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 Le garçon de bois (terminée)

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MessageSujet: Le garçon de bois (terminée)   Ven 1 Aoû - 16:14



Identity Card


Feat "Steven Keating"

(c) Copyright



    ▬ Nom ; Crann ▬ Prénom(s) ; Julian Michael Thomas ▬ Surnom(s) ; Ju’ ▬ Âge ; 26 ans ▬ Nationalité ; Américaine ▬ Groupe ; Cityzen ▬ Statut et activité dans la vie ; Travaille en tant que dessinateur pour l’agence comics « XP Force ». Il est principalement attaché à l’encrage. D’un point de vue plus personnel, il est artiste et est en voie de se faire connaitre. ▬ Orientation sexuelle ; Homosexuel



Once upon a time...


Une chanson pour commencer cette présentation ? ;

Histoire ; (800 mots minimum.)
Je suis né dans le comté de Marshall, en Indiana – c’est ce qui est inscrit sur mes papiers. J’aurais aimé naitre dans les bois, mais les bois sont venus plus tard.

J’ai ouvert les yeux dans la ville de Plymouth où ma mère et mes frères et sœurs vivaient depuis plus de 10 ans. A cette époque, ma mère était une fraiche divorcée qui s’employait à retrouver sa jeunesse. Jusqu'à ma naissance, elle bossait de jour dans une entreprise de textile. Puis elle a perdu ce travail là et a du changer sa vie. Elle laissait alors à mon frère ainé Eric la responsabilité de la fratrie. Eric a toujours été un père pour moi. De 12 ans mon ainé, c’était l’homme, et ça l’a toujours été. Dans sa manière d’être, comme dans sa manière de penser, il avait arrêté d’être un enfant. Il nous protégeait, d’une manière moins essentielle que ne le faisait notre mère. D’une manière plus sévère aussi.

Je suis le fils de Mélie Load. Si vous avez vécu près des lacs entre 1989 et 2011, vous l’avez forcément connu. Elle faisait les ménages dans la majorité des maisons estivantes ou permanentes de la ville d’Aberdine. C’était une femme souriante et pleine de vie qui trainait souvent en ville, entre l’épicerie et le marché. Elle rendait souvent service – généralement contre de l’argent, parce qu’elle était une femme aussi gentille qu’intelligente. Elle appelait ses enfants « ses boys », même les jumelles Cory et Kathe. Un weekend par mois, je l’avais rien que pour moi, parce que le reste de la troupe partait chez Tommy Calvert, celui que tout le monde appelait papa. Sauf moi.

Moi je n’avais pas de père, juste une légende, un nom de famille. Un type anglais débarqué sur le territoire qui avait aimé ma mère puis s’était enfuit. Un bâtard, un né hors mariage. En 1989 ça passait mieux qu’à une autre époque. Mais ma mère avait quand même droit à des racontars, à des rumeurs. Parce que les gens ne changent jamais.

A part Eric, je recevais de la part de mes frères et de mes sœurs un traitement spécial, entre le mépris et l’ignorance. Johnny suivait le modèle d’Eric à la lettre et était celui qui me traitait le mieux. Les jumelles n’existaient que pour ce binôme essentiel qu’elles formaient. Et Timmy me battait. Timmy me pinçait, Timmy détruisait mes dessins, Timmy se moquait de moi quand je pissais au lit. A l’école d’Aberdine, Timmy ne me défendait pas, et ses copains me poursuivaient dans les couloirs. Je n’étais pas malheureux pour autant, c’était un train de vie naturel. J’étais à l’école, et je retrouvais ce que j’avais déjà chez moi : une place malmenée par mon inutilité flagrante au sein de cette famille. J’imagine que pour les autres j’étais la preuve que ma mère ne reviendrait pas avec leur père. La fissure la plus palpable parmi des raisons qui leurs échappaient. C’était des enfants, moi aussi. Mais j’avais ma cité imaginaire, et ma mère.

Load Farm était un vestige des années 60, aux planches pourries de termites et d’humidité. On dormait dans trois lits différents, maman avec les jumelles, Eric seul avec ses copines – parfois rejoint par Johnny dans de rares cas. Et moi avec Timmy. Les autres détestaient la maison. Maman avait beau leur dire que c’était ici qu’elle avait fait ses premiers pas, il ne voyait en elle qu’un tas de boue misérable, loin de l’appartement de Plymouth, et surtout de la maison de leur père. Ils n’auraient jamais abandonné ma mère, mais ils restaient entre eux, une troupe jouant au foot sur une pelouse défraichie, se baignant au bord du lac.

Moi j’observais la lande derrière la maison. Un entrelacs majestueux d’arbres difformes et étroits. Des sentiers humides pleins de glaise et de bestioles. Un environnement sauvage hors de portée des hommes. Défiant quiconque de franchit la limite de leurs branches. Et je le faisais. Car ce territoire me ressemblait. Parce que je me sentais arbre parmi les arbres. Une jeune pousse à éduquer, à élaguer. Étrange, comme ma cité a toujours été placé dans un désert de sable. Et mon cœur dans ces marécages.

Dans mes rêves, j’allais y construire une cabane non loin de Load Farm. Les autres partiraient et je resterais là, proche de ma mère. Me nourrissant de la forêt aurait à me donner, quand je n’irais pas au marché ou à l’épicerie. Portant des vêtements de feuilles, poussant des cris terrorisant les touristes. Un véritable singe des bois, un yéti, un grizzly. Maman m’appelait son feu follet, avait perdu l’idée de m’arrêter quand j’allais m’aventurer dans les bois, revenant avec des vêtements déchirés et les cheveux plein de feuilles. Avec de nouvelles idées de dessins. Je l’aimais. Elle était la seule raison pour laquelle je supportais l’école. La seule raison pour laquelle je montrais mes dessins - Les aventures du Dieu de sable et la jeune fille, de sa rencontre avec les hommes et de ses déceptions. La seule raison aussi qui me faisait me taire à propos des autres – elle le voyait peut-être mais elle ne l’aurait pas supporté, de m’entendre dire qu’on ne m’aimait pas.

Après tout, elle m’aimait bien pour tous.

Les rêves ne se passent jamais comme prévus.

Fils de personne, je n’avais que mes crayons qui me faisaient sourire. Et ma mère a insisté sur la nécessité de me voir faire des études. De plus en plus, je me suis éloigné des bois pour retrouver la grande ville. Tout d’abord élève boursier puis interne. J’ai étudié les dessins à ma manière avant de comprendre que cela ne me mènerait à rien. Il était nécessaire que je me conforme. Que mon tronc se dresse droit, sans boutures extravagantes. Que je m’étouffe dans un carcan de bonne volonté.

Cela rendait ma mère heureuse, de me voir aller plus loin qu’Eric. D’être promit à un brillant avenir. Car j’étais un artiste pour elle, et être artiste était ce que je méritais. De montrer à tous la cité de mon enfance, habitée par un Dieu aussi loin des hommes que les galaxies ne le sont entre elles.

Les bois me manquaient. Mais j’ai été diplômé, sans les honneurs. J’ai pu trouver une place comme encreur dans une bonne boite, par un coup de chance. J’ai du déménager dans une ville qui me rappelait ma forêt. Mais c’était une forêt de métal et de béton. Une forêt capable de tomber en grava. Une forêt ayant succombé à la force des hommes.

Une forêt artificielle. New York.

J’avais 22 ans. Je vivais dans un studio minable près des quartiers sensibles. Je n’avais pas les moyens de me payer des meubles alors je me la jouais recyclage. J’appelais quelques fois par mois ma mère, et mon frère ainé Eric. Ignorant les autres comme ils le faisaient eux-mêmes. Attrapant des nouvelles d’eux comme on chasse les mouches.

Eric mon modèle s’enterrait dans le Wisconsin avec une femme commune qu’il battait à chaque mauvais coup d'alcool. Il avait déjà cinq enfants à 34 ans, peut-être dans l’idée de recréer cette famille où il n’avait été que le remplaçant de son père. Eric allait mal. Et moi j’étais encore le fils de ma mère.

Le fils des bois.

En mars 2011 ma mère partit en voiture à la pharmacie d’Aberdine. Elle était vêtue d’une robe noire à fleurs rouges, et ses cheveux étaient détachés. Elle salua Olive Spingler de l’épicerie. Lui prit quelques tomates. Lui donna le bonjour pour sa femme. Reprit la voiture. Et fit un anévrisme fulgurant.

La voiture croisa la route d’une famille de l’Iowa qui partait en vacances de neige. Dans sa chute elle emporta leur fils de 3 ans.

55 ans. Que répondre à ça.

Load Farm avait été hypothéquée pour mes études. Les autres n’étaient pas désireux de la reprendre. Elle fut donc la propriété de l’Etat qui la rasa 3 ans après. Maman n’eut même pas le plaisir d’être enterré dans les bois. Sa plaque est à Plymouth, dans un cercueil conventionnel sous une épitaphe conventionnelle.

Quand on s’est tous revu à l’enterrement seul Eric est venu me parler. Je lui ai dis que j’avais rencontré quelqu’un – Gauthier – mais que la vie était difficile. Que j’avais espéré retourner auprès de ma mère.

Eric m’a bredouillé que j’avais quand même un boulot. Et que ça aurait été une nouvelle source de déception pour elle.

Quand je lui ai demandé de quelles déceptions il parlait, Eric a eu un geste de la main m’englobant tout entier.

« Tu sais, c’était déjà pas facile que tu sois pédé alors qu’en plus tu perdes ton job pour retourner au biberon… »

Ainsi est la vie. Des fratries qui explosent parfois pour un rien. J’ai continué de vivre à New York. Et les bois de métal et de béton m’ont bouffé. Conformé à une vie, je me suis oublié dans elle. Je suis devenu dépressif, j’ai pris de la drogue. Gauthier est partit. Je demeurais dans un bel appartement trop cher pour moi. Peignant plus pour exorciser mon malêtre que pour me faire plaisir. Renonçant à visiter les musées avec mon portfolio. Je ne savais même plus où commencer.

Je ne savais même plus où je commençais.

C’est pour ça que je viens te voir. Même si je sais que tu t’en fous. Tu as la meilleur cam du quartier – mais qu’est-ce que j’en sais au fond, j’y connais rien. Tu as augmenté tes prix, espèce de voleur. Mais je paierais quand même.

Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour exister, je te le demande.



Wanna know more ?


Relations ;
Ses collègues de travail le décrivent comme un type timide mais facilement approchable étonnamment. Julian est simplement celui qui parle le plus – et qui parle le trop. Un rien l’attire chez l’autre, une broche, une couleur d’yeux particulière, un style, un sourire, une remarque, une pensée. Aussitôt une porte s’ouvre et plutôt que de le laisser entrer, Julian noie l’autre sous un flot d’informations, de métaphores et de parlotte aussi inutile que fatiguante. Il peut aussi fasciner les plus fragiles, donner à ceux qui ont besoin de rêve leur dose quotidienne de nuages. Mais ce ne sont que des artifices, des contes. Ses rares relations durables ont prit la fuite. Ses frères l’évitent comme la peste – pour diverses raisons. Gauthier, son premier et dernier véritable compagnon refuse simplement d’en parler. « Si vous voulez des informations » nous dit-il « Allez donc voir du côté de Julian, si vous y comprenez quelque chose. Mais si je n’avais pas fait retirer ma plainte, il ne m’aurait simplement plus approché ». Ses dealers le voient comme un poète torturé cherchant sa muse. Ses vagues coups d’un soir, comme une bonne occasion de baiser, s’il peut fermer sa gueule. Les personnes qui le croisent ont juste de la peine pour lui. Ce n’est pas qu’il montre de la souffrance. C’est qu’il l’exhale d’une manière lointaine. Un peu comme on observerait une étoile en se disant que là-bas, là-haut, elle entreprend de mourir.

Physique ;
Ah l’artiste éthéré est loin des clichés enfumés de silhouettes torses nues penchées sur un tableau de maitre, de la peinture sur le front, le regard concentré et brûlant, de longues mèches cachant son visage ténébreux pour ne pas trop en dévoiler la perpétuelle souffrance. Julian, c’est une liane. Un bric à brac d’os et de maigreur d’un mètre 75. Il a les cheveux noirs qui poussent comme de la mauvaise herbe en boucles pleine de nœuds. Il a les oreilles décollées, les pommettes trop accentuées, un menton trop carré. Sa bouche est trop pleine, découvre les dents du bonheur. Son regard est d’un bleu de jean délavé. Ses sourcils trop fournis. Sa pomme d’Adam comme une bosse grotesque coincée dans sa gorge. Il est toujours à demi vouté sur une clope ou sur un carnet. Traine dans des vêtements improbables. Des chaussures élimées aux pieds. Exhale une odeur de térébenthine et de menthe. De sueur aussi, quand il reste trop longtemps dans son atelier. Il traine son pas, a de trop grandes mains. Sourit maladroitement. Et vous observe pourtant avec une grande douceur. On ne l’aime pas pour son physique – même si tous les goûts sont dans la nature. Il ne sert à rien de le comparer à un enfant. Julian est un albatros.

Caractère ;

« PUTAIN DE MERDE ! »

Le verre d’eau s’écrase contre le mur. Et Julian n’a que le temps de lever la main pour protéger son visage des éclats qui fusent près de lui. Une entaille se découpe près de son pouce. Sur le moment il ne la remarque même pas. Gauthier lui fait face, respirant fort comme un taureau. Et sa poigne se referme sur le poignet que Julian lui offre inconsciemment. L’écrasant entre ses doigts.

« Tu me fais chier ! Tu entends ça monsieur fouille-merde ? TU ME FAIS CHIER ! »

Une secousse brutale décolle le brun du mur.

« Et redresse toi ! Ca te va bien de jouer les putains de martyres ! Tu crois quoi ? Que je vais te casser la gueule hein ?! C’est ça que tu crois ?! »
« Crie pas… »
« JE CRIE SI JE VEUX ! JE SUIS FURIEUX PUTAIN DE MERDE ! JE TE SUPPORTE PLUS ! »
« Me quitte pas… »
« ARRETE AVEC CE TON GEIGNARD JULIAN ! ARRETE ! J’en ai marre de t’entendre pleurnicher ! J’en ai marre de te voir raser les murs ! J’en ai marre de sentir ton regard sur moi quand je parle à un autre type ! J’EN AI FOUTREMENT MARRE ! T’attends quoi ? QUE JE ME TIRE AVEC UN AUTRE ? C’est ce que tu cherches à provoquer hein ? Quitte à souffrir autant le faire vite HEIN ? T’en seras plus vite débarrassé ! »
« Gauthier… »
« AGIS EN HOMME BORDEL ! AGIS ! ARRETE DE JOUER AU PAUVRE MALHEUREUX ! T’AS PRIS TES DECISIONS TOUT SEUL ! ARRETE DE TE PLAINDRE DE CETTE VILLE ! DE MOI ! ARRETE DE DETRUIRE NOTRE COUPLE ! J’EN AI MARRE QUE TU T’ENFERMES 12h LE WEEKEND AU LIEU DE RESTER AVEC MOI ! ET J’EN AI MARRE QUE TU M’ACCUSES DE ME LASSER DE TOI QUAND TU FAIS JUSTE PLUS RIEN POUR NOUS ! »

Une nouvelle secousse.

« Oui ta mère est morte ! Oui tes frères se foutent complètement de toi. »
« Arrête »
« Oui tu es dans une ville pourrie qui veut pas te laisser ta chance ! Mais si tu te bouges pas le cul et que tout reste dans ton atelier tu risques pas de l’avoir, TA CHANCE ! ET MAINTENANT CA ?! »

Sur la table un paquet transparent plein d’une herbe mousseuse plus brune que verte. C’est cela que Gauthier pointe du doigt.

« MAIS TU VAS ALLER JUSQU’OU POUR TE PETER LA GUEULE JULIAN ?! T’ARRETE QUAND HEIN ? T’ARRETE QUAND ?!! »

Sa main le relâche enfin.

« Tu es une petite larve influençable, un chouineur, un gamin ! Un gamin qui essaye de franchir des limites en attendant que la fessée tombe ! Tu es pathétique, un… UN MANIAQUE ! T’es jaloux, t’es rancunier tu »
« Non… »
« SI TU L’ES »

Julian se recroqueville sur lui-même.

« TU ES CRUEL JULIAN ! CRUEL ! Pour moi pour tout le monde ! Arrête de chercher la merde Julian. ARRETE CA TOUT DE SUITE ! ET BALANCE MOI CETTE SALOPERIE QUE TU PRENDS ! PARCE QUE JE SUIS ENTRAIN DE PARTIR ! JE VAIS PARTIR ! »
« Me fais pas ça… »
« ARRETE DE TOUT RAMENER A TOI ! »

Puis il baisse les bras, comme soufflé. Comme s’il avait consommé tout le carburant de sa haine.

« Je vais partir. »

Et Julian s’affole. L’attrape à son tour, aux épaules.

« Me fais pas ça ! »
« Je vais partir parce que tu es un foutu égoïste. Et tu n’es plus le Julian que j’ai connu ! »
« Je le suis ! C’est toujours moi ! »
« Non. »

Lentement Gauthier se défait de ses doigts. Recule.

« Non, j’ai connu un Julian excentrique mais qui riait pour un rien. Qui voyait des choses belles mais qui se perdaient pas dedans…. Regarde un peu ce que tu fais de tes toiles BORDEL ! C’est monstrueux ce que tu fais ! »

Julian hoche négativement la tête.

« Je t’ai perdu il y a longtemps. Je t’ai laissé fuir trop loin. De toute façon, personne ne peut t’aimer. C’est comme ça. Et j’en ai marre de me bousiller pour rien je. … Je mérite mieux Julian. Je mérite mieux que ça. Que toi. »
« Je peux changer. Je peux être celui que tu veux et »
« Tu t’entends parler ? »

Gauthier secoue la tête.

« Tu fais pitié. »



La plus grande honte du personnage ;
Son comportement abusif vis-à-vis de Gauthier précède de peu son dégoût de soi d’être accroc à tout cette herbe qui le fait planer. Fumer lui apporte au moins un léger réconfort – même s’il sent sous ses pieds le sol s’effondrer en une spirale assassine. Mais Gauthier – ah Gauthier. Il ne l’a tout simplement pas laissé partir. Il s’est accroché à lui comme un gosse faisant un caprice. L’appelant à 4h du matin pour laisser des messages pathétiques et sanglotant sur son répondeur. Le suppliant de revenir, le menaçant d’un acte qu’il n’aurait même pas commit en rêve. Lui offrant toute sa créativité, jusqu’à lui promettre de coucher avec lui plus régulièrement. L’histoire est passée depuis plus d’un an mais la plaie est toujours aussi vive. Et si New-York est petit, il craint souvent de le croiser – dans le métro ou dans la rue. Et il a honte de ressentir encore de la douleur à l’idée que Gauthier est passé définitivement à autre chose.

Définition de l'enfer pour le personnage ;
Byron Drake était le voisin le plus proche de ce que tous dans les environs appelaient Load Farm. Un peu plus au nord, enfoncé dans les arbres dans ces étendues d’eau croupie qu’on ne pouvait rattachait au lac, il vivait là depuis près de 20 ans et continuerait d’y vivre jusqu’à ce que la mort le fauche. Il avait participé aux guerres de son pays du temps de sa jeunesse. En était sorti estropié à la jambe et porteur d’une médaille. Parfois il caquetait que la médaille n’était qu’un collier de chien de plus que son pays lui avait mis autour de la gorge. Que c’était cela qui l’empêchait de parler correctement – il bavait quelques mots, il fallait toujours l’écouter sans respirer, car même respirer empêchait de comprendre le murmure faible de ses paroles. Byron Drake avait perdu sa femme quand elle était enceinte, et n’avait pas trouvé la force d’en trouver une autre – maman disait cela. Byron Drake passait son temps dehors à « chercher le soleil » généralement avec une bière sur les genoux, les mains serrées sur les bords de son rocking-chair. Byron Drake le terrifiait. Il était jeune, c’était excusable. Mais aller avec maman lui porter des trucs l’angoissait. Ce n’était pas tant l’homme au visage buriné que son état général. Byron avait plus de 80 ans. La cataracte lui avait bouffé les yeux comme un oiseau grignote des grains de raisin. Sous ses paupières lourdes, deux croissants de lune brumeuse observaient sans voir. Byron était à moitié sourd. Byron était à moitié muet. Mais Byron était totalement aveugle. Enfermé dans son crâne infertile, à essayer de se souvenirs sans pour autant y arriver. Imaginant puis oubliant les lambeaux de sa vie. Enfermé dans une boite noire, conscient des mouvements de l’extérieur réel sans pour autant y parvenir. Une horreur. Est-ce que c’était cela être vieux ? Maman était franche, et elle avait acquiescé à la question. Rajoutant dans une hésitation que « c’était parfois le cas ». Il en fit des cauchemars. Et y pissa au lit « comme le morveux qu’il était » crachait Timmy. Plus tard il comprit qu’il y avait pire que la mort, et il arrêta d’en avoir peur. Concentrant toute sa terreur sur la dégénérescence du corps. Si l'enfer doit exister, il doit avoir sa version pour chaque personne de ce monde. Et pour Julian c'est être ainsi: enfermé dans une pièce noire, sans bruits, sans odeurs, sans autres. Sans rien.

Définition du paradis pour le personnage ;
La lumière douce du soleil qui passe par la fenêtre. Caresse de sa chaleur les vagues chaotiques de la couette. S’avance lentement vers ses couleurs auréolées d’or qui se fondent en un seul corps. Effleure finalement la peau plus foncée que la blancheur des draps – c’est un bras. Un bras comme une liane qui enserre le matelas, matelot cherchant à se retenir. Peau, au duvet d’oiseau, aux grains de beauté éparses. Peau douce et dure des os qui jaillissent aux nœuds internes. Corps, qui respire et pulse lentement – tu peux sentir les battements lents de son cœur endormit à travers le matelas, cela fait comme une horloge. Son dos se soulève lentement contre ton torse. Lentement tu ramènes tes genoux sous ses cuisses pour mieux te fondre en lui. Et tes lèvres frôlent sa nuque – ses cheveux se dressent, électrique frisson. Ne serait-ce pas ça le paradis ? Revivre éternellement un moment le plus grand moment de bonheur et d'amour de sa vie. Julian veut y croire.

Point faible du personnage ;
Les cris, les insultes. Qu’ils lui soient destinés ou pas, cela le place toujours en faiblesse par rapport aux autres. Il hait les disputes qui font monter en lui une angoisse d’un monde instable et en fuite. Ses dessins demeurent la seule stabilité de son état mental. Et il ne pourrait pas supporter de voir quelqu’un y toucher, que ça soit pour dessiner, pour frapper, ou pour déchirer.

Point fort du personnage ;
Sa foi. Il a foi en l’être humain autant qu’en ce monde. Peut-être bien plus qu’il n’en a pour lui-même. Il est toujours à l’écoute des problèmes des autres. Essaye de relever, de soutenir ou de montrer par sa présence qu’il demeure une main tendue. Il s’efforce de montrer aux autres sa propre vision de ce monde en constant équilibre. Il peut-être d’une grande stabilité pour les autres.

Casier judiciaire ;
Dans le casier judiciaire de Julian on trouve une plainte non aboutie pour  harcèlement d’un de ses ex petit ami. Une arrestation pour atteinte à la pudeur dans un centre commercial. Et une plainte pour dégradation de bien public dans un musée. Officieusement on peut rajouter une consommation de drogues douces régulière.

Behind the screen...


Prénom ou pseudo ; Emilie
Âge ; 25 ans
Où avez-vous connu le forum ; Par une publicité
Connexion ; 5
Code du règlement ;
Spoiler:
 
Exemple de RP ;

« Au commencement, l’on dit de Dieu qu’il créa toute sorte de choses sur terre. Ce que nous savons aujourd’hui de Dieu se confronte bien évidemment à nos connaissances sur la Science et les Faits. Mais je ne crois pas que la Science et les Faits soient si différents de Dieu. Quelque chose un jour a poussé une étoile à naitre. Quelque chose a voulu que cette étoile rassemble des morceaux de rien pour en faire des planètes. Quelque chose a voulu que l’une de ses planètes puisse fleurir comme un jardin. Quelque chose fit que les eaux se séparèrent. Qu’il y eut un temps et une terre. Que quelque chose vint naitre dans ce tumulte pour donner une existence sur terre. Et cette existence était multiple et féconde. Et quand l’une de ces existences s’éteignait dans un soupir, une autre achevait de naitre pour garder l’équilibre. Je crois que cette volonté-là, d’aimer l’univers et de faire croire cet amour, c’est Dieu. Dieu est un jardinier qui se permet de faire pleuvoir les graines sur un sol qu’Il a voulu fertile. Et Dieu parfois taille et élague cette vie de Sa manière, sans pour autant demander aux fleurs de pousser ou aux fleurs de mourir. Tout cela vit et meurt sans Lui, de la manière dont ça le souhaite. Dieu est la première chose, puisque l’amour est une chose, à adorer sans regarder. Il a voulu une terre ensemencée de choses multiples et différentes qu’il a nommé espèces, avec un s. Si Dieu est capable d’aimer toutes sortes de choses, et de les aimer différemment selon chaque chose, alors nous en sommes capable aussi, puisque nous sommes à Son image. »

Julian eut un sourire calme.

« Tu nous dis : voilà la clé. Sans vous je ne suis rien. Sans lui je suis des poumons sans air. Et j’ai appris qu’un jour que l’air n’entrait pas seul dans les poumons. Ce sont les muscles de la cage thoracique qui ouvrent et resserrent les poumons, laissant ainsi l’air aller et venir. Tu me dis que je suis ton pays des Merveilles, et je dois garder la clé pour te revenir quand tu n’es pas là. Et je dis-moi que tu seras dans le noir. Que tu seras seule et perdue. Qu’il n’y aura personne pour venir t’aider. Car ce monde de noir sera ton monde. Et ce monde sera soumis à ta volonté. Et cette volonté fera naitre des interrupteurs quand tu choisiras qu’il y en ait. Tu n’as pas voulu de moi pendant un long moment. Et cela est normal, je ne t’en veux pas. Il y aura sans doute des instants où je serais moi-même enfermé. Où j’aurais besoin de ta voix pour revenir dans le monde qu’est le nôtre aujourd’hui. Mais je devrais d’abord trouver l’interrupteur pour rallumer la lumière, nous sommes nos propres électriciens. Garde en tête ces moments où tu voudras être seule, car cela sera ton choix. Garde en tête que tu n’es pas Thésée, qu’il n’y aura pas souvent d’Ariane. Que tu devras défaire toi-même tes vêtements pour en faire un fil et te guider dans ton propre labyrinthe. Aide-toi déjà, et nous trouverons alors le chemin pour te soutenir dans cette aide. »

Julian tendit la main. Attrapa une fraise. La mit à sa bouche.

« Elles sont bonnes. Celle-ci en tout cas l’est. Les autres sont prometteuses. »

Il eut un rire.

« Les mauvais moments devraient toujours se terminer avec une fraise. »


Célébrité sur l'avatar ; Steven Keating
Multicompte(s) ; Unique compte
Un dernier truc à dire ? ; … Yo ?


Dernière édition par Julian Crann le Ven 1 Aoû - 22:22, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Le garçon de bois (terminée)   Ven 1 Aoû - 18:20

Bienvenue à toi ! Le personnage a l'air très intéressant.
Bonne validation Smile
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MessageSujet: Re: Le garçon de bois (terminée)   Ven 1 Aoû - 18:21

Bienvenue parmi nous Very Happy
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MessageSujet: Re: Le garçon de bois (terminée)   Ven 1 Aoû - 18:26

merci beaucoup à vous deux *sourit*
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MessageSujet: Re: Le garçon de bois (terminée)   Ven 1 Aoû - 19:36

Bienvenue Smile
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MessageSujet: Re: Le garçon de bois (terminée)   Ven 1 Aoû - 22:05

Bienvenue parmi nous !  :brille: 
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MessageSujet: Re: Le garçon de bois (terminée)   Ven 1 Aoû - 22:08

merci bien à toutes les deux

(très classe ton avatar abiigail.)
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I put myself on it.

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MESSAGES : 5590
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ÂGE DU PERSONNAGE: 32 ans
CASIER JUDICIAIRE:
RANG DE CRIMINALITÉ: BLANCHE COLOMBE
MessageSujet: Re: Le garçon de bois (terminée)   Sam 2 Aoû - 0:12

Bienvenue sur le forum Smile Bon jeu parmi nous !



- Rooting For You -
Even though your words hurt the most, I still wanna hear them, every day. You say let it go but I can't let it go. For I'm so scared of losing you and I don't know what I can do about it. So tell me how long, love, before you go and leave me here on my own. I know that I don't wanna know who I am without you.
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MessageSujet: Re: Le garçon de bois (terminée)   Sam 2 Aoû - 1:02

Son nez allonge quand il ment ?

Bienvenue sur le forum. Et euh, comme t'as fini j'ai rien d'autre à dire xDD
Je vais m'en occuper dans la soirée :eyes:

   

Bravo !

   
Tu es une future victime de la Fatalité

   Oh, le pauvre petit pas aimé par sa fratrie compatissant
En espérant qu'il s'en sorte :eyes:
Bon jeu :ex:

Anja est en vacances présentement, tu vas donc avoir ton rang de criminalité dès qu'elle va avoir du temps.

   En tant que nouvelle victime potentielle, tu peux maintenant faire ta fiche de liens, de sujets, recenser ton métier, comprendre le système de points, voter pour le forum, lire les frappes pour te mettre dans le bain, et te rendre sur cette page où d'autres liens pourront t'être utiles.

   Bon jeu parmi nous et n'oublie pas : Personne n'est maître de son destin !

   Fatalité
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MessageSujet: Re: Le garçon de bois (terminée)   

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Le garçon de bois (terminée)

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