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 Bad day ▬ Anja

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MessageSujet: Bad day ▬ Anja   Lun 28 Avr - 23:38

Avec une précision fatale, le poing m’atteignit dans l’arcade sourcilière. Sous le choc, ma tête vacilla en arrière, entrainant avec elle le reste de mon corps. L’impact avec le bitume fut comme une décharge électrique : surprenante, inévitable et terriblement douloureuse. Paralysé par la douleur qui se répandait sur mon visage et dans le reste de mon corps, je restais sur le sol, immobile. Je n’avais plus la force, ni même la volonté de bouger. De toute façon, mon adversaire ne m’en laissa pas le temps. Profitant que je sois au sol, mon bourreau me donna une multitude de coups de pied. Le souffle coupé, je tentais vainement de bander mes abdos pour me faire un bouclier… totalement inutile. Chaque coup me brisait les os. Enfin, c’était l’impression que j’avais. Les yeux à moitié fermé, je résistais quelques secondes. La douleur ne me maintient éveillé qu’un temps, ensuite, elle me plongea dans l’inconscience. Mon cerveau, éternel empêcheur de tourner en rond, chercha à expliquer le pourquoi de cette scène surréaliste. Moi, Erwan Louvier, dit le Doc, en plein passage à tabac par un russe en colère, s’interrogeait sur le sens profond de sa propre vie. Cela avait dérapé, c’était certain, pourtant je peinais à en prendre véritablement conscience. Comment c’était arrivé ? Quel jour, quelle heure, j’avais pris le mauvais chemin ? A partir de quand j’avais atteint le point de non-retour ? A partir d’un énième cachet ? Peut-être… Les causes de ma déchéance ne changeraient absolument rien à celle-ci. Je filais un réel mauvais coton et je n’étais pas certain de me tirer de ce mauvais pas. A dire vrai, au moment où j’ai fermé les yeux, je n’étais pas certain de les ouvrir à nouveau. Bien au courant des habitudes des russes, je savais pertinemment que la plupart des combats du Fight Club correspondait à une mise à mort. J’allais crever comme un batard. Je ne méritais même pas la balle qui pourrait achever mes souffrances… Effectivement, il n’y aucun déclic. Juste le bruit sourd d’un homme qu’on balance dans une poubelle. Quand je rouvris enfin les yeux, j’avais le goût du sang dans la bouche. L’humiliation subis n’aurait pas pu être pire. Il fallait se relever au milieu des ordures et s’extraire de la benne. Chaque mouvement provoquait une multitude de douleurs. J’avais certainement plusieurs côtés fêlés et un nombre incalculable de bleus sur le corps. Qu’est ce qui m’avait pris de provoquer un putain de russe ? Je n’en avais pas la moindre idée. J’étais arrivé tellement déchiré au Fight Club que je ne me rappelais même pas ma conversation avec le russe en question. Tout ce dont je me souvenais, c’était le pourquoi de ma visite au Club des bagarreurs : le métier, comme d’habitude. Aux dernières nouvelles, j’étais encore le médecin des russes… c’était peut-être grâce à mon utilité que j’avais eu la vie sauve. En revanche, mon égo tout comme mes muscles étaient meurtris.

Sorti de ma torpeur – et de la poubelle géante – je m’échouais sur le sol et me tordis de douleur. C’était simple, j’avais mal partout. Je crachais du sang et retrouvais péniblement ma respiration. Aux souffrances s’ajoutaient un effet de panique. Je n’étais pas claustrophobe mais j’avais cru me réveiller dans une tombe. L’idée était bien trop séduisante pour être soufflée aux russes… ils seraient – surtout le nouveau dirigeant du Fight Club – tenté de revenir me chercher pour essayer. La dignité piétinée, je tentais de me relever. La première tentative fut un échec cuisant, mes jambes se dérobèrent sous mon poids et je tombais lourdement au sol. La chute réveilla de nouvelles douleurs. La tête me tournait – à moins que cela ne soit la Terre qui ait décidé de s’y mettre aussi – et je mis de longues minutes à retrouver une certaine stabilité. L’immobilité me permit de calmer mes angoisses… C’était finit, les russes ne reviendront pas m’achever. Prenant appui sur un sac à ordure, je me redressais tant bien que mal. Ce coup-ci je parviens à me maintenir sur mes jambes. Tout me semblait difficile, hors d’atteinte. Dans la bataille – ou plutôt le passage à tabac – j’avais brisé le cadran de ma montre. Un cadeau en toc de mes sœurs… fais chier. Je passais ma main dans mon cou, lui aussi meurtris, à défaut d’être brisé et cherchais dans mes poches mes clés de voiture. Il me fallait rentrer chez moi… Sauf que je n’avais rien dans les poches. Désespéré, je regardais la poubelle qui me narguait. Mes clés étaient sans doute à l’intérieur. Je n’avais ni la force, ni le courage de plonger… Ma dignité n’était pas à ça près mais si je rentrer à nouveau dans cette boite en métal c’était pour y crever. Tant pis pour mes clés, j’allais rentrer en taxi… A condition d’en trouver un qui acceptait de me prendre. C’était vraiment pas gagné. La démarche chancelante, je fis quelques pas, autant s’éloigner le plus vite possible même si la marche était – comme tout le reste – méchamment douloureuse. Hasard du destin ou caprice de la Fatalité, une limousine se détacha péniblement de mon champ de vision. Il faut dire qu’avec un œil à moitié fermé par le sang qui avait coulé de mon arcade, je peinais à distinguer avec précisions les formes. Pourtant, la silhouette féminine qui s’extrait avec grâce de la voiture m’était des plus familières. Anja. Manquait plus que ça. Dans un regain de fierté, je crachais au sol le sang qui empoisonnait ma bouche et me redressais pour lui faire face. Dans son attitude, je devinais l’angoisse de la femme inquiète et la colère de la femme d’affaire qui pressant la faillite. La voix étranglée par une gorge serrée, je demandais avec une décontraction mal imitée : « Tu fais un remake ? » La scène avait un coup de déjà-vu… Anja m’avait toujours soigné après un passage à tabac des russes. Ce coup-ci j’avais l’impression que c’était pire. La chemise en sang était assortie à l’œil au beurre noir et au sang séché sur le visage, il était clair que je faisais peur à voir, mais cela n’allait pas décourager Anja, n’est-ce pas ? Fermement ancrée dans le paysage, la jeune femme se rapprocha et mon regarda dévia. La honte martelait mon attitude comme les coups mon corps… Le face à face qui s’annonçait ne promettait rien de bon. J’avais carrément envie de retourner me cacher dans la poubelle… et je n’exagérais même pas.
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MessageSujet: Re: Bad day ▬ Anja   Ven 2 Mai - 17:58




    « Erwan est au Fight Club. Ils l'ont forcé à combattre et ça se passe pas bien... Vous devriez venir. »

Les yeux de la brune se fermèrent d'eux-mêmes, tandis qu'elle tentait de faire abstraction de ce qui se trouvait autour d'elle. Faire le vide pour prendre conscience de ce qu'on venait de lui dire. Est-ce qu'elle rêvait ou... ? Non. Elle ne rêvait pas. Le contact du cuir et du bois sous ses doigts lui rappelaient qu'elle n'était pas dans son lit mais bel et bien à son agence, derrière son bureau. Elle avait juste un peu de mal à réaliser ce qu'elle venait d'entendre. Quand elle avait vu le nom d'un de ses agents de sécurité s'afficher sur son téléphone, elle avait d'abord pensé qu'il y avait un soucis à la villa. Maintenant qu'elle savait la raison de cet appel, elle aurait peut-être préféré... Depuis qu'elle avait hérité du Fight Club et en était devenue propriétaire, Mikhail, l'un de ses agents de sécurité, allait parfois là-bas à ses heures perdues. Sachant l'historique qui la liait au Fight Club, il avait cru bon de lui demander la permission avant d'aller là-bas et, puisqu'elle avait accepté d'en reprendre les rennes, elle ne voyait pas pourquoi elle le lui aurait refusé. Elle avait peut-être été bien inspirée ce jour-là car, si Mikhail ne se serait pas trouvé sur place, jamais elle n'aurait su que son petit ami se trouvait à ce club de bagarres. Personne ne l'aurait prévenue pour la simple et bonne raison que personne ne savait qu'ils étaient ensemble. Au début de leur relation, Erwan n'avait pas voulu qu'ils s'affichent trop, de peur que la mafia russe ne les découvre. Aujourd'hui, vu la fréquence à laquelle ils se voyaient, ils n'avaient même plus besoin de se cacher... Lâchant un petit soupir, Anja rouvrit les yeux, fixant une seconde son écran avant de secouer doucement la tête et de répondre à Mikhail, silencieux au bout du fil.

    « J'arrive. Merci. »

Laissant en plan le dossier qu'elle était en train de rédiger, Anja attrapa manteau, sac et sortit avec précipitation, prenant juste le temps de prévenir Mandy pour son absence. Avec la circulation à cette heure de la journée, elle ne mettrait pas moins de trente minutes pour rejoindre le Fight Club, peu importait la route que son chauffeur emprunterait. Une demie-heure pour imaginer le pire. Une demie-heure pour se demander dans quel état elle allait le retrouver. Une demie-heure pour s'énerver à se demander ce qu'il avait bien pu aller foutre là-bas. Une demie-heure à se calmer en se rappelant qu'on lui avait apparemment forcé la main pour le combat. Une demie-heure à hésiter à appeler Igor pour lui demander d'arrêter, rejetant pourtant l'idée. Une demie-heure à se demander ce qu'elle allait lui dire, pas vraiment ravie que l'opportunité qu'ils aient de se voir après un mois était parce qu'il se prenait une raclée. Une demie-heure à s'inquiéter... Quand ils approchèrent du Fight Club, elle ne savait toujours pas comment appréhender la situation. Lorsque sa limousine tourna dans l'allée où se trouvait l'entrée du bâtiment, le temps se suspendit, rien qu'une seconde. Il était là. Debout, dans un sale état, mais vivant. Expirant l'air de sa respiration retenue, dès que la voiture s'immobilisa, elle ouvrit la portière pour s'extirper de l'habitacle. La russe franchit les quelques mètres qui la séparaient d'Erwan, à la fois désolée de le voir si amoché et énervée sans savoir réellement pourquoi. C'était son visage qui semblait être le plus touché, un coquard s'était développé autour de l'un de ses yeux, du sang s'écoulait toujours d'une arcade sourcilière et son nez, s'il n'avait plus l'air de saigner, avait entaché tout le haut de sa chemise. La-dite chemise était d'ailleurs bonne pour la poubelle, non seulement maculée du liquide sombre mais également déchirée par endroit. Et, à la manière dont il se tenait, elle songeait que ses côtes avaient du prendre quelques coups également... Arrivée face à lui elle se stoppa, les sourcils froncés à ses mots. Un remake ? Hum. Effectivement, la situation avait un air de déjà-vu...

    « J'aurai préféré. La dernière fois, j'étais arrivée à temps... »

La dernière fois lui paraissait remonter à une éternité. Ils n'étaient pas ensemble à l'époque, au contraire même, elle l'avait copieusement envoyé promener. Cela ne l'avait pas empêchée de tenter d'intervenir subtilement alors qu'elle était arrivée au beau milieu du passage à tabac par les russes. Aujourd'hui, même si Mikhail l'avait appelée dès que le combat avait commencé, elle arrivait après la bataille... Et Erwan lui semblait être dans un état plus grave que cette dernière fois. Pourtant, même si elle était arrivée à temps, elle ne savait pas si elle aurait pu intervenir. Le Fight Club avait ses propres règles, qu'elle en soit propriétaire n'y changeait rien. Elle n'appartenait pas non plus à la mafia russe mais elle savait avoir certains appuis là-bas. Ici c'était plus... compliqué.

    « Tu vas me faire le même coup ? Refuser de monter dans ma voiture pendant que je te suis au pas dans tout New York ? »

Elle ne pouvait pas s'en empêcher, sa voix sonnait comme un vent de reproches. Cela dit, il aurait été ridicule de refuser. Si la dernière fois ils ne se trouvaient qu'à quelques pâtés de maisons de chez lui, aujourd'hui ils étaient dans un quartier différent et bien plus éloigné. D'un autre côté... Elle ne comptait pas lui proposer de le raccompagner chez lui. Pas tout de suite.

    « Viens avec moi. »

Les remontrances avaient disparues, elle était juste désolée par la souffrance qu'il devait ressentir, et de s'être énervée aussi. Renonçant à tenter de capter son regard fuyant, la brune n'attendit pas de réponse et le contourna pour se rendre, non pas vers sa limousine, mais tout droit vers la porte d'entrée du Fight Club.




    She'll suck you dry... But still you'll cry, to be back in her bosom. To do it again. She'll make you weep... And moan and cry, to be back in her bosom. To do it again... Saviors and saints, devils and heathens alike... She'll eat you alive.
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MessageSujet: Re: Bad day ▬ Anja   Dim 4 Mai - 23:24

Le remake n’avait rien d’agréable. Au contraire. C’était toujours la même rengaine. Cette impression d’être un moins que rien, d’être incapable de se débrouiller seul. Toujours l’aide d’Anja se révélait providentiel, et à force, cela me posait un réel problème. Je n’étais absolument pas macho, vraiment pas. Après tout, j’avais vécu avec deux femmes – m’enfin plutôt des gamines – et j’étais loin d’être old génération. Toutefois, je considérais que c’était à l’homme de prendre les décisions qui s’imposaient, Anja devait apprendre à me faire confiance et parfois me laisser endosser la responsabilité de notre couple. Néanmoins… j’étais incapable de faire tout ça. Anja ne pouvait pas vraiment compter sur moi, en témoignait mes absences prolongées… Peut-être que je le faisais exprès pour prouver à Anja que je n’étais pas à la hauteur. Peut-être tout simplement qu’Anja était bien mieux sans moi, après tout, à quoi je servais ? Sérieusement, Anja se débrouillait très bien sans mon aide – vu que je ne lui en apportais aucune. A ses yeux, je n’étais qu’un boulet. Franchement, si j’avais encore des doutes, ces derniers venaient de s’envoler. Quelque part, j’étais comptais de la voir ou plutôt de la revoir après tout ce temps. Mais le partage était trop inégal pour durer… Anja m’apportait bien plus que je ne pourrais jamais lui apporter.  Les doutes prenaient le pas sur la satisfaction de croiser son regard… le croiser ? Non, j’avais le regard fuyant. Le batard que j’étais n’était vraiment pas fais fier de la situation. Faut dire que j’avais une mauvaise allure… Le dos courbé ma respiration me faisait souffrir. Ce n’était pas la première fois que je me faisais passer à taper. A chaque fois, c’était plus violent que la dernière fois. Un jour, c’était certain, je ne m’en sortirais pas.  « J'aurai préféré. La dernière fois, j'étais arrivée à temps... » Evidemment. Sans subtilité, Anja me rappelait ô combien j’étais un incapable doublé d’un raté. Le contraste entre nos deux vies était saisissant. Là où j’échouais – c'est-à-dire partout – Anja réussissait – c'est-à-dire tout. Sans elle, je n’étais qu’un tas de poussière que la mafia russe (ou un russe free lance) cherchait à balayer. « Tu vas me faire le même coup ? Refuser de monter dans ma voiture pendant que je te suis au pas dans tout New York ? » Un sourire écorcha un peu plus mon visage. Anja était pertinente… peut-être un peu trop. Je n’avais pas besoin qu’elle me dise de ravaler mon orgueil, j’étais pas en état de le faire. Qui plus est, j’en avais pas envie. D’un autre côté, j’aurais préféré qu’elle ne vienne pas… J’avais besoin d’elle, certes, mais accepter cette main tendue – pour la énième fois – risquait de provoquer un affrontement que je ne souhaitais pas. Lâche, je refusais de m’engueuler avec Anja. Là non plus, je n’en avais pas la force. Puisqu’Anja prenait si bien les choses en main autant la laisser faire et se montrer docile. « Me tentes pas. » tentais-je sans retrouver le ton taquin que j’utilisais d’habitude. Le cœur n’y était vraiment pas. Pour sa défense, il venait de se faire piétiner.

« Viens avec moi. » Mais je ne demandais que ça… Les épaules rentrés, je fis un pas dans la direction d’Anja alors que celui-ci se dirigeait vers moi pour finalement me contourner. La limousine faisait dos à Anja ? Mon regard hésita à plusieurs reprises entre Anja et la voiture. Pourquoi on y allait pas ? «  La voiture est derrière toi… » C’était quoi encore ce bordel ? Je soupirais, je n’avais même pas envie de comprendre. Sans protester davantage, j’emboitais le bas à la jeune femme. Comme Anja savait tout mieux que moi, elle savait bien mieux que moi où nous allions. Décidé à ne pas la laisser piétiner mon orgeuil – celui-ci était déjà en morceaux, pas la peine d’en rajouter – je demandais à Anja : « Tu vas engueuler tes petits copains ? Parce que si c’est le cas, abstiens toi. Ou laisses moi attendre dans la voiture…. » A défaut de l’empêcher de jouer les grandes gueules-effrontés-sauveuses-rancunières, je préférais me planquer dans la voiture. Le cuir de la limousine me semblait bien plus confortable que de trimballer ma vieille carcasse. D’autant plus si il s’agissait pour Anja de jouer les gamines rebelles face à ses ‘copains’ russes. Je comprenais qu’elle veuille passer ses nerfs sur les coupables, on venait de casser son jouet… Anja avait toutes les raisons d’être en colère ! Personnellement, tout ce que je voulais c’était qu’on me foute la paix, qu’Anja me foute la paix. Ceci-dit, la refuse de face n’était pas la bonne solution. Rappelez-vous que le jouet brisé est un lâche, incapable de prendre les décisions qui s’imposaient à lui.
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MessageSujet: Re: Bad day ▬ Anja   Lun 5 Mai - 13:17

Sans se retourner, Anja continua le chemin qu'elle avait empruntée. Elle avait préféré ne même pas relever la réflexion d'Erwan. Elle savait que la voiture était derrière elle, merci bien. Elle en venait. Elle savait aussi qu'avant de remonter dans la limousine, ils devaient faire un petit détour. Il aurait peut-être préféré s'écrouler sur la banquette, meurtri, jusqu'à ce qu'elle ne le ramène chez elle. Mais elle imaginait déjà d'ici comment la scène se déroulerait. Assis l'un à côté de l'autre comme deux idiots. Au mieux ils se taisaient durant tout le trajet et il la plantait là dans sa jolie voiture quand ils seraient arrivés à son appartement. Au pire, ils commençaient à s'engueuler pour sa présence ici et elle était certaine que le sujet dévierait sur le réel problème entre eux. Sauf qu'elle n'avait pas envie de faire ça dans une voiture, avec son chauffeur qui entendrait évidemment tout, entre deux feux rouges... A vrai dire, elle n'avait pas envie de faire ça maintenant. Plus grave encore, elle n'avait pas envie de faire ça du tout... Mais elle savait aussi qu'il allait falloir qu'ils y passent parce que ce n'était pas possible, ils ne pouvaient pas continuer comme ça. C'était trop difficile, trop douloureux. Repoussant pour l'instant ce qui la rongeait, son unique objectif pour l'heure était de l'amener à l'intérieur du bâtiment. Dans un endroit où elle savait qu'ils seraient seuls, où personne ne pourrait les entendre ni les déranger. Pour le moment, c'était tout ce qu'elle voulait : qu'ils se retrouvent, seuls. Et si cela voulait dire passer devant Igor, qu'à cela ne tienne. Bornée et bien décidée à garder de côté les pensées qui menaçaient de briser son calme, la brune se stoppa néanmoins quand elle entendit de nouveau la voix d'Erwan.

Fermant de nouveau les yeux pour garder la maîtrise d'elle-même, elle resta dos à lui. Alors, c'était ça ? Est-ce que c'était vraiment ce qu'elle était pour lui ? Est-ce que c'était comme ça qu'il la voyait ? Comme une fille qui venait à la rescousse de son petit-ami dès qu'il avait un soucis, pour le seul bon plaisir d'aboyer un peu sur les autres ? Elle n'aurait pas du y faire attention mais cette remarque la blessa. Il n'avait pas encore compris ? Elle se foutait de qui pouvait bien l'avoir mis dans cet état. Si elle était là, c'était simplement... pour lui. Mais finalement, elle aurait peut-être mieux fait de ne pas venir et de le laisser se débrouiller. Après tout il avait raison, elle n'allait pas prendre sa défense et, à ce qu'elle voyait, il semblait de ne pas avoir envie de son aide. Peut-être même qu'elle ferait mieux de faire demi-tour tiens, là maintenant. Le planter ici et le laisser se soigner tout seul. Certaine qu'elle garderait un relatif self-control, Anja rouvrit les yeux et se retourna pour fixer son regard dans celui d'Erwan, sans échappatoire possible. A le voir aussi abîmé elle repoussa toute idée de le laisser tout seul. Néanmoins il n'y avait pas de colère dans ses yeux clairs, juste de la déception parce qu'elle ne pensait pas que c'était l'image qu'il se faisait d'elle. Mais sur ça aussi, elle devait s'être trompée... La voix un peu lasse, un peu distante, elle finit par lui répondre après l'avoir fixé intensément durant quelques secondes.


    « Je ne vais engueuler personne Erwan. Je ne suis pas ta mère, ce n'est pas à moi de prendre ta défense dès que quelqu'un te menace ou que tu t'en prends une. Il me semble que tu es assez grand pour ça. »

Et sur la fin, son ton avait été plus sec qu'elle ne l'aurait voulu. S'en voulant, mais songeant aussi qu'il l'avait bien cherché, elle se mordit le bout de la langue pour ne rien ajouter de plus blessant, faisant déjà volte-face pour ouvrir la porte du club et s'engouffrer à l'intérieur de manière à fuir les probables reproches du jeune homme. Elle aurait peut-être dû l'attendre ou lui tenir la porte, au lieu de ça elle s'avança dans le club, ses yeux s'habituant difficilement à la noirceur des lieux. Il n'y avait que quelques néons, de ci de là. Il avait toujours fait sombre ici, même en plein jour. Il n'y avait pas de fenêtre, peut-être pour renforcer l'impression étouffante d'intimité. Le bruit de la porte qui venait de s'ouvrir avait fait relever la tête aux quelques hommes qui se trouvaient là, dont Igor. L'ancien bras droit de Stan s'apprêtait déjà à l'accueillir mais son sourire s'évanouit dès qu'il vit Erwan derrière elle. Les sourcils froncés, il désigna l'américain d'un geste de bras un peu violent tandis qu'il s'avançait vers eux à pas précipités.

    « Qu'est-ce qu'il fout ici ? Je viens de le foutre dehors ! T'en as pas eu assez, t'en veux encore ?! »

S'avançant d'un pas pour s'interposer et certainement aussi pour prendre l'ascendant, la russe fit face au nouveau gérant, tâchant de garder une voix neutre tandis qu'elle s'adressait à lui dans leur langue maternelle.

    « Il est avec moi. »
    « Avec toi ou pas, il fout le camp. Je veux plus le voir ici ! »
    « Et moi je te dis qu'il est avec moi et qu'il reste. Qu'est-ce qu'il t'a fait au juste ? »
    « Qu'est-ce qu'il a fait ? Il a manqué de respect au club, voilà ce qu'il a fait ! A moi, à mes gars, à Stan aussi par la même occasion. Il a rien à foutre ici et tu le sais. S'il est pas capable de comprendre pourquoi on est ici, il peut aussi bien aller voir ailleurs si on y est, en tout cas il aura plus notre fric ! »
    « C'est un médecin ! Il voit le côté pragmatique de la chose, c'est normal qu'il comprenne pas pourquoi vous passez votre temps à vous taper sur la gueule ! »
    « Je m'en fous de quel angle il voit ça ! T'as pas à intervenir dans les combats et lui, il dégage. »

Igor criait. A vrai dire, il n'avait fait que ça depuis qu'elle et Erwan étaient entrés dans la pièce. Pas une fois au cours de leur discussion, il n'avait baissé le ton. Chez la brune, c'était tout le contraire. Elle gardait un éloignement édifiant alors que le russe était en train de lui hurler dessus, le nez presque collé au sien. Véritable bloc de glace, Anja releva légèrement le menton à sa dernière phrase. Ah il voulait le jouer comme ça ? Le regard noir, elle s'approcha d'un pas, réduisant un peu plus la distance qui la séparait d'Igor, visiblement pas effrayée à l'idée de peut-être se prendre un coup. La voix glaciale, les mots tombèrent, pratiquement murmurés.

    « Tu as raison. Je n'ai pas à me mêler de vos combats ni des règles qui les régissent. Néanmoins, c'est à moi que Stan a légué ce club autrement dit, ici, c'est chez moi. Et je ferai rentrer qui je veux, que ça te plaise ou pas. »

Elle avait abandonné le russe pour revenir à l'américain. C'était voulu, fait exprès, pour qu'ainsi tous ceux qui étaient présents entendent et comprennent bien ce qu'elle venait de dire. Elle l'avait peut-être placé à la barre du navire depuis la mort de Stan mais c'était elle qui restait la nouvelle propriétaire des murs comme du concept. Le duel de leurs deux regards dura quelques secondes. Pas une fois elle ne cilla. Voyant qu'elle ne céderait pas, Igor finit par secouer la tête, s'éloignant de façon énervée pour aller certainement prendre l'air. Elle le savait sanguin, ça finirait par lui passer... Restant de marbre encore quelques instants, elle finit par jeter un bref regard à Erwan. Elle avait presque oublié sa présence durant l'altercation. Les mâchoires serrées, elle espérait qu'il se rendait bien compte que ce qu'elle faisait, c'était pour lui... D'un petit geste du menton, elle lui fit signe de la rejoindre pendant qu'elle-même traversait le hangar et sortait des clés de son sac à main. Arrivée devant une porte assez lourde, elle les fit tourner dans la serrure et s'engouffra à l'intérieur la première pour aller allumer les lumières. Elle ne l'avait pas amené à un autre combat mais bien dans les quartiers privés de son ex-mari. Elle attendit qu'Erwan passe la porte à son tour pour la refermer derrière lui et s'y appuyer quelques instants, fatiguée de devoir toujours se battre.




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MessageSujet: Re: Bad day ▬ Anja   Lun 5 Mai - 23:11

Une ombre dans son dos, voila ce que j’étais. Une silhouette silencieuse qui la privait de la lumière, voila ce que je représentais. C’était une idée qui me collait à la peau et que les attitudes d’Anja renforçaient. Peut-être qu’elle ne le faisait pas exprès mais… c’était affligeant et humiliant de la suivre ainsi dans une direction où je n’avais aucune envie d’aller. Qu’est-ce que j’étais pour elle ? Probablement un toutou. Franchement, il ne manquait que la laisse, car à court de solutions – trop lâche pour m’opposer à elle – je refusais une dispute sur le trottoir et lui emboitais le pas. Bâtard un jour, bâtard toujours. J’étais son cleps. Rien que l’idée me donnait envie de gerber, à moins que cela ne soit les coups qui avaient retourné mon estomac. J’ignorais de quoi Anja avait envie mais moi je n’avais vraiment, vraiment pas envie de pénétrer à nouveau dans le Fight Club. En quelques paroles mal habiles, j’avais réussi à me faire blacklister pour le reste de mon existence. Anja l’ignorait – et je n’allais pas m’en venter – mais les russes m’avaient déposé dans une poubelle. Inutile de polémiquer sur la symbolique du geste : je représentais un déchet dont il voulait se débarrasser. Conclusion : je n’étais pas le bienvenu. Je ne voulais pas rentrer…. Plutôt me terrer dans un coin ! Okay, c’était lâche, je ne prétendais absolument pas le contraire… Mais je n’avais jamais dis que j’étais courageux. Qu’est ce qu’Anja pensait ? Que son cabot allait finir par mordre ? Loin de là, même Jedi mordillait plus fort que moi. Anja mordait beaucoup plus que Jedi et moi-même réuni… Franchement y’avait pas grand mal. Je n’étais pas un grand fan de la limousine mais… elle me manquait déjà. J’avais une terriblement envie de me reposer contre un fauteuil en cuir et de profiter du mini-bar pour avoir des glaçons. Mais Madame Malkovski en avait décidé autrement. Curieux, je n’avais même pas le droit à sa pitié ce soir ? La jeune femme m’adressa un regard que j’ai du mal à soutenir. Même si je refusais de l’admettre, sur pas mal de choses elle avait raison… L’instinct féminin face à l’orgueil masculin, le match promettait d’être serré. « Je ne vais engueuler personne Erwan. Je ne suis pas ta mère, ce n'est pas à moi de prendre ta défense dès que quelqu'un te menace ou que tu t'en prends une. Il me semble que tu es assez grand pour ça. » Réflexion faite, Anja allait remporter haut la main. La jeune femme gagnait les joutes verbales. C’était quasiment son job d’appuyer ou cela faisait mal. Le faisait-elle exprès ? Je sais pas. Mais si elle avait sciemment voulu me faire du mal et me rappeler à quel point j’étais mauvais pour gérer ma vie, elle avait parfaitement bien réussi. Anja m’avait cloué le bec et je regardais mes chaussures mal à l’aise. Anja avait raison, ce n’était pas à elle de prendre ma défense… mais elle le faisait quand même ! Un choix par défaut, certainement. Subtilement, Anja savait me faire comprendre que j’étais un putain d’incapable, « pas assez grand pour ça » apparemment. Anja ne me lassa pas le temps de réagir et de toute façon, elle avait raison. Que pouvais-je ajouter de plus ? La jeune femme continua sa route et je lui emboitais le pas avec une démarche château-branlante. La porte manqua de se refermer sur moi  - merci Anja et je grimaçais de douleur en pénétrant à nouveau au Fight Club. Pas impossible que j’en ressorte les pieds devant… ah si impossible, j’avais un garde du corps en talon aiguille devant moi. Et le pire, c’était que j’allais en avoir besoin.

D’un geste malpoli du bras, Igor me désigna. Il n’était vraiment pas content de me voir. Le déplaisir était partagé mais je me garderais bien de lui faire savoir. « Qu'est-ce qu'il fout ici ? Je viens de le foutre dehors ! T'en as pas eu assez, t'en veux encore ?! » En le voyant s’avancer, je me retiens d’esquiver un mouvement de recul réflexe. J’avais mal partout et pas envie de souffrir davantage. Ceci-dit, je refusais qu’Anja s’en prenne une pour moi. D’une, personne ne levait la main sur Anja. De deux, je n’étais plus à ça près alors autant voir jusqu’au j’allais enchainer. Décidée à jouer son rôle de « mâle Russe », Anja s’adressa à son pseudo-copain (pas moi, l’homme brutal) en russe. C’était tellement mieux de m’exclure de la discussion. Même si je ne comprenais rien à cette langue de barbare – j’avais vite renoncé à l’apprendre sérieusement, je savais juste glisser quelques mots doux ou aphrodisiaques à l’oreille d’Anja – il était clair que j’étais l’objet de la discorde.  Igor s’égosillait contre Anja et la jeune femme restait de marbre. J’avouais la trouver impressionnante… Anja savait y faire, elle ne lâcherait rien et je pouvais même parier qu’elle allait gagner. Après tout, à mon grand désarroi, Anja était entre ses propres murs. Merci Stan de pourrir ma vie et de gâter ton ex-femme… même six pieds sous terre, cet homme pouvait être un rival redoutable. Se battre contre un cadavre.. Je n’étais pas tombé pas, j’étais en train de creuser ma tombe. Comme toujours Anja obtient le dernier mot – en américain ce coup-ci ! - et c’est sous le regard glacial du big boss que je suivis Anja. Un caniche à sa botte, voila ce que j’étais. Franchement, Anja n’aurait pas dû. Sous le regard des russes, je subissais une deuxième humiliation. La tête rentrée dans les épaules, je marchais dans les pas d’Anja. Je n’avais même pas l’audace de faire le malin tant j’avais honte de la situation. Etre soigné par sa copine, aussi délicat que cela soit était tout de même moins pire que de se faire défendre de cette manière. Face à une porte close, Anja s’empara des clés qu’elle conservait dans son sac, preuve que les lieux lui appartenaient vraiment. Sans un mot, Anja pénétra dans la pièce et je la suivis, décidé à disparaitre des regards haineux des combattants. L’atmosphère des quartiers privés de Stanislas n’était pas s’en rappeler sa mort récente… Son âme régnait encore en ces lieux et planait au-dessus de notre relation. Anja referma la porte et resta appuyé contre celle-ci. Feignant de ne pas être intimité par les lieux, je posais mes fesses sur une chaise de la table à manger et m’appuyais contre le dossier. Le regard fuyant, j’ignorais quoi dire à Anja ou plutôt je n’avais pas envie de le lui dire. Au bout d’un moment, la russe se décida à aller chercher la trousse de soin. Elle savait un peu trop bien où elle était à mon goût. J’imaginais aisément qu’Anja avait du jouer le même rôle d’infirmière avec son défunt mari… sauf que Stan lui se battait vraiment et devait gagner ses matchs. Sa réputation de Stan La Rage ne m’était pas inconnue. Il n’avait jamais dû être aussi abimé que je l’étais. «  T’étais pas obligé de m’humilier une seconde fois tu sais… » commentais-je sans véhémence. Au fond, c’était une simple constatation, un regret avoué. Bien que j’avais de nombreuses raisons d’être énervé, je n’avais ni la force, ni le courage de l’être ou de le montrer explicitement. J’étais trop blessé pour chercher à la blesser davantage… Je savais bien que ce n’était pas ce qu’elle aurait voulu. Anja aurait tout simplement voulu Stan, non ? Après tout, le fantôme rodait et son souvenir risquait d’hanter ce moment. Même mort, ce type continuait à me donner des complexes. Y’a pas à dire, Stanislas Lebovski était un gagnant. J’étais son exact opposé… Etait-ce des regrets que je lisais dans son regard ?
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MessageSujet: Re: Bad day ▬ Anja   Lun 12 Mai - 22:58

Il lui fallait un petit temps. Quelques secondes de répit. Même si elle n'en laissait rien voir, cette dispute avec Igor l'avait fatiguée. A vrai dire, toutes ses altercations l'épuisaient. Au fond, elle n'était pas si différente de ces hommes, de l'autre côté de la porte, qui passaient leur temps à se taper dessus. A cela près qu'elle n'avait pas besoin d'un ring pour éprouver ses matchs. Ses combats, c'était tous les jours. A l'agence, avec les clients ou parfois les filles. Avec les russes, qui ne se pliaient que rarement facilement à son avis de femme. Avec les autorités qui n'étaient jamais très loin d'elle finalement. Maintenant au Fight Club, avec Igor ou d'autres parce qu'ils ne la jugeaient pas forcément digne de reprendre les lieux. Il ne manquait plus qu'Erwan pour qu'elle se batte à tous les niveaux de sa vie. Et quelque chose lui disait que ça n'allait pas tarder, quand bien même ils avait réussi à faire semblant de rien pendant bien trop longtemps, repoussant chaque fois la dispute. Et chaque fois, elle ressortait vidée de toutes ces guerres. Elle avait l'impression de devoir lutter en permanence. Certains pensaient peut-être qu'elle réussissait aisément tout ce qu'elle entreprenait. Ce n'était pas forcément la vérité, toujours, elle avait du s'imposer pour se faire entendre. Parce qu'elle était une femme dans un monde de machos. Et chacune des batailles qu'elle menait lui prenait toute son énergie. Aussi, alors qu'elle ressortait d'un duel houleux avec Igor, il lui fallait un petit temps. Quelques secondes de répit pour reprendre un peu de ses forces avant la nouvelle qui, elle le sentait, s'annonçait. Quelques secondes de silence et de quiétude avant de se lancer dans un nouveau match et essayer d'esquiver au maximum les coups...

Après quelques inspirations silencieuses pour se donner du courage, la brune releva la tête et ses pupilles claires se posèrent sur Erwan. Il était allé s'installer sur une chaise, ayant certainement des difficultés à rester debout trop longtemps. Comme un éclair, cela la frappa. C'était étrange de le voir ici. C'était la première fois que ces deux époques de sa vie se mélangeaient et se superposaient. Elle avait l'impression de revenir quelques années en arrière, quand c'était Stan qui trônait face à sa table à manger, et alors qu'ils étaient encore mariés. Mais c'était bel et bien le présent qui se déroulait sous ses yeux. Ce n'était pas son ancien époux face à elle mais son actuel petit ami. Et elle devait avouer qu'elle ne savait pas vraiment qu'en penser. Après tout, l'un comme l'autre la blessaient. Peut-être pas de la même manière mais tout de même. Passé et présent se chevauchaient et la laissaient un peu troublée. Pour reprendre contenance et parce qu'elle imaginait qu'Erwan devait être en train de souffrir sur sa chaise, Anja se décolla finalement de la porte pour faire quelques pas dans l'appartement. C'était la même sensation chaque fois qu'elle venait ici. Une étrange mélancolie s'emparait d'elle et la mettait mal à l'aise. Parce qu'elle avait toujours l'impression qu'il était là, quelque part. Ces appartements restaient les siens et elle s'attendait presque à le voir sortir à tout moment de la chambre. Sauf qu'elle ne reverrait plus son sourire insolent. Et elle se maudissait parce qu'après tout ce qu'il lui avait fait, il n'aurait jamais du lui manquer. Mais tout ici lui rappelait Stanislas et, à bien y réfléchir, peut-être qu'Igor avait raison. Elle avait peut-être commis une erreur en amenant le médecin. Sa place n'était pas ici et elle ne savait pas elle-même pourquoi elle l'avait amenée là, si ce n'est pour qu'ils se retrouvent seuls. Stan reviendrait-il d'entre les morts pour les mettre dehors, elle et son nouvel amant ? Chassant cette idée ridicule mais qui pourtant lui laissa un sentiment désagréable, elle se dirigea presque machinalement vers le carton dans lequel était stocké le matériel pour les premiers soins. Elle venait de prendre la petite trousse entre ses mains quand la voix d'Erwan retentit et la frappa de plein fouet. Ce coup-là, elle ne l'avait pas vu venir...

Sa voix n'avait rien d'agressive mais c'était peut-être pire encore. Comme s'il était résigné. Comme si ce qu'il disait été habituel. Un événement qui se répétait et qui avait fini par le lasser. T’étais pas obligé de m’humilier une seconde fois tu sais... Elle dut se répéter la phrase intérieurement deux fois, trois fois, pour être sûre de l'avoir bien entendue et d'en avoir correctement saisi le sens. Mais, à voir le regard misérable qu'il lui lançait, il n'y avait pas de doute possible. Ses oreilles et sa compréhension ne lui faisaient pas défaut... Sa première réaction fut de ne pas réagir. Parce qu'elle ne savait pas comment répondre à ça. Pas une seconde elle n'avait pensé que c'était de cette manière qu'il verrait les choses. Mais, encore une fois elle se trompait et force était de constater que la complicité qui les liait était en train de disparaitre. Ce fil qui les unissait s'étiolait au fur et à mesure et il ne restait plus grand chose avant qu'il ne cède. Comme il lui paraissait loin, le temps où elle avait cette impression qu'avec lui, c'était facile. Et qu'ils se comprenaient comme deux vieux amis. Aujourd'hui... Elle ne le reconnaissait plus. Ne le comprenait plus. Alors, la surprise et le choc des mots passés, elle prit sur elle, ravalant sa fierté le temps d'ouvrir la trousse pour en sortir quelques cotons et une bouteille de désinfectant. Elle venait de décider de ne rien rétorquer pour ne pas envenimer la situation mais, en voyant ses mains agir et s'emparer des différents objets, elle changea finalement d'avis. Relevant vers lui un regard à la fois blessé et hargneux, elle finit par ouvrir à son tour la bouche, la déception perçant en premier lieu, avant de laisser la place à une ironie dépitée.


    « Vraiment ? C'est ce que tu penses ? C'est comme ça que tu le ressens ? Je devrais peut-être te laisser te débrouiller tout seul alors. Après tout, tu es médecin. Tu as les compétences pour te soigner. Moi non. Je ne voudrais pas que tu te sentes humilié une troisième fois. »

Son ton avait fini par devenir cassant, sec. Glaciale, sa dernière phrase avait résonné dans le vide de l'appartement, tranchant le silence de ses mots empoisonnés. Les sourcils froncés, elle s'avança vers lui, se plantant face à son corps meurtri comme elle claquait avec une relative violence le désinfectant sur la table, jetant presque les cotons qui s'échouèrent juste à côté. Et, sans qu'elle ne puisse s'en empêcher, ses yeux qui fusillèrent ceux d'Erwan tandis que tout son être émanait d'une certaine rage contenue. Elle n'en revenait pas qu'il ait osé lui balancer ça... C'était tout ce qu'il trouvait à lui dire ? Alors qu'ils ne s'étaient pas vus depuis un mois. Et cela la désolait...




    She'll suck you dry... But still you'll cry, to be back in her bosom. To do it again. She'll make you weep... And moan and cry, to be back in her bosom. To do it again... Saviors and saints, devils and heathens alike... She'll eat you alive.
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MessageSujet: Re: Bad day ▬ Anja   Mar 13 Mai - 0:18

Fatiguant, usant, blessant… Ces trois mots décrivaient parfaitement la scène qui se déroulait sous mes yeux. Pire, ils résumaient l’intégralité de ma vie. A chaque fois, c’était la même rengaine. Tout avait commencé gosse quand mon beau-père s’amusait à m’humilier sans arrêt. Verbalement, il y avait pris un malin plaisir. Tout ce qui comptait pour lui, c’était me casser psychologiquement et j’étais forcé de constater qu’il avait réussi. A tel point qu’un mot continuait à me hanter. Bâtard. C’était malheureux à dire, mais je n’avais oublié aucune des humiliations subites. Les années – nombreuses – s’étaient écoulés mais rien n’avait été effacé. Au contraire, mes relations avec mes demi-sœurs avaient accentué mon malaise familial. Le manque de reconnaissance me crevait à petit feu… D’accord, j’avouais ne pas avoir été très présent pour elles. Mais c’était mon absence qui me permettait de les aider ! En leur épargnant ma compagnie, je parvenais à les protéger. C’était le prix à payer et je le payais, en silence, sans aucune plainte. C’était ma belle-famille, j’en étais, quelque part responsable alors je faisais ce que j’avais à faire. C’était mon job, ma responsabilité et aussi mon épée de Damoclès. Au fond, malgré mon passé – ou grâce à lui – je me définissais plutôt comme un homme responsable. J’avais le mérite d’assumer chacune de mes conneries et j’en avais fais beaucoup… Pourtant, j’étais incapable de prendre mes responsabilités avec Anja. J’étais son mec, jusqu’à preuve du contraire… mais je ne me comportais pas comme tel. Je prenais la tangente, je fuyais… Me tenir face à elle était douloureux. Normal. J’avais tous les tords. Mon silence était un aveu que ma conscience ne voulait pas confier. Mes peurs premières étaient revenues et empoisonnaient chacun de mes gestes. En voyant Anja prendre ma défense, c’était une incertitude : elle était trop bien pour moi. Nos univers étaient totalement incompatibles. J’en venais même à me demander comment nous arrivions réussi à nous entendre… Ah si, l’attrait de la blouse blanche. Le médecin sexy et prometteur qui fait un peu de zèle pour l’aider et qui tombe sous son charme. Y’avait probablement eut un abus de faiblesse de ma part. Anja était la mère d’un patient, alors j’avais quelque peu détourné la déontologie pour la faire tomber dans mes bras. Je ne regrettais rien mais je n’aurais peut-être pas dûe. Si c’était une erreur et le présent me donnait raison, c’était la plus belle que j’ai commise. Mais comme toutes les autres, celle-ci aurait des répercussions négatives. Non seulement sur moi, mais aussi sur Anja. C’était pas ce que je voulais. Jamais, je n’avais voulu la blesser mais au premier regard j’avais compris que le mal était déjà fait. Théoriquement, j’étais sensé rattraper mes erreurs, m’excuser et faire preuve de bonnes résolutions… Mais j’y arriverais pas. J’étais bien trop en colère pour faire le dos rond et tout oublier. De toute façon, Anja n’était pas du genre à se faire avoir pas des beaux discours. De nous deux, c’était elle l’oratrice, il n’y avait aucun doute.

Comme pour le prouver, Anja sortit les crocs après que ses griffes aient violenté la trousse de premiers secours. Elle avait le regard des mauvais jours et le ton tranchant de la femme d’affaire. C’était déplacé, mais une partie de moi ne pouvait pas s’empêcher de la trouver attirante. Il lui manquait juste cette faiblesse dans le regard, cette étincelle d’inquiétude qui m’avait fait craquer chez elle. Aujourd’hui, la petite lueur était devenue une marque de pitié. Perçait chez Anja, cette justesse du propos, ce ton cassant et blessant… A croire qu’elle remettait à sa place un mauvais employé, un ultimatum avertissant avant une fin de contrat. « Vraiment ? C'est ce que tu penses ? C'est comme ça que tu le ressens ? Je devrais peut-être te laisser te débrouiller tout seul alors. Après tout, tu es médecin. Tu as les compétences pour te soigner. Moi non. Je ne voudrais pas que tu te sentes humilié une troisième fois. » Ce que je pense ? Ce que je ressens ? Quelle importance face à la maladresse de mes actes ? Je retiens un rire nerveux et ma tête se balança à droite et à gauche, j’en revenais pas qu’elle me dise ça. Loin d’acquiescer la tête, je répondis du tac ou tac : « Ah ouais ? Tu te préoccupes de ce que je veux ? Vraiment ? Parce que y’a deux minutes, j’en ai pas eu l’impression… » Y’a deux minutes, Anja a sciemment tourné le dos à la limousine pour que je rentre à ses côtés. J’étais comme un vulgaire chien en laisse qui se faisait, à nouveau humilier… J’avais rien à foutre au Fight Club, Anja le savait pertinemment ! Tout le monde le savait !! Alors qu’est ce que je foutais ici ? Anja avait beau me fusiller, je ne baissais pas les yeux pour autant. J’avais pas envie d’être son cabot en cage. Pas envie de servir à assurer sa suprématie sur ce fou d’Igor, encore moins envie de visiter les quartiers de son ex-défunt-mari. Le fantôme de Stan rôdait encore en ces lieux. J’entendais son rire raisonner à mes oreilles. Il devait bien se marrer le vieux russe. Pourtant, il n’y avait pas de quoi rire, nous avions tous les deux échoués à la conquête de la jolie russe. On avait le mérite de l’avoir conquise pour finalement la perdre… Adapte du gâchis, je partageais avec Stanislas la déception d’un amour échoué. Contrairement à lui, j’avais encore la possibilité de changer la situation. J’étais vivant, acteur, décideur… Et tout ce qui m’intéressait c’était de me rouler un joint pour oublier à quel point cette situation était désolante. Lâche. De rage, j’envoyais valser la bouteille de désinfectant sur le sol, balançant d’un même geste les cotons sur le sol. J’avais pas envie qu’on me soigne, pas envie d’avoir moins mal. Je voulais exploser, me défoncer pour oublier le manque. Parce que même si elle était en face de moi, elle me manquait… Elle me manquait terriblement songeais-je en laissant mes yeux s’échouer sur le sol.
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MessageSujet: Re: Bad day ▬ Anja   Mer 14 Mai - 0:19

Pas une seconde, elle n'avait songé que c'était ce qu'il pensait, ce qu'il ressentait. La manière dont il la voyait, elle. Leur relation. Tout. Humiliation. Ce n'était pas un petit mot, ce n'était pas un rien, une expression remplie d'euphémisme choisie à la légère. Humiliation. C'était lourd, ça écorchait et laissait des sillons rougeâtres. Humiliation. C'était vraiment comme ça qu'il les qualifiait. Et il ne se rendait même pas compte que cela les insultait, l'un comme l'autre. Lui d'abord, car employer ce terme signifiait avouer avoir laissé l'acte se faire. S'il y avait humiliation c'était parce qu'il l'avait laissé faire. Avec son caractère et sa carrure, oui, il avait du inconsciemment accepter cet état. Autrement, il y aurait simplement mis fin. Mais non. Il avait été humilié. Une seconde fois. Elle comprenait une énième fois. Mais c'était elle aussi qu'il injuriait en utilisant ce mot. Il sous-entendait qu'elle aurait pu sciemment se mettre en position de bourreau pour faire de lui son martyr. La connaissait-il si mal ? Elle savait avoir un fort caractère. Elle savait faire parfois preuve de domination, que cela soit voulu ou non. Son charisme lui donnait cette autorité naturelle mais il arrivait qu'elle choisisse d'être dégradante par simple jeu. Oui, parfois, elle se défoulait sur plus faible qu'elle, jouait un peu avec eux avant de les dévorer tout crus, un peu comme un chat le ferait avec une souris. Mais ces jeux-là n'étaient pas de mise envers ses proches. Jamais. Ou alors, ce n'était jamais voulu. Au cours de leurs dix années ensemble, il y avait eu de nombreuses fois où Stan et elle avaient été en désaccord. En partie à cause de son propre caractère d'enfant pourrie gâtée, comme il aimait à la qualifier. Mais jamais elle n'avait cherché à l'écraser, en tout cas pas tant qu'ils étaient encore mariés. Avec Erwan, c'était exactement la même chose. A aucun moment elle n'aurait souhaité qu'il se mette sous sa coupe, qu'il se sente inférieur. Elle en avait de beaux exemples à l'agence, certains devaient se sentir tout puissants pour prendre leur pied et être heureux. Ce n'était pas son cas. Elle n'avait pas besoin d'avoir un sentiment de domination, pas dans son couple. Et s'il la voyait comme telle, peut-être ne s'étaient-ils finalement jamais compris...

Elle ne savait pas au juste d'où lui venait sa colère. Était-ce parce que ce qu'il insinuait la blessait ? Était-ce parce qu'elle lui en voulait de penser de cette façon ? Était-ce parce qu'elle s'en voulait à elle-même de lui laisser l'occasion d'en venir à de pareilles déductions ? Ou était-ce parce qu'elle le détestait de ne rien trouver d'autre à lui dire alors que cela faisait plus d'un mois qu'ils n'avaient pas eu d'autre contact que par téléphone ? Elle ne savait pas mais c'était là. Elle bouillonnait et ses yeux le faisaient clairement savoir. Ca montait en pression et elle songea que cette fois, ils ne pourraient pas y échapper. Ses entrailles le lui soufflaient, cela allait exploser. Et le regard que lui lança Erwan ne fit que la conforter dans cette impression. Si ses yeux gardaient toute leur rage, elle voyait à l'expression de l'américain que lui aussi semblait tomber des nues face à ce qu'il entendait. Décidément, il fallait croire qu'ils allaient de surprise en surprise... Et il lui en offrit une autre, ne prenant même pas la peine de peser ses mots ou de les réfléchir. Non ça, c'était elle. Lui, il était spontané et impulsif. Et elle prit ce qu'il disait à présent comme une nouvelle gifle. Comment aurait-elle pu le prendre autrement ? Il suggérait qu'elle se fichait de ce que lui pouvait penser ou vouloir. Et encore une fois, une partie d'elle, la face cachée, resta ébahie parce qu'elle n'aurait pas cru qu'il la voyait de cette manière. Mais il allait falloir qu'elle se fasse une raison parce que cela revenait encore. Elle qui n'était qu'une tortionnaire qui agissait sans se soucier de lui et comme bon lui semblait, l'humiliant et le forçant à obéir à ses moindres désirs. Elle en aurait presque eu envie de vomir... Si c'était réellement le tableau qu'il percevait d'elle alors, oui, elle comprenait mieux pourquoi cela faisait un mois qu'il l'évitait. Mais si c'était le cas, alors lui aussi devait être un peu masochiste sur les bords pour ne rien avoir dit jusque-là.

Stupéfaite par tout ce qu'elle découvrait et comprenait - ou du moins croyait comprendre -, Anja ne baissa pas plus les yeux que lui, tentant tout de même de chercher dans son regard un petit rien, un quelque chose qui lui prouverait qu'elle se trompait et que ce ne pouvait pas être aussi catastrophique que ça. Elle ne trouva rien d'autre qu'une colère aussi résonnante que la sienne, démontrée par un accès de violence qui la fit, sans le contrôler, avoir un léger mouvement de recul. La bouteille de désinfectant s'échoua avec violence sur le parquet. De plastique, elle n'explosa pas mais le son brutal de sa chute lui emplit tout de même les oreilles. Plusieurs secondes après encore, elle eut l'impression de toujours entendre les oscillations de la petite bouteille déchirant le silence qui venait de s'abattre. De toute sa hauteur, ses yeux toisèrent celui qui était censé être son petit ami. Loin de croiser son regard belliqueux, sa vision lui déchira le coeur. Il fixait le vide, la fuyant certainement, le visage encore ensanglanté. Il devait certainement n'avoir qu'une envie : déguerpir et aller s'effondrer quelque part le temps que ses blessures physiques soient moins douloureuses. Mais elle ne pouvait pas le laisser s'échapper. Pas cette fois. Ils avaient été trop loin et ce mouvement de violence révélait qu'ils touchaient presque au but. Il fallait qu'ils aillent jusqu'au bout à présent. Maintenant que la plaie était ouverte, il fallait la vider. En extraire tout le pus. Elle ne le laisserait pas s'enfuir tant qu'ils n'auraient pas évoqué les vraies choses qui n'allaient pas. Et si pour cela il fallait qu'elle appuie un peu plus là où cela faisait mal, s'il fallait qu'elle se montre un peu plus blessante encore, elle voulait bien endosser le rôle de la méchante. Ce serait un mal pour un bien. Il fallait que ce le soit.


    « Tu n'avais qu'à le dire. Mais même quand tu es en face de moi, t'es pas foutu de me dire ce que tu veux. »

Cela la meurtrissait de lui parler de cette façon mais il valait mieux ça plutôt que de continuer sur le chemin qu'ils avaient emprunté. Parce que cela la tuait à petits feux. Et à voir comment il réagissait, quelque chose lui disait que lui aussi. Elle dissimula la douleur que cela lui causait derrière son masque de glace. Sa voix n'avait pas été agressive, elle n'avait pas crié. Dans son ton perçait une certaine fatalité. Bien sûr, elle ne parlait pas seulement d'aujourd'hui. Peut-être que quelques instants plus tôt, elle ne lui avait pas laissé le choix. Mais il y avait aussi toutes ces autres fois où ils se voyaient et durant lesquelles il faisait comme si de rien n'était, parlant pourtant à peine. Elle était aussi fautive que lui, ayant adopté la parfaite attitude de l'autruche. Néanmoins elle aurait aimé, si quelque chose n'allait pas, qu'il lui en parle. Qu'il lui dise ce qu'il voulait. A l'instant, elle lui forçait un peu la main mais, intérieurement, elle priait que cela soit assez, pour que cela suffise à crever définitivement l'abcès qui ne faisait que s'étendre et les séparer à mesure que le temps passait.




    She'll suck you dry... But still you'll cry, to be back in her bosom. To do it again. She'll make you weep... And moan and cry, to be back in her bosom. To do it again... Saviors and saints, devils and heathens alike... She'll eat you alive.
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MessageSujet: Re: Bad day ▬ Anja   Mer 14 Mai - 20:29

Bien sûre que je le pensais. Mieux, je l’affirmais à haute voix. Tout dans ma vie était affaire d’humiliation et Anja n’échappait pas à la règle. Bien au contraire, Anja était l’instrument de ma honte. Dès le début, cela avait commencé comme ça. A l’instant où j’avais mis les pieds chez elle, que j’avais vu l’escalier en marbre, j’avais compris. Anja et moi n’étions pas du même monde. Nos univers n’étaient pas seulement opposés, ils étaient incompatibles. Pour la jolie russe, je n’étais qu’un jouet. Un sex-toy sexy, pratique mais… interchangeable. Je ne doutais pas qu’elle m’ait déjà remplacé par un meilleur parti. Après tout, Anja n’aurait aucun mal à trouver un prétendant. Son ex – de son vivant en tout cas – n’aurait jamais été contre remettre le couvert avec elle. D’ailleurs, s’il ne l’avait pas fais, cela devait être à cause de son séjour en taule. Quant aux hommes en général, ils se taperaient dessus sans hésiter pour avoir les faveurs d’Anja. Moi-même, j’aurais foutu un poing dans la gueule de n’importe qui pour obtenir un regard de ce genre de femme. Anja représentait tout ce qu’un homme comme moi ne pourrait jamais avoir. Parce qu’une femme de sa classe ne baissait pas les yeux sur un mec qui ne portait pas un costume à 5 000 dollars sur lui. Anja vivait dans un monde superficiel, je pensais qu’elle était différente. Enfin je l’avais vraiment pensé à plusieurs stades de notre relation mais à présent, je n’en étais plus certain. Notre relation souffrait de nombreux couacs que j’avais dû mal à digérer. Particulièrement cette scène où Anja me tourna le dos pour rejoindre le Fight Club. Anja préférait qu’on gère notre relation devant une bande de chiens galeux et dans l’appartement de son ex plutôt que dans l’intimité. A mes yeux, c’était un désaveu. Anja avait honte de moi – bien moins que j’avais honte de moi – alors pourquoi se pavaner à mes côtés ? Pour me montrer – pour la énième fois – qu’elle avait une autorité et une stature que je n’aurais jamais. C’est bon. J’avais compris. Ma copine valait bien mieux que moi. Je ne la méritais pas et je ne la mériterais jamais. Alors qu’est-ce qu’on foutait encore l’un en face de l’autre ? Jamais je n’avais voulu faire un remake de La belle et du Clochard. C’était un cliché que j’avais toujours refusé, pourtant, j’étais forcé d’admettre que nous étions en plein de cette fiction. Sauf que nous ne vivrons jamais heureux avec une ribambelle de petits chiots, encore moins d’enfants. Rappelez-vous, ni Anja ni moi n’en voulions… Enfin ça c’était ce qu’on se disait. Anja ne s’en rendait même pas compte mais… j’étais mal. Terriblement mal. Sans le savoir – et même le vouloir – elle m’avait cloisonné dans une relation qui n’avait aucune échappatoire.  Y’avait aucune évolution possible ! Je passais ma vie à taffer pour éponger mes dettes, j’étais incapable – et je le serais toujours – de subvenir à ses besoins. J’étais même pas en mesure de lui offrir des cadeaux dignes de ce nom. Anja méritait des paillettes et des diamants que je ne verrais jamais de ma vie… Alors à quoi tout ça rimait ? Anja avait un mec qui ne valait rien alors qu’elle méritait tout. Anja devait avoir un type qui mettrait le monde à ses pieds. Pas un type à terre qui crachait ses poumons.

Au bord du gouffre, mes pensées continuaient à fuser dans un sens puis dans un autre. Un coup, il y avait ce ‘je peux pas me passer d’elle’, et la seconde suivante ‘elle a rien à foutre avec un gars comme moi’ dans ma tête. C’était le bordel total. Surtout que l’un n’excluait pas l’autre. Mon cerveau devait être en confettis car je n’arrivais pas à m’y retrouver. J’arrivais pas à me décider encore moins à savoir ce que je voulais vraiment pour nous deux… Est-ce qu’il y avait encore un « nous » ? J’en étais même pas sure. Tout ça, c’était du n’importe quoi. De nature très calme, je me laissais emporter dans un geste de colère qui ne me ressemblait pas. L’épuisement, la fatigue, la désillusion avait raison de ma zenatitude. Au fond, j’étais tellement énervé, c’était normal que cela allait exploser. J’en pouvais plus. J’en pouvais vraiment plus. Ce n’était pas vraiment Anja qui me mettait hors de moi, mais plutôt ma propre manière de mener ma vie. Je fonçais dans un mur, c’était clair et je ne me le reprochais pas. Tout ce qui m’énervait c’était d’attendre l’impact. La collision peinait à arriver. Pourquoi se détruire prenait autant de temps ?  Un simple geste et tout serait réglé. J’en venais à regretter que le big boss russe ne m’ait pas achevé. Ca aurait tellement plus simple… Cela nous aurait évité cette discussion à la con et rien que pour ça, cela me suffisait. Mais il ne fallait pas rêver, Anja ne me laisserait aucune porte de sortie. De toute façon, je ne pouvais pas fuir… La fuir elle, j’y arrivais plutôt bien depuis un mois, mais me fuir moi c’était une épreuve de chaque instant. Anja n’allait rien gagner en me mettant face à mes responsabilités, c’était moi qui allais perdre. J’allais perdre sa présence… Perdre la possibilité d’arranger les choses entre nous. Anja n’y était pour rien, je l’avais bien cherché… En me fixant, Anja déclarait un courage que je n’avais pas. J’avais trop honte de moi pour oser relever le regard. Lâche et nerveux, mes jambes s’agitaient. Anja n’était pas la seule à m’infliger un manque… Depuis quelque temps, je savais sans vouloir me l’avouer que j’étais dépendant. Situé sur une pente raide – je faisais tout pour – je ne parvenais même pas à plonger. J’étais même incapable d’abréger rapidement ma descente aux enfers. Mais peut-être qu’Anja aurait un geste de bonté. Cela n’a pas loupé.

Sa voix glaciale trancha le silence. « Tu n'avais qu'à le dire. Mais même quand tu es en face de moi, t'es pas foutu de me dire ce que tu veux. » Sur toute la ligne, Anja avait raison. J’étais, selon ses propres mots, pas foutu de lui dire ce que je voulais, et pour cause : j’ignorais moi-même ce que je voulais. Le cœur broyé par le constat qu’Anja me forçait à faire, je n’osais pas relever les yeux vers elle avant un long moment. Mes pieds battaient toujours le sol, cherchant à creuser une tombe bien méritée. Un repos éternel, voila ce que je voulais. J’avais envie de crever dans mon coin… Tout simplement. Enfin lorsque je relevais les yeux vers Anja, je me rendis compte que j’avais ‘perdu’ un œil. Le sang de mon arcade avait séché et fait un prisonnier. Moins gêné par cet handicap que par la douleur, je finis par courber l’échine pour m’appuyer un peu plus sur la table face à moi. Anja avait trop raison et j’étais trop fatigué pour lui tenir le crachoir. Mon silence raisonnait comme l’aveu de ma culpabilité. Anja n’avait qu’à m’enfoncer davantage, je ne comptais même pas me défendre. Comme aucun mot ne pourrait effacer ce que j’avais fais – ou pas fais – je restais silencieux. Dépassé par les événements et peut-être un peu borné à les réfuter, je me contentais de fixer cette petite bouteille en plastique sur le sol. Des comme elle, j’en avais vu des tas pourtant je l’admirais comme si c’était une bague en diamant. Elle avait l’avantage de ne pas pouvoir parler ou se plaindre de mauvais traitement. Ce n’était pas le cas d’Anja qui, je le pressentais, n’allait pas se priver.  
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MessageSujet: Re: Bad day ▬ Anja   Mer 14 Mai - 23:24

Pour toute réponse, elle n'eut que le silence. Les yeux rivés vers lui, elle espérait qu'il finirait par relever la tête pour lui dire, enfin, ce qui n'allait pas. Ce qui clochait depuis tout ce temps et dont il ne voulait pas parler. Au point qu'ils ne se soient pas vus pendant un mois. Un mois. Tout un mois. Ce n'était pas normal, lorsque l'on était un couple, de ne pas se voir, se toucher, s'embrasser, pas une fois pendant tout un mois. Pour qu'ils en soient arrivés là, c'était forcément qu'il devait y avoir un problème. Quand bien même elle avait un emploi du temps chargé et lui un cabinet fraichement ouvert qui lui prenait tout son temps, ce n'était pas possible qu'ils ne soient pas parvenus à s'accorder quelques heures au cours de tout ce mois. Comment avaient-ils pu en arriver là ? La réponse était somme toute assez simple : chaque fois qu'ils devaient se voir, il décalait, repoussait ou annulait. Elle ne demandait pas à sortir tous les soirs, mais au moins de temps en temps. Elle ne demandait pas qu'ils emménagent ensemble, mais au moins qu'ils partagent le même lit quelques nuits. Elle ne demandait même pas d'attentions particulières, elle ne voulait pas de cadeaux ni de fleurs, juste pouvoir le voir et passer un peu de temps, rien qu'eux deux. Mais même ça, c'était peut-être trop demandé... Toujours était-il qu'elle n'avait pas croisé son regard depuis plus d'un mois et qu'il trouvait encore un moyen de l'éviter. Elle ne savait pas bien comment elle devait le prendre. Était-ce parce qu'elle avait visé dans le mille ? Si c'était le cas, et une partie d'elle priait pour que ce le soit, elle espérait que cela suffirait à le décoincer et à percer ce mal qui les gangrénait l'un comme l'autre.

Mutine, littéralement pendue à ses lèvres, elle attendait le verdict. Elle patientait dans un silence rageur qu'il daigne enfin s'ouvrir à elle. Elle le connaissait suffisamment pour savoir que ses jambes qui battaient le sol étaient le signe de son mal être, d'une hésitation qui le rongeait. Elle le voyait à son attitude, il tergiversait intérieurement. Son cerveau devait turbiner à toute vitesse, les pensées devaient fuser et s'entrechoquer. Elle ne sut pas au juste combien de temps cela dura exactement mais quand, enfin, il finit par lever la tête vers elle, elle songea que le temps lui avait paru infiniment long. Elle se prit à espérer que cette fois ils y étaient, qu'il allait se lancer. Raté. Il se détournait sans un mot, lui préférant la table qui lui procurait certainement un meilleur appui. La tête recourbée entre ses épaules, bras croisés, il semblait trouver plus intéressante la bouteille de désinfectant qu'il venait d'envoyer valser. Bêtement, Anja se surprit à vouloir attendre encore un peu. Rien que quelques secondes. C'était certainement ce qu'il lui fallait pour mettre ses idées en place non ? Et après ça, il allait enfin la regarder et cesser d'agir comme si elle n'était pas dans la pièce. Non ? Alors il arrêterait de la fuir et lui avouerait finalement ce qui n'allait pas.... non ? Une seconde. Trois secondes. Dix secondes. Mais toujours rien. Alors, elle sut. Rien. Il ne dirait rien. Elle avait raison. Plus qu'elle ne l'imaginait. Si elle avait dit qu'il n'était pas capable de lui dire en face ce qu'il voulait, ce n'avait été que sur le ton de la provocation. Mais c'était finalement la vérité toute nue. Il n'en était tout simplement pas capable... Comme elle restait là à le fixer, elle eut l'impression que son sang tournait à l'envers. Des milliers de frissons la parcouraient entièrement et une part d'elle ne voulait pas croire ce qu'elle voyait, ce qu'elle vivait. Ce devait être un mauvais rêve... Mais même au cours de l'un de ses cauchemars, il ne se serait pas montré aussi indifférent. Elle aurait encore préféré qu'il l'insulte, au moins aurait-elle su à quoi s'en tenir. Là, il l'achevait sur place. Parce qu'elle comprenait que cela ne servait à rien de s'acharner, de le pousser encore. Il venait de se renfermer sur lui-même et plus elle le forcerait, pire ce serait. Qu'importait, son silence parlait bien suffisamment pour lui.


    « Je crois que j'ai ma réponse... »

Blanche, sa voix. Perdu, son regard. Il avait gagné. Elle non plus n'avait plus la force de l'affronter. Pas maintenant qu'elle savait. Pas maintenant qu'elle avait compris. Il venait de lui ouvrir les yeux bien plus qu'il ne le pensait, certainement. Rien. C'était sa réponse. Ce devait être ce qu'il voulait. Il ne voulait rien. Il n'y avait finalement pas d'abcès à crever. Elle s'était trompée sur toute la ligne... Ce n'était pas un problème qui les éloignait mais un immense vide. Et elle ne l'avait pas vu venir. Mais comment l'aurait-elle pu alors qu'ils se voyaient si rarement ? Tout de même, elle aurait pu le sentir. Elle aurait du. Depuis quand ses instincts la trahissaient-ils ? C'était peut-être plus douloureux encore. Elle aurait préféré qu'il lui hurle dessus, qu'il lui reproche mille choses. Ces choses, ils auraient pu en discuter, les surmonter. Mais elle ne pouvait pas se battre contre un rien. Douchée, la russe détourna la tête pour trouver un autre point d'ancrage à son regard et distraire ses glandes lacrymales qui commençaient à la démanger. L'estomac noué, les gestes démesurément lents, elle contourna la table par l'autre côté pour aller chercher son sac à main qu'elle avait posé sur le bar. Comme elle passait la lanière à son épaule, elle eut l'impression d'avancer dans un épais nuage grisâtre. C'était tout à fait désagréable. Restant immobile quelques secondes, Anja songea qu'elle ferait mieux de partir. Elle le réalisait, cela avait été une mauvaise idée depuis le départ. Et, puisqu'il n'avait rien à ajouter... Elle devrait probablement lui laisser les clés, pour qu'il referme derrière lui quand il souhaiterait partir. Toujours sous le choc, elle s'entendit prononcer les mots qui suivirent sans qu'elle n'ait eu l'intention de les formuler, ni même sans qu'elle ne les ait réfléchis. Toujours de dos à lui, car c'était trop difficile de contempler le gâchis qui s'étendait entre eux.

    « J'aurai juste aimé que tu n'attendes pas un mois pour me dire que tu ne voulais plus rien. »

Elle regretta aussi tôt ses mots. C'était toujours plus difficile et douloureux de prononcer la vérité à voix haute... La colère avait disparu. Ne restait que la désolation.




    She'll suck you dry... But still you'll cry, to be back in her bosom. To do it again. She'll make you weep... And moan and cry, to be back in her bosom. To do it again... Saviors and saints, devils and heathens alike... She'll eat you alive.


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MessageSujet: Re: Bad day ▬ Anja   Mar 20 Mai - 23:39

C’était le moment. La perche était tendue et je n’avais qu’à m’en emparer. Lâche, je n’eu pas le courage d’avouer mes fautes à Anja. La pièce restait désespérément silencieuse, vide. Anja se heurtait à une forteresse de solitude. Jadis – enfin, c’était il n’y a pas si longtemps – Anja en avait érigée une autour d’elle, une barrière de glace difficile à franchir et pourtant, à force de persévérance j’avais réussi à me dessiner un chemin. Ironie de la vie, aujourd’hui, c’est moi qui avais dressé une frontière entre nous. De son côté se situait un monde de luxure et d’autres péchés ou l’apanage du luxe faisait Loi, tandis qu’avec moi trônait la misère et la déchéance d’un milieu social qu’on verrait un jour disparaitre. La vie ne m’offrait plus d’illusions sur les différences sociales. Le monde était fait pour que les plus riches s’enrichissent davantage pendant que les pauvres s’appauvrissent. Anja n’y était pour rien. C’était la société, le monde moderne… ou ma vision des choses qui étaient responsables. Mais peu importe la cause, les conséquences restaient identiques. Nous n’appartenions pas au même monde et cela nous rendait incompatible. Anja était probablement faite pour un Tsar russe ou un type comme Stan. Ce qu’il lui fallait c’était un homme de pouvoir, décidé à régner à ses côtés. Pas un type qui parcourait la ville suite à un simple coup de téléphone. Soigner était ma vocation, mais l’autodestruction résumait l’œuvre de ma vie. C’était toujours pareil… Je sabotais tout et j’avais – comme d’habitude – les meilleurs raisons du monde. Ce que j’avais fais pour mes sœurs il n’y a pas très longtemps, j’allais le refaire pour Anja. Pour l’empêcher d’assister à ma déchéance. Pour l’empêcher d’observer une descente aux enfers imminente. Je refusais de lui afficher le spectacle de ma désolation. Je… préférais mourir seul avec, tout de même, la compagnie de l’indifférence. Ou mieux. De la haine. Quelque part, je voulais qu’Anja – comme mes sœurs – me détestent. Je ne supporterais pas de lui être totalement indifférent, de ne plus exister à ses yeux après tout ce qu’on avait partagé ensemble. Ou ça, c’était ce que je me disais pour me rassurer. La vérité était peut-être plus simple – et encore moins flatteuse pour moi – j’étais trop égoïste pour vouloir faire face avec elle. Le combat que je menais, je devais le mener seul. Et pour cause. J’étais mon seul ennemi.

Entre Anja et moi, j’aurais parié avoir beaucoup plus de patience qu’elle mais le respect de mon silence me donna tord. En même temps, j’aurais pu m’en douter avant… Plus d’un mois qu’Anja ne m’avait pas vu et elle m’offrait encore du temps pour réfléchir. Du temps, j’en avais eu un peu trop et c’était l’un des fragments du problème. A trop prendre son temps, on cogitait encore et encore. Chez moi, la réflexion avait depuis longtemps remplacé l’action. Un mois sans se parler c’était long. Et pourtant, c’était passé trop vite. Je préférais qu’on reste en stand-by avec une chance, même infime, de s’en sortir plutôt que d’en arriver à ce point de non-retour. C’était écrit. Nous ne finirons jamais ensemble ce que nous avions commencé… Pourtant, j’avais envie d’y croire. Une partie de moi, ce qui me restait d’humanité, vouloir poursuivre cet avenir commun. Je voulais être avec elle. De toute mon âme. De tout mon cœur. Il n’y avait qu’elle. Aussi beau que cela soit c’était une tragédie humaine. Certes, l’être humain n’est pas programmé pour vivre seul. Mais je doutais fortement pour qu’il le soit pour vivre à deux. Etre à deux, c’était compliqué les choses sensés être simples. Cela voulait dire apprendre à faire confiance. Connaitre sans vouloir tout savoir. Revendiquer les contradictions et en rire. Vivre ensemble et ne plus se ressentir ce vide lorsque l’autre n’est plus là. Savoir qu’elle va revenir… Toujours. Jusqu’au jour ou cela s’effondrera. Alors pourquoi attendre ? Pourquoi se donner une chance ? Et puis… pourquoi pas ? « Je crois que j'ai ma réponse... » Sa réponse était un silence. Une absence de mot pour décrire la multitude d’émotions qui trottait dans ma tête et empoisonnait mon cœur. Ce n’était pas de l’indifférence. Une forme d’indécision, certes, mais… jamais de l’indifférence. Anja ne me rendait pas indifférent, bien au contraire, elle m’avait appris à aimer aussi bien que je lui avais appris, à cet instant précis, à me haïr. Car après la déception viendrait la colère c’était certain. Etonné par cette réflexion qui n’était pas si réfléchit que ça, je relevais doucement les yeux vers Anja. Elle était magnifique. Face à la déception grandissante envers la gente masculine, Anja restait digne, fière. Il y avait chez cette femme quelque chose d’impénétrable. Comme un côté mystique qui la rendait encore plus attirante à mes yeux. J’aurais aimé tout savoir sur elle, tout apprendre de ses peurs, de ses désirs mais j’aurais détruit cette inaccessibilité qui me plaisait. Peut-être qu’Anja serait mon plus grand échec dans ma vie. Mais quoi qu’il advienne, aussi éphémère que cela soit, elle était ma plus belle conquête.

Belle, la jeune femme le restait alors que moi j’étais tellement lâche… Les yeux rabaissés sur ce petit flacon en plastique totalement inutile, j’attendais une once de courage qui ne viendrait peut-être jamais. Je m’en voulais de lui faire si mal. Je me haïssais pour creuser ainsi la distance. Ce n’était pas ce que je voulais. Jamais, je n’avais voulu la rendre malheureuse. Mais peut-être que c’était le chemin à prendre pour être, un jour heureuse. Il fallait apprendre la souffrance pour connaitre le bonheur. Mais cette leçon, Anja la connaissait déjà et je n’étais personne pour la lui apprendre. Avec une lenteur qu’elle ne commandait pas, Anja récupéra ses affaires. La belle russe était décidée à partir le plus lentement d’ici et finit par me tourner le dos. « J'aurai juste aimé que tu n'attendes pas un mois pour me dire que tu ne voulais plus rien. » Un soupir profond accueillit cette désolation. Sa silhouette s’éloigna de quelque pas et je me levais dans un geste spontané. Un dernier geste pour retenir l’impossible. « Anja. » Le nom fut soufflé dans une quinte de toux incontrolable. Mon corps percuta avec violence la table qui s’était soudainement rapprochée… à moins que cela soit moi qui me soit effondrée sur celle-ci avant de percuter la table. Ensuite… ce fut un écran noir.
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MessageSujet: Re: Bad day ▬ Anja   Lun 26 Mai - 1:40

Déboussolée, la russe regardait tout ce que ses yeux pouvaient capter face à elle sans vraiment s'arrêter sur un détail particulier, sans vraiment rien voir. Dans un état second, presque un état de choc, les pensées assaillaient son esprit, s'entrechoquaient, s'emmêlaient tant et si bien qu'au final, aucune d'elle ne parvenait réellement à s'ancrer et son cerveau, alors qu'il aurait dû se mettre à surchauffer de questions face à ce bouleversement inattendu, restait désespérément vide. Aurait-elle du se mettre à crier ? Lui hurler dessus pour essayer de le faire réagir ? Aurait-elle du se mettre à pleurer et le supplier de ne pas lui faire ça ? De ne pas la repousser comme il le faisait ? Aurait-elle du ajouter à ce qu'il qualifiait d'humiliation et le gifler ? Lui rendre ce qu'il venait de lui faire subir ? Car oui, elle prenait cette révélation comme une vraie claque en pleine figure. Parce que, pas une seconde, elle ne l'avait vu venir. Elle savait qu'il y a avait quelque chose, elle savait que c'était grave, sinon il n'aurait pas cherché à l'éviter pendant d'aussi longues semaines. Mais réellement, elle n'avait jamais imaginé qu'elle se confronterait à... ça. Peut-être parce que pour elle, c'était toujours là. Il y avait toujours quelque chose entre eux. Même après un mois, il y avait toujours ces sentiments pour lui qui ne disparaissaient pas. Force était de constater que chez lui, le temps avait fini par les effacer... Et vraiment, elle ne l'avait pas senti venir. C'était probablement ça, qui était le plus douloureux. Savoir que ce qu'elle ressentait, ce qu'elle voulait pour eux, n'était plus partagé. Pourtant elle aurait du le savoir. Elle aurait du s'en méfier. Mais il l'avait persuadée de s'engager avec lui, de s'impliquer. Et elle l'avait fait... Même si cela avait été compliqué de se remettre en tête qu'elle formait de nouveau un duo, après toutes ces années solitaires. Mais elle avait fait l'effort. Pour lui. Et là... C'était lui qui les abandonnait, qui se désengageait. Il ne souhaitait pas poursuivre ce qu'ils avaient commencé. Il n'avait plus envie de tracer son chemin à côté du sien. Il ne voulait plus d'elle, simplement.

Cela ne lui était jamais arrivé. Se faire rejeter. Avec Stan... Il n'avait pas supporté un choix qu'elle avait fait, avait passé ses nerfs sur elle et c'était finalement elle qui avait demandé le divorce. Mais malgré tout, et malgré la haine qu'elle avait pu lui vouer, il n'y avait jamais eu ce qu'elle sentait provenant en ce moment-même d'Erwan. Il n'y avait jamais eu de désintérêt, il n'y avait jamais eu de mépris. Pas du temps où ils étaient ensemble. C'était la première fois qu'on la chassait et elle n'avait qu'une envie, se rouler en boule sur le sol et panser ses plaies. Il n'imaginait probablement pas à quel point cela pouvait la blesser. Avec Stanislas, elle savait au moins clairement ce qu'il lui avait rapproché. Mais maintenant... Elle n'avait aucune idée de ce qui avait pu les amener, Erwan et elle, à ce point de leur relation. Puisqu'il ne voulait rien lui dire, tout ce qu'elle pouvait faire était de se demander... Qu'avait-elle fait de mal ? A quel moment exactement l'avait-elle perdu ? Ces réflexions lui effleuraient l'esprit et finissaient par brouiller son regard. Et elle n'avait plus qu'une envie, sortir d'ici au plus vite. Ses pas qui s'accéléraient le prouvaient bien. Si elle s'était écoutée, elle se serait mise à courir pour empêcher qu'il n'entende le sanglot dans sa voix. Mais elle préféra faire quelques pas en marchant, essuyant hargneusement le coin de ses yeux. Quand il prononça son nom, elle ne se retourna pas. A quoi bon ? Il n'avait plus besoin de parler maintenant, elle avait parfaitement compris ce qu'il n'arrivait certainement pas à formuler depuis plus d'un mois. Cette fois, c'était elle qui préférait fuir. Inutile de retourner le couteau dans la plaie, celle-ci était déjà bien assez béante. Elle ne se retourna pas plus quand elle entendit sa toux mais se stoppa quand un son brutal de claquement lui parvint aux oreilles, immédiatement suivi par le bruit sourd d'une masse s’effondrant au sol. Rien qu'à l'écoute, elle avait visualisé ce qui devait s'être passé derrière elle et elle ne fit volte-face que pour vérifier ses craintes, laissant déjà son sac s'échouer sur le sol tandis qu'elle revenait avec précipitation sur ses pas.


    « Erwan ! »

Sans qu'elle ne le contrôle, ses lèvres avaient prononcé, presque crié, son prénom dans un élan de panique. Comme si cela suffirait à le faire se réveiller et se relever, l'air de rien. Ses genoux finirent par heurter le sol tandis qu'elle encadrait le visage de l'américain de ses mains, tentant de le secouer pour lui faire reprendre connaissance. Les larmes avaient fini par quitter ses yeux, poussées par l'inquiétude, et traçaient leurs sillons noirâtres sur ses joues. Il lui fallut quelques secondes pour se ressaisir et se rendre compte que ce qu'elle faisait ne servait à rien. Inspirant profondément, elle essaya de retrouver son calme pour pouvoir penser, réfléchir à ce qui était le mieux. Elle s'inquiétait certainement pour rien. C'était probablement juste les coups qu'il avait reçus. Mais justement, et si c'était plus grave qu'il n'y paraissait ? Elle n'y connaissait rien mais, était-il possible que le choc des coups ne fassent effet qu'autant de temps après et ne déclenchent... quelque chose ? Merde, c'était lui le médecin ! A moins que ce ne soit la douleur qui ne soit devenue insupportable et, pour l'empêcher, son inconscient avait pris le dessus pour le préserver ? Réfléchissant à toute vitesse, elle finit par prendre une décision. Peut-être allait-elle faire une bêtise plus grosse qu'elle, peut-être allait-elle faire pire que mieux. Mais dans l'état où elle se trouvait, elle ne voyait pas ce qu'elle aurait pu faire d'autre - appeler les urgences, par exemple, mais pas une fois cette idée ne lui traversa l'esprit.

Un peu tremblante, la brune se releva. Elle se saisit de la trousse de premier secours et la posa à côté d'elle comme elle s'agenouillait. Elle aurait aimé le déplacer et l'installer dans le canapé mais il était inutile d'essayer, il était trop lourd pour elle. Elle se blesserait certainement dans le processus, et probablement lui aussi par la même occasion. Mieux valait rester là, même si le sol était froid sous sa robe. Soulevant précautionneusement la tête d'Erwan, elle la déposa sur ses genoux, passant une main dans ses cheveux décidément trop longs. Le temps passé avec Sevastyan avait au moins eu l'effet positif de la familiariser avec quelques noms médicaux. Les petits bobos n'étaient pas rares... Et elle avait notamment appris que pour les yeux, il valait mieux utiliser du sérum physiologique. Ce qu'elle fit, en imbibant une compresse qu'elle déposa sur son œil, le frottant très légèrement pour humidifier le sang séché et au moins décoller sa paupière. Elle s'attela ensuite à désinfecter les plaies qu'il avait à l'arcade et au nez, nettoyant comme elle le pouvait le sang qui avaient formé ici et là quelques croutes ou quelques tâches. Durant le temps des soins, elle le dévisagea, le regard à la fois dur et tendre. Elle retraça les contours de ses traits, caressa son front, sa mâchoire, maudissant cette barbe bien trop épaisse à son goût. Quand elle jugea qu'elle ne pouvait rien faire de plus pour le moment, elle déposa tous ses outils - cotons, compresses, bouteilles - à côté d'elle et se mit à fixer le vide. Le salon de son ex-époux qui s'étendait devant elle. Retenant un soupir, les sourcils froncés par l'inquiétude, elle resta là, immobile, à glisser ses doigts de manière aléatoire dans ses cheveux et sur son visage, évitant les parties contusionnées. Dans le silence de la pièce, elle tenta de s'empêcher de songer au pire, priant mentalement pour qu'il ne se réveille. Elle venait de le décider, si dans deux... cinq minutes il n'avait pas repris conscience, elle irait chercher de l'aide. Mais ce serait inutile parce que ce n'était pas si grave... pas vrai ?




    She'll suck you dry... But still you'll cry, to be back in her bosom. To do it again. She'll make you weep... And moan and cry, to be back in her bosom. To do it again... Saviors and saints, devils and heathens alike... She'll eat you alive.


Dernière édition par Anja Malkovski le Lun 9 Juin - 17:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Bad day ▬ Anja   Lun 2 Juin - 23:04

Si près et pourtant si loin… Après des mois d’absence, Anja était juste à côté de moi. Je pourrais tendre ma main et l’atteindre d’un seul geste. Pourtant, je n’ai rien fais. Je suis resté immobile jusqu’à ce qu’elle m’offre son dos. Par fierté, par orgueil, j’ai choisi de garder le silence. Pourtant, lui confier un silence coupable n’était pas une solution… Il a fallut qu’elle se détourne de moi pour que je réagisse. Dans un sursaut de conscience, je trouvais la force de me lever et de chuchoter son prénom. Un sursaut de désespoir, comme si je le prononçais pour la dernière fois. Son prénom russe résonnait toujours en une douce mélodie à mes yeux. Rares étaient les fois où j’avais susurré son nom sans cette affection propre à notre relation. Anja était la seule et unique femme qui m’inspirait ce genre de sentiment dont j’avais si longtemps attendu pour les dévoiler. Lâche, trouillard, … n’importe quel adjectif peu flatteur pourrait décrire aisément mon rôle dans cette relation. Avec Anja, il y avait plein de choses que je n’osais pas. J’avais mis si longtemps à lui dévoiler cette envie de vie à deux que je trouvais notre relation fragile… au bord du gouffre. Cette sensation n’était pas récente. A dire vrai, avec Anja, j’avais toujours eut l’étrange ressenti que nous étions une alliance éphémère, un couple si peu résistant qui céderait à la moindre tempête. Etrangement, nous avions supporté quelques tempêtes ou plutôt notre relation était née dans l’œil du cyclone, très peu de temps après la perte tragique de son fils. Peut-être qu’inconsciemment, je préférais être auprès d’Anja quand tout allait mal et non quant tout allait bien. J’avais besoin d’être son rock, d’être un pilier pour elle, mais égoïstement je ne supportais pas qu’Anja m’aide. Cela ne voulait pas dire qu’Anja était incapable de m’aider. C’était ma faute… mon incapacité à accepter l’aide d’autrui me bloquait dans mes retranchements. Pour ma défense, j’avais l’habitude qu’une main tendue se transforme aisément en une gifle monumentale. Non pas qu’Anja serait capable de me frapper – bien que… - mais mes sentiments étaient suffisamment forts pour qu’elle me fasse mal, vraiment mal. La déception martelait mes pas et je ne supportais pas d’être l’objet de sa désillusion. Je refusais de la décevoir. Parce qu’Anja avait déjà souffert de la perte d’être un être cher. Parce qu’Anja avait déjà connu un grand chagrin d’amour. Parce que je l’aimais. Parce qu’elle m’aimait en retour. Pour toutes ses raisons, au lieu de me rapprocher davantage, je m’étais éloigné… La distance s’était installée progressivement. Au début, je ne pensais pas à mal, je voulais juste prendre le temps de réfléchir et utiliser toutes sortes de subterfuges pour l’éviter un maximum. Pour aimer comme elle le méritait, j’avais l’impression de devoir m’éloigner. M’éclipser doucement m’apparaissait être la meilleure des solutions. Je voulais la préserver d’une déception en lui infligeant une distance sans explications. A croire que j’étais bien placé pour prendre une décision pour nous. Comme si j’étais seulement capable de prendre la bonne solution pour moi-même… Tout ça n’avait aucun sens. Anja faisait partie de ma vie au même titre que la respiration était vitale au corps humain. Anja donnait un sens à ma vie. Elle m’avait rendu la couleur dans un monde de noirceur, mais cela n’avait pas suffit à m’écarter des ténèbres.

Au contraire, les ténèbres gagnèrent. La chute était aussi inévitable que douloureuse. Le sol se rapprocha à une vitesse trop élevée pour être choisie. Mes pensées et mes sensations s’entrechoquèrent dans un court-circuit qui me laissa inanimé, sur le plancher froid. Autour de moi, l’inquiétude retrouva la tendresse de ma maitresse délaissée. Une partie de moi aurait aimé sentir le contact rassurant d’Anja sur mon corps, sa patience à essuyer le sang et sa tendresse à soigner mes blessures. J’aurais préféré être conscient pour savourer son inquiétude. Aussi déplacé que cela soit, j’aurais pris plaisir à réaliser à quel point Anja tenait à moi.  Ce sentiment d’être indispensable à Anja était totalement étranger. Je savais qu’elle m’aimait… j’avais tardivement finis par comprendre qu’elle tenait réellement à moi. Mais… difficile pour un - ancien -  éternel célibataire au comportement autodestructeur d’être entièrement convaincu des sentiments de sa copine. Pour cela, il me fallait lui faire totalement confiance et … C’était trop difficile. Quelque chose en moi m’en empêchait. Il y  avait des non-dits, des petites incohérences qui me poussaient à la méfiance. Mon cœur ne désirait qu’elle mais ma raison me disait de regarder ailleurs… de voir au-delà des apparences. A défaut de creuseur l’abcès de parler des doutes et de mettre des mots sur mes angoisses, je m’étais refugié dans le silence, lui offrant une absence incompréhensible. Et pour la énième fois, Anja se heurtait – involontairement – à mon silence. Ce coup-ci, j’avais une excuse imbattable : un K.O. Les coups, la fatigue avaient eu raison de quelques forces qui me restaient. Il me fallut d’interminables minutes pour retrouver l’énergie d’ouvrir les yeux. Le visage d’Anja se dessinait dans un flou artistique. Même avec une silhouette indécise, la jolie russe représentait une beauté fatale. L’image de la femme parfaite que j’avais toujours voulu posséder, sauf que le gamin avait grandis, réalisant qu’une beauté pareille ne pourrait jamais lui appartenir. Un sourire se greffa sur mon visage pour finir en une grimace de douleur. Je m’étais réveillé uniquement par l’effet de la douleur. Aussi douces soient-elles, les caresses d’Anja n’y était pour rien dans mon réveil. « C’est rien. » commençais-je d’une petite voix en rejetant les mains d’Anja qui se promenaient sur mon visage. Dans un même mouvement, je tentais de me redresser rapidement mais un vertige s’empara de moi. C’était comme si le sol tremblait autour de nous et je reposais ma tête sur le sol, comprenant qu’il était essentiel pour moi de ne pas brusquer les choses, au risque de retomber dans les vaps. La situation n’avait vraiment rien de glorieux. Avec la fierté d’un homme mal placée, je précisais un peu sèchement : « C’est mieux ici. »  Encore une fois, Anja était la spectatrice privilégiée de ma déchéance. Une situation difficile à encaisser, bien que je reconnaissais totalement ma part de responsabilité dans ce – nouveau -  désastre. « Je suis désolé. » J’avouais être désolé sans pour autant dire pourquoi… Franchement, la liste de mes erreurs était bien trop longue pour les détailler. Anja ne savaient pas exactement pourquoi je me sentais coupable, elle n’avait qu’à se dire que j’assumais l’entière responsabilité de cette déconvenue. « Vraiment. » insistais-je, cherchant à tatons sa main pour entremêler mes doigts aux siens. C’était incompréhensible, totalement idiot, contradictoire mais… je la voulais avec moi. J’avais trop besoin d’elle. De son parfum. De ses bras. De son amour, aussi destructeur et irrationnel qu’il soit.  
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MessageSujet: Re: Bad day ▬ Anja   Lun 9 Juin - 19:48

Les secondes s’égrainaient, s'écoulaient, s'étiraient en minutes mais pourtant elle avait l'impression que le temps ne passait pas. Seigneur, elle ne se souvenait plus la dernière fois où le temps lui avait paru si long. Frissonnante sur le carrelage gelé, Anja restait à fixer le vide et son inquiétude augmentait comme le temps filait. L'endroit où ils se trouvaient et l'ambiance qui y régnait n'aidaient pas à la rassurer. Dans cet appartement trop vide, trop froid, où plus personne n'amenait de vie, des idées morbides flottaient et s'emparaient d'elle. Elle avait beau essayé de se convaincre que ce n'était rien de grave, se rassurant comme elle pouvait parce que la peau d'Erwan était doucement chaude, parce qu'il respirait encore et que son pouls battait toujours, cela ne suffisait pas à chasser totalement les vagues d'angoisse qui la prenaient. Et s'il ne se réveillait pas ? Et si c'était plus grave qu'une simple chute ? Pourquoi cette chute d'ailleurs ? Non, il ne fallait pas qu'elle pense à ça. Il allait finir par se réveiller, il allait finir par ouvrir les yeux et... Et quoi ? Avec ce qu'elle venait de comprendre, ce qu'il lui avait implicitement révélé, elle n'était plus sûre de vouloir être seule avec lui dans une même pièce. Elle n'avait pas vraiment envie d'une nouvelle conversation parce qu'elle n'avait pas la force pour ça à l'heure actuelle. Son coeur venait déjà de se briser par ce qu'elle avait compris, si elle pouvait essayer de le réparer un peu avant qu'il ne le piétine à nouveau... Ou non, tiens. Autant aller jusqu'au bout maintenant qu'ils y étaient. Puisqu'il avait commencé, il n'avait qu'à finir le travail. Les secondes qui passaient étaient trop longues et lui permettaient d'envisager trop de scénarios sur ce qui allait suivre, quand il se réveillerait (car oui, elle l'avait décidé, il allait se réveiller bientôt, très bientôt). Des visions un peu floues et un peu étranges s'emmêlaient dans son esprit, parfois les rapprochant tous les deux, parfois les déchirant. Elle ne savait pas laquelle était la bonne et cela la terrifiait. Alors, quand elle le sentit remuer, elle retint son souffle.

Une partie idiote d'elle-même fut rassurée de voir que ses deux yeux étaient ouverts. Au moins avait-elle fait ça de bien... Pour le reste, c'était une toute autre affaire. Il y eut d'abord ses mains qui étaient toujours sur son visage qu'il éloigna, comme si même ce simple contact l'insupportait. Ce n'était rien, disait-il. Une bouffée de colère monta en elle, parce qu'elle s'était inquiétée pour rien mais surtout parce qu'il osait qualifier son évanouissement comme un rien. Encore ce "rien" qui revenait et contre lequel elle ne pouvait pas lutter... Elle ne chercha pas à lui imposer de rester allongé, à priori il ne voulait même pas qu'elle le touche. Pétrifiée, elle le regarda essayer de se redresser mais échouer et atterrir lamentablement non pas sur ses genoux, où sa tête reposait quelques instants plus tôt, mais à même le sol. C'était mieux ici, disait-il. A ses mots, elle eut l'impression qu'un seau d'eau gelée se déversait sur elle, en elle, inondant chacune de ses veines. Elle avait compris que pour lui, les choses entre eux s'étaient dissipées depuis tout ce temps mais elle n'avait pas réalisé que même son contact l'indisposait. Le dégoûtait-elle à ce point ? Alors, encore cette question, blessante, qu'avait-elle bien pu faire ? Se pourrait-il qu'il ait finalement découvert qui elle était réellement, ce qu'elle avait fait ? Quelqu'un lui avait-il révélé la vérité sur la mort de Sevastyan ? Était-ce pour cela qu'elle semblait le rebuter autant ? Prenant sur elle pour cacher la terreur que lui infligeait cette éventualité, elle se força à regarder ailleurs, le salon désert, la trousse de secours, les pieds d'une chaise, tout, mais pas lui. Si quelques instants plus tôt elle avait l'impression d'être oppressée, c'était pire encore maintenant. Et elle n'avait plus qu'une envie, se lever, prendre ses jambes à son cou et quitter cette pièce. Pour se maîtriser, ses mains avaient fini par agripper les plis de sa robe et elle demeurait immobile, restant agenouillée même si la position commençait à lui faire mal. Peu importait, la douleur physique ne pourrait pas surpasser celle qui élargissait le trou béant dans sa poitrine.

Une nouvelle fois, elle eut envie de le gifler. Il n'avait pas à être désolé. Ou, s'il l'était, elle ne voulait pas entendre ses excuses. Il n'avait pas le droit de lui infliger ce qu'elle ressentait et d'espérer s'en tirer en lui balançant simplement qu'il était désolé. Son visage avait beau être de marbre, ses yeux qui l'évitaient toujours criaient de désespoir et de malêtre sans qu'elle ne puisse les en empêcher. Crispée, elle avait l'impression de s'être changée en statut et que le moindre mot un peu trop dur, le moindre effleurement la feraient se casser en milliers de petits morceaux de pierre. Pourtant, quand elle sentit la main d'Erwan frôler la sienne alors qu'il insistait verbalement, ses doigts se détendirent le temps qu'il les emmêle aux siens. Inconsciemment elle serra, comme si cela suffirait à le faire changer d'avis. Ou c'était peut-être juste parce que ce geste prouvait qu'elle ne l'écoeurait pas tant que ça pour qu'il veuille toujours chercher un contact physique avec elle. A peine apaisée, elle amena son regard sur lui, puis sur leurs mains entrelacées et se vit forcée de détourner de nouveau les yeux. Commença alors un combat avec elle-même. Une seconde, trois, cinq durant lesquelles elle se fit violence pour refouler la vague de larmes qui menaçaient de déferler. L'estomac retourné, la gorge nouée, elle resta sans respirer durant ces cinq secondes à fixer le plafond jusqu'à être sûre qu'elle ne pleurerait pas. Vain geste pour garder un peu de dignité mais c'était sans compter sur ses joues déjà striées de noir qu'elle ne devinait pas. Baissant de nouveau son visage vers Erwan, elle retira ses doigts des siens dans un sursaut, comme si ce contact la blessait. Et c'était le cas. Elle ne voulait pas qu'il la réconforte alors qu'il était tout bonnement en train de la laisser tomber. Ne pouvant supporter plus longtemps cette position inconfortable, elle se laissa doucement tomber sur le côté jusqu'à s'asseoir, ramenant ses jambes pliées vers sa poitrine, les entourant de ses bras comme pour se créer une bulle protectrice. Nécessaire pour pouvoir affronter ce qui menaçait de s'abattre sur elle. Livide, elle baissa les yeux sur son ancien amant.


    « J'ai besoin que tu m'expliques Erwan. J'ai l'impression qu'il n'y a... plus rien et là tu me prends la main et tu me dis que tu es désolé comme si, finalement, je m'étais trompée et qu'il y avait encore quelque chose. S'il te plaît parle-moi parce que là je suis perdue. Ca fait un mois que je suis perdue et ça me tue... »

Secouant vaguement la tête de désolation, elle serra la mâchoire. Elle aurait aimé en dire plus, s'exprimer mieux et parvenir à énoncer clairement ce qu'elle ressentait. Lui demander pourquoi il ne voulait plus la voir, à quel moment cela avait dérapé, qu'est-ce qui avait fait qu'il s'était rendu compte que ça n'allait plus, si c'était elle ou... Mais elle ne dit rien de plus. La douleur la laissa muette de peur qu'elle ne se mette à craquer complètement. Et, repliée sur elle-même, ses mains agrippaient ses bras. Comme si, bêtement, rester ainsi en boule lui permettrait de rester encore debout après l'orage qui s'apprêtait à gronder. Même si elle savait très bien qu'il ne pourrait faire autrement que la dévaster...




    She'll suck you dry... But still you'll cry, to be back in her bosom. To do it again. She'll make you weep... And moan and cry, to be back in her bosom. To do it again... Saviors and saints, devils and heathens alike... She'll eat you alive.
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MessageSujet: Re: Bad day ▬ Anja   Ven 13 Juin - 22:20

Si pour Anja les minutes semblaient interminables, dans ma vision des choses je n’étais pas resté inconscient très longtemps. En ouvrant les yeux, je pensais que seulement quelques secondes s’étaient écoulées. Mon instinct de médecin me soufflait qu’il ne s’agissait que d’un petit malaise dont les facteurs étaient multiples : je ne mangeais quasiment rien, je fumais carrément trop et mon passage à tabac avait laissé des traces qui ne disparaitront pas de sitôt. L’avantage d’avoir mal partout c’était que je n’avais pas l’impression d’avoir quelque chose de graves. Dans la mesure où je ne crachais pas de sang, je me disais que tout allait bien. Bon, j’étais totalement incapable de me redresser et de tenir en position assisse mais… ce n’était pas si grave. D’un naturel douillet, je n’avais – contrairement aux apparences- pas l’habitude de servir de punching ball à une bande de dégénérées russes. D’accord, adolescent j’avais pas mal de bagarres à mon actif. Toutefois, à cette époque où j’étais un jeune loup, j’avais l’impression de mieux m’en sortir. Peut-être que j’encaissais moins les coups ou m’en prenais moins. C’était étrange de se dire que je faisais ce genre de conneries quand j’étais ado. A croire que je n’avais pas grandis. Toute ma vie on m’avait répété que je n’avais rien dans le crâne… malgré des études de médecin – pas vraiment brillantes – je commençais doucement à ouvrir les yeux. Ils avaient raison : pour se prendre une raclée à mon âge, c’était que j’avais vraiment un problème quelque part. Théoriquement, je devrais vivre en couple depuis plusieurs années, avoir deux enfants (un garçon et une fille évidemment) et ma femme (ou fiancée) devrait attendre le troisième. Notre maison serait immense avec un jardin à la pelouse très bien entretenue (je m’en occuperais le dimanche) quitte à l’arroser toutes les semaines… pour qu’elle soit bien verte. Dans ce joli monde idéal, ma plus grande préoccupation serait la qualité des cookies que ma compagne ferait pour la fête des voisins. J’aurais tord de m’inquiéter, Anja ferait appelle à un traiteur pour assurer l’affaire… Quoique… Anja n’en avait pas vraiment besoin. Les rares fois où elle avait cuisiné, je devais admettre qu’elle s’en était très bien sortie. Anja savait plutôt bien cuisiner, vu que mon niveau en cuisson de surgelés – je n’avais jamais épluché un oignon ou une patate de ma vie – j’étais très très mal placé pour critiquer. La preuve quand j’avais fais la cuisine à Anja alors que je vivais chez elle après mon opération, tout ce que j’avais été fichu de faire c’était des hamburgers. Voila – d’après moi – comment un américain draguait une russe. Au moins, j’avais appris à choisir le vin, cela permettait d’oublier la qualité du repas. Encore une fois, mes pensées mettaient en évidence cette différence sociale entre Anja et moi. Si cela revenait aussi souvent, c’était parce que c’était vrai, non ?

A mon grand regret, mon petit malaise n’avait pas laissé Anja de marbre. Dommage. Anja aurait été insensible à mes coups du sort, cela aurait été plus facile d’accepter l’irrémédiable. Pourtant, contre toutes attentes, une partie de moi était satisfaite. C’était cruel mais je me disais que je n’avais pas fais tout ça pour rien… Que les moments partagés à deux avaient marqués Anja au moins autant que moi. Sincèrement, je tenais énormément à elle. Vraiment. Anja représentait tout à mes yeux. Peut-être que je devrais faire de mon couple ma priorité et me moquer du reste mais… j’y arrivais pas. J’avais besoin de plus, d’avoir autres choses. Sur ce point, j’étais un peu comme Anja. La jolie russe ne pourrait jamais être pleinement satisfaite d’être seulement la femme de… Anja valait tellement mieux que ça. Encore, elle serait restée la femme du grand Stanislas Le-pauvre-truc, cela n’aurait pas été si grave mais… moi qu’est-ce que j’avais à lui offrir ? Je n’étais même pas fichu de lui offrir une bague ou un bijou digne de ce nom. Oh je l’avais quand même fais ! C’était un collier pour son anniversaire et cela avait été une ruine. Je ne devrais pas penser à la dépense mais j’étais bien obligé de le faire. Anja n’était pas le genre de femmes que j’avais envie d’enmener au Kébab. La russe méritait mieux, vraiment mieux. Elle devrait avoir tout ce qui rimait avec luxe et beauté. Tout ce que je lui offrais, c’était du sang à essuyer et des déceptions constantes. J’étais un échec ambulant… nous n’avions rien à faire ensemble. Pourtant, il y avait toujours ce truc dans le regard. Ce petit-je-ne-sais-quoi qui me donnait envie d’elle. Ce détail en plus qui la rendait si différente des autres. Les autres étaient belles, attirantes mais… Anja je la voulais. Je la voulais vraiment. Parce que quoi que je fasse, même si je continuais à me détacher Anja était toujours là. La belle russe était la seule à m’offrir sa présence, c’était tout ce qu’il me fallait mais… Elle méritait tellement plus. Même fuyant mon regard, je comprenais qu’elle ne voyait que moi… Quelque part, j’étais pour elle le seul homme qui comptait. Sinon, la jeune femme ne serait pas aussi patiente et tolérante à mon égard. Bien que je regrettais tous mes mots maladroits, je me doutais bien que je ne pourrais rien rattraper. L’absence était un tord qu’on ne pardonnait pas.

Pourtant, le propre de l’être humain c’est de regretter ses erreurs et de pardonner à son prochain ? Cela devait être un truc religieux, parfois Dieu avait du bon… Cela dit proposer à Anja de me pardonner parce qu’un Dieu auquel je ne croyais pas le voulait, c’était un peu abusé comme excuse. Je ne méritais aucun pardon, je n’oserais même pas le demander à Anja. J’étais désolé… c’était insuffisant mais c’était tout ce que j’avais. Anja ne pouvait-elle pas s’en contenter ? Faut croire que non à en juger son regard fuyant. Ses yeux de biche, c’était ce qui m’avait fais craquer chez elle alors ne plus les avoir pressentait le début de la fin. Pour approuver mes pensées, Anja retira sa main de la mienne. Anja replia ses jambes contre elle, ainsi assisse elle semblait si vulnérable… « J'ai besoin que tu m'expliques Erwan. J'ai l'impression qu'il n'y a... plus rien et là tu me prends la main et tu me dis que tu es désolé comme si, finalement, je m'étais trompée et qu'il y avait encore quelque chose. S'il te plaît parle-moi parce que là je suis perdue. Ca fait un mois que je suis perdue et ça me tue... » A ses mots, mon cœur se fendit une nouvelle fois en morceau. La vie le fragilisait et Anja se chargeait de le briser. Franchement, je n’aurais jamais cru être aussi sentimentale. Lentement, comme pour apprivoiser la belle, j’enlaçais la jeune femme et déposais ma gueule amochée sur son épaule. Respirer son odeur m’enivrait… Putain ce qu’elle me manquait. « Je suis désolé. » répétais-je, encore plus sincère que la première fois. Je savais bien que c’était insuffisant, qu’Anja voulait plus mais… par où commencer ? « T’es une fille géniale Anja… » commençais maladroitement. Cette idiotie me fit sourire et j’expliquais en secouant la tête. « On dirait le dialogue d’une série pour adolescent. » C’était n’importe quoi. Je faisais vraiment pas l’affaire avec elle. D’autant plus que je perséverais dans ma connerie : « Je sais pas ce que je suis sensé te dire Anja… » Dans ce genre de situation un mec, un vrai, il aurait fait quoi ? Le fantôme de Stany ne pouvait-il pas me souffler quelques conseils ? Promis, cela resterait entre nous.
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MessageSujet: Re: Bad day ▬ Anja   Lun 16 Juin - 1:01

Elle n'arrivait pas à l'énoncer plus clairement. Dialogue de sourd. Elle n'arrivait pas à mettre les mots sur ses impressions, sur la situation. C'était comme si elle avançait dans un brouillard très épais, essayant de chercher un repère alors qu'il n'y avait rien. Ou alors, c'était comme si elle se noyait et que dès que ses mains agrippaient quelque chose à quoi se raccrocher, elle glissait plus profondément. Qu'elle soit entourée de brouillard ou d'eau, le résultat était le même, elle s'enlisait et sombrait toujours un peu plus dans les ténèbres. Les ténèbres de l'ignorance et des doutes. Parce que c'était ça. C'était ça qui la rongeait et la faisait vaciller de jour en jour. Ne pas savoir. Ne pas comprendre. Ne pas avoir la moindre idée des raisons qui avaient pu les mener là où ils en étaient à présent. Autrement dit, au point mort. Si elle avait su ce qui clochait, ce qui n'allait pas, elle aurait pu essayer d'y remédier. Mais voilà, c'était le flou total. Un noir artistique dans lequel elle se perdait et s'affolait. C'était de sa faute. Elle aurait du se forcer, ne pas choisir la voie de la facilité. Elle avait pensé que ce n'était qu'un passage, que cela allait finir par aller mieux. Que ce n'était que le temps qu'il ouvre son cabinet. Sauf que cela faisait déjà des mois et que c'était de pire en pire. Cela dit, le final était magnifiquement pitoyable. Un mois sans se voir, c'était bien la première fois que cela lui arrivait. Et, à regrets, elle songea qu'elle n'aurait jamais du attendre aussi longtemps. Mais il était tellement plus simple de se taire et de faire l'autruche... Elle ne savait pas ce qui était le pire. Le fait d'avoir laissé faire, ou de ne pas avoir vu venir cette fin imminente. Parce que même s'ils ne se voyaient pas, pas une seconde cela n'avait changé quelque chose pour elle. Pas une fois elle n'avait pensé que cet éloignement était provoqué par un quelconque désintérêt. Et elle venait de se prendre cette possibilité en pleine figure même si, à présent, elle ne savait plus ce qui était vrai de ce qui était faux.

Si quelques minutes plus tôt elle croyait comprendre que ses sentiments pour elle avaient fini par s'effacer avec le temps et l'éloignement, si elle avait songé que même avoir un contact avec elle le dégoûtait, ces suppositions s'embrouillaient. Il mettait de nouveau le bordel dans sa tête et elle ne savait plus que penser. Perdue, c'était bien le mot. Elle ne savait plus où se situer par rapport à lui. Était-elle encore sa petite amie, ou non ? Ressentait-il encore quoi que ce soit ? Elle ne savait pas non plus quelle attitude elle devait adopter vis-à-vis de lui. Devait-elle accepter ces semblants d'excuse et le pardonner ? Devait-elle le repousser et cesser de se battre ? Ou devait-elle tenter de le faire changer d'avis, se serrer contre lui, s'agripper à lui et l'embrasser jusqu'à ne plus avoir de souffle comme son envie le dictait ? Finalement, sa seule certitude était ce besoin de savoir, cette soif d'explications. Aussi, tant qu'elle n'en aurait pas eu, elle ne saurait toujours pas comment réagir. Preuve en était, quand il parvint à se redresser, se rapprochant jusqu'à amener ses bras autour d'elle et poser sa tête contre son épaule, elle ne bougea pas d'un millimètre. Elle ne l'encouragea pas, ne lui rendit pas son étreinte. Ses mains ne se déplacèrent pas pour venir entourer ses épaules et caresser sa nuque, ses cheveux trop longs. Son visage ne rejoignit pas le sien, son nez n'alla pas s'écraser dans cette barbe qu'elle incriminait. Mais, pour autant, elle ne repoussa pas non plus. Elle resta simplement là, enfermée dans sa bulle qu'elle voulait protectrice même si, quelque part, le fait de le laisser faire signifiait déjà le laisser entrer. Si elle ne réagit pas, elle n'en accueillit pas moins cette étreinte avec soulagement et une certaine quiétude. Rien que quelques secondes, elle savoura son corps contre le sien et profita de ce semblant de paix. Rien que quelques secondes, il n'y eut plus qu'elle, et lui contre elle. Mais ce moment suspendu lui échappa au moment où il se remit à parler.

Une fois de plus, il lui exprima combien il était désolé. Elle le sentait véritablement sincère. Elle n'aurait pas su dire comment, mais c'était là. A son timbre de voix peut-être, ou à la façon dont le dernier mot mourait au bord de ses lèvres. En tout cas, elle le croyait. Elle le croyait quand il lui disait être désolé. Mais, comme il le craignait, ce n'était pas suffisant... Étrangement, quand il la complimenta, elle se sentit plus vulnérable encore. Comme si, plutôt que de la réconforter, ces mots avaient pour but de la préparer à ce qui arrivait. Craignant ce qui l'attendait, elle n'eut pas le coeur à rire avec lui. Le dialogue d'une série pour adolescent ? Elle ne trouvait pas ça drôle. Mais même s'il lui avait sorti la blague la plus amusante du monde, elle n'aurait même pas eu envie de sourire. Elle était bien trop anxieuse, se demandant à quelle sauce elle allait être mangée. Parce que c'était peut-être ça qui l'effrayait le plus : ne rien contrôler. Pourtant, quand il continua, avouant ne pas savoir ce qu'il était sensé lui dire, il y eut quelque chose. Comme un déclic en elle. Et pour la première fois, elle se sentit véritablement déçue. Déçue parce qu'elle venait de le mettre sur la piste, elle venait de lui tendre une perche qu'il n'avait plus qu'à saisir pour la rejoindre. Tout ce qu'elle demandait, c'était des explications. Mais même pour ça, il ne faisait pas le moindre effort... Et cela l'agaça. Cela l'énerva. Elle ne supportait pas qu'il les laisse tomber comme ça, sans même essayer de se battre. Elle avait craint que l'orage ne lui tombe sur la tête mais c'était bien en elle que le tonnerre grondait à présent...


    « C'est peut-être ça, le problème. »

Il n'y avait pas d'accusation dans sa voix néanmoins, elle avait perdu toute fragilité. Ne restait qu'une certaine distance même si, physiquement, elle ne chercha pas à s'éloigner. Son regard ayant retrouvé de sa morgue, elle le dirigea vers Erwan pour le planter dans le sien, les sourcils à peine froncés.

    « Ca fait un mois qu'on ne s'est pas vus et tu n'as rien à me dire. Moi non plus, je ne sais pas quoi te dire. Qu'est-ce qu'on est pour toi Erwan ? Un jeu ? Tu voulais voir ce que c'était que d'être en couple mais finalement, comme ça ne te plaît pas tant que ça, tu préfères laisser tomber et abandonner la partie ? Admettons mais si c'est le cas, j'aimerais autant que tu me le dises. Et si, je l'espère, je me trompe, alors je vais te dire ce que toi tu devrais me dire. »

Si jusqu'ici elle était parvenue à rester calme, la voix mesurée, elle sentait qu'elle commençait à s'énerver. Son timbre se faisait plus dur, ses yeux plus perçants, son port de tête plus furieux.

    « Tu devrais me dire pourquoi ça fait un mois que tu me fuis. Tu trouves ça normal, qu'on se soit pas touchés, embrassés depuis tout ce temps ? Ca te manque pas ? Parce qu'à moi si, tu me manques. Et ne me dis pas que c'est ton cabinet. Même s'il te prend du temps, c'est impossible que tu n'aies pas eu un seul moment de libre en quatre semaines ! Alors c'est que tu m'évites et j'aimerais comprendre pourquoi ? Tu m'as demandé de m'impliquer avec toi. Et je l'ai fait ! Je le fais toujours mais si tu me parles pas, si tu ne me dis pas ce qui ne va pas... J'aurai pas du attendre en espérant que ça finirait par aller mieux, ça fait longtemps que j'aurais du te demander pourquoi on s'éloignait. Pourquoi tu t'éloignais. Parce que tu vois Erwan, même si moi je m'implique, ça marchera jamais si je suis toute seule à le faire. Toi aussi, il faut que tu t'impliques avec moi. C'est la seule solution pour qu'on surmonte les obstacles. Parce qu'il y en aura d'autres, c'est certain. Mais il faut que tu sois prêt à faire cet effort... »

Plus elle parlait, plus elle s'apaisait. La colère semblait se dissiper au fur et à mesure qu'elle lui avouait tout ce qu'elle avait sur le coeur, tout ce qui lui pesait. Elle vidait son sac et, oui, cela lui faisait du bien. Même si, elle le savait, à présent c'était quitte ou double. Cela la chagrinait qu'ils en soient arrivés là mais c'était ce qui les attendait depuis trop longtemps. Ils n'avaient fait que repousser l'échéance. Et comme elle le réalisait, elle baissa les yeux, resserrant un peu son étreinte sur ses genoux.

    « On peut pas continuer comme ça. C'est pas possible, ni pour toi, ni pour moi. »

Sa gorge se noua, sa voix s'étrangla. Elle réprima une violente envie de se blottir contre lui, de se cacher dans son cou. La tête baissée, elle n'osa pas le regarder de peur de découvrir qu'il ne souhaitait pas la même chose qu'elle. De réaliser qu'il préférait que leurs chemins se séparent là, que c'était fini. Elle ne voulait vraiment pas que ce soit fini...




    She'll suck you dry... But still you'll cry, to be back in her bosom. To do it again. She'll make you weep... And moan and cry, to be back in her bosom. To do it again... Saviors and saints, devils and heathens alike... She'll eat you alive.
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MessageSujet: Re: Bad day ▬ Anja   Jeu 17 Juil - 0:11

Peut-être que si aucun de nous n’arrivait à s’exprimer clairement, c’était parce qu’il n’y avait à dire. Aussi cruel que cela paraisse, il fallait se rendre à l’évidence et accepter ce silence, ce mélange de on-dit et de déceptions. C’était comme si vous regardiez votre série préférée et vous réalisez que le final de la saison est en total opposition avec vos désirs, le couple phare du show décide de se séparer… Ils choisissent de se détruire au lieu de s’aimer. Au fond, c’est pas vraiment leur choix… c’est celui du scénariste, autrement dit, vous détestez cet homme dont le nom s’affiche au générique. Vous ne connaissez pas, mais vous le haïssez. Parce que votre monde imaginaire s’effondre. Parce que les attentes s’opposent à la réalité. Ca fait mal. Terriblement mal. Mais pour la situation présente, les seuls que nous pouvions blâmer c’était nous-mêmes. Nous – surtout moi – étions responsables de notre propre malheur. Tout petit on m’avait appris, à grands renfort de claques, que nos actions avaient des conséquences. C’est une réalité que je m’étais efforcé d’inculquer à mes sœurs. Aussi drastique que cela soit, c’est la vie ! Chaque actions entrainent des répercussions et celles-ci peuvent s’avérer très néfastes… Il n’y avait qu’à regarder le visage d’Anja pour comprendre le mal que je lui avais fais. Et peut-être même que je n’avais pas finis… La distance, le silence avait des tords indéfendables. J’ignorais ce que je cherchais en ayant imposé à Anja une si grande absence. Sur le coup, je n’avais pas vraiment réalisé que j’étais si peu présent. Les jours s’étaient enchainés trop rapidement pour que je prenne conscience de ce qui nous arrivait : on s’était éloigné, sans coup d’éclat ou crises de nerfs, nous avions juste repris nos distances. C’était ce qui devait arriver aux célibataires pas fais pour être en couple… Sans s’en douter, nous – particulièrement moi – avions repris nos vielles habitudes. Je fais ce que je veux quand je le veux et je ne demande rien à personne. J’étais née pour être célibataire… au détriment des attentes de la belle Anja. C’était une réalité à laquelle je ne pouvais échapper et elle non plus… Anja avait beau être dans mes bras, je la sentais très loin. Elle ne s’accrochait pas comme d’habitude. Elle ne rependait pas son parfum au sein de ma nuque. Elle ne cherchait pas le contact avec ma peau. Entre elle & moi, c’était le strict minimum. Un service minimum qui pressentait une vie imminente. Personne ne devrait être surpris qu’une telle chose arrive. Après tout, c’était le propre des bonnes choses, elles se savourent seulement parce qu’elles ont une fin. Exprimer ô combien j’étais désolé résonnait comme de faibles excuses. Vu les circonstances, c’était bien trop facile de me laisser m’en sortir aussi facilement. Ceci dit, j’avais le droit de rêver. Au pire, je rappellerais que je m’étais pris un coup sur la tête pour justifier ma naïveté. Mes répliques ne firent pas sourire Anja. Ma tentative pour la faire rire n’était qu’une vaine parade. Peut-être que je la prenais pour une idiote en imaginant que mes tords pourraient s’oublier si vite ou alors j’étais encore plus con que je le pensais. Car pour laisser tomber une fille comme elle, il fallait vraiment être le dernier des idiots.

« C'est peut-être ça, le problème. » L’accusation était loin d’être anodine. Derrière son « ça », c’était « je » le responsable. Aux yeux d’Anja, je redevenais ce type incapable de gérer sa vie et… encore une fois, je ne pouvais pas lui donner tord. Pour le coup ; Anja avait même raison. Je savais pas m’occuper de moi alors comment je pourrais m’occuper d’elle ou tenir mon couple ? Aussi lamentable que cela soit, mon couple ne faisait pas parti de mes priorités. C’était lâche, mais je n’arrivais déjà pas à m’occuper de moi convenablement, en témoignait mon altercation avec le nouveau manitou du fight club. Anja planta son regard dans le mien et je me sentis terriblement mal de lui imposer cette déchéance. Toujours, j’avais voulu la protéger et lui éviter d’être malheureuse mais… si l’on se basait sur les faits, j’avais exactement fais l’inverse. Anja venait s’en rendre compte ou bien elle osait me le dire seulement maintenant : « Ca fait un mois qu'on ne s'est pas vus et tu n'as rien à me dire. Moi non plus, je ne sais pas quoi te dire. Qu'est-ce qu'on est pour toi Erwan ? Un jeu ? Tu voulais voir ce que c'était que d'être en couple mais finalement, comme ça ne te plaît pas tant que ça, tu préfères laisser tomber et abandonner la partie ? Admettons mais si c'est le cas, j'aimerais autant que tu me le dises. Et si, je l'espère, je me trompe, alors je vais te dire ce que toi tu devrais me dire. » Ce coup là était bien plus douloureux que ce que l’autre abruti de russe m’avait infligé. Le combat que je menais contre Anja était bien plus vicieux. Cela surgissait avait une sonnette d’alarme mais la surprise restait totale. Je savais que cela se passerait mais j’avais la naïveté de croire que cela ne me ferait pas si mal… Putain j’avais oublié à quel point cela pouvait faire mal d’aimer. Pour ma défense, avant de rencontrer Anja cela n’avait aucune chance de m’arriver. Avant de la rencontrer, je n’avais jamais aimé personne… En tout cas pas comme elle. Je baissais légèrement la tête et songeais à notre rencontre dans la chambre improvisée du Lennox Hospital alors qu’elle tenait son petit bout dans les bras. Notre seconde rencontre dans les couloirs, cette ivresse dans les douches, la nuit osée, la première d’une longue série. Il y avait encore ces éclats de rire qui chatouillaient mes oreilles. Notre complicité était née au premier regard, un je-ne-sais-quoi l’avait accompagné et je n’arrivais pas à croire qu’il était parti. Non, c’était encore là, dissimulé quelque part comme un secret inavouable, comme cette sensibilité au creux de ses reins. Mais pour l’heure il valait mieux taire nos sentiments… surtout les miens. J’avais perdu le droit de l’aimer à force de vouloir le lui cacher Anja s’imaginait qu’ils étaient inexistants. « Tu devrais me dire pourquoi ça fait un mois que tu me fuis. Tu trouves ça normal, qu'on se soit pas touchés, embrassés depuis tout ce temps ? Ca te manque pas ? Parce qu'à moi si, tu me manques. Et ne me dis pas que c'est ton cabinet. Même s'il te prend du temps, c'est impossible que tu n'aies pas eu un seul moment de libre en quatre semaines ! Alors c'est que tu m'évites et j'aimerais comprendre pourquoi ? Tu m'as demandé de m'impliquer avec toi. Et je l'ai fait ! Je le fais toujours mais si tu me parles pas, si tu ne me dis pas ce qui ne va pas... J'aurais pas du attendre en espérant que ça finirait par aller mieux, ça fait longtemps que j'aurais du te demander pourquoi on s'éloignait. Pourquoi tu t'éloignais. Parce que tu vois Erwan, même si moi je m'implique, ça marchera jamais si je suis toute seule à le faire. Toi aussi, il faut que tu t'impliques avec moi. C'est la seule solution pour qu'on surmonte les obstacles. Parce qu'il y en aura d'autres, c'est certain. Mais il faut que tu sois prêt à faire cet effort... » Le vent de reproches soufflaient contre mon visage et je ne me sentais même pas coupable. Anja était trop gentille ou bien j’étais trop con pour réaliser l’ampleur de mes erreurs. J’étais en train de la perdre, j’avais totalement merdé avec elle et Anja continuait à me tendre la main. Pour la première fois de ma vie, je comprenais ce que voulait dire ‘l’amour rend aveugle’. Anja me manquait terriblement, c’était un fait. Mais je préférais rester silencieux plutôt que de m’enfoncer, nous enfoncer d’avantage. La gorge nouée, je n’osais avouer à haute voix le naufrage qui nous faisait face. Anja l’énonça pour nous : « On peut pas continuer comme ça. C'est pas possible, ni pour toi, ni pour moi. » Lentement, je hochais la tête. « Je sais. » Mais cela ne voulait pas dire que c’était facile pour autant. Au contraire, j’aurais été un peu plus inconscient, cela aurait rendu les choses plus faciles… Je posais ma main contre la nuque d’Anja et l’entrainais contre moi, oubliant un instant que j’étais recouvert de bleus. La place d’Anja était là, au creux de mes bras… Et pourtant après ce câlin un peu forcé je pris une grande inspiration pour lui annoncer : « On arrête. On arrête tout. » A quoi bon se rependre en de longues explications ? Pourquoi lui faire espérer un monde meilleur alors que je n’y croyais pas moi-même ? Anja avait – comme d’habitude – raison. Entre nous cela ne marchera jamais. Je n’étais pas capable de m’impliquer réellement au sein de cette relation. Il fallait voir où j’en étais, criblé de coups à renoncer à mon histoire d’Amour dans l’appartement de l’ex d’Anja. L’appartement représentait surement l’amour déchu de la belle russe, si ce n’était pas les cas, maintenant.. c’était fait. Je me mordis les lèvres, je regrettais déjà mes paroles mais… j’agissais pour elle, exclusivement pour elle. Je refusais qu’Anja souffre davantage. Le regard baisé, honteux d’avouer cette faille béante, je m’éloignais de cette étreinte pour me relever et abandonner Anja sur le sol. J’aurais dû en profiter davantage, savourer la douceur de sa peau et l’éclat de sa voix tant qu’il en était encore temps. J’aurais dû… ne pas laisser tomber.
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