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 Questions are dangerous, because they bring answers ▬ August S. Lockhart

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MessageSujet: Questions are dangerous, because they bring answers ▬ August S. Lockhart   Mar 11 Nov - 19:14

&

Début Novembre 2015, milieu de la nuit - Appartement d'August S. Lockhart

Le souvenir lui était revenu alors qu’elle rentrait chez elle. Sarah était l’amie de Lockhart. Il avait brièvement évoqué le sujet lorsqu’elle était venue avec Shane lui demander son aide avant d’enfouir cela sous le reste de leur conversation. A vrai dire, Erika ne l’avait jamais trouvé aussi troublé que ce jour-là au tribunal lorsque le magistrat avait jeté ce pavé dans la mare, sortant du placard cette affaire dont seuls les hommes de loi semblaient avoir connaissance. Et ce nom, cette mystérieuse jeune femme refaisait surface aujourd’hui sur les lèvres de l’avocat tandis qu’il était témoin d’un viol ? La coïncidence était trop belle… Il s’était forcément passé quelque chose. Mais était-elle en droit de se demander quoi ? Pour n’importe qui d’autre, elle n’aurait pas hésité et aurait cherché à savoir. Pour August.. les choses étaient un peu différentes. La notion de vie privée n’était pas exactement la même. Une part d’elle sentait qu’elle avait un pied dedans tandis que l’autre se demandait jusqu’à quel point elle pouvait justifier ses recherches professionnellement. Sa curiosité était piquée de tout côté. Pourtant Erika hésitait, tiraillée dans le même temps par ce qui se rapprochait le plus d’une conscience à cet instant.

Elle hésita encore lorsque ses doigts fins parcourent les contours de la boîte contenant toutes les réponses. Elle avait mis plusieurs semaines à trouver. Il lui avait fallu faire preuve de patience. Elle avait renoncé plusieurs fois, retardant ses recherches, se persuadant que cela ne la regardait pas mais chaque fois, chaque entrevue avec l’avocat avait ranimé sa curiosité, son besoin viscéral de connaître les réponses à ses questions. Elle s’était renseignée de façon plus ou moins directe, recoupant ce qu’elle savait avec ce qu’on lui disait, évitant d’éveiller les soupçons sur ce qu’elle cherchait. N’était-elle pas payée pour ça, se poser des questions ? Et à présent qu’elle se tenait là, assise dans l’obscurité de la salle des archives, éclairée d’une simple lampe, cette boîte sur les genoux, Erika douta une dernière fois du bienfondé de sa démarche.
Puis ses doigts glissèrent entre le couvercle du carton et le reste de la boîte.

Elle lut. Elle lut pendant ce qui lui parut une éternité. Elle imprima, engramma, reconstitua la scène, la laissant se dérouler sous ses yeux comme si elle se trouvait elle aussi dans cette ruelle, il y a des années tandis que Sarah hurlait à l’aide. Etait-il possible de faire subir pire que cela à une jeune fille ? Erika en avait la nausée en déchiffrant le rapport du légiste qui avait autopsié le corps. Sarah était passée entre les mains de l’enfer. Pas étonnant que Lockhart en soit rendu malade de peur à l’idée de ne pas pouvoir venir en aide à l’autre victime s’il n’avait pu l’aider elle.

D’ailleurs où était-il dans le rapport des témoins de la scène ? Erika revint au début du dossier et examina soigneusement chaque page, y cherchant une trace de l’avocat. Elle fit le tour trois fois avant d’arriver à la conclusion qu’il en était tout bonnement absent. Mais cela ne concordait pas. Cela n’avait même aucun sens. S’il avait été présent, qu’il s’était battu pour défendre son amie, pourquoi ne figurait-il pas dans l’enquête ? On ne pouvait pas oublier ce genre de témoins quand même ?! Non, l’explication était ailleurs. Forcément. Tout ne pouvait pas toujours être une erreur de la part de la Police. Il devait forcément y avoir un moyen d’expliquer la présence de Lockhart sur les lieux, le magistrat avait été formel, il était présent lorsque son amie s’était faite assassiner. Les coupables n’avaient pas été identifiés à l’époque mais…

Elle s’interrompit. Relut.
Les coupables n’avaient pas été identifiés à l’époque.

Le sang se retira de son visage. Elle ne pouvait formuler sa pensée. Elle n’y parvenait simplement pas. C’était impossible. Impensable. Lockhart n’était pas.. Non, ça n’était clairement pas possible. Il y avait une faille, une erreur dans le dossier, un oubli. Quelque chose ! Elle eut beau relire plusieurs fois le dossier, repassant encore et encore sur les passages relatant le viol puis le meurtre, l’absence totale de témoins à ce moment-là, le signalement donné, l’autopsie, les interrogatoires, l’absence de description exacte des suspects, rien, rien, absolument rien ne faisait mention de Lockhart, ne démentait quoique ce soit sur sa présence ou son implication. Erika jeta le dossier dans un accès de rage. Il rebondit sur l’étagère en face d’elle et s’étala à terre. Elle le regarda un moment puis posa ses paumes sur son visage, fermant les yeux et soupirant. Elle avait.. elle était..

Elle aurait souhaité mourir sur place plutôt que d’éprouver le sentiment qu’elle éprouvait à l’instant. Ce n’était qu’une hypothèse, après tout. Un simple doute. Le doute qu’elle aurait eu dans n’importe laquelle de ses enquêtes. Le doute qu’elle avait appris à avoir, quoiqu’il arrive, quoiqu’ils disent, quoiqu’ils essaient de lui faire croire. Le doute qui pouvait résoudre une enquête. Un meurtre.
Mais fallait-il qu’elle l’éprouve à cet instant ? Pour lui ?
Elle aurait aimé avoir assez de larmes pour pleurer. Elle avait cherché cet instant, ce moment où la vérité lui apparaissait. Dans toute son horreur. Mais elle ne parvenait qu’à déglutir péniblement toute l’amertume qu’elle ressentait face à la situation. Elle ne pouvait rester ainsi. Elle devait aller le voir, lui parler, le confronter. Elle devait faire son devoir. Elle devait obéir à toutes ces lois pour lesquelles elle avait prêté serment. Obéir à ce que lui dictait sa conscience de policière. Ne pas flancher, ne pas laisser le doute s’insinuer dans le doute. Verrouiller ses émotions, ne pas les laisser interférer.

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Il lui fallut une éternité pour se décider à se lever. Elle récupéra lentement les feuilles éparpillées autour d’elle, ignorant les photos, détournant le regard face aux rapports. Une fois la boîte remise à sa place en hauteur, elle prit deux minutes, appuyant doucement son front contre le métal froid de l’étagère, fermant les yeux, tâchant d’ignorer cette voix dans sa tête. Cette voix qui hurlait à tout va, qui tempêtait, se rebellait. Elle ne lui prêterait pas son oreille cette fois. Rouvrant les yeux sur la réalité, elle se recula des étagères, redressa les épaules et inspira un bon coup. Elle pouvait le faire. Elle pouvait aller voir Lockhart et lui demander.

On était au beau milieu de la nuit, la moto d’Erika filait à travers les rues de la ville. Elle ne se rendait pas compte de la distance. Elle ne pensait plus à rien. Son esprit hurlant un peu plus tôt semblait s’être soudain muré dans le silence et l’affliction. Il était pour le moins obéissant et entraîné à ce genre de jeux. Lorsqu’elle gara sa moto en bas de l’immeuble où vivait l’avocat, elle était prête à faire son devoir. Elle détenait des informations, il fallait bien qu’elle en fasse quelque chose. Garder le silence aurait été contraire aux règles. Bien que préparée à ce qu’elle allait devoir faire, Erika tâchait encore de se persuader qu’elle agissait pour le bien. Le bien de la ville, c’était certain. Le sien ? Elle l’était beaucoup moins.

Elle se rappela sa première venue dans cet immeuble. C’était ce soir-là qu’elle avait demandé qui était Sarah. Une simple question avait-elle tout fait basculer ? Ou bien n’était-ce que la fatalité des choses ? Quel secret ne pouvait-elle s’empêcher de vouloir percer ?

Lorsque Lockhart ouvrit la porte, elle se demanda pourquoi, comment, de quelle façon.. Elle articula un vague bonsoir et demanda la permission d’entrer. Une fois à l’intérieur, la porte refermée, Erika ne se retourna pas tout de suite vers l’avocat. Son regard erra dans cet appartement dénué de chaleur. Etait-ce là le reflet de l’homme ? Ne pouvait-on y voir plus profond que cela ? Ne devait-elle s’en tenir qu’aux faits… ?

A l’évidence, les faits ne lui avaient jamais menti.
Elle se retourna finalement, les bras croisés autour de sa poitrine, le regard désemparé mais le visage dur. Elle le dissuadait d’approcher. Elle avait emmené son arme. L’idée-même de l’utiliser la faisait vomir mais.. Elle se décida finalement à parler, mettant fin aux questions muettes de l’avocat.

J’ai besoin de savoir. J’ai besoin que vous me disiez que vous n’avez pas violé et tué Sarah, August. … S’il vous plait. »



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MessageSujet: Re: Questions are dangerous, because they bring answers ▬ August S. Lockhart   Mer 12 Nov - 18:38

Questions are dangerous, because they bring answers
Erika & August


Il y a, lors du contact avec les touches d’un piano, une osmose intense, étonnante. Mes doigts glissent sur le clavier, enchainant accords et tonalités isolées pour me plonger dans l’atmosphère parfaite de la rêverie, le voyage, la solitude.
Contre mon instrument, je suis à l’abri. En sécurité. Loin des cris de la jeune fille, du dernier souffle de Sarah, de la haine de mon père et de l’indifférence de ma mère. Très loin de l’opinion arrêtée des assemblées, de l’animosité des adversaires, de l’amertume des perdants. Même la rancœur de mes clients s’estompe à l’écho des premières notes.

Les craintes d’Erika cependant, ne s’effacent pas.
Le regard qu’elle avait dans l’ascenseur me restera probablement éternel souvenir d’un faux pas. Lors de notre dernière rencontre, elle fut certes plus réceptive, mais les gentilles barrières qu’elle continue de bâtir ne m’inspirent rien de bon. Par politesse et sans doute sous le coup d’un peu de sensibilité, de fragilité, la demoiselle a laissé entendre qu’avec le temps…il se pourrait qu’elle accepte. Ce que je souhaite, ce que j’essaye, ce qu’elle rejette.
Mais en attendant ?

Ces derniers jours furent tintés de noirceur. Les doux sous-entendus qu’elle a articulés le soir du crime sont tantôt apaisants, tantôt douloureux. À double tranchant, ils sont aussi rassurants que blessants. Je ne sais quoi penser de son comportement et s’il est plus judicieux d’être patient, je ne cesse de ressasser nos demis aveux.

Durant quelques minutes, les notes sonnent avec plus de force, mes yeux se ferment et mon visage se penche, m’accompagnant dans cette méditation musicale, petit concert égoïste, plaisir savouré.
Puis la mélodie prend fin, mes gestes redeviennent caresses sur l’objet que j’affectionne tant. Mes mains, enfin, retombent sur mes genoux et je rouvre les yeux.

Quelle heure est-il ? Suis-je en retard au tribunal ? Ai-je manqué un repas ? Je constate avec soulagement que j’ai simplement retardé l’heure du couché. Je quitte le piano et entame de défaire ma chemise quand on frappe à la porte.
C’aurait été trop beau.

J’ignore comment me comporter face à Stojanović, toujours est-il qu’elle est la seule à qui je pouvais accorder un sourire. Celui-ci n’est pas très bien reçu mais j’imagine sans mal qu’à cette heure tardive, la belle est sur une affaire importante et elle est très logiquement focalisée dessus.
Elle entre, je referme la porte et m’essaye à un premier réconfort :

« Quelle surprise ! Puis-je vous offrir… »

▬ J’ai besoin de savoir. J’ai besoin que vous me disiez que vous n’avez pas violé et tué Sarah, August. … S’il vous plait. »

J’aurai pu imaginer bien des raisons pour expliquer sa venue, mais certainement rien d’aussi atroce à entendre. Un sujet professionnel, c’était quasiment sûr. Quoique j’aurai apprécié la voir débarquer pour me sauter dans les bras et m’avouer son amour ; mais rêver n’est jamais bien bon.
Je ne sais même pas si ces questions sont de l’ordre pro. Erika n’est pas liée à ça, c’est impossible pour la simple et bonne raison que Sarah a été tuée il y a vingt ans…

Par réflexe, j’effectue un pas en arrière et prends appui contre la porte. Sourcils froncés, l’air aussi grave que le sien, je suis incapable d’articuler quoique ce soit. Erika s’engouffre dans ma vie privée avec une telle violence et accusation, je ne sais accuser le coup. Sentant les pulsations de mon cœur accélérer, mes muscles se contracter en même temps que la fureur m’envahi, je lutte pour ne pas céder.
Pas sur Erika. Pas elle. Je refuse de croire qu’elle a pensé ses paroles.

« Mais de quoi parlez-vous ? Pourquoi…Comment osez-vous m’interroger sur Sarah ? »

Sarah est sacrée, Sarah est bénie. Elle est toute ma vie, malgré les années passées. Personne ne peut prononcer son nom, faire référence à son assassinat, personne n’a le droit !
Je quitte la porte avec rage et m’enfonce dans le salon sans un regard pour la flicette pour ne pas risquer de réellement m’emporter.

« Vous ne savez rien de Sarah ! Et vous n’avez certainement pas le droit de m’interroger. Je…Sarah a été retrouvée morte dans le quartier de mon enfance, nous étions amis. C’est tout. Que croyez-vous ? Que vous pouvez vous introduire dans ma vie, dans mon passé, sous prétexte que j’ai montré de l’affection pour vous ? Vous manipulez ainsi tous ceux qui tombent dans vos filets ? »

Après m’être assis, je me relève aussitôt en la pointant du doigt. Déboussolé, torturé, je ne réfléchi plus et mes yeux s’humidifient déjà.

« C’est pire que ça : vous m’avez laissé approcher pour récolter des indices ? C’est ça ? Vous croyez que j’aurai pu la… »

Le flot de larmes est trop fort, je détourne le regard en passant un revers de manche pour m’essuyer le visage.

« …Ils l’ont dévorée, sous mes yeux, et…si vous êtes venue m’arrêter, renseignez-vous correctement sur les fautes que j’ai pu commettre. »

De nouveau près de la porte, je l’ouvre, en grand, et sans le moindre regard j'indique à Erika  la sortie. À sa place j’éviterai de poursuivre l’interrogatoire, cependant, je n’aurai pas la force de la foutre dehors si elle insiste. Je subirais ses questions, accepterais l’unique intérêt professionnel qu’elle peut me porter depuis le début, et rayerais son nom de ma mémoire dès qu’elle sera sortie.

Certainement plus facile à dire qu’à faire…
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MessageSujet: Re: Questions are dangerous, because they bring answers ▬ August S. Lockhart   Sam 15 Nov - 21:35

La question eut l’effet d’une bombe, atteignant tous ceux se trouvant autour d’elle. Lockhart recula de quelques pas, comme frappé par l’onde de choc et Erika elle-même frissonna en réalisant ce qu’elle demandait. Il ne fallut pas plus d’une seconde à l’avocat pour réagir ensuite. Son teint passa de livide à rouge de colère. Son regard se ferma. Ses traits se durcirent.
La jeune femme récoltait les fruits de son accusation.

Mais de quoi parlez-vous ? Pourquoi…Comment osez-vous m’interroger sur Sarah ? »

Il semblait furieux. Ignorant Erika, il traversa la pièce, rejoignant le salon. Elle fit volte-face pour le garder dans son champ de vision. La suite pouvait très bien dégénérer… Lockhart la prit de nouveau à parti, ne décolérant pas.

Vous ne savez rien de Sarah ! Et vous n’avez certainement pas le droit de m’interroger. Je…Sarah a été retrouvée morte dans le quartier de mon enfance, nous étions amis. C’est tout. Que croyez-vous ? Que vous pouvez vous introduire dans ma vie, dans mon passé, sous prétexte que j’ai montré de l’affection pour vous ? Vous manipulez ainsi tous ceux qui tombent dans vos filets ? »

Erika ouvrit la bouche, offusquée mais aucune réplique ne lui vint. La question avait filé droit sur sa cible et venait de s’empaler dedans dans une blessante exactitude. Lockhart s’assit sur l’un des canapés, en proie à sa propre fureur tandis qu’Erika sentait monter la sienne aussi assurément que la lave d’un volcan en fusion, sur le point d’exploser. Elle était furieuse de ce qu’il avait osé dire sur elle, sur sa prétendue manipulation des sentiments qu’il éprouvait pour elle. Elle était d’autant plus furieuse que l’accusation de son introduction dans sa vie privée était exactement ce qu’elle aurait pu se reprocher si elle avait eu les idées plus claires concernant ce maudit avocat. Il avait raison, elle n’avait pas le droit de fouiner ainsi et pourtant elle l’avait fait ! Il n’y avait aucune logique à lui en vouloir de le lui reprocher pourtant Erika était furibonde de se faire ainsi accuser, elle qui ne cherchait que la vérité.

L’avocat, toujours assis, pointa sur elle un doigt accusateur.

C’est pire que ça : vous m’avez laissé approcher pour récolter des indices ? C’est ça ? Vous croyez que j’aurai pu la… »

Il s’interrompit, incapable de poursuivre. Erika voyait briller les larmes dans ses yeux. Son cœur, tapi au fond de son armure, se morcelait et commençait à saigner. Les sourcils froncés, elle détourna elle aussi les yeux. Le voir s’ouvrir ainsi, en souffrance, était semble-t-il quelque chose qu’elle ne pouvait supporter. Sans doute parce qu’elle était celle qui avait porté le premier coup. Ses propos quant à eux étaient d’une blessure telle qu’Erika n’était pas en mesure de répliquer. Elle sentait tout son corps se charger d’adrénaline, chauffant et tendant ses muscles comme s’ils allaient finir par se battre. Elle serra les mâchoires pour contenir le phénomène.

Lockhart poursuivit d’une voix brisée.

… Ils l’ont dévorée, sous mes yeux, et… si vous êtes venue m’arrêter, renseignez-vous correctement sur les fautes que j’ai pu commettre. »

Il atteignit la porte et la rouvrit, l’invitant à sortir. Erika resta plantée au milieu du salon, bouillonnante et intérieurement pleine de larmes et de rage. Son regard pourtant restait sec, autant que sa gorge qui n’en finissait pas de se tordre. Elle cherchait les mots, elle cherchait quoi répondre. Elle était incapable de partir ainsi sans rien dire. Quelque chose en elle en était rendu à sangloter de soulagement d’apprendre qu’il n’était pas le monstre qu’elle avait envisagé une seconde par..  déformation professionnelle, par habitude. Pour autant, elle ne se sentait pas capable de rendre les armes, pas après ce qu’il lui avait dit. Croyait-il qu’elle n’était qu’une intrigante ? Qu’elle était incapable d’éprouver de réels sentiments sans que ceux-ci ne soient entachés de son travail, de sa rigueur d’esprit ? Que tout cela n’avait été que machination et contrôle perpétuel de sa part ? Comment pouvait-il imaginer une chose pareille ? Comment pouvait-il… La lave entrait en fusion au fond d’elle. Elle se sentait incapable de ne pas la laisser déborder. De ne pas se laisser exploser contre cet homme qui lui assenait toutes ces vérités comme autant de gifles que la vie lui réservait après ce qu’elle lui avait refusé. Et ces claques n’étaient-elles pas plus douloureuses alors même qu’elles étaient infligées par August… Elle se serait laissé arracher les ongles plutôt que de l’avouer.

Vous croyez que cela m’amuse peut-être ? Fouiller dans votre vie, votre passé, d’apprendre ce à quoi vous êtes mêlé ? D’abord vous vous énervez sur moi au tribunal sans m’en expliquer la raison puis l’officier me rapporte que vous n’avez cessé de murmurer le nom de Sarah tandis que cette pauvre fille passait les pires instants de sa vie et vous-même avouez avoir été paralysé à ce moment-là ? Mais que vouliez-vous que je fasse ?! Sans réponse de votre part, il fallait bien que je sache ! Je suis flic. Je ne peux pas laisser passer une telle chose. C’est contraire aux règles ! »

Merde, il y avait quand même des lois dans ce pays !
Elle se cherchait des excuses, elle le savait. Détournant furieusement le regard, elle poursuivit sans bouger d’un centimètre de l’endroit où elle se tenait.

Votre nom n’apparait pas dans le rapport ni dans les témoignages. Que vouliez-vous que j’en déduise quand les coupables n’ont jamais été identifiés ? »

Qu’avait-il attendu d’elle ce jour-là lorsqu’il avait évoqué Sarah de manière évasive et refermée, qu’elle passe outre ? Ils ne se faisaient alors pas assez confiance et de toute manière, Erika avait une notion très limitée du jardin privé de par sa profession. Douter, voilà ce qu’était son métier. Lockhart ne pouvait-il pas comprendre ça ?



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MessageSujet: Re: Questions are dangerous, because they bring answers ▬ August S. Lockhart   Lun 17 Nov - 20:34

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▬  Je suis flic. Je ne peux pas laisser passer une telle chose. C’est contraire aux règles ! »

Parce que sa profession est sa raison d’être. Son oxygène. Toutes ses ambitions et toutes ses motivations viennent de là. Parce qu’elle n’aurait pas pu être infidèle à son trait de caractère principal. Parce que son boulot passe avant tout.
Absolument tout.

Je constate qu’Erika est cachée sous une armure plus solide et épaisse que ce à quoi je pensais. Totalement imperméable, sans la moindre faille, elle l'a met à l’abri même des sensibilités. Non qu’elle soit incapable de ressentir une émotion, mais cette façade lui permet de faire passer son rôle de femme de loi avant le reste. La constatation n’est pas surprenante, simplement désolante à une heure si sombre. J’aurai tant eu besoin de pouvoir approcher ses sentiments ce soir, pour ne pas me sentir si seul. Abandonné. Trahi. J’aurai voulu son humanité, sa nature, à elle, et personne d’autre.

Sauf qu’il n’y a jamais eu personne pour m’entendre pleurer. Pour remarquer la cicatrice nommée Sarah, pour calculer l’indélébile marque laissée par sa tragique disparition, il n’y a toujours eu que le silence.

▬ Votre nom n’apparait pas dans le rapport ni dans les témoignages. Que vouliez-vous que j’en déduise quand les coupables n’ont jamais été identifiés ? »

Je ne voulais pas qu’elle déduise quoique ce soit. La flicette a réagit très logiquement après ces rares indices semés ci et là, ces grossiers sous-entendus, les quelques maladresses évoquées malgré moi. Elle a remonté une piste fragile et étrange, qui concerne un homme qui occupe – en bien ou en mal – beaucoup de ses pensées ces derniers temps.
Erika n’est coupable de rien. C’est presque comme si j’avais tout fait pour l’inciter à penser que j’ai tué Sarah.

Et si c’est ce que j’avais voulu faire, inconsciemment, pour enfin libérer les responsabilités qui m’écrasent ?

« …Rien. Rien de moins. »

Je préfère abandonner. Ne pas insister. Pas avec elle. Pas dans ces conditions, dans ce contexte, à ce sujet. La douleur est insupportable, j’ai l’impression de revivre la pire nuit de toute ma vie. C’est surement du à la fatigue, à l’angoisse de parler de cette histoire que j’ai gardé si longtemps pour moi. C’est peut être un peu à cause d’Erika, de ce que je peux éprouver pour elle, ces émotions paradoxales, nouvelles, effrayantes.

Je referme la porte. Je refuse qu’elle s’en aille mais je ne peux pas la garder prisonnière. De toute façon, je suis coupable. Ne pas avoir tuée Sarah ne fait pas de moi un innocent, elle n’a pas besoin de plus d’information pour comprendre cela.
Finalement, je rouvre la porte et me passe une main sur le visage en articulant sévèrement. Lentement :

« Faites-moi le plaisir de sortir. Allez terminer votre travail ailleurs. Vous avez besoin d’une autorisation pour être ici et comme j’ai cru comprendre que votre visite n’est pas courtoise : au revoir. »

Crier m’a fait du bien. J’ai été soft, relativement dans le contrôle finalement. Je ne pensais pas pouvoir maintenir l’explosion si facilement. Si j’puis dire. L’effet Stojanović ? Encore ? Il est bien trop tôt pour pouvoir analyser ce qu’il vient de se passer. Ne vaut-il pas mieux oublier ? Erika n’oubliera pas. Quand à moi, j’hésite entre la faire entrer directement dans mon cœur ou l’exiler à tout jamais de mon existence.

« J’ai simplement pensé qu’on avait atteint un cap qui imposait davantage de respect. De tolérance. »

Je fais un pas dans sa direction, pose un regard amer et rancunier dans le sien. Ces éléments négatifs ne sont pas justifiés. Elle ne mérite pas cette animosité. Mais les douleurs d'autrefois se sont exprimées et ce qu'il en ressort s'en prend à la première âme disponible;
Probablement celle qui compte le plus pour moi à ce jour.

J'attendais d'elle l'impossible. Erika est une femme juste et loyale. Si je suis un peu déçu, je ne peux m'en prendre qu'à moi-même. Et puis ce n'est pas son intrusion qui me blesse. Ce sont les souvenirs, son implacable accusation, et la honte.
J'ai tant espéré pouvoir lui montrer un bon côté de ma personnalité ! Cette nuit vient de me prouver que je n'en avais aucun à lui présenter...
Mon passé est noir, malheureux, le présent est sale et prétentieux. L'avenir n'a plus aucun horizon, ni d'espoir.

« Si vous ne revenez pas m'arrêter, merci de m'oublier. »

C'est terrible, ça sonne faux. C'est tout ce que je redoutais, la voir s'échapper, comme lors du bal. Pourquoi lui demander de m'achever ? Surement par lâcheté. Pour ne plus avoir à supporter ce que je n'ai pas.

...Je préfère qu'elle disparaisse plutôt qu'être là, sans être à moi...

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MessageSujet: Re: Questions are dangerous, because they bring answers ▬ August S. Lockhart   Sam 22 Nov - 22:41

La question était presque rhétorique pourtant Lockhart y répondit après un instant de réflexion, avec l’air de celui qui abandonnait une bataille qu’il savait perdue d’avance. Erika le regarda, indécise, refermer la porte et l’observer à son tour. A quoi pensait-il à cet instant ? Mesurait-il la hauteur de cette muraille qu’il lui faudrait franchir pour atteindre la jeune femme ? Elle aurait presque pu y penser s’il n’avait rouvert la porte quelques instants après l’avoir fermée.

▬  Faites-moi le plaisir de sortir. Allez terminer votre travail ailleurs. Vous avez besoin d’une autorisation pour être ici et comme j’ai cru comprendre que votre visite n’est pas courtoise : au revoir. »

Le ton était sévère, sans appel. L’avocat la toisait après avoir craint ce qui sortait de sa bouche. La colère et la surprise étaient remplacées par un calme et froid mépris de la jeune femme et de tout ce qui pouvait avoir trait à elle. La discussion n’était plus possible. Elle devait s’en aller. N’en croyant pas ses oreilles, Erika resta immobile, jaugeant l’avocat du regard, cherchant la faille. Elle ne pouvait croire qu’elle l’avait blessé à ce point-là. Elle ne pouvait s’imaginer capable d’une telle chose. Lockhart était inatteignable. Lockhart ne pouvait pas être blessé. Il devait comprendre, il devait écouter…

Ajoutant un geste de la main pour l’enjoindre à sortir, il insista néanmoins. Son regard se faisant à mesure plus sombre encore que ses paroles qu’il lui assenait comme autant de coups.

J’ai simplement pensé qu’on avait atteint un cap qui imposait davantage de respect. De tolérance. »

Erika fronça les sourcils, détournant le regard face à celui de l’avocat. Ce n’était pas le moment de verser des larmes existentielles ni de blâmer la réaction qu’il avait. Elle était légitime. La jeune femme avait dépassé les bornes, elle en prenait la mesure à présent qu’il la chassait, refusant à tout instant de comprendre la nature qui était la sienne ou les raisons qui l’avaient poussée à fouiller dans son passé et sa vie. Et pouvait-elle le lui reprocher quand elle avait elle-même besoin de temps pour se faire à celle de l’avocat ? Ils paraissaient comme deux âmes cherchant la meilleure manière de s’accorder mais ne réussissant au final qu’à se faire plus de mal encore.

En fin de compte, peut-être valait-il mieux partir.

L’avocat surenchérit tandis qu’elle atteignait mécaniquement le seuil de sa porte.

Si vous ne revenez pas m'arrêter, merci de m'oublier. »

Erika tourna la tête pour l’apercevoir une dernière fois, ce regard si sévère qu’il posait sur elle. La porte lui fit l’effet de claquer aussi dans son esprit. Elle laissa son regard retomber et se sentit incapable d’avancer. Lorsque ses épaules se mirent à trembler et sa vue se troubler, elle se résolut à s’éloigner. S’il rouvrait la porte, elle refusait qu’il la voie pleurer. Elle atteignit le hall de l’immeuble sans se rendre compte de la direction qu’elle prenait. Elle avait juste besoin d’avancer, s’éloigner de cet appartement, de cette porte claquée, de cet homme qu’elle avait blessé et qui lui demandait de l’oublier. Ses pas se firent plus rapides une fois dans la rue. Elle se mit à courir sans se soucier des rares regards qu’elle croisait et qui la dévisageaient, elle et ses larmes et son cœur brisé.

Parvenue dans une ruelle où elle se retrouva seule et hors d’haleine, elle cessa de courir et se laissa tomber contre le mur le plus proche. La douleur la ratatina au sol, l’obligeant à chercher son air et sa raison. Des gémissements s’échappaient d’entre ses lèvres tandis qu’elle appuyait un poing contre son front et avait envie de mordre l’autre pour faire taire ce qui hurlait en elle. Ce qu’elle avait toujours étouffé tant que l’avocat voulait encore d’elle à ses côtés. Avait-ce été une sorte de jeu en fin de compte pour elle ? Avait-elle réellement si peu d’âme et de cœur qu’elle avait blessé le seul homme au monde capable de la faire trembler derrière ses barrières ? Le seul assez imbu de lui-même pour prétendre avoir une chance et assez fou pour tenter d’y parvenir ? Le seul qui puisse vraiment retenir son attention au milieu d’une foule d’indifférents ?
Le seul à qui elle tenait profondément.

Erika ferma les yeux, laissant la douleur de cette simple phrase détruire ce qui tenait encore debout en elle. A trop reculer pour mieux sauter, elle en avait perdu l’horizon de vue. A présent, elle ne pouvait plus compter là-dessus. August la détestait, la méprisait. Elle avait piétiné le souvenir qu’il avait de cette fille avec ses doutes et ses interrogations. Elle ne pourrait plus faire marcher arrière. Elle ne pouvait pas réparer ce qu’elle avait fait car elle avait agi en tout état de cause, en pleine conscience de ses actes. Ses hésitations n’avaient pas franchi le seuil de la prudente abstention. Elle avait foncé, comme elle le faisait à l’accoutumé. A l’aveugle et sans regarder. Sans âme ni conscience. Elle était un monstre de glace et de terreur. Un iceberg, tellement profond qu’il était devenu  impossible d’atteindre son cœur pour le réchauffer.
Pourtant Lockhart s’y était essayé, posant ses mains et ses mots, son regard et sa chaleur pour tenter de faire fondre ce qui n’était en fin de compte qu’une prison caparaçonnée de tout ce qu’Erika avait de plus tendre et donc de plus fragile.

Elle avait refusé, elle l’avait.. Elle l’avait même chassé. Mais il était constamment revenu. Sans qu’elle en ait forcément besoin pour autant à ce moment mais son attitude avait sans doute fini par créer un besoin. Une nécessité de se rassurer, de le voir toujours revenir malgré ses assauts et ses rebuffades. Tout cela créait à présent un vide en elle. Un vide immense. Un vide qu’il était le seul à pouvoir combler mais qu’il refusait à présent de considérer. Diable était-elle tellement sotte de ne s’être rendue compte de rien qu’il lui fallait se prendre un mur pour réaliser qu’il se trouvait là depuis le début ? A présent son âme toute entière saignait de cet impact violent et brutal qu’elle avait elle-même orchestré par son inépuisable besoin de connaître la vérité.

Une heure passa. Puis une deuxième. Lorsque les larmes cessèrent enfin de couler, Erika réalisa qu’elle était glacée, lasse et exténuée. Mais peu lui importait. Tout cela n’était rien. Elle n’avait plus rien en tête à présent. Sa tête était vide, balayée de toute pensée. Lorsqu’elle se redressa enfin, elle fut incapable de se situer, de savoir où aller. Elle erra dans les rues un moment, cherchant son chemin sans réellement y prêter attention non plus. Lorsqu’elle retrouva sa moto garée en bas de l’immeuble de l’avocat, elle n’éprouva pas de soulagement. Elle se contenta de marcher jusqu’à elle, de sortir machinalement ses clés pour attraper ensuite son casque dans le coffre du siège. Son regard traîna sur le pavé, indifférent. La porte de l’immeuble s’ouvrit à cet instant lui faisant redresser la tête. Son cœur bondit dans sa cage thoracique avant de se ré-éteindre tout aussi brutalement. L’inconnu la salua d’un bref signe de tête et s’éloigna. Erika le regarda partir dans un mélange étrange d’émotions. Elle laissa finalement tomber son casque à terre et s’engouffra dans l’immeuble. Prenant les escaliers, elle arriva devant la porte de l’avocat essoufflée, les cheveux encore en bataille de sa première course. Son cœur battait à tout rompre lorsqu’elle tapa à la porte. Elle ne savait même pas ce qu’elle allait lui dire. S’excuser semblait une bonne idée pour commencer.

Lorsque la porte s’ouvrit et que la silhouette de l’avocat se dessina, le cœur d’Erika cessa tout simplement de battre. Elle ne lui laissa pas le temps de parler. Elle s’avança. Ses doigts fins s’enroulèrent contre la nuque de l’avocat et elle approcha son visage jusqu’à pouvoir poser ses lèvres sur les siennes. Elle resta ainsi quelques secondes, goûtant ce qu’elle n’aurait sans doute plus l’occasion de faire une fois qu’il l’aurait mise à la porte puis sans mot dire, se recula laissant simplement son front collé au sien. Les yeux clos, elle sentait la caresse du souffle de l’avocat sur sa peau. A quel moment allait-il décider que c’était assez ? Qu’elle dépassait les bornes ? Elle chuchota.

Ne me laisse pas. Jt’en supplie. … Empêche-moi de te chasser encore une fois. »

Ses lèvres s’approchèrent à nouveau de celle de l’avocat. Elle hésita, les frôla puis se recula à regret. Elle avait besoin de voir ses yeux. Leur histoire était écrite dedans. Elle ne pouvait pas continuer sans en connaître la suite et cette partie appartenait à August. Lui seul pouvait encore décider. Elle se remettait à lui.



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MessageSujet: Re: Questions are dangerous, because they bring answers ▬ August S. Lockhart   Mar 25 Nov - 18:53

Questions are dangerous, because they bring answers
Erika & August


Le silence enferme et kidnappe, le silence fait mal par son inaction, le silence est lourd, froid, incisif. C’est en silence qu’Erika se retire. Ce que j’ai articulé m’a presque coupé les lèvres mais il me fallait trouver de l’air.
Le silence sans sa présence est différent. Pas moins douloureux finalement.
En venant ici, la jeune femme a retiré les points mal fermés d’une cicatrice qui ne demandait qu’à saigner de plus belle. Elle a délibérément tiré sur les liens, cherchant à les faire céder coûte que coûte, au nom de la vérité. Pour le seul et unique but de savoir, de connaître, de comprendre une chose qui ne la concerne pas. Une histoire personnelle, interdite, traumatisante.

L’absence de sa respiration donne une toute autre profondeur à ce silence douloureux. J’attends, immobile, refusant d’accorder la moindre crédibilité aux larmes qui coulent inlassablement sur mes joues. Sarah est morte, j’ai probablement fait mon deuil depuis longtemps. Seulement, parfois, la tristesse se rappelle à moi. Si la flicette n’avait pas brutalisé ma plaie, j’aurai peut être pu trouver la force de lui raconter.
Mais toute cette violence m’a terrassé.
Les minutes vides et impuissantes s’écoulent, donnant à la nuit une dimension infinie.

Après une bonne heure, mes jambes lasses et fatiguées me mènent jusqu’au canapé. Je m’y installe lentement, comme pour ne pas briser ce silence ambiant. Certes il est désagréable, mais les froissements des vêtements ou le gémissement de mes os seraient un retour à la réalité que je refuse.
Elle est venue me jeter dans ce précipice de souvenirs et je tombe, sans fin. Je ne veux pas que la chute s’arrête, j’ai peur de ce qu’il y a en bas et même sans connaître la nature du sol, je sais évidemment que l’atterrissage sera douloureux. M’attrapant aux branches que je croise, je laisse mes pensées naviguer entre les sentiments que j’ai eu pour Sarah, ceux – paradoxaux – que j’éprouve pour Erika, et ceux qui me concernent directement. Les idées se mêlent et s’entremêlent dans un tourbillon qui n’a plus aucune logique, pas la moindre raison. J’attends, en fixant le mur, puis ferme les yeux pour définitivement me couper du monde.

Sans que le temps n’ait d’effet sur moi, je trouve un brin de repos. Il commence à faire froid, je frissonne et cherche à tâtons un plaid ou une veste qui trainerait là pour me réchauffer. En vain. Mes rêves s’affolent, on frappe à la porte, ce ne peut être que Erika.
Erika ?

Soudainement je me redresse et tends l’oreille pour être sûr d’avoir bien entendu. Ce n’était pas un mirage. La panique s’empare de moi mais je n’ai pas une seconde d’hésitation : je m’approche de la porte, inspire profondément et l’ouvre en douceur.

J’ai été trompé par ma vue trouble, par un mauvais effet d’optique, sans doute. Le sol est encore loin, si loin. Le parfum d’Erika me revient tout en me faisant reprendre des centaines de mètres d’altitude. Je décolle, recule d’un ou deux pas sous la surprise tandis que mes bras l’enlacent. Nos lèvres se trouvent, maladroites, et dans la chute nos doigts s'agrippent. Étonné, craintif, je reste immobile bien qu’incapable de lutter contre quelques tremblements.
Elle mène une danse que je peine à suivre et je décide de m’en tenir à une chose : son corps.

▬ Ne me laisse pas. Jt’en supplie. … Empêche-moi de te chasser encore une fois. »

Croit-elle que cette démonstration de faiblesse va balayer ses faux pas ? Pense-t-elle pouvoir me faire passer pour un être aimé en jouant la dulcinée ? Peut-on vraiment dissimuler tout ce qui nous oppose derrière cette attirance partagée ?

Mes mains contre ses hanches reviennent un peu sur le devant de sa silhouette, comme si j’espérai pouvoir la tenir à distance au cas ou. Si tout dans mon attitude démontre une certaine retenue, mon regard exprime le parfait opposé. Sûr, solide, fort et conquérant, il plonge dans le sien avec autorité et assurance. Pas pour l’impressionner ou la rabaisser. Seulement pour poser sur nos émotions ce qu’elles méritent : sincérité. Plus honnêtes que moi, mes yeux sont tout ce qui peuvent la convaincre que ce jeu est dangereux, qu’il est trop tard pour faire marche arrière.
Que plus jamais je ne la laisserai me repousser.

« Erika. »

Dis-je dans un murmure, un soupire. Sans doute un peu découragé par le périple que nous avons traversé pour arriver ici, surement rebuté par les obstacles qui nous attendent encore…mais très certainement enflammé à l’idée que nous en sommes enfin .

« Vous…vous ne devez pas vous sentir en danger avec moi. Mais je ne vous laisserai plus jamais me chasser. »

Elle est prévenue.
Incapable de prendre un ton familier, je continue de la respecter. De mettre entre nous cette espèce de grade qui sépare le juriste de l’agent de police. Ce plus de courage qu’il a, ces risques louables qu’il prend. Tout ceci justifie sans doute qu’on soit un peu impressionné ?
Mais ça n’explique pas que le grand Lockhart soit intimidé par une femme qu’il désire depuis si longtemps, et qu’il tient enfin entre ses bras.

Distingué voire distant dans la construction de mes propos, je suis à nouveau contradictoire dans mon attitude. M’emparant de ses hanches  pour rapprocher nos bustes, coller nos reins et envisager ses lèvres qui me manquent déjà, je laisse nos fronts se décoller pour y revenir, plus avide. Les peaux échauffées se frôlent, je laisse ma joue caresser la sienne et nos souffles se mêler.

« Vous venez de vous jeter dans la gueule du loup. »

Une phrase chuchotée, un sourire amusé, j’attrape ses lèvres et m’en délecte tout en lui offrant un baiser joueur, conquérant, sensuel en même temps. Mes pas l’attirent jusqu’au canapé sur lequel je l’oblige à s’assoir. Je reste penché au dessus d’elle, stoppant pourtant mes assauts  pour la regarder.

Doit-on reprendre la conversation ? Parler, au calme, de ce qui est arrivé à Sarah ? Est-ce vraiment nécessaire de mettre ça au clair ? Faut-il que l’on s’excuse pour avoir été trop loin, l’un comme l’autre ?
Je lui pardonne, à vrai dire je ne lui en veux pas. mais je préfère remettre les pardons à plus tard…

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MessageSujet: Re: Questions are dangerous, because they bring answers ▬ August S. Lockhart   Sam 6 Déc - 22:19

Elle sentit les mains de Lockhart contourner ses hanches et venir se poster entre eux comme l’ultime barrière qu’il pouvait lui opposer. Leurs regards se croisèrent. Erika y chercha le refus qu’elle s’attendait à recevoir tôt ou tard. Les prunelles de l’avocat étaient insondables. Il la contemplait mystérieusement sans qu’elle puisse deviner ce qu’il avait en tête. Tant de temps à se montrer si prévisible qu’elle n’en avait jamais rien attendu de mieux de sa part. Voilà qu’elle aurait tué père et mère pour savoir ce qu’il pensait à cet instant. Ses lèvres s’entrouvrirent pour parler et le regard d’Erika dévia une brève seconde dessus.

Erika. Vous…vous ne devez pas vous sentir en danger avec moi. Mais je ne vous laisserai plus jamais me chasser. »

Ils se regardèrent, se sondant l’un l’autre.
La croyait-il encore capable d’une telle chose après ce qu’elle venait de faire ? A vrai dire, il avait toutes les raisons d’y songer. Elle n’avait été guère facile avec lui bien qu’elle s’en défendit une courte seconde d’un froncement de sourcils. Lockhart ignorait cependant le chemin qu’il lui avait fait parcourir en la chassant de chez lui. Et si elle avait encore pu douter à cet instant, le sentir contre elle, ses lèvres si près des siennes, ne faisait que confirmer ce que l’avocat avait tenté d’extraire du plus profond de la glace ; elle le désirait. Plus que la vérité. Elle était navrée d’en être arrivée à le blesser par son orgueil et sa peur d’être trahie. Par lui, par son passé, par tous ces prétextes qu’elle avait pu trouver pour se protéger de ces sentiments qu’elle ne pouvait maîtriser. Il ne pourrait certainement pas la changer, pas après des années de fonctionnement dans ce principe-là mais au moins pouvait-elle s’excuser d’avoir failli à sa confiance et de l’avoir blessé.

Les mains de l’avocat les rapprochèrent lentement à nouveau l’un de l’autre, collant leurs bassins. Posant son front contre le sien, Lockhart laissa errer ses lèvres près de celles de la jeune femme sans pour autant y toucher, rallumant l’incendie qui ne s’était pas réellement éteint. Sa tête vint se poser contre celle d’Erika qui ferma les yeux au contact de sa joue échauffée et de cette respiration venue caresser sa nuque. Ses mains restaient avides, attendant le moment où l’avocat cesserait de parler.

Vous venez de vous jeter dans la gueule du loup. » chuchota-t-il à son oreille.

Un sourire étira les lèvres de la jeune femme. Cette simple phrase l’électrisait.

Mea culpa. » rétorqua-t-elle tout aussi bas.

Etait-ce de la folie ? Elle aurait plaidé coupable cent fois. Les lèvres de l’avocat s’emparèrent des siennes avec cette autorité toute masculine qui seule était capable de la mettre en transe. Il l’amena jusqu’au canapé où il la fit asseoir, se penchant sur elle. Son regard la sonda à nouveau, semblant l’interroger sur la suite des évènements. Pour ce qui était d’Erika, la suite était toute trouvée. L’heure n’était plus aux discussions. Ses mains s’enroulèrent à nouveau autour de la nuque de l’avocat, elle l’attira à elle, reprenant leur danse. Son armure arrachée, son cœur à vif, elle ne doutait pas de ce qu’elle voulait. Lui. Juste lui. Il était tout ce dont elle avait besoin pour l’instant. Une effraction dans sa vie, son intimité. Les questions se poseraient plus tard, les doutes aussi. Pour le moment, seul comptait cet instant et le corps de l’avocat découvrant le sien dans cette passion sauvage et brûlante  qui se dissimulait dans leurs relations depuis le tout début.

* * *

Erika rouvrit les yeux dans un lit qui n’était pas le sien, dans une chambre qui n’était guère plus la sienne. Elle mit quelques secondes à se souvenir de l’endroit où elle se trouvait et de ce qui s’était passé la veille. La respiration paisible et profonde à côté d’elle acheva de lui rafraîchir la mémoire. Tout comme le fait qu’elle était entièrement nue. Ramenant la couverture au-dessus d’elle pour se couvrir, Erika se redressa et bascula ses jambes sur le bord du lit. D’un rapide coup d’œil, elle chercha le vêtement le plus proche pour se rhabiller. La chemise de l’avocat traînait au pied du lit, elle s’en empara d’un geste et la passa avant de sortir du lit le plus silencieusement du monde afin de ne pas réveiller Lockhart. S’apprêtant à descendre pour songer à la suite des événements, le regard de la jeune femme se posa malgré lui sur l’instrument reposant au bord de la mezzanine. Elle hésita avant de s’approcher. Elle l’avait aperçu la première fois que Lockhart l’avait invitée à entrer chez lui. Les circonstances étaient alors toute autres. Quelle valeur pouvait avoir ce piano aux yeux de l’avocat ? Était-il simplement décoratif comme le reste des objets de cette pièce ? Erika prit place sur la banquette de velours sombre et contempla les touches, un léger sourire flottant sur ses lèvres. Elle avait su jouer de cet instrument, il y a longtemps. La famille de son père avait un piano sur lequel elle avait appris des comptines serbes et des mélodies plus anciennes. Cela faisait une bonne dizaine d’années qu’elle ne s’était plus exercée mais en posant ses doigts sur les touches nacrées, elle aurait juré pouvoir s’en rappeler quelques notes. Elle s’enquit d’un bref regard vers l’avocat encore endormi et laissa sa mémoire corporelle la guider, fermant les yeux, n’écoutant que le son du piano et la chaleur des souvenirs de son enfance.



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MessageSujet: Re: Questions are dangerous, because they bring answers ▬ August S. Lockhart   Mer 10 Déc - 9:58

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La musique ne m’a pas réveillé. Ai-je seulement dormi ? Je sais simplement que j’ai atteint les cimes d’un plaisir sans nom.
Ses lèvres, la douceur de ses mains, la chaleur de sa peau. J’ouvre un œil, puis le referme. Entre mes bras, l’oreiller subit une étreinte généreuse et un sourire s’étire au coin de mes lèvres. Erika est en train de jouer du piano ?
Nouvelle tentative pour ouvrir les yeux. Je sens un épis se dresser au dessus de mon crâne et un bien être incommensurable m’envahir. Sans vraiment la voir, je la devine. Sublime, comme toujours, elle dégage pureté et fantaisie sans même s’en rendre compte. Je finis par m’asseoir et viens frotter mon visage pour essayer de le ramener à la réalité.

Rien ni personne n’est autorisé à froisser la magie ambiante. Alors j’attends. Le rêve se poursuit, je me laisse bercer par la mélodie tendre et savoure, encore, les souvenirs récents de notre intime découverte.
Les notes se font plus légères, discrètes, puis s’arrêtent.

Vient la peur. Elle me prend et malmène mon cœur. Alors j’attrape les quelques vêtements que je trouve, passe le pantalon et me dirige vers le piano. Je sais déjà que mon intervention va briser l’instant, mais j’ai peur, si peur qu’elle décide de s’en aller.
Erika n’est qu’un mirage, au fond. Si elle est là ce matin, si nous avons brillé cette nuit, ce n’était sans doute qu’une courte pause, qu’une trêve accordée.

« …Décidément, tu as tous les talents. »

Fier de ma réflexion pourtant maladroite, comme tirée d’un vieux téléfilm romantique, je m’approche. Avec prudence néanmoins. Toujours cette peur, saisissante, implacable. Et si elle s’échappait ?
Je pose mon regard sur le piano avec une certaine mélancolie, puis j’ose le conduire jusqu’à sa silhouette délicieuse malgré la chemise trop grande qui la couvre.

« J’suis content que tu sois encore là. »

C’est tout de suite moins romantique. Ça renvoi à toutes ces conquêtes qui me glissent entre les doigts, chez lesquelles je m’amuse à ne passer que la nuit. Je déglutis et viens me coller dans son dos, mes mains sur ses épaules. J’voulais pas dire ça. Il y a des tas de choses que je n’ai jamais voulu lui dire, qui pourtant se sont échappées de ma bouche. Hier soir notamment.

Poussant un soupir discret, je pose mon menton sur le haut de sa tête, retrouvant un peu de force dans ce qui nous lie, et reprends mes distances.

« Tu…fais comme chez toi, la salle de bain est juste ici. Je vais, dans la cuisine. »

Dis-je en indiquant maladroitement l’escalier. Préparer le petit déjeuner ? Mais je n’ai jamais fait ça, je n’ai d’ailleurs pas de quoi manger convenablement. En fonction de ce qu’elle choisi de faire, je m’apprête à me jeter sur le téléphone pour commander viennoiseries françaises, café et chocolat.

Les sensations qui m’habitent sont étranges. Nouvelles évidemment, plutôt agréables, mais un arrière goût de loupé me dérange. Sans avoir trop raté le levé – et royalement honoré notre nuit, uhu – je sens que je vais finir par tout casser. À vrai dire, je m’attends à ce que la flicette prenne l’horrible décision sans que je ne comprenne pourquoi.
Ce sera forcément ma faute, c’est tout ce que je sais.

Je devrais descendre et faire semblant de m’activer, pour ne pas avoir l’air si mal à l’aise. Je sais comme elle est. Je sais que mes hésitations vont être analysées, que mes doutes vont lui inspirer méfiance et qu’à tout moment sa carapace peut se refermer.

Finalement j’attrape sa main, à l’entrée de la salle de bain, et viens lui voler un baiser. Délicat, court, mais savoureux. Voilà de quoi j’ai faim.

« Il me manquait quelque chose, ça va mieux ! Bon je te laisse, tu, y’a tout ce qu’il faut ici, les serviettes sont là, je, j’t’attends en bas. »

Je ne suis pas sûr qu'elle ait confirmé l'envie de prendre une douche. Ni de rester.
Je souris en croisant son regard puis m'éclipse. Avant de descendre je repasse par la chambre. La vue des draps désordonnés suffit à me rassurer.
Satisfait, tout sourire, je parviens à passer commande et attends sagement qu'Erika revienne.

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MessageSujet: Re: Questions are dangerous, because they bring answers ▬ August S. Lockhart   Lun 22 Déc - 18:13

Des fausses notes se glissaient de temps à autre dans la tendre mélopée dont la jeune femme tentait de rejouer le souvenir. Elles lui arrachaient le même petit rictus grimaçant que lorsqu’elle cherchait à se rappeler comment positionner ses doigts. Le piano était un art difficile qui passait autant par l’oreille que par l’éducation et la discipline de ses dix doigts. Erika manquait d’entraînement. Elle n’avait même pas de piano chez elle. Elle ne ressentait pas le besoin d’en avoir un en réalité. Après tout, avait-elle seulement le temps pour ces choses-là ? Elle préférait encore profiter de façon ponctuelle de la présence de ce magnifique instrument chez August pour se rappeler qu’un jour, quelqu’un avait pris le temps de lui apprendre à jouer. Elle n’en recherchait pas la perfection, seulement le plaisir de renouer avec de vieilles mélodies et de réveiller son avocat de la plus douce des façons.

…Décidément, tu as tous les talents. » glissa-t-il en s’approchant.

Nullement surprise car l’ayant entendu défroisser les draps pour se lever, Erika se retourna à demi et tourna la tête en direction de Lockhart. Son regard croisa le sien. Ses lèvres s’épanouirent en un sourire. Les cheveux en bataille, le torse nu et le visage encore rassasié de sommeil, l’avocat offrait un tableau de charmante démesure contrastant avec ces costumes taillés sur mesure dans lesquels il s’habillait. Le regard d’Erika revint sur le piano, elle le laissa approcher, dissimulant sa délicieuse impatience.

J’suis content que tu sois encore là. »

Le corps de la jeune femme se tendit imperceptiblement durant une seconde. Elle ne prononça pas un mot, laissant l’avocat s’approcher complètement jusqu’à se poser contre elle, contre son dos. Il déposa ses mains de chaque côté de ses épaules et sa tête vint s’appuyer contre la sienne. Erika sentit la chaleur de son corps diffuser contre le sien. Elle ferma les yeux dans cette demi-étreinte, laissant leur langage corporel la rassurer. Elle ne devait pas réagir ainsi, se braquer contre ses mots. Ce qui avait lutté en elle depuis autant de temps se devait de rendre les armes. Il n’était plus question pour elle de fuir sitôt l’occasion offerte. Elle ne pouvait pas se permettre de le perdre. Elle devait rester et se battre contre les restants de méfiance, les ultimes doutes que l’avocat lui avait inspirés. Elle s’était forgé une armure pour se protéger de lui ; elle devait apprendre à la laisser de côté. Et lui devait apprendre à lui faire confiance.

Tu…fais comme chez toi, la salle de bain est juste ici. Je vais, dans la cuisine. » déclara Lockhart au bout d’un moment.

Hésitant, il lui indiqua la pièce avant de s’éloigner. Erika le regarda agir comme s’ils étaient deux parfaits inconnus et qu’il craignait de commettre un impair. Il s’arrêta à mi-chemin de la chambre et revint vers elle. Ses lèvres lui volèrent un baiser tiède. Le sourire sembla lui revenir bien qu’il parla avec le même empressement maladroit.

Il me manquait quelque chose, ça va mieux ! Bon je te laisse, tu, y’a tout ce qu’il faut ici, les serviettes sont là, je, j’t’attends en bas. »

Erika lui laissa le temps de descendre, cherchant à comprendre ce qui avait soudain changé chez elle ou chez lui pour que l’avocat devienne si… stressé ? Elle chercha la dernière fois qu’elle l’avait vu comme ça et ne retrouva que cette fois-là au restaurant, le soir de son anniversaire. Elle avait émis le désir de partir mais il avait flairé la demande bien avant. Etait-ce encore le cas ce matin ? Avait-il peur de la voir s’échapper ? Après la nuit qu’ils avaient passée, elle était étonnée qu’il y songe un instant. Les habitudes semblaient avoir la vie dure chez tout le monde. Elle y songea tout le temps que dura sa douche. Une fois propre et sèche, Erika récupéra ses vêtements de la veille éparpillés un peu partout sur la mezzanine et se rhabilla pour ensuite descendre.

Elle trouva l’avocat dans la cuisine. Occupé à déballer quelque commande passée pendant qu’elle était encore en haut, il ne l’entendit pas arriver et elle s’arrangea pour qu’il ne remarque sa présence que lorsque ses bras passèrent doucement le long de sa taille pour venir enlacer le haut de son corps. Elle le sentit s’immobiliser. Elle posa sa tête contre son dos et serra un peu plus l’avocat contre elle. Un long soupir s’échappa de ses narines avant qu’elle ne parvienne à dire.

Je ne vais nulle part. Détends-toi. »

Elle aurait aimé être capable de lui confier qu’elle était au moins aussi effrayée que lui à l’idée de former un couple, que tout cela n’était peut-être qu’une très mauvaise idée, qu’ils étaient trop caractériels, trop abrupts pour être capable de s’aimer sans se faire de mal mais elle n’était pas le genre de personne à parler ouvertement de ses sentiments, même avec la personne concernée. La seule chose dont elle se sentait capable était ces quelques mots soufflés dans son dos et de rester là à se tenir contre lui pour que jamais il ne la laisse s’échapper. Si cela lui suffisait alors tant mieux.
L’amenant à se retourner pour lui faire face, Erika le regarda un moment et s’empara d’abord doucement de ses lèvres. Ses mains remontèrent jusqu’à la nuque de l’avocat après avoir rapproché son bassin en y déposant les mains de l’avocat. Son baiser se fit lentement plus sensuel, mêlant leurs respirations.
Elle regrettait presque de s’être rhabillée.



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MessageSujet: Re: Questions are dangerous, because they bring answers ▬ August S. Lockhart   Mer 31 Déc - 17:03

Questions are dangerous, because they bring answers
Erika & August


Le petit déjeuner ne tarde pas à arriver. Ce fournisseur reçoit régulièrement mes commandes et je n’ai jamais été déçu ni par la vitesse de livraison, ni par la qualité des produits. Pourtant ce matin, le temps d’attente me semble interminable. La petite horloge accrochée au dessus du bar fait résonner l’aiguille des secondes, imposant un rythme lourd, dérangeant. Nerveux, je fais le tour de la pièce puis rejoins le salon, esquissant un sourire attendri en pensant à la veille.

Erika est…devenue bien plus qu’il ne le faudrait. Bien plus que je ne sais contrôler, surveiller. Je ne peux qu’accepter être victime de son charme, de ses talents et ses nombreuses qualités. Cette femme si humaine n’a sans doute rien à faire avec l’égoïste robot de plaidoirie que je suis.
Mais Erika est ici ce matin et je refuse d’écouter plus longtemps mes inquiétudes. Il suffit de profiter, juste de profiter.

Un peu comme à l’époque où je me contentais de profiter de Sarah, de notre complicité et notre espoir d’avenir.

On frappe à la porte et je me précipite pour essayer d’installer les viennoiseries alors que j’entends l’eau de la douche cesser de couler. En moins de deux minutes je lance un café, fais chauffer un peu de lait et me déteste de n’avoir pas bien anticipé ce moment. Etre un amant, aucun problème. Un beau parleur, un charmeur, quand vous voulez. Mais être celui auprès duquel la princesse se réveille, c’est une autre histoire !
Finalement je m’appui sur le meuble a admirant le travail effectué. Pas peu fier.

Puis, les doutes, les interrogations et les réflexions s’arrêtent. Le temps est comme figé sur l’instant merveilleux. La douceur de ses doigts me surprend un bref moment avant qu’elle n’articule la formule magique qui suit. Un sourire, heureux, s’étire sur mon visage. Lorsque je lui fais face, je reçois son baiser avec un plaisir sans nom tandis que mes mains disposent de son corps.

« Oh je pensais être un paniqué discret… »

Sans une once de crédibilité, je reviens finalement à ses lèvres pour prolonger un baiser qui ne devrait jamais s’arrêter. J’effleure et enserre ses hanches et cuisses avec possessivité, m’amuse de sa langue et de l’accélération de son pouls pour la soulever enfin. Ses jambes enlacent ma taille, mes bras le haut de son corps contre lequel je me précipite avec appétit jusqu’à nous faire rencontrer le premier mur qui se présente. Puisque nous avons décidé de ne plus lutter contre ce qui nous lie, c’est certes avec avidité mais également beaucoup d’affection que je continue de l’aimer.
J’ai trop savouré son souffle sur ma peau, ses gestes exécutés avec ardeur et les sursauts de son corps ébranlés par les émotions que nous avons partagés cette nuit. Il fallait surement que je vérifie, que j’y goute à nouveau, pour être certain que ce bout de paradis est accessible. Qu’il m’est offert, si naturellement.
C’est un véritable kidnapping. Passionné par son être tout entier je tente de le dévorer intégralement, sans laisser une seule part de côté. J’y mets toute la douceur possible mais l’élan de désir est trop puissant. Un cadre – purement décoratif et impersonnel – se détache pour se briser sur le sol tandis que je mène mon amante dans un autre recoin, ne tenant absolument pas compte des insignifiants obstacles qui nous entourent.

☼ ☼ ☼

Quand le sablier du temps s'écoule à nouveau, une contrainte s'impose finalement à nous : le portable.
Terrible sonnerie, je viens cacher mon visage dans le cou d'Erika pour respirer encore un peu de son parfum avant de nous voir replonger dans les obligations de nos vies respectives.


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MessageSujet: Re: Questions are dangerous, because they bring answers ▬ August S. Lockhart   Jeu 1 Jan - 19:14

Les doutes et les peurs de l’avocat semblèrent se volatiliser à mesure qu’ils s’embrassaient. Son contact se fit lentement plus animal, son corps, plus avide. Soulevant sans effort la jeune femme pour l’appuyer contre le mur le plus proche, il s’appliqua à la dévorer toute entière, ne lui concédant que de courts répits à cette escalade des plaisirs. Affreux de constater à quel point elle était, sur le moment,  incapable de lui résister. Il la possédait littéralement. Sa peau s’embrasait chaque fois qu’il posait ses lèvres dessus. Elle les voulait ailleurs, elle les voulait partout. Son être tout entier n’avait faim que de cet amour qu’il lui prodiguait sans retenue. Une des raisons pour lesquelles elle en avait redemandé à vrai dire. Mais pas l’unique. L’un comme l’autre savaient ce qu’il adviendrait dès lors que cette bulle fragile et rassurante éclaterait pour les confronter à leurs plus simples interrogations. Ils ne pouvaient être de ces amants transis qui passent leur temps et leurs rêves à s’abreuver des sentiments de l’autre. Ils étaient bien trop complexes pour s’autoriser cette simplicité de vivre. Alors la jeune femme demandait-elle un répit, une rallonge sur cette merveilleuse nuit. Bientôt son téléphone sonnerait, bientôt la réalité se rappellerait à elle, bientôt…

Mais pour l’instant, elle ne voulait que profiter. Pour l’instant, seuls comptaient l’avocat et le poids de son corps sur le sien, sa force contre la sienne, son désir au creux du sien. Le reste, pour le moment, n’avait aucune importance. Il n’existait plus. Il n’y avait plus qu’eux écartant toute distance, se fondant l’un dans l’autre.
Erika avait rarement concédé autant d’elle à quelqu’un. Etait-ce de la confiance aveugle ? L’avocat, dans tous les cas, était indéniablement doué pour lui faire lâcher prise. Chaque parcelle de son corps le réclamait. Leur attirance mutuelle, peut-être trop longtemps contenue, en était devenue savoureusement bestiale. Et elle s’y abandonnait. Intégralement.

* * *

Son portable sonna de cette mélodie stridente et impossible à ignorer. Erika garda les yeux fermés tandis que la tête de l’avocat venait se nicher dans son cou, y soupirant son dépit. La main de la jeune femme lui caressa doucement le visage. Elle connaissait cette sonnerie, Lockhart aussi sans doute. Elle sonnait le glas de leur précieuse intimité les rappelant à leur vie respective. Qu’ils le veuillent ou non.
Elle laissa encore passer une brève seconde avant de se dégager en douceur des bras de l’avocat. Sa chaleur lui manqua aussitôt. Elle s’astreignit cependant à ne pas se retourner vers lui et à attraper son téléphone, coincé dans la poche de son pantalon. Un bref regard sur l’écran lui confirma ce qu’elle pensait déjà. Le poste. Sans doute un nouveau meurtre. Elle décrocha.

Stojanović. »

L’échange qui suivit fut bref, ponctué des questions habituelles. Erika n’avait guère le choix que de faire son travail. Ils étaient en semaine, elle n’était pas de repos et pas plus malade que ces dix dernières années. De plus, elle aurait certainement méprisé l’imbécile heureuse qui se serait faite porter pâle pour passer la journée dans les bras de son amant. Comme à sa grande habitude, il lui était impossible d’oublier son devoir. Elle annonça son arrivée imminente, raccrocha et jeta son téléphone sur le canapé le plus proche. Se tournant ensuite vers l’avocat, elle s’en approcha avec une espèce de regret au fond du cœur.

Je, il faut que j’y aille. »

Evitant de se laisser entraîner par le désir de le rejoindre là où il était, Erika se contenta de laisser sa main lui effleurer le visage avant de s’écarter pour ramasser ses vêtements. Elle se rhabilla en silence, consciente de la fragilité de sa résolution et du besoin de plus en plus urgent de quitter cet appartement et son propriétaire pour ne pas succomber au regard qu’il lui lançait. Une fois prête à partir, Erika s’attarda. Elle aurait aimé savoir quoi dire. Ce genre de situations ne lui était pas des plus familières. Fallait-il se revoir au déjeuner ? Le soir-même ? Le lendemain ? Comment tout ceci était-il supposé fonctionner ?

Laissant les questions de côté, la jeune femme se contenta d’un sourire qu’elle souhaitait sincère mais qui se volatilisa sans doute un peu vite. Elle sortit l’esprit troublé.

▬ Fini pour moi Smile



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