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 Ces choses au fond de nous, qui nous font veiller tard ♪

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MessageSujet: Ces choses au fond de nous, qui nous font veiller tard ♪   Sam 25 Oct - 23:30



❝Vas-y. Tire.

Ces choses au fond de nous, qui nous font veiller tard. ♪


Comme si j’avais cassé quelque chose. J’ai brisé un concept qui n’existe pas. Éclaté, il est tombé sur ce sol poisseux et humide. Sur le trottoir détrempé qui conduisant au Gala de la police. En mille morceaux, la dépouille précieuse de ce que nous ne formons pas, orne sans doute encore le parterre.

Mains dans les poches d’un pantalon clairement différent des pièces onéreuses que je porte habituellement, je cherche à retrouver dans ce quartier malfamé l’étrange atmosphère qui nous liait ce soir là. Erika et moi. Plusieurs nuits se sont écoulées, j’ai même croisé la belle lors d’un procès. Mais ce n’était pas tout à fait la jeune femme de la soirée, ma cavalière volée.
Rien n’y fait, je regrette ces minutes, son parfum contre mes lèvres et son corps dans mes mains. Je regrette les mots que je n’ai pas su trouver ainsi que ceux que j’ai osé prononcer. Rien ne s’est déroulé correctement. Paradoxalement, rien n’aurait pu être plus parfait.

Je me promène à cette heure tardive pour essayer de conquérir une idée qui n’a pas terminé son chemin, ni dans mon esprit, ni dans le sien.

Comment imaginer ce qui ne peut être assumé ? Je me sens incompétent. Trop de défauts et de failles, elle en sait trop sur ce que je suis officiellement, et maintenant trop sur ce que je suis vraiment. Elle a lu ces lignes intimes, et elle a fuit. Elle s’est échappée parce que ces traits de personnalité font de moi le plus illogique et détestable des personnages. Rien ne m’est promis, tout m’est accessible. Je détiens argent, pouvoir et biens. J’impose le respect dans les tribunaux, on me craint et on m’admire.

Je tremble à l’idée de lui proposer de…

Un cri acéré déchire le silence et je sursaute, prêts à pester contre ces fêtards probablement bourrés. Je reprends mes pas, sans retrouver le cours de mon raisonnement. Pas étonnant : il n’y en avait pas vraiment. Je me rapproche alors des voix. Un second cri. J’ai de nouveau envie de râler. Ces bruits me dérangent, les mots que j’entends sont gênants.
Vite, très vite, ils deviennent douloureux, et le traumatisme se rappelle à moi. La plaie s’ouvre, béante, quand j’aperçois la demoiselle coincée entre trois paires de bras et un mur. Sa jupe est soulevée, tiraillée, les mains sales, charognes, parcourent son corps comme si les frontières de la décence n’avaient jamais été. Elle essaye de les repousser, elle supplie.

« …ArrêtezArrêtez…Arrêtez par pitié ! Lâchez-la ! »

Sarah.
Lâchez-la.

Je n’en suis pas certain, mais il semblerait que je me sois mis à courir. J’attrape le premier par l’épaule et lui fourre le poing dans la figure. Instinctif, révolté. Je ne réfléchi plus et c'est, un court instant, si plaisant.
Sauf que cette noirceur crue n’est plus mon monde. Depuis si longtemps. La fille insulte, le deuxième gamin joue avec la lame d’un couteau, le troisième m’assène deux jolis coups dans les côtes juste avant que le premier se ressaisisse.
Trente, peut être quarante secondes. Ça n’a pas du leur prendre une minute pour me neutraliser. Recroquevillé, le souffle court, je parviens quand même à me redresser.

...
Ils n’ont même pas cherché à s’éloigner. Ils sont à moins de vingt mètres de moi. Un morceau de tissu laissé sur le sol, humiliant symbole. Tremblant, je reste blotti contre le mur. J’ai beau me concentrer sur la respiration saccadée qui me brise les côtes, je n’arrive pas à me calmer.
Les cris reviennent, je sens les premières larmes glisser contre ma joue. Ces larmes, que j’ai déjà versées, il y a près de vingt ans.

♦♦♦♦♦♦♦♦♦♦

L’homme est révulsé par ce qu’il voit mais la peur de se prendre une branlée le calme rapidement. Ses appréhensions sont vite confirmées. Un type intervient mais se fait calmer en trois secondes. Il n’hésite plus et appelle la police. Cette fille ne mérite pas pareil traitement. Aucune femme ne mérite d’être ainsi souillée. Les nausées le saisissent, il bégaye, mais son appel est compris :
Les hommes transmettent l’information, en quelques secondes une équipe est dépêchée.
...

Viens avec moi ou tire et laisse moi. ❞
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♦️ ♦️ ♦️ ♦️ ♦️

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MessageSujet: Re: Ces choses au fond de nous, qui nous font veiller tard ♪   Mer 29 Oct - 19:22

&

Octobre 2015, en soirée - Ruelle du Bronx

Je te jure, si j’attrape l’auteur de cet article… »

Dexter éclata de rire et but une gorgée de son verre sans réussir à contenir son hilarité. Erika avait été invitée à passer la soirée chez lui après son arrivée en trombe suite à la sortie de l’article sur Lockhart et cette mystérieuse femme avec qui il avait passé la soirée du gala de la Police. Preuve photographique à l’appui et de nombreux témoins étant présents ce soir-là, Erika n’avait pu nier toute implication. Ses collègues avaient passé la journée à la chercher, posant de petites questions ou haussant les sourcils d’un air entendu en brandissant la page du magazine que pas une seule personne dans New York ne semblait avoir ignoré. A croire que les gens se délectaient de la vie privée des autres et des feuilles de choux qui en rapportaient les détails. Sitôt sa journée achevée, Erika avait débarqué ici, chez son ancien partenaire. Il l’avait écouté déverser sa colère pendant une bonne heure, l’observant tourner en rond au milieu de son propre univers, agitant ses mains, secouant sa tête, crachant parfois un mot de serbe, repoussant ses cheveux, son regard aussi sombre qu’un ciel d’orage, soupirant, s’énervant à nouveau, s’asseyant, se relevant. Ne tenant pas en place. Au bout d’une heure, la jeune femme s’était finalement laissée glisser à terre contre son canapé, se prenant le visage dans les mains. Dexter lui avait alors proposé de rester et de boire un verre. Il trônait, toujours plein, sur sa table basse. C’était à ce moment qu’elle avait marmonné cette menace qu’elle ne mettrait sans doute pas à exécution. Toute furieuse qu’elle était, elle devait savoir que c’était peine perdue dans cet univers-là.

Comment il a réagi lui ? »

Dexter ne le connaissait que peu, il avait été assigné principalement aux affaires de la Criminelle tandis que lui était des Stups. Il n’avait entendu de lui que les bruits de couloir et sa réputation au sein de la Police. Erika avait une fois ou deux maugréer contre un certain avocat mais il n’avait jamais fait le lien avec celui-ci.

J’en sais rien. Il a eu un procès sur une de mes enquêtes ya deux jours mais après on a pas… On ne passe pas nos journées ensemble tu sais. »

Le regard de la jeune femme se plongea dans celui de Dexter. Sa voix était plus posée, plus calme.

On bosse ensemble, c’est tout. »

Il était plus facile à convaincre que les autres car il n’avait pas assisté à la soirée ni aux échanges qui avaient eu lieu entre Lockhart et elle. Elle était néanmoins certaine qu’il n’opinait du chef que pour lui faire plaisir. Dexter n’était pas dupe. Dexter n’était jamais dupe. L’était-elle, elle ?

Son portable sonna avant qu’elle n’ait eu la possibilité de répondre à sa propre question. Elle décrocha et tomba sur l’une des patrouilles de la soirée. Erika regarda sa montre, les sourcils soudain froncés ; elle n’était pas censée être référente ce soir-là, pourquoi l’appelait-on, elle, à une heure pareille ?

Il y a un viol qui nous a été signalé. Les secours sont en route et on attend pour établir une description des gars. Ils se sont volatilisés après leur.. »
Ok, très bien mais.. en quoi ça me concerne ? »

Elle ne voulait pas paraître cynique et sans cœur mais elle était de la Criminelle, elle ne prenait pas ce genre d’affaires en charge. La voix au bout du téléphone sembla hésiter. Elle entendit soupirer.

August Lockhart a été témoin de la scène. Il a apparemment essayé de s’interposer mais on.. On a rien pu savoir de plus. Il a l’air sous le choc. »

L’image de l’avocat s’imposa dans son esprit. Elle lutta, fermant les yeux, pour la faire disparaître.

Je ne vois toujours pas en quoi ça me concerne. » articula-t-elle finalement.
Je suis désolée, c’est juste qu’avec cet article, j’ai pensé que… vous comprenez ? »
»
Vous allez venir ? »

Erika poussa intérieurement un long soupir. Il fallait prendre une décision. Y aller ferait certainement l’effet d’une bouteille d’huile lancée sur le feu. Elle en entendrait parler jusqu’à la fin de ses jours, elle n’aurait sans doute jamais la paix tant qu’un nouveau sujet de commérage ne s’imposerait pas sur toutes les lèvres. C’était déjà plus que ce qu’elle pouvait supporter.

Mais ne pas y aller ? Il y avait quelque chose de monstrueux dans cette idée. Quelque chose qu’elle n’était pas prête à faire, même après ce qu’il s’était passé à la soirée de gala. Au bout d’une interminable vingtaine de secondes, elle décida.

Vous êtes où ? »

L’officier lui donna leur position puis Erika raccrocha. Elle informa Dexter de ce qu’il n’avait pu déduire de tout ce qu’elle avait dit et du fait qu’il allait finalement passer la soirée seul. Un long sourire étira le visage de l’ex-flic tandis que la jeune femme récupérait sac, manteau et casque déposés dans un coin. Elle s’affairait, soudain pressée.

On croirait presque le prince volant au secours de sa belle. » glissa-t-il, moqueur.

Erika libéra ses cheveux de son manteau, lui frappa le crâne du plat de la main en passant à côté de lui et partit sans dire au revoir. Elle démarra sa moto sur ceux de Dexter et l’entendit vaguement parler après mais elle préféra ne pas écouter. Il l’agaçait déjà assez comme ça. Se frayant un chemin dans le trafic peu dense mais pour le moins anarchique du Bronx, elle mit moins d’une dizaine de minutes à rallier les lieux. Une chance que Dexter n’ait pas décidé d’habiter trop loin. Elle gara sa moto, ôta son casque et ses gants avant que l’officier qui l’avait appelée ne lui saute dessus. Erika jeta un œil autour d’elle, les secours étaient arrivés, les curieux aussi mais en moins grand nombre que la fois où les tours de Manhattan s’étaient enflammées. L’officier lui fit un bref rapport, désignant tantôt une ruelle du doigt, tantôt un homme adossé contre la voiture de patrouille, visiblement celui qui avait donné le signalement et enfin le camion des secours dans lequel se trouvait la victime. Erika posa ses propres questions sur l’incident, remontant le fil de ce qu’il s’était passé. Arriva ensuite une ultime question.

Vous ne m’avez pas dit où se trouvait Lockhart. Il est parti ? »

Tout ce tintouin pour rien ?
L’officier baissa les yeux une brève seconde avant de jeter un regard en direction de la ruelle.

Non, il se trouve encore là-bas. Il.. il n’a pas voulu en sortir. »

Allons bon.
Fronçant les sourcils devant la mine hésitante et gênée de l’officier, Erika le remercia tout de même pour son état des lieux et s’avança ensuite vers la ruelle. Elle tourna brièvement la tête dans l’intérieur de l’ambulance pour voir la jeune fille, sanglotant, saignant à plusieurs endroits, visiblement bouleversée par ce qui lui était arrivé. A trois contre une, elle n’avait eu aucune chance. Lockhart avait été ou complètement fou ou complètement stupide de se jeter dans cette mêlée. Il avait cependant au moins eu le mérite d’essayer.

Erika pénétra dans la ruelle assombrie avec prudence, cherchant l’avocat des yeux. Le bruit de ses talons résonnait à ses oreilles lorsqu’elle le découvrit un peu plus loin devant elle. Assis dos au mur, il semblait contempler celui en face de lui. Elle entendait sa respiration, anormale. Il ne sembla pas la remarquer, enfermé qu’il était dans son esprit et ce qui semblait bien être un traumatisme. Erika s’accroupit doucement près de lui. Elle nota les larmes sillonnant son visage. Inspirant lentement, elle posa finalement une main sur l’épaule de Lockhart. Sa peau paraissait brûlante sous ses vêtements. Elle laissa sa main descendre jusqu’à la sienne. Ses doigts attrapèrent délicatement ceux de l’avocat. Elle posa sa deuxième main dessus et chercha à accrocher le regard en face du sien. Elle le sentait tressaillir au contact de sa peau plus froide que la sienne.

Adoptant un ton calme, elle demanda :

Que s’est-il passé August ? »



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Even though your words hurt the most, I still wanna hear them, every day. You say let it go but I can't let it go. For I'm so scared of losing you and I don't know what I can do about it. So tell me how long, love, before you go and leave me here on my own. I know that I don't wanna know who I am without you.
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MessageSujet: Re: Ces choses au fond de nous, qui nous font veiller tard ♪   Mer 29 Oct - 20:43



❝Vas-y. Tire.

Ces choses au fond de nous, qui nous font veiller tard. ♪


Les cris et le claquement des coups, les violences effectuées sans le moindre remord, les insultes et même les rires. Tout est devenu un seul et même grondement, un bourdonnement de fond. Je ne les distingue plus, ils se mélangent, se font douloureux, incisifs, malgré leur caractère indescriptible. Je me recroqueville plus encore, comme si cela était possible, cache mes oreilles pour essayer de me protéger du fracas qu’est le viol.
Mais rien n’y fait.
Juste ici, à quelques mètres de moi, ils brisent cette fille et je suis impuissant. Incapable. Inutile.
Victime.

Les minutes s’écoulent péniblement et je m’enferme dans ce tourbillon de souffrance. Tout ce que je perçois du crime en cours me ramène des années en arrière.
Sarah est là, contre moi, nous marchons tranquillement et les journées difficiles s’annoncent pourtant chaleureuses. Mes parents ne m’aiment pas et les coups pleuvent, mais j’ai trouvé l’arme idéale. L’armure parfaite. Sarah est un amour, je suis plus attaché à elle qu’à n’importe qui et notre lien est indescriptible tant il est solide. Je l’aime d’une force incommensurable. Nos doigts s'emmêlent et je la charrie pour le simple plaisir d’entendre son rire.
Elle est belle, jeune, pleine d’espoir et de promesse. Elle a du talent, elle est intelligente, studieuse, créative. Un humour fin, un esprit vif et ouvert, de si jolis yeux…


Je sursaute et retire les mains de mon visage en comprenant que la police vient d’intervenir. Mais ma respiration ne se calme pas. J’ai terriblement mal, je ne sais plus si ça vient de ma frayeur ou des représailles que j’ai encaissé.
Leurs bruits deviennent pénibles à leur tour. Plus rien n’est apaisant, pas même les tentatives pour me rassurer. Je repousse toute l’aide qu’on me donne et essaye de me rendre dans un coin plus isolé, au fond de la ruelle. Ces remarques faussement compatissantes, les politesses récitées et autres habitudes professionnelles qu’ils peuvent exprimer ne font que m’agacer. J’insulte et bouscule avant de retourner contre le mur en versant une nouvelle larme.

Quand Erika arrive, je ne la reconnais pas. Je ne la vois même pas. Ses mains sont là pour me tirer de ce mélodrame mais encore une fois, aucune réaction de ma part. Je suis retourné là-bas.
J’ai pu me relever, malgré les quelques fractures qui paralysent mon corps, et je me suis penché sur le sien. Je ne peux pas pleurer tout de suite. D'abord, je m'écroule sur elle. J’attends. Mais rien ne se passe. Alors je la contemple à nouveau, puis je ferme ses yeux. Qui ne s'ouvriront plus jamais. Je lui ai parlé je crois, mais ce souvenir là est abimé. Seules les images sont très nettes. Malade, je rentre chez moi. Je ne pleure toujours pas. Mais mes parents ont remarqués que ça n’allait pas et, trouvant je ne sais quel prétexte, ils ont pu exprimer leurs contrariétés.
J’avais mon prétexte pour pleurer.


« Erika ?! »

Bordel.
Je retire ma main de la sienne et m’éloigne aussitôt, debout, bien que chancelant. Je suis humilié et dégouté. Trop rapidement remis sur pieds, je retourne contre le mur qui devient un soutien intéressant, sans pour autant me rassoir. Pourquoi faut-il que ce soit elle ? Pourquoi la flicette doit être présente à cet instant ? Je n’ai jamais été plus faible, plus humain.
Pourquoi faut-il qu’elle soit là alors qu’elle m’a fuit au moment ou j’ai voulu lui montrer que je n’étais pas qu’un monstre ?

Une grave ironie me prend alors. J’ai terriblement envie de lui demander à quel instant elle a l’intention de prendre ses jambes à son cou. S’il me faut prouver que mes larmes sont réelles pour qu’elle puisse se carapater.
Mais je me ravise. Sa présence n’est pas qu’humiliante. Elle vient de me faire relever la tête. juste assez pour ne plus boire la tasse.

« Est-ce qu’ils ont…Est-ce qu’elle est ?... »

Les sanglots me prennent et je détourne le regard, posant mon front contre la paroi rugueuse du mur. P*tain mais pourquoi c’est si dur ? Je cherche maladroitement à me rapprocher d’elle, sans pour autant lui accorder un regard. Contradictoire, paradoxal, je ne sais comment me comporter.
C’est la deuxième fois que je laisse une fille se faire dévorer. Massacrer. Abattre.

« J’voulais pas qu’ils la touchent, j’ai essayé de les arrêter mais j’ai… »

J’ai été frappé, et alors ? Je suis bien entier non ?! Je ne me sens pas si mal. A vrai dire je ne sens plus la douleur. Elle est superflue, et je crains de ne pouvoir supporter autre chose que la lourde responsabilité qui pèse sur mes épaules.
Après la honte, la culpabilité, vient la lassitude. C’en est assez. Je suis dangereux. Par mon inaction. Par mon inutilité.

J’attrape sa main et chope enfin son beau regard, un peu flou. Oh non, ce sont les larmes qui perlent encore contre mes yeux. Je presse ses doigts gelés et lui impose cette vision des choses : je suis tout, sauf ce qu’elle pensait savoir. Je suis lâcheté et ridicule.
Je suis tout le contraire de ce que j’ai toujours montré.

Mais ma fierté saignera plus tard. Ce soir, je suis ruiné.

« …Madame. » Un signe de tête respectueux, l’agent se positionne face à moi avec autorité. « Monsieur Lockhart ? Vous allez me suivre s’il vous plait, d’après l’infirmière vous n’avez rien de grave. Il faut qu’on vous interroge. »

J’ai vu une infirmière ? Il me fout le doute, commissaire Moulin. Je le force à lâcher sa prise sur mon avant bras mais l’homme n’a pas l’air du genre facile. Il est complètement dans la démonstration de justice. Brave type. C’pas mon jour.
Faisant mine de demander permission à Stojanović mais sans attendre de réponse, il attrape la paire de menottes qui pend à sa ceinture avec un orgueil digne des plus grandes séries policières. A ceci près qu’il n’y a pas de grandes séries policières.
Il exagère à peine, ce con là.

« …Range ça gamin, j’parlerai qu’à Stojanović. »

A ces mots, l’enfoiré esquisse un sourire pleinement moqueur et lourd de sous-entendus.
J'ai manqué un épisode ? C'est une blague ce gus ? Je reste avec elle.

...Jusqu'à ce qu'elle s'échappe, ça coule de source...


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MessageSujet: Re: Ces choses au fond de nous, qui nous font veiller tard ♪   Ven 31 Oct - 22:11

Lockhart ne semblait pas la voir. Le regard perdu dans le vague, l’image même de la souffrance peinte sur son visage, il ne répondit pas à sa question. N’ayant eu qu’une partie de ce qu’il s’était déroulé étant donné que l’homme qui avait passé l’appel à la police était arrivé en second sur les lieux, Erika ignorait ce que l’avocat avait pu voir ou subir. Comme l’avaient indiqué les agents, il semblait s’être battu mais le choc auquel il était en proie démentait le fait qu’il se soit simplement pris une correction. Il allait devoir lui raconter.

Erika ?! » s’écria-t-il tout à coup, relevant la tête pour croiser son regard.

Elle ne parvint pas à saisir l’émotion dans son regard. Etait-ce de l’effroi ? Lockhart se dégagea de ses mains et se releva vivement, chancelant un instant une fois debout. La jeune femme se leva à son tour et l’observa. Fébrile, l’avocat se rapprochait du mur comme pour se soutenir tant mentalement que physiquement. Jamais encore il ne s’était montré dans un pareil état. La question sur ce qu’il s’était réellement passé ne cessait de tourner autour d’eux bien qu’Erika restât silencieuse. Elle devait d’abord essayer de le calmer. La laisser s’approcher. Il se tourna enfin vers elle.

Est-ce qu’ils ont…Est-ce qu’elle est ?... »

La fin de sa question mourut dans un sanglot. Il se détourna, cherchant l’appui du mur. Erika regarda autour d’elle, cherchant les bons mots. Ils étaient rares dans ce genre de situation. Elle s’essaya malgré tout, conservant un ton calme face à l’agitation constante de l’homme en face d’elle.

Elle est avec un médecin. Elle est sous le choc, quelque peu blessée et certainement traumatisée à vie mais.. »

Elle ne se résolut pas à conclure que ça allait, quand bien même la jeune fille était en vie. Lockhart se rapprocha d’elle tout en évitant de croiser son regard. Il fixait le sol, les murs, le vide mais pas elle. C’était tout le contraire pour Erika. Elle ne cessait de l’observer, essayant de glaner des informations sur son état, de comprendre ce qui avait bien pu se passer dans cette ruelle pour mettre l’avocat le plus éminent et le plus charismatique de la ville dans cet état. Il se remit à parler, tentant d’expliquer.

J’voulais pas qu’ils la touchent, j’ai essayé de les arrêter mais j’ai… »

Sa voix prenait des accents désespérés. Il se tut, prenant la main d’Erika dans la sienne, osant enfin croiser son regard. Il pleurait. Le cœur de la jeune femme se tordit. Son visage s’adoucit et ses doigts caressèrent ceux de l’avocat.

Je sais. Vous avez fait ce que vous pouviez. »

Elle aurait pu rester ainsi longtemps. Son regard dans celui, bouleversé, de l’avocat. Sa main dans la sienne. A des kilomètres de toute forme de commérage, de cet article, de leurs chamailleries. Il avait besoin de quelqu’un. Peut-être même admettait-elle qu’il pouvait avoir besoin d’elle. C’était ce genre de pensée égocentrique et fragilisante qu’elle détestait avoir. Et pourtant…

Elle entendit quelqu’un s’avancer dans la ruelle. Les mains se lâchèrent et Erika se tourna vers l’arrivant, un agent de police. Il la salua respectueusement. Un peu trop peut-être.

…Madame. »

Elle se raidit.
Madame ?! Pourquoi pas milady tant qu’il y était ? Elle s’apprêta à le reprendre mais il se tourna vers l’avocat.

Monsieur Lockhart ? Vous allez me suivre s’il vous plait, d’après l’infirmière vous n’avez rien de grave. Il faut qu’on vous interroge. »

Attrapant le bras de Lockhart, le policier se tourna une brève seconde vers Erika comme pour lui demander son assentiment mais ce devait être pour la forme car une paire de menottes pendait déjà au bout de ses doigts. Erika fronça les sourcils. Ce n’était pas exactement de cette manière qu’elle aurait procédé, sans savoir si l’avocat était effectivement coupable ou non. Tout semblait indiquer que non aussi à moins que la jeune fille n’ait décidé de l’accuser lui aussi, il… Elle s’arrêta de penser en voyant Lockhart bomber légèrement le torse et reprendre de sa stature.

▬  …Range ça gamin, j’parlerai qu’à Stojanović. »

A cet instant, elle aurait aimé que quelqu’un lui décroche la mâchoire. Elle tourna brièvement la tête vers Lockhart pour être certaine que ce qu’elle venait d’entendre sortait bien de sa bouche. C’était le cas. Elle se reprit et regarda alors le policier dont le sourire ne cessait de s’étirer. Il allait bientôt passer au travers de ses oreilles. Pourquoi souriait-il comme ça ? Imbécile. S’interposant entre les deux, elle les sépara de ses mains et se tourna d’abord vers le policier. Son propre sourire à elle apparut. Il voulait jouer ? Ils n’allaient pas jouer. Il avait certainement lu l’article, comme tous les autres. Etait-ce une sorte de test ? Un pari ? Il n’était en tout cas clairement pas en train de se faire son boulot et elle allait se charger de le lui rappeler. L’avocat était à elle et à elle seule ce soir. Elle ne laisserait pas ses charognards les tourner en dérision, que ce soit lui ou elle. Quoiqu’il se passe entre eux, cela ne devait certainement pas venir interférer au cours d’une enquête. Même si c’était précisément ce qu’elle était venue faire ici mais en l’occurrence, elle avait été appelée en renfort. Un secours certes psychologique mais un secours tout de même.

Je crois avoir eu toutes les informations concernant l’évènement de cette soirée et il n’est pas apparu clairement que Monsieur Lockhart ait été un tant soit peu identifié comme faisant partie du groupe des agresseurs. Il n’est donc pas nécessaire de sortir nos jouets pour l’impressionner. De plus, j’ai été contactée par votre unité pour me charger de recueillir le témoignage de Monsieur Lockhart ; j’aime autant ne pas m’être déplacée pour rien. »

Elle lui adressa un sourire diplomatiquement impeccable. Laissant retomber son bras avec les menottes, le policier lui retourna un sourire forcé. Cela n’allait pas empêcher de faire jaser mais après tout, quoiqu’ils fassent, ils ne pourraient jamais empêcher les gens de jacasser. Et elle n’allait pas laisser Lockhart aux mains de ses collègues dans l’état où il était. Elle préférait s’en charger elle-même. Il n’y avait pas que des incompétents et des vendus dans la police mais certains prêchaient parfois par leur plus mauvais penchant, par lassitude, par ennui, parfois même comme ce soir, simplement, par envie de taquiner un peu. Et elle n’avait pas le cœur à laisser faire ça. Pas ce soir. Pas avec lui.

Le policier s’apprêta à partir, elle le rattrapa par la manche de son uniforme et fit disparaître son sourire.

Une dernière chose. C’est ‘Stojanović’ ou ‘Detective’. Certainement pas ‘Madame’. Quand on bosse, on appelle les gens par leur grade. Pas autrement. Merci de vous en souvenir la prochaine fois. »

Qu’il l’appelle encore Madame et elle lui casserait les deux genoux. Il n’y avait rien de pire dans ce genre de profession que de se faire remarquer que l’on n’était pas un homme mais une femme. Ce qui pouvait passer pour de la politesse et de la galanterie n’était rien de moins qu’une forme de sexisme qui l’empêchait de faire correctement son boulot de flic. Lorsqu’elle bossait, elle n’était pas une femme, elle n’était pas Erika ; elle était flic. Point barre.

La trouvant sans doute gonflée et n’ayant de toute manière pas de compte à lui rendre en propre, le policier grommela quelque chose en soupirant et finit par s’éloigner. A mi-chemin, il s’amusa à lancer ses menottes en l’air puis à les rattraper, pour les relancer. Erika le regarda avec un mélange de dépit et d’agacement. Soupirant, elle se tourna vers Lockhart. A son tour maintenant.

‘J’parlerai qu’à Stojanović’… vraiment ? Vous ne pouviez pas trouver autre chose ? »

Haussant un sourcil, elle le dissuada de répondre. Ce n’était pas le moment. Elle secoua finalement la tête, chassant cette interruption avec le policier pour se reconcentrer sur la raison de sa venue. Lui.

Allez venez. Ne restons pas ici. Vous allez attraper froid. »

Sortant de la ruelle, elle vit l’ambulance qui repartait sans doute en direction de l’hôpital. Les voitures de police étaient encore là. Elle prévint l’agent qui l’avait appelée qu’elle emmenait Lockhart avec elle jusqu’au poste pour prendre sa déposition. Lui offrir quelque chose de chaud à boire et soigner ses blessures était le moins que l’on puisse faire pour l’aide qu’il avait voulu apporter à cette fille. Lockhart avec elle, elle retourna vers sa moto et lui tendit un casque.

Tenez, mettez-ça. Je n’ai pas de gants ni de veste en cuir à votre taille, vous allez devoir faire sans. Ou vous laisser raccompagner par mes collègues. Au choix. »



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MessageSujet: Re: Ces choses au fond de nous, qui nous font veiller tard ♪   Sam 1 Nov - 15:05



❝Vas-y. Tire.

Ces choses au fond de nous, qui nous font veiller tard. ♪

▬ ‘J’parlerai qu’à Stojanović’… vraiment ? Vous ne pouviez pas trouver autre chose ? »

Honnêtement, non. Je n’ai ni les moyens de réfléchir ni le temps de prendre des gants ou de trouver une excuse qui, de toute manière, n’aurait pas été crédible. Pour une fois que je mise sur la franchise. Et puis si elle veut me faire regretter d’avoir perdu mon sang froid face à ce gamin, je crains qu’elle ne soit obligée de réaliser le ton qu’elle a emprunté.
Ce subordonné est un mal appris qui peut bien s’amuser de mon comportement et rire au nez de sa supérieure, je m’en contrefiche. Il m’est impossible de me tenir mieux que ça, et c’est déjà un énorme progrès depuis tout à l’heure : je suis debout, je parle sans aucun geste de violence ou presque.
Et Stojanović est là.

Je me contente de hausser les épaules pour lui répondre. C’est surement sa façon de me dire que j’aurai aussi bien fait de la fermer, mais ce qui est fait est fait.

Toujours plongé dans un brouillard pesant, je suis la flicette jusqu’à son véhicule. Tant qu’elle ne dit rien, j’avance, docile. Elle est une bouée à laquelle je peux m’accrocher pour ne pas sombrer. Elle est tellement plus que ça mais il n’est pas question de l’admettre : elle s’est échappée la dernière fois, je redoute déjà le moment ou elle va m’annoncer que nos chemins doivent encore se séparer.

▬ Tenez, mettez-ça. Je n’ai pas de gants ni de veste en cuir à votre taille, vous allez devoir faire sans. Ou vous laisser raccompagner par mes collègues. Au choix. »

Ça ira. Même sans le casque d’ailleurs, mais je n’ai pas la force d’articuler la moindre critique. Je dois monter derrière elle ? Pas un jeu de mots pourri, à peine une pensée osée. Je m’installe en attrapant les poignées à ma portée et laisse mon regard se perdre dans le vide quand l’air frais se glisse sous mes vêtements, tandis que la bécane file à une allure apaisante.
Si elle pouvait aussi m’éloigner de la réalité, remonter le temps ou l’accélérer jusqu’à me faire oublier.

Au bout d’un moment, le véhicule s’immobilise. Je ne sais même pas s’il s’agit d’un simple temps de pause devant un feu rouge ou si la demoiselle a décidé de nous conduire ici. J’attends, puis me redresse jusqu’à ce que mon torse vienne frôler son dos.
La fraicheur de la soirée me fait vibrer mais je n’ai pas froid pour autant.

« Vous m’emmenez au poste ? »

Je n’ai pas envie de lutter, de plaider une cause que je sais perdue. Erika a peut être eu de la peine en arrivant. Cette idée me blesse plus que je ne voudrais l’admettre. Je déteste être source de pitié. Que va-t-elle garder de moi ? Que reste-t-il du brillant avocat ? Imaginer qu’elle puisse être touchée me révulse.
Mais existe-t-il seulement une autre personne capable d’empathie pour l’odieux personnage que je suis ?

« Vous savez, j'aurai pu me relever et retourner vers eux. »

C’est un aveu dangereux, ça suffirait à beaucoup de flics pour me foutre en garde à vue. Mais c’est vrai. J’aurai pu insister, j’aurai pu réclamer d’autres coups et qui sait, peut être finir par les dissuader. Est-ce suffisant pour m’inculper ? De complicité ?
Mes repères juridiques sont à des années lumières de cette triste soirée. Nous remettons les pieds sur terre et le contact du sol me ramène à la mémoire les sons et les images. Des deux crimes auxquels j’ai assisté.
J’attrape Erika par le bras, un peu brusquement, avant de me retirer.

« J’ai besoin de, d’un petit moment avant d’en parler. On peut boire un verre ? Ou c’est strictement prohibé durant l’exercice de vos fonction ? »

Un roulement des yeux, je cherche mon humour à tâtons. Diable. Sans l’intervention de la jeune femme dieu seul sait où je serai allé me réfugier !
Enfin. Il faudra la quitter. Du moins, elle partira. Elle prendra la fuite, parce qu’il n’existe pas d’autre façon d’interrompre la danse qu'elle ne veut pas poursuivre.

La décision lui revient. Toutes les décisions lui reviennent ce soir. Elle est l’agent des forces de l’ordre. Elle est ma cavalière de choix. Elle est la seule présence que je peux accepter. Que je veux supporter.

Je lui rends son casque et manque de le faire tomber. Un réflexe, plus de maladresse que d’assurance, je me colle à elle et menace brièvement la moto. Ouf. Pas d’outrage !
Un sourire désolé étire mes lèvres et je finis par lâcher cet objet maudit qui n’a servi qu’à me décoiffer.

« …vous pouvez me laisser à vos collègues. S’ils ne sont pas tous comme l’empaffé de tout à l’heure j’pense que, ma place est ici ce soir et je ne veux pas vous importuner plus longtemps. Même si j’étais sincère : y’a qu’à vous que je parlerai. Ça peut attendre demain. »

Pourquoi tendre le bâton sachant que je vais me faire frapper ? Pourquoi lui ouvrir la porte alors que la savoir bientôt loin de moi est insupportable ? Sans doute pour ne pas avoir à l’entendre s’excuser. Pour ne pas lui laisser l’opportunité de m’abandonner.
Pour donner l’impression, grotesque, que je n’ai pas besoin d’elle.

La main contre la nuque, j’effectue un premier déplacement et fais face au commissariat. Puis je me ravise. J’hésite, grimace, reviens vers elle et trouvant un intérêt soudainement très particulier à mes pieds. Je récupère sa main.

« Je n’sais pas ce que vous allez conclure de ce soir mais au-delà de mon « implication » dans un crime, essayez de ne pas me considérer comme un moins que rien. J’vaux pas grand-chose. Mais plus que ça. »

Décousues, égarées, mes réflexions doivent renforcer le caractère pathétique du tableau.
Mais un verre, ou deux, me permettront de me ressaisir j'espère.

Viens avec moi ou tire et laisse moi. ❞
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MessageSujet: Re: Ces choses au fond de nous, qui nous font veiller tard ♪   Dim 2 Nov - 21:50

L’avocat se contenta pour toute réponse d’attraper le casque qu’elle lui tendait. Elle enfonça le sien sur sa tête, grimpa en selle et une fois prêts, elle mit le contact. Il leur fallut une bonne vingtaine de minutes pour rallier Lower Manhattan et le poste de Police. Autant de temps où la jeune femme sentait l’homme dans son dos, immobile et silencieux. Eut-il esquissé le moindre geste pour se pencher sur elle qu’elle l’aurait repris avec dureté… mais tel n’était pas le cas. Il se tenait tranquille, en arrière, s’aidant des poignées sous son siège, n’essayant pas d’entrer par effraction dans sa bulle. La scène à laquelle il avait été témoin l’avait-elle bouleversé à ce point ou était-ce de simples conséquences de la soirée de gala ? Il est vrai qu’elle était pratiquement partie en courant de cette soirée après l’aveu de l’avocat concernant ses sentiments vis-à-vis d’elle. Il y avait de quoi ne pas vouloir retenter l’expérience, c’était certain mais de mémoire, ce n’était pas la première fois qu’elle l’avait refoulé et… il n’avait jamais semblé le prendre aussi mal que ce soir-là. Une petite voix lui souffla que ce soir-là n’avait pas été semblables à toutes les autres fois. Ce soir-là, il avait sin.. Elle fit taire la voix. Ils arrivaient.

Vous m’emmenez au poste ? » demanda Lockhart, avisant la bâtisse devant laquelle Erika avait arrêté sa moto.

Elle se tourna vers le bâtiment, puis vers lui.

Il semblerait en effet. »
Vous savez, j'aurai pu me relever et retourner vers eux. » lança-t-il finalement, tout de go.

Fronçant les sourcils, Erika l’observa une seconde puis rétorqua :

On discutera de tout ça une fois à l’intérieur. Ne vous en faites pas. »

Elle entrava sa moto et prit la direction du poste. Une main retint son bras, l’obligeant à s’arrêter.

J’ai besoin de, d’un petit moment avant d’en parler. On peut boire un verre ? Ou c’est strictement prohibé durant l’exercice de vos fonctions ? »
Lockhart… » s’agaça-t-elle vaguement.

Voulant lui rendre son casque, l’avocat manqua de le faire tomber et le rattrapa de justesse. Il se retrouva contre elle en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire et Erika sentit la moto vaciller derrière elle. Fort heureusement, Lockhart se rétablit à temps et elle put éviter à sa moto une chute qui lui aurait assurément coûté un bras en réparation. Mieux valait ne pas faire tomber ce genre de choses… Souriant avec un petit air désolé sur le visage, il lui rendit son casque qu’elle rangea sous le siège, gardant le sien sous le bras.

…vous pouvez me laisser à vos collègues. S’ils ne sont pas tous comme l’empaffé de tout à l’heure j’pense que, ma place est ici ce soir et je ne veux pas vous importuner plus longtemps. Même si j’étais sincère : y’a qu’à vous que je parlerai. Ça peut attendre demain. »

Erika l’observa d’un œil légèrement circonspect. Ce n’était pas vraiment maintenant qu’il fallait se lancer dans ce genre de discours, pas maintenant qu’elle s’était fait toute la route jusqu’au poste pour l’y amener elle-même. Et vraiment pas après lui avoir proposé de se faire emmener par ses collègues auparavant. Elle s’apprêta à répondre mais l’avocat s’éloigna, une main sur la nuque. Il se ravisa rapidement néanmoins et revint vers elle. Elle lui abandonna sa main lorsqu’il la saisit, feignant une indifférence qu’elle ne ressentait pas.

Je n’sais pas ce que vous allez conclure de ce soir mais au-delà de mon « implication » dans un crime, essayez de ne pas me considérer comme un moins que rien. J’vaux pas grand-chose. Mais plus que ça. »

Elle le regarda longuement, laissant le contact tiède de ses doigts sur les siens achever de semer la déraison en elle. N’y avait-il pas plus paradoxal que son comportement quand il s’agissait de l’avocat ? Elle ne cessait de changer d’avis et d’attitude à son égard. Une fois encore, elle le prouva ; laissant ses doigts jouer avec les siens, acceptant le contact. L’appréciant tandis que ses lèvres formulaient sa pensée de façon malhabile comparée au ton qu’elle avait précédemment employé.

Je ne vais pas vous laisser à mes collègues, Lockhart. Je suis loin de vous considérer comme un moins que rien. Et si c’est ce que vous pensez de mon opinion… c’est que vous n’êtes pas très clairvoyant ce soir. »

Elle s’avançait. Elle le sentait. Elle faillit poursuivre sur le sujet à présent qu’il était lancé mais un regard vers la façade du commissariat la ravisa. Ils n’étaient pas là pour ça. Baissant le regard, elle laissa ses doigts se dégager de ceux de l’avocat en douceur avant de lever vers lui son visage, un mince sourire désolé aux lèvres. Il était la raison de sa venue et il devait le rester.

Venez. S’il n’y a qu’à moi que vous parlerez alors autant que je ne sois pas venue pour rien. »

Ils entrèrent dans le commissariat où le hall était habituellement calme à cette heure avancée de la soirée. Ils prirent l’ascenseur pour monter jusqu’à l’étage où travaillait Erika. Il y avait une sorte de pièce spéciale où les équipes pouvaient accueillir les personnes impliquées dans une enquête et qui était moins traumatisante que la salle d’interrogatoire, réservée aux suspects en règle générale. Elle était meublée comme une salle de pause, munie de canapés et de fauteuils, décorée d’une plante ou deux. Erika fit entrer l’avocat dedans et referma la porte derrière eux. Le laissant s’installer, elle se dirigea vers la cafetière dans laquelle traînait encore le café préparé dans l’après-midi. Elle le fit chauffer puis en versa dans une tasse d’abord et décida finalement de s’en prendre une aussi. La nuit pouvait être longue, autant qu’elle soit en mesure de la tenir. Tendant sa tasse à l’avocat, elle prit place dans l’un des fauteuils, celui qu’elle prenait habituellement dans cette pièce, par automatisme. Plongeant son regard dans celui de Lockhart, elle tâcha de rassembler ses idées pour expliquer ce qui allait se passer.

Etant donné le témoignage de l’homme qui a appelé la police et ce qu’on a pu recueillir comme informations de la part de la victime, vous n’êtes – contrairement à ce que mon collègue a tenté de vous dire tout à l’heure – pas soupçonné de complicité. La jeune fille n’a pas pu situer précisément le moment où vous êtes intervenu mais il est clair qu’elle ne vous a pas identifié en tant que l’un de ses agresseurs. Donc de ce point de vue là, vous pouvez être tranquille. »

Son ton était redevenu professionnel, sans doute par habitude. Ce n’était pas son domaine ce qu’il s’était passé dans cette ruelle mais cela n’enlevait pas à sa formation de base et Lockhart semblait étrangement persuadé qu’il pouvait être inquiété compte tenu de ce qu’il s’était passé. Aux yeux d’Erika, tout était pourtant assez clair. Au moins était-il à présent rassuré sur ce point.
Elle passa ensuite à la phase qui pouvait intéresser les enquêteurs.

Lorsque vous êtes intervenu, est-ce que vous avez vu le visage d’un de ces hommes ? Est-ce que vous seriez capable de les décrire ou de donner le moindre détail qui puisse aider à les retrouver ? »

C’était étrange de se trouver là, à interroger l’avocat compte tenu de l’état dans lequel elle l’avait trouvé, de la manière dont elle avait été amenée à le trouver et de tout ce qui avait pu se passer auparavant. La vie réservait parfois de drôles de surprises…
Et dans tout cela, Erika devait continuer de faire son travail. Sans doute ce qu’elle faisait de mieux.



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MessageSujet: Re: Ces choses au fond de nous, qui nous font veiller tard ♪   Mar 4 Nov - 12:52



❝Vas-y. Tire.

Ces choses au fond de nous, qui nous font veiller tard. ♪

▬ Je ne vais pas vous laisser à mes collègues, Lockhart. Je suis loin de vous considérer comme un moins que rien. Et si c’est ce que vous pensez de mon opinion… c’est que vous n’êtes pas très clairvoyant ce soir. »

C’est le moins qu’on puisse dire. Je n’ajoute rien, relativement satisfait de sa réponse. Quand bien même elle a autre chose à faire et qu’elle n’insiste pas par amitié ou un ressenti positif quel qu'il soit, elle le fait et c’est tout ce qui m’intéresse. Je n’ai pas besoin de vérifier ce qui la motive. À vrai dire, dans le doute, je préfère ne pas savoir comme cela il n’y a pas moyen d’être déçu.
Peu clairvoyant ce soir mais toujours aussi tordu.

Un instant volé de candeur, un semblant de caresse, mes sourcils se froncent quand ses yeux se détournent et nous replongeons dans la réalité aussi rapidement que nous nous étions échappés.

J’ai l’impression d’avoir bu, mais je ne suis pas ivre. Si ? Qu’ai-je fait avant de tomber sur cette agression ? J’ai probablement vidé un ou deux verres mais je suis bien incapable de m’en souvenir.
Saisissant un mot sur deux de sa remarque, je la suis, aveuglément, jusque dans le commissariat. Voilà un endroit que je connais très bien. Je suis avocat, je vous le rappelle. Et bon nombre de mes clients passent d’abord ici. C’est rarement de la petite raclure, mais même les gros mafieux se font parfois coincés par les simples agents de police.

Avec une appréhension certaine, note de timidité, je m’installe dans une situation très différente de mes visites précédentes. Je ne suis plus celui qui intimide, le sauveur ni le représentant de la justice. Plus qu’un simple pantin du mécanisme de la loi, je récupère mon café, très heureux de pouvoir m’accrocher à la tasse chaude.

▬ Etant donné le témoignage de l’homme qui a appelé la police et ce qu’on a pu recueillir comme informations de la part de la victime, vous n’êtes – contrairement à ce que mon collègue a tenté de vous dire tout à l’heure – pas soupçonné de complicité. La jeune fille n’a pas pu situer précisément le moment où vous êtes intervenu mais il est clair qu’elle ne vous a pas identifié en tant que l’un de ses agresseurs. Donc de ce point de vue là, vous pouvez être tranquille. »

Soulagé, c’est sûr. Mais je reste sceptique. Ma spécialité a toujours été celle de trouver les failles, les bavures dans les exploits, les dérapages pendant la course. Je n’ai évidemment pas aidé à violer cette fille…j’ai même voulu lui venir en aide. À quel endroit peut-on remettre en question mon intervention ?
J’étais présent. J’étais suffisamment près pour les arrêter. Une petite branlée et je suis découragé ? Alors que la demoiselle se fait détruire à jamais ?
Qui avalerait ça ?...Pas moi.

J’étais en bien meilleur état que pendant le meurtre de Sarah. Et pourtant, je n’ai pas été plus utile.

▬ Lorsque vous êtes intervenu, est-ce que vous avez vu le visage d’un de ces hommes ? Est-ce que vous seriez capable de les décrire ou de donner le moindre détail qui puisse aider à les retrouver ? »

Erika me tire de mes pensées et mon premier réflexe est de secouer la tête. Persuadé de ne pas pouvoir me souvenir en détails, je rejette la possibilité. Je suppose qu’avec un peu de temps et du recul, il se pourrait néanmoins que je me souvienne. Qu’un visage se rappelle à moi.
Mais pas maintenant.
Quoique.

« Ils étaient…trois ou quatre ? Et, l’un d’eux était typé africain je pense. Les autres non. Certains portaient des bonnets, ils étaient en baskets je, je me souviens des baskets. Blanches. »

Celles qui se sont écrasées contre mon corps avec une intensité redoutable. Je ferme les yeux un instant, puis secoue la tête en grimaçant. C’est tout.
Je porte le café à mes lèvres et replace mes yeux dans ceux de la flicette.


Il n’y a pas si longtemps, elle fut contrainte de boire un verre avec moi, sans quoi je promettais sournoisement de retarder la remise d’un dossier. Cette entrevue quasi innocente a donné plus que je n’espérais. Certes j’ai été agressé par le frère d’un délinquant et Erika a du, une fois encore, briller par son talent. Mais je me fiche bien de l’arme que l’on a pointé sur ma tête. Je ne me souviens pas de ça. Je me rappelle du ton étrangement délicat que notre conversation a pris par la suite.
Elle n’a d’ailleurs pas durée.
Évidemment il y a eu l’incident dans la banque. La jeune femme a été simplement fantastique. N’importe quel autre otage aurait souffert. Nous n’avons presque rien eu. Je suis rentré chez moi meurtri de son regard blessé, honteux de mon attitude.
Oh, et mon anniversaire. Cette année encore il n’y avait aucun gâteau, pas une bougie. Mais pour la première fois, j’ai eu un cadeau.
Puis le bal…Les choses sont allées, je ne sais dans quelle direction, mais clairement trop vite. Erika s’est échappée, car elle fut la seule à reconnaître le danger. La seule capable de s’en détourner.

Et, moi, dans tout ça ?

« Quand vous êtes partie… »

Dis-je sans la moindre introduction, comme si elle suivait le fil de mes pensées ou, comme si elle était elle aussi toujours perdue sur ces escaliers, à l’entrée de la soirée.

« J’ai jamais eu aussi…froid. »

Mal ? C’est mal qu’il fallait dire. J’esquisse un rictus malhabile et pose mon café sur le premier coin de table que je trouve.

« Vous allez encore me reprocher mon manque de clairvoyance mais je n’ai toujours pas compris ce qui vous a blessé. Reste que j’en suis désolé. C’était vraiment pas le but. »

Je pouffe discrètement puis me racle la gorge pour essayer de récupérer un comportement sérieux. C’est en étant « moi même », plus que jamais, que j’ai fait du tord à Erika durant notre danse. Comment ? Pourquoi ? Allez savoir, les femmes sont indéchiffrables, c’est le principe.
L’idée de ne pouvoir me faire pardonner ni me rattraper est affligeante. Alors autant le lui demander…

« Que faut-il que je fasse, pour espérer un autre moment ? Juste vous et moi, loin de la flic et de l’avocat…Loin des rencontres hasardeuses et souvent foireuses. Que dois-je faire ? Puis-je me risquer à simplement demander ?... »

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MessageSujet: Re: Ces choses au fond de nous, qui nous font veiller tard ♪   Mer 5 Nov - 20:39

Comme de nombreux témoins avant lui, Lockhart sembla tout d’abord ne rien se rappeler de significatif. Les images, brouillées par les émotions, n’apparaissaient généralement nettes qu’après un temps plus ou moins long selon l’état de choc de la personne. Il suffisait parfois de quelques minutes à y repenser, à se repasser le fil des évènements. Erika était patiente. Elle laissa l’avocat se plonger dans ses souvenirs et attrapa pendant ce temps le stylo qu’elle avait toujours en poche et quelques feuilles blanches mises à disposition dans la pièce. Lorsque l’avocat commença à parler, elle nota.

Ils étaient…trois ou quatre ? Et, l’un d’eux était typé africain je pense. Les autres non. Certains portaient des bonnets, ils étaient en baskets je, je me souviens des baskets. Blanches. »

Il secoua la tête, grimaçant sans doute de ne pouvoir aider plus. Erika chercha à le rassurer.

On va pouvoir orienter un peu les recherches avec ça. N’hésitez pas si quelque chose vous revient. Tout peut être utile. Et ne vous en faites pas si ça ne revient pas tout de suite. C’est normal. »

L’avocat amena la tasse à ses lèvres sans mot dire. Erika regarda à nouveau ses notes, rajoutant machinalement à côté le périmètre à établir, les possibles endroits où rechercher ces hommes ainsi que d’autres choses qui lui passaient par la tête et qui pouvaient aider l’enquête. Elle ne la mènerait pas, ce n’était pas son domaine mais l’enquêteur en charge lui demanderait certainement ce qui était ressorti de la déposition de l’avocat. Autant lui rendre quelque chose de correct.

Concentrée dans ce qu’elle écrivait, elle ne leva pas immédiatement les yeux vers Lockhart lorsque celui-ci se remit à parler.

Quand vous êtes partie… »

Il hésita. Le stylo d’Erika aussi, restant en suspens dans l’air.

▬  J’ai jamais eu aussi… froid. »

Gardant toujours le regard baissé mais de façon obstiné cette fois, elle entendit l’avocat écraser un léger rire nerveux et poser sa tasse sur la table près de lui. Le sang de la jeune femme commença doucement à battre plus fort au niveau de ses oreilles. Son rythme cardiaque parut s’accélérer lui aussi. Elle craignait quelque peu ce qui allait suivre.

Vous allez encore me reprocher mon manque de clairvoyance mais je n’ai toujours pas compris ce qui vous a blessé. Reste que j’en suis désolé. C’était vraiment pas le but. »

Le ton paraissait sincère. Erika se risqua à lever lentement les yeux vers l’avocat. Il poursuivit, ne la quittant quasiment pas du regard.

Que faut-il que je fasse, pour espérer un autre moment ? Juste vous et moi, loin de la flic et de l’avocat… Loin des rencontres hasardeuses et souvent foireuses. Que dois-je faire ? Puis-je me risquer à simplement demander ?... »

Il ne renonçait donc jamais. Pire, il allait au-delà. Ebranlée par sa demande, Erika restait silencieuse. Son regard figé dans celui de l’avocat. Elle cherchait le piège, machinalement, par automatisme. Parce qu’il y avait toujours un piège, une faille, un gouffre dans lequel elle ne voulait pas tomber. Mais était-ce encore raisonnable à ce stade ? N’était-elle pas en train de se chercher des excuses face à l’angoisse qu’elle sentait monter en elle chaque fois que l’avocat lui faisait ce genre de confidences ? De quoi avait-elle peur après tout ? Pourquoi ce sentiment de panique chaque fois qu’il faisait mine d’ouvrir son cœur et de lui montrer qu’elle pouvait s’y trouver ? A quel moment se rendrait-elle compte du ridicule de sa situation, à constamment vouloir le repousser dès qu’il faisait en sorte de se rapprocher mais à désespérer en secret de ne plus le voir revenir à la charge ? Car au-delà de cette angoisse sourde, quelque part ailleurs en elle, la jeune femme était enfin soulagée de savoir que son comportement au bal de la police n’avait pas occasionné trop de dégâts. Il était clair qu’elle pouvait de moins en moins se voiler la face ; elle tenait à Lockhart bien plus que ce qu’elle n’était prête à admettre. Et bien que sa déclaration lors de la soirée l’ait effrayée au point de littéralement lui faire prendre ses jambes à son cou, elle ne pouvait plus prétendre le détester. Elle ne pouvait plus non plus feindre l’indifférence lorsqu’il s’approchait d’elle ou s’emparait de sa main ; à défaut du reste...

Diable, fallait-il qu’elle soit  acculée de la sorte pour se rendre compte que Lockhart lui plaisait ?
Passées plusieurs secondes à ne rien dire, Erika finit néanmoins par réagir. Baissant les yeux en même temps que sa tête, elle posa son stylo calmement et accusa un bref sourire. Elle resta ainsi une seconde, cherchant son calme, ses mots puis son regard se redressa. Son armure ôtée pour un court instant. Elle eut un sourire en déchiffrant le regard de l’avocat. Espérant.

Si je vous dis oui, vous me laisserez faire mon travail ensuite ? »

Elle ne disait pas cela pour faire son travail, elle espérait qu’il le comprenait aussi comme ça. A son air, il n’y avait pas vraiment à douter. C’était la première fois depuis plusieurs années qu’elle sentait les larmes poindre aussi facilement derrière son regard malgré le fait qu’elle luttait contre. Nouveau sourire. Elle sentait son cœur palpiter dans sa poitrine. Fragile. Vulnérable. Elle aurait aimé le remettre dans son armure mais il avait encore des choses à dire.

Je ne veux pas être une chasse. Ni le plus beau trophée d’une collection. Il.. Il faut que vous compreniez. Vous m’avez montré beaucoup de facettes de vous et si celle de ces derniers mois semblent plus sincère et inspire plus de confiance que les autres ; vous ne pouvez pas occulter de mon esprit tout ce que vous y avez inspiré auparavant. Pas aussi vite. Pas d’un claquement de doigts. Si tout ce qui parait sincère et réel à cet instant n’est en réalité qu’un mensonge destiné à piéger ma confiance… ce n’est pas vous qui ramasserait les morceaux après. Vous ne pouvez pas me reprocher d’être prudente August. Pas après tout ce temps. »

Elle se rendit compte qu’elle s’était levée de son fauteuil pour arpenter la pièce mais elle ne se rappelait pas exactement à quel moment. Elle se rapprocha de l’avocat, parlant à voix plus basse, le regardant intégrer cette vérité qui leur était douloureuse.

Après m’avoir si souvent appris à me méfier de vous… Accordez-moi le temps de désapprendre. »

Posant ses doigts sur l’épaule de Lockhart, elle les laissa errer dessus une poignée de secondes, le temps pour sa paume de la frôler à son tour puis elle s’écarta lentement, comme à regret, rejoignant un coin de la pièce dont les vitres donnaient sur l’ensemble de l’étage. Il n’y avait plus personne à cette heure-ci. Ils étaient seuls.

Juste elle et lui.



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MessageSujet: Re: Ces choses au fond de nous, qui nous font veiller tard ♪   Jeu 6 Nov - 10:08



❝Vas-y. Tire.

Ces choses au fond de nous, qui nous font veiller tard. ♪

Les dés sont jetés. J’ai plutôt l’impression d’avoir dégoupillé une grenade. L’attente de l’explosion, inévitable, n’est pas aussi redoutée que je le pensais. Immobile,  je ne détache pas mon regard de son visage. Je sais que mes réflexions la perturbent, elle est fragile malgré son incontestable force de personnalité et d’opinion. Elle est ébranlée par ce que je suis, par tous les paradoxes et les défauts que j’affiche depuis que l’on se connaît.
Mais je n’ai pas peur. Parce qu’après tout il fallait que je demande. Attendre indéfiniment ne sert à rien, ça aurait continué de me bouffer, petit à petit, jusqu’à ce que je devienne fou ?

Les dés sont jetés, ils rebondissent encore quelques instants, puis se figent sur un résultat surprenant.

▬ Si je vous dis oui, vous me laisserez faire mon travail ensuite ? »

Penchant le visage sur le côté, j’analyse le dosage entre le vrai, l’amusement, la discrète esquive et le trouble. Il y a un peu de tout, de manière équilibré. En réponse à son sourire, mes lèvres s’étirent.

Erika n’est plus dans le rejet. Mais sa remarque n’a aucun goût de victoire. C’est beaucoup plus savoureux que ça. Une saveur que je ne connaissais pas, un mélange entre la satisfaction et l’honneur. Le bonheur et l’excitation.
Feignant de me faire du chantage, une acceptation contre un peu de travail, la flicette baisse sa garde, fait tomber les barrières. En quelques mots, à peine, je perçois sa sensibilité, la légère chaleur que je génère et aussi la fine blessure.

Une minute sans protection, découverte, vulnérable. Il serait si facile de passer à l’attaque. De profiter de cette relâche pour porter un coup décisif, fatal. Avec adresse et rapidité, je pourrai l’atteindre.
Je n’en fais rien. Je continue d’attendre. Erika a d’autres choses à dire. Son armure est suffisamment ouverte pour permettre une offensive efficace mais elle ne l’a pourtant pas entièrement retirée. Et quand bien même elle se mettrait à nue, je n’ai aucune envie de lui nuire.

▬ Je ne veux pas être une chasse. Ni le plus beau trophée d’une collection. Il.. Il faut que vous compreniez. Vous m’avez montré beaucoup de facettes de vous et si celle de ces derniers mois semblent plus sincère et inspire plus de confiance que les autres ; vous ne pouvez pas occulter de mon esprit tout ce que vous y avez inspiré auparavant. Pas aussi vite. Pas d’un claquement de doigts. Si tout ce qui parait sincère et réel à cet instant n’est en réalité qu’un mensonge destiné à piéger ma confiance… ce n’est pas vous qui ramasserait les morceaux après. Vous ne pouvez pas me reprocher d’être prudente August. Pas après tout ce temps. »

L’examen est juste, entier, violent. Certains termes sont aussi véridiques que blessants et je déglutis en silence. On récolte ce que l’on sème, n’est-ce pas ? Cette conclusion me sermonne et m’angoisse depuis plusieurs semaines, sans que je ne sache expliquer précisément pourquoi. J’avais simplement conscience que tout était lié à Erika.
Tout devient plus clair.

Elle fut d’abord une proie. Rien qu’une proie. Que je respectais, certes, mais une proie, potentielle victime, agréable amusement. Aucune amante n’a été considérée comme un trophée et pourtant toutes furent une sorte de fierté.
Je suis manipulateur, calculateur, menteur. C’est vrai. J’ai joué avec elle, j’ai testé, taquiné, touché. J’ai essayé à plusieurs reprises de la faire plier mais rien n’a fonctionné. Non seulement parce qu’elle n’est pas comme les autres, mais également parce que je n’ai pas su m’y prendre. Là où tout me paraissait simple, inné, instinctif, je suis devenu maladroit et hésitant. La jeune femme a généré chez moi une incertitude pénible. Me forçant à ressembler à ce que j’aurai du devenir si. Erika fait de moi celui que j’ai toujours rejeté. Pour être plus fort, pour moi souffrir, je m’étais si bien caché ;
Elle a tout détruit. Les murs, fissurés, ne tiendront plus longtemps. Moi qui pensais avoir bâti les meilleures fondations ! Je réalise que je n’avais pas envisagé un tel obstacle.

Tandis qu’elle se lève pour effectuer quelques pas, je reste sagement à ma place. Je ne saurai de toute façon pas comment me tenir s’il fallait lui faire face. Je continue de l’observer, l’arôme grave du café et les couleurs envoutantes de la nuit nous enrobent dans une atmosphère étrange, presque menaçante.
Mais rien pourtant ne m’effraie.

▬ Après m’avoir si souvent appris à me méfier de vous… Accordez-moi le temps de désapprendre. »

Ce ne pouvait pas être facile. Rien n’a été facile entre nous, depuis le début. Et pourtant, bien que compliqué, notre lien  a toujours existé. Plus autoritaire et caractériel qu’un autre, une relation tellement plus percutante, épicée. De vastes sensations, des reliefs vertigineux et une bouffée d’air souvent glaciale, parfois si brulante. Nous ne sommes pas partis sur de bonnes bases, mais aucune rencontre n’a été si goûteuse.
Même derrière les reproches, les critiques et les leurres, quelque chose de clairement naturel voire intime nous connecte.

Je me lève, essayant de repousser ces constatations insensées, et me place dans son dos à une distance parfaitement respectable. Un bon mètre. Une brise légère émet un sifflement discret contre les larges fenêtres, les lumières extérieures scintillent derrière le passage de quelques automobilistes.
Rien ne me paraît réel. Sauf Erika.

« …Prenez le temps qu’il faudra, Erika. Vous…il vous faut probablement encore tout apprendre de moi mais vous n’êtes pas la seule. »

Je m’avance, glisse une main contre l’épaule qu’elle a bien voulu effleurer, frissonne de ce simple souvenir, et dépose finalement l’index contre le rebord froid de la fenêtre. Le regard dans le vague, j’essaye de mettre les bons mots sur ce que je ressens. L’exercice est périlleux, et Erika voulait travailler. Je ne sais plus ce qu’il est judicieux de faire, intelligent de dire, prudent d’avouer.

« Je ne sais pas vraiment qui je suis. Ces facettes sombres que vous détestez ne sont pas qu’une image. J’ai fini par être détestable. C’est plus facile. Vraiment plus facile. J’aurai pas pu…sinon. »

Certains morceaux de l’histoire sont encore flous, bien trop douloureux pour être évoqués. Je reste imprécis, et reprends.

« Alors depuis le temps ! Je ne m’attendais pas à avoir envie d’être différent. Je ne pensais pas pouvoir remettre en question ces années d’illusion. Je dois aussi désapprendre tout ça. »

C’est comme si nous devions tout reprendre à zéro, tout en sachant que je suis imprégné de défauts, coincé dans une existence qui s’est imposée à moi. Je ne serai jamais l’opposé de l’homme qu’elle connaît aujourd’hui. Je ne pourrais pas devenir un gentilhomme après m’être éduqué dans des valeurs méprisables.
Je n’aurai pas pu exister sans ça. Aujourd’hui malheureusement, ça pourrait me coûter un nouveau rêve.

Lui faisant enfin face, je croise les bras et prends appui sur la vitre. Dans la posture de celui qui maitrise, j’ai en fait besoin d’être soutenu. M’accrocher à elle serait bien meilleur, mais je ne suis pas encore fou.

« J’ai aucun moyen de vous prouver ma sincérité. Sachez que je vous laisse décider et…je resterai moi-même. Si j’arrive encore à savoir ce que cela signifie. Je ne veux pas vous mentir. Ni faire semblant d'être quelqu'un de bien...»

Parfait, elle n’a plus qu’à penser que je suis l’homme le plus instable et déséquilibré qui soit : j’ai vraiment mis toutes les chances de mon côté !
Quelle galère. Je comprends pourquoi je ne m’étais jamais confié avant Erika : c’est désagréable, douloureux, préjudiciable.
...

Sans prévenir j’attrape sa main pour l'entourer des miennes et acquiesce, pour nous convaincre.

« Ça va aller. »

Je caresse un instant ses doigts, termine de me persuader, et fini par la relâcher.

« Vous voulez peut être finir de m'interroger ? »

Le viol, les cris, Sarah, tout me revient brutalement et je retourne près du canapé, sans m’asseoir.
Elle veut du temps. Elle veut apprendre, désapprendre, tout reprendre. Elle peut vouloir tout et n’importe quoi, le pire et l’impossible, la lune, un miracle, des mois. Je serai là, et j’attendrai.
Ensuite ? J’improviserai.


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MessageSujet: Re: Ces choses au fond de nous, qui nous font veiller tard ♪   Ven 7 Nov - 21:39

Elle se tenait là, près de la fenêtre, observant les bureaux sur lesquels elle s’asseyait à longueur de journée, les tableaux sur lesquels ils reconstituaient les crimes, les téléphones qui ne cessaient de sonner, les salles d’interrogatoire au fond, le bureau du chef de la Criminelle. Tout ce qui constituait son quotidien, tout ce qui amenait un semblant de réalité dans son existence était là. Elle vivait pour ce travail. Elle y avait investi tant d’énergie que le temps avait fini par brouiller ses souvenirs, lui amenant à penser qu’elle était née, destinée à ce travail. Elle n’était d’ailleurs pas devenue aussi incompétente que ne le prétendaient certains. Dexter avait fait d’elle quelqu’un de droit, de juste. Il ne lui semblait pas avoir déjà eu connaissance de son potentiel qu’à l’instant où cet homme avait entrepris de le lui révéler. Elle lui devait beaucoup tout comme elle devait beaucoup à ce métier qui lui donnait la force de se lever le matin, qui la nourrissait, l’enrichissait d’une certaine manière et lui donnait sa place dans la société. Etait-ce en train de changer ? Lockhart était-il en train de se construire quelque part au milieu de tout cela ? Elle avait mis là aussi tant d’énergie à le repousser. Il était revenu à la charge, souvent mais tout ceci n’avait longtemps été qu’un jeu de l’avocat, une chasse dans laquelle la proie lui résistait plus longtemps que les autres. Il y avait cette fois dans le bar néanmoins où après lui avoir sauvé la mise, elle avait découvert un autre visage de l’avocat. Sans doute son orgueil avait-il été blessé de se voir secouru par une femme, par Erika ? N’avait-elle pas renversé la donne à cet instant, lui étant la proie et elle le prédateur ayant pouvoir de toute décision sur lui ? La situation avait cependant basculé à nouveau lorsqu’ils s’étaient retrouvés coincés dans un ascenseur, ensemble. Une stupide crise de claustrophobie avait bien failli coûter sa crédibilité à la jeune femme. Lockhart avait oscillé entre deux positions cette journée-là. Ses habitudes, son tempérament tentant plusieurs fois de prendre le dessus. Ce fut la première fois qu’il perdit réellement les pédales avec elle et il s’en excusa une fois sortis d’affaire. A compter de ce moment-là, Erika ne compta plus le nombre de fois où l’avocat commença à la surprendre. Elle feignit d’abord de ne rien remarquer, mettant cela sur le dos des évènements précédents qui les avaient obligés à cohabiter dans un lieu et une situation exigus. Mais ses paroles et ses confidences esquissées le soir de son anniversaire puis cet aveu lorsqu’ils dansaient au bal de la Police avaient débuté la lente et périlleuse ascension de sa raison. Venait alors cette question qu’elle avait refusé de se poser assez longtemps pour se retrouver, malgré elle, obligée d’y répondre à présent : et s’il était sincère ? Et si tout cela n’était pas la grande supercherie dans laquelle elle avait peur de tomber ? S’ils avaient réellement… une chance ?

L’avocat s’approcha doucement derrière elle mais s’arrêta à bonne distance. Il sembla chercher ses mots une seconde. Erika attendait, écoutant le bruit de cette respiration derrière elle, imaginant les traits du visage allant avec. Appréciant qu’il n’envahisse pas cette bulle autour d’elle.

…Prenez le temps qu’il faudra, Erika. Vous… il vous faut probablement encore tout apprendre de moi mais vous n’êtes pas la seule. »

Elle le sentit bouger, se déplacer. Il apparut en face d’elle, le regard perdu lui aussi derrière la vitre, un doigt posé sur le rebord de la fenêtre. Ils étaient proches et pourtant la jeune femme sentait l’esprit de l’avocat à des milliers de kilomètres de là.

Je ne sais pas vraiment qui je suis. Ces facettes sombres que vous détestez ne sont pas qu’une image. J’ai fini par être détestable. C’est plus facile. Vraiment plus facile. J’aurai pas pu… sinon. »

Il s’interrompit, toujours sans lui accorder le moindre regard tandis qu’Erika, elle, l’observait. Les secrets tapis sous la surface de son discours l’intriguaient. Comme toujours. Elle était conditionnée pour se poser toutes sortes de questions. Qu’il en dise moins que ses pensées ne faisait qu’aiguiser un peu plus l’intérêt qu’elle portait déjà sur son passé. Elle n’avait pas toujours était persuadée qu’il était un con fini. Au début, évidemment puisqu’il n’avait agi qu’en tant que tel, avec elle, avec les autres. Il avait été rapidement catalogué ; avant de bouleverser cet ordre établi. Petit à petit, en prenant son temps. Elle n’était même pas certaine qu’il ait eu conscience du changement. C’était comme avoir commencé à faire le tour de cette image qu’il donnait de lui pour voir ce qu’il se trouvait réellement derrière. Etait-ce venu d’elle ? De lui ? Sans doute un peu des deux à la fois. En l’occurrence aujourd’hui, elle n’était plus certaine de sa définition du con fini. Lockhart lui en apportait la confirmation.

Alors depuis le temps ! Je ne m’attendais pas à avoir envie d’être différent. Je ne pensais pas pouvoir remettre en question ces années d’illusion. Je dois aussi désapprendre tout ça. »

Erika esquissa un pâle sourire, le voyant réutiliser sa tournure. Il se tourna alors vers elle.

Don’t you find it’s hard to say what we do now ?

Elle sentait la tension dans son corps alors qu’il était si proche d’elle. Elle la sentait et ressentait exactement la même. Il eut été si facile de se rapprocher, de rompre cette distance entre eux, de le laisser enfreindre cette bulle, de le laisser la toucher.
Mais rien n’était jamais simple entre eux et l’avocat croisa d’abord les bras. Elle se sentit bêtement rassurée, paradoxalement à son envie de se rapprocher. Tout cela était encore… compliqué. Elle en fronça légèrement les sourcils, frustrée de sa propre contradiction.

J’ai aucun moyen de vous prouver ma sincérité. Sachez que je vous laisse décider et… je resterai moi-même. Si j’arrive encore à savoir ce que cela signifie. Je ne veux pas vous mentir. Ni faire semblant d'être quelqu'un de bien... »

Elle fronça un peu plus les sourcils, observant l’homme en face d’elle. Elle ne lui aurait sans doute pas attribué toutes les qualités de la Terre mais l’entendre s’évoquer comme différent de quelqu’un de bien sonnait aigrement aux oreilles de la jeune femme. Elle n’avait néanmoins aucun exemple hormis sa prise de position de ce soir envers la jeune fille pour prouver à l’avocat qu’il n’était pas aussi mauvais qu’il ne semblait le croire. De plus, il lui était encore assez inhabituel de prendre la défense d’un homme qu’elle avait autant méprisé pour qu’elle préfère garder le silence et le laisser juge de sa personne. Après tout, quelle crédibilité pouvait bien avoir son avis sur la question puisqu’elle avait plus d’exemples destinés à le blâmer qu’à le racheter ?

Lockhart saisit soudain sa main, comme en écho à son trouble intérieur. Elle le laissa à nouveau faire, regardant ses doigts disparaître entre les mains de l’avocat. N’osant croiser son regard lorsqu’il lui affirma que tout allait bien se passer. Ses doigts caressèrent les siens. Il y avait une douceur dans ce geste, une délicatesse, qui ne s’arrêta pas à une sensation sur sa peau. Erika retrouva ce qu’elle avait éprouvé lors de leur première danse. Son corps parut se réchauffer. Tendre à se rapprocher sans qu’elle lui cède cette faveur pour autant. Les secondes s’étirèrent en une improbable éternité. Lui laissant le temps d’hésiter, de douter, de vouloir tenter. D’être tentée.

L’avocat lui relâcha finalement la main, rompant ainsi le charme troublant.

Vous voulez peut être finir de m'interroger ? »

Le regardant d’abord sans comprendre, Erika peina à atterrir. Fronçant brusquement les sourcils avant de détourner la tête, elle se racla la gorge avant de reprendre contenance. Le cœur réintégra son armure, Erika son rôle de flic et l’éternité de l’instant s’envola, ne laissant que le souvenir de son passage troublant.

Oui, allons-y. »

L’avocat revint se rasseoir dans le canapé et Erika ne se laissa qu’un bref instant de répit pour se reprendre et revenir s’asseoir à son tour. Elle reprit ses feuilles, relut en diagonale ce qu’elle y avait inscrit et releva la tête, paraissant à nouveau concentrée sur son objectif.

Que s’est-il passé lorsque vous êtes intervenu ? J’ai besoin que vous me décriviez la scène avec le plus de détails possibles. »

Elle aurait presque réussi à se convaincre elle-même que les dix dernières minutes n’avaient pas existé. N’eusse été ce souvenir, déjà inscrit dans sa tête. Et cette question basique à laquelle l’autre témoin et la victime avaient déjà partiellement répondu et qui ne lui apporterait certainement pas grand-chose compte tenu de l’état de choc dans lequel ils avaient trouvé Lockhart.

Mais il fallait bien recommencer quelque part.



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MessageSujet: Re: Ces choses au fond de nous, qui nous font veiller tard ♪   Sam 8 Nov - 16:08



❝Vas-y. Tire.

Ces choses au fond de nous, qui nous font veiller tard. ♪

Il nous faut une échappatoire, à tous les deux. J’ouvre alors la porte des responsabilités professionnelles d’Erika, sachant pertinemment qu’elle ne sait pas la refermer d’elle-même. C’est un peu fourbe, mais c’était nécessaire. Nous aurions peut être perdu pied et je ne suis pas sûr qu’un égarement plus long soit avantageux.
Beaucoup trop hésitants, égarés, étonnés aussi, nous avons besoin de temps. Voilà la première chose à considérer, la belle l’a dit immédiatement : il faut du temps. Le retour maladroit à la réalité a quand même l’effet escompté. Redevenue la droite agent de police, Erika reprend comme si rien ne s’était passé – ou presque – et me considère à nouveau comme un témoin sous le choc.
Le cœur ouvert a disparu, je m’efforce de rester concentré.

▬ Que s’est-il passé lorsque vous êtes intervenu ? J’ai besoin que vous me décriviez la scène avec le plus de détails possibles. »

Ramenant une main jusqu’à ma tignasse, je ferme les yeux pour chercher dans mes souvenirs. Ce n’est pas si vieux, au contraire. Pourtant tout est ambigüe, flou, lointain. Plus je me rapproche de ces images et des sensations que j’ai éprouvé là bas, plus elles sont douloureuses, pénibles à supporter.
Mais il le faut. Pour aider l’enquête, rendre justice à cette demoiselle, permettre à Stojanović de faire son boulot…et penser à autre chose qu’à ses délicieuses lèvres.

« J’ai commencé par demander. Par crier. J’ai espéré que mon intervention les décourage, qu’ils aient peur qu’un témoin aille jusqu’à appeler les forces de l’ordre. Mais ils m’ont royalement ignoré. On aurait dit…qu’ils n’en étaient pas à leur première fois. Qu’ils ne redoutaient rien, parce qu’ils savaient déjà qu’ils allaient réussir. »

Oui, c’est exactement ça. Soit ils étaient terriblement alcoolisés, au point de ne plus mesurer les risques qu’ils prennent ni ce qu’ils infligent à leur victime. Soit ils étaient au dessus de ça. Maitres de la situation, professionnels du crime, habitués du viol.

« J’ai attrapé le premier et je l’ai frappé. Je ne sais plus…au visage surement. » Dis-je en passant la paume de ma main contre une joue amochée. « Les autres n’ont pas tardé à réagir. Je ne les ai pas inquiété un seul instant, j’ai bien eu l’impression de les déranger. J’étais un contretemps très emmerdant, ils se sont défoulés quelques secondes, à plusieurs, c’est allé très vite. »

Les élancements se réveillent ci et là, contre mes jambes, mon coude, mon dos. Je me souviens de mieux en mieux, ils étaient en colère. Ils auraient aimé que je passe mon chemin, ils n’ont pas ressenti ni la honte, ni l’embarras, ni la crainte.

« Je suis tombé. Comme je vous l’ai dit, j’aurai pu me relever. J’aurai du y retourner. En attendant que la police arrive. Mais quand je me suis retrouvé sur le sol et que j’ai entendu cette fille hurler j’ai…j’ai été paralysé. J’étais probablement choqué par leurs coups et j’étais, pendant ces quelques minutes décisives, pris de panique. Persuadé de ne pas être en mesure de l’aider. Je me suis senti responsable avant même qu’ils ne… »

Sarah. C’est presque de ta faute.
Je relève finalement les yeux vers elle, partagé entre un énorme chagrin et le ridicule. Immense. Incommensurable. J’avais le potentiel suffisant pour les empêcher d’aller plus loin, juste le temps que les voitures n’arrivent. Mais rien. Je n’ai rien fait. Je suis allé me terrer dans un coin.

« J’suis désolé. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé. C’n’était pas ma première castagne pourtant. »

Ça faisait des années que je n’avais pas levé la main sur un inconnu ! Délibérément, consciemment et avec un malin plaisir. Ce ne fut ni désagréable ni parfaitement injuste. Mais je n’ai pas su aller jusqu’au bout. Interrompu par ce traumatisme de jeunesse, je n’aurai été capable de rien.

Je veux remettre ce morceau de vie au fond de mon subconscient, essayer, comme avec Sarah, de l’oublier. De vivre avec tout en affirmant qu’il n’existe pas. Surtout pas maintenant. Je n’ai ni l’envie ni le droit de me montrer faible et bouleversé devant Erika. Alors que je découvre de nouveaux battements de cœur, un goût différent et partagé pour la vie, je ne peux pas laisser ces cauchemars me faire tomber.

Pour le prouver je me lève, sans prévenir, percutant légèrement la table sur laquelle le café se met à tanguer. Je m’approche et la domine, de toute ma taille, ma carrure et mon influence, puis je me penche.

J’ai toujours trouvé ses lèvres parfaites. Dès la première fois. Subtilement dessinées, elles invitent au charnel d’une façon si étonnement innocente. Presque malgré elle, la flicette affiche un visage aux traits épurés, enivrants. On aurait presque envie de chercher la faille, mais il n’y a pas un débordement. Le tracé a filé avec perfection, pointé d’une encre de caractère, lisse et sans accroche. Son regard, large, poignant, est expressif, dur, fermé. Il est facile de s’y perdre, et paradoxalement, elle vous fait comprendre que vous n’entrerez jamais.
Ses lèvres, encore, captivent mes yeux et réchauffent mes pensées. Les sens en éveil, les bras de part et d’autre de son corps, je m’avance encore. Il ne faudrait pas qu’elle s’échappe, qu’elle fasse mine de refuser. A la fois invitée et prise au piège, je referme sur elle mon désir. Lentement. Le pouls rapide, presque tremblant.

Je vais trop vite.
Mon front fini par s’échouer contre le sien. Nos souffles courts reprennent un peu de vie tout en se mêlant. Je ferme les yeux et replace mes mains dans le fond de mes poches. Elles y sont certainement beaucoup plus à leur place.

« C’est tout ce dont je me souviens. Je ne peux pas vous aider plus. Merci d'avoir été là. »

Je rouvre les yeux en me redressant, et constate une nouvelle fois que le danger est omniprésent. Si Erika se trouve près de moi, si elle a le malheur d’ouvrir une fissure, je ne sais m’empêcher de m’y engouffrer. Après tout ce qui a été dit, après tout ce qu’il nous reste pourtant à apprendre de l’autre, je suis étrangement impatient.

Sauf que je veux éviter absolument éviter d'être dérangeant ou, comme lors du bal, blessant.

« Je vais appeler un taxi. Avez-vous besoin de, quoique ce soit ? »


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MessageSujet: Re: Ces choses au fond de nous, qui nous font veiller tard ♪   Dim 9 Nov - 21:31

Se concentrer sur le récit de Lockhart était le meilleur moyen pour ne pas penser. A mesure qu’il racontait, Erika se raccrochait à la scène, s’éloignant de celle qu’ils avaient vécu quelques minutes avant. Elle ignorait encore si ouvrir un instant son cœur à l’avocat avait été une idée judicieuse mais à défaut d’en avoir trouvé une meilleure, elle avait choisi celle-ci. Il lui était effrayant de constater à quel point elle doutait de tout dans ce domaine particulier qu’étaient les relations. Il lui eut été bien plus simple de se trouver un Shane bis qui ne lui aurait pas posé tant de cas de conscience ni tant de trouble chaque fois qu’il faisait mine de s’avancer. Elle ignorait si tout cela était… purement chimique ou si son corps traduisait ce que son esprit n’était capable de dire. Pouvait-on à ce point se voiler la face que le corps en soit rendu à hurler ses signaux pour le moindre effleurement ? Nina était le médecin, elle aurait sans doute su répondre à cette question, mais elle n’était pas là ce soir et de toute manière, Erika n’était pas du genre à parler de ces choses-là. Elles appartenaient au domaine du privé ; un coin encore plus sécurisé que le reste.

L’avocat commença à raconter. Elle le laissa parler, présenter les choses à sa manière, décrire les évènements selon son point de vue. Tandis qu’il parlait, elle écrivait, relevant de temps à autre les yeux pour l’observer. Il semblait bouleversé, désemparé de n’avoir pu aider la jeune fille. Les mots sortaient presque trop vite de ses lèvres, il ne semblait plus réfléchir à ce qu’il disait. Il avoua s’être senti paralysé une fois à terre, ne s’être pas senti capable de voler au secours de cette victime. Erika releva les yeux à ce moment-là. Lockhart semblait littéralement rongé par le remord, abattu par sa propre réaction, persuadé d’avoir failli à la tâche. Le corps émettait parfois des réactions inattendues face au stress ou au danger, certains s’en trouvaient renforcés, d’autres affaiblis. Erika ne parvenait pas à comprendre pourquoi cela affectait autant l’avocat. Sans doute était-elle encore dans ce schéma méprisant qu’il avait dessiné pour elle ? Ou le fait de travailler sur des scènes de crime à longueur de journée, de côtoyer, d’interroger, de décrypter les pires esprits de New York affectait-il son jugement, la rendant moins sensible à l’horreur, banalisant ce qui n’était en fin de compte qu’un énième crime dans la Grosse Pomme. Qui sait. Lockhart avait légitimement le droit d’être choqué. L’option n’était pas exclue ; même si dans l’esprit déductif et intuitivement logique de la jeune femme, quelque chose dans cette idée la dérangeait.

J’suis désolé. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé. C’n’était pas ma première castagne pourtant. »
Vous n’avez pas à vous excuser. Ni auprès de moi, ni auprès de cette jeune fille. Avec un peu de chance, les informations se recoupant, nous pourrons attraper les ordures qui lui ont fait ça et rendre un semblant de justice à cette victime. »

Cela ne réparerait sans doute jamais ce qu’ils lui avaient infligé, la rendant prisonnière de son propre corps, mais ils n’étaient pas non plus des guérisseurs de l’esprit. Elle avait vu des femmes faire de cette atrocité une force, une véritable armure qui les empêchait de ployer sous le poids des souffrances. Celle-ci ferait peut-être partie du petit nombre de ces guerrières. C’était le mieux que l’on puisse lui souhaiter.

La déposition était pratiquement terminée. Erika vérifiait une dernière fois qu’elle avait noté tout ce qui avait été dit quand l’avocat se leva sans crier gare. Il heurta le coin de la table en s’approchant, laissant le temps à la jeune femme de le voir arriver. Ses sourcils se froncèrent brièvement en le voyant se tenir au-dessus d’elle comme il l’avait déjà fait auparavant lorsqu’ils étaient coincés dans l’ascenseur. Son regard questionna le sien. L’avocat se pencha doucement, silencieusement, approchant son visage à quelques centimètres de celui d’Erika. Son cœur s’accéléra. Figée dans sa posture, elle n’osait pas bouger. Ses yeux ne quittaient pas ceux de Lockhart. Elle n’osait même pas ciller. Son visage se rapprocha encore. La respiration de l’avocat lui caressa la peau, anéantissant la sienne. Malgré elle, ses yeux se fermèrent face à cette réalité trop troublante. Dans un instant, s’il continuait à se rapprocher, quelques centimètres de la peau de l’avocat se poseraient sur la sienne. Son cœur bondit à la perspective. Elle ne sut pas dire si c’était de peur ou d’autre chose. Elle ne parvenait plus à penser clairement.

Son front sentit soudain celui de l’avocat. Erika retint un sursaut, les paupières toujours closes, laissant simplement ses sourcils se rehausser d’un air surpris. Elle ne s’était pas attendue à ce contact-là qui, pourtant, lui paraissait inconsidérablement doux. L’avocat ne bougea pas d’un cil, se contentant de ce simple contact. Elle sentait ses lèvres toutes proches. Elle sentait son souffle s’échapper d’entre elles. Elle se demanda brièvement ce qui le retenait avant de réaliser qu’elle luttait, elle aussi. Etaient-ils dont ces deux imbéciles incapables de contrôler leur corps ? L’idée la faisait sourire mais elle se sentait encore incapable de franchir cette limite. Elle se l’était fixée. Il l’avait accepté.

Fallait-il dont qu’il rende cette attente aussi insupportable ?

Lorsqu’il se recula enfin pour se redresser, Erika rouvrit les yeux, étourdie par ce parfum, le mélange de leur désir, cette peur de l’inconnu, du danger, de cette chute interminable vers laquelle ils s’élançaient. Elle leva lentement son regard vers le sien. S’amusait-il de l’effet qu’il faisait ? En avait-il seulement conscience ou croyait-il avancer contre un mur en béton armé gardé par des chiens de l’enfer et dont les cent derniers mètres étaient garnis de mines sur lesquelles il ne fallait surtout pas poser le pied ? A le voir, elle finissait par douter.

C’est tout ce dont je me souviens. Je ne peux pas vous aider plus. Merci d'avoir été là. »

Elle hocha simplement la tête, ne précisant pas qu’elle avait été appelée contre son gré ni le cinéma qu’elle avait fait quelques heures plus tôt pour cet article sur eux. Cela lui paraissait presque risible à présent. Un rien suffisait à la faire basculer. Elle était stupide.

L’avocat s’écarta et elle se leva à son tour.

Je vais appeler un taxi. Avez-vous besoin de, quoique ce soit ? »

Erika secoua doucement la tête et le remercia. Mieux valait ne pas insister pour ce soir et suivre l’exemple de l’avocat. C’était la réaction qu’elle avait habituellement. Ce soir, les choses semblaient inversées, c’était lui qui la rappelait à son travail, lui qui rendait les armes le premier pour quitter la scène. Bien que cela lui déplaise et lui donne la sensation d’être faible et sentimentale, elle ne pouvait pas mieux faire. L’avocat était par trop troublant ce soir et elle, bien trop réceptive. Sans doute était-ce le fait de l’avoir vu aussi choqué. Elle n’en avait pas l’habitude.

Je vais monter voir où ils en sont et leur donner votre déposition. Je ne vais pas vous retenir plus longtemps, vous connaissez la sortie. »

Elle baissa brièvement les yeux, incertaine de la suite. Elle hésita à se rapprocher de lui puis se résolut finalement, attrapant ses notes. Elle salua l’avocat d’un dernier sourire et sortit de la pièce. En marchant jusqu’à l’escalier, elle tâcha de penser à ce qu’elle allait dire là-haut plutôt qu’à ce qu’il pouvait arriver si la porte se rouvrait brusquement et laissait passer l’avocat, incapable d’en finir ainsi. Arrivée deux étages plus haut, elle tomba sur la policier de patrouille qui l’avait appelée. Il venait justement voir où les choses en étaient avec la déposition de Lockhart. Erika lui tendit ses notes. Il les parcourut rapidement avant de demander :

Vous avez réussi à savoir qui c’était Sarah ? »

Erika le regarda, incrédule.

Je vous demande pardon ? »
L’homme qui a appelé les flics, il a dit que M. Lockhart était prostré dans un coin de la ruelle et qu’il a marmonné plusieurs fois ce prénom. On a cru que c’était le nom de la victime mais on a vérifié, elle ne s’appelle pas Sarah. Il ne vous a pas dit ? »
Non. Il n’a pas parlé de ça. »

Un peu surpris mais poli, le policier ne s’autorisa aucune remarque et haussa vaguement les épaules. Après tout cela n’aidait pas l’enquête. Il la remercia et retourna à son travail. Erika resta plusieurs secondes immobile, une main encore sur la rambarde d’escaliers.

Sarah…
Où avait-elle entendu ce prénom déjà ?

▬ Fini pour moi ▬



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Even though your words hurt the most, I still wanna hear them, every day. You say let it go but I can't let it go. For I'm so scared of losing you and I don't know what I can do about it. So tell me how long, love, before you go and leave me here on my own. I know that I don't wanna know who I am without you.
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Ces choses au fond de nous, qui nous font veiller tard ♪

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