérapé vers quelque chose de sexuel. Il y avait d'abord eu l'attirance, consumée de nombreuses années plus tard, avant que ne se créée leur amitié. Aussi, avec une douceur un peu ferme, elle serra à son tour ses doigts dans les siens sans songer une seule seconde qu'il pourrait un jour la trahir ou la dénoncer. Elle récupéra sa main quand il voulut bien la lui rendre, observant avec attention son visage sans deviner ce qui le faisait fermer ainsi les yeux. Quand finalement il les rouvrit, elle n'avait pas bougé et accueillit son regard sans ciller.

Ca ne pouvait qu'aller mieux maintenant. N'est-ce pas ? Pour lui, certainement. Il avait retrouvé sa fille. Et même si elle devait avoir subi certaines choses, la petite ne pourrait que se remettre. Quant à lui, il n'avait plus à fuir. C'était déjà ça. Et si son avocat faisait son travail, elle ne doutait pas que le chimiste quitterait rapidement ces murs trop sombres pour lui. Dès lors, il pourrait retrouver sa petite fille, et peut-être même cette fille qu'il avait trouvé et qui lui avait coupé l'envie de s'amuser avec elle. Elle le lui souhaitait, très sincèrement. Alors, oui, ça ne pouvait qu'aller mieux maintenant. Et elle, irait-elle mieux ? L'image d'Erwan s'imposa dans son esprit. Il l'avait sortie de sa spirale destructrice alors qu'elle s'était elle-même embourbée dans la cocaïne et la vodka à trop grosses doses pour s'en sortir indemne si elle avait continué sur cette voix. Elle en avait encore quelques séquelles physiques : si les crises de manque avaient pratiquement disparu, elle restait encore un peu faible physiquement et n'avait pas tout à fait retrouvé son poids d'origine. Mais peu importait, il l'en avait sortie et elle ne pouvait que l'en remercier. Est-ce que ça irait mieux pour autant ? Elle n'avait pas encore remis les pieds à sa villa depuis que le médecin l'avait pratiquement kidnappée. Et elle craignait un peu de s'y retrouver seule, principalement parce que les souvenirs de Sevastyan l’assailliraient de nouveau. Il lui faudrait faire face à ce vide constant, accepter le fait qu'elle avait ôté une vie de ses propres mains, oser se regarder de nouveau dans le miroir sans se dégoûter. Mais c'était peut-être mieux comme ça... Dès le départ, elle savait que la situation n'aurait pas pu durer. Elle l'avait enlevé. Enlevé. On lui serait tombée dessus à un moment ou à un autre. C'était horrible mais, le petit disparu, ils n'avaient plus rien contre elle. Et puis, cela pourrait peut-être lui permettre de faire enfin un trait sur son passé et les fantômes qui la hantaient, tous enfantins. Tourner la page. Et elle se dit que oui, ça ne pouvait qu'aller mieux maintenant. Alors, elle lui sourit. Légèrement, faiblement, mais c'était déjà ça.

Le sourire s'évanouit pourtant assez rapidement quand il reprit, lui annonçant qu'il regrettait. Oh elle n'avait pas besoin d'un dessin pour comprendre de quoi il parlait. Elle imaginait aisément qu'il ne parlait pas de sa fuite mais bien de ce moment d'égarement durant lequel il avait perdu le contrôle. Le souvenir était encore vivace, elle avait presque encore l'impression de sentir le froid du canon contre sa tempe. Elle se rappelait aussi très bien lui avoir demandé de tirer. Peut-être aurait-il dû, alors, Sevastyan serait encore vivant... Elle chassa rapidement cette pensée, l'écartant de toute ses forces. Ca ne servait à rien de revenir sur le passé. Il ne pouvait pas être modifié. Et il n'avait pas à s'excuser non plus. Pas vraiment. Si c'était à elle qu'on avait enlevé un enfant, elle savait qu'elle aurait été capable de tout pour le récupérer. Elle était déjà capable du pire pour celui qu'elle avait porté mais qui lui avait été retiré avant même qu'elle ne puisse le voir, le toucher, l'embrasser. Alors, si on lui avait pris un enfant qu'elle aurait vu grandir, elle ne doutait pas qu'elle aurait remué ciel et terre pour le retrouver. Y compris si cela voulait dire retourner sa veste et se mettre tout le monde à dos. Alors, dans un sens, elle comprenait, et ne lui en voulait pas. Comment l'aurait-elle pu alors qu'il lui tendait à son tour la main, l'invitant à se confier à lui si elle en éprouvait le besoin. Durant quelques secondes, elle resta à le regarder sans un mot. Elle prenait en compte sa proposition et ne doutait pas de sa sincérité mais elle ne se voyait pas aller un jour vers lui pour lui raconter ce qui la tracassait. Pas si cela concernait un enfant enlevé et le destin funeste qu'elle lui avait accordé en tout cas. Il ne comprendrait pas, et elle ne lui imposerait pas. Mais elle était tout de même touchée alors, simplement, elle se contenta de hocher la tête, une ébauche de sourire au coin des lèvres. Elle se rappela subitement leur dernière conversation et, pas encore prête à se dévoiler, préféra changer de sujet.


    « Je ne crois pas te l'avoir dit mais je l'ai vu mourir. Systol. »

Celui qui avait enlevé sa fille. Elle avait été l'une des rares à assister à l'exécution du terroriste et à le voir rendre son dernier souffle de ses propres yeux. Ca ne consolerait sûrement pas le chimiste mais au moins pouvait-il être sûr que le Cowboy ne causerait plus de mal, ni à sa fille, ni à lui, ni à personne d'autre. Pas de lui-même en tout cas. Mais elle se souvenait également qu'il n'était pas le seul que Ray avait à craindre et le second avait été bien plus proche d'elle et elle savait sa ténacité.

    « Et Lebovski ? Tu avais réglé tes dettes avec lui ? »




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MessageSujet: Re: Everything looks darker in here [Ray]   Mer 2 Oct - 17:46

Il avait remarqué la difficulté avec laquelle elle avait laissé ses lèvres s'étirer en un sourire, mais il avait compris à quel point c'était sincère. À quel point ça venait du fond du coeur. Anja devait avoir vécu d'horribles évènements pour qu'elle en vienne ainsi à couper toute communication avec ses proches - bien qu'il ne se considérait pas comme un proche de la jeune femme, mais plutôt comme un ami - mais il n'allait pas la forcer à parler. Il savait que ça ne changerait rien puisqu'il ne pourrait jamais obliger Anja à quoi que ce soit. Indépendante, autonome, elle n'était pas du genre à se laisser marcher sur les pieds et leur dernière entrevue en était la preuve. Malgré le pistolet braqué sur sa tempe, elle n'avait rien voulu lui dire et elle n'avait jamais voulu changer d'avis. Ray avait été trop occupé avec ses propres problèmes sur les bras pour réfléchir à ceux des autres, mais il ne pouvait pas vraiment s'en vouloir d'avoir ainsi négligé ses amis. Il avait tenté de la rejoindre plusieurs fois et il avait dû faire face à une boîte vocale ou à son adjointe qui lui répétait inlassablement qu'Anja ne voulait voir personne. Alors à quoi bon ? Il s'était donc contenté de rappeler, encore et encore, en se disant qu'elle finirait peut-être par accepter de lui parler, mais il n'avait jamais eu de nouvelles. Jusqu'à maintenant. Si elle lui donnait l'impression d'avoir survécu à de terribles épreuves - son allure générale n'avait pas encore retrouvé son éclat d'antan - il croyait néanmoins qu'elle était dans la bonne voie et qu'elle réussirait à aller de l'avant. Anja était une fonceuse, une femme que rien ne semblait pouvoir arrêter et il était d'autant plus surpris de la voir là, ébranlée par un assaut intérieur, un choc précédent ayant visiblement été trop puissant pour lui permettre de poursuivre sa vie comme si de rien n'était. Il était curieux de voir ce qui pouvait la déstabiliser, mais il n'avait pas l'impression d'avoir le droit de poser des questions. Avait-elle perdu un être qui lui était proche dans le tremblement de terre qui avait secoué la ville de New York quelques semaines auparavant ? Tourner le couteau dans la plaie n'était pas une bonne idée et il se contenta de garder le silence.

Il se contenta de garder le silence et de lui dire qu'il était désolé. Qu'il regrettait. Il comprit à son visage beaucoup plus grave qu'elle avait saisit de quoi il voulait parler et il attendit une réponse qui ne vint pas. Silencieuse, Anja le regardait fixement et il ne quitta pas son regard, tentant de déceler dans le clair de ses prunelles ce qui n'allait pas. Elle finit par hocher la tête avec un petit sourire au coin des lèvres, mais Ray sut à ce moment-là qu'elle ne lui dirait rien, qu'elle ne se confierait pas à lui. Du moment qu'elle savait qu'elle pouvait le faire et qu'il tenterait de l'aider ou de la calmer comme il pouvait, c'était l'important.

Et puis, les paroles de la jeune femme le firent se crisper sur sa chaise alors qu'un éclair de douleur et de colère éclairait l'azur de ses iris. Les battements de son coeur s'étaient accélérés, mais contrairement à ce qu'il avait d'abord cru en apprenant la mort de Systol, il n'était en rien soulagé de savoir que le terroriste ne ferait plus de mal à personne. Il aurait mérité un châtiment tellement plus grand pour tout le mal qu'il avait pu faire. Ray baissa les yeux, la gorge nouée par l'émotion alors qu'il se rappelait chacun de ses cauchemars, lorsqu'il torturait Systol jusqu'à ce qu'il lui rende sa fille ou jusqu'à ce qu'il meure au bout de son sang. Ray n'était pas un homme violent d'ordinaire, mais Cash Systol s'en était pris à sa princesse et il aurait mérité tellement pire. « Fidèle à lui-même, j'imagine ? » Il avait relevé les yeux vers elle, les traits tirés par l'amertume et la déception de ne pas avoir pu le tuer lui-même de ses propres mains. Il ne savait pas à quel point la vengeance lui aurait permis de se sentir mieux, mais il était persuadé que ce n'était pas le cas, qu'il n'aurait que regretté son geste par après. Parce que rien ne pourrait jamais lui rendre ces deux années passées loin de sa fille, parce que même la vengeance ne pourrait jamais effacer de l'esprit de Charlie ce qu'elle avait vécu à cause de lui. Jamais. Il sentit le goût âcre de l'impuissance s'insinuer dans sa bouche et il ferma les yeux en serrant les poings pour tenter de contenir sa colère. Ray ne connaissait pas le lien ayant un jour rapproché Systol et Anja, mais il se doutait bien que ça avait un lien avec Lebovski. Qu'elle l'avait connu grâce à son ex-mari. Observer le terroriste mourir sous ses yeux d'une simple injection lui aurait paru tellement futile, tellement inutile. Les États-Unis se faisaient un devoir de préserver l'intégrité des pires meurtriers de l'histoire, mais le pays ne protégeait que très peu les hommes qui, comme lui, s'étaient vus lésés par le système.

« Et Lebovski ? Tu avais réglé tes dettes avec lui ? » Quand on parlait du loup. Ray eut un petit rire las alors qu'il haussait les épaules en plantant son regard bleu dans le creux du sien. « J'ai suivi ton conseil. Je me suis fait oublier. » Il n'avait en rien cherché à retrouver le russe et il s'était contenté de rester cacher et de ne pas trop faire parler de lui, ne serait-ce que pour calmer cette colère froide que Lebovski semblait apparemment avoir à son égard. Ray n'avait pas suivi le contrat et si la réaction du russe lui semblait inappropriée étant donné que les informations qu'il lui avait fournies ne lui avaient aucun cas permis de se rapprocher de sa fille, il savait qu'il n'aurait jamais dû prendre ce genre de choses à la légère. « je ne pense pas que ce soit possible de régler les dettes que j'ai avec lui. » avoua-t-il avec un soupir désespéré et en passant une main nerveuse dans ses cheveux désormais un peu plus longs qu'à son habitude. Lui qui était souvent tiré à quatre épingles se devait désormais de se laisser aller. Le chimiste savait que dans l'esprit de Lebovski, ils ne seraient jamais quittes.
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MessageSujet: Re: Everything looks darker in here [Ray]   Dim 13 Oct - 1:31

Elle l'avait vu se crisper. Mâchoires serrées, poings repliés, tous les muscles du corps du prisonnier semblaient s'être contractés au moment même où elle avait évoqué la mise à mort du Cowboy. Plus que le voir se crisper, elle l'avait également senti. L'atmosphère dans la pièce avait changé, basculé. Elle n'était plus aussi bienveillante, quelque chose venait de l'alourdir. Comme si la simple allusion du terroriste avait suffi à assombrir plus encore la pièce, l'éclairage. A rendre les lumières plus ternes et les murs plus épais et plus froids. Son fantôme avait-il ce pouvoir même dans la mort ? Elle savait que beaucoup avaient craints ce simple nom. Cash Systol. Et le redoutaient certainement encore, bien qu'il ait mis les deux pieds dans la tombe. Cependant, ce n'était pas son cas et ça ne l'avait jamais été. Elle s'était évidemment méfiée de lui, l'avait jaugé. Mais il n'y avait jamais eu de peur. C'était peut-être là son plus gros défaut : il n'y avait jamais de peur. Peu importait qui se trouvait face à elle, elle ne le craignait jamais. Pas qu'elle se sente à l'abri de tout, mais elle avait une telle estime d'elle-même et de ses capacités à se sortir d'une situation qu'il lui en fallait énormément pour se sentir menacée. Elle avait failli se faire violer, plusieurs fois, et même alors elle s'était permise de cracher au visage de ses agresseurs plutôt que de les laisser penser qu'ils la domineraient jamais. Par miracle elle s'en était toujours sortie indemne mais il arriverait un jour où la roue tournerait et où elle ne serait plus aussi chanceuse. Cette trop grande confiance en elle-même finirait par lui jouer des tours mais, tant que cela fonctionnait, elle continuait de pousser en ce sens... Ainsi, pas la moindre crainte du Cowboy. Un certain respect mutuel bien qu'elle se soit elle-même glissée dans son lit par vengeance. Peu importait les atrocités qu'il avait pu commettre, ce n'était pas cela qui effaroucherait une Anja Malkovski. Elle n'avait pas réellement été peinée par sa mort, elle avait simplement trouvé cela dommage. Le plus idiot dans tout cela était probablement qu'il soit parti alors qu'il lui devait encore un service...

Intérieurement, elle était soulagée que Ray ne puisse pas entendre ses pensées. Si elle n'avait pas de rancune particulière envers Systol, elle se doutait que le chimiste devait le haïr du plus profond de son être. C'était après tout par sa faute s'il en était là aujourd'hui mais, elle devinait que ce n'était pas ce qui motivait le plus sa haine. Ce devait plutôt être ce que le terroriste avait fait subir à sa petite fille, les sévices certainement mais même rien que le fait qu'il l'ait enlevée et qu'elle ait été séparée de son père tout ce temps. Elle voyait dans le regard de Ray qu'il aurait aimé se venger et que la peine capitale dont avait souffert l'auteur du kidnapping n'était à ses yeux pas suffisante. Elle pouvait le concevoir. Ils n'avaient pas exactement les mêmes motivations mais Anja avait passé les dernières années de sa vie à chercher par tous les moyens des manières de blesser son ex-mari et de lui mettre des bâtons dans les roues dans l'unique but de se venger. Comme elle aurait détesté qu'on lui vole sa vengeance... Sa haine se serait d'ailleurs probablement retournée vers celui qui lui aurait coupé l'herbe sous le pied. Pour Ray, c'était un peu plus compliqué... C'était la justice, la loi qui lui avait volé ces quelques secondes de violence qu'il avait du imaginer des dizaines et des dizaines de fois. Aussi, elle ne trouvera rien à dire lorsqu'il suggéra que Cash avait dû être égal à lui-même, même au bord de la mort. Un simple hochement de tête lui répondit. Effectivement, il avait servi un joli discours à la presse avant qu'on ne lui impose le silence à jamais. Jusqu'au bout, il était resté lui-même. Et quelque part, Anja pensait que c'était ce qui faisait la grandeur des hommes. Il n'avait certes jamais été bon, mais au moins avait-il été grand à sa manière, dans son propre domaine, dans son art qu'était le terrorisme. Evidemment, elle ne se voyait pas confier toutes ces pensées au chimiste. Il n'avait pas voulu la croire quand elle lui avait assuré qu'elle faisait partie de ce monde de vermines et de crapules. Il ne servait à rien de remuer plus le couteau dans la plaie à cet instant précis.

Cependant la mort de Cash ne résolvait pas tous les problèmes de son ancien amant puisque celui-ci avait passé un pacte avec plusieurs diables au cours de ses recherches désespérées, et l'un d'eux s'avérait être son ex-époux. Elle ne comprenait toujours pas quelle folie avait pu prendre Ray d'approcher des hommes aussi dangereux. Enfin, si. Elle saisissait qu'il ait pu être prêt à tout pour avoir le moindre indice qui lui aurait permis d'avoir une piste sur sa gamine. Mais de là à s'associer à eux sans penser aux conséquences qui en résulteraient... Ou alors, il y avait songé, mais les avait trouvées moindres que les avantages qu'il pourrait en tirer. Quoiqu'il en soit, il s'était mis dans le radar de Stan et elle espérait pour lui que le russe ait d'autres chats à fouetter et d'autres problèmes dont il devait s'occuper. Car elle savait à quel point son ancien mari pouvait être rancunier, et il faisait généralement payer avec des intérêts ceux qui avaient tenté de le doubler... Aux premiers tintements de son rire fatigué, elle comprit que la situation était inchangée. Il n'avait pas réglé ses dettes, loin de là d'ailleurs. Il s'était contenté de suivre ses conseils et de se cacher. Ce n'était pas plus mal. Comme il le signalait, il y avait effectivement de fortes chances qu'il ne puisse jamais régler les dettes qu'il avait envers Stan. Le mieux était certainement de faire profil bas mais elle savait également au fond d'elle-même que ça ne pourrait pas durer indéfiniment. Stan finirait par se mettre à ses trousses malheureusement elle ne pourrait rien pour le chimiste. Elle aurait bien aimé, pouvoir lui épargner ses représailles. Mais elle n'était pour rien dans l'histoire et cela faisait bien longtemps que Stan ne l'écoutait plus ni n'était prêt à lui faire plaisir... Quelque part, cela la peinait de savoir que Ray devait vivre avec cette épée de Damoclès. Mais réellement, il avait probablement plus de chance d'espérer échapper à La Rage si elle restait en dehors de l'équation... Elle vit bien son désespoir, néanmoins elle ne sut pas vraiment quoi lui répondre d'autre que des paroles probablement peu utiles.


    « J'en doute également. Tant que tu le peux, je suppose que la meilleure chose à faire est de rester loin de lui. »

Elle trouvait son conseil ridicule et totalement vain mais c'était tout ce qu'elle avait en réserve. La mort de Sevastyan et le choc qui en avait résulté l'avaient quelque peu affaiblie et elle n'était plus aussi vive d'esprit ni apte à trouver des solutions miracles... Ca finirait certainement par revenir avec le temps mais pour l'heure, elle demeurait quelque peu impuissante, elle aussi. Le regard qu'elle posa sur lui était désolé et le contraste entre leur entrevue actuelle et leur première rencontre la frappa soudain. Jamais elle n'aurait pensé que ce chimiste qui la séduisait et qu'elle charmait en retour malgré leurs engagements respectifs arriverait un jour dans une tenue orange, les traits tirés, les cheveux en pagaille et la barbe naissante. Ils n'étaient plus ni l'un ni l'autre ce qu'ils avaient été, des années auparavant. Le temps, la vie, leur avait à tous les deux fait perdre un peu de leur splendeur, un peu de leur éclat. Sans réellement l'amuser, elle décida tout de même de partager sa pensée avec lui. Qui sait, peut-être que cela le distrairait un peu...

    « Si on m'avait dit quand on s'est rencontrés qu'on en arriverait là... »

Elle eut un léger rictus, secouant doucement la tête tandis qu'un mince sourire à peine pudique naissait sur ses lèvres maquillées. Ca non, jamais elle n'aurait songé à cette époque qu'ils deviendraient amis après toutes les épreuves qu'ils traverseraient. Une certaine nostalgie se peignit sur son visage tandis qu'elle relevait son regard vers le sien, lui confiant sans réelle timidité son ressenti sur cette soirée, sur cette rencontre qui aurait pu faire basculer sa vie.

    « Je n'ai jamais regretté, ce soir-là. Mais je n'ai pas regretté non plus qu'on se soit arrêté avant d'aller trop loin... »




    She'll suck you dry... But still you'll cry, to be back in her bosom. To do it again. She'll make you weep... And moan and cry, to be back in her bosom. To do it again... Saviors and saints, devils and heathens alike... She'll eat you alive.
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MessageSujet: Re: Everything looks darker in here [Ray]   Mar 22 Oct - 18:28

Il garda les yeux rivés dans ceux de la russe pendant de longues minutes lorsqu'elle lui demanda encore de rester éloigné de son ex-mari. Il n'avait pas vraiment besoin de ses conseils pour prendre conscience de l'animosité et de l'insensibilité de Lebovski, mais il était heureux de voir qu'elle semblait au moins s'intéresser un peu à lui et espérer qu'il ne se fasse pas descendre dès qu'il quitterait cette putain de prison. Et pourtant, il savait qu'elle ne pouvait rien de plus pour lui, qu'elle n'avait plus aucune raison de demander à Stanislas de se tenir à l'écart et surtout, que le russe n'avait plus aucune raison de l'écouter, de lui faire confiance et d'abandonner sa chasse. Anja et Stanislas n'étaient plus, désormais, chacun d'entre eux allait seul et faisait son petit bout de chemin sans vraiment se préoccuper de ce qui se passait sur les plates-bandes de l'autre. C'était comme ça et il se résolut à ne rien lui demander, parce qu'elle lui avait déjà dit qu'elle ne pouvait rien faire de plus pour lui, qu'elle ne pouvait pas empêcher la fureur du russe de s'abattre sur lui malgré son ex-relation privilégiée avec cet homme. Quoi qu'il fasse, il serait dans le viseur du terroriste, coûte que coûte. Lebovski l'avait laissé tranquille l'espace de quelques mois déjà, mais il se doutait que ce n'était pas vraiment son genre d'oublier, que les gens comme lui ne faisaient pas de cadeaux. Il reviendrait à la charge et Ray espérait simplement qu'il serait celui sur qui le russe jetterait son dévolu, qu'il laisserait Tara et Charlie tranquilles. C'était sans doute trop demander à un homme de la trempe de Lebovski, un homme qui n'avait plus aucun principe et qui rejoignait peu à peu les traces de son ancien acolyte.

Impuissant, il ne pouvait rien faire de plus que ce qu'il avait déjà fait et il ne lui restait plus qu'à espérer que la justice serait un peu plus clémente avec lui, maintenant. La russe lui avait dit ce qu'elle était venue faire ici, mais il n'était pas encore bien certain de savoir ce qui se passait, ce qu'elle voulait réellement. Était-elle venue simplement pour s'assurer qu'il allait bien, comme elle le lui avait précisé ? Était-elle venue pour lui montrer qu'elle allait mieux, elle aussi, et se faire pardonner pour avoir refusé de prendre l'appel lorsqu'il avait pris la peine de lui téléphoner ? Il ne comprenait pas les raisons qui avaient poussé la brune à faire tout ce chemin pour le revoir alors qu'ils ne s'étaient pas quittés en bons termes, qu'elle avait refusé de lui venir en aide lorsqu'il le lui avait demandé, deux rencontres auparavant. Et puis, elle était venue le chercher, mal en point. Et puis, il prenait peu à peu conscience du fait que leur attirance réciproque avait évolué différemment, en une amitié sincèrement déroutante. Jamais il n'aurait pu croire à ce hasard lorsqu'il l'avait rencontrée, des années auparavant puisqu'il avait toujours cru ne jamais la revoir. Elle l'avait charmé et il avait répondu avec envie à ce désir qui les consumait tous les deux. C'était une chance qu'elle l'ait finalement repoussé parce qu'il savait pertinemment qu'il n'aurait jamais pu s'éloigner de lui-même. Étrangement, la jeune femme semblait penser exactement à la même chose que lui puisqu'elle traduisit à voix haute les réflexions qui les troublaient tous les deux.

Ainsi donc, elle ne regrettait pas de s'être laissée aller au plaisir charnel en sa compagnie, mais elle était heureuse d'avoir eu la force de ne pas aller jusqu'au bout. Le rire d'Anja lui soutira un sourire fatigué alors qu'il haussait légèrement les épaules, reportant le clair de ses iris sur la jeune femme qui se trouvait en face de lui.

« Je dois dire que sur le coup, je t'en ai voulu. » avoua-t-il avec un sourire alors qu'il se rappelait la frustration ressentie lorsqu'elle s'était rappelée son mariage, lorsqu'elle avait décidé de le planter là et de mettre un terme à leur étreinte. Il avait même tenté de la ramener vers lui, le regard vitreux, le souffle court et la voix rauque, mais la belle lui avait échappé et s'était glissée avec grâce hors de ses bras tendus. Elle ne pouvait pas faire ça et il ne pouvait pas non plus. Ils étaient en couple, voilà ce qui avait été dit et ce dont il se rappelait, à quelques mots près. « Mais c'est vrai que je ne t'ai jamais vraiment remerciée pour ça. D'avoir été plus forte que moi. » Il l'observa d'un oeil mi moqueur, mi amusé, sourit en croisant son regard. Après tout, la volonté de Ray s'était effondrée lorsqu'ils s'étaient tous deux retrouvés dans le même lit, à moitié nus, les draps froissés. Leurs corps s'étaient affolés, mais la raison l'avait gagnée, elle. L'avait submergée.

« Tu as quelqu'un dans ta vie ? » Curieux, il s'était adressé à elle avec un petit sourire innocent, désireux d'en connaître un peu plus sur la vie de la brune. Maintenant qu'ils semblaient être parvenus à passer par-dessus tout ce qui s'était passé entre eux des mois auparavant, voire même des années, il se sentait d'autant plus concerné par la vie et le bonheur de la russe. Il ne savait pas quel genre d'homme elle méritait d'avoir dans sa vie - et aussi, lequel d'entre eux aurait la force et le courage de supporter son caractère et sa forte personnalité - mais il s'y intéressait néanmoins, cherchait à se demander si elle avait trouvé chaussure à son pied, elle aussi. Tenace, déterminée à écraser les autres sur son chemin si cette attitude pouvait lui permettre de grimper encore plus haut, Anja méritait d'avoir un homme de la même trempe, un homme comme elle. Ray avait mis un terme à ce qui se passait entre eux parce qu'il savait que ça n'aurait jamais pu marcher et qu,il se devait d'être fidèle à Tara s'il désirait gagner sa confiance, mais il ne souhaitait à son ancienne amante que du bonheur dans ses relations amoureuses. Tout compte fait, il lui souhaitait de trouver ce qu'elle cherchait, quoi que ce fut.
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MessageSujet: Re: Everything looks darker in here [Ray]   Mar 12 Nov - 1:23

Il lui en avait voulu. Il lui en avait voulu de ne pas avoir cédé avec lui à la tentation, de ne pas être restée happée par leur passion, d'avoir repris le dessus sur ses envies. Il lui en avait voulu et à cette révélation, Anja s'était contentée de continuer à sourire, hochant la tête avec une petite moue pour lui signifier qu'elle comprenait aisément. Si les situations avaient été inversées et que c'était lui qui avait retrouvé ses esprits et l'avait repoussée... Eh bien, elle songeait qu'elle aurait mal réagi. D'abord parce qu'il l'aurait repoussée. Elle avait beau être mariée et fidèle, la russe n'était pas une femme qui acceptait le "non" comme réponse. Cela aurait certainement blessé son orgueil et rien que pour cela, elle pensait qu'elle aurait pu se montrer particulièrement peste. Peut-être même menacer d'aller tout raconter à sa petite amie actuelle. Ou alors, au contraire, elle aurait redoublé d'efforts pour le charmer et l'attirer définitivement dans son lit. Troublée par ces réflexions, la brune se rendit compte qu'elle n'était même pas sûre de la manière dont elle aurait réagi à l'époque. Seulement alors lui sautait aux yeux la différence, le fossé qu'il y avait entre la Anja d'aujourd'hui et celle qu'elle était quelques sept années plus tôt. Elle n'était plus la même. Tellement de choses s'étaient passées dans sa vie et l'avaient bousculée, la rendant plus forte ou l'affaiblissant parfois. Mais, maintenant qu'elle s'arrêtait sur la question, comment aurait-elle pu être la même que sept ans en arrière quand elle n'était déjà plus la même femme qu'il y a quelques mois de cela ?

Elle n'était plus qu'un pâle reflet d'elle-même, une vague copie qui aurait perdu de ses couleurs comme les différents événements de la vie l'auraient épuisée. La femme forte, froide et implacable avait laissé sa place à une poupée de porcelaine plus fragile prête à se briser au moindre souvenir un peu trop bouleversant. Il était une époque où elle faisait ce qu'elle voulait, sans se soucier ce que les gens pourraient en penser ou quelles conséquences pourraient en résulter. Quelle importance ? Elle était Anja Malkovski et n'obéissait qu'à ses propres lois. Intouchable, jamais les autorités n'arrivaient à prouver sa culpabilité. Intransigeante, elle régnait sur son business d'une main de fer et les hommes d'affaires de la ville lui mangeaient au creux des doigts. Frivole et désintéressée, elle prenait les hommes et les jetaient au gré de ses envies et désirs, rien n'avait d'importance si ce n'était l'amusement. Force était de constater qu'elle n'était plus rien de tout cela... Les autorités étaient bien parvenues à remonter jusqu'à elle. Oh ils n'avaient pas réussi à la pincer, elle avait fait ce qu'il fallait pour cela, mais le prix à payer pour la liberté était bien plus élevé qu'elle ne l'avait imaginé. Son agence, elle y avait à peine remis les pieds suite au tremblement de terre et, si elle n'avait pas une directrice dans laquelle elle avait pleinement confiance et qui avait les épaules assez solide, avec les mois qui s'étaient écoulés, elle était certaine qu'elle aurait déjà pu mettre la clé sous la porte. Quant aux hommes... Eh bien, elle n'avait simplement plus envie de s'amuser avec eux. A quoi bon ? Assouvir ses désirs ? Peut-être, mais elle était consciente de son état. Trop faible psychologiquement, elle était certaine que le premier venu aurait pu lui faire faire n'importe quoi. Non, pour le moment, elle ne tenait pas spécialement à faire de nouvelles rencontres. A dire vrai, l'idée ne lui avait même pas effleuré l'esprit depuis la mort de Sevastyan.

Elle aurait pu, pourtant. Elle avait déjà noyé son chagrin dans l'alcool et la cocaïne, pourquoi pas le sexe également ? Histoire d'achever son cercle de destruction. Mais, calfeutrée chez elle et sans laisser personne entrer, l'affaire était plus compliquée. Impossible alors d'aller se consoler dans des bras virils. Elle ne se leurrait pas, même s'ils n'avaient pas été jusqu'au bout, c'était un peu ce qu'il s'était passé avec Ray. Ce n'était pas vraiment qu'il l'avait consolée mais il lui avait d'une certaine manière redonné confiance en elle. Parce qu'à cette période-là, à leur rencontre, Stan passait le plus clair de son temps au Fight Club et la délaissait totalement. Aussi, elle avait pu se rassurer avec Ray : elle plaisait toujours aux hommes et pouvait leur faire de l'effet. C'était peut-être aussi pour cela, qu'elle les avait interrompus avant qu'ils n'aillent trop loin. Même si en sortant ce soir-là elle ne cherchait rien, elle avait finalement obtenu ce qu'elle voulait : la certitude d'être toujours attirante. Les attitudes du chimiste comme il tentait de la retenir le lui avaient bien prouvé. Dès lors, le jeu avait pris fin et sa pseudo-infidélité aussi. Alors, même s'il lui en avait voulu, aujourd'hui, il la remerciait pour avoir été plus forte que lui et avoir su résister. Ses yeux vinrent s'ancrer dans ceux du prisonnier avec sérieux et une pointe de mélancolie orna ses lèvres maquillées. Comme elle aurait aimé être toujours aussi forte aujourd'hui...

La question qui suivit la désarçonna au plus haut point. Une seconde, elle se demanda même si elle avait bien entendu. Un peu hébétée, elle resta à fixer son ancien amant durant quelques instants, probablement le temps que son cerveau assimile les mots qu'il venait de prononcer. Est-ce qu'elle avait quelqu'un dans sa vie ? Dans son propre esprit, un immense blanc, un gigantesque vide, répondit à la question. Ca ne dura pas toutefois car, aussitôt, mille questions se mirent à tournoyer, s'entremêlant et s'embrouillant. D'abord, elle se demanda pourquoi il lui posait cette question. Etait-il malheureux avec cette fille pour laquelle il avait mis fin à leur liaison ? Non, n'importe quoi. Elle le voyait et le sentait, la question de Ray n'était pas intéressée. Du moins, pas autrement que de manière amicale. Alors, quoi ? Elle avouait que cela la laissait un peu dubitative. C'était même un peu étrange, qu'un ancien de ses amants lui demande où elle en était dans sa vie sentimentale. Certes ils étaient devenus amis mais dans un certain sens, elle trouvait tout de même cela... bizarre. Sans oublier l'image d'Erwan qui s'était imposée à son esprit au moment même de la question mais qu'elle avait vivement repoussée. Les sourcils à présents un peu froncés, elle essayait de comprendre où Ray voulait en venir. Elle ne comprenait pas pourquoi il lui demandait cela mais une petite voix lui suggéra que c'était peut-être parce qu'il était aujourd'hui un simple ami. C'était ce que les amis faisaient, non ? Ils s'intéressaient à la vie de l'autre et s'inquiétaient pour eux. Ray avait-il peur qu'elle soit seule pour surmonter ce qui l'avait fait se couper du monde pendant une aussi longue période ? Son propre flot de questionnements passé, elle tenta de se concentrer sur ce qu'elle pourrait bien lui répondre. Les yeux baissés et perdus sur la table en fer, elle tentait de réfléchir clairement et de ne pas laisser son embarras transparaître sur ses joues. Après un bref silence, elle finit par s'exprimer, un peu mal à l'aise.


    « Non. Enfin, pas vraiment. C'est compliqué... »

Elle releva vers lui un regard qu'elle voulait neutre mais qui ne l'était pas vraiment. Ne pouvant empêcher un léger rosissement de s'étendre sur ses joues, elle se tortilla sur sa chaise et regarda autour pour ne plus avoir à croiser son regard. Pour autant, elle se doutait bien qu'il ne se contenterait pas de cette réponse. Elle en avait trop dit pour s'arrêter là. Se maudissant, elle songea qu'elle aurait mieux fait de ne rien dire... Après s'être légèrement humidifié les lèvres, elle continua, visiblement emprunte d'une certaine pudeur à parler de cela.

    « Il y a cet homme. Il a été présent quand j'en avais besoin et m'a soutenue quand ça n'allait pas. Il est toujours là, d'ailleurs... Mais, tu le sais, je ne suis pas prête à m'investir dans quelque chose de plus sérieux. Et je pense que lui non plus. »

Alors l'histoire s'arrêtait là. Il restait un parfait amant/ami et cette relation lui convenait bien ainsi. Elle pensait que c'était également ce qu'Erwan souhaitait puisqu'ils avaient déjà discuté de cela et du fait qu'ils ne voulaient pas de relation plus stable. D'ici quelques semaines cependant, force lui serait de constater qu'elle se trompait sur toute la ligne et que, de son côté, il voulait un peu plus que ce qu'elle lui concédait jusqu'alors. N'ayant pas particulièrement envie de s'étendre sur le sujet ni même d'entendre l'avis de Ray à ce sujet, elle préféra changer de conversation, tournant la loupe de l'attention sur lui et sur sa vie amoureuse, bien qu'elle devait être un peu mise à mal avec la distance qu'imposait la prison.

    « Et toi ? Elle vient te voir, ici ? »

Elle, cette femme qu'Anja ne connaissait pas mais pour laquelle Ray avait décidé de mettre fin à leur liaison. Venait-elle le voir souvent, au moins ?




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MessageSujet: Re: Everything looks darker in here [Ray]   Lun 2 Déc - 18:01

« C'est compliqué ? Venant de la part d'une femme qui a été mariée à Lebovski, je n'en attendais pas moins. » avoua-t-il avec un sourire qui lui soutira malgré tout une grimace.

Néanmoins, à la voir se tortiller sur sa chaise, les joues rosies d'une timidité qu'il ne lui connaissait pas, Ray avait compris qu'il se passait bel et bien quelque chose dans sa vie. Elle n'était pas obligée de répondre à sa question, elle aurait tout aussi bien pu lui mentir et pourtant, elle ne l'avait pas fait. Elle avait décidé de s'ouvrir à lui et il l'encouragea d'un sourire qui se rapprochait davantage d'une grimace, persuadé qu'elle apprécierait tout de même l'effort. Il aurait pu regretter de l'avoir mise dans tous ses états alors qu'elle était venue le retrouver ici lorsqu'elle avait appris pour lui, mais en réalité, il la trouvait plus humaine, plus réelle, maintenant qu'elle laissait sous-entendre qu'elle possédait elle aussi des sentiments différents de ce qu'elle laissait trop souvent percevoir. Ray avait su déceler la colère, la haine, la vengeance, le charme et la sensualité, mais il n'avait jamais su connaître la véritable Anja Malkovski lorsqu'elle avait laissé tomber son masque pour ne plus être qu'une femme comme les autres. La douceur et la pudeur qui émanaient d'elle à cet instant la rendaient un peu plus attirante et le chimiste comprit pourquoi il n'aurait jamais pu être avec une femme comme elle. Il avait besoin d'une femme plus douce, une femme qui saurait l'aider dans les moments difficiles, mais qui saurait aussi le réconforter en le serrant simplement contre elle. Il avait besoin de se sentir utile, aussi, de sentir qu'il amenait à la femme qu'il aimait autre chose qu'une simple proximité physique. Anja n'avait besoin de personne. Anja faisait sa vie et même s'il n'était pas certain de ce qu'il avançait, il était presque persuadé que la brune n'aurait jamais pu compter sur quelqu'un d'autre qu'elle-même. La vie avait dû faire en sorte qu'elle ne pouvait se raccrocher qu'à ses propres idées afin d'avancer et il ne pouvait visiblement pas lui en vouloir pour ça.

Il l'écouta attentivement lorsqu'elle parla de l'homme qui partageait à moitié sa vie et sourit en inclinant légèrement la tête de côté. « Tu pourrais être surprise de ce que les hommes veulent et ne veulent pas. » ajouta-t-il sur un ton plutôt taquin, bien décidé à se moquer un peu. « C'est une bonne nouvelle. » En effet, il était heureux de constater qu'elle n'était pas seule afin de faire face à ce fléau pour lequel elle s'était refermée comme une huître ces derniers temps.

Et puis, bien évidemment, il fallut qu'elle parle de Tara. Le chimiste passa une main tremblante dans ses cheveux, le regard un peu vide de l'homme qui demeure réaliste, de l'homme qui saisit bien l'enjeu auquel il doit faire face.

« Elle vient, oui. » avoua-t-il avec une douceur dans la voix qui ne lui appartenait pas vraiment. « Et elle amène ma princesse avec elle. Elles viennent tous les vendredis. » Les larmes aux yeux alors qu'il ne quittait pas les perles bleues de son interlocutrices, il comprit qu'il n'avait plus besoin de se cacher, qu'elle pourrait comprendre l'état dans lequel il se trouvait et l'horreur de ce qu'il vivait, jour après jour. Il venait de retrouver sa Charlie et encore une fois, elle lui était retirée. Voir sa fille une heure par semaine n'était pas suffisant et ne le serait jamais. Il avait besoin de voir Charlie tous les jours. Il avait besoin de la prendre dans ses bras et de caresser doucement ses cheveux pour la rassurer lorsqu'elle se réveillait en pleurant des suites d'un cauchemar. Et même s'il la savait entre de bonnes mains et en sécurité, même s'il savait que Tara lui parlait suffisamment de lui pour que l'enfant ne finisse pas par l'oublier, il prenait conscience de la jalousie qui le submergeait parfois lorsqu'il les voyait toutes les deux. Si proches. Tara n'avait pas demandé ça et il s'en voulait pour ça, d'envier cette relation qui naissait entre sa fille et la jeune femme qui avait capturé son coeur. Il aurait simplement aimé en profiter, lui aussi et il savait que le sentiment n'aurait jamais été le même s'il avait pu être à la maison avec elles. L'isolement faisait de lui un homme nouveau, un homme changé. Plutôt que de voir la beauté de cet instant et de cette nouvelle relation, il voyait plutôt ce que lui-même n'avait plus. Plutôt que d'être fier d'elles et des progrès qu'elles accomplissaient toutes les deux, il prenait plutôt conscience du fait qu'il n'en voyait que la pointe de l'iceberg, que le reste lui échapperait à tout jamais. Il ne pourrait jamais rattraper ce temps perdu, tout comme il ne pourrait jamais non plus affirmer que ces deux années et demies d'horreur n'avaient pas eu lieu. C'était comme ça, c'était pire que tout, mais il devait vivre avec, quitte à en devenir fou. N'était-il pas déjà devenu un peu cinglé ? Ray ne se reconnaissait plus vraiment, se sentait parfois trembler sur son lit de prisonnier lorsqu'il se mettait à penser à l'après. Lorsqu'il se voyait rentrer à la maison et accueillir l'enfant dans ses bras. Et Tara. Parce que rien ne serait plus jamais comme avant. Ce passage en prison ne s'effacerait jamais de son passé, sa carrière était fichue, sa réputation ne serait plus jamais la même. Il n'avait pas osé poser la question qui lui brûlait les lèvres, il n'avait pas osé demander si les autres élèves s'en prenaient verbalement à Charlie pour ce que son père avait fait. En réalité, il ignorait tout du monde extérieur et de ce que les gens pensaient de son incarcération. Son avocat lui avait dit que plusieurs figures d'autorité semblaient le soutenir dans ses démarches, mais ... Ray était un scientifique et avait toujours réfléchi comme tel. Il lui fallait des faits. Pas quelques rumeurs de pacotille qui ne valaient même pas la peine d'être discutées.

« Tu sais, c'est stupide, mais ... » débuta-t-il en baissant les yeux sur ses mains tremblantes, posées juste devant lui.

« Je n'ai jamais porté attention à ce que les gens pouvaient penser de moi jusqu'à présent. Et maintenant ... Maintenant, c'est la seule chose qui m'importe. » Un sourire navré vint poindre sur ses lèvres alors qu'il relevait les yeux vers celle qui lui offrait sa main. Vers celle qui était venue le retrouver malgré tout ce qui avait bien pu se passer entre eux auparavant. Il n'approuvait pas ce qu'elle faisait en général. Il n'approuvait ni sa profession, ni sa froideur naturelle, mais lorsqu'il voyait cette femme-là devant lui, celle qui osait se dévoiler un peu, celle qui osait lui rappeler qu'il n'était pas seul, il croyait vraiment en l'amitié sincère qui semblait s'être développée entre eux au cours des mois d'absence et de présence en intermittence. Étudiant, Ray Barker se montrait plutôt catégorique, ses idées et ses idéaux bien ancrés dans le fond de sa tête. Chimiste, Ray Barker n'avait pas vraiment changé et s'était toujours foutu de ce que les gens pouvaient penser de ses recherches ou de ses propos. Il s'était montré talentueux et pour ça, on lui pardonnait le moindre écart. Désormais, il avait l'impression désagréable d'être sur la corde raide et ce sentiment imprévu le mettait mal à l'aise. Il ne voulait pas que sa fille grandisse avec l'impression désagréable que son père était un criminel.

« Ils vont venir te chercher bientôt. » murmura-t-il simplement en voyant du coin de l'oeil l'officier pointer le bout de son nez devant la petite vitre de la porte. « Je suis heureux que tu sois venue. »
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MessageSujet: Re: Everything looks darker in here [Ray]   Dim 19 Jan - 21:52

Malgré son embarras, malgré le malaise qui la traversait au simple fait d'évoquer un pan si intime de sa vie, elle ne parvint pas à s'amuser du trait d'humour qu'il tentait de faire. Elle n'eut pas même un rire nerveux quand il prétendit que ce ne pouvait être que compliqué puisqu'elle avait un jour été mariée à Stanislas Lebovski. Elle aurait certainement du en rire avec lui. Mais ce n'était pas le cas, loin de là. La plaisanterie ne l'amusait pas pour la simple raison qu'elle ne la comprenait pas. Que voulait-il dire au juste ? Elle se doutait qu'il ne devait pas avoir la même vision qu'elle de La Rage, pas alors qu'il avait toujours des dettes envers lui. Pourtant, on ne pouvait pas dire qu'Anja portait toujours le russe dans son coeur. Pas après ce qu'ils avaient pu vivre, qu'il lui avait faire subir. Et encore moins avec ce désir de vengeance qui l'avait habitée pendant ces nombreuses années - mais qui semblait mystérieusement avoir disparu depuis qu'elle avait elle-même dû ôter la vie à un enfant. Inutile de dire alors qu'elle n'avait pas une grande estime pour le soviétique néanmoins elle ne pouvait pas approuver ce que Ray était en train de sous-entendre. Quoiqu'elle puisse dire, avec Stanislas, compliqué ce ne l'avait jamais été. Tout avait toujours été d'une clarté limpide : leur amour pratiquement fusionnel, la facilité avec laquelle ils avaient décidé de s'unir puis de rejoindre le Nouveau Continent, leur ascension dans ce nouveau monde, même leur séparation avait été tout à fait évidente. Ce n'était qu'à partir de cet instant que les choses s'étaient compliquées mais, tant qu'elle avait été sa femme, entre eux tout avait toujours été très clair, certainement d'ailleurs parce qu'ils se connaissaient l'un l'autre par coeur. Alors non, elle ne comprenait pas comment il pouvait comparer sa précédente union avec Stanislas à cette actuelle "relation" qui n'en était pas vraiment une et qui était tout sauf simple... Pour autant elle ne lui en voulait pas pour ce raccourci, comment l'aurait-elle pu ? Il ne savait rien de ses liaisons actuelles ou passées uniquement parce qu'elle n'était pas du genre à s'étendre sur sa vie. Et parler de ce qu'elle vivait depuis quelques temps avec Erwan lui était d'ailleurs un exercice plus compliqué encore qu'elle ne l'aurait imaginé...

Difficile de trouver les mots exacts pour décrire ce que représentait Erwan pour elle, la part qu'il prenait dans sa vie. Difficile d'expliquer qu'elle l'avait laissé s'insinuer dans son quotidien depuis plus d'un an à présent. Difficile d'exprimer la facilité avec laquelle ils s'entendaient, comme s'ils se connaissaient depuis toujours. Difficile d'avouer qu'ils se comprenaient parfois sans rien dire alors qu'elle préférait toujours rester si mystérieuse. Difficile de dire pourquoi elle avait été là pour lui dans les moments durs, quitte à se mettre elle-même en danger vis-à-vis de la mafia russe alors qu'elle n'avait pas voulu se mouiller trop pour le prisonnier actuellement présent face à elle. Encore plus difficile de raconter la manière dont elle lui avait permis d'être là pour elle alors qu'elle s'était coupée du reste du monde pendant de si longues semaines. Quant à justifier le fait qu'il lui était subitement apparu à la question du chimiste, c'était tout bonnement impossible. Pas alors qu'elle s'enfermait dans son aveuglement et refusait en bloc l'idée-même de se réengager dans une relation sérieuse. Et elle détesta le doute que Ray lui insuffla, quand bien même il le faisait avec le sourire et certainement juste pour la taquiner. Non, il se trompait. Elle ne pouvait pas être surprise par ce que les hommes voulaient ou ne voulaient pas. Que pouvait-il en savoir lui ? Elle détesta plus encore la petite voix qui lui murmura qu'il était lui-même un homme. Peut-être. Mais, non. Il avait beau être un homme, il n'était pas Erwan. Il le lui avait dit, très clairement, qu'il ne voulait pas de relation sérieuse. Qu'il n'était pas fait pour ça. Mais ne l'avait-il pas dit parce que c'était ce qu'elle voulait entendre ? Non, elle ne pensait pas. Rien ne laissait présager qu'elle se trompait. Pas même ce portail défoncé, ce mois de vacances qu'il avait voulu passer avec elle ou l'inquiétude qu'elle avait cru déceler quand elle lui avait dit vouloir aller rendre visite à un ancien amant aujourd'hui en prison. Non, Ray se trompait. Et elle ne trouva rien d'autre à répondre quand il ajouta que c'était une bonne nouvelle. Quoi donc ? Qu'il l'ait aidée à se remettre sur pieds ? Oui, indéniablement. Mais, s'il insinuait quoi que ce soit d'autre, encore une fois, il se trompait... Du moins s'en persuadait-elle. Et elle préférait mille fois parler de la petite amie du chimiste que de réfléchir plus encore sur son propre cas à elle !

Sans un mot, elle l'observa. Le malaise qu'elle avait ressenti semblait avoir changé de propriétaire et s'être déplacé jusqu'au prisonnier. Elle ne comprit pas tout de suite pourquoi. Comment pouvait-il avoir l'air aussi mal alors qu'il assurait qu'elle venait le voir régulièrement ? Mais ce fut la deuxième partie de sa réponse qui la fit réaliser d'où venait son mal être... Elle venait toutes les semaines avec la petite fille et ce ne fut qu'en voyant le regard désespéré de Ray qu'elle s'interrogea et comprit l'origine de sa souffrance. L'espace d'une seconde, elle s'imagina à sa place. Enfermée, forcée de rester derrière les barreaux. Et dans cette vision chimérique, ce serait Erwan qui viendrait lui rendre visite avec Sevastyan. Et elle détesterait autant qu'elle adorerait. Parce qu'indéniablement de voir l'enfant lui ferait énormément de bien mais elle ne supporterait pas l'idée de devoir être séparée de lui pendant qu'un autre en profiterait. C'était ce que devait ressentir Ray. Plus encore parce que la petite lui avait été enlevée pendant un trop long moment. Il ne pouvait même pas profiter de son retour, ni rattraper le temps perdu. Il était forcé de rester là, coincé entre ces quatre murs austères. C'était une autre qui profitait pour lui, à sa place. Mais il ne pouvait même pas la détester pour cela, pas alors qu'il aimait aussi pour cette raison. Alors, c'était lui-même qu'il devait détester. Pour ressentir cette jalousie. Elle ne le savait que trop bien... Quand elle avait appris que la police avait un mandat pour venir fouiller sa villa à la recherche du petit disparu, elle ne l'avait pas supporté. D'abord par instinct de survie et aussi, elle l'avait compris plus tard, parce que si elle ne pouvait pas l'avoir et le garder avec elle, alors personne ne le pourrait. Et elle s'était profondément haïe d'avoir été capable de faire un geste aussi monstrueux... Sans aller aussi loin dans la tragédie, elle comprenait le tiraillement que devait ressentir l'américain. Et elle était désolée pour lui, même si elle ne pouvait rien faire pour le soulager. La seule solution était qu'il sorte rapidement d'ici et il semblait déjà avoir agi dans ce sens. Il lui fallait patienter encore un peu...

La brune préféra garder le silence, ne trouvant pas les mots pour le réconforter, ne pouvant pas non plus lui avouer qu'elle savait ce qu'il ressentait. Il n'était pas au courant le moins du monde pour Sevastyan, il n'aurait pas compris... Les yeux baissés, elle les releva de nouveau vers lui, vers ses mains tremblantes qu'il ne maîtrisait pas. Et elle espéra que son avocat ne mettrait plus trop de temps avant de le libérer parce qu'elle sentait qu'il ne tiendrait pas indéfiniment... Quoique les gens puissent en penser, ceux-là même dont il redoutait à présent l'opinion, Ray Barker était un homme trop bon pour croupir en prison. Il ne méritait pas ce qui lui arrivait et ses actes n'étaient que les conséquences des obstacles qui lui avaient imposés la vie. Il était trop honnête pour tenir longtemps dans un monde aussi malsain, elle le savait au fond. Mais tout ce que la plupart voyaient, c'était qu'il s'était allié à des terroristes. La plupart oubliaient le pourquoi. Elle espérait sincèrement que son ami avocat saurait pointer ce qui était le plus important du doigt. Pour l'heure, elle ne pouvait rien faire d'autre que lui apporter son soutien. Probablement trop court car déjà, le gardien se montrait pour signaler que le temps était presque écoulé. Instinctivement, Anja se redressa et fit quelques pas de manière à se retrouver face à son ami. Elle lui tendit une main, pour l'inviter à se lever puis, une fois face à lui, glissa avec une certaine douceur ses bras autour de lui. Elle murmura quelques mots, ses lèvres toutes proches de son oreille, se voulant rassurante.


    « Les seules dont l'opinion doit compter pour toi sont celles qui te rendent visites tous les vendredis. Le reste n'a pas d'importance Ray. »

Elle se détacha légèrement, juste suffisamment pour pouvoir le regarder droit dans les yeux, un petit sourire tranquillisant sur les lèvres. Elle savait que ce ne devait pas être facile mais elle espérait que ses mots contribuaient à l'apaiser, au moins juste un peu. Et cette étreinte-ci lui parut beaucoup moins étrange que la précédente. Et même presque... normale. Sans la moindre gêne, elle alla jusqu'à déposer un petit baiser sur sa joue, pour lui donner un peu de courage jusqu'à la prochaine visite de sa fille. Le libérant de son accolade, elle se força à garder le sourire même si une certaine mélancolie la submergeait de savoir qu'elle allait ressortir alors que lui devrait rester ici. Mais, tout aussi assurée, elle passa une main sur sa joue, évitant son œil au beurre noir pour ne pas lui faire mal.

    « J'essaye de repasser bientôt. Et si tu as besoin de quoi que ce soit, surtout tu n'hésites pas. Prends soin de toi, Ray Barker... »

Elle se détacha totalement de lui et alla taper quelques coups à la porte. Aussitôt, le gardien l'ouvrit et, après un dernier sourire au chimiste, elle s'éclipsa du petit bureau où elle avait obtenu qu'ils se voient en tête-à-tête. Elle eut un léger pincement au coeur à l'idée qu'il allait rester enfermé dans toute cette grisaille mais elle était persuadée que ce ne serait plus très long pour lui. En tout cas l'espérait-elle... Un peu mélancolique, elle traversa les couloirs de la prison sans réellement regarder autour d'elle. A sa sortie, le soleil la réchauffant, elle eut une pensée pour son ami, sincèrement désolée pour lui. Mais il était malheureusement des choses qui n'étaient pas de son ressort. Elle repéra rapidement la voiture d'Erwan qui était là, le rejoignant sans attendre. Quand elle grimpa dans l'habitacle, elle eut toutefois un regard particulier sur lui, repensant à ce que Ray avait dit sur les hommes et leurs désirs. Mais non, définitivement non, il devait se tromper. Sur le trajet les menant à la marina elle serait particulièrement silencieuse, un peu maussade, cette visite ayant remué certains souvenirs assez pénibles et lui ayant laissé une étrange impression. Mais très vite, Erwan lui ferait retrouver le sourire grâce à une chanson qui passerait sur la radio. Et elle reprendrait le cours de leurs vacances innocentes et insouciantes, se promettant toutefois de ne pas attendre de nouveau si longtemps avant d'aller reprendre des nouvelles de Ray.




    She'll suck you dry... But still you'll cry, to be back in her bosom. To do it again. She'll make you weep... And moan and cry, to be back in her bosom. To do it again... Saviors and saints, devils and heathens alike... She'll eat you alive.
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Everything looks darker in here [Ray]

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