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 « Look into me, I'm a monster. » ▬ Erika Stojanović

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MessageSujet: « Look into me, I'm a monster. » ▬ Erika Stojanović   Lun 30 Juin - 23:16



Erika Stojanović & James Payne

" Look into me, I'm a monster. "




Les gouttes tombent, reposent l’atmosphère de leur mélodie régulière, apaisante, douce ; pour lui avant tout. Il n’y a plus aucun cri, pas un seul appel au secours. L’homme s’est tu aussi violemment que s’est abattu la lame que le brun tenait entre ses mains. Une cascade rougeâtre s’est vue prendre forme le long de sa trachée tandis que ces perles amères parcouraient le corps jusqu’à s’éteindre à leur tour, là, au sol humide au-dessus duquel la chair demeurait suspendue. Mutilée, arrachée. Le silence a percé la ruelle pour s’imposer tout comme la nuit balaye le jour. James a laissé place aux horreurs qu’il abrite depuis des années, il s’est laissé perdre dans les obscurités de ses tourments, abandonnant de ce fait l’image de celle qui le maintenait bien souvent hors de l’eau. Il n’y a plus de contrôle, plus réellement de règles… Il est aussi perdu qu’un enfant au cœur d’une fête à laquelle il ne devrait pas être. L’enfant s’appelle James, la fête porte le nom d’Amour. Les pétales de roses qui devraient orner son cœur ne sont plus que trainé de sang. Il n’a jamais eu réellement à faire aux sentiments et ceux qu’il partage avec la légiste ne font que l’aider à sombrer parce qu’il sait que tout le mal que la jeune femme endure ne provient que d’une seule et unique personne : lui. Et l’Artiste offre à ce corps un peu de répit, une durée indéterminée de paix quant au calme ambiant des émotions éteintes dès lors que des griffes lui poussent aux doigts.

Ses songes s’entrechoquent, ses pensées s’éloignent de la réalité tandis que ses yeux pâles et clairs toisent le cadavre avec excitation et fierté. Une nouvelle œuvre pour le jeune homme qui ne se contente plus seulement d’artistique, donnant une place plus importante désormais à la cruauté, à la rage qu’il transmet à ce qu’il sème lors de ces promenades nocturnes. Il est devenu vendeur d’horreurs, marchant de cauchemar, le Mal humanisé. Il effraie et ne craint plus la peur, un avantage qui fait de lui un synonyme de la peste. Et tandis qu’il se délecte de ce qu’il offrira à New-York dès l’aube, des résonances de pas viennent briser la sérénade du sang qui s’écoule à ses pieds. Son regard vidé de tout s’étend aux horizons ombreux qui s’étendent derrière lui pour finalement tirer sa révérence auprès de cette scène, allant quérir un repos mérité dans les ruelles qui se présente à ce tueur qui aura mis du cœur dans le spectacle qu’il laisse s’égoutter au sein du Bronx. La peinture est envoyée, terminée il y a de ça quelques heures, l’instant était trop beau pour laisser passer l’occasion de le mettre en scène. Ça avait été plus fort que lui et… contrairement aux autres fois, le trentenaire avait ressenti ce besoin d’en arriver là, sa raison s’est trouvé battue par la haine qui s’accumule et s’accroit au fond de son cœur, de son âme, de tout ce qui parvient à faire survivre une once d’humanité en lui.

Une toute autre mélodie parvient à ses oreilles, celle de ses pas contre le pavé humide que New-York a construit sur des kilomètres de part et d’autres de sa position actuelle. Le jeune homme relève la tête, respire un bon coup, un bien-être certain s’impose à sa personne qui ne s’en plaint pas ; bien loin de là. Il n’avait ressenti cela que très rarement, étant James, qu’aux côtés de sa belle pour rester précis. Un sentiment de vie nouvelle naissant de l’extinction d’une autre, pour cette fois-ci. Ça a fait traire sa colère pour les heures à venir, ça lui permettra de fermer les yeux sans avoir les veines bouillantes d’une envie qu’il ne peut assouvir entre les murs de l’appartement qui font de lui un conjoint – ou presque – et un père. Et alors que le jeune homme ne parvient pas à rester concentré sur ses songes-ci, une silhouette se présente sous la lueur argentée que la Lune laisse tomber sous ses yeux assombris par la folie. Il n’y prête que peu d’attention avant de se rendre compte qu’un visage familier anime la personne qui marche vers lui ; tout aussi captivé par sa présence. L’heure est tardive, sa marche nonchalante – bien qu’il n’ait pas bu à s’en tordre l’estomac ce soir – et son air trahit un mystère bien trop dur à porter pour quiconque ayant un cœur plein et entier. Finalement, le Diable s’arrête, sourire aux lèvres pour exprimer l’absurdité qu’il ressent quant au choix du destin de mettre cette femme-là sur ce chemin à cet instant précis. Son dos heurte le mur contre lequel il s’adosse, ses yeux noirs aux lueurs bleutés s’éternise sur la jeune femme qu’il sait contre lui par son amitié avec Nina – sachant ce qui les a éloignés – et par son métier actuel ; sans pour autant qu’elle sache que celui qu’elle recherche probablement – comme tous membres des autorités aujourd’hui – n’est nul autre que celui qui se tient face à sa personne. « Le courage n’empêche pas le mal d’arriver. Personne ne devrait avoir à se balader seul, toi moins que les autres. Les femmes restent des proies faciles. » Trêve de plaisanterie. James, tais toi.
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MessageSujet: Re: « Look into me, I'm a monster. » ▬ Erika Stojanović   Sam 12 Juil - 20:22

&

C’était une de ces journées interminables. De celles dont on aimerait qu’elles terminent rapidement. A défaut d’avoir de nouveaux éléments pour l’enquête en cours, Erika avait passé la matinée et une bonne partie de l’après-midi à éplucher les comptes d’une société soupçonnée d’avoir joué un rôle dans la mort d’une avocate de renom. Elle devait mettre en lumière des rentrées d’argent ainsi que les sorties correspondant à l’acquisition de l’arme et des différents éléments ayant servi à la mise en place du piège dans lequel était tombée la victime. Mais elle ne trouvait rien et ça l’agaçait au plus haut point. A force de rester plantée devant son écran à faire défiler les colonnes de chiffres, elle avait fini par attraper un mal de crâne et lorsque survint l’heure pour la plupart des flics de rentrer chez eux, la jeune femme fut tentée de les suivre et de remettre au lendemain sa tâche fastidieuse. Elle s’en abstint néanmoins car elle avait trop à cœur de dénicher la vérité parmi cette multitude de chiffres. Rentrer sans avoir terminé ce qu’elle était en train de faire, sans avoir rien trouvé de consistant à présenter au lieutenant le lendemain aurait été abdiquer. Et Erika Stojanović n’abdiquait pas comme ça à la première difficulté. Tout était question de patience et d’attention. Elle connaissait l’affaire quasiment par cœur à force d’avoir relu et parcouru des dizaines de fois le dossier, les comptes rendus d’interrogatoire et les différents rapports rattachés aux résultats. L’enquête avait patiné pendant plusieurs jours avant qu’un agent ne trouve un lien avec cette société et que son dirigeant soit aussitôt convoqué pour un interrogatoire auquel Erika avait pu assister de l’autre côté de la fameuse vitre en miroir teinté. Sa culpabilité ne faisait presque pas de doute mais encore fallait-il le prouver et c’est ce sur quoi planchait la jeune femme depuis le début de la journée.

Tard dans la soirée, un mal de dos s’ajouta au mal de crâne. Erika se recula dans son fauteuil pour s’étirer, passa ses mains sur son visage pour se tenir éveillée encore un peu et remarqua l’heure. Onze heures du soir. Soupirant parce qu’elle n’avait rien trouvé dans les comptes de la société à se mettre sous la dent hormis un malheureux virement un peu suspect mais qui ne pouvait couvrir la totalité de l’équipement utilisé, elle décida de rentrer malgré tout. Elle avait espéré faire mieux mais soit la société avait d’autres comptes pour les opérations plus clandestines, soit elle n’était tout bonnement pas coupable. La deuxième option aurait étonnée Erika mais elle était trop fatiguée pour en discuter. Des chiffres dansaient encore devant ses yeux lorsqu’elle arriva chez elle où un reste de chinois commandé la veille au soir l’attendait bien sagement. Gênée par sa migraine, elle mangea sans appétit et une fois fini de manger, elle ne resta pas longtemps à comater devant la télé avant de décider de se coucher. Elle pensait toujours à cette avocate qui avait eu le malheur de faire son travail correctement. Elle se rappela qu’elle aussi, un jour, avait brigué le rêve de devenir une avocate redoutable et redoutée. La victime était plus âgée qu’elle mais Erika ne pouvait s’empêcher de s’identifier à cette femme qui avait eu tout aussi soif de justice qu’elle. Etait-ce le sort qu’on réservait aux gens qui faisaient trop bien leur travail dans le monde de la Justice ? Etait-ce ce qui l’attendait elle aussi si elle mettait autant de voyous en prison que cette avocate ? Erika soupira bruyamment en réponse à ses pensées et se tourna dans son lit pour trouver une meilleure position. Qu’elles aillent crever ailleurs ces questions, la jeune femme n’était pas prête d’arrêter au nom d’un principe pourtant sacro-saint qu’était la survie. Si les gens comme elle, comme cette avocate cessaient de faire leur travail, c’était la porte ouverte aux Enfers et à l’anarchie. Et en l’occurrence, Erika ne supportait l’anarchie que lorsqu’elle en était la cause et cette règle se limitait à l’univers de son appartement et éventuellement de ses tiroirs de bureau. Pour le reste, l’ordre et l’organisation étaient rois.

Au bout d’une heure et demie à tourner et se retourner dans son lit, Erika arriva à la conclusion qu’elle était trop préoccupée pour dormir. Par quoi elle ne savait pas mais quelque chose la maintenait aussi éveillée qu’en plein jour et tant qu’elle ne découvrirait pas ce que c’était, elle ne pourrait pas dormir tranquille. Elle se leva, se rhabilla et sortit de chez elle pour prendre l’air frais de la nuit. On était au mois de juin et les températures étaient plus douces que les mois précédents. Les nuits restaient fraîches malgré tout et la jeune femme apprécia de sentir la caresse d’un vent frais lui parcourir les avant-bras. Etant donné qu’elle vivait seule et malgré la sûreté relative de son quartier, Erika était toujours munie de son arme de service. Par précaution. Bien qu’elle soit à même de se battre, elle n’était pas encore au niveau où son corps était à l’épreuve des balles et de toute manière, elle s’était habituée depuis longtemps à avoir son arme à portée de main constamment, même pour dormir. Sans elle, elle se sentait comme nue. Fâcheuse habitude de toute personne munie d’une arme de manière régulière.

La jeune femme déambula au hasard dans le quartier où elle vivait. Elle n’avait pas grandi ici mais elle connaissait tout de même plusieurs habitants. Ils étaient évidemment tous couchés tandis qu’elle passait devant leur porte close et leurs volets baissés. A mesure qu’elle marchait, son mal de crâne commençait à s’atténuer ; respirer l’air extérieur lui faisait du bien. C’était un autre truc de son père qu’elle avait gardé dans ses habitudes. Quand elle était petite et qu’elle ne trouvait pas le sommeil, il l’emmenait se balader dans les quartiers du coin où ils vivaient. Ils s’asseyaient sur un banc et il lui racontait des légendes serbes. Erika finissait par s’endormir dans les bras de son père, qui la ramenait alors à la maison pour la recoucher. C’était une autre époque. Avant que tout ne foute le camp.

Arrivant à l’angle d’une rue, Erika prit le temps de vérifier que la voie était libre. Bien qu’elle soit armée et apte à se défendre au corps à corps, elle n’était pas franchement d’humeur à ça et préférait contourner les problèmes plutôt que de les régler. Et puis, la violence ne résolvait jamais rien, c’était bien connu. Elle n’avait pas le temps ni l’envie pour de beaux discours non plus. Une fois certaine qu’elle était seule dans le quartier, Erika s’avança dans la rue suivante. Elle ne fit pas 3 mètres qu’une silhouette se dessina hors de l’ombre d’une ruelle. C’était un homme. Elle ne le reconnut pas tout de suite à cause des tâches de peinture qui le constellaient. Erika s’approcha prudemment, posant une main sur son arme et ne quittant pas l’homme des yeux. Elle le détailla avec méfiance. On eut dit qu’il avait plongé jusqu’à ses avant-bras dans des pots de couleurs différentes. Ses vêtements étaient tâchés eux aussi. Son visage n’avait pas été épargné mais semblait sans doute le moins touché par l’arc-en-ciel de couleurs sombres qui s’était visiblement  jeté sur lui. Il semblait ivre. Ses traits prirent soudain une identité familière. Fronçant un peu plus les sourcils, Erika s’approcha carrément de l’homme.

Adossé au mur, James Payne l’observait lui aussi, un sourire odieux accroché aux lèvres. Lorsqu’elle fut à portée de voix pour ne pas qu’il ait à crier, il s’exclama d’une voix sibylline :

Le courage n’empêche pas le mal d’arriver. Personne ne devrait avoir à se balader seul, toi moins que les autres. Les femmes restent des proies faciles. »

Arrogant. Et con. Décidément, même avec tous les efforts du monde, Erika ne se sentait pas en mesure d’apprécier un jour cet homme. Elle n’avait jamais vu d’un très bon œil sa relation avec Nina. Le peu dont la légiste en parlait lorsque son amie la poussait à discuter ne présageait déjà rien de bon et la récente grossesse de Nina ne semblait pas arranger les choses. Erika n’était pas au courant de tout et ne cherchait pas à l’être non plus, c’était leurs affaires après tout, elle elle n’était là que pour veiller sur Nina et vérifier que la relation n’était pas toxique pour elle. En l’occurrence et au goût d’Erika, les deux tourtereaux auraient mieux fait d’arrêter les frais rapidement. James n’était pas un homme pour Nina. Erika le trouvait trop… sombre. Elle en savait peu sur lui, tout comme son amie au final et c’était ce voile sur sa vie qui dérangeait le flic mais aussi l’amie en elle. Jusqu’à présent il avait été difficile d’aborder le sujet avec Nina, après tout ça n’était pas ses affaires, quel poids avait-elle dans cette relation ? Mais comme chaque fois qu’elle avait l’occasion de se retrouver en face de lui, Erika avait inconsciemment tous ses sens en alerte. Il éveillait quelque chose chez elle qu’elle n’était pas encore en mesure d’identifier, ni même de ressentir. A ses côtés, elle se sentait toujours prête à bondir. Tendue comme un arc. Elle ne s’en rendait pas compte mais son cerveau et son sang tournaient déjà plus vite. Elle répondit d’une voix plate et froide.

Bonsoir James. »

Elle n’allait pas lui faire le plaisir de lui prouver qu’elle était tout à fait capable de se défendre, même en tant que femme. S’il avait un tant soit peu d’intelligence, il n’avait pas attendu cette remarque pour se rendre compte qu’il valait mieux se méfier.
Elle décida de rebondir sur une chose qu’il avait dite au début. Cela l’avait intriguée.

Si par le mal tu sous-entends parler de toi, alors nous allons finalement peut-être tomber d’accord. »

Sa main quitta son arme pour croiser ses bras autour de sa poitrine. 1ère erreur.



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MessageSujet: Re: « Look into me, I'm a monster. » ▬ Erika Stojanović   Dim 13 Juil - 15:57





L'égouttement du sang résonne encore au creux de son esprit, il y pense, y songe de plus en plus. Ça le consume avec rapidité tant il attend qu'on commente encore ce qu'il a laissé derrière lui. Et, même malgré la présence d'Erika près de sa personne, l'Artiste ne parvient pas à effacer ces images de son esprit. C'est tout ce qui parvient à animer cette partie-ci de son être, tout ce qui lui permet de ressentir cette satisfaction qu'il ne trouve plus nulle part si ce n'est qu'en tuant, en peignant, en laissant derrière lui une atmosphère effrayante ; à la limite du morbide. L'obscurité de cette nuit-ci reste semblable à l'âme du jeune homme qui se tient fièrement – bien qu'ivre – devant celle qu'il vient de rencontrer par pur hasard et elle, comme beaucoup d'autres, finira par la savoir ; tôt ou tard. Malgré lui. Malgré James, surtout. Et bien que ce devrait être l'une de ses principales occupations, il n'y prête pas plus attention que cela. Certes, ses vêtements tout comme chaque pores de sa peau sont imbibés d'une peinture qu'elle mettra en relation avec le cadavre et la peinture envoyée la veille mais ça ne l'alarme pas ; pas pour l'instant. C'est d'ailleurs cette confiance aveugle en ses faits et gestes qui causera sa perte mais les précautions qu'il emploie sont encore efficaces. Ça le protège de tout et avant tout de ses propres erreurs et c'est là le secret de son immunité face aux forces de l'ordre. L'Artiste perdure dans l'anonymat, il ne risque rien. Il s'en persuade, s'en convainc avec autant de volonté qu'il n'a de folie. Ça ne fait qu’accroître sa force, son envie d'en faire plus, plus violemment, plus terrifiant encore. C'est du psychopathe tout craché, de l'Artiste dans toute sa splendeur ; le genre de monstre qui meurt d'envie de mettre toute une ville à feu et à sang et qu'il n'aspire qu'à dévoiler ce qu'il est pour avoir le droit à la reconnaissance qui lui est due ; bien que sa liberté en dépende.

Et tandis que la Bête laisse apercevoir ses crocs carnifiés, il prend conscience que la jeune femme était à deux doigts de tirer son arme. Le trentenaire en sourit d'avantage parce qu'il jubile de cette frayeur qu'il fait naître dans bon nombre d'esprits autour de lui. James, même étant lui-même, garde cette  part de noirceur qui effraie, cette attitude discrète, implicite qui chuchote que oui : c'est un monstre dont il faut se méfier. Et bien qu'il soit encore enfermé dans sa cage, il connaît l'astuce pour en sortir aussi aisément que nage un poisson dans un océan après s'être débarrasser des filets qui le pourchassaient. James ne sera jamais à l’abri de la noyade, de l'assaut que portera cette autre facette de sa personne sur celle qu'il tente de faire prôner au cours de son quotidien, celle qui use de raison et non de pulsion. « Bonsoir James. » Le prénom qu'il entend lui fait baisser le regard, bouillir le sang parce qu'il ne veut pas avoir à endosser ce genre de responsabilité dans des situations comme celle-ci. L'Artiste doit rester tel quel et ne pas s'en préoccuper, savoir faire la part des choses tout en laissant les risques venir et repartir comme ils sont arrivés. Parce qu'il préfère ne pas s'en soucier, faire comme si de rien n'était. Un monstre : sans âme, ni cœur. Et même s'il sait qu'elle ne restera pas à rien faire comme la plupart de ses potentiels victimes, il ne peut s'empêcher de jouer avec le danger. C'est tout ce qui le caractérise ; ça et rien d'autre. « Si par le mal tu sous-entend parler de toi, alors nous allons finalement peut-être tombé d'accord. » Crache-t-elle alors que sa main quitte enfin la crosse de son arme de service. Le jeune homme ne s'en détend que plus désormais, il sait que Nina est son amie et qu'elle n'ira pas lui faire du mal par respect pour cette dernière ; du moins, c'est ce qu'il se dit sans réellement savoir. Erika sait, au plus profond d'elle, que James est un danger pour les autres bien qu'elle ne soit pas encore en mesure de mettre la main sur cette accusation là.

Il se détache enfin du mur pour venir s'approcher un peu plus de la brunette. Il laisse la possibilité à Erika d'imprimer cette image de lui, pleine de couleur, dans ses souvenirs et donc de l'amener à lui dès lors qu'ils en sauront un peu plus dans cette affaire. L'Artiste se livrerait presque à elle dans un sens mais par ses actes il sait qu'elle n'a rien contre lui. « Je pourrais sous-entendre beaucoup plus de choses que tu ne parviendrais même pas à comprendre. » Et rien que par cette phrase, il montre qu'il n'est plus du tout le même que celui qu'elle a due rencontrer en présence de Nina. Il est une toute autre personne, plus violente, plus névrosée ; moins accueillante. Il laisse supposer ce qui le diffère du masque habituel. L'Artiste se dévoile, bien que pas assez pour en tirer telle ou telle conclusion hormis celle qu'il a probablement un peu trop forcé sur la bouteille. C'est sûrement mieux ainsi dans un sens, ça lui évite bien des questions, bien des soupçons. « Qu'est-ce qui t'amène ici en pleine nuit ? » Demande-t-il finalement, observant un peu les alentours, écoutant attentivement ce qui lui reste audible afin de ne pas se retrouver ici lorsque les collègues de la brunette finiraient par arriver à l'endroit qu'il vient tout juste de quitter. Il doit prendre son temps sans pour autant en abuser ; comme toujours.
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MessageSujet: Re: « Look into me, I'm a monster. » ▬ Erika Stojanović   Mer 16 Juil - 8:02

Aucune réaction de la part de James, si ce n’est son détachement du mur sur lequel il s’était appuyé en la voyant approcher. L’homme réduisit encore la distance entre eux. Erika se raidit. Elle pouvait presque sentir son souffle sur elle. Cette proximité la mettait mal à l’aise et la poussait à l’agacement bien qu’elle tâcha de rester impassible. Pas question de céder un pouce de terrain. D’ordinaire lorsqu’elle était en interrogatoire, il y avait une table pour la séparer de son suspect, ici, elle était obligée de composer sans. D’ailleurs, qu’est-ce qu’elle se chantait là, James et elle n’étaient pas en interrogatoire ! Il était juste trop près. Elle se fustigea mentalement et reprit contenance lorsque James ouvrit la bouche pour parler.

Je pourrais sous-entendre beaucoup plus de choses que tu ne parviendrais même pas à comprendre. » pavoisa-t-il d’une voix suave.

Erika se retint de grimacer. Arrogant, con et saoul. Son haleine alcoolisée arrivait jusqu’à ses narines et elle aurait pratiquement pu donner le nom de la bouteille qu’il s’était enfilée. Incapable de le prendre une minute au sérieux vu le degré d’alcool qu’il semblait avoir dans le sang, la jeune femme se contenta de reculer pour échapper à cette attaque olfactive qu’il dégageait.

Comment Nina était-elle capable d’aimer un tel homme ? Mon dieu ce qu’elle aurait aimé détenir la réponse à cet instant. Menteur, trompeur et que ne savait-elle encore sur lui qu’il avait encore omis lui dire… Cet homme était tout sauf un bon compagnon. Erika ne comprenait même pas comment Nina avait pu poser les yeux sur lui dans la rue et s’imaginer avec. Etait-ce un prétendu coup de foudre ? Ces choses-là n’étaient bonnes que pour les films ou les romans. Nina était une personne sensée, intelligente. Erika lui avait toujours connu un jugement clair et avisé car contrairement à elle, la légiste prenait le temps de la réflexion, se posait, évaluait le pour et le contre. Dans quelle sorte de monde parallèle elle avait pu se dire au plus profond d’elle-même que James était un homme pour elle ? C’était aussi clair que le nez au milieu de la figure pourtant elle persistait à le nier, à lui trouver des excuses, à lui accorder ce fichu pardon chaque fois qu’il la blessait. Et Erika se taisait la plupart du temps pour ne pas exploser sur son amie. Elle se retenait de vouloir la secouer, de lui demander d’ouvrir les yeux. Comment.. comment pouvait-elle ressentir au plus profond d’elle-même, dans ses tripes-même, que James était nocif et être la seule à éprouver cela ? Elle aurait déboursé des sommes pour avoir la réponse. Quand elle regardait l’homme en face d’elle, Erika ne pouvait s’empêcher de ressentir dans ses os et dans sa chair ce profond sentiment, comme une sorte de malaise dès qu’il posait les yeux sur elle. Elle ne parvenait pas à l’expliquer mais elle avait toujours cette phrase de Dexter, son ancien partenaire qui répétait tout le temps dans les moments de doute : quand on sait, on sait. Ridicule. Pourtant Erika s’y accrochait. Elle ne savait pas encore ce qu’elle savait mais… elle le savait. Et elle finirait par découvrir ce que c’était.

Jetant un œil aux alentours en même temps, James finit par lui demander sur le ton de la conversation :

Qu'est-ce qui t'amène ici en pleine nuit ? »
Quelle importance ça peut bien avoir ? » répliqua-t-elle du tac au tac.

Elle n’était pas dupe de la curiosité du jeune homme. Qu’est-ce ça pouvait bien lui faire qu’elle soit là parce qu’elle était insomniaque pour une mystérieuse raison ou bien parce qu’elle aimait les balades nocturnes dans les ruelles sombres ? Plus par automatisme professionnel que par réelle conscience de ce qu’elle faisait, Erika remarqua qu’il ne se contentait pas de regarder les alentours. Il surveillait. Ne sachant pas qu’elle pouvait en être la raison et appliquant encore une fois sans grande conscience une règle inscrite dans le manuel de tout bon flic qui était de ne pas acculer une bête traquée, elle se contenta de regarder puis de désigner ses avant-bras plein de peintures de différentes couleurs et de passer outre l’attitude qu’il avait par instants et qu’elle décelait sans vraiment la remarquer pour autant.

J’ignorais que tu avais la fibre… artistique. »

Voilà qu’elle se mettait presque à lui faire la conversation. Au fond d’elle, la jeune femme se surprit à attendre une réponse du genre il peignait un berceau pour le bébé ou une connerie dans le genre. Quelque chose en elle semblait avoir besoin de se rassurer avec cette histoire de peinture. Erika, bien sûr, n’analysait pas tout ça et elle était de toute manière bien trop fatiguée par sa journée et le manque de sommeil pour remarquer qu’elle loupait des signaux de plus en plus évidents. Elle était dans une sorte de tension dont elle souhaitait se soustraire au plus vite tout en ayant la drôle d’impression qu’elle ‘tenait’ James pour une fois et que mieux valait ne pas le lâcher. La fatigue de la journée semblait vraiment lui brouiller les esprits.



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MessageSujet: Re: « Look into me, I'm a monster. » ▬ Erika Stojanović   Jeu 17 Juil - 2:00





« Quelle importance ça peut bien avoir ? » C’est bien la question la plus pertinente qui lui est été posée jusqu’à maintenant. Après tout, l’Artiste ne considère comme réellement important que ce qui le concerne de près comme de loin ; passant par ses œuvres pour continuer par sa liberté. Et cette importance-là ne dévie pas du cercle, n’ajoute rien d’autre à celui-là parce qu’il est égoïste et se fout du reste. Il l’a toujours été et c’est ce qui lui a permis de rester dans l’ombre durant des années, encore aujourd’hui. Il n’y a pas de place aux côtés de son arrogance et de sa cruauté pour un altruisme risqué ; pas lorsqu’on est un tueur semblable à sa nature, pas quand on tue de sang-froid par simple besoin de rendre réelle une scène peinte sur une toile quelconque. Les pulsions qui l’animent ont forgés cet égoïsme, elles n’ont fait que rendre ce trait de sa personne plus présent ; malgré James qui, peu à peu, comprend qu’il en pâtira à l’avenir. Et, s’il lui demande cela ce soir, ce n’est pas pour intérêt quant à ce qu’elle allait faire mais plutôt par sécurité pour lui ; surtout et avant tout. Il se fout de savoir ce pourquoi elle foule ce trottoir ici et en pleine nuit, seulement, en continuant son chemin, Erika se retrouvera nez à nez avec ce qu’il a semé à nouveau et, là, sa liberté sera accompagnée d’un compte à rebours, destiné à sonner sa fin une fois qu’elle ferait le lien avec ce qui orne sa peau, cette peinture qui – jusqu’alors – n’a alarmé personne : pas même Nina.

« J’ignorais que tu avais la fibre… artistique. » Ne manque-t-elle pas de dire en dénonçant ses bras et vêtements colorés de part et d’autres de la peinture qu’il a utilisée il y a de ça quelques heures. Il sourit faiblement avant d’analyser toutes les réponses qu’il pourrait donner à cette remarque. Son instinct de survie le pousserait à lui faire comprendre qu’elle devrait s’occuper un peu plus de ses affaires mais l’Artiste aspire à une réponse agaçante, une phrase qui pousserait son interlocutrice à voir le Mal en lui sans pour autant pouvoir poser la main dessus. Il aime jouer, provoquer le danger et s’en défaire aussi aisément qu’il ne la fait apparaitre au départ. C’est sa manière à lui de jubiler autrement que devant une fontaine de sang causée par ses propres mains et, même s’il est parvenu à tuer sans avoir peint récemment, il se retient tout de même de songer à l’éventualité de perdre volontairement le contrôle ; les conséquences d’une humanité qui tente de reprendre sa place. Finalement, le peintre passe outre ses envies morbides, ramène ses pensées à une réponse qui ferait l’affaire quant à ce qui le perdra probablement plus tard. Quelques jours, quelques semaines, il l’ignore. Seulement, le brun sait pertinemment qu’à l’aube, la brunette sera amenée à faire le lien avec sa balade nocturne et le spectacle qui y a pris forme parce qu’il a pris des risques et qu’elle reste bien plus intelligente que d’autres. Il devait respirer un bon coup, mémoriser ce parfum de liberté qui s’engouffre encore dans ses poumons.

« Quelle importance ça peut bien avoir ? » Dit-il finalement, les crocs sortis et le sourire provocateur le long des lèvres. Ses traits supposent la présence d’un autre homme que James, chaque seconde un peu plus alors qu’il cherche à chatouiller la curiosité de la jeune femme. Il use de sarcasme comme ce qu’il a toujours su faire sous cette facette là, ça ne le rend que plus détestable et mène Erika sur bon nombre d’indice dont il ne mesure que l’ampleur après avoir causé les dégâts. L’Artiste devrait apprendre à se taire, à faire profil bas ; un peu plus dans ce genre de situation mais ça ne lui vient à l’esprit. La folie, la haine, l’arrogance, tous ces défauts se mélangent en lui comme l’alcool et son sang. Il en devient un danger plus que redoutable pour les autres, mais aussi pour lui. « J’exerce un art bien trop critiqué, ça m’incite à ne pas en parler. La réponse au fait que, en effet, tu ne pouvais pas le savoir. » Lâche-t-il ensuite en enfouissant ses mains dans ses poches, l’attitude impatiente trahissant son envie d’en finir avec cette discussion qui – pourtant – l’amuse au plus haut point. Mais, ne dit-on pas que toutes les bonnes choses ont une fin ? Ainsi, James devrait tirer sa révérence et tourner les talons pour fuir ce qui, désormais, finira par arriver. Et, en son for intérieur, il sait d’avance qu’ils seront amenés à se revoir : probablement en d’autres circonstances. Cependant, ses envies sont paradoxales et, tandis qu’il se convainc de faire demi-tour, ses pulsions de névrosés l’en empêchent en quête d’un peu plus de risques auprès de la brunette. Parce qu’il n’y a que cela qui soit efficace pour faire battre le cœur d’un monstre sans âme : le danger. Celui qui, à tout instant, pourrait causer sa perte. « Tu serais surprise de voir ce dont je suis capable de faire pour l’amour de l’art. » Un nouveau sourire, un clin d’œil. James, lui, se serait contenté de ne rien dire et de faire profil bas. Deux facettes distinctes pourtant si proches qu’on accusera d’être différentes à cause de l’alcool alors qu’une toute autre vérité réside derrière le masque que beaucoup ont pour habitude de voir ; Erika y comprit.
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MessageSujet: Re: « Look into me, I'm a monster. » ▬ Erika Stojanović   Ven 18 Juil - 22:57

Quelle importance ça peut bien avoir ? » répondit James en dévoilant un sourire enjôleur.

Un peu prise de court par la réponse de son interlocuteur, Erika préféra ne rien dire plutôt que de proférer une phrase creuse et se contenta de répondre à la rhétorique de James par un sourire presque aussi carnassier que celui en face d’elle. Elle le reconnaissait, il avait de la répartie et savait l’utiliser. Bien qu’elle ne l’aime pas du tout, elle était tout de même assez objective pour saluer le fait qu’il avait retourné pendant un court instant ses propres mots contre elle. Ce qui n’était pas fréquent. Mais toute trace d’admiration s’arrêtait là, elle n’allait pas non plus commencer à lui lancer des fleurs. Aussi reprit-elle son masque de froid et de sérieux, la tension toujours palpable au fond d’elle.

J’exerce un art bien trop critiqué, ça m’incite à ne pas en parler. La réponse au fait que, en effet, tu ne pouvais pas le savoir. »

Un art bien trop critiqué ? Mais que faisait-il au juste ? De la sculpture sur frites ? Déconcertée et n’ayant pas franchement envie de décrypter les paroles de James à l’heure qu’il était sur son prétendu talent artistique non reconnu, Erika laissa passer un silence. A vrai dire, elle ne savait plus vraiment ce qu’elle faisait là à la base. James était perturbant dans tous les sens du terme. L’alcool semblait avoir dangereusement libéré la zone de la parole et de l’expression car elle ne l’avait jamais connu aussi volubile, surtout avec elle. Et ses propos semblaient quasiment sans queue ni tête, ou alors elle était définitivement trop fatiguée pour réfléchir et faire des liens ce soir. Quoiqu’il en soit, la conversation s’éternisait et l’un comme l’autre avaient leur manière de se le faire comprendre.

Tu serais surprise de voir ce dont je suis capable de faire pour l’amour de l’art. »

Bon finalement, elle était peut-être la seule à vouloir en finir au plus vite.

Il ne manquait plus que ça après tout. Ignorant son sourire charmeur, elle n’omit pas de remarquer son clin d’œil et se promit de se souvenir que ce con avait essayé de l’allumer. Nina était peut-être amoureuse de lui mais elle ne serait sans doute pas indifférente au fait que ce qui lui était arrivé, le fait qu’il l’ait trompée, n’était pas sans risque de se reproduire. Il osait sérieusement se comporter comme ça avec elle ? En sachant son amitié pour Nina et surtout son aversion la plus totale pour lui ? L’alcool faisait décidément son petit carnage. Erika soupira bruyamment et leva les yeux au ciel ostensiblement. Où était la manette à testostérone, qu’elle arrête le spectacle tout de suite ? La situation, à l’inverse de James, ne la faisait absolument pas rire du tout.  Des crétins pensant avoir une chance, même infime, avec elle n’était pas si rares que ça. A croire qu’il suffisait de faire preuve d’autorité et d’avoir une paire de couilles plus grosses que la leur pour faire filer droit la plupart des hommes. Bonjour l’égalité des sexes. Et Erika savait qu’elle n’était pas la seule dans cette situation. Les suspects étaient nombreux à essayer de charmer les forces de l’ordre, particulièrement lorsqu’il s’agissait de femmes… Les hommes avaient aussi leur lot cela étant et la jeune femme avait encore en tête plusieurs interrogatoires où Dexter s’était fait allumer comme un briquet d’amadou. Mais là n’était pas la question.

Ici, James n’avait aucune chance de récolter un sourire, un fard ou une défaillance dans le système. La tête de la flic était tout ce qu’il y avait de plus froid et ce comportement qu’elle ne connaissait que trop avait surtout tendance à l’agacer. S’ajoutant au reste, elle ne put s’empêcher de demander d’un ton sec :

Et pour l’amour de Nina ? T’es prêt à quoi ? Et pour l’amour de ton gosse ? »

Secouant légèrement sa tête pour ramener de longues mèches de cheveux en arrière, elle porta sur James un regard dur. La fermeté soudaine de ses pensées avait visiblement réanimé le reste de son cerveau et la jeune femme sentit la fatigue refluer quelque peu tandis qu’elle ferrait le jeune homme, ne le quittant pas des yeux. Il cherchait à la provoquer depuis le début, évitant le sujet du seul point commun qu’ils avaient tous les deux sachant pertinemment qu’elle devait être au courant de ce qui se passait chez le couple.  Il était bien trop malin pour mettre les deux pieds dans le plat tout seul. Bien qu’elle soit malgré tout fatiguée, bien qu’elle n’ait qu’une seule envie, abréger cette conversation et essayer de retourner dormir, Erika n’était pas prête de le lâcher maintenant qu’elle avait posé le sujet sur la table.

James oserait-il se risquer sur ce terrain-là dans son état ?



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MessageSujet: Re: « Look into me, I'm a monster. » ▬ Erika Stojanović   Dim 20 Juil - 23:14





Finalement, les secondes s’écoulent peu à peu, accompagnant l’écoulement des gouttes de sang un peu plus loin derrière lui. Elles comptent, une à une, le temps qui lui est désormais compté pour s’enfuir de ce quartier, pour rejoindre soit sa demeure, soit ce qui lui sert d’atelier pour peindre. L’Artiste ne posera pas un pied dans l’appartement que l’homme partage avec Nina, parce que cette volonté de la garder saine et sauve, tout autant que sa fille, persiste à le maintenir éloigné de cette vie-là. C’est un combat douloureux mais qu’il continue d’alimenter afin de ne pas céder au pire. James ne pourrait se le pardonner et bien qu’endormi, sa conscience reste à moitié présente au fond de l’obscurité qui, pour l’instant, règne sur son esprit. C’est un léger avantage qu’il a encore parce qu’il sait, en son for intérieur, qu’il parviendra à reprendre le contrôle de cette manière. Il n’a plus qu’à attendre, laisser le monstre s’amuser un peu jusqu’à ce que sa folie ne l’ait épuisé totalement. Il attendra l’opportunité, cet instant de faiblesse au cœur de la Bête pour reprendre des droits, pour s’imposer en tant qu’homme et non en tant que névrosé alcoolisé. Parce qu’à agir de la sorte, le trentenaire met tout en péril, que ce soit pour l’Artiste tout comme James. Les deux perdront forcément, un probablement plus que l’autre.

Finalement, il agit comme un con, ne s’en rend même pas compte mais laisse supposer bien d’autres songes que celui qu’il tentait de faire vivre au départ. Lui qui cherchait seulement à la provoquer, à l’inciter à vouloir en savoir plus sur lui ne faisait que creuser sa propre tombe ; celle dans laquelle il devrait résider depuis bien longtemps si Nina n’avait pas posé valises dans son monde. Il ne devrait prendre conscience de certaines erreurs commises, à commencer par celle de ce soir. Jamais il n’avait été jusqu’au bout en une soirée, jamais il se serait lancé dans une œuvre avant que le tableau ne soit envoyé mais ce soir, il en avait ressenti le besoin et c’était là le premier pas vers sa déchéance. Parce qu’il ne contrôle vraiment plus rien, pas même ça. Ce danger qu’il représente n’en fait qu’accroitre et, peu à peu, James se perdra sur des sentiers qu’il ne serait pas à même de traverser ; pas avec l’humanité qu’il lui reste. Devrait-il abandonner cela ? Finir cette lutte en sachant que l’homme même ne pourrait la gagner, de toute manière ? Il n’a aucune réponse à cela, il n’en aura jamais s’il n’essaie pas mais, c’est un voyage dont il ne parviendra pas à revenir. Il n’y aura pas de retour pour l’homme qu’il est devenu sans cette noirceur. Il en viendra à mourir, psychologiquement, ne laissant que cet amas de haine, de rage, de cruauté. Ce fantôme sans âme, ni cœur, dépourvu de tout ce qui avait fait de lui quelqu’un d’à peu près bien. Finalement, le brun va pour passer son chemin, la réponse à sa provocation ne l’intéresse plus vraiment mais elle demeure là, impassible, immobile, prête à enchainer sur quelque chose qui n’aurait pas dû intervenir dans cette conversation. Il hésite mais patiente quelques secondes, chose qu’il n’aurait surement pas dû faire au vu de son état. « Et pour l’amour de Nina ? T’es prêt à quoi ? Et pour l’amour de ton gosse ? » Les yeux fatigués du trentenaire se lèvent sur la jeune femme qui se tient près de lui. Il la toise, ne décolle pas ses pupilles de ce corps qu’il briserait volontiers à cet instant, après des mots qu’il aurait préféré ne pas entendre.

Un soupire, proche d’un rire, vient briser le silence qu’elle a fait naitre entre eux deux après avoir évoqué ce qu’elle n’aurait pas dû. Et, au fond de lui, ne subsiste pas seulement la folie de l’Artiste mais la colère de James qui s’anime suite aux accusations qu’elle sous-entend sans s’en cacher. Ses mains quittent les poches dans lesquelles elles s’étaient réfugiées et il ne prévient pas, vient rendre prisonnière sa gorge de son avant-bras, son corps bloqué entre celui du brun et le mur qu’ils viennent de heurter par sa faute. L’azur de ses yeux se perd dans un néant des plus effrayants, ne laissant que deux perles noirs n’inspirant rien de bon pour celle qui se tient entre la cage et le bourreau. « Laisse-les en dehors de ça avant que je ne t’arrache chacun de tes membres pour que, toi aussi, tu puisses ressentir ce que je ressens. » Crache-t-il l’air mauvais, une vague de rage débordant de sa gorge. Son sang n’a fait qu’un tour, son cœur s’est arrêté de battre, l’alcool semble s’être évaporé de ses pores. L’Artiste s’est éteint aussi soudainement que l’homme revient à la raison, et finalement il se recule. Il souffle un instant, vient passer une main dans sa nuque en tournant les talons pour penser à autre chose, savoir quoi faire. Rien. Il est paumé, comme à chaque fois qu’il revient à lui. « Fermes la quand tu ignores de quoi tu parles. » Ajoute-t-il en proie à son impulsivité, à sa situation déjà bien trop délicate après ses récents actes envers Erika. Il risque gros mais là, de suite, il s’en moque. James tente seulement de faire le vide dans son esprit et, pour la première fois depuis longtemps, il se surprend même à regretter la présence de cette autre facette qu’il abrite depuis des années. « C’est compliqué. » Sa voix perd en puissance, en assurance. Tout change d’un seul coup, ça trahit un éventuel problème chez lui ; bien plus qu’auparavant.[/color]

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MessageSujet: Re: « Look into me, I'm a monster. » ▬ Erika Stojanović   Lun 21 Juil - 18:47

La réaction fut presque immédiate. James cessa de sourire, ses yeux bleus acier la toisèrent une fraction de seconde, semblant réfléchir à la meilleure manière de riposter. Il écrasa finalement un rire bref et cynique, sortit les mains de ses poches et en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, son avant-bras vint se plaquer contre la trachée d’Erika. Son corps, poussé par l’impact  de celui de James, se retrouva plaqué avec violence contre le mur et il en fallut de peu que sa tête ne subisse le même choc. Pendant un bref instant, la jeune femme eut le souffle coupé. La pression qu’exerçait James sur sa trachée n’était pas complète malgré toute la violence qu’elle sentait déborder autour d’elle, elle pouvait respirer un petit peu mais le faire était douloureux. Son regard croisa celui de James, on aurait été incapable de déterminer lequel des deux était le plus noir et le plus meurtrier. Elle avait été prise de court et elle détestait ça. D’autant plus qu’elle se retrouvait dans une situation des plus aléatoires. Son corps tout entier était en alerte maximale, son cœur battait aussi rapidement que celui de James était calme et patient. La réalité lui sauta aux yeux lorsqu’il accentua légèrement et lentement la pression sur sa gorge, lui coupant toute arrivée d’air ; il agissait en prédateur. Et elle s’était fait surprendre comme une vulgaire proie. Elle se serait giflée. James ne lui en laissa pas l’occasion.

Laisse-les en dehors de ça avant que je ne t’arrache chacun de tes membres pour que, toi aussi, tu puisses ressentir ce que je ressens. » cracha-t-il durement.

Malgré la situation, malgré cet avant-bras appuyé contre sa trachée, malgré cette peur sourde au fond de son ventre depuis qu’elle était plaquée contre ce mur à la merci d’une violence qu’elle n’avait fait que soupçonner jusqu’à maintenant, Erika ouvrit des yeux ronds devant la menace qu’elle venait de se prendre. Lui arracher les membres ?!  La surprise fut néanmoins bien vite rattrapée par tout le reste et notamment par ses réflexes, appris des centaines de fois au contact des mains de Dexter et ses multiples exercices de corps à corps visant à apprendre à la jeune femme à se débrouiller en cas de situation telles que celle-ci. La fatigue et un moment de faiblesse dans sa vigilance l’avaient peut-être laissée se faire surprendre par la vivacité de James mais elle s’était extirpée de situations bien plus gênantes. Elle repoussa le jeune homme en même temps que celui-ci réalisait sans doute son geste et reculait d’un pas avant de se détourner pour saisir sa nuque d’une main et cracher de nouveau à l’adresse de la jeune femme :

Fermes la quand tu ignores de quoi tu parles. »

Erika plaça, sans réfléchir à ses paroles, une distance raisonnable entre elle et James avant de passer furtivement une main sur sa trachée tout en ne quittant pas du regard son nouvel agresseur. Rien de sérieux, il n’était pas resté appuyé dessus assez longtemps pour occasionner de sérieuses lésions. Elle le regarda de nouveau, il ne semblait pas sur le point de recommencer. Le point culminant de sa violence était passé semblait-il. La jeune femme jugea plus prudent de rester vigilante et à bonne distance pour ne plus se faire surprendre, les retours de boomerang elle s’en méfiait comme du reste et si James était du genre à proférer des menaces qu’on n’entend pas sur toutes les lèvres ni dans tous les esprits … Erika préféra garder le reste de sa pensée pour elle-même. Quand elle aurait le temps et le loisir d’y repenser. Pour le moment, il fallait se sortir de là. Bien qu’elle porte son arme de service, elle n’était pas précisément en service donc James échappait de justesse à l’outrage à agent des Forces de l’ordre. Erika aurait préféré qu’il n’y coupe pas mais bon. On n’obtient pas toujours ce qu’on veut.

Fuir en courant à toutes jambes n’était pas son genre, d’autant plus qu’elle n’avait plus précisément peur de James. Du moins si mais le sentiment avait évolué en curiosité de flic. Son agressivité, ses menaces un peu étranges et sans doute les trois quarts de ce qu’il avait pu dire depuis le début avaient rendu la parole à son instinct qui hurlait en silence précisément depuis le moment où il était sorti de cette ruelle sombre. Elle passait du privé au professionnel, ce qui lui refroidissait subrepticement le cerveau et lui éclairait un peu plus les idées. Elle se méfiait encore plus de James à présent, évidemment. L’ayant vu passer à l’action sur elle en sachant qui elle était ne faisait pas le moindre doute sur son incapacité à contrôler ses émotions et particulièrement son impulsivité. Elle ne songea pas tout de suite aux conséquences pour Nina et le bébé bien que cela apparut en fond dans son esprit. La priorité pour l’instant était de lever le soupçon qu’elle avait. Elle ne pourrait sans doute pas le faire ce soir, elle n’avait pas la tête aussi claire qu’après avoir tout noté sur un tableau mais elle allait devoir réfléchir pour prendre certaines mesures, éventuellement. Elle ignorait lesquelles, elle ne pensait même pas encore à l’Artiste, tout cela était encore loin d’elle. Pour le moment, elle essayait juste de relier son mauvais pressentiment du début avec ce qui venait de se produire. James était violent. Voilà ce qu’elle savait. Mais n’y avait-il pas autre chose à relever dans tout ça ? N’avait-il pas eu une foultitude de paroles étranges avant de la menacer d’une manière tout à fait singulière ? Tout cela méritait qu’elle s’y attarde et la jeune femme se promit de le faire en rentrant. De toute manière, elle serait incapable de fermer les yeux, pas avec la dose d’adrénaline qui circulait encore dans son organisme. Mieux valait mettre à profit tout ça et recueillir tout ce qui venait de se passer avant d’oublier des détails.
Petit à petit, Erika agissait en flic envers elle-même comme elle l’aurait fait pour n’importe qui. Elle était son propre témoin dans une affaire qu’elle n’avait pas encore rejointe.

Tandis que la tête de la jeune femme tournait à milles tours par heure, James poursuivit lui aussi le cours de ses pensées et lâcha d’une voix qui avait perdu en animosité et qui étonna presque Erika tant ce ton plaintif lui était étranger dans cette bouche :

C’est compliqué. »
On appelle ça la vie. » rétorqua-t-elle froidement.

Complètement indifférente à ce que James pouvait ressentir comme peine à cet instant et se fichant éperdument qu’il souffre d’ailleurs, Erika ne faisait que se tenir un peu plus sur ses gardes. Elle le connaissait le coup d’apitoyer les jurés pour décocher une peine moins lourde, l’un de ses suspects s’en était tiré comme ça, avec un putain de numéro à la Caliméro. Erika était imperméable à ce genre de discours.
Et puis… ‘C’est compliqué.’ Ça lui faisait une belle jambe à Nina si elle entendait ça ! Ces propos de victimisation lui rappelaient brièvement sa mère mais celle-ci n’ayant rien à faire dans la conversation, l’idée même d’y repenser fut vite chassée. Au lieu de ça, elle ajouta :

J'espère que t'es conscient de ce que tu risques après ce que tu viens de faire. »

Elle énonçait simplement des faits, encore loin de se douter du double-sens que pouvait produire sa phrase vis à vis de James qui avait au moins deux longueurs d'avance sur leur conversation.

Spoiler:
 



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MessageSujet: Re: « Look into me, I'm a monster. » ▬ Erika Stojanović   Mer 23 Juil - 20:19





C’est comme si une autre vie s’était mêlée à la sienne, à celle que l’Artiste vivait tranquillement depuis quelques heures. Le visage de Nina s’est imposée à son esprit, puis celle de Hope, s’en suivit d’un sentiment de regret, de haine qui est parvenu à faire immerger James d’un sommeil bien trop long, bien trop risqué. Mais les pulsions de la Bête et les émotions de l’homme ne font pas bon ménage une fois côtes à côtes et ce qu’il en est venu à faire contre Erika démontre cela. Il a baissé la garde, a permis aux deux personnalités de se rencontrer l’espace de quelques secondes avant de ne laisser à James le droit d’encaisser toutes les responsabilités ; malgré lui. Cette névrose n’est rien d’autre qu’un piège pour celui qui tente de vivre ne serait-ce qu’un petit peu, l’Artiste parviendra à prendre une trop grande place en l’être qu’il consume, jusqu’à subsister seul dans cette enveloppe charnelle. James en viendra à mourir, à périr dans une noirceur qu’il ne pourra affronter, qu’il ne sera pas en mesure de gérer autant envers les autres qu’envers lui. Le monstre perdura tandis que l’humanité s’éteindra aussi rapidement que la chaleur dans ses veines s’estompent ; ce dès lors qu’il prend conscience des conséquences qu’auront probablement ses actes d’impulsivité. Et même s’il se dit que la raison pour laquelle il en est arrivé là est juste, il ne peut s’empêcher de regretter d’avoir été aussi loin dans ses agissements ; c’est la raison même pour laquelle il s’est reculé, méditant sur ce qu’il devrait faire désormais pour rattraper le coup. Bien qu’il n’est rien de faisable à ce stade-ci de la situation. Les précautions étaient à prendre avant, pas après et c’est là l’une des premières qui le trahira un beau jour, son excès de violence incontrôlé. Et plus Nina s’éloigne, plus elle gagne en ampleur. Se persuader de cette conclusion lui évite d’endosser la faute seul, comme toujours.

« On appelle ça la vie. » Plusieurs définitions sont à donner dans ce genre de discours si elle considère que ce qu’il vit mérite le nom de vie, seulement, il ne reste pas en mesure d’approuver cela en ressentant tous ces troubles, les uns après les autres. Et lui appelle ça l’Enfer, parce qu’il se fait consumer par des flammes bien plus tortionnaires que lui, parce qu’elles ne rongent que sa chair, pas celle du Mal qui dort au fond de son cœur. « J'espère que t'es conscient de ce que tu risques après ce que tu viens de faire. » Ça lui arrache un soupir, une envie d’extérioriser cette rage qui gronde sous sa peau. James se retient de hurler, de venir passer ses nerfs sur celle qui – encore – lui fait face malgré la perte de contrôle dont il a été victime auparavant. Il s’était attendu à ce qu’elle ne lui échappe et s’éloigne, le laissant à ses songes, à ses regrets, à son besoin de faire le point bien qu’il ne soit pas au bon endroit pour cela. Et qu’aurait-il gagné à ce qu’elle ne parte hormis que l’œuvre de l’Artiste soit découverte un peu plus tôt que ce que le monstre avait prévu ? Rien, rien de bon pour lui en tout cas. Alors, il souffle de satisfaction, de douleur aussi quant à ce qui se passe dans sa tête et qu’il n’est pas en mesure d’exprimer. C’est un secret qu’il se doit de garder un peu plus longtemps, encore durant un certain temps. Jusqu’à ce qu’on ne lui passe les menottes surement, ensuite, New-York saura. Nina saura. Et Erika comprendra qu’elle avait raison depuis le début. James n’est pas un homme bien, il ne l’a jamais été et il le sait. Il l’a toujours su, la triste vérité réside ici.

Son cœur s’affole, son âme sature des voix, du bruit qu’il est le seul à entendre. Des souvenirs s’enchainent, les uns après les autres, pour lui rappeler tout ce qu’il a appris à aimer et qu’il pourrait perdre aussitôt. La voix de Nina s’impose à lui, récite des paroles qu’il avait aimé entendre et dont la beauté lui avait fait croire qu’il subsistait une part de bien en lui ; tout comme le contact de sa peau contre la sienne, les caresses qu’elle lui assignait dès lors qu’il rentrait tard. Malgré elle. Puis son rire, ses pleurs, ses plaintes, sa haine. James lâche prise, ses paumes heurtent ses tempes. « Ferme-la ! » Crache-t-il finalement en se redressant, le visage fermé, les yeux noirs empli d’une monstruosité qui pourtant ne ressemble pas à l’homme qu’il a toujours essayé d’être. Seulement, tout ce qu’il a voulu construire de risqué à pris une ampleur qu’il ne peut pas assumer. Qu’il ne peut plus assumer depuis que Nina n’aventure même plus un regard sur lui, trop honteuse, trop blessée. « Tu crois que j’y ai pas pensé encore et encore et encore alors que j’étais déjà en train de tout perdre ? » Crie-t-il presque alors que ses gestes laissent supposer une certaine impulsivité. Toutefois, James se tient toujours à l’écart d’Erika, il ne doit pas refaire les même erreurs que quelques minutes plus tôt, il se torture l’âme, emprisonne cette colère qui siège désormais à la place de toute raison ; ça, du mieux qu’il le peut. « Eh bien détrompe toi car je n’ai fait que ça. Seulement, j’y peux rien ! Je ne changerais pas. Je ne peux pas. » Ajoute-t-il au final, l’azur de ses pupilles se liquéfiant à nouveau tant ses émotions demeurent toujours aussi instables que lui.

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MessageSujet: Re: « Look into me, I'm a monster. » ▬ Erika Stojanović   Dim 27 Juil - 18:59

James soupira, ignorant superbement Erika en se détournant une fois encore d’elle. En proie à ses pensées. La jeune femme ne le quittait pas des yeux, gardant sa cible en visuel peu importe le déplacement qu’il faisait. Il paraissait devenir comme fou. Son regard brûlant se posant dans le vide, cherchant dieu sait quoi pour se raccrocher aux ténèbres les entourant. Silencieuse aussi de son côté, Erika l’observait, tâchant de comprendre quels rouages pouvaient tourner dans cet esprit visiblement torturé pour lequel elle n’éprouvait aucune sympathie. Elle essayait de prévoir le prochain coup, la prochaine parole tandis que James se prit soudain la tête entre les mains et s’exclama d’une voix dure :

Ferme-la ! »

Erika fronça les sourcils. C’était à elle qu’il parlait ou… ?

Tu crois que j’y ai pas pensé encore et encore et encore alors que j’étais déjà en train de tout perdre ? » s’énerva-t-il.

Effectivement, c’était à elle qu’il s’adressait. Il paraissait cependant faire référence à autre chose qu’à son coup d’éclat de tout à l’heure ce qui confirma une fois encore qu’il n’avait pas les idées claires. Ses gestes trahissaient toujours de la colère mais sa manière de se tenir à l’écart de la jeune femme lui fit dire qu’il ne reproduirait pas une deuxième fois son erreur. Tant mieux car elle était sur ses gardes à présent et elle n’aurait pas hésité une seule seconde à l’affronter pour se défendre. James se doutait peut-être aussi de cela. Il poursuivit son laïus sans paraître attendre de réponse de la part de la jeune femme.

Eh bien détrompe toi car je n’ai fait que ça. Seulement, j’y peux rien ! Je ne changerais pas. Je ne peux pas. »

Ses intonations changèrent légèrement sur la fin de sa phrase tandis que son regard sembla moins dur, moins cruel. Plus vulnérable. Erika observa le changement sans s’attendrir du fait. Les mots de James sonnaient creux à ses oreilles, son discours, vide. Elle n’était pas en mesure de le comprendre. Elle ne cherchait même pas à le faire. Ce type avait bousillé la vie de son amie, il y était rentré et avait mis un bordel monstre, détruisant des choses précieuses sur son passage, voilà tout ce qu’elle comprenait. Qu’il s’en veuille et qu’il réalise toute la souffrance qu’il avait fait endurer à Nina étaient la moindre des pénitences. Elle n’éprouvait aucune pitié pour lui. Tentait-il le tout pour le tout en lui disant cela ? Essayait-il de la toucher, de lui faire comprendre sa vision des choses ? Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il s’adressait à la mauvaise personne. Voire même à la pire. Elle pouvait se révéler avoir un cœur de glace lorsqu’une amie était en jeu. Et c’était le cas. Elle ne supportait pas de voir Nina souffrir à cause de lui et de ses erreurs ou de ses choix. Non seulement elle ne pouvait pas l’endurer mais elle avait en plus de ça toujours cette alarme au creux de son estomac lui dictant de ne pas baisser sa garde en présence de James.
Alors non, elle ne pensait pas qu’il avait essayé d’y réfléchir à deux fois. Non, elle ne le croyait pas quand il disait qu’il ne changerait pas, qu’il ne pouvait pas. Tout cela représentait de bien belles excuses, de belles opportunités pour un connard de s’en sortir sans changer un poil de ce qu’il était et resterait. Tout cela justifiait si facilement la souffrance de Nina, la rendant presque coupable d’avoir voulu essayer d’y croire et même d’avoir tenté le coup, alors qu’elle était la victime, qu’Erika n’était pas prête à lui accorder ses explications. Elle ne comprenait même pas qu’il essaye.

D’ailleurs elle ne comprenait pas plus ce qu’elle faisait à rester là et à l’écouter se plaindre. Il n’allait pas plus réussir à la convaincre qu’il était un type bien au fond, il lui avait pratiquement sauté à la gorge pour le lui prouver. Non, elle n’avait décidément plus rien à faire ici. Elle prit le ton le plus acerbe qu’elle possédait et parla d’une traite :

Ecoutes moi bien James, si clairement t’es incapable de changer ou d’arrêter de la faire souffrir et de réparer tes erreurs alors je vois vraiment pas ce qui te retient auprès d’elle, si tu tiens autant à elle que tu le dis. Si tu l’aimais vraiment, tu la laisserais vivre sa vie et celle de votre enfant loin de toi. Voilà ce que je sais. Ce que tu fais là, c’est te comporter en égoïste. »

Elle avait presque craché le dernier mot, y mettant toute la morgue qu’elle ressentait à le regarder souffrir des conséquences de SON attitude à lui. Elle se rapprocha de lui, pointant un doigt sévère sur sa poitrine sans craindre de nouvelle attaque de sa part. Il n’avait qu’à oser essayer et elle le briserait.

Et la prochaine fois que tu poses tes mains sur moi comme ça … Je te fais coffrer. »

Son regard cinglant se planta dans celui de James et le défia une brève seconde. Elle n’avait pas peur de lui à cet instant et elle espérait bien que le message passe. Elle se recula finalement et sans lui souhaiter de bonne nuit ou de doux rêves, elle prit congé de l’homme et partit sans se retourner.

Spoiler:
 



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MessageSujet: Re: « Look into me, I'm a monster. » ▬ Erika Stojanović   Mar 29 Juil - 23:52






C’est un fait qu’il doit contrôler, mais c’est probablement le seul point faible qui soit encore invincible chez lui. Devoir se contrôler. Il n’en est pas capable, il ne l’a jamais été et aujourd’hui, il prend en compte à quel point cela lui sera risqué. Les voix s’accentuent, non, il ne rentrera pas ce soir. Pas dans cet état en tout cas. Il attendra que les choses se calment, que tout soit à peu près rentré dans l’ordre pour se montrer à nouveau entre les murs du silence absolu. Parce que c’est ce qu’est l’appartement depuis la naissance d’Hope, il n’y a qu’Elle qui parvienne à les faire parler – lui et Nina – dans leur isolation. Ils survivent grâce à ce petit bout d’eux deux mais les crises actuelles de James lui font comprendre que tout peut s’écrouler ; du jour au lendemain. C’est une triste mélodie qui se répète dans son crâne jusqu’à faire basculer son cœur dans un néant bien plus dangereux que l’obscurité qu’il garde déjà en son for intérieur. James ne sera bientôt qu’ombre, et ses pupilles trahissent cela. Un monstre sanguinaire comme lui ne devrait pas avoir à vivre avec deux perles aussi fragiles que Nina et leur enfant. James s’en veut mais l’égoïsme persiste. Il ne s’en défera pas, Erika sur le dos ou non. Puisque c’est ce qu’il va se passer dès lors qu’ils regagneront chacun leurs activités. L’un fuira l’autre qui le suit. Il ne doute pas de cela, il aurait préféré pouvoir se persuader d’y échapper mais en vain. La folie qu’il laisse percevoir en dit déjà trop sur ce qu’il est. Et s’il le pouvait, il hurlerait, il ferait de son mieux pour évacuer toute cette crainte, toute cette rancœur qu’il contient probablement un peu trop longtemps. C’est pratiquement ce qu’il a fait dernièrement, à tort puisque – malgré sa sincérité – Erika ne comprendra pas ce qui l’anime.

« Écoutes moi bien James, si clairement t’es incapable de changer ou d’arrêter de la faire souffrir et de réparer tes erreurs alors je ne vois vraiment pas ce qui te retient auprès d’elle, si tu tiens autant à elle que tu le dis. Si tu l’aimais vraiment, tu la laisserais vivre sa vie et celle de votre enfant loin de toi. Voilà ce que je sais. Ce que tu fais là, c’est te comporter en égoïste. » Mais c’est ce qu’il est, bien qu’il se tient de le dire à voix haute. Il n’a jamais nié cela et ne le niera pas parce qu’il n’y échappera pas de toute manière. Et ces paroles-ci le lui rappelle une toute autre discussion avec celle qui a permis qu’ils en arrivent là aujourd’hui avec Nina. Ça lui arrache une grimace, il se souvient de tous les conseils qu’on lui a donné, le nombre de fois où on lui a dit de la laisser en paix cette femme alors, qu’en vérité, il était incapable de la laisser tranquille. Parce qu’il avait besoin d’elle.  Et tandis que son regard de nouveau menaçant s’abat sur la silhouette féminine, elle ne se prive pas d’avancer, le pointant du doigt comme pour accentuer chacun de ses prochains mots ; probablement persuadée qu’il ne tentera rien cette fois-ci. Et elle n’a pas tout à fait tort, James aime les risques mais cette soirée commence à bien trop en regorger par sa propre faute. Il ne fera rien si ce n’est la mettre en garde silencieusement, en espérant qu’elle prenne conscience de la dangerosité du personnage. « Et la prochaine fois que tu poses tes mains sur moi comme ça… Je te fais coffrer. » Il persiste à la toiser, n’en détourne pas le regard jusqu’à ce qu’elle ne cède la première. Ses menaces ne l’effraie pas, il lui en faudra bien plus. Et une nouvelle bouffée de colère.

Il ne fallut que quelques secondes à Erika pour enfin tourner les talons, prendre le risque de lui tourner le dos tandis qu’il demeure là, à l’endroit où toutes ses émotions se sont balancées. Son visage se tourne, s’étire dans une grimace de douleur comme pour inciter ses esprits à reprendre leur place initiale, à éliminer cette colère qui prend possession de ses veines à l’aide d’une chaleur tortionnaire. Finalement, un léger sourire apparait sur son visage tandis qu’il songe au défi qu’elle lui a lancé avant de disparaitre dans la pénombre de la ruelle qu’ils ont occupé un petit instant. Ils seront amenés à se revoir, James n’en doute pas, l’Artiste non plus : pour la première fois depuis longtemps, ces deux-là sont d’accords sur quelque chose… qui pourrait d’ailleurs causer leur perte. Mais il s’en fout, il lui en faudra beaucoup pour pouvoir prouver que c’est lui, et d’ici là, James aura eu le temps de faire bien pire que ce soir. Il s’en convainc avec hargne jusqu’à reprendre la route, lui aussi, les mains dans les poches. Un souffle, fermant les yeux à peine deux petites secondes. Tout le brouhaha qui tapait contre ses tempes semble s’être estompé légèrement, ce qui l’amène donc sur la route pour rentrer chez lui. Auprès de celle qu’il n’a pas serrer contre lui depuis un temps qu’il ne mesure plus, auprès d’une nouvelle perle sur laquelle il s’est surpris à veiller avec attention. James enfile son masque de père de famille, parce qu’il n’a pas d’autres choix pour ce soir même s’il pourrait l’esquiver. Malgré la haine et toutes les autres sensations y ressemblant, James n’a pas envie d’être loin d’eux. C’est risqué mais nécessaire. Combien de temps lui reste-t-il ?

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« Look into me, I'm a monster. » ▬ Erika Stojanović

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