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 I live in a hologram with you — Erika

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MessageSujet: I live in a hologram with you — Erika   Ven 1 Mai - 18:14

I live in a hologram with you
ERIKA & ALEXEÏ
DIMANCHE 17 AVRIL 2016
FRAPPE Smile


« Allez Iva, je reviens et… »

J’allais fermer la porte sous le regard droit et fier de ma chienne, parfaitement assise dans l’entrée, quand mes pas s’arrêtent. Trois hommes s’arrêtent, des sacs de courses dans les bras, et m’observent de loin avec des sourires éteints, un peu hésitants. Je pousse un soupir, ma main se resserre sur la poignée et je déglutis péniblement. Mon œil vire vers la voiture qui les attend quelques mètres plus loin et sur le conducteur. Son regard est fixé sur moi. J’hésite à faire sortir Iva et pourtant je sais très bien que je ne risque rien.

Si Hernando, le nouveau primero des Calaveras ne semble pas vouloir m’adresser la parole, il n’en reste pas moins que tous les autres membres du gang de feu mon mari reviennent encore taper à ma porte, malgré les barrières que j’ai posées. Sept mois qu’Andrès et Luz sont décédés par ma faute. Un peu à la manière de Xiomara, c’est-à-dire sans respecter mes interdits, les Calaveras sont toujours là et m’amènent régulièrement des courses, me proposent de l’aide, font sortir mon chien, ou viennent simplement me parler. La voiture qui stagne dans mon garage vient du leur, mais je ne l’ai jamais faite tourner. Je suis la veuve de leur ancien président, leur ex-primero. Leurs lois sont très claires et si les idées que l’on garde d’un gang sont souvent empreintes de violence, peu de gens savent qu’ils sont aussi capables de la plus grande attention. Ils ont pour règle de subvenir à tout ce qui pourrait me satisfaire. Est-ce que ça me fait plaisir ? Pas le moins du monde. On a tenté de se sortir de cette merde, et les voir dans mon jardin me ramène à cette fichue période. J’ai toujours apprécié ces hommes, pour ce qu’ils étaient et non pas ce qu’ils faisaient.

Le plus grand des trois s’approche, un sourire plus affirmé sur les lèvres et je ferme définitivement la porte, leur refusant l’entrée. Ils ont l’habitude. Ils ne flanchent pas. Je pousse un soupir exaspéré.

« Hola Alex…
— J’vous ai dis de plus venir, les gars. Les rues sont blindées de caméras.
— On vient juste rendre une visite de courtoisie, bella. »

Ils sont tous les trois là, désormais, à soixante centimètres de moi, postés sur mon perron. Je suis particulièrement grande mais je regarde mon interlocuteur en levant la tête quand même.

« Je veux pas de vos courses. Gardez votre thune pour vous sortir de cette merde. »

J’accompagne ma phrase d’un geste du visage dirigé vers la voiture qui les attend. Ils ne fléchissent toujours pas, et je finis par leur ouvrir la porte, consciente qu’il s’agit de mon seul moyen pour qu’ils s’en aillent. Je lève les yeux au ciel alors qu’ils entrent avec leurs gros sabots, remontant leur jean en même temps qu’ils inspectent la maison vide.

« Sérieux, Doc’, c’est toujours aussi propre… »

Je grince des dents.

« Enlevez vos chaussures, j’veux que ça le reste. »

Ils rigolent un peu dans leur coin, connaissant mon refrain par cœur, et se mettent en route pour ranger les provisions apportées. Ils savent où se trouve quoi et je n’ai même plus besoin de leur dire dans quel sens ranger les étiquettes des conserves, ni même dans quel ordre j’ordonne mon frigo. Je soupire. Rien ne saura visiblement les arrêter, ni ma sale humeur ou mon ton froid. Iva elle, leur fait la fête.

« Dépêchez-vous, j’dois bosser.
— Il est dimanche Alex !
— Justement, je serais tranquille. Allez ! »

ø

Je sors mes clefs, observe ma montre : 11h. On est dimanche et il n’y a personne à la morgue, j’en suis bien heureuse : le trajet a déjà failli avoir raison de moi. Je lâche quand même un « bonjour » las qui ne me renvoi que mon écho, simplement pour m’assurer que personne, et absolument personne ne viendra m’emmerder aujourd’hui. J’ai besoin de temps, de calme, de silence : c’est-à-dire le contraire de la vie au bureau. Je connais ces quartiers par cœur, cet établissement est le mien, alors je ne passe même plus par les cases vestiaires, salle de pause, etc… mais en cherchant mon badge dans mon sac, me dirige à l’aveugle et sans détour vers ma salle d’autopsie. Un cas particulier me taraude depuis deux jours.

Un homme, d’une vingtaine d’années, retrouvé mort sans aucune raison apparente, sans marque, sans rien. Comme s’il s’était simplement endormi pour ne plus jamais se réveiller. Pas de toxines, pas d’alcool, pas d’accident, pas de problèmes aux organes. Rien. Absolument rien. Je ne peux pas me contenter d’un rien. Retrouvé dans les toilettes d’une boite clandestine, rien ne peut cependant me permettre de comprendre si cet environnement a joué sur son état.

Autant vous dire que ma logique et mon besoin de réponses n’ont pas décidé de laisser ce cas de côté.

Je m’attèle à la tâche à partir du moment où je dépose mon sac, ma veste et mes clefs sur le rebord d’une chaise, attache soigneusement mes cheveux, enfile ma veste de boulot et mes gants puis me décide à aller chercher le corps désiré. Peter Evans, beau jeune homme qui n’aura pas l’occasion de grandir davantage. Je n’attache pas particulièrement « d’affection » à mes patients. J’effectue mon travail sans broncher, en silence, je me parle simplement à moi-même et enregistre parfois afin de pouvoir revisiter mes conclusions durant les opérations. C’est d’ailleurs le magnétophone que j’enclenche, à l’instant, accroché à la poche contre mon cœur et me met au travail sans bruit, concentrée. Je pense une demi-seconde aux résultats des tests que j’ai fais pour Henderson il y a quelque jour, notant dans un coin de ma tête qu’il me faut les étudier davantage, puis, braque la lampe supérieure sur le visage de mon cadavre, et entame avec la lenteur d’une procession l’examen complet de la surface de sa peau.

Une heure, déjà, que je travaille. Sans relâche, j’inspecte chaque parcelle de sa peau, et j’ai enfin trouvé quelque chose.

« Marque suspecte derrière oreille gauche. »

J’ai un peu de mal à réfléchir. Quelque chose m’empêche de travailler correctement, j’ai fais deux fois le tour de la salle pour voir si quelque chose clochait ici et pourtant, non, absolument rien. Je suis revenue vers mon cadavre avec la certitude d’être simplement déphasée par cette histoire de trépas soudain et inexpliqué, ai repris mon examen, et ai finis par trouver une infime trace noire, comme le souvenir d’une aiguille, sur l’arrière de son crâne.

J’élance mon bras pour attraper une loupe, l’autre main sur le rebord de la table, et mon geste me semble incroyablement long et désarticulé. Je fronce les sourcils, récupère la petite loupe, la braque vers la toute petite trace et, au bout de quelques minutes, elle m’échappe des mains, comme si ma prise devenait incertaine. Étonnée, je mets cela immédiatement sur le compte de la fatigue, perturbée par ma très courte nuit rythmée par les antidépresseurs avalés. Ça ne devrait pas, et je suis la première à m’en agacer. D’un geste lent je me baisse pour la ramasser et, lorsque je me redresse, surement un peu trop rapidement, ma tête commence à tourner.

« Hm… »

Une main sur mes tempes, je cligne des yeux, plusieurs fois. La terre semble tourner un peu trop vite. Je me régule, ne panique pas, un simple vertige à cause de la fatigue, à cause de la visite des Calaveras, voilà tout. Je préfère déposer la loupe près du cadavre et me dirige d’un pas lent, et flasque vers mon bureau. Je veux m’asseoir sur la chaise mais mon corps lâche une toute petite seconde avant que je ne puisse exécuter mon geste, et me rattrape de justesse au bord de ma table pour me laisser glisser contre, avec lenteur. Ne pas paniquer, respirer, ne pas s’énerver. Simplement un vertige.

Alexeï, symptômes. Hm… Instabilité… Et… J’ai du mal à respirer. Ça c’est l’angoisse. Insensibilité, mes muscles semblent ne pas vouloir réagir à mes ordres, ok. Je relève difficilement les mains devant les yeux et comprends que je tremble, puis elles retombent comme les bras d’une poupée. Quelque chose ne va pas, je le sens bien, mais je suis aussi consciente que je n’arrive pas à réfléchir et que mon corps ne veut pas répondre. Il faut que je me lève, il faut que je m’en aille. D’un geste désespéré j’essaie d’atteindre quelque chose, je ne sais pas quoi, l’alarme qui vrille dans mon cerveau m’empêche encore plus de penser correctement. Je me sens comme sur un nuage et en même temps, au-dessus d’un vide béant. Des images se faufilent dans mon crâne, ma fille surgit entre mes pensées cotonneuses et j’entends son rire résonner. L’angoisse reprend son chemin, j’ai du mal à aspirer l’air, mon cœur ralentit, et bientôt, un gouffre immense s’ouvre devant mes yeux. Je crois que j'ai essayé de dire quelque chose mais je ne m'entends plus. Un bruit de casse retentit dans mon crane et je sens quelque chose de chaud sur ma main, rien de plus, rien de moins, puisque l’obscurité s’étend à présent et voile ma vision, puis, plus rien.

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MessageSujet: Re: I live in a hologram with you — Erika   Mer 6 Mai - 22:14

&

Dimanche 17 Avril 2016 - Commissariat de Queens

On était dimanche, quelle personne saine d’esprit travaillait le dimanche de son propre chef, sans une quelconque autorité à laquelle soumettre sa volonté ? Elle n’aurait sans doute pas parié sur la santé de son esprit, surtout en ce moment, mais Erika avait comme toujours besoin de se remplir la tête de choses qui n’avaient strictement rien à voir avec ses pensées dès lors que celles-ci commençaient à faire trop de bruit au sein de son crâne. Et elles ne voulaient tout bonnement plus cesser de parler et jacasser depuis que la jeune femme était tombée sur sa mère à l’hôpital il y a de cela quelques jours. Un quiproquo. Un foutu quiproquo qui avait ébranlé les fondements de son existence. Sa mère l’avait abandonnée à ses 18 ans, oui et alors ? Elle y avait survécu non ? Pourquoi se donner la peine de revenir contempler les dégâts ? Elle ne vivait sans doute même plus à New York depuis longtemps alors pourquoi venir s’exploser le poignet dans la ville où résidait son passé et sa honte ? Pourquoi ?!

Erika aurait payé cher pour avoir la réponse à cette question.

Elle aurait aimé être parfaitement insensible à ces retrouvailles, accueillir froidement sa mère et la laisser repartir tout aussi indifféremment. Mais elle n’était pas insensible. Et cela lui faisait l’effet de n’être que les restes brisés d’un jouet qu’on avait cassé très tôt dans sa vie et qui ne vivait plus que par ses fêlures. Autant dire qu’elle détestait la sensation. Sa mère n’était plus rien pour elle depuis longtemps. Elle avait appris ses leçons, forgé sa carapace puis son armure. Mais on ne peut se protéger de ce qui nous vient de l’intérieur. Et sa mère … - qu’on lui pardonne l’expression mais - cette conne au cœur de pierre l’avait faite, elle l’avait conçue et par là-même, elle ne pouvait la sortir des fibres de son être. Elle était les fibres de son être. Tout comme son père. Ils ne cesseraient jamais d’être les créateurs de l’être vivant qu’elle était. Et tout ça la rendait folle. A 32 ans, elle aurait aimé s’appartenir un peu plus. Ne pas être que le fruit d’un amour qui n’avait sans doute existé que dans l’esprit d’un seul des deux composants de ce couple.

Et voilà qu’elle se remettait à penser …

Jetant son stylo sur le tapis devant elle, Erika poussa un long et profond soupir. Ses mains vinrent masquer son visage. Elle ferma les yeux. Emotions de merde. Sentiments de merde. Elle n’arrivait pas à se concentrer avec tout ce vacarme dans sa tête et ses pensées incessantes qu’elle ressassait. Elle avait besoin de travailler, besoin d’avancer. Mettre toute cette histoire derrière elle une nouvelle fois. Sa mère était sans doute repartie à Mamourland avec son preux et ses trois chiards se lamenter sur la clémence inexistante de sa fille unique. Qu’elle y aille et qu’elle y reste. Erika était fatiguée, lassée de tout ce qu’elle avait appris cette nuit-là. Des deux parents, ce n’était pas le bonheur le plus dur à regarder en face, clairement ; mais c’était le plus insupportable quand il venait lui pendouiller au nez.

Et elle se remettait à penser !!!

N’ayant plus rien à balancer sur ses dossiers étalés par terre devant son canapé, Erika décida d’aller bosser au poste. Il lui manquait un dossier de toute manière. Henderson, ce singe, l’avait encore certainement laissé à la morgue. Elle en avait besoin pour compléter ses notes. Sitôt dit, sitôt fait, la jeune femme remballa l’ensemble de ses documents qu’elle fourra dans le premier sac assez large qu’elle trouva et laissa un mot à Nina au cas où elle reviendrait de sa balade avant son retour. Ce qui serait certainement le cas si elle passait le reste de la journée là-bas comme elle le prévoyait. Elle saurait se débrouiller, Erika lui avait dit et répété qu’elle était chez elle comme dans son propre appartement et qu’il ne fallait pas compter sur ses horaires et son organisation pour prévoir des repas mijotés et des soirées pyjamas. Elle était flic et en couple avec un avocat qui vivait à l’autre bout de la ville. Elles passaient malgré tout du temps ensemble mais elle savait qu’elle n’était pas non plus la colocataire idéale. M’enfin. Au moins Nina avait un toit au-dessus de sa tête et Erika dormait avec son arme donc la sécurité était de mise, en tout cas dans l’appartement.

Lorsqu’elle arriva dans la rue du poste de police, après avoir cherché un coin où garer sa moto, Erika repensa à la seule autre personne qui ne trouverait pas surprenant de venir bosser un dimanche. Alexeï avait repris le travail depuis un bout de temps à présent et même si la froideur nouvelle de la jeune femme à son égard ainsi qu’au reste du poste surprenait, cela ne devait sans doute rien ôter à son professionnalisme et son goût du travail. Quoiqu’il en soit, Erika avait pris le parti de ne rien demander de plus qu’une simple politesse entre collègues. Ce que la légiste fournissait sans sourciller. Elle n’en aurait peut-être pas mis sa main à couper mais elle avait pensé, avant le congé d’Alexeï, qu’elles étaient pratiquement devenues amies. Qu’elles l’étaient d’ailleurs, appelons un chat un chat. Elle avait passé du temps chez elle, fait la connaissance de sa famille, de son mari, de sa fille. Pourtant tout cela avait eu l’air d’être balayé dès son retour. Elle ne répondait déjà plus aux appels d’Erika depuis longtemps ni n’ouvrait la porte à ses nombreux passages mais de là à lui adresser la parole comme à n’importe quel inconnu du coin de rue. Elle s’était vexée, il fallait l’avouer. Elle avait vaguement entendu des bruits de couloir parler d’un accident de voiture et de la mort de son mari et de la petite Luz mais sans confirmation et avec un mur glacial et distant à la place de son amie… elle avait eu du mal à porter crédit à tout cela.

Enfin elle était de retour au boulot, c’était déjà cela. Elle était méticuleuse comme légiste, patiente, attentive au moindre détail, ne formulant aucune hypothèse qu’elle n’était en mesure de prouver ensuite. Erika aimait bosser avec elle. Ça la changeait de l’espèce de tornade désorganisée qu’on lui avait collée comme partenaire. Tornade dont elle devait récupérer le dossier. Bifurquant devant les ascenseurs, elle prit l’escalier pour atteindre les sous-sols et la morgue. L’odeur la frappa dès l’instant où elle ouvrit les portes battantes et la surprise fut telle qu’elle recula une main sur le visage. Ça sentait le gaz ! Portes refermées, l’odeur s’atténuait et Erika chercha dans sa poche son téléphone pour appeler elle ne savait trop qui. La maintenance peut-être ? Ces gens-là bossaient le dimanche ? Tombant sur un répondeur, elle laissa un message demandant de la rappeler au plus vite à cause d’une fuite de gaz dans les sous-sols du bâtiment et rangea son téléphone.

Bon.
Deux solutions.
Soit elle jouait les dures à cuire et prenait le risque d’aller chercher son dossier dans la salle d’autopsie où il devait certainement traîner. Sachant que la moindre étincelle pouvait faire exploser l’étage entier et sans doute faire s’effondrer le reste du bâtiment dessus.
Soit elle rentrait sagement chez elle en laissant faire les professionnels et elle descendrait chercher son dossier lundi quand Alexeï..

Merde.

Elle évalua la possibilité que la jeune femme soit ailleurs dans le bâtiment mais … où chercher un légiste un dimanche sinon dans son antre ? Soupirant, jurant, pestant, râlant, Erika regarda autour d’elle dans la cage d’escaliers. Quelque fois qu’on lui aurait fourni un masque à gaz et un de plus pour Alexeï. Voyez ?

Tu fais chier Alvarez. »

Retirant son blouson de cuir pour le nouer tant bien que mal sur son visage et couvrir ses voies respiratoires, Erika rouvrit les portes battantes et s’avança dans le couloir principal de la morgue. Dieu merci elle descendait souvent ici et connaissait assez les lieux pour chercher la jeune femme dans les endroits les plus probables d’abord. Malgré le calme apparent des lieux, le cœur d’Erika battait la chamade dans sa poitrine. La moindre étincelle, se répétait-elle. La moindre étincelle et c’en était fini d’elle. Drôle de perspective que de s’en remettre à une si petite réaction purement physique. Et pourtant.

Elle trouva le corps inanimé de la légiste dans la salle d’autopsie.

Alexeï ! »

S’approchant à grand pas, elle se baissa pour tourner le corps de la jeune femme et surtout son visage vers le sien. Aucune réaction mais ce n’était pas ce qu’elle cherchait. Elle examina rapidement le front, les tempes. Pas de contusion. Elle ne s’était peut-être pas claqué la tête en tombant. Bien. Regardant rapidement autour d’elle, elle ne vit aucun autre corps hormis celui du cadavre posé sur la table d’examen. Mais déjà mort celui-là donc… Elle prit une rapide seconde de réflexion pour évaluer la meilleure façon de charger Alexeï sur son dos sachant qu’elle allait peser de tout son poids et qu’elle avait beau rentrer dans des tailleurs en 36, un corps d’adulte c’est un corps d’adulte. Elle la prit finalement du mieux qu’elle put sur ses épaules et tâcha de ne pas râler quand son blouson lui glissa du visage et découvrit son nez et sa bouche. Emmerdeuse jusqu’au bout celle-là … Même inconsciente !

Elle attrapa son dossier en passant et le cala entre ses dents avant de mordre dedans pour le faire tenir et rajuster sa prise sur le corps de la légiste en même temps. Son front ne tarda pas à perler de sueur tandis qu’elle avait l’impression d’avancer à pas de tortue. Elle essayait de respirer le moins possible mais c’était plus facile à dire qu’à faire quand on portait l’équivalent d’un poids mort sur ses épaules. Arrivée à mi-chemin, elle avait la tête et le reste du corps comme du coton. Si elle ne les sortait pas de là vite fait, elle allait être aussi utile à Alexeï que si elle n’était jamais venue. Posant la légiste à terre, Erika décida de changer de tactique et l’attrapa par les épaules pour la traîner. Tant pis pour sa blouse toute propre. Elle n’envisagea même pas les escaliers cette fois et prit sur elle pour appeler l’ascenseur dans lequel elle tira Alexeï avec les forces qu’il lui restait et le fit monter au rez-de-chaussée tout en s’affaissant à terre comme une vulgaire poupée de chiffon.

Quand les portes s’ouvrirent une minute plus tard, elle n’avait pas la force de se relever. Elle resta là quelques minutes à écouter sa respiration, fermer les yeux puis les rouvrir. Les refermer. Les rouvrir.

Alexeï.
Allez.
Bouge-toi.

A quatre pattes par terre, la jeune femme tira son amie de l’ascenseur pour ensuite s’approcher de son visage aux paupières toujours fermées. Prenant son inspiration, elle voulut lui coller la gifle de sa vie mais son geste s’engourdit en moitié de course et elle ne fut même pas sûre de lui toucher la joue. Elle regarda autour d’elle, avisa un vase avec des fleurs sur le comptoir non loin et au bout d’un temps qui lui sembla une éternité à aller le chercher, elle jeta les fleurs à terre à côté d’elle et retourna le contenu du vase sur le visage de la légiste. Puis elle attendit.



- Rooting For You -
Even though your words hurt the most, I still wanna hear them, every day. You say let it go but I can't let it go. For I'm so scared of losing you and I don't know what I can do about it. So tell me how long, love, before you go and leave me here on my own. I know that I don't wanna know who I am without you.
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MessageSujet: Re: I live in a hologram with you — Erika   Jeu 14 Mai - 22:14

(Désolée pour le changement de personne… C’est récurrent chez moi. Je fais un test à la troisième. X_X Tu m’en veux pas ? <3)

Alexeï n’aurait su dire ce qui était le pire à cet instant précis. Dans le noir, la cité d’ombres et de regrets fabriquée derrière ses paupières abritait le regard clair de sa fille. Là, dans les ténèbres, il n’y avait que sa lumière pour repère. Le même bleu que sa mère, combien de fois avait-on pu lui dire. Son seul regard avait réussi à donner une matière de velours à cet inconscient dans lequel la légiste était lovée. Si c’était ça, passer l’arme à gauche, alors elle disait oui, sans hésiter. Elle ne signerait ni pour l’enfer ni pour le paradis : le sien était là, dématérialisé mais rendu palpable dans le regard pâle de son enfant. La jointure délicate entre la vie et la mort était une question sans réponse qui, pourtant, la motivait à toujours travailler davantage. Maitriser ces connaissances précises, dénicher la faille et comprendre comment la personne devant elle avait passé l’arme à gauche n’était pas, déjà, approcher ce paradoxe éternel ? Cette mort que tout le monde connaît et à la fois personne. Alexeï n’avait jusque là jamais envisagé une mort universelle, et si c’était sa manière de palper les immensités de l’inconnu alors elle s’y laissait aller sans aucun regret.

Alors quel était le pire à cet instant précis : persister dans la noirceur, couvée par le regard de son petit être perdu, mais perdre la vie ou retourner là, en bas, ou toutes les couleurs étaient présentes mais sans la présence de ses êtres les plus chers ? Alexeï n’aurait pas à réfléchir très longtemps, voir quasiment pas. Son chemin était tracé. Une mère et une épouse restent ce qu’elles sont, dans l’éphémère et dans l’éternel. C’est ce qu’ils s’étaient jurés.

C’était sans compter cette horrible sensation de froid qui, elle le sentait, l’aspirait vers un monde qu’elle ne voudrait plus fouler. Ça la picote, c’est presque sous-jacent, la chaleur de l’au-delà s’efface doucement au profit d’une nouvelle ère glacière à l’intérieur de ses côtes. Les images brouillées, le noir s’éclaircit, la teinte bleutée du ciel disparaît et le médecin légiste voudrait hurler, crier, et se débattre. Mais son corps prend le pas sur son esprit et petit à petit toutes ses chances de se laisser aller s’éteignent. Elle reprend doucement conscience, tout d’abord, des extrémités de ses membres, puis le froid, qui semble la raviver toute entière, s’étend dans tout son corps et finit par glacer la totalité de son visage. Un œil, puis deux, la terre tourne autour d’elle comme si elle était un pauvre pantin accroché au carrousel que sa fille aimait tant. Son corps, engourdit, lui fait mal, elle a été privée d’oxygène bien assez de temps pour devoir en inspirer une grande bouffée à l’instant où son être percute. Ses doigts se crispent sur de la chair, la sienne, celle de quelqu’un d’autre ? Les deux, et son corps se tend alors que ses lèvres s’ouvrent pour laisser passer l’air désiré.  

Tousser, respirer, l’un après l’autre, Alexeï s’étouffe, peine à trouver ce qu’elle cherche, s’étale lamentablement sur le côté, butant contre quelque chose de dur. Quelqu’un. Des genoux. Ses yeux affolés roulent dans tous les sens, ses mains accrochent la personne qui est là et au bout de quelques minutes, l’eau dégagée de ses voies respiratoires et l’air y passant à la place, Alexeï se calme, doucement, et pose enfin ses yeux sur la silhouette féminine qu’elle reconnaît bien mieux maintenant que les mouvements de son environnement se sont assagis. Sa respiration est courte, rapide, irrégulière, sa voix essaie de se frayer un chemin jusque ses lèvres mais il n’en ressort qu’une vague exclamation rauque.

« E…Erika…. ? »

Alexeï essaie de se redresser sous l’attention bienveillante de sa collègue, mais finit par se laisser aller au poids que constitue son corps et se repose sur son épaule droite, faisant face à sa collègue… amie, autrefois peut-être quand elle se sentait capable de porter le poids des relations sociales. Aujourd’hui parée d’un masque froid, la légiste n’avait même pas pris la peine de répondre à ses appels, surement inquiets, se sentant dans l’impossibilité de lui révéler le fin mot de l’histoire sans s’échouer lamentablement sous le poids ingérable du désespoir. Elle ferme les yeux un instant, un vif mal de crâne frappant à coups successifs dans son crâne, et tente de réguler sa respiration sans vraiment de succès. Sa main reste accrochée à la jambe de l’agent Stojanovic, le temps que ses idées se remettent en place, c’est-à-dire un long moment, perdue entre toutes les émotions et les différents signaux que lui envoie son corps.

« Qu’est-ce que… »

Un violent sursaut semble la prendre tout d’abord aux entrailles, puis elle porte sa main à sa gorge et, par une chance (que je qualifierais de rpgistique Very Happy bon je me tais) incroyable, le corps du médecin légiste se soulève brutalement, comme nouvellement consciente de sa capacité à bouger, se jette sur le premier pot de fleur qui lui tombe sous les yeux et vomit largement toutes les toxines inhalées durant son travail à la morgue et son inconscience. Ça lui tord les boyaux, lui brûle l’œsophage, et son souffle s’écourte à nouveau, le mal de crâne empirant de secondes en secondes. Alexeï n’est pas en mesure de réfléchir clairement, son corps tremble dans tous les sens, le froid ne l’a pas quitté, et pourtant elle reste sacrément consciente du fait que ses cheveux sont bien évidemment attachés. Pensée stupide, aléatoire, se raccrocher à un détail pour ne pas sombrer, ne pas se laisser aller, c’est toujours sa manière de faire. Un mouvement pas loin d’elle lui rappelle aussi que sa collègue est là. Les choses se remettent en place dans son cerveau doucement, et, sans savoir encore ce qu’il en est, et ce qu’il s’est passé, Alexeï a le sentiment d’urgence que l’on ressent face au danger.

« Il… il faut qu’on sorte. »

Erika venait surement de lui sauver la vie, elle a qui elle avait fermé ses portes sans préavis et avec brutalité. Ses regards soutenus et ses appels n’avaient rien pu faire à ce mur de glace qu’elle s’était forgée. Et aujourd’hui, sans elle, Alexeï aurait rejoint les morts.
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MessageSujet: Re: I live in a hologram with you — Erika   Sam 23 Mai - 15:17

Elle n’était pas médecin. Intoxication au gaz, elle n’avait pas appris la marche à suivre. Quoi faire en urgence, qui appeler ? Comment savoir ? Elle préférait ne pas s’y risquer. Alors un vase plein d’eau oui, cela lui avait paru adéquate pour réveiller la légiste. Mais la réaction se faisait attendre. Les doigts d’Erika se crispaient sur l’épaule de son amie. Et si elle ne se réveillait pas ? Et s’il était déjà trop tard ? Depuis combien de temps était-elle étendue là avant qu’elle ne la trouve et ne la sorte de là ? Les secours pouvaient-ils encore faire quelque chose pour elle ? Elle sortit son téléphone de sa poche au cas où, ses doigts tremblaient en le tenant. Son regard lui ne quittait pas le visage aux paupières closes.

L’esprit embrumé de la jeune femme se s’éclaircissait petit à petit quand l’air se fraya enfin un chemin bruyant dans les poumons de la légiste et la redressa de quelques centimètres, la faisant s’agripper à Erika qui soupira de soulagement. Un sourire s’esquissa brièvement sur ses lèvres. Elle regarda Alexeï chercher son air, ouvrir les yeux, la regarder, la reconnaître.

E…Erika…. ? »

Tâchant de l’aider à se redresser, Erika la sentit soudain toute molle à nouveau et amortit le poids de son corps du mieux qu’elle put, la laissant glisser le long d’elle pour que sa tête atteigne son épaule et s’y repose. Relevée trop vite peut-être. La légiste ferma et rouvrit plusieurs fois les yeux, visiblement désorientée. La jeune femme posa sa main libre contre la joue de son amie.

On est dans le hall, devant les ascenseurs. T’as respiré trop de gaz je crois. » lui expliqua calmement Erika pour qu’elle se resitue.
Qu’est-ce que… »

N’ayant pas le temps de finir sa phrase, Alexeï se redressa complètement et attrapa le vase posé à côté d’Erika pour y vomir le contenu de son estomac. D’une main lente et machinale, Erika rattrapa une mèche des cheveux de la légiste avant qu’elle n’atteigne sa bouche. Alexeï leva finalement la tête vers elle et lui lança, le regard encore hagard :

Il… il faut qu’on sorte. »
Ouais. Il faudrait. » acquiesça Erika, jetant un regard alentour.

Personne pour les aider évidemment. Elles allaient sans doute devoir y aller en rampant. Quoiqu’à deux, elles pouvaient peut-être se tenir l’une à l’autre. Erika avait respiré beaucoup moins de gaz, elle parvint donc à se mettre sur ses jambes la première. Aidant la légiste à se tenir debout, elle l’attrapa par la taille pour la soutenir et vacilla elle-même quelques secondes sur ses propres jambes.

J’ai l’impression d’avoir 15 ans et de revivre ma première cuite. » lâcha-t-elle avant de se mettre à marcher.

Le pas incertain, elles titubèrent tant bien que mal jusqu’à l’entrée du bâtiment. Erika soutenait du mieux qu’elle pouvait le corps encore engourdi de son amie. Une fois à l’extérieur, une dizaine de minutes plus tard, l’air frais leur caressa le visage. Erika inspira une grande goulée d’air comme pour décrasser complètement son organisme des toxines. Un vœu pieu mais qui lui permit tout de même d’asseoir Alexeï sans la jeter par terre sur les marches du poste. Elle s’assit à son tour, soupirant bruyamment. Elles étaient encore trop proches du poste, s’il explosait elles seraient soufflées avec la déflagration mais comment faire autrement ? Elle n’avait pas la force de charger la légiste encore une fois sur ses épaules et elle ne voulait pas l’épuiser non plus quand son corps était aussi faible qu’une poupée de chiffon. Si c’était pour tomber trois mètres plus loin, ça ne servait à rien.

Son téléphone toujours en main depuis tout à l’heure, elle le regarda une seconde avant de réagir. Elle composa le 911. La conversation fut brève, elle se fit interroger sur son identité, sa situation, sa position, l’état d’Alexeï et le sien puis la femme au téléphone lui débita un certain nombre de conseils qu’elles avaient pratiquement suivi d’instinct : sortir de la pièce toxique, s’asseoir dans un endroit où l’air frais circule, ne pas essayer de se lever, essayer de ne pas s’endormir, attendre les secours. Raccrochant, elle laissa son téléphone glisser de sa main et l’entendit s’écraser sur le sol. En le récupérant, elle vit l’écran complètement fissuré et soupira presque de résignation. Journée de merde

Se tournant vers Alexeï pour vérifier son état, elle lâcha en exhibant son écran en mille morceaux :

Tu m’dois un téléphone et un p’tit déj. »

Une brève pause.
Un soupir.
Puis :

Comment tu te sens ? »

Son regard capta celui de la légiste et se plongea un instant dedans. La question était à la fois centrée sur l’instant et plus générale. Elles ne s’étaient pas reparlées depuis longtemps sauf pour le boulot. Maintenant qu’elle avait Alexeï sous la main, à même de l’écouter et incapable de partir en courant, elle n’allait pas se priver. Elles étaient amies. Pas juste collègues. Amies. Et si ce mot signifiait encore quelque chose aux yeux de la légiste, elle comprendrait le ton inquisiteur et teinté de reproche de la jeune femme.

Et t’avises pas de tourner autour du pot. J’ai pas la patience pour ça aujourd’hui. »

Elle s’était inquiétée pour elle quoi, merde.



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MessageSujet: Re: I live in a hologram with you — Erika   Mer 27 Mai - 12:43


« J’ai l’impression d’avoir 15 ans et de revivre ma première cuite. »

Intoxication au gaz, alors. La brune essayait tant bien que mal de ne pas mettre tout son poids sur son amie. Amie. Ce mot lui semblait d’une étrange froideur à cet instant précis. Amie qu’elle avait reniée, purement et simplement. Alexeï avait toujours beaucoup apprécié la flic, pour la simple et bonne raison qu’elles se ressemblaient. Erika était déjà venue chez elle, elle connaissait sa fille, son mari. Si elle avait déjà vu le casier de ce dernier ? Alexeï ne lui avait jamais demandé. Ça n’est pas comme si les Calaveras étaient inconnus au bataillon, loin de là. Si on l’avait déjà emmerdée avec ce genre de choses ? Bien sur. Après tout, le mari et la femme étaient de côtés différents de la barrière. Et connaissant le regard particulièrement scrupuleux de son amie, celle-ci aurait faire partie de cette tendance. Mais non. En tout cas pas devant le médecin légiste.

Les deux femmes avaient du mal à marcher, c’était évident. Alexeï tentait au maximum de garder son équilibre, mais son corps ne semblait pas vouloir répondre à ses appels. Il paraissait trop lourd, trop mou, et cotonneux. Elle essayait de s’appuyer sur toutes les surfaces qu’elles dépassaient difficilement, à deux.

De longues minutes plus tard, les deux femmes étaient sorties, et Alexeï ne pouvait pas dire qu’elle y était pour beaucoup. Erika l’avait chargée sur tout le trajet alors que celle-ci semblait faiblir elle aussi. La flic prend la délicate attention de la déposer au sol, sur les marches du poste de police, sans pour autant l’y balancer puis s’assoit à son tour, avec force.

La légiste ne sent plus ses jambes, ni ses bras. Ses membres cotonneux ne semblent pas vouloir revenir à la surface et faire leur job. Elle sent son corps s’affaisser et son épaule glisser le long d’un poteau du garde-corps. Le monde tourne autour d’elle, bien vite, trop vite, et elle sent la nausée re-pointer le bout de son nez alors elle ferme les yeux. Ne pas s’endormir. Cette pensée jaillit dans le néant de son esprit, comme un rappel à l’ordre du médecin à l’intérieur d’elle, qui savait elle quoi faire. Et pourtant ce serait si agréable de se laisser aller au sommeil, ce doux nuage dans lequel son corps semble déjà s’être laissé aller. Un bruit sourd de vitre cassé l’extirpe de cette pensée et la brune ouvre à nouveau les yeux, forçant sur ses paupières, le front posé contre la barrière.

Erika est tournée vers elle et dans sa main molle, son téléphone, cassé. La légiste fronce les sourcils, et l’agent de police élève la voix.

« Tu m’dois un téléphone et un p’tit déj.
- Et plus encore. »

Alexeï n’a pas la force de sourire. Ça n’est pas dit non plus qu’elle le veuille. Son regard reste ancré dans celui de l’agent de police, comme une accroche au réel. Il ne faut pas qu’elles sombrent. Erika a inhalé des gaz, elle aussi, et à cause de la légiste. Si Alexeï aurait bien voulu rester dans les ténèbres, elle s’en serait voulu d’y avoir jeté cette femme qui a fait parti de son quotidien pendant assez de temps pour qu’elles nouent une relation stable. Si Lucia l’avait bien évidemment appréciée, même Andrès avait reconnu, à-postériori de leur rencontre, le charme évident d’Erika, malgré ses réticences à accueillir chez lui un agent susceptible de le coffrer.

« Comment tu te sens ? »

Alexeï est encore suffisamment lucide pour l’instant pour reconnaître la pointe de reproche dans les paroles de la jeune femme. Elle ne peut pas elle-même lui en vouloir. Le regard d’Erika capta celui d’Alexeï qui, depuis le début, tentait de s’accrocher à la vision de son amie. Elle voudrait bien fuir à cet instant, n’ayant pas la possibilité de lui mentir. Comment lui expliquer son ingratitude, comment lui dire qu’elle aurait préférée rester couchée dans les ténèbres, mourir d’asphyxie n’était qu’une maigre punition face aux tourments dans laquelle elle avait plongé ses proches, en privant de vie les deux personnes à qui elle tenait le plus au monde. Personne ne lui avait reproché quoi que ce soit : elle le faisait bien suffisamment toute seule. Même Xiomara, qui a pourtant la langue bien pendue et peu de barrières entre ce qu’elle pense et ce qu’elle dit (n’est-ce-pas…) n’avait pu l’affliger de remarques et de soupçons. Alexeï aurait bien voulu échanger sa vie pour celle de sa fille, au moins celle de sa petite fille, et si on lui donnait le choix, elle n’hésiterait pas. Elle aurait voulu qu’elle connaisse le même amour qu’Alexeï a trouvé en son mari, la joie et les échecs de la vie, les obstacles et les encouragements. Alexeï ferme les yeux, se redresse avec lourdeur, la respiration mal réglée, et pose sa tête sur ses poings alors que ses coudes s’appuient sur ses cuisses. Elle inspire un grand coup et l’air qui s’infiltre dans ses poumons lui fait du bien.

« Et t’avises pas de tourner autour du pot. J’ai pas la patience pour ça aujourd’hui. »

Un léger sourire triste teinte les lèvres de la légiste. Elle lui avait fermé ses portes sans préavis, alors qu’elle lui avait auparavant laissé le champ libre, comme Alexeï espérait que celle-ci réagisse ? La russe tourna son visage lentement vers son amie. Bordel. Son amie. Elle avait risqué sa peau pour venir la chercher en bas, dans la morgue. Elle poussa un long soupir. Si elle s’était redressée c’était en partie pour ne pas s’endormir. Son corps ne veut visiblement pas garder cette position qui monopolise trop de muscles en même temps, et elle repose son épaule contre le garde-corps, son attention toujours tournée vers l’agent de police. Ne pas sombrer. Rester accrochée.

« J’me sens comme quelqu’un qui a tout perdu. »

Elle haussa les sourcils, fermant une demi-seconde les paupières, exaspérée par sa propre évidence. Son ton n’était pas cordial ni revanchard, simplement atone, comme flottant sur un nuage.

« Et accessoirement nauséeuse. »

Un pâle sourire s’étire sur ses lèvres. Comme elle voudrait s’en aller, là maintenant. Comme elle voudrait reprendre possession de son corps et aller rendre visite à l’imbécile qui s’est dit que ne pas prévenir ses agents était une bonne idée. Comme elle voudrait retourner quelques mois plus tôt, embrasser son homme le matin, enlacer sa fille avant l’école, travailler avec toujours autant de rigueur, puis déjeuner avec son amie, ou sa belle-sœur. Quelle idée d’aller en vacances n’est-ce-pas ? Quelle idée de conduire une foutue voiture.
Se concentrer sur Erika. Ne pas se laisser aller. C’est la meilleure solution, pour ne pas passer de l’autre côté. Les secours vont débarquer, c’est sur.

« Et toi comment tu te sens ? »

Raconte-moi tout, parle, ouvre la bouche, laisse moi entendre ta voix. Engueule-moi si c’est c’que t’as envie mais il faut qu’on discute. Regarde-moi.

« Ah, ce que je donnerais pour un petit verre en terrasse… »

Un faible rire s’échappe des lèvres de la légiste, un peu fou, désordonné. Comme si elle ne savait plus faire. C’est presque la vérité, rire est une option qu’elle a enterrée quelques mois plus tôt avec sa fille. La situation présente semblait lui échapper et retomber comme une chape de plomb sur ses épaules. Non seulement elle avait coupé les ponts avec son amie mais en plus elle l’avait mise en danger. Elles l’étaient encore, d’ailleurs. Une toute petite étincelle et c’en était fini. Alexeï se dit qu’elle ne lui ferait pas l’ingratitude d’espérer cet événement.

D’un geste lent et lourd, Alexeï pose sa main sur l’avant-bras de la flicette et tourne son visage vers elle. Elle a beaucoup trop sommeil.

« T’endors pas Erika, hein… sinon on est foutues. »
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MessageSujet: Re: I live in a hologram with you — Erika   Dim 7 Juin - 18:46

Et plus encore. »

Le visage d’Erika ne trahit rien, elle se contenta de détourner le regard et froncer légèrement les sourcils. Contrariée. Elle n’avait pas pris une seconde pour réfléchir lorsqu’elle avait compris qu’Alexeï était certainement inconsciente dans les locaux de la morgue et que ces derniers étaient emplis d’un gaz qui pouvait au choix les asphyxier ou les faire exploser. Elle n’avait pas réfléchi, elle avait foncé droit devant, face au danger. Parce qu’elles étaient amies. Parce qu’elle aurait fait la même chose pour elle. Parce qu’elle ne pouvait pas la laisser crever comme ça simplement parce que ça mettait sa propre vie en danger. Ça n’était pas elle, elle n’était pas comme ça. Elle ne faisait pas ce métier pour rien. Inconsciente ? Peut-être un peu. Il en fallait une dose minimum pour se lancer à l’assaut d’une bombe à retardement, prête à exploser à la moindre étincelle malencontreuse mais ce genre de choses, de décisions ne demandaient pas trente ans de réflexion à la jeune femme. Elle agissait par instinct, même quand celui-ci la portait au-devant du danger. C’était comme ça. Il fallait l’accepter. Il n’y avait pas d’héroïsme là-dedans. Pas qu’elle sache en tout cas.
Alors que la légiste sous-entende qu’elle lui devait bien plus qu’un téléphone et un petit-déj l’agaçait. Peut-être était-ce juste l’égoïsme, l’arrogance modeste de celui qui vient de vous sauver la vie mais elle ne s’estimait pas débiteuse d’Alexeï. Elle aurait agi ainsi pour n’importe qui et la question s’était simplement encore moins posée que pour une parfaite inconnue. Elles étaient amies et elle ne laissait pas ses amis mourir dans l’indifférence pour une bête question de protection personnelle. Elle ne réfléchissait pas à ces choses-là. Elle agissait, point barre.

A la question fatidique de son état, la légiste esquissa un léger sourire. Elle n’était pas idiote, elle savait que cette question viendrait un jour avec son cortège de reproches. La flic n’était pas du genre à pardonner sans sourciller ce genre de comportement. Elle avait besoin qu’Alexeï comprenne ça, au-delà de l’amour qu’elle lui portait sans peine ni effort quelconque. Cet amour n’était pas aveugle et elle n’aimait guère se faire traiter de la sorte. Les drames pouvaient arriver, elle n’était pas de taille à tous les empêcher de se produire mais ce n’était pas une raison pour l’évincer comme n’importe quelle connaissance qu’on jugerait trop gênante. Si elle croyait pouvoir s’en sortir seule, elle se trompait. Erika n’allait pas la laisser tomber.

J’me sens comme quelqu’un qui a tout perdu. »

Restant silencieuse, elle regarda Alexeï fermer les yeux, en lutte avec ses pensées.

Et accessoirement nauséeuse. »

Un pâle sourire étira les lèvres de la flic. Le regard de la légiste se tourna alors lentement dans le sien. Elles ne dirent rien, laissant le silence communiquer pour elles. Erika se rendit compte que malgré sa rancœur envers l’attitude d’Alexeï, il lui suffirait qu’elle demande pardon pour effacer cette impression désagréable d’avoir été écartée. Elle n’avait pas tout ce que la légiste avait pu construire. Sa mère était partie il y a bien longtemps et elle ne voulait plus entendre parler d’elle. Son père ne se rappelait plus d’elle. Elle n’avait jamais eu ni frère ni sœur, à peine quelques amis sincères à qui confier ses secrets. Elle avait l’impression d’avoir passé une majorité de sa vie seule, entourée de personnes mais sans que celles-ci ne soient jamais réellement qu’à l’orée de ses pensées. Comme maintenus à une juste distance. Dexter avait creusé son trou, petit à petit, sans prendre compte de son avis, sans se douter de l’effet qu’il causerait en prenant sa retraite et en la laissant seule dans leur ancien partenariat. Puis Alexeï. Xiomara. Nina aussi. Sunny. Elles n’étaient peut-être pas toutes liées mais elles faisaient parties d’un tout. L’espèce de famille que la flic n’était pas encore capable de construire elle-même. Si cette famille venait à mourir, si l’avocat venait à disparaître … oui. Elle aurait la sensation d’avoir tout perdu elle aussi. Peut-être couperait-elle les ponts avec tout ce qui se rattachait à cette ancienne vie. Peut-être. Alors lui en vouloir était sans doute plus pour la forme. La véritable rancœur, elle l’aurait sans doute eu si la légiste avait choisi de baisser les bras et de rejoindre son mari et sa fille. Ce n’était pas le cas, fort heureusement.

Et toi comment tu te sens ? »

Tirée de ses pensées et du brouillard qui les environnait toujours, Erika haussa les épaules lentement en soupirant d’un petit air résigné, regardant droit devant elle les sourcils légèrement froncés. Mimique habituelle.

Une dette de sommeil de la taille du Texas, des meurtriers qui courent toujours, un nouveau partenaire fraîchement débarqué de l’armée et qui en ramène tous les clichés dans sa poche, le passé qui refait surface quand t’en as le moins besoin et une fuite de gaz dans la morgue. (Tournant finalement sa tête vers la légiste, elle lui sourit.) A part ça, ça va. »

Ah et elle avait rencontré quelqu’un. Mais pour qu’elle en parle spontanément, il faudrait sans doute l’écarteler.

Elle laissa retomber sa tête en arrière et ferma un instant les yeux pour interrompre le flot d’informations visuelles qui assaillaient son esprit toujours embrumé. L’air frais chassait lentement cette sensation d’engourdissement mais pas assez vite au goût de la flic. Elle se sentait cotonneuse.

Ah, ce que je donnerais pour un petit verre en terrasse… » laissa échapper Alexeï d’une voix rêveuse.

Tirant un sourire aux lèvres d’Erika, les yeux toujours clos.

Sans alcool pour toi, t’es assez shootée comme ça avec le gaz. Après tu vas finir à poil sur la table. »

Un faible rire s’échappa à côté d’elle. Elle l’écouta puis songea aux secours qu’elle avait appelés tout à l’heure. Depuis combien de temps était-ce maintenant ? Le temps semblait s’étirer à l’infini quand on avait la tête dans le coton comme ça mais peut-être cela ne faisait-il que quelques minutes qu’elles s’étaient assises.
Une main se posa sur son avant-bras. Elle rouvrit les yeux pour tourner la tête vers la légiste. Leur regard s’accrochèrent, immobiles.

T’endors pas Erika, hein… sinon on est foutues. »
T’inquiètes. J’ai pas encore décidé de me débarrasser de toi maintenant que jt’ai récupérée. (Elle marqua une pause et ajouta.) Et puis je veux mon p’tit déj. »

Au loin, on entendit des sirènes se mettre à hurler. Elle tourna lentement la tête dans leur direction, guettant les gyrophares qui n’allaient pas tarder à apparaître au coin de la rue.

Je crois que la cavalerie arrive. Viens, lève-toi. »

Elle aida la légiste à se remettre debout du mieux qu’elle put, la soutenant par la taille et la laissant s’appuyer sur elle. Elles traversèrent avec lenteur une petite partie du parking avant qu’une ambulance ne se gare en trombe près d’elles. Un médecin et deux infirmiers en jaillirent par derrière pour les soutenir. Erika leur tendit la légiste et insista pour qu’ils s’occupent d’elle avant. On lui colla par sûreté un masque à oxygène en attendant d’être vue par le médecin et un des infirmiers la fit asseoir au bord du camion. Appuyée contre la paroi, le masque sur le nez, elle croisa les bras, posa sa tête et ferma les yeux. Elle songea au dossier, encore dans l’ascenseur probablement.

La barbe.



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MessageSujet: Re: I live in a hologram with you — Erika   Lun 29 Juin - 21:56

« T’endors pas Erika, hein… sinon on est foutues.
— T’inquiètes. J’ai pas encore décidé de me débarrasser de toi maintenant que jt’ai récupérée. »

Comment avait-elle pu la laisser tomber, déjà ? Comment avait-elle pu l’écarter de son chemin aussi rapidement ? Pas facilement, mais avec une vitesse qui lui avait permis de ne pas sentir ses liens se rompre. Alexeï se doutait qu’Erika lui en voudrait, l’inverse aurait également été le cas. Alexeï serait venue frapper à sa porte autant qu’il l’aurait fallu, pour ne pas la laisser tomber.

« Et puis je veux mon p’tit déj. »

Contre toute attente, un léger rire s’échappe de ses lèvres. Les paroles d’Erika ont pour don de diffuser à l’intérieur d’elle un léger filet de chaleur, qu’elle ressent rarement ces derniers mois. La légiste ne veut pas nommer cette petite parcelle de douceur.
Ses membres cotonneux semblent vouloir s’embourber dans le nuage de l’inconscience. Sa tête voudrait suivre le même chemin, tout son corps voudrait se lover dans les affres du sommeil. Ses yeux sont lourds, elle a besoin de s’y laisser aller. Son esprit se divise en deux opinions très claires : laissez-moi dormir, j’en ai besoin, de toutes façons ça n’est pas très grave… Et de l’autre côté, le petit médecin légiste qui agite ses bras dans tous les sens, en alerte, qui hurle que s’endormir serait le premier pas pour passer l’arme à gauche.

« Je crois que la cavalerie arrive. Viens, lève-toi. »

Toutes ces considérations ont eu pour effet de commencer à l’endormir, si bien que la voix d’Erika lui tire un sursaut. Elle a faillir dormir. C’est ce qu’elle pense à ce moment et, Erika, une deuxième fois lui a surement sauvé la mise. La légiste est consciente qu’elle ne se serait surement jamais relevée. La flicette l’aide à se remettre debout et Alexeï y met toute sa volonté. On ne peut pas dire que ça change grand-chose et pourtant, ça n’est pas faute d’essayer. Ses jambes ne tiennent pas en place, et son corps alourdit n’aide pas vraiment l’agent de police à avancer.

Mais elles finissent par y arriver et traversent une parcelle du parking. Les sons lui paraissent étouffés, mais Alexeï ne manque pas de remarquer les pneus de véhicule qui s’arrête sans ménagement, pas très loin d’elles. Avant même qu’elle n’ait le temps de dire quoi que ce soit, la russe se sent projetée dans d’autres bras. Sa tête est lourde, pleine d’images et de pensées qui se bousculent, elles ne sauraient pas même les décrire ou leur donner un sens. La seule qui arrive encore à se frayer un chemin jusque ses lèvres parvient aux oreilles des infirmiers qui la portent plus qu’ils ne l’aident, eux aussi.

« Erika, elle a respiré du gaz elle aussi…
- Ne vous inquiétez pas madame, on s’en charge… gardez les yeux ouverts. »

C’est ce qu’Alexeï s’efforce de faire, inspirant l’air qui l’entoure avec le plus de ferveur qui lui est possible d’avoir à ce moment. On l’allonge, sur une civière à l’intérieur du véhicule et on s’occupe d’elle. Elle les laisse faire, ne s’occupe pas de leurs agissements, elle garde simplement son regard sur la silhouette assise, dos à elle, d’Erika. Elle va pour ouvrir la bouche et dire un truc mais on lui colle un masque sur le visage, ça l’agace, même si elle sait bien que c’est nécessaire. Le va-et-vient du médecin et des infirmiers lui file la nausée et elle leur fait comprendre que s’ils continuent elle va redécorer leur camion, lorsqu’ils s’enquièrent de ses différents symptômes.

Bientôt les deux femmes sont embarquées, la flicette est aidée pour monter dans le camion et on l’assoit, entourée des deux infirmiers. Alexeï comprend qu’on les emmène au centre hospitalier le plus proche et pose son regard reconnaissant dans celui d’Erika. Elle attrape son masque sous la désapprobation d’un des infirmiers, mais tant pis, elle s’en fiche. Elle aura bien le temps de respirer tout l’air du monde étant donné que son amie l’a tirée d’un pétrin. Maintenant que son cerveau est mieux oxygéné, la russe y voit un peu plus clair et même si les couleurs continuent un peu de tourner, elle se sent plus stable.

Erika n’a pas réfléchi une seule seconde pour venir la chercher là où elle était, paumée dans sa morgue, un dimanche après-midi. Un léger sourire s’étire sur son visage exsangue.

« J’te demande pardon. »

Alexeï l’avait évincée de son chemin ? Très bien, la flicette n’en a pas une seule seconde tenu compte et s’est dévouée corps et âme pour la récupérer. Elle aurait très bien pu y rester, c’était cinquante-cinquante, une toute petite étincelle et tout était fichu.

« Pancakes ou bacon ? »

Son sourire s’étire un peu plus, comme il peut, comme un miroir brisé recollé à la va-vite. C’est tout ce dont elle est capable pour l’instant, mais ce petit peu, elle le doit à son amie.
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MessageSujet: Re: I live in a hologram with you — Erika   Mar 7 Juil - 22:15

Tandis qu’on allongeait Alexeï sur une civière pour la grimper dans le camion, lui poser les premières questions et prodiguer les soins les plus urgents, Erika se tenait assise au bord du camion, son masque sur le nez relié au conduit d’oxygène du camion. Les tourbillons de son esprit semblaient s’atténuer à mesure que son sang se rechargeait en oxygène pur et propre. Ses pensées s’éclaircissaient, elle évaluait progressivement le danger de rester dans le périmètre du commissariat tandis que la morgue n’avait pas encore été sécurisée. Ses yeux se levèrent sur les deux bâtiments qui entouraient celui où elle venait bosser chaque jour. La moindre étincelle et les dégâts seraient irréparables. Tout ça à cause de quoi ? Etait-ce un oubli de la part des employés de la maintenance ? Une fuite volontaire ? Un attentat le dimanche quand personne ou presque ne vient travailler, cela relevait de la stupidité. Ce devait être un oubli. Une erreur humaine. Une enquête serait ouverte, sans doute rapidement bouclée si elle en croyait son intuition mais avec les bâtiments officiels, on n’était jamais trop prudents. Erika soupira à travers son masque. Elles avaient bien failli y rester. Si on lui avait dit que son dimanche prendrait cette tournure … elle serait sans doute restée couchée !

L’état de la légiste stabilisé, on fit monter la flic dans le camion et asseoir près de la tête de son amie. Un infirmier se plaça de chaque côté si bien qu’Erika eut l’impression désagréable de partir en garde à vue. Elle jeta un regard teinté de réserve vers l’un puis l’autre de ses voisins avant de tourner son visage vers celui d’Alexeï. Celle-ci retira son masque sans permission, s’attirant un regard et un mouvement désapprobateur de l’infirmier à la gauche d’Erika. Il la laissa malgré tout faire, bien conscient qu’il avait à faire au pire patient qu’on puisse imaginer : un médecin.
Le regard d’Alexeï se posa dans le sien.

J’te demande pardon. »

Erika laissa un sourire naître au coin de ses lèvres. Elle haussa un sourcil.

Pour ? Le barbecue qu’on a failli être ? (Elle fit un geste désinvolte.) Hoff.. tu sais.. ça nous fera un truc à raconter demain en allant bosser. »

Récupérant un brin de sérieux, elle saisit délicatement la main la plus proche d’elle et serra ses doigts entre les siens, signe qu’elle avait compris. Pas besoin de s’étendre alors qu’elles avaient un auditoire, certes professionnel et silencieux mais malgré tout attentif. Erika n’avait pas besoin d’en entendre plus. Elle savait que l’attitude d’Alexeï envers elle allait changer. Le message était passé. Elles échangèrent un sourire et la légiste demanda :

Pancakes ou bacon ? »

Nouveau haussement de sourcils.

Tu poses sérieusement la question Alvarez ? (Elle haussa les épaules d’un air évident.) Les deux bien sûr ! »

Elle ne prenait jamais de petit-déjeuner, pas le temps, alors quand elle avait l’occasion de se poser pour en prendre un vrai, elle comptait bien en profiter ! Bien que ça ne soit pas ses considérations ni celles de son amie, toute calorie supplémentaire à leur métabolisme serait éliminée dans les prochaines heures de sport qu’elle ferait à courir après un suspect ou massacrer un sac de frappe avec la tête d’Henderson dessus. Autant en profiter pour manger un petit déjeuner digne de ce nom puisque c’était la maison Alvarez qui offrait ! Pas d’accord ?

Tiens, remets ça, je sens que mes voisins vont passer de livide à translucide sinon. » fit-elle en lui replaçant le masque à oxygène sur le visage avant de se rasseoir et regarder l’un après l’autre ses voisins d’un air tranquille. Je gère, détendez-vous …

Le trajet jusqu’à l’hôpital se poursuivit en silence. Erika souriait de temps à autre à son amie et regardait les buildings défiler à travers la petite fenêtre latérale de l’ambulance. Arrivées aux urgences, elles passèrent rapidement dans une salle d’examen où deux lits qui paraissaient pour le moins aussi mou que le sol les attendaient. On transféra bon an mal an la légiste sur le sien tandis qu’Erika, qu’on avait collée de force dans un fauteuil roulant le temps de traverser les couloirs, regardait le sien avec un air dépité. Elles n’allaient pas passer la journée là quand même ?

Installez-vous, le médecin va venir vous voir. » fit une infirmière en leur tendant des blouses propres de patient.
Il nous a déjà v…  ok je parle dans le vent. » répondit Erika, s’interrompant brusquement quand l’infirmière fit volte-face sans l’écouter.

La porte se referma sur elle et le regard de la flic passa alternativement des blouses sur le lit, à Alexeï, avant de revenir sur les blouses. Elles n’allaient pas porter ça. No way. Qu’on essaie ne serait-ce que de lui enfiler ce bout de tissu informe, ouvert derrière, remontant trop haut devant qui était assurément un énième attentat à la dignité humaine et elle risquait de vraiment devenir mauvaise patiente. Les désignant d’un pouce tendu, le poing refermé sur ses autres doigts, elle interpella la légiste :

Moi je mets pas ça hein. Tu leur dis que je suis allergique, que mon médecin me l’interdit. »

L’effet hôpital, vous connaissez ? Erika, nerveuse entre ses quatre murs, commençait déjà à tourner en rond. Elle détestait les hôpitaux, elle détestait attendre les médecins et leurs mauvaises nouvelles et par-dessus tout, elle détestait tout ce à quoi cela la renvoyait. Son passé, son père, leurs longues journées chargées de douleurs, d’incompréhension. Elle n’aimait pas être ici, elle voulait sortir le plus rapidement possible. La plus inquiétante des deux c’était Alexeï non ? Elle, elle avait juste respiré ‘un peu’, pas besoin d’en faire tout un plat.



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MessageSujet: Re: I live in a hologram with you — Erika   Sam 11 Juil - 22:06

La main d’Erika qui s’enroula dans celle d’Alexeï lui procura une chaleur certaine, qu’elle ne connaissait plus, qu’elle avait elle-même virée de son chemin. Un sourire se pointa doucement sur ses lèvres. Il n’y avait rien d’autre à ajouter, c’était comme ça, elles n’allaient pas en discuter des années durant. Erika n’était pas dénuée d’intelligence, et si Alexeï aurait voulu rester seule à se morfondre encore quelque temps, elle ne peut désormais pas dire que la présence de la flicette ne lui avait pas manqué. Son seul espoir était de ne pas croiser l’ancienne Alvarez dans les yeux de sa collègue, mais pour l’instant, aucune trace de l’épouse et mère comblée. C’était simplement ce respect là qu’elle n’avait pas pensé possible de trouver dans le regard des autres. Ce jugement permanent.

« Pancakes ou bacon ?
— Tu poses sérieusement la question Alvarez ? Les deux bien sûr ! »

Un léger rire bouscula les épaules de la russe, ce qui lui provoqua d’ailleurs une distorsion dans la perception de son monde, alors elle se calma immédiatement. Rester tranquille. Déjà, les infirmiers eux se tenaient tranquilles et ne l’embêtaient pas, mais, hé ! Après tout, ils n’allaient pas lui apprendre son métier, à elle, c’est tout ce qui lui restait et on ne pouvait pas dire qu’elle n’excellait pas dans ce domaine. Néanmoins Erika prit les devants avant que les agents médicaux ne fassent une syncope à sa place.

« Tiens, remets ça, je sens que mes voisins vont passer de livide à translucide sinon. »

Elle se laisse faire tranquillement, posant son regard de temps en temps dans celui de sa partenaire en attendant que le temps passe, entravée par le masque respiratoire. Alexeï sait que c’est une mesure nécessaire et pourtant elle voudrait faire comme tous ceux qui se retrouvent à sa place, l’enlever et s’en aller. Ce qu’elle ne peut, bien sur, pas faire.
Leur arrivée se fait en douceur, à peine dans le hall de l’hôpital qu’on les transfère dans une chambre, Erika sur un fauteuil roulant, Alexeï sur un lit, en bref, comme deux jolies bras cassés qui se retrouvent. La tension sur le visage de la flicette est presque immédiatement visible et la brune esquisse un léger sourire en coin, tranquillement appuyée sur son lit. Les blouses tendues par l’infirmière – soit dit en passant pas réellement aimable – ne sont clairement pas des pièces de la dernière saison de mode.

« Installez-vous, le médecin va venir vous voir.
— Il nous a déjà v… ok je parle dans le vent. »

L’infirmière se détourne sans ménagement et referme la porte sur la considération de la flicette, comme pour gentiment lui dire de la fermer. Son regard passa des blouses à la russe, et de la russe aux blouses, ce qui a le don de faire naitre un petit sourire amusé sur le visage d’Alexeï. Alors, stressée Erika, quand on est pas dans son cadre de travail habituel ?
De son côté, la russe n’essaie même pas de feindre l’indifférence, malgré son statut professionnel, elle préfère largement l’environnement aseptisé de la morgue que les chambres d’hôpital qui ont le don de lui rappeler son dernier séjour ici. Elle n’a pas envie d’y repenser, ni de laisser chavirer son esprit vers les ténèbres de l’accident, et fort heureusement c’est à ce moment là qu’Erika hausse le ton et l’interrompt dans le cours fluctuant de sa réflexion.

« Moi je mets pas ça hein. Tu leur dis que je suis allergique, que mon médecin me l’interdit.
- Je suis médecin, et je t’interdis de porter cette blouse. Risque d’allergie, j’peux pas me permettre de te mettre en danger. »

Un sourire plisse à nouveau le côté de ses lèvres et la russe tourne complètement sa tête vers la flic.

« Sois tranquille, je pense que ça va aller vite pour toi. Faut juste qu’ils vérifient ton état. »

Elle paraît nerveuse, et Alexeï s’en amuserait presque si rester couchée dans cette chambre ne lui filait pas la nausée. Et puis, elle se sentait mieux maintenant ! Elle n’allait pas rester là des milliers d’années ! Sa respiration n’est plus encombrée et le temps d’attente qu’ils vont leur incomber va finir de régler son problème.

« Sinon, on peut s’en aller, j’te pousse, genre Thelma et Louise à l’hosto, suffit de passer les trois portes, les vigiles, le standard, bref, facile… »

C’est à ce moment que le médecin se décide à entrer et à venir les voir. Les questions qu’on leur a déjà posées, usuelles, sont reposées. Alexeï finit par couper le médecin en lui expliquant qu’on les a déjà auscultées et puis, ajoute…

« Occupez-vous d’elle, docteur, donnez-lui ce qu’il faut et faites-là sortir. »

Un regard à la flic, un autre au médecin.
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MessageSujet: Re: I live in a hologram with you — Erika   Mar 28 Juil - 22:41

▬  Je suis médecin, et je t’interdis de porter cette blouse. Risque d’allergie, j’peux pas me permettre de te mettre en danger. »

Un petit sourire éclaira le visage de la flic. Elle lança un regard à son amie. Sous couvert de l’humour, elle en menait moins large qu’il n’y paraissait. Ces lieux, cette odeur caractéristique des hôpitaux, ce côté trop-propre, trop blanc faisait resurgir de vieilles angoisses et les souvenirs qu’elles charriaient par habitude. Elle avait passé des semaines dans l’une de ces chambres, attendant que son père sorte de son coma, se souvienne d’elle, de leur vie, de leur famille. Elle avait écouté les médecins, elle avait patienté pour eux, elle avait rongé son frein lorsque les résultats tardaient à sortir. Elle avait appris un peu de ce jargon médical à force de le côtoyer, de se l’entendre expliquer. Elle avait appris à poser les bonnes questions, celles qui obtenaient des réponses et évitaient le regard gêné du médecin. Elle avait appris à ne jamais s’attendre au meilleur lorsqu’une blouse blanche pénétrait dans la chambre. Elle en avait développé une sorte de malaise réactif à leur entrée puis une défense. Pour ne pas flancher. Elle avait appris tout cela et plus encore. Mais surtout elle avait compris que se retrouver à l’hôpital ne signait jamais rien de bon, ni pour vous, ni pour vos proches. C’était comme attirer l’attention du karma sur vous. Soudain repéré et trop chanceux depuis bien trop de temps, le ciel tout entier semblait soudain vous tomber dessus. Complications. Effets secondaires des médicaments. Rechutes. Réactions inattendues. Mauvais dosage malencontreux. Elle savait que les médecins n’étaient pas moins humains qu’elle, qu’ils tentaient leur possible pour faire leur travail, respecter leur serment. Mais elle ne pouvait que les associer à la sphère infernale qui avait entraîné son père jusque dans l’oubli de sa propre fille. Elle ne pouvait faire autrement. L’hôpital était le lieu où elle avait cessé d’exister aux yeux de son père. Elle était devenue une paria, une imitatrice de piètre niveau, une insulte faite à l’image de son enfant unique. Son Erika.

Devinant sa nervosité, la légiste ajouta avec un doux sourire qui attira l’attention de la flic et la détourna de ses fantômes du passé :

▬ Sois tranquille, je pense que ça va aller vite pour toi. Faut juste qu’ils vérifient ton état. »

La jeune femme hocha la tête et détourna son regard de la porte derrière laquelle on les avait laissées. Regardant par la fenêtre, elle ne vit qu’une partie du parking mais cette moitié-là était presque vide. Un dimanche aux urgences, quoi rêver de mieux n’est-ce pas ? Elle s’écarta de la fenêtre et se mit à déambuler dans la chambre. Plutôt crever que de s’asseoir et avoir l’air malade. Le brouillard dans son esprit avait pratiquement disparu en plus. Alexei poursuivit sur sa lancée, elle récupérait plus que tout à l’heure.

Sinon, on peut s’en aller, j’te pousse, genre Thelma et Louise à l’hosto, suffit de passer les trois portes, les vigiles, le standard, bref, facile… »

Un haussement bref et amusé de sourcils, Erika s’apprêta à répliquer quand un médecin en blouse ultra-blanche fit son entrée, lui coupant net l’envie de parler. Elle s’écarta, bras croisés, sourcils froncés tandis que l’interrogatoire interminable de tout à l’heure se déroulait à nouveau. Heureusement, la légiste posa un hola de la même voix de médecin que l’autre, expliquant que toutes ces questions étaient déjà consignées dans l’observation médicale, qu’il suffisait de lire. Elle ajouta en désignant Erika :

Occupez-vous d’elle, docteur, donnez-lui ce qu’il faut et faites-là sortir. »

Celle-ci la regarda puis toisa le médecin qui l’observa quelques secondes sans dire un mot avant de lâcher un bref soupir. Qui c’est qu’a les cojones dans la salle ? C’est Alexei… chantonna la flic en son for intérieur. Remerciant son amie d’un regard, elle daigna se laisser asseoir sur le lit qui n’était pas occupé par la légiste et réprima du mieux qu’elle put son impatience et sa mauvaise grâce lorsque le médecin l’examina de pied en cap, ausculta cœur et poumons et lui braqua une lumière aveuglante dans chaque prunelle avant de se reculer.

C’est bon, vous n’avez pas de séquelles immédiates et il est peu probable que d’autres symptômes apparaissent d’ici là. Vous pouvez rentrer chez vous vous reposer. »

Se remettant debout, Erika marmonna un vague merci à l’attention du médecin et se tourna vers Alexei. Elle répugnait à la laisser là bien qu’elle soit entourée de blouses blanches comme celle qu’elle portait pour travailler. C’était juste l’idée de la laisser encore dans le gaz après leur petite épopée dans la morgue. Le regard de la légiste l’incita néanmoins à ne pas hésiter, tout autant que son instinct qui lui conjurait de ne pas rester une minute de plus dans l’hôpital. Elle pouvait en avoir pour plusieurs heures, peut-être aurait-elle des examens, une prise de sang ? La flic sentit un frisson lui remonter dans la colonne. Elle regarda à nouveau son amie et grimaça.

Tu me tiens au courant ? »

La présence du médecin la gênant dans son échange avec la légiste, elle écourta au maximum, se rapprochant tout de même pour déposer un baiser sur le front de son amie et lui faire promettre de l’appeler une fois sortie. Elle tenterait de toute manière dans une heure ou deux si elle n’avait pas de nouvelles. Alexei était une habituée du harcèlement téléphonique maintenant.

Parvenue non sans mal à l’extérieur de l’hôpital, elle en toisa une dernière fois la façade avant de monter dans le bus le plus proche pouvant la ramener au commissariat où elle avait malheureusement laissé le dossier qui avait motivé tout ce déplacement. A croire que même quand ça n’était pas directement lié à lui, Henderson trouvait encore moyen de la faire chier.

Un emmerdeur de 1ère classe je vous dis.

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I live in a hologram with you — Erika

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