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 [Flashback - Octobre 2013] Sous les jupes des filles - August

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MessageSujet: [Flashback - Octobre 2013] Sous les jupes des filles - August   Ven 3 Oct - 8:46

" Rétines et pupilles,
Les garçons ont les yeux qui brillent
Pour un jeu de dupes :
Voir sous les jupes des filles,
Et la vie toute entière,
Absorbés par cette affaire,
Par ce jeu de dupes :
Voir sous les jupes des filles."


- Cabinet d'August Lockhart ?
- Oui, bonjour, Annika Traur à l'appareil. J'aimerais avoir un rendez-vous avec Maître Lockhart, le plus vite possible.
- Vous êtes une cliente ?
- Non, c'est pour un conseil juridique ponctuel.
- Bien. Je peux vous proposer Novembre, le 23 ?
- Ce n'est pas possible de trouver plus tôt ? Je serais déjà en pleine effervescence pour le défilé d'hiver, en Novembre, il sera difficile de m'échapper.

D'aucuns diront qu'il est mesquin d'utiliser sa petite renommée pour obtenir des faveurs et à ceux là, Ann répondra qu'ils feraient sans doute la même chose à sa place. Il n'y a plus qu'à espérer que, comme elle le présume, la secrétaire juridique d'un beau et brillant avocat soit versée dans le monde de la haute couture.

- Oh mon dieu. Vous êtes Ann Traur ? Bingo. La question est rhétorique et le mannequin laisse un silence bref y répondre. J'ai adoré votre interview sur l'épanouissement sexuel par l'appréciation de soi, l'article est encore accroché sur le miroir de la salle de bain. Ah oui, c'est vrai, elle a aussi pondu ce ramassis de foutaises. Annika lâche un remerciement poli, dont l'intonation parfaite transcende même une conversation téléphonique, à ce point eu l'on peut imaginer l'humilité sur son visage à travers les ondes. Bon, pour vous, je peux essayer de décaler un rendez-vous. C'est un emmerdeur, de toute façon, en un sens je fais une faveur à mon patron. Jeudi prochain, 15 heures ?
- C'est parfait. Je vous remercie beaucoup.

August, c'est tout de même un drôle de nom, songe la dame en écourtant les salutations interminables de sa secrétaire pour raccrocher le téléphone. Et c'est à peu près tout ce que son expérience dans le domaine peut penser de lui.

Ann n'a jamais eu besoin d'avocats, son agence s'est chargée d'utiliser les siens en cas de nécessité, la plupart contre des paparazzi, ce qui finalement n'est pas arrivé très souvent. Cinquante pour-cent d'entre eux étaient mandatés par la directrice elle-même et concernant le reste, elle et toute son équipe de communication ont pris le parti d'une indifférence pleine de sagesse et de maturité. De toute façon, si on omet l'incident d'ébriété au volant cet été et la recrudescence brève d'intrus dans sa vie privée depuis, Ann n'a pas une image assez scandaleuse pour attirer fréquemment la presse à scandale. Tout juste quelques articles par ci par là sur son éternel célibat quand ils ont un trou à remplir à la fin d'un de leurs torchons. On est quand même loin de Rihanna.

Donc si on omet la tentation jamais assouvie parce que vouée à l'échec de poursuivre son agence pour atteinte à la dignité humaine, Ann Traur n'a jamais eu à considérer cette grande vocation qu'est le Barreau. N'ayant fait aucune étude, elle ne sait d'ailleurs en quoi il consiste qu'à travers les feuilletons du soir, probablement tous plus faux les uns que les autres. Trouver la personne qui puisse contourner le renoncement à sa dignité humaine écrite noir sur blanc sur son contrat ne fut donc pas une chose aisée. En rétrécissant la piste, le nom d'August Lockhart s'est avéré le dernier en lice dans ses recherches, de par sa capacité à éviter beaucoup de dégâts dans les affaires sensibles. Une collègue et copine d'Annika est notamment parvenue grâce à lui à éviter de voir s'effondrer sa carrière à cause de photos compromettantes prises des lustres auparavant par son petit ami à l'époque et mises en ligne par le même homme, devenu un ex particulièrement revanchard. Cette affaire s'est conclue par une plaidoirie d'un culot mémorable sur le droit de la femme à exhiber ses fesses dans la sphère privée sans que ça ne retentisse sur sa carrière et ce petit coup d'éclat dans le monde très privé de la mode est ce qui a convaincu Ann de s'orienter vers lui.

Il y a pourtant des points noirs chez cet homme. D'abord, la jeune femme se méfie beaucoup des touche à tout, les évite même avec une rigueur obsessionnelle dans son boulot, parce que la plupart s'avère finalement moyenne en tout et que le reste est partagé entre les vrais génies et ceux qui sont à la fois doués et un peu arnaqueurs. Que Maître Lockhart compte aussi ostensiblement dans la troisième catégorie n'est pas vraiment pour la rassurer. Ensuite, elle a appris de sa propre bouche que cette fameuse copine avait couché sans résistance avec Monsieur qui est apparemment si beau, si charmant, si persuasif. Et s'il est une catégorie dont elle se méfie plus que les touche à tout, c'est bien celle des don juan à la sauvette. Cette affaire est trop sensible, trop importante pour qu'elle se risque à l'égarer dans un jeu puéril de séduis-moi si tu peux.

Mais de toute façon, les avocats spécialisés dans le monde médiatique sont tous surveillés sinon mandatés par son agence et l'anonymat lui est finalement plus nécessaire qu'une véritable pointure dans le domaine puisque quelle que soit la complexité de son projet, sa question reste assez simple. Et si coureur de jupons soit-il, il est apparemment assez professionnel pour ne pas en faire pâtir ses affaires. Du reste, en travaillant dans le monde de la mode, Ann Traur est bien assez charpentée pour résister aux avances de petits malins convaincus d'être les plus séduisants d'une assemblée, bercée dans des shootings sensuels avec des types à qui on répète ce genre d'âneries à longueur de journée. Une conclusion en amenant une autre, Maître Lockhart est resté la meilleure option qui se présentait à elle.

Mais August, c'est quand même un drôle de nom.



" Elles, très fières,
Sur leurs escabeaux en l'air,
Regard méprisant et laissant le vent tout faire,
Elles, dans le suave,
La faiblesse des hommes, elles savent
Que la seule chose qui tourne sur terre,
C'est leurs robes légères. "


Malheureusement, même sur des petites distances, les chauffeurs de taxi parlent, ils un compte comme tout le monde sur les réseaux sociaux. Une destination trop précise aurait été dangereuse.

Le métro à quelque peu échevelé son chignon de femme d'affaires et le coiffé décoiffé auquel elle s'était acharnée avec deux crayons coincés entre ses mèches est devenu un véritable négligé. Quelques pinces à nourrice coincées entre ses dents blanches, Ann s'emploie à lui redonner un semblant de forme dans l'ascenseur avant de parvenir au dernier étage de cet immeuble si moderne et imposant du quartier des affaires, parfait refuge pour des avocats se voulant bien réputés. Ceci fait, elle redessine ses lèvres d'un rose mat, ne voulant décemment pas pousser la caricature jusqu'au rouge tape à l'oeil qui veut tant se faire prendre au sérieux. L'expérience lui a appris qu'affronter un entretien dans un domaine où on ne connaît rien est beaucoup moins risqué si on donne l'impression d'y être parfaitement à l'aise. Et cette impression passe avant tout par l'image que l'on donne au premier regard, l'importance capitale d'un parfait code vestimentaire. Un tailleur pour une entrevue avec un avocat sur son contrat de travail est ce qui semble être l'option la plus indiquée. Ca, un chemisier vert clair pour adoucir sa tenue et, bien évidemment, la paire scandaleuse de talons aiguilles offrant à son bon mètre soixante dix neuf une taille vertigineuse, l'occasion d'intimider les instincts primaires de Monsieur.

Tout ça non pas pour essayer de dominer l'entretien, ce qui serait d'une idiotie sans nom, mais seulement dans le but de le dissuader d'emblée de la prendre pour une courge.

Le cabinet est plutôt moderne, aussi sobre que possible. Réconfortée, Ann goûte cette ambiance qui se veut sérieuse sans écraser les ignorants de passage. Ses talons foulent docilement le sol dans la direction indiquée jusqu'à l'accueil et elle retrouve la secrétaire derrière un bureau quelque peu désordonné, le regard brillant que le mannequin pouvait déjà deviner derrière le combiné. La demoiselle reste professionnelle, malgré tout, elle dégage la force de caractère nécessaire et suffisante pour résister à son patron. Elle la conduit en salle d'attente sans manière excessive, tout juste l'étincelle des gens conscients de parler à une personne de la presse, même si ce n'est pas non plus Meryl Streep. Elle lui propose un café, qu'Annika décline poliment en faveur d'un thé, plutôt, si c'est possible. Une myriade de choix s'offre à elle en autant de sachets soigneusement alignés dans un petit coffre. Remplissant son rôle, elle en choisit un parfaitement au hasard en donnant l'impression de savoir parfaitement ce qu'elle fait. Elle n'a de toute façon pas le temps de le laisser refroidir que déjà, elle le rend à la jeune femme venue la chercher pour la conduire à Maître Lockhart, qui va la recevoir.

En franchissant la porte du bureau autrement mieux rangé pour serrer la main de l'avocat, le mannequin songe qu'elle aurait pu s'épargner de torturer ses orteils et se contenter des ballerines soigneusement cachées dans son sac pour affronter les bouches de métro. Il est moins grand que ce qu'elle pensait. Et elle s'efforce de ne pas songer que sa copine n'avait pas menti, que ça ne tarit pas vraiment son charme.

Soucieuse de sa chorégraphie, elle s'assoit sur son invitation et cherche alors seulement dans son grand sac haute couture un contrat épaissi par les années d'exercice. Onze ans, déjà. Six versions différentes, rangées par ordre chronologique dans l'étagère qui leur est consacrée. Si occasions différentes de la perdre en termes techniques et explications brumeuses chaque fois qu'elle demandait des précisions sur le contenu. Elle n'a jamais signé sans savoir dans quoi elle s'engageait mais en toute sincérité, elle oublie toujours consciencieusement tous les détails dès la signature apposée.


Comme je l'ai expliqué à votre secrétaire, j'ai besoin d'un conseil juridique sur mon contrat de travail. explique sobrement la dame, non sans un certaine distance. Comme toujours, son accent transperce et adoucit sa voix, lui octroyant ce charme attendrissant dont elle se passerait bien, parfois. Un mélange d'américain, d'anglais académique, d'allemand et de français, une pointe d'exotisme à l'européenne. Je suis mannequin et j'ai conscience d'avoir renoncé à mon droit à l'image mais j'aimerais savoir si je peux malgré tout entreprendre un projet personnel incluant des photos de moi sans en parler à mon agence, dans le cas où il serait strictement non lucratif.
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MessageSujet: Re: [Flashback - Octobre 2013] Sous les jupes des filles - August   Ven 3 Oct - 14:59

Ann & August

❝ Sous les jupes des filles ❞
© Freedom.thief


Les dossiers lamentablement entassés sur mon bureau peuvent laisser penser que je suis désorganisé. Ou débordé. Peut être négligé. Ces pensées seraient parfaitement correctes et c’est tout naturellement qu’elles se fraient un chemin dans mon esprit lorsque j’entre dans la pièce.
Il est 8h. L’heure habituelle pour se rendre au travail, pour des millions de personnes. Je suis rarement en retard. Jamais en avance. En fait, ce cabinet est à moi. Je suis mon patron, je suis le décideur et le puni, le responsable et l’artiste en ces lieux. Mais oui, les impressions les plus tenaces quand je m’installe ce matin sont majoritairement pessimistes. Désabusées.

Après une pénible matinée à faire un premier tri – guère productif mais nécessaire – pour débroussailler la montagne de travail qui m’attend, un repas-réunion soporifique à souhait et trois cafés, je m’offre une pause. J’accepte enfin le déca que me propose la secrétaire puis, pensif, je laisse mon regard s’évader à travers l’immense baie vitrée.

...
Aucune photo, pas un objet pour me souvenir. Je n’ai pas besoin de présence matérielle pour sentir Sarah à mes côtés. Son amour, son amitié, notre complicité, ma culpabilité. Tout est là, toujours, inlassablement.  C’est elle qui m’a poussé dans les bras de la justice. Cette loyauté qui lui a si crument manquée : je tente de la rattraper. De compenser son triste sort. Je cours après mes démons, mais rien n’effacera jamais la lâcheté dont j’ai fait preuve. Les années ont brouillé certaines images, trompé l’arrière goût de sang qui emplissait ma bouche et même effacé les fractures qui me paralysaient. J’ai toujours été coupable et ma réussite professionnelle, contrairement à ce que j’espérais encore gamin, ne supprime en rien la douleur. A vrai dire, la honte est amplifiée, jour après jour, succès après succès. Mon arrogance s’est centuplée, mon machisme étalé est une carapace que j’en suis à apprécier et mon avidité pour le sexe comme pour l’argent font de moi l’un des plus odieux personnages de la grosse pomme.
Si le paternel voyait ça.

« …Monsieur ?! »

Hum ?
Je relève la tête et retire la main de mon menton pour mettre fin à l’attitude nostalgique. La jeune femme a l’air contrariée. J’esquisse un sourire moqueur lorsque ses joues rosissent, et l’invite à répéter, pour la troisième fois.
La célèbre Ann Traur attend. Les yeux admiratifs de la secrétaire me laissent perplexe. J’hausse un sourcil interrogateur, feignant d’être blasé par son attitude puérile, mais suis en réalité curieux.
Je ne m’intéresse pas à la mode. Pas besoin de plonger dans ce gouffre des extrêmes pour connaitre l’engouement du moment. De toute façon les styles arrivent toujours en ville avec un gros décalage et il suffit d’allumer la télé pour s’informer.
Triste monde.

La seule raison qui pousse mes yeux sur ces corps chiquement habillés, ce sont ces corps eux-mêmes. Le nom des mannequins m’en font une belle ! De Jambe.

« Enchanté, j’vous en prie installez-vous. »

Aucune trace de l’amertume qui m’habite, pas le moindre indice quant à la tenace mélancolie qui s’agrippe à mon âme ni même l'esquisse des émotions contradictoires qui me tourmentent.
Je suis un homme fort, hautain, plein d’assurance et de talent. Le pire dans le fond, c’est que je suis réellement devenu cet avocat insolent.

- Comme je l'ai expliqué à votre secrétaire, j'ai besoin d'un conseil juridique sur mon contrat de travail. […] Je suis mannequin et j'ai conscience d'avoir renoncé à mon droit à l'image mais j'aimerais savoir si je peux malgré tout entreprendre un projet personnel incluant des photos de moi sans en parler à mon agence, dans le cas où il serait strictement non lucratif.

Elle est belle. Elle diffuse la luxure et déborde de sensualité. A moins que ce soit une idée. Mais ce côté contrôlé, quasi fatigué, ennuyé, ne la rend que plus fascinante.
Je plisse les yeux afin de mieux la détailler, sans scrupule, avant de hocher la tête. Pour moi-même. Puis, il est temps de répondre à ma nouvelle cliente.

« Deux choses. »

Je relève le visage en m’avançant pour planter un coude sur la table.

« Premièrement : vous avez renoncé à votre image – je n’aime pas l’expression "droit à l’image" – pour débuter, puis, vous avez peut être suffisamment réussi pour la récupérer. »

Une pause, pour jauger sa réaction.
Je reprends, impassible.

« Deuxièmement : …c’est quoi ce but non lucratif ? C’est caritatif ? »

Loin de moi l’idée de la juger. Personnellement, je déverse chaque mois une somme généreuse à une association défendant les droits des enfants dans les quartiers défavorisés. Je sais de quoi je parle et pourtant : personne ne le sait.
Qu’importe. Avant qu’elle réponde je préfère récapituler.

« J’ai besoin de mesurer l’impact de votre succès, si vous permettez. D’accéder à l’intégralité de votre contrat. De tout savoir de votre nouveau projet et, enfin, de faire votre connaissance. »

Un sourire presque carnassier que je dissimule sous un air distrait. Colère ? Stupeur ? Crainte ? Dégoût ? Je secoue la tête pour éviter de déclencher sa fureur…ou de troubler son calme impressionnant.

« Je ne peux pas prendre une affaire en main sans en apprendre un maximum sur mon client. Il faut que vous me parliez un peu de vous. Donnez-moi les informations que vous pensez utiles à ce droit à l’image, à votre carrière professionnelle et à ce nouvel engagement non lucratif. Mais pas seulement. J’ai besoin de tout savoir, mais je ne peux vous soutirer des informations privées sans que vous me les donniez de votre plein gré.
…je ne voulais pas être, impertinent. »


Mon sourire s’étire, plus sympathique, et je retourne contre le dossier de mon fauteuil en croisant les bras sur mon torse. Il faut qu’elle parle. Pour en dire des tonnes ou se contenter d’articuler un refus, ce sera une première ébauche des grandes lignes de sa personnalité.
Celles que son allure ne m’a pas encore révélées.


©️ OMEGA
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MessageSujet: Re: [Flashback - Octobre 2013] Sous les jupes des filles - August   Ven 3 Oct - 15:26

Il fut un temps où elle aurait sans doute été impressionnée. Presque reconnaissante. émerveillée qu'un homme aussi charmant, aussi intelligent lui prête assez d'attention pour porter ne serait-ce qu'un peu d'intérêt à sa misérable petite existence. Rétrospectivement, heureusement qu'en ce temps, Annika avait Manek pour compenser sans mauvaise intention ce besoin compulsif qu'elle avait d'être aimée, choyée, remarquée, derrière ses airs de petite sainte nitouche innocente. Heureusement qu'elle avait son esprit vif et son art de voir le pire de chacun quand elle s'efforçait de se convaincre du meilleur, sans quoi sa confondante naïveté lui aurait attiré des ennuis pour le moins compromettants.

Dans un autre temps, Ann Traur aurait été en colère. Furieuse qu'on espère ainsi la manipuler, lui donner du charme et des manières courtoises, des discours si bien menés. Révoltée qu'on la croie assez stupide, encore assez naïve pour tomber sous la coupe d'un homme si vite qu'elle lui en déballerait sa vie privée après littéralement une minute trente de conversation, parce qu'il avait cherché à la rassurer.

Mais aujourd'hui, à le regarder lui mener sa danse, elle est seulement fatiguée. Fatiguée de voir les mêmes gens lui répéter inlassablement les mêmes mimiques dans le sempiternel but de lui arracher quelque chose sans même daigner lui expliquer pourquoi. Pourquoi ce besoin compulsif de dévorer des morceaux de ceux qu'on croise. Quel est cet intérêt sordide pour l'intimité de l'autre. Peut on décemment avoir à ce point besoin de compenser la tristesse de sa vie, qu'on en vient à se passionner pour une étrangère qui n'a pourtant montré jusqu'ici que de jolies jambes.

Qu'est ce que tu espères, franchement ? La nouvelle flamme jusqu'à la prochaine ? Ou seulement une occasion de t'en faire une de plus ?

C'est dommage, elle commençait à trouver son bureau charmant.


- Deux choses. ... Premièrement, ce n'est pas une affaire, c'est un conseil ponctuel et c'est la seule raison pour laquelle je vous paye. Deuxièmement, quand vous parlez comme ça, vous ressemblez trait pour trait à la quinquagénaire bedonnante qui me sert d'agent.

Si Ann l'a laissé finir son argumentaire sans rien dire et même brillé d'une impassibilité remarquable, un sourcil s'est pourtant haussé deux fois sur son visage. Le premier, discret, plus las que réellement étonné, quand il s'est permis à l'instar de tout son entourage professionnel de la déshabiller au scanner. Le deuxième, peut être plus visible et plus durable, à l'évocation de ce fameux projet dont il voulait absolument tout savoir. Bien vite effacé par un sourire infime, esquisse incrédule et presque invisible au moment où il fut question de faire connaissance.
Et Ann doit s'efforcer de se rappeler que tout n'est pas bon à jeter, que monsieur a le goût de la rhétorique et sait mener un argumentaire, qu'il est réputé, qu'il lui reste peut être même un fond de déontologie derrière cette risible parodie de prédateur. rassurant.. tout pour conserver un tant soit peu d'amabilité. Une très légère douceur dans sa posture qui semble, à mesure qu'il parlait, s'être lentement statufiée. Une neutralité bienveillante sur son visage et dans le sourire qu'elle esquisse encore, un regard brièvement égaré vers la fenêtre.


- C'est amusant, d'ailleurs, cette façon qu'ont les gens dont le métier est de convaincre d'autres gens, d'avoir les mêmes expressions aux mêmes temps d'une conversation. Les avocats, les agents, les politiques, les journalistes... Comment vous dites... les orateurs ? Le truc expliqué par ce type dans ce vieux livre que je n'ai jamais lu.

Platon, Socrate, César en personne, peu importe.
Elle ne bouge toujours pas d'un millimètre, ainsi droite contre le dossier de sa chaise, ses jambes soigneusement croisées devant elle. Seul son cou travaille à lui faire quitter la contemplation de la fenêtre pour tourner à nouveau son visage vers l'homme lui faisant face, ce petit empereur de la séduction perché sur le trône de sa carrière. Le sourire a disparu, néanmoins. Et son air est moins doux, moins neutre, moins bienveillant quand elle embraye, se passant à son tour de le laisser répondre avant de ce faire.


- Mais vous savez quoi ? Vous n'avez pas besoin de vous fatiguer. Il vous suffit de lire les journaux, la presse à scandale ou même passer un coup de fil à mon agence. J'ai compté sept versions différentes de mon histoire, vous n'aurez qu'à choisir celle qui vous séduit le plus et nous épargner à tous les deux ce moment fastidieux et parfaitement surréaliste au cours duquel vous étiez supposé me soutirer quoique ce soit.

Son corps semble reprendre vie quand elle lui pose le contrat sous les yeux, en un mouvement bref, précis, sans interprétation possible.
Certes, elle bluffe un peu, pour l'agence. Non pas qu'elle craigne que son entourage professionnel soit le seul à connaître la vraie version des faits, il ne la laissera jamais échapper et se trouve d'ailleurs à l'origine de trois versions sur sept. Mais elle n'a pas vraiment envie de devoir expliquer pourquoi un avocat inconnu de leurs services les appelle et cherche à en apprendre plus sur elle.
Son visage s'incline, légèrement, et le sourire étirant ses lèvres se fait plus incisif. Ann offre la parfaite chorégraphie de femme forte et impitoyable à sa petite danse d'homme moderne et séduisant, histoire de laisser du grain à moudre à ses fantasmes, qu'il oublie l'idée grotesque de faire connaissance avec elle et se concentre à apprendre ce qu'il a envie d'apprendre. Tout le monde veut quelque chose de l'autre, tout le monde rêve de voir en lui ce qu'il en attend. Il suffit de le leur servir.


- Parlons de vous, maintenant. J'ignore si vous avez eu une mauvaise journée ou si vous êtes constamment aussi grossier et je m'en moque. Vous n'êtes ni mon ami ni mon thérapeute. Vous êtes un avocat. Votre seule tâche consiste à lire ce contrat, à me dire si oui ou non je l'enfreins en perdant dix kilos pour me faire photographier dans la peau d'une junkie pour une exposition dont je ne peux prédire le succès puisque je n'en ai pour l'instant que l'idée, dont les éventuels bénéfices reviendront aux quartiers défavorisés. Vous n'avez certainement pas besoin d'en savoir plus pour me répondre. C'est d'ailleurs toute l'implication que vous aurez dans ce projet et elle se terminera à l'instant où j'aurais payé cette consultation. Et dans sa comédie, une très légère faille se crée, qu'elle ne le croit pas assez psychologue pour entrevoir. La variation est infime, Ann passe en fait de femme déterminée à femme déterminée. C'est peut être une pointe de sévérité passant sur son visage, cet éternel professionnalisme dont elle ne déroge jamais. Ou bien seulement un fond de sérieux venant appesantir des propos qu'elle ne pensait jusque là pas moins mais dont elle se fichait finalement pas mal. Je ne saurais trop insister sur ce point là.

Ôte tes sales pattes lubriques et intéressées de ma putain de rédemption.

- Pour ce qui est de mon succès, dites-vous qu'il est suffisamment vaste pour avoir engendré sept versions de mon histoire et qu'il ne le sera jamais assez pour récupérer la propriété de mon image sans couler ma carrière par le fond, ce dont je n'ai absolument pas l'intention.

Elle ne compte pas faire un procès, elle ne veut pas vexer qui que ce soit et encore moins être le bras armé de la lutte contre la dictature inhumaine des agences de mannequinat. Tout ce qu'Annika souhaite, c'est pouvoir mener son action à bien sans qu'elle ne soit souillée par les intérêts médiatiques d'une agence qui se fout éperdument d'un taux de criminalité en perpétuelle croissance. Elle mène cet entretien dans le seul et unique but de conserver la virginité de son entreprise, alors ce n'est certainement pas pour la regarder se faire détrousser par un macho avide d'en faire une bonne raison de l'attendrir, comme une putain de bordel sur les marches de la gloire.
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MessageSujet: Re: [Flashback - Octobre 2013] Sous les jupes des filles - August   Ven 3 Oct - 17:11

Ann & August

❝ Sous les jupes des filles ❞
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Ce n’est pas une affaire ? J’effectue un rapide état des lieux. Je suis bien dans mon bureau et cette empotée se présente effectivement comme une cliente. Soit. Ne jouons pas sur les mots, je suis engagé pour un « conseil ponctuel ». Ma méthode ? Prendre cette affaire au sérieux et pour ce faire, j’ai besoin d’en connaître plus sur la miss.
On tourne en rond, je reste attentif.

La description de son agent me fait tordre le nez et, après m’être assuré que le bureau est bien celui que je connais, voilà que je suis contrains de vérifier que le terme bedonnant ne convient pas à mon physique. Une main glissée contre mon abdomen, je hausse brièvement les épaules sans craindre de passer pour un excentrique.
La quinquagénaire boursoufflée n’est plus qu’une vague image du monde professionnel de Ann Traur.

Je me fiche pas mal de savoir ce qui déplait dans mon comportement, dans la tournure de mes phrases ou l’air conquérant de mon regard. Si elle est venue ici, sur ses grands  chevaux et armée toute sa fierté, c’est qu’elle a besoin de moi, la mannequin.
J’attends que ses ardeurs délicieuses s’apaisent, sans dire un mot.

Après tout je voulais qu’elle parle, n’est-ce pas ? Le procédé est en marche, je continue à tenir les rennes.

Au tour de Socrate d’en prendre un coup. À cette évocation, je plisse légèrement les yeux. Où veut-elle en venir ? Je veux bien qu’elle s’exprime mais je n’ai pas l’intention de lui accorder le reste de la journée.

- Mais vous savez quoi ? Vous n'avez pas besoin de vous fatiguer. Il vous suffit de lire les journaux, la presse à scandale ou même passer un coup de fil à mon agence. J'ai compté sept versions différentes de mon histoire, vous n'aurez qu'à choisir celle qui vous séduit le plus et nous épargner à tous les deux ce moment fastidieux et parfaitement surréaliste au cours duquel vous étiez supposé me soutirer quoique ce soit.

Appeler son agence ? Alors que je dois effectuer un contrôle de ses procédures ? Du formulaire de ses contrats ? Aucune réaction, j’attends que le sac soit vidé.
Oh, la remarque sur les sept versions différentes m’amuse cependant. J’apprécie ce chiffre, il faut dire. Et puis quoi, se prend-elle pour un chat ?

- Parlons de vous, maintenant. J'ignore si vous avez eu une mauvaise journée ou si vous êtes constamment aussi grossier et je m'en moque. Vous n'êtes ni mon ami ni mon thérapeute. Vous êtes un avocat. Votre seule tâche consiste à lire ce contrat, à me dire si oui ou non je l'enfreins en perdant dix kilos pour me faire photographier dans la peau d'une junkie pour une exposition dont je ne peux prédire le succès puisque je n'en ai pour l'instant que l'idée, dont les éventuels bénéfices reviendront aux quartiers défavorisés. Vous n'avez certainement pas besoin d'en savoir plus pour me répondre. C'est d'ailleurs toute l'implication que vous aurez dans ce projet et elle se terminera à l'instant où j'aurais payé cette consultation. Je ne saurais trop insister sur ce point là.[...] Pour ce qui est de mon succès, dites-vous qu'il est suffisamment vaste pour avoir engendré sept versions de mon histoire et qu'il ne le sera jamais assez pour récupérer la propriété de mon image sans couler ma carrière par le fond, ce dont je n'ai absolument pas l'intention.

Elle y tient, aux sept versions de sa biographie.
Je ne l’ai pas quitté des yeux, pas un seul instant. Les brides du passé, les émotions pénibles actuelles ni même mes ambitions n’ont détourné ma concentration. Le moindre de ses déplacements a été enregistré. Pas calculé. On ne range pas gentiment une personne dans une case avec si peu d’informations. N’empêche. J’en sais beaucoup plus qu’il y a dix minutes et ce tas d’informations m’apparaît à la fois complexe, tourmenté, fort et dépressif.

La première impression. Quoiqu’on en dise, s’y fier ou s’en méfier, elle compte.

« Bien. Parler de moi serait plaisant, mais – la grossièreté et l’ironie assumée – je suis un professionnel studieux. Je ne suis pas le centre de cette af… de ce conseil ponctuel. Madame. Ça m’embête mais je vais devoir reprendre certains points : il est évident que je vais consulter la presse et autres ragots pour me tenir informé. Il est évident qu’on contact avec votre agence s’impose. Mais voyez-vous, je prône la subtilité. »

Je souris, confiant, me lève et croise les mains dans le dos pour effectuer quelques pas, distraits, hasardeux.

« Sincèrement, ne pensez pas que j’adopte cette méthode sous prétexte que vous êtes une jolie fille. J’imagine sans mal que vous captivez n’importe quel individu qui croise votre route, ce doit même engendrer des ennuis. Certes je vous trouve largement à mon goût, mais vous êtes ici dans le cabinet d’un avocat qui n’a pas de temps à perdre avec les mijaurées. Promis, je saurai faire taire mon appétit, il va falloir en contrepartie que vous appreniez à me faire confiance : je ne consulterai pas ce contrat. Pas si vous estimez qu’une lecture et un contrôle de formalité est suffisant. Votre carrière, les souhaits professionnels et personnels qui vous animent sont à double tranchant, vous n’êtes pas dupe, j’en ai bien conscience. »

Je viens me placer devant le bureau pour y déposer mon August-fessier, et, plantant mon regard dans le sien tandis que nos jambes se trouvent à moins de dix centimètres les unes des autres, je reprends.

« Je le répète : je ne vais rien vous soutirer. Mais je ne peux donner aucun conseil si vous vous contentez de jeter ce contrat sur ma table. Il est ce qu’il est. Cinq feuilles agrafées et paraphées. Ok ? Il peut paraître légalement correct et nous risquons, tous les deux, de passer à côté de certaines subtilités. Souvenez-vous : la subtilité. Si je ne sais pas qui vous êtes, si je ne peux me faire une idée plus précise du nom qui est cité sur ces documents, l’analyse sera infructueuse. »

Fichtre, elle a été très bavarde. Pour ne pas dire trop. Brasser ainsi de l’air et faire tant de reproches à une profession reconnue écœurante, ça n’avance pas à grand chose. Je découvre un caractère révolté, lassé de l’abus des uns et des autres. Je ne serai pas entièrement efficace si, pour Ann, je fais partie des autres.
Mais dans les faits, c'est ce que je suis.
Alors, quelles cartes nous reste-t-il à jouer ?

« L’agence est un commerce. Votre image est sa façade, sa vitrine. Votre agent – comparé à laquelle j’espère être moins disgracieux – est un des vendeurs. Vous, n’êtes que le produit et les bouts à la mode de votre anatomie sont l’ensemble des éléments d’un rayon. »

Un résumé qui n’était sans doute pas nécessaire pour elle. Moi en revanche, j’aime visualiser les choses dans leur simplicité avant de pouvoir y déceler, ci et là, les pièges, les finesses, les erreurs logiques et les avantages dissimulés. Pour les deux partis.

« J’avoue que l’agence à des droits sur la marchandise que vous représentez et les stipulations dans les contrats... » – j'attrape le sien derrière moi – « ...sont souvent flous à ce sujet. L’agence n’a pas le droit de disposez comme elle le souhaite de votre image. Elle ne peut le faire que dans le cadre de son secteur pro’ et en fonction des accords que vous avez convenus. Maintenant…si j’en crois ce qui est écrit… »

Mon visage devient plus grave, l’espace de quelques secondes. J’essaye de faire un bilan exhaustif et rapide des clauses, avant de revenir à Ann.

« C’est tout ce que vous avez ? Je veux dire : aucun autre document ? Avez-vous signé une quelconque autorisation supplémentaire depuis le début de votre contrat ?  Il est peut être judicieux de passer par une conciliation, pour anticiper leur réaction. »

Je n’aime pas la mode, ni ce qu’elle fait des belles demoiselles. C’est leur problème, cela va sans dire, elles sont mieux loties que bon nombre de gamines, mais quand même. Ce contrat ne me plait pas. Les formules utilisées sont vides et misent sur leur apparence conforme, réglementaire. Il est possible que cela protège Ann, dans une moindre mesure, mais tout est rédigé dans le sens de l’agence, à tous points de vue.

Au fait, suis-je toujours son avocat ou a-t-elle changé d’avis au cours de cette première réflexion ?

« Je propose de contacter directement votre employeur pour lui soumettre une proposition qui vous permettra d'utiliser votre image plus librement, tout en lui garantissant une sorte d'exclusivité, un privilège pour l'amadouer... Qu'en dites-vous ? »

Il y a probablement une approche plus discrète à envisager, et je crains que la belle refuse catégoriquement de dévoiler ses projets à ces rapaces de l'agence, mais qui ne tente rien n'a rien !


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MessageSujet: Re: [Flashback - Octobre 2013] Sous les jupes des filles - August   Ven 3 Oct - 19:00

- Oh, par pitié, épargnez-moi le couplet de " je suis un professionnel désintéressé et vous vous faites des illusions. Si vous voulez qu'on vous trouve professionnel, arrêter d'agir, de regarder les gens et même de vous habiller comme un requin qui attend son banc de morues.

C'est sorti tout seul.

Ann n'est pourtant pas du genre agressif et ce n'est pas pour rien qu'on la surnomme le Papier Glacé. Mais se faire traiter de mijaurée par un type qui a la réputation de manquer la moitié des dîners auxquels il est attendu et de snober son monde dans tous ceux où il va, c'est un peu fort. Elle n'en revient pas qu'il monte à ce point sur ses grands chevaux en entendant son attitude se faire critiquer avec la réputation qu'il se traîne. On récolte ce que l'on sème, ce n'est pas pour rien que d'habitude, elle s'arrange pour en semer le moins possible. Mais d'habitude, elle est dans son univers, joue avec ses règles. Sa vie entière a beau être pratiquement choisie par d'autres et le plus sordide de l'histoire peut bien être qu'elle l'est avec son consentement éclairé, elle gère les aspects de sa vie professionnelle.

Cette fois, elle est en terrain inconnu, face à un type avec le tact d'un guerrier barbare qui s'évertue à exiger d'elle une confiance aveugle. Et comble du malheur, elle est là pour la seule chose qui lui a tenu à coeur depuis qu'une rupture sévèrement caricaturale avec l'homme de sa vie et la visite non moins caricaturale d'un démon venu lui dévorer son âme sous ses propres yeux lui a ôté toute volonté de se débattre.

Alors non, elle n'a pas envie de se maîtriser. Elle n'a pas envie de hocher docilement la tête et de faire ce qu'on lui demande sans résistance. Et quand bien même elle a malgré tout très envie de renier ses principes et de lui faire confiance, ne serait-ce que pour son propre confort, il ne se rend même pas compte à quel point il l'incite à une démarche diamétralement opposée. A ce stade, la seule raison pour laquelle elle est encore dans ce bureau, c'est qu'elle n'a aucune autre option. Elle ne peut pas passer son après midi à écumer les cabinets d'avocats plus mauvais, moins réputés, et n'aura pas d'autre occasion d'échapper à ses obligations professionnelles. Et si le retour de Monsieur à des analyses plus scientifiques la rassure, si elle ne se sent pas le moins du monde insultée par ses propos mais les approuve au contraire, son embardée vers de suicidaires velléités d'entretien avec son agence la renvoie à la case méfiance. Bluffer sur le sujet était peut être une mauvaise idée.

Ann commence à s'effriter.


- Non. Elle secoue la tête, immédiatement, avec virulence. Le stoïcisme n'est plus de mise. Comment rester stoïque avec un type perché devant vous, à pratiquement vous toucher pendant qu'il vous parle de détruire littéralement votre carrière ? Il veut de la confiance ? Qu'il recule, bordel. Qu'il lui laisse de l'espace. Est-ce qu'être aussi intrusif est un des chapitres du bouquin ? Non non non. Il est hors de question que l'agence apprenne ne serait-ce qu'une infime volonté de ma part de prendre des photos pour mon compte. J'ai l'intention de perdre dix kilos en l'espace de six semaines. Elle lève les yeux vers lui, dans une tentative d'éloquence un peu moins charpentée que celle de l'avocat. Et espère, sincèrement, qu'il mesurera l'impact de ses paroles mais ne pourra pas se les représenter au point de comprendre à quel point c qu'elle compte faire est dangereux pour sa santé. Il ne manquerait plus qu'un discours hygiéno-diététique dans ce débat. Vous savez à quoi je ressemblerai après ça ? Je le sais, j'ai vu des filles devenir comme ça. Je deviendrai temporairement un monstre dont aucune marque un tant soit peut décente ne voudrait pour représenter son image. Je vais être un gouffre financier pour cette agence. Elle me couperait l'herbe sous le pied et y balancerait de la mort au rat pour être sûre que ça ne puisse jamais repousser. Vous pensez vraiment que le seul chemin qu'ils prennent c'est la voie juridique ? Je les ai vus détruire une carrière en moins de deux coups de fil. Cette fille ne fait plus que les salons de l'auto à l'heure qu'il est.
... Ils finiront par le savoir, bien sûr. Mais j'ai besoin que ce soit a posteriori, j'ai besoin d'avoir la garantie que mon projet n'en souffrira pas.

Déjà que s'ils apprennent qu'elle est dans ce cabinet... Mais elle préfère éviter de le dire. Apparemment, elle n'est pas la seule dans cette pièce à être dotée d'un ego plus gros qu'elle et elle n'a vraiment pas envie de s'aventurer dans les " ne vous vexez pas mais vous n'êtes pas préparé à ça, vous allez vous faire dévorer tout cru et moi avec. "
Dans un soupir, la dame regarde le contrat qu'il tient dans ses mains et esquisse une grimace pour elle-même, infime, presque invisible, probablement très inconsciente. Elle laisse le silence faire le travail à sa place et poser à plat tout ce qui vient d'être dit dans cette pièce. Ca en fait beaucoup, pour les dix premières minutes d'un conseil juridique avec un inconnu. Est-ce que ça veut dire qu'elle s'est embarquée sans le savoir ? Elle vient plus ou moins de lui expliquer comment elle voulait procéder, elle est plus ou moins entrain de signer pour une collaboration. Non ?

Ann serre légèrement les dents, hausse les épaules brièvement, esquisse un sourire de consistance, et ainsi envoie l'impassibilité se faire foutre.


- Je n'ai rien entrepris de personnel depuis dix ans. Tout ce que je veux c'est faire quelque chose de consistant, pour une fois. Je veux pouvoir regarder derrière moi et me dire que ma vie entière n'a pas été une succession de moments vides de sens dont le seul but aura été de prouver au monde que j'existe. Elle fronce les sourcils, le regard un instant planté dans le sien. Est-ce que vous comprenez ce que je dis, au moins ?

Non pas qu'elle puisse en douter. Et une personne qui aurait des raisons de s'y intéresser arguerait sûrement qu'on n'affiche pas une telle superficialité sans raison profonde. Mais elle ne le connaît pas, tout ce qu'elle sait de lui reste ce qu'elle a appris en se renseignant sur son compte. Elle n'est pas sainte au point de vouloir lire entre les lignes d'un type qui tient la chose actuellement la plus importante à ses yeux entre ses mains.
C'est assez personnel pour toi ?


- Alors excusez-moi si vos manières intrusives et votre façon de vouloir dégainer la confrontation comme un parfait cow-boy me rendent un tantinet agressive. Mais vu d'ici, vous n'avez absolument pas l'air de quelqu'un de subtil et la seule personne que vous pouvez blâmer pour ça, c'est vous. Ne me reprochez pas de constater ce que vous me montrez, c'est vous qui vous êtes planté dans votre démonstration. Puis appuyer sur les mots ne les rendra pas plus crédibles, je ne suis pas une gosse de dix ans à qui on apprend le vocabulaire américain.

Elle n'a vraiment pas besoin qu'un excès de zèle fasse tourner sa risible ambition de faire quelque chose d'elle-même en une campagne contre les gens qui lui payent son loyer. - Est ce que vous pourriez retourner à votre place, s'il vous plaît ? elle lâche enfin, inconfortable, pour mettre fin à cet aparté de confidences quasi obscènes à son goût. Elle n'a pas envie de s'étendre d'avantage sur le sujet, elle n'a pas envie d'ouvrir grand le sac de ses émotions profondes. Et elle espère, non sans en douter, que cette fois, il aura l'intelligence de le comprendre et de ne pas épiloguer.

- J'ai cinq autres versions de ce contrat mais elles sont résiliées. reprend elle donc, pour en revenir à des choses plus cartésiennes. Et il y a une partie réservée aux mannequins dans les contrats que l'agence signe pour les marques qu'on représente. Ce sont parfois des exclusivités ponctuelles, le temps que les photos sortent. Mais j'ai calculé, tous les shootings pour la collection printemps / été s'arrêtent en Mars et après les maillots de bain en Mai et la fashion week en juin, je suis libre de toute obligation en juillet et en août. Je les ai déjà avertis que je prendrai mon été. Je n'ai rien signé d'autre, j'ai vu un avocat au tout début de ma carrière qui m'a conseillé de ne signer aucune autorisation d'aucune sorte et je m'y tiens.
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MessageSujet: Re: [Flashback - Octobre 2013] Sous les jupes des filles - August   Mar 7 Oct - 20:07

Ann & August

❝ Sous les jupes des filles ❞
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Suis-je accoutré comme un requin ? Vraiment ? J’évite de me placer devant le reflet de la vitre pour m'en assurer. L’égocentrisme est rarement bien pris, surtout aux côtés d’une fille aussi superficielle qu’une mannequin. Ttt, ne m'accusez pas, c'est elle qui nous conduit sur le terrain infantile de la provocation. Après tout, elle est en train de me juger sur mon apparence, ça n’a rien d’étonnant.
Je continue de la regarder avec toute l’indiscrétion dont je sais faire preuve devant un canon, d’autant plus quand celui-ci est énervé, insultant et grossier.
Ne peut-elle pas garder pour elle son opinion me concernant et se contenter de me laisser bosser ?

La jeune femme refuse catégoriquement mon plan. Je m’y attendais. Aussi, je la laisse argumenter cet avis en essayant de prendre en compte toutes les facettes que cela implique. Si je ne suis pas subtil, à première vue, je n'ai pas l'intention d'omettre quoique ce soit.
Guère besoin de chercher entre les lignes cependant. Ann se fait explicite en évoquant alors sa conséquente perte de poids et ce que cela engendrera pour sa carrière. Si l’agence apprend ce qu’elle a l’intention de faire subir à son physique, elle ne se privera pas de faire valoir son monopole et ses droits de propriétés corporels.
Je me comprends.

« Je vois. Laissons tomber cette option dans ce cas. »

- Je n'ai rien entrepris de personnel depuis dix ans. Tout ce que je veux c'est faire quelque chose de consistant, pour une fois. Je veux pouvoir regarder derrière moi et me dire que ma vie entière n'a pas été une succession de moments vides de sens dont le seul but aura été de prouver au monde que j'existe.

Nos regards se croisent avec une véracité troublante.

-Est-ce que vous comprenez ce que je dis, au moins ?

« J'en ai bien l'impression. »

J’essaye de rester vague, distant. D’ailleurs je quitte mon bureau pour retourner près de ma chaise sur laquelle je ne m’installe pourtant pas. Les discrets rayons de soleil viennent depuis la fenêtre pour être renvoyés par l’écran d’ordinateur qui me fait face.
Je comprends ce qu'elle raconte.
C’est sans doute la moindre des choses, avant de terminer sa vie, que de pourvoir se retourner et constater, fièrement, qu’on a laissé une trace plus profonde et plus censée que le reste de notre futile existence. Se dire qu’avant la fin, on a eu l’éclair d’humanité suffisant pour ne pas avoir été qu’une idée de satisfaction. L’ambition gentille mais nécessaire qui a fait de nous un soutien, un modèle, un parent parfois, un ami, sauveur anonyme, donneur d’espoir ou âme sœur.

Inutile de nous étaler là-dessus. Une pudeur tangible enlace la pièce et nous restons à une distance respectable l'un de l'autre. Et ce n'est pas que physique.

Vient une autre décharge de blâmes à mon encontre, puis Ann revient au sujet principal de conversation. Entendre que je ne suis qu’un pantin méprisant et éphémère ne peut pas m’atteindre pour la simple et bonne raison que j’ai choisi d’afficher tout ça. D’être ce fanfaron. Elle a parfaitement raison. Mais si mon orgueil n’est pas touché, ma patience s’essouffle progressivement.
Je ne vous cache pas que la sensation d’avoir été rapidement cerné et sentir qu’elle pourrait creuser avec plus de tranchant dans ma personnalité me trouble légèrement.

« Je m’excuse d’être un pauvre rustre, je ne voulais pas vous offenser. Mais votre affaire est réellement délicate et pardonnez-moi ce nouvel excès de prétention : je pense être un des rares avocats capables de vous protéger. »

Piqué par mes propres propos, je reprends la parole en hâte. Ne manquerait plus que je froisse son implacable dignité !

« Un conseil !...Votre conseil. Ce n’est pas une affaire. » Je lève les yeux au ciel avec amusement. « Et je ne vais pas vous protéger…seulement vous…conseiller. »

La boucle est bouclée.
Je frotte énergiquement ma tignasse avant de retrouver – enfin – mon fauteuil.
Je suis rassuré de savoir qu’aucune autre autorisation n’a été signée, le conseil de son premier avocat fut parfaitement louable. Ceci dit, d’autres pièges sont régulièrement placés dans les contrats et autant vous dire que dans le cadre d’une image et sa propriété, c’est d’une perfidie ô combien malsaine !

« Je propose d’étudier votre contrat et de revenir vers vous dès que je serai certain d’avoir tout devancé. Vous devriez pouvoir entamer votre projet sans que nous nous fassions surprendre par l’agence. Quand elle aura découvert ce que vous faites, elle n’aura aucun recours que je n’aurai pas déjà contrecarré. »

La loi est pleine d’ambiguïtés mais il ne faut pas voir ces failles comme des dangers. Il faut, au contraire, apprendre à les utiliser prudemment, s’en servir voire les retourner contre l’adversaire. Je ne suis jamais trop confiant, malgré ce que j’affirme, et je reste sur mes gardes de sorte à ne jamais sous-estimer une parade.

« …Veillez quand même à ne pas mettre votre santé en danger. Loin de moi l’idée de jouer les protecteurs ! Je pense simplement qu’ils pourraient, pour être totalement abusifs, prétexter que votre perte de poids est une forme de suicide et… Bref. Je ferai ce qu’il faut pour ne pas les laisser vous attaquer. »

Si je parviens à leur couper l'herbe sous le pied et éviter un procès contre l'altération de leur "produit", je veux également pouvoir éviter qu'ils ne prétextent une poursuite sensible, bienveillante. Les séquelles pourraient être d'autant plus pénibles pour ma cliente.
Non, aucune perversité ne m'impressionne : je m'attends à tout de la part de cette agence.

Surement la faute de Mlle Traur, sa détresse est perceptible.

« Alors, ai-je votre confiance ? »

C'est une condition sine qua non.


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MessageSujet: Re: [Flashback - Octobre 2013] Sous les jupes des filles - August   Mer 8 Oct - 13:10

Honesty is such a lonely word


Entreverrait elle là un semblant de sincérité ?

C'est subtil. Cette fois, elle veut bien le lui accorder. Si ses manières semblent tout droit tirées du scénario d'une série caricaturale sur le fantasme de l'homme moderne, la façon qu'il a de ranger les armes du théâtre est légèrement plus complexe. Une ombre de sérieux passant dans son regard quand vient le moment de s'impliquer un tantinet dans un échange qu'il est parfaitement conscient de mener, un geste bref pour retrouver légèrement consistance, une hésitation sur le verbe... c'est peu mais c'est ce qu'Ann voulait et c'est tout ce dont elle a besoin de savoir le concernant. La certitude qu'il réside bel et bien un peu de matière derrière la couche de vent. Le voir retourner si rapidement à du simple pragmatisme après un si mauvais démarrage est un bonus et ce qu'il conclut de tout ça est convenable. L'ombre d'un sourire presque sincère passe même sur le papier glacé de son visage quand elle l'entend se reprendre en ses termes. Elle a toujours la moralité de ne pas approuver ce qu'il incarne tout comme il a le bon sens de ne pas être d'accord avec ses choix existentiels mais ils ne sont pas là pour se juger mutuellement; il ne reste plus qu'à rendre les armes et lever un tantinet la herse.

Le dernière question ne manque pourtant pas de lui arracher une grimace. C'est une véritable manie, à la fin. Même son gynécologue ne lui a pas fait ce genre de scène.
Joueuse, Ann laisse un sourcil se lever par dessus un sourire qui commence à se faire carnassier. Si les dernières minutes ont incontestablement abaissé ses défenses et réduit l'écart entre eux malgré une distance qui leur semble désormais nécessaire à tous les deux, signe que le processus est en marche, elle n'est pas femme à rendre les choses faciles. Peut être que la pointe de malice lui piquant l'esprit, tout à coup, est un tantinet inappropriée, mais s'il est une satisfaction à être une jolie femme, c'est bien d'attraper les hommes à leur propre jeu quand ils se risquent à des questions trop audacieuses.

On n'attrape pas le poisson sans se mouiller les pieds.


- Vous le feriez ? Si vous étiez à ma place ? Si tu avais semé plus d'informations personnelles et de morceaux de pain sur le chemin de ton moi profond en vingt minutes d'entretien qu'en trois ans de rendez-vous intimes, tu te risquerais à non seulement faire confiance à ce parfait étranger pour les gérer avec décence mais, en plus, à l'éventualité terrifiante de le revoir un jour ? Ou bien vous fuiriez en courant ?

Son sourire s'étire, brièvement.

Il convient de ne pas faire de rapprochement abusif. Ann ne partage rien avec cet homme, ils n'ont ni passé commun ni préoccupations dépassant les plus strictes formalités, ne regardent pas dans la même direction et d'aussi loin qu'elle est concernée, il doit en rester ainsi. Mais les gens qui construisent des murs autour d'eux se ressemblent tous un peu, finalement, et ils savent se reconnaître les uns les autres. Il doit savoir que la seule idée de dépendre affectivement d'un étranger la rend malade et que sa volonté antérieure de séparer l'avocat du psychanalyste venait précisément de là. C'est une question de contrat. De pacte social. Tout est question de pacte social, de ce genre d'entrevue formelle au principe du mariage, la société entière est régie par la saine entente d'un marché passé entre deux parties adverses. Ann croit en ça. Elle croit que si elle a besoin de se confier, elle ira payer un homme avec les compétences adéquates inscrites sur une plaque devant son bureau. Elle croit que si elle avait eu le choix, elle n'aurait pas laissé cette tâche à un homme dont les compétences sont différentes, qu'il fusse cette caricature de diable ou un véritable saint, peu importe finalement. Elle croit que si elle avait le choix, elle ne croiserait plus jamais ni cet homme ni son regard, après une telle entrevue.

Et elle croit, plus que tout, qu'il penserait exactement la même chose à sa place. Il en aurait des nausées d'angoisse tout pareil, à la seule idée qu'un être dans cette ville non soumis au contrat des psychologues ait eu un aperçu de ce qui se trouvait derrière ses propres murs.


I can find a lover.
I can find a friend.
I can have security until the bitter end.
Anyone can comfort me
With promises again.
I know, I know.

Pourtant, il faut accorder à l'avocat l'exploit d'avoir arraché à cette femme un peu d'indulgence. Une première depuis la grande confession de 2011 et celle là est d'autant plus remarquable qu'elle ne fait pas suite à trois mètres de tequila. Elle ne saurait dire si c'est le regard qu'elle a cru - ou voulu - apercevoir quand il était question d'un peu de sincérité ou sa ténacité somme toute impressionnante à vouloir la protéger, reste qu'il a adouci les flammes crachées par le dragon. Un peu plus et il la rendrait presque curieuse.
Presque.
Ne nous méprenons pas.

- Je vous l'accorde; sur cette affaire, du moins. elle concède donc, lui accordant le vocabulaire qu'il voudra sur le sujet autant qu'elle garde les choses à leur place. Il ne faudrait pas que tout ça devienne indécent. De toute façon, suis-je vraiment en mesure de négocier ?

Ann charme, un peu. C'est aussi pour reprendre consistance, retrouver un peu de pouvoir dans cet échange. Etre un objet de convoitise est moins désagréable que cette femme tantôt incarnée dans le besoin désespéré d'une main tendue. Le pacte social implicite entre un homme séduisant et une jolie femme qui veut que chacun soit bien certain de plaire à l'autre, pour se réconforter soi-même. Elle n'a pas la prétention d'être moins égocentrique qu'un autre, ou de faire exception à la règle.

- Je vous remercie de prendre tout ça au sérieux, en tout cas. elle conclut, plus sobrement, histoire de ne pas réduire ça à un autre duel entre deux coqs de basse-cour.

Plus au sérieux que ce qu'elle aurait été capable de faire seule, du moins. D'une certaine manière, elle avait besoin d'entendre ce qu'il lui a dit. Si elle est trop perfectionniste pour laisser les choses au hasard sans en avoir consciemment mesuré chaque détail au préalable, songer qu'elle plongeait dans des perspectives réellement épineuses était bien trop terrifiant pour en avoir l'idée elle-même. Il aurait pu suivre sa requête et se contenter de survoler l'affaire, considérer qu'une pauvre mannequin venue à lui pour échapper à la superficialité de son existence n'était pas parmi les choses les plus graves en ce bas monde.


- Combien je vous dois ?

Le soufflé retombe, quand carnet de chèque et stylo son dégainés. Soucieuse de réduire l'alcôve de sincérité à ce qu'il est, à savoir un rendez-vous entre un avocat et une cliente, elle les ramène à la réalité. Elle ramène toujours les choses à leur réalité, c'est l'un de ses talents les plus incontestables - et pourtant contestés par nombre de ses amants. Les émotions ne font pas bon ménage avec le pragmatisme.
Comment disait la comptine, déjà ?
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MessageSujet: Re: [Flashback - Octobre 2013] Sous les jupes des filles - August   Ven 10 Oct - 10:21

Ann & August

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- Vous le feriez ? Si vous étiez à ma place ? Si tu avais semé plus d'informations personnelles et de morceaux de pain sur le chemin de ton moi profond en vingt minutes d'entretien qu'en trois ans de rendez-vous intimes, tu te risquerais à non seulement faire confiance à ce parfait étranger pour les gérer avec décence mais, en plus, à l'éventualité terrifiante de le revoir un jour ? Ou bien vous fuiriez en courant ?

À sa place. Je ne peux concevoir un seul instant être à sa place. Pour la simple et bonne raison que j’ai la mienne, de place. Ce fut assez difficile de l'obtenir, je ne vais pas m’emmerder à m’imaginer dans les chaussures d’une autre personne. Encore moins quelqu’un de si...différent.
Pourtant son interrogation éveille quelques curiosités et sournoises pensées. Je penche avec douceur le visage sur le côté, comme pour l’admirer sous un nouvel angle. Si j’étais à sa place…je n’y serai pas. Parce que je n’est pas elle, et je n’aurai probablement pas fait tout ce qui la menée jusqu’ici.
Je n’ai pas ce cran. Je n’ai pas de courage.

N’est-ce pas, Sarah ?

J’oubli régulièrement le luxe de mon trône. Les sacrifices encaissés, les efforts, les combats que j'ai été capable de remporter. La vie n’est pas un long fleuve tranquille et je fais de mon mieux pour surmonter les obstacles.
Parfois malheureusement, ils sont trop gros. Envahissants, dérangeants, douloureux. Ceux là laissent des traces. Ces cicatrices qui, à défaut d’être supportables, vous rappellent que vous êtes bien vivant.

À sa place.
Mais de quelle place parle-t-elle vraiment ? Pointe-t-elle du doigt cette fragile silhouette vendue et trimballée, qui ne sait même plus se regarder ? Parle-t-elle plutôt de cet esprit enragé, enchainé à une société qui ne le comprend pas ? Se met-elle dans le lot des téméraires ou feint-elle simplement sa force tranquille ? Victime d’un tout que forme le passé, les défauts, les émotions et les autres, Ann m’apparaît soudainement plus humaine.
Et tellement plus complexe, par la même occasion.

Séduisante, piquante, la veuve noire essaye-t-elle de me prendre dans ses filets ? Je ne tomberai pas dans le piège d’une fille si instable. Parce que c'est surement notre unique point commun.

Je détourne le regard, ne sachant comment prendre le dessein qui se trace dans le fond de ses yeux. Ann Traur. Une légende selon ma secrétaire. Je n’y voyais qu’une pimbêche de plus. Mais voilà que ses armes sont l’inverse de ce à quoi je m’attendais.
Pas superficielle mais perforante. Peu charmeuse pourtant troublante.  
À dire vrai, je peine à savoir ce qu’elle attend de moi. Autre que de couvrir ses arrières dans cette histoire…

Sans doute rien. C’est peut être là que le bât blesse. Je ne suis qu’un juriste autorisé à jeter un œil furtif sur son contrat.

Sa question est rhétorique. Je replace mon attention sur elle au moment ou elle accepte de m’accorder confiance. Dans la limite du raisonnable, j’ai bien compris. Sa prudence n’est pas si surprenante, les avocats inspirent plus la méfiance qu’autre chose.
Et puis, venant d’elle.

« Vous pourriez négocier. Avec d’autres avocats. »

Mais pas moi. La confiance est un premier marché, le début du contrat. On ne peut faire affaire sans passer par cette case qui semble tant la déranger. À sa place ? En effet, je serais sans doute réticent. Mais je n’y suis pas, c’est à elle de signer.

Je balaye ses remerciements d’un geste de la main. Entre le « c’est bien normal » et le « pas d’hypocrisie plus qu’il ne faut », je m’installe devant l’ordinateur pour taper quelques lignes récapitulatives.
Combien me doit-elle ? Quelques heures, environ. Car éplucher son cas va me prendre un moment et pire encore, je crains d’être victime de pénibles réflexions à l’heure de m’endormir. Par sa faute.
L’esquisse d’un sourire en travers du visage, je secoue la tête.

« Je ne prends rien pour l’instant. Ma secrétaire vous fera signer un document en sortant puis vous donnera le montant des honoraires quand j’aurai travaillé. »

On nous reproche sans doute de gagner trop généreusement notre vie, je connais peu de collègues qui déboursent leur client avant même d’avoir ouvert un code.
Sa façon de vouloir nous replonger dans la réalité continue de me persuader qu’elle a un souci avec le reste. Mais l’échec éclatant de cette tentative m’aurait presque arraché un rire.

« Gardez simplement assez de kilos pour être capable d’effectuer le paiement d’ici quelques semaines ! »

Ce n’est ni sympathique ni drôle, mais cette note plus piquante est ma façon, à moi, de revenir au concret. De m’éloigner des effluves éphémères et illusoires de sa personnalité.

Je sais quelle est ma mission désormais. A-t-elle quelque chose à ajouter ? Une information qu'elle aurait omis de me dire, sur laquelle elle se ravise ? J'attends. La tranquillité me revient et je me sens libéré de son emprise, soulagé de son caractère.
Est-ce terminé pour aujourd'hui ?


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MessageSujet: Re: [Flashback - Octobre 2013] Sous les jupes des filles - August   Dim 12 Oct - 19:14


Go your way,
I'll take the long way 'round,
I'll find my own way down,
As I should.



Ann Traur ne tire pas son surnom de nulle part. Il prend tout son sens à chaque interview, chaque fois qu'un journaliste un peu plus hardi que les autres s'essaye à l'une ou l'autre provocation pour la faire réagir. Parce que tout ce qui peut normalement faire sortir un individu de ses gonds fige son être à la mesure de l'affront porté. Et si elle a pu déroger à sa propre règle dans les minutes ayant précédé celle-là, August Lockhart se charge lui-même de la ramener à cette immuable réalité.

Ann Traur est docile, à trop d'égards depuis trop longtemps. On ne fait pas un métier comme le sien sans une propension non négligeable à la docilité. Elle accepte les règles de nombreux systèmes, a fortiori quand ils ne relèvent pas de ses compétences, et admet tout ce qui ne détient à ses yeux aucun caractère réellement inadmissible. S'il n'est pas admissible qu'on exige d'elle qu'elle se mette à nu après de simples salutations, elle entend le reste et ne cherche pas à le contredire inutilement, n'a pas le moindre pêché d'orgueil à reconnaître qu'elle n'est ni en mesure de comprendre ni en position de piaffer. Si elle trouve dommage que l'avocat se refroidisse à mesure qu'elle tente de s'ouvrir, il est désormais évident que tous deux ont fait leur part du travail et peuvent se quitter sur des bases à peu près saines. Aussi range t'elle son carnet de chèque sans rechigner, prête à suivre les directives comme elle a trouvé le chemin de son bureau.

Et si la remarque parvenant à ses oreilles suspend ses geste l'espace d'une demie seconde, elle n'admettra jamais que durant ce temps là, son souffle vient de se couper.

Ann Traur ne s'énerve pas. Elle ne renchérit pas. Le hurlement d'indignation lui transperçant le ventre et l'incompréhension qui brouille son esprit se meuvent tous les deux en autant de signaux envoyés à son visage pour le lisser. Un simple sourire étire ses lèvres au moment de se lever, tendre la main pour dire au revoir. Un sourire parfait. D'une correction sans faille. La politesse impassible désormais réputée pour avoir fait s'arracher les cheveux bon nombre de journaliste.


" Bonne journée, Maître Lockhart. "

Sa sortie est calme. Mesurée. Ni claquement de porte ni manœuvre inutile pour se draper dans sa dignité. Même cette marge de manoeuvre là vient d'être assassinée.

C'est peut-être de bonne guerre. Elle a la faiblesse de croire que non. Que rien ne justifiait une telle insulte, que c'est une preuve suffisante à ses première réticences et que son véritable tort, finalement, est d'avoir rangé ses griffes plutôt que de les avoir sorties. Tout est question de subjectivité, au moins celle là a t'elle le mérite de la déculpabiliser. Pour son attitude, sa méfiance, son silence. Pour avoir parlé de tout sauf de l'important, n'avoir mentionné ni l'excès de vitesse ni la pauvre type en overdose au pied des marches de son palais. Car enfin, si c'est de bonne guerre, il ne lui a donné malgré tout aucune raison de s'étendre d'avantage, au début comme à la fin de cet entretien.

Il ne l'a nullement prise au sérieux, s'est contenté d'avoir la délicatesse de faire semblant. Son orgueil l'aura rattrapé un peu trop tôt et seule a malchance aura voulu qu'Ann ait été alors plus vulnérable. Ce n'était que dans le ton du reste. Une grossièreté attendue de la part d'un tel personnage. Elle se contentera de ne plus se laisser surprendre. Ca n'a plus aucune importance, de toute façon.

Il l'a fait signer, il a gagné sa docilité comme les autres et l'indifférence comprise avec.

Docile, donc, Ann se présente à l'accueil pour signer les fameux documents, ne laissant échapper que quelques questions lisses et proprettes sur la procédure et l'ordre des prix. Aux interrogations de la secrétaire, elle affirme l'excellent déroulement des choses, sa plus entière satisfaction. C'est son acte de repentance à elle, que de ne pas envoyer son nouvel avocat sous le joug insatisfait d'une femme agacée qu'on ait pu malmener une
célébrité, à laquelle elle n'aurait pourtant jamais pensé si elle ne l'avait pas eu sous les yeux. Le belle pousse le vice jusqu'à nourrir ses propos d'un sourire convaincu, on pourrait presque y voir le rose lui monter aux joues. Ainsi se conclut le bref interlude avec une secrétaire exagérément ravie. Sortie de l'antre, elle appuie frénétiquement sur le bouton de l'ascenseur et s'écrase le crâne sur le mur de la cabine une fois à l'intérieur. L'émotion la submerge, brièvement, sobrement. Un substitut de larme, dans sa gorge, qui n'ira jamais au bout de sa course, étranglé au passage par un soupir. L'entretien était plus intense que prévu, il a fait remonter bien plus de doutes qu'elle ne l'avait envisagé. Ses grands projets deviennent dérisoires, les petits obstacles à franchir se font montagnes bien trop hautes pour en valoir réellement la peine. Et quand bien même l'avocat n'a sans doute pas tous les torts, elle n'en ressort pas avec la sensation de s'être fait un allier. Elle n'est même plus sûre d'avoir un avocat. Et cette remarque...

Si elle n'est pas capable d'encaisser une plaisanterie de mauvais goût, autant ne plus envisager aucune des autres phases, autrement plus douloureuses que ces vagues commencements de début.


Surtout pas seule.


And hold your gaze
There's coke in the Midas touch
A joke in the way that we rust,
And breathe again.


Autant renoncer. Voilà deux jours que cette idée n'a de cesse de la rattraper. Qui est elle, de toute façon, pour décider ainsi de ce genre de projet ? De quelle genre d'arrogance est elle dotée pour se croire meilleure qu'un autre, capable de porter un étendard ? Elle est encore bouleversée par cette entrevue, n'a de cesse d'y repenser, et les sentiments qui l'animent commencent à se faire de plus en plus contradictoires.
Elle lui a envoyé un mail, dans la matinée, pour évoquer l'excès de vitesse et sa véracité, démentir les autres choses dont on a pu l'accuser ces dix dernières années. Il a dit qu'i lirait la presse, elle veut bien lui mâcher le travail, non sans espérer l'occuper assez pour ne pas le revoir avant les semaines de répit qu'il lui a promises. Elle ne sait pas pourquoi mais elle ne se sent pas capable de reproduire l'expérience de si tôt. Et plus elle pense à cet avocat, moins elle sait quoi penser de lui.

Elle devrait peut-être se contenter d'arrêter.

De la salade, des tomates, de l'eau gazeuse et un demi verre de vin. Une cigarette et un briquet attendent sagement sur la table du salon, à côté de ce repas frugal, qu'elle ait terminé de manger. L'eau de sa tisane chauffe doucement dans une casserole.
Un reportage sur l'enfumage des terriers à la télévision. Rien de tel pour se passer cette impression d'étouffer.

Ann avait bien l'intention de se complaire dans sa morosité mais c'était sans compter l'apparition de sa plus proche amie dans son salon. Stupéfaite, le mannequin songe un instant qu'elle devrait penser à fermer sa porte à clé si son concierge est tellement incapable de filtrer les individus venus la déranger un samedi soir. Mais avant qu'elle ait pu émettre la moindre protestation, Caroline prend la parole, mue d'un enthousiasme qu'il serait cruel d'entacher.


- Prête pour notre grand marathon pré grand marathon ... On devrait vraiment lui trouver un autre nom. Ben... l'énorme plaid sous lequel Ann s'est réfugiée et le semblant de repas étalé devant elle sont autant de réponses à sa question. Qu'est ce que tu fabriques encore là dessous, me dis pas que t'as oublié ?

A toutes les saisons, les deux jeunes femmes se lancent dans une orgie d'un soir, suffisante pour les écoeurer durablement de la moindre nourriture, goutte d'alcool ou même rencontre infructueuse le temps que la période dense se termine et avec elle, l'hygiène de vie drastique imposée à tout mannequin un tant soit peu désireux de décrocher des contrats. Un dîner gastronomique, des mètres de tequila dans leur bar favori, des flirts inutiles avec des hommes trop insistants et le tout conclu par un hot dog à mille calories la bouchée sur le chemin du retour, de préférence saoules et épuisées. Une tradition immuable qu'elles s'efforcent de remplir deux fois par an depuis trois ans.
Seul tout petit problème : Ann avait bel et bien oublié.

- On ne peut pas esquiver, pour cette fois ? tente t'elle de se justifier, une moue sincèrement contrite sur les lèvres. Je ne suis vraiment pas d'humeur, ce soir.
- Non. Non non non. Je me suis pratiquement prostituée pour nous avoir une réservation alors je t'interdis de me faire ce coup là. Puis ce reportage n'est pas sain, même pour toi.

Elle n'est pas sûre de comprendre ce que ça veut dire. Pourtant, dans la docilité qui la caractérise, Ann ne tarde pas à se laisser traîner dans son dressing pour se faire habiller à la hâte. Bien sûr, Caroline choisit la robe la plus indécente, car quelle attitude plus prudente y a t'il que de se saouler déprimée dans une robe indécente ?

And you'll find loss
And you'll fear what you found
When weather comes
Tearing down


Enfin, pas trop indécente, quand même. Elle n'est pas une pute. Alors certes, l'échancrure dans le dos impose l'absence de soutien gorge mais le dosage est fait précisément pour avoir l'air à peu près respectable avec. Et ce marathon supposant un certain périmètre de parcours qu'une alcoolémie avancée ne permet pas de faire en voiture, elle a troqué les talons aiguilles pour une paire de ballerines plates, autrement plus confortables.
Ann doit reconnaître qu'elle s'amuse bien, malgré ses réticences premières. Le restaurant lui a déjà passé l'envie d'avaler à nouveau quelque chose un jour mais le mètre de tequila déjà bien entamé provoquera une nouvelle fringale bien assez tôt dans la soirée. Et leur bar préféré a l'énorme avantage d'être doté d'un authentique jukebox, auquel elles ont fait cracher Do the locomotion dès leur arrivée. Toutes les parts du contrat sont déjà remplies, à l'exception d'une seule.

La règle est incontournable : chacune choisit la conquête de l'autre et repartir sans un verre offert, c'est perdre la partie. Un jeu cruel pour la gent masculine mais une revanche méritée pour le nombre de remarques qu'elles accusent à la semaine. Déjà quelque peu désinhibées, les deux femmes en concluent rapidement qu'il est temps de lancer les hostilités, avant que les verres ne renversent l'effet escompté. Et c'est Caroline qui trouve la première proie au milieu de la foule longuement scrutée par les compères, dans un sursaut ravi.


" Le brun, là bas, qui discute avec la potiche. Eh, je suis sympa, il est carrément présentable, celui là. "

Ann ne saurait le dire, il leur a tourné le dos pour fendre la foule vers le bar et elle n'aperçoit plus que ses cheveux. Mais la règle est la règle. Donc elle voit son carburant, noie l'alcool dans l'acidité d'un citron mordu avec voracité et s'en va rejoindre l'individu sus nommé, les acclamations de son amie bien vite noyées dans le vacarme assourdissant de la foule. A quelques pas seulement, elle se glisse avec fluidité jusqu'à lui le long du comptoir. Et seule la chance, si on peut encore l'appeler ainsi, veut qu'il se retourne juste avant de se faire taper l'épaule par son doigt charmeur. Au moins peut elle feindre de ne pas venir d'accourir vers lui. Un sourire d'une surprise toute à fait sincère fend le visage de la belle et elle soupçonne la tequila de la rendre quelque peu inapte à dissimuler le choc qui vient de la traverser. En fait, on aurait pu lui annoncer la mort de son chien - encore eut il fallu qu'elle ait un chien - elle n'aurait pas eu une expression bien différente de ce qui est brièvement apparu sur son visage.

Pourquoi ? Pourquoi lui, maintenant ? Pourquoi quand elle commençait tout juste à ne plus y penser ?

Elle clame un
" Bonsoir ! " beaucoup trop sympathique pour être véritablement cohérent dans le contexte. Ne sachant pas quoi faire d'autre, sa main fait machinalement signe au serveur, l'air de commander quelque chose et justifier sa présence, sans avoir de quoi payer sur elle.

C'est un bar, après tout. Ils doivent bien fournir gratuitement les balles à se tirer dans la tête avec la honte qu'ils vendent en mètres tous les soir.



There'll be oats in the water
There'll be birds on the ground
There'll be things you never asked her
Oh how they tear at you now
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MessageSujet: Re: [Flashback - Octobre 2013] Sous les jupes des filles - August   Mar 14 Oct - 20:05

Ann & August

❝ Sous les jupes des filles ❞
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Elle s’en est allée, j’aurai du être soulagé. La journée s’est déroulée presque normalement jusqu’à l’heure de dormir. Pourtant ces interrogations qu’elle a éveillées, ces failles attisées lors de notre entrevue sont, comme je l’avais imaginé, venues m’empoisonner l’esprit.
Finalement, la fin de bouteille m’a permis d’oublier. À défaut d’avoir une paire de jambes sous la main, j’ai bu, au point de ne plus me souvenir réellement de ce visage froid, du son brisé de cette voix.

Ann ne fut plus qu’un pénible souvenir. Une cliente agaçante parmi tant d’autres, sur laquelle je n’arrive pas à coller d’étiquette. Un dossier que je m’appliquerai à gérer avec distance et efficacité.

••••••••••

«  …Ou alors, vous êtes un riche héritier qui, le soir venu, enfile son masque de super-héros et vole au secours des demoiselles en détresse…j’ai raison ? N’est ce pas ? Le masque doit vous aller tellement bien. »

Son index remonte le long de ma cravate pour venir mourir contre mon menton. Tout dans son attitude évoque l’ivresse, mais je peine à imaginer que cette fille puisse ressembler à autre chose, même sobre. Une absence totale de délicatesse, des yeux vitreux, trop grands et trop maquillés, un parfum puissant et maladroit, une langue plus souvent à l’extérieur que dans sa bouche ;
J’esquisse un sourire moqueur et me concentre sur mon verre pour éviter de poursuivre la conversation.

Malheur, je n’ai plus rien à avaler et l’allumée se colle contre moi en portant son verre à mes lèvres. Espérant de tout cœur ne pas être aussi insupportable qu’elle lorsque j’ai une proie en tête, je la repousse poliment. Le soulagement  arrive vite, je constate déjà que les bras accueillants de l’homme à côté semblent lui convenir. C’est parfait.
Je soupire, débarrassé, et me retourne pour trouver spectacle plus séduisant.
Bingo. Mais ce n’est pas vraiment ce à quoi je m’attendais.

« Mrs Traur ? Bien le bonsoir. »

L’accoutrement, les effluves chargés d’alcool et l’expression légèrement perdue… Ann est soit bourrée soit surprise, peut être même les deux. Si elle a trop insisté sur la boisson, c’est bien le seul point commun que je lui trouve avec la jeune femme qui se trouve dans mon dos.
La mannequin n’est vraisemblablement pas en mesure de se débarrasser de sa grâce ; originale et froissée, mais bien présente.

« Arrosez-vous quelque chose en particulier ? »

Les kilos à perdre ont-ils déjà été éliminés ? Pour sûr, elle ne pèse pas la moitié de mon poids, mais l’aura gourmande qu’elle affiche ce soir est en désaccord parfait avec ce qu’elle voulait montrer dans mon cabinet.
Suis-je face à la véritable Ann Traur, ou suis-je tombé au mauvais moment, durant une soirée rare et secrète ?

Au fond de la salle, une autre fille profite de l’alcool et de ses effets libérateurs. Elle rit, à plein poumons, en pointant du doigt mon vis-à-vis. Impossible de dire si ces deux là se connaissent et sincèrement, je m’en contrefiche.
À nouveau la jolie et réservée mannequin attire toute mon attention. Pas si réservée que ça, dirait-on.

« Je doute que ce soit raisonnable, mais si je ne le fais pas, vous allez me reprocher d’être trop humain pour un avocat. Acceptez donc un verre, je ne vous ennuierai pas longtemps. »

Mais je ne veux pas déjà partir. La laisser ici, sous le regard avide des chasseurs, alors que ses sublimes jambes sont dénudées, son air fragile et anormalement chaleureux attire, et que j'ai le loisir de me trouver là.
Ttt, miss Traur. Voici très certainement le genre d’attitude qui invite à la familiarité, au touché, à la débauche. Est-ce vraiment ce qu’elle cherche ?

Ann est ma cliente.
Ann est marchandise, mais stratège.
Pareille à une caresse troublante,
Elle me prend dans son manège.

« Si vous aviez l’intention de me surprendre c’est réussi, je ne sais vraiment plus quoi penser de vous. Heureusement, j’ai tout mon temps ce soir. »


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MessageSujet: Re: [Flashback - Octobre 2013] Sous les jupes des filles - August   Mar 14 Oct - 22:03

" I don't want to be the girl who laughts the loudest
Or the girl who never wants to be alone. "


Il est moins rancunier qu'elle, apparemment. Ann caresse l'espoir d'obtenir son verre contre toute probabilité et ainsi être débarrassée de ce défi idiot. Pourtant, dans son espièglerie passagère, la belle se laisse prendre à son propre jeu et surprendre à avoir peut-être réellement envie de ce verre.
Il est charmeur. Elle n'avait pas noté cette ride au coin de son regard.
Elle doit avoir trop bu.

Reprocherait-elle ce genre de choses à ce pauvre homme ? C'est fort possible. Ann est capable de beaucoup de reproches et tous ne sont pas toujours justifiés. Maître Lockhart en ayant fait les frais en un temps record et bien qu'il ne l'ait pas vraiment épargnée non plus, elle peut comprendre qu'il soit échaudé, assez pour craindre l'eau froide. Le bain de glace, en fait. Et peut être l'alcool remplit il son rôle d'anesthésiant, toujours est il qu'elle n'a pas envie de se battre pour savoir lequel des deux a le plus tort. Il sera toujours temps un autre jour, lorsque le retour au réel, les vapeurs envolées, les semaines passées, auront fait oublier que ce soir, il a l'air charmant. Comment Caroline a t'elle formulé ça ? Carrément présentable, voilà. Ann aurait quelques réserves à émettre sur le choix du vocabulaire mais dans l'idée, c'est ça. Et puis elle a chaud. Et puis elle s'amuse. Et puis elle n'a pas vraiment envie d'y réfléchir à deux fois.

Amusée par ses propos, elle laisse un voile de mystère parcourir son visage en réponse à la fameuse surprise éveillée chez cet homme qui n'est vraiment pas fait pour elle. Un sourire espiègle étire ses lèvres, l'espace d'un instant, et elle se contente de répondre, appuyant sur les mots comme il a l'art de le faire, trop exagérément pour que ce ne soit pas un petit peu moqueur.


" Moi. Aussi. "

C'est vrai, d'ailleurs. Elle a encore au moins trois verres de tequila qui l'attendent et un bar dont elle est plus ou moins censée faire la fermeture, sans compter les autres gorgées qui lui ont fait perdre toute notion du temps. En ce qui la concerne, entre ce qu'il reste de la nuit et une vie entière, il n'y a plus grande différence. Alors elle prend le temps d'hésiter, laisse à un petit nombre de secondes le soin de se faire désirer, et ajoute avec un peu plus de bonne volonté.

" Va pour un verre. Sans alcool. Je cours un marathon, ce soir, pas un sprint. "


" I don't want to be that girl who has to fill the silence
The quiet scares me cause it screams the truth. "


Elle a beau avoir la ferme intention de terminer cette soirée avec les honneurs, Ann a trente ans et largement passé l'âge de faire défiler les verres sans les compter, seule avec une amie pas plus épaisse qu'elle dans un bar rempli d'hommes dont les bonnes manières s'épuisent à mesure que les consommations se vident. Rien ne l'oblige à être sobre, c'est la seule soirée où sa dignité n'est pas une règle d'or, mais rien ne la contraint non plus à verser dans la caricature inverse. Il lui reste un peu de fierté.
Son regard croise celui de l'avocat et son sourire s'étire, joueur. Les bars offrent ce plaisir de pouvoir plonger durablement dans les yeux d'un parfait étranger sans trop déroger aux règles de décence. D'enfreindre ses principes sans rougir. De laisser un homme choisir son verre sans plus de précision qu'un désir de brève sobriété.
Il voulait de la confiance. On peut dire que c'est un début.

Pendant que monsieur joue des coudes en bon gentleman pour leur obtenir des consommations qu'elle espère consommables, Ann arrache son téléphone à la poche stratégiquement cousue sur sa hanche pour avoir toujours de quoi lancer un appel d'urgence et envoie un message bref à sa comparse hilare pour l'envoyer s'occuper ailleurs.
Le type au fond à droite, contre le pilier. Elle a l'âge d'être sa mère - du moins une mère qui l'aurait eu dans la quinzaine - mais il ne fallait pas se moquer ostensiblement.

Maintenant, elle a une très bonne raison de prendre tout son temps. La vengeance pourrait être cruelle si elle en venait à abandonner la protection de cet homme si présentable. Elle n'en a pas envie, d'ailleurs, elle songe en rangeant l'appareil pour offrir son attention à l'autre en attendant d'être servis. Elle sait que c'est une très mauvaise idée, les verres ne sauraient faire oublier cette certitude. Mais rares sont les individus capables de l'avoir bousculée. Et peut-être que c'est du masochisme, peut-être que son instinct de survie essaye seulement de se débattre dès qu'il le peut, s'accrocher à ce genre de bouée pour la sortir de son marasme, mais elle finit toujours irrémédiablement attirée par ces gens là. Sa lucidité aurait tendance à trouver ça trop compliqué, à le savoir si loin de ce dont elle aurait besoin, à se souvenir que les hommes ayant voulu la sauver se sont fait massacrer au passage. Mais elle en a envie. Terriblement envie. Et dans son égoïsme, la faiblesse de croire que c'est un signe. Un signe que tout n'est pas perdu pour elle.


" C'est une tradition de longue date, avec la jeune femme qui se moquait discrètement là bas. Une bouffée d'oxygène avant l'apnée des mois les plus denses, deux fois par an. Je vais sans doute le regretter demain mais ça fait partie du procédé. " Si le début des explications est sobre, la suite se fait mutine, complice et volontaire. Ann se penche même d'avantage, quoiqu'il reste encore une vague distance, pour se donner l'occasion d'un murmure de ses lèvres à son visage. " Et je dois avouer que vous avez tout pour incarner ce à quoi on regrette d'avoir cédé immédiatement après l'avoir fait. "


" The night is calling
And it whispers me softly come and play. "


" On peut dire que vous tombez à point nommé. " conclut la belle dans un haussement de sourcils pétri d'éloquence, en se redressant lentement.

Les commandes arrivent, enfin. Tandis qu'il paye, elle se risque à deviner la couleur de sa boisson dans la pénombre et ce qu'elle peut bien contenir.

" Et vous, alors ? Vous venez chercher votre plaisir coupable ? " ses doigts remuent machinalement la paille dans son verre. Insolente, Ann jette un oeil derrière l'avocat pour apercevoir son ancienne conquête. Un sourire hilare lui fend un instant le visage. " N'allez pas prendre ça pour un compliment mais vous pouvez sans doute faire mieux que ça. "


" No pain inside, you're like perfection
But how do I feel this good sober ? "
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MessageSujet: Re: [Flashback - Octobre 2013] Sous les jupes des filles - August   Dim 19 Oct - 10:48

Ann & August

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" C'est une tradition de longue date, avec la jeune femme qui se moquait discrètement là bas. Une bouffée d'oxygène avant l'apnée des mois les plus denses, deux fois par an. Je vais sans doute le regretter demain mais ça fait partie du procédé. "

Je ne m’attendais pas à ce qu’elle m’explique si précisément la raison de sa présence dans ce bar médiocre, et moins encore celle de son état. Ma foi. J’acquiesce lentement en signe de compréhension, bien que je ne sois pas en mesure de comprendre ce qu’elle va traverser durant « les mois les plus denses ».
Cette information est étonnante venant de la part d’une femme que je connais si peu et qui, en quelques minutes lors de notre rencontre, s’est montrée extrêmement fermée. Distante. Comme quoi, j’ai encore tout à apprendre d’elle.

" Et je dois avouer que vous avez tout pour incarner ce à quoi on regrette d'avoir cédé immédiatement après l'avoir fait. "

Explicite, piquant, loin d’être déplaisant. Nouvel aveu, moquerie ou intuition, cette remarque complètement déridée à le don de me faire lever les yeux au ciel. J’accepte le compliment – car je décide de le prendre comme tel – avant de mettre un premier frein à mes ardeurs.

Miss Traur est une cliente, et une cliente ne doit rien être de plus. Évidemment, franchir les limites de l’étique est aussi inspirant que facile, je l’ai fait bon nombre de fois.
Mais elle n’est pas qu’une cliente.
J’ai tendance à penser que les filles avec ce genre de regard sont avant tout dangereuses.

Mais si, regardez plus attentivement.

Ne voyez-vous pas qu’elle ne se contente pas de vous voir, mais qu’elle vous regarde ? Que les pupilles sombres qui donnent cet excès de vie à ses yeux sont en mesure de vous foudroyer ? Ne sentez-vous pas cette amertume qui s’échappe de ces fentes inquisitrices pour vous reprocher les défauts de la gente masculine mais également les failles élitistes de la société, les mauvais goûts des éducations coincées et tout ce qui rend les autres insupportable à ses beaux yeux ?
Non, vraiment, je ne saurai m’approcher trop de cette flamme sans m’inquiéter, quand bien même sa chaleur m’a déjà convaincu de venir me réchauffer à ses côtés.

" On peut dire que vous tombez à point nommé. "

« Oui, je ne sais pas bien faire autrement. »

Dis-je, ironique, en revenant à l’âpre réalité.

Je ne sais pas vraiment si je dois me réjouir de cette rencontre hasardeuse. Quelques semaines plus tôt, c’aurait été parfait, mais Ann ne serait probablement pas venue me chercher. Dans quelques semaines, si j’ai su déjouer tous les pièges de son contrat, ce pourrait être le début d’une soirée délicieuse.
Mais ce soir, j’ai un mauvais pressentiment.
Ou alors je n’ai pas assez bu.

" Et vous, alors ? Vous venez chercher votre plaisir coupable (…) N'allez pas prendre ça pour un compliment mais vous pouvez sans doute faire mieux que ça. "

Mes sourcils se froncent avant que je comprenne l’évocation. Diable, elle a foutrement raison. Je souris en lui accordant ce nouveau point qui flatte mon égo autant qu’il brise mes défenses. À quoi joue-t-elle ce soir ? Pense-t-elle sincèrement qu’il suffit de me faire croire que je suis un homme désirable ?
C’est le cas. Mais j’ai un gros doute au sujet de son opinion personnelle.

« Plaisir coupable ? J’vous en prie, ma seule faute serait sans doute de rendre une cliente plus ivre qu’elle ne l’est déjà. »

Je règle les boissons et me replace face à la belle, laissant mon verre de côté pour l’instant. Aucun prétexte pour trinquer, de toute évidence, nous avons un léger problème. Si discret qu’il est imperceptible et voudrait se faire oublier : mais je m'impose la prudence.
Sa chevelure rebelle lui donne un air plus accessible. Et quelques années de moins, aussi.

« Si j’ai bien compris, la bouffée d’oxygène consiste à s’abandonner à toutes les gourmandises avant l’abstinence ? »

Sceptique, j’attaque enfin ce nouveau verre en n’imaginant pas un seul instant que ce type de comportement puisse m’aider. Les envies sont faites pour être assouvies, n’est-ce pas ? Et puis quel intérêt de vivre dans le sacrifice ?
Persuadé d’avoir choisi le meilleur mode de vie et surtout d’en être heureux – ou du moins aussi satisfait que possible – je peine à trouver un intérêt à l’attitude d’Ann Traur.
Au moins, certains privilégiés ont eu la chance durant les deux manifestations annuelles de cette tradition, de côtoyer une miss Traur bien différente.

Ils ne se sont pas assez méfiés.

« Je vous admire, à défaut de vous comprendre. »

J’approche mon verre du sien pour trinquer au moment ou celle qui m’a oublié – pour mon plaisir le plus immense – se rappelle malheureusement à moi, faisant subir sa lourdeur à ma nouvelle partenaire.
L’ivre me bouscule, juste assez pour que le contenu enivrant de mon verre menace de se réfugier dans le large décolleté de ma cliente.

Je choisi décidément bien mal les endroits pour tuer mes soirées perdues.

Sans me retourner je me redresse,
Juste assez pour t’effleurer.
Soudain frappé de maladresse,
J’ignore quelles sont les cartes à jouer.

« …Êtes-vous obligée de tenir compagnie à votre camarade dans cet établissement, ou une fuite est-elle envisageable ? »


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[Flashback - Octobre 2013] Sous les jupes des filles - August

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