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 [TERMINÉE] Ann Traur

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MessageSujet: [TERMINÉE] Ann Traur   Mer 1 Oct - 19:27



Identity Card


Feat "Dree Hemingway"

(c) Tamara Mellon Spring Campaign



    Ann. Traur. Annika, en réalité, mais le monde de la mode est unanime : un nom plus court est toujours plus vendeur et elle est là pour se vendre.

    Ce nom a été et peut être encore parfois sur toutes les bouches, du moins celles n'ayant rien d'autre à faire que de parler mode.Si sa vie a commencé à Berlin, la carrière d'Annika a pris forme à Paris et se poursuit désormais à New York. On la dit belle, professionnelle, on dit d'elle que l'appareil photo l'adore. Les plus mauvaises langues, les articles à scandale, la surnomment le Papier Glacé, parce que son visage est trop lisse et l'émotion ne semble pas pouvoir y naître. Ice Doll était déjà pris. Ces articles ne se privent pas de faire remonter, tous les ans, la seule tâche noire à son casier : une conduite en état d'ébriété il y a quelques mois, en excès de vitesse en ville.

    On la dit vieille, aussi. La trentaine, pourtant, ce n'est pas vieux. Sauf dans le monde de la mode.

    Les magasines féminins l'adorent autant que l'appareil, pourtant. Parce qu'elle est une femme moderne, une citoyenne New Yorkaise comme on aime en contempler dans les séries télé. Parce qu'elle est une égérie et une humaniste, un bras armé de son visage contre le crime. Parce que depuis un an, Ann Traur fait vendre des photos pour récolter des fonds en faveur des quartiers défavorisés, photos satyres dénonçant la criminalité. Et le public en raffole.



Once upon a time...


Une chanson pour commencer cette présentation ? ;
Histoire ;
Tout le monde ment. Une étude a démontré qu'on prononçait en moyenne trois mensonges par jour. Des petites choses sans importance, sans conséquence. Un " ça va " répondu à la volée à qui le demande sans s'y intéresser, même quand rien ne va. Une marque de chaussures revue à la hausse. Une omission pour ne pas froisser l'autre.
Et puis, il y a ceux qui mentent sciemment. Pour manipuler ou pour s'enfuir, pour ne pas être emmerdé, comme on dit.
Et puis il y a le reste. Les pathologiques. Ceux qui mentent si bien et si souvent, qu'ils ont fini par croire à leurs salades.
Ainsi, quand vous entendrez Ann Traur vous dire qu'elle revient d'un week-end à Miami, sachez qu'elle l'a passé sous les néons ternes des musées puis les cabines d'ultra violet, parce qu'elle est une esthète froide et asociale qui aime s'émouvoir bêtement devant des oeuvres d'art et que les plages lui rappellent de mauvais souvenirs. Si vous lisez un article bidon sur ses trucs et astuces pour avoir le teint parfait, bannissant alcool et cigarette au profit d'une ventrée de légumes cuits sans matière grasses apprenez qu'elle boit régulièrement trois verres de vin pour s'endormir le soir et fume des cigarettes en cachette sous l'aération des toilettes comme une adolescente entre ses shootings. Et quand vous la verrez aux bras d'un homme beau comme un dieu, amoureuse comme une enfant sur les photos des tapis rouges, dites-vous que cette relation est fictive, suggérée à mi mot par son agent la veille.

"Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !
A. De Lamartine



Journal d'Ann Traur, 16 ans, Berlin :
" Le quartier de Marzahn est encore sous le choc des coups de feu qui le secouèrent la nuit du 24 Décembre dernier et qui provoquèrent la mort de trois jeunes citoyens allemands (...). D'après les autorités, ils étaient impliqués dans un important trafic de cocaïne qui leur aurait ce soir là coûté la vie. (...) " même dealer de drogue, un enfant de mérite pas de mourir ", déplore Katerin Traur, la mère de Franck Traur. " Il n'avait même pas dix huit ans. "
(...) "


- J'ai parlé à ta mère. Elle m'a dit pour ton frère.

Engourdie par d'amoureuses langueurs, Annika tourne un sourire tendre vers son amant. Sa main vient frôler son visage crispé d'inquiétude, caresser les rides qu'il s'est infligées au coin de l'œil. Lentement, elle laisse glisser sa joue sur son torse, pour enfin laisser échapper un doux murmure.

- Comment ça ?
- Elle m'a dit que tu n'avais pas de frère.

Le visage de Manek est illisible quand il resserre son étreinte sur le corps de la belle, nichant son nez au creux des cheveux blonds qui s'épanouissent sur les draps. Leurs corps, encore moites de s'être longuement embrassés, s'épousent en un amour étrangement rompu, au milieu d'un silence de plomb. Autour d'eux, fauteuils rétros et autres lampes à lave s'entassent dans quelques mètres carrés. Le studio dégage une odeur de vieux bois et de poussière, dans laquelle de nombreuses photographies exhalent leurs parfums intimes. En contemplant clichés sur les murs, on peut sentir l'herbe fraîche des dimanches après midi, les feuilles d'automne et ces milliers de pots d'échappements dans les rues de la ville. Amoureuses de ces paysages, Annika ne résiste jamais à la tentation de les regarder, pendant des heures. Mais cette fois, si elle les fixe si résolument, ce n'est pas tant par affection que par besoin de trouver un endroit où regarder, partout ailleurs que dans les yeux de Manek. Elle ne dit rien. Elle n'a rien pour sa défense.

- Il faut que tu arrêtes de mentir, Annika.
- ... Je sais.
- Je ne comprends pas pourquoi tu fais ça.

La réponse est difficile. La réponse est beaucoup plus honteuse que d'être prise à mentir. Alors elle ne dit rien, toujours.

- Je peux quand même t'offrir ton cadeau de Noël ? murmure t'elle, la gorge serrée d'angoisse.
- Bien sûr. Je suis un être tristement vénal.

Les lèvres du jeune homme contre sa nuque lui arrachent un frisson extatique. Les lèvres dont il ne la prive pas, malgré tout, malgré sa mythomanie perpétuelle.  Il accepte d'attendre sa réponse.
Elle extirpe du sol à côté du lit un paquet coloré et se redresse pour le lui tendre, puis se tortille maladroitement les doigts en l'observant l'ouvrir. Malgré tout, la stupéfaction béate qui fige les traits et la respiration de son Ami la comblent de fierté, elle bombe le torse pour accuser cette réaction avec honneur.

- Tu...
- Ca te plaît ?
- Je ne peux pas accepter enfin. Ann...
- Mais si, bien sûr que si.
- Où as tu trouvé les moyens d'acheter une chose pareille?
- En travaillant. Tiens regarde. "
Elle pose son doigts sur les inscriptions qui constellent la petite boîte.
" C'est du numérique. Ça veut dire que tu peux mettre les photos que tu prendras sur ordinateur. Comme ça, tu vas pouvoir créer ton site et te faire connaître.

Un émerveillement incrédule s'empare du jeune homme. Il aimerait refuser, elle le sait bien, mais il n'osera jamais. Avec les précautions d'un moine ouvrant de vieilles reliques, il extirpe l'objet de son emballage et le fait tourner entre ses doigts, aussi experts qu'avides. Il déglutit en observant chaque ligne, chaque bouton, avec une fascination qui concurrencerait presque celle qu'il voue d'ordinaire à sa bien aimée. Incapable d'attendre que la notice soit examinée, il allume l'appareil et le pointe vers elle. Aussitôt, elle se cache, mais cela ne le dissuade en rien de prendre sa toute première photo et de l'admirer durant de longues secondes.

- Regarde, elle s'affiche. Non mais regarde moi cette qualité d'image ! Y combien de pixels là dedans bordel de Dieu ? C'est...

Brusquement, il bondit. Annika sursaute. L'aurait elle rendu fou ?

- Il faut qu'on l'essaye tout de suite. s'exclame t'il en s'extirpant des draps, nu comme un ver. Regarde l'objectif.
- Non, attends, Manek...

Mais il la bombarde déjà de clics et d'éloges. Et la réponse éclate, finalement, elle tombe à point nommé, comme animée par un scénariste aux idées franchement stéréotypées. Quand Annika éclate en sanglots au bout du troisième, peut être le quatrième cliché.
Son beau père est un homme charmant. D'ailleurs, il ne l'a jamais touchée. Mais elle a trouvé des photos d'elle dans son bureau, prises à la dérobée, quand elle n'était pas des plus habillée. Il y a un an de ça. Et elle n'a rien dit. Et il a continué. Et elle a préféré s'inventer une seconde vie plutôt que celle là où elle n'osait rien dire.


" Leurs ailes ont le goût de rien,
Mais nous volerons c'est certain.
Je connais des hirondelles. "
Soan.


- Annika Traur ?

L'accent ignoble avec lequel on prononce son nom lui écorche les oreilles. Elle se retourne vers l'homme qui l’interpelle et acquiesce timidement. Il semble juger avec étonnement l'accoutrement de mademoiselle mais rien ne sort de sa bouche sinon un " komm ! " qu'il a dû répéter de longues heures avant de pouvoir le dire spontanément. Angoissée, furieusement tentée de fuir, Annika le suit, avec la sensation de ne pas avoir assez d'yeux pour voir tout ce qui se passe autour d'elle.
C'est encore pire que dans le hall de la gare. Des dizaines de personnes courent au milieu des présentoirs de vêtements et aménagements de photographes. Ça crie fort, dans une langue qu'elle ne comprend pas et qui l'agresse encore d'avantage. Il y a deux ans de ça, Manek a travaillé avec elle à lui faire dépasser sa honte des appareils photos, puis d'elle-même. Il a fait des portraits, beaucoup de portraits, certains affichés sur son site internet, couverts de compliment d'anonymes de la grande toile. Il lui a donné le courage de dénoncer son beau père, de le livrer aux autorités pour abus de mineur. Et d'affronter sa mère le jour où, deux ans plus tard, majeure et vaccinée, une agence de mode est tombée sur le site et les a contactés pour les embaucher, tous les deux, à Paris.

S'il avait été là, elle aurait pu lui broyer la main, mais il est déjà parti se faire dévorer ailleurs. On la bouscule, elle doit s'excuser un nombre incalculable de fois. Son crâne a tôt fait de passer entre deux rouleaux compresseurs.
Ann et son guide franchissent une porte, puis une autre, pour enfin pénétrer dans une nouvelle cohue, uniquement féminine. Une douzaine de glaces s'enchaînent méthodiquement, chacune d'elle reflétant le visage d'une femme éblouissante de beauté. Derrière les candidates, des maquilleuses s'acharnent à leur redonner un peu de fraîcheur avec une précision violente. On la précipite sur une chaise. Obligée de contempler son visage fatigué par la route et sa coiffure informe, elle sent l'horreur la prendre. Tout ceci est une effroyable méprise.
Elle tente bien de l'expliquer à sa maquilleuse quand elle arrive, mais la barrière de la langue est visiblement trop difficile à franchir. Au bout de dix minutes d'agitation et de regards suppliants, pour lesquels les retouches n'ont aucun égard, elle s'affaisse sur sa chaise et renonce. Il ne lui reste plus qu'à se préparer psychologiquement pour la pire honte de son existence.

- Là, parfait. Tu es très belle. " sehr shön ". Regarde moi, euh... " look !, look at me ". Une vraie merveille. " Smile, komm, komm. " " Ja, sehr gut. " Une créature de rêve, c'est moi qui vous le dis.

Ce type n'a t'il pas fini d'écorcher trois langues simultanément ? Et ces flashs sont insupportables. Comment veulent ils qu'elle puisse sourire ? Ils lui foutent la trouille. Elle ne saurait compter toutes les personnes présentes, dans le studio, à la regarder. Avec ces lumières, elle ne voit que de vagues silhouettes.Que quelqu'un lui vienne en aide. " Smile. Penche toi. Euh... Bah penche toi quoi. " Qu'est ce qu'il a dit ? Ann regarde la mimique du photographe. Ce que cette robe peut être inconfortable.

- Alors, ça c'est bien passé ?
- Au moins maintenant je comprends l'expression " aveuglé par les projecteurs "  marmonne Ann en clignant des paupières. Et toi ?
- Super. Ils ont adoré mes portraits de toi. Je voulais me consacrer aux paysages, mais photographe de mode, c'est un bon tremplin.

Il rit. Alors Ann sourit aussi. Elle lui prend la main pour l'éloigner de ce lieu de cauchemars et réclame une visite de Montmartre. Puisque l'agence leur fournit une petite chambre en attendant la fin des castings, ils n'ont plus que ça à faire.
La ville des Lumières réveille leurs cœurs. Ils avalent les marches comme des gosses, trouvent une petite exposition de Dali cachée sur un lopin de place. Ils avalent des montagne de pop corn et s'extasient devant la moindre vue offerte. Épuisés, ravis, ils s'assoient enfin près du célèbre manège et savourent la présence de l'autre en toute sérénité. Ann
sourit avec béatitude devant la beauté de son homme, qu'un soleil discret révèle bien plus sûrement que tous les maquillages du monde. Elle lève les yeux au ciel, sur un vol d'éperviers.

- J'aimerais tellement vivre ici. soupire t'elle. Dans un petit atelier, un vieux loft; avec juste un matelas à même le sol. Une salle de bain aussi, quand même. Juste ça. Et toi.
- On vivra ici. On va devenir célèbre chacun de notre côté, toi plus que moi parce que c'est beaucoup plus facile.
- Eh !
Elle lui assène l'épaule d'une frappe désapprobatrice. Ils rient, ensemble.
- Et je piquerai des crises de jalousie quand on te demandera de découvrir une jambe. Puis je profiterai de ta gloire pour aller dans les soirées où l'homme normal n'a jamais foutu les pieds. Et quand tu seras vieille et fripée...
- Tu m'abandonneras comme une vieille chaussette ?
- Voilà. Ou alors je t'enlèverai jusqu'aux Antilles. Et on brûlera notre fortune dans les hôtels de luxe. Et quand on sera ruiné, on reviendra ici, je deviendrai portraitiste et on récupérera notre atelier. On vivra de rien, on retournera aux origines.

Le cœur d'Ann se meut d'un bonheur déraisonnable. Un espoir frénétique de cette vie rêvée. Elle ne sait pas encore qu'il ne faut jamais espérer trop fort...


" Et si l'humble garni qui nous servait de nid
Ne payait pas de mine,
C'est là qu'on s'est connu, toi qui criais famine
Et moi qui posais nue... "
C.Aznavour


Vogue, Paris, 20 ans :
Une nouvelle étoile est-elle née ?
La question est sur toutes les bouches depuis que Ann Traur a fait son apparition lors d'une fashion week, juillet dernier. Fraîche, belle comme un ange et pleine d'une sensualité charmante, la jeune allemande a ravi le cœur des caméras autant que de ceux qui assistaient aux événements. Douée d'un don pour fasciner l'objectif et ses spectateurs, ce mannequin en herbe n'a pas fini de faire parler d'elle. En page 6, quelques unes de ses prestations.

Public, Paris, 24 ans :
Le couple le plus sensuel de la capitale bat de l'aile. Ann Traur, mannequin dont la carrière et la popularité ne sont plus à prouver, et Manek Kirschnen, ce photographe avant-gardiste qui fait tourner toutes les têtes, rencontrent des difficultés devenues aussi célèbre que les stars elles mêmes. Samedi dernier, une dispute explosait en plein gala de charité entre les amants les plus élégants du monde de la mode. (...) Ci dessous, des photos de Ann entrant dans un hôtel, la nuit dernière. Est ce la fin du Romantisme version haute couture ?


- J'ai trouvé un travail à New-York.
Assise à la table de leur luxueuse cuisine, Ann laisse choir sa cigarette dans le cendrier, le souffle coupé. Elle lève les yeux vers son compagnon, noyé depuis la fenêtre dans la contemplation des toits qu'ils dominent.
- New-York ?
- Puisqu'on a décidé de prendre quelques distances...
- Quelques distances Manek. Pas des milliers de kilomètres. Qu'est ce que tu vas foutre à New-York ?
- Un... urbaniste a repéré quelques uns de mes clichés et... il me propose de travailler sur un nouveau documentaire avec lui. Tu sais bien que j'ai toujours rêvé de faire ça.

Sa voix est brisée. Aussi morte que le cœur qu'il est entrain de malmener.
Il se tourne vers elle. Le cœur au bord des lèvres, elle n'a pas le courage d'affronter les rides qui sont nées il y a peu sur le visage fatigué de son amant. Elle baisse le regard, déglutit avec peine, absorbée par cette cigarette qui se consume toute seule.
- Je reviendrai, je te le promets. Je ne sais pas combien de temps ça va prendre mais... Après ça, on pourra repartir de zéro. Si c'est toujours ce que tu souhaites.

Il sort. Ann ferme les yeux. Elle écrase une larme. Puis c'est un flot continu qui la submerge en silence, au milieu de cette inertie parfaite qu'on lui a enseignée. Elle renifle, s'essuie les joues, mais les gouttes amères continuent leur course. Si seulement elle pouvait trouver un responsable qui ne soit pas elle. Mais non.
Elle ne le retient pas. Elle ne sait plus comment le retenir.


" Ain't no senshine when she's gone
But she's always gone too long
Anytime she goes away "
Joe Cocker


Vogue, Paris, 26 ans :
La carrière d'Ann Traur est à l'apogée de sa gloire. Élégante, rafraîchissante, cette égérie de la mode ravit désormais le coeur de toutes les foules et bien loin dans le monde. L'été dernier, la collection Prada utilisait presque exclusivement l'image absolument pure signée " Traur ". D'ici quelques mois, un défilé est prévu pour le printemps, dont mademoiselle sera le visage principal. En couverture de tous les magasines, Ann a conquis l'âme de la France entière.
Mais elle n'est pas seulement un mannequin exceptionnel. C'est aussi une femme pleine de bon sens et d'humanisme dont nous vous peignons le portrait en page 4. Entre autres, les clichés pris aux Restos du Coeur, dont Ann a suivi le travail tout l'hiver, en posant pour leur fond et en mettant la main à la pâte. Désormais en vacances pour se remettre de ces longs mois, la belle s'est laissée séduire par les plages de Miami. L'attente de son retour est dans tous les esprits de la mode. (...)


- Manek ?

Assis derrière le comptoir de l'hôtel, un cocktail en main, l'homme relève le regard vers l'auteur de cet appel. Il la voit. Il blêmit, lâche son verre.

- Annika !

Le coeur de la belle fait un embardée délicieuse, de celles qu'elle n'espérait même plus. Au bord de l'explosion, elle se contient tant bien que mal et bondit dans ses bras sans préavis. Elle retrouve son odeur puissante avec délice, bien qu'un nouveau parfum lui fasse froncer le nez. Blottie contre lui, elle retient des larmes d'émotion et le serre d'avantage, sans considération pour ce qu'il en pense. Après quelques secondes, elle le lâche, la main toujours ancrée sur son bras.

- Qu'est ce que tu fais ici ? balbutie t'il, incrédule, presque trop pâle.
- Je suis en vacances. Et toi ? Tu n'as pas l'air content de me voir !
- Oh et bien je...
- Ah enfin te voilà.

C'était donc ça. Une femme. Aussitôt, la main d'Annika retombe, son regard se fige de la même incrédulité. Elle la regarde, choquée, sans même plus se sentir capable de faire un geste.
- Alison ! Euh... il tousse. Ann, je te présente ma fiancée et Alison, voici Ann Traur.
- Je sais qui c'est enfin, pour qui me prends tu ? Enchantée. Je suis l'une de vos plus grandes fans.

Elle tend la main. Ann la regarde comme s'il s'était agi d'un spectre. Son regard divague, elle sent la nausée lui prendre les tripes. Parle, dis quelque chose. Ses yeux errent sur les clients à la recherche d'une aide, d'une boisson ou d'un peu d'air, tout simplement. La parole, peut être ?
- Oui ... Pardonnez moi mais... J'ai mal à la tête tout à coup. Tout ces cocktails... Ravie de vous avoir rencontrée.

Elle rit nerveusement. Un rire jaune, qui sonne faux. L'alcool ne monte pas aussi vite que le dégoût.
D'un même geste, elle reprend son sac et fait demi tour, le plus loin possible. Il lui semble entendre Manek l'appeler, mais elle accélère encore. Elle va vomir.

La porte de sa suite est franchie violemment. Sans même se donner la peine de la refermer, elle laisse choir ses affaires et se précipite vers son bar privé. Elle a besoin d'un verre. Un vrai verre. Et d'une tonne d'anti-dépresseurs. Elle renverse la moitié du cognac en voulant le remplir, boit d'une traite l'une des boissons les plus chères du marché. Trop choquée pour pleurer, hurler ou même respirer, elle pose deux doigts incrédules sur ses paupières. Son cœur semble vouloir lui broyer les entrailles, sa douleur fait remonter un flot de bile jusque dans sa gorge. Elle tremble.

- Annika.

Elle sursaute. Manek est dans l'encadrement de la porte, déconfit. Aussitôt qu'elle le voit, le choc s'évapore, remplacée par une telle violence qu'elle doit se retenir de lui jeter sa bouteille à la figure. Elle le toise, révulsée, haineuse.

- Écoute, je peux tout expliquer...
- Ann.
- Quoi?
- C'est Ann maintenant. Je m'appelle Ann.

Sa voix est glaciale, placide. Elle la contrôle frénétiquement, certaine de pouvoir le tuer si elle laisse place au moindre débordement.
- Alison est...
- Une pute. Et toi tu es une ordure. Maintenant si c'est tout ce que tu voulais me dire, sors de cette chambre.
- Ne dis pas ça.
- Quoi ? Pute ? Tu préfères salope ? Non parce que moi j'ai quand même un gros faible pour pute.
- Annika...
- C'EST ANN BON DIEU DE MERDE !!

Elle fracasse la bouteille au sol. Une arme du crime en moins.
Écrasée par la douleur, elle se compresse nerveusement le visage; " Comment as tu pu ? " gémit elle, à peine audible. Son cœur est en miettes.
- COMMENT AS TU OSE !! Sais tu seulement le nombre d'heures que j'ai passées à t'attendre ?! Tu n'as même pas eu la politesse élémentaire de m'envoyer une note quand tu te retirais du marché !! Tu as osé me dire que tu reviendrais et je te retrouve en Floride dans les bras d'une putain d'américaine !!!
- Ce n'était pas prévu...
- Dehors... se fige t'elle à nouveau, glaciale.
- S'il te plaît.
- Dehors dehors DEHORS ! Tu sors d'ici, tu sors de ma vie et de mon cœur ! JE NE VEUX PLUS JAMAIS ENTENDRE PARLER DE TOI !!

Il baisse le visage. Et il s'en va. Ruinée, elle s'effondre à genoux, au milieu du cognac. Un hurlement déchirant lui transperce la gorge.


" Les roses de l'Europe sont le festin de Satan. "
Noir Désir


- Ma chérie ?

La suite est plongée dans le noir. Assise dans le même fauteuil depuis des heures, Ann laisse paisiblement son corps mourir. Quand son agent allume les lumières, elle grimace, détourne plutôt le regard vers son verre de cognac, qu'elle vide, à la même manière que les six derniers : sans respect ni considération. Elle renifle pour refouler les larmes qui ont tendances à couler toutes seules et s'enfonce plus avant dans les coussins. Son agent, une quadragénaire implacable, embauchée par sa directrice pour lui faire toucher le sommet, s'arrache un sourire faussement tendre. Elle aussi, elle lui donne envie de gerber. Elle et tous les autres. Ann lâche un soupir méprisant, elle se penche pour chercher mollement sa bouteille. Mais la fourbe est plus rapide et s'en empare avant.

- Non ça suffit avec l'alcool. Tu vas grossir, avoir des rides et les vaisseaux sanguins éclatés. Très mauvais.
- Rends moi ça avant que je ne traîne en justice pour violation de vie privée.

Son agent se gausse. Ann lui jette un regard d'autoroute. Elle récupère sa bouteille.

- Oui, bien sûr. Tu sembles oublier que ta vie privée ne t'appartient plus, que c'est marqué dans ton contrat avec l'agence. Maintenant, reprends-toi, veux-tu.
- Et pourquoi donc ? réplique la belle, à moitié saoule. L'amour de ma vie est entrain d'en baiser une autre à l'heure qu'il est. Ma carrière ne peut que retomber. J'ai pas d'ami, personne en qui je puisse faire confiance. Et j'ai assez de fric pour être alcoolique jusqu'à la fin de mes jours. Alors tu sais quoi ? Merde.

Elle se remplit un huitième verre. Madame le lui arrache des mains. Cette fois ci, ça va vraiment barder.
Mais avant qu'elle n'ait pu dire quoique ce soit, Ann voit le visage de son agent se rapprocher dangereusement d'elle. Elle sent ses mains étreindre son doux visage. La nausée la reprend.

- Écoute moi bien ma petite. Tu n'as pas d'ami parce que ce n'est pas ton travail. Personne ne te demande d'avoir des sentiments ici. Je suis désolée que tu ais été suffisamment idiote pour essayer quand même. Mais si tu continues à couler, tu vas perdre la seule chose qui te reste.
- Et qu'est ce doooonc ?
- La gloire. C'est tout ce que tu peux encore espérer.

Et le dragon esquisse un sourire monstrueux. Choquée, Ann sent toute sa conviction s'effondrer. Les larmes lui brouillent de nouveau la vue. " Et puis, tu as des contrats à honorer. "
Elle lui gerbe sur les chaussures.


Runway, New York, 29 ans :
" Cette nouvelle année voit naître un nombre étourdissant de nouvelles étoiles dans le monde de la mode. L'agence " Models " connaît une renommée encore rarement égalée depuis la découverte des inoubliables, tels que Ann Traur. En parlant du loup, la belle allemande honorera cette année de nouveaux contrats, pour des lignes toujours plus sombres et élégantes. Mais la question commence à naître sur toutes les bouches : y a t'il un âge limite pour le mannequinant ? Mademoiselle Traur, qui fêtera ses trente ans l'année prochaine, ne devrait elle pas se résoudre à prendre sa retraite ? Elle qu'on qu'on a autrefois connu si professionnelle et raisonnable, elle fait au moins preuve d'une persévérance méritoire. "

Un ramassis de foutaises. C'est ce que tous ces imbéciles d'hypocrites lui ont dit et répété, à cette idiote de soirée, dans ce loft pseudo design vintage post moderne à la con. Mais c'est aussi ce que Ann pense et peste intérieurement, du fond de son alcoolémie profonde, au volant d'une voiture qui va beaucoup trop vite. Elle espère avoir réussi à s'échapper avant qu'on ne remarque son état. Et quand elle pense on, elle veut dire son agent, son impitoyable directrice. C'est l'ironie quand on est une célébrité pour ceux que ça intéresse. Un monde restreint nous adore et nous arrache jusqu'à la propriété de nous-même.

Il ne manquait plus que les flics pour que la soirée soit complète.

Elle s'est épargné la cellule de dégrisement grâce à son joli sourire mais n'a plus ni voiture ni permis. Raccompagnée par un policier pas du tout intéressé, elle avale les dix mètres qui la séparent de son immeuble de luxe dans l'Upper East Side en se cognant contre les murs. Et devant les portes, une silhouette allongé dans un gros manteau qui pue la mort, probablement un vieux clochard du parc venu se perdre en rentrant chez lui.

- C'est pas vrai. Eh ! clame la belle sans délicatesse en s'accroupissant pour le secouer. " Tirez-vous de là !

Elle le retourne. Il n'est pas si vieux. En fait, il n'a pas l'air d'avoir la vingtaine. Et tout autour de sa bouche, grosse bulle de salive blanchâtre est entrain de se former.

- Oh mon dieu.


New York Times, Page 14, 29 ans :
Il sera bientôt sur toutes les bouches, le nom d'Ann Traur. Le sien et celui de son album révolutionnaire, ainsi que de sa campagne de soutien aux actions du gouvernement dans la lutte et la prévention contre le crime. Exhibée nue et excessivement amaigrie dans une vingtaine de photos pour le moins choquantes pour sensibiliser le public aux effets de la drogue sur le corps, l'exposition du mannequin a fait le tour des galeries les plus réputées de la ville.

Si on ne lui connaissait pas un tel goût pour les actions politiques et humanitaires, Annika Traur a su contredire son image de poupée glaciale, insensible et superficielle en menant de front l'exhibition de son corps méconnaissable et un grand tour des lycées les plus sensibles de la ville pour avertir les jeunes aux dangers des ports d'armes et usages de drogues. Huit lycéens auraient déjà, selon les témoignages ds administrations, rendu une arme achetée illégalement dans la rue, sous couvert de ne recevoir aucune sanction pour leurs aveux. Une rumeur raconte qu'Ann Traur serait ainsi pressentie pour un prochain film de société sur la consommation adulte des drogues dans le monde de l'entreprise et les dangers que font courir certains métiers à haute pression. D'autres mannequins se sont mobilisés pour lancer des témoignages notamment sur le monde de la mode, connu pour avoir fait plonger nombre d'hommes et de femmes dans des abus extrêmement poussés de leur propre corps. Si elle même n'a jamais consommé de substance illégale, Annika Traur nous délivre dans une vidéo en libre service sur internet un témoignage touchant sur sa propre consommation d'alcool, qu'elle juge elle-même " trop nécessaire pour être saine. "

Ann Traur, peut être pas la future ambassadrice de la pai mais, assurément, un visage d'espoir pour cette ville et notre nation.


- C'est brillant, Ann. Brillant.  s'extasie la charogne en refermant le journal. J'ai toujours admiré ton pragmatisme.
- Merci. Tu es virée.
- Je te demande pardon ?
- J'en ai déjà parlé à la directrice de l'agence et elle est d'accord. En attendant d'en avoir fini avec tout ça, je vais chercher un autre agent, qui ne soit pas mobilisé par le diable en personne. Je ne veux plus jamais te revoir.

Bien sûr, Ann ne se fait aucune illusion. L'agence va se précipiter sur cette opportunité et en faire un nouveau moyen de sortir de l'agent et de la renommée. Mais si elle est prête à concéder son âme au diable, rien ni personne ne lui enlèvera ce fragment fraîchement retrouvé d'humanité, dusse t'elle se faire passer sur le corps.

On ne lui retirera pas le souvenir de cette salle d'urgence pleine à craquer, la misère humaine qu'elle avait oubliée. De sa tenue de haute couture détonnant au milieu des clochards édentés, des plaies suintantes et des propos incohérents beuglés par un alcoolique ligoté à un brancard. On ne lui retirera pas du nez l'odeur écoeurante de la vie pouilleuse de certaines personnes, de l'autre côté du monde. Et de ses oreilles le son étrangement cristallin de cette infirmière venu lui dire que son sauvetage avait payé, que l'homme était sorti d'affaire et voulait la remercier, après des heures à attendre qu'il se réveille, dans cette salle, cette puanteur, cette misère.

Elle n'est pas allé le voir. Elle ne l'a jamais revu. Elle n'aurait pas su quoi lui dire parce que malgré tout, en dehors des interviews, elle n'est plus jamais capable de savoir quoi dire. Mais cette semaine là et depuis, elle a besoin moins souvent de boire trois verres de vin pour s'endormir.



Wanna know more ?


La plus grande honte du personnage ;
Elle a commencé avec ces photos prises d'elle à la dérobée quand elle avait seize ans et s'est poursuivie sous d'autres formes depuis. Ann a depuis ce besoin compulsif d'être aimée pour son image pour compenser ce dégoût qu'elle a d'elle-même, infime mais indécrottable. Et sa plus grande honte, paradoxalement, est depuis toujours de n'avoir rien d'autre à offrir que son image. Plus les années passent et plus elle se désincarne, se laisse convaincre qu'elle est bonne à jeter. Elle a honte de s'être assez vidée de son essence pour avoir laissé fuir l'homme de sa vie et cherche par tous les moyens à retrouver une flamme à travers ses actions récemment entreprises.
Définition de l'enfer pour le personnage ;
L'oubli, purement et simplement. L'inexistence dans la presse et la sensation de n'avoir rien fait de valable ou de durable, une électrochoc qu'elle a subi quand le hasard l'a confronté à la réalité, dont elle s'état échappée derrière son royaume de cristal. Elle a compris que tous les articles de presse jusque ici recensés n'étaient déjà plus rien que de la poussière et n'ayant pratiquement aucune attache, elle sait qu'il n'y aura personne pour se souvenir d'elle. Cette idée la terrorise et la plonge entièrement dans sa récente lutte pour une cause noble, quoiqu'un peu égocentrique.
Définition du paradis pour le personnage ;
Elle est incapable de répondre à cette question puisqu'elle a fini par oublier le concept de joie personnelle. Mais ainsi, elle se trouve sûrement très facile à surprendre et à contenter, et une éventuelle joie future sera sans doute de faire une rencontre qui puisse l'enrichir personnellement plutôt que de nourrir perpétuellement son image.
Point faible du personnage ;
Le vin rouge, la cigarette, le chocolat, les pâtisseries, le fromage italien. La Renaissance, les beaux ténébreux, l'architecture espagnole, le dernier verre. Les magasines féminins dans les toilettes, ceux qui ne parlent pas d'elle. Les vestes d'amiral, les louboutins, les décolletés dans le dos, les smokings, les richelieus. La pratique drastique et presque addictive de sport pour filles dans son salon. Les grosses chaussettes qui tiennent chaud, les joggings, le sweat informe qu'elle a depuis quatorze ans. New York, la nuit, les gratte ciels, l'immensité, l'anonymat. Quand elle était au collège, elle détestait l'histoire et encore maintenant, elle ne sait pas retenir une date. 1515, Marignan. Les anniversaires, les cadeaux, les cartes de voeu, les voyages. Les matins dans les bras d'un type dont elle a oublié le nom.
L'engagement affectif, aussi.
Beaucoup.
Point fort du personnage ;
Ann a beau être complètement paumée, il faut être extrêmement psychologue, quasiment télépathe pour le remarquer. Elle est un génie de la communication et gère malgré tout extrêmement bien sa carrière, n'ayant commis qu'une légère entorse au code de la route en guise de faux pas. Malgré un état d'esprit qui peut laisser à désirer, elle nourrit une hygiène de corps drastique et une image de solidité extrême en société. Elle est extrêmement charismatique, convaincante, consciente de ce qu'elle peut et ne peut pas faire et mène chacune de ses campagnes d'une main de maître, assez pour avoir repris un peu de pouvoir sur sa carrière, ce qui dans le monde de la mode relève de l'exploit.
Casier judiciaire ;
- Un excès de vitesse en état d'ébriété il y a un an.
- C'est tout.

Behind the screen...


Prénom ou pseudo ; Ann
Âge ; 24 ans
Où avez-vous connu le forum ; Il est célèbre, j'ai longtemps été intimidée avant de m'inscrire (je me tâte depuis un an)
Connexion ;2-3/7 - études prenantes mais je n'abuserai pas des sujets et intrigues, c'est promis. Un ou deux rps de front maximum. Je comprendrais si ça ne vous suffit pas.
Code du règlement ;
Spoiler:
 
Exemple de RP ;
Spoiler:
 
Célébrité sur l'avatar ; Dree Hemingway
Multicompte(s) ; Nope
Un dernier truc à dire ? ; Mes plus plates excuses pour la longueur.


Dernière édition par Ann Traur le Jeu 2 Oct - 9:01, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: [TERMINÉE] Ann Traur   Mer 1 Oct - 19:46

(Re?)Bienvenue ici ! Ça promet déjà une fiche agréable à lire Very Happy


♦️ ♦️ ♦️ ♦️ ♦️

« Un enfant n'a jamais les parents dont il rêve. Seuls les enfants sans parents ont des parents de rêve. »
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MessageSujet: Re: [TERMINÉE] Ann Traur   Mer 1 Oct - 19:59

Bienvenue parmi nous, bon courage pour la rédaction de ta fiche. Wink
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MessageSujet: Re: [TERMINÉE] Ann Traur   Mer 1 Oct - 20:42

Bienvenue sur le forum !! Razz

Bon courage pour ta fiche, elle a l'air prometteuse ta miss !



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Even though your words hurt the most, I still wanna hear them, every day. You say let it go but I can't let it go. For I'm so scared of losing you and I don't know what I can do about it. So tell me how long, love, before you go and leave me here on my own. I know that I don't wanna know who I am without you.
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MessageSujet: Re: [TERMINÉE] Ann Traur   Mer 1 Oct - 21:41

Merci, vous trois ! Très contente que l'introduction vous ait plu, j'espère que la suite ne décevra pas ceux qui auront le courage d'aller au bout de cet effrayant pavé.

Encore pardon au membre de l'administration obligé de lire tout ça. En échange, je me soumets docilement à la moindre demande de modification. Et je mets un petit poisson.

:fish:
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MessageSujet: Re: [TERMINÉE] Ann Traur   Mer 1 Oct - 21:56

Fantastique plume. J'adore. Je veux un lien :big: s'il te plait

:porte:


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MessageSujet: Re: [TERMINÉE] Ann Traur   Mer 1 Oct - 22:21

Demandé si poliment par un si joli petit lot ça ne se refuse pas :big:
Je vais attendre d'être validée et d'avoir un peu assimilé le forum avant de me lancer dans de grandes expéditions mais je me mets dors et déjà en quête d'une idée à trouver.
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MessageSujet: Re: [TERMINÉE] Ann Traur   Jeu 2 Oct - 1:06

« Tout le monde ment.  » Hoouusseee

Bienvenue sur le forum et comme t'as fini ta fiche mon speech de bienvenue habituel prend fin là Laughing
Je m'en occupe dans la soirée !

edit : alors le seul point à changer c'est au niveau du point faible. Bien que tout soit très bien expliqué, il faut quand même mettre le minimum, pour que ce soit juste pour tout le monde.
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MessageSujet: Re: [TERMINÉE] Ann Traur   Jeu 2 Oct - 9:01

Je comprends, chef. C'est bon, j'ai bricolé un petit truc. Si ça ne convient pas, aucun soucis. :fish:
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Reine des Glaces
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MessageSujet: Re: [TERMINÉE] Ann Traur   Jeu 2 Oct - 12:22

Bienvenue sur le forum, bon jeu parmi nous Wink




    She'll suck you dry... But still you'll cry, to be back in her bosom. To do it again. She'll make you weep... And moan and cry, to be back in her bosom. To do it again... Saviors and saints, devils and heathens alike... She'll eat you alive.
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MessageSujet: Re: [TERMINÉE] Ann Traur   Ven 3 Oct - 3:50

Bravo !

Tu es une future victime de la Fatalité

Merci ! Surtout que c'est très intéressant, c'est une autre manière de la connaître, ce que t'as mis n'était pas tout indiquer dans ta fiche.
Ce n'est pas grave du tout pour la longue, j'ai trouvé que ça se lisait très bien et bonne chance à Ann pour continuer sur ce bon chemin !

En tant que nouvelle victime potentielle, tu peux maintenant faire ta fiche de liens, de sujets, recenser ton métier, comprendre le système de points, voter pour le forum, lire les frappes pour te mettre dans le bain, et te rendre sur cette page où d'autres liens pourront t'être utiles.

Bon jeu parmi nous et n'oublie pas : Personne n'est maître de son destin !

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[TERMINÉE] Ann Traur

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