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 Will somebody please please double cup me - Miss Peterson

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MessageSujet: Will somebody please please double cup me - Miss Peterson   Dim 3 Mai - 17:58

Que la nuit fut longue. En témoigne les dizaines de mégots de cigarettes écrasées dans le cendrier et l'insupportable odeur de tabac froid régnantmaître en ce lieu. Une bouteille de whisky trainait là, vide, sur le parquet, sans verre pour l'accompagner. Les quelques faisceaux du soleil qui arrivaient à se faufiler entre les stores fermés l'annonçaient déjà haut. Il ouvrit un oeil. Le referma tout aussi rapidement.

Quelle heure était-il ? Son oesophage le brûlait, sa tête résonnait à chacune de ses respirations. Non, encore un peu, il pouvait encore rester vautré sur son matelas en plume de jenesaisquoi payé plusieurs centaines de dollars. Quelle misère, quel pitoyable misère. La misère n'était pas la pauvreté en soi, c'était l'inactivité. Voila déjà plusieurs semaines que Félix glandouillait sans but ni repères, tel un zombie. L'ennui le terrassait, aspirait, dévorait toute son énergie, toute sa joie, tout ses projets, le laissant vide et assoiffé. La soif, voila bien son leitmotiv apparent des derniers jours qui le trainait ici et là dans les bars et les lieux de consommation New-Yorkais sans ne porter aucune considération à son estomac ou ses reins, qui le lançaient même parfois.

D'un coup, il se dressa, décidé de rompre avec l'oisiveté qui tentait de le happer pour encore quelques heures et fit l'incommensurable effort de se tenir sur ses deux jambes, l'esprit encore obscurcit. Les yeux à demi clos, c'est vers la salle de bain qu'il se dirigea afin de se réveiller une bonne fois pour toutes. Le jet d'eau laissa échapper quelques vapeurs et il s'y abandonna avec grand plaisir.

Habillé, coiffé, chaussé, il se dirigea vers la cuisine où il daigna enfin poser le regard sur une horloge. Elle indiquait 11 heures. Dans un soupir nonchalant il ouvrit les placards à la recherche d'un quelconque met à insérer dans sa bouche, de sucré, si possible. Inspection faite, rien ne le tenta. Il reposa ses yeux sur l'horloge. 11 heures. Un autre soupir. Que le temps passait lentement. Il referma tous les placards un à un et se dirigea vers le meuble à l'entrée, il y avait du courrier apporté la veille mais, imprégné de son énigmatique flegme, ne daigna pas ouvrir. Il le fit pour une seulement, à l 'aide d'une clef et en extirpa une fine feuille sur laquelle une jolie écriture semblait psalmodier ces quelques mots :

" Mon cher ami. Votre départ m'a laissé bien malheureux moi et ma compagne. Nous avons entendu les rumeurs au sujet de l'Usine. Sa faillite nous à chambouler, quel horrible sort. Le 23. 'Septambre' restera à toujours dans nos mémoires. Dans l'espoir d'être gratifier de votre présence, à nouveau, votre ami de toujours; M. "


Un sourire presque machiavélique illumina son visage. M. pour Maître. En réalité, ce n'était que son avocat français, ami de longue date et complice assumé. L'Usine faisait référence à la planque qui lui servait à cacher bon nombre d'objets de valeurs depuis plusieurs mois, ou la police, par on ne sait quel stratagème, ont fait une descente et rafler bon nombre de ses biens -salementacquis-. Ainsi, il dû tirer une croix sur de conséquent revenus. Bien entendu, Félix n'est pas homme à mettre tous ses oeufs dans le même panier. 23 semblait quant à lui indiquer la date prochaine, le 23 Mai donc ou la date ultérieure, 23 Avril.. Septambre donnerait donc ... 7 95 16 20 01 13 02 18 05. Un numéro de suivi, semblerait-il celui d'un cargo maritime ou d'avion. Il le découvrira bien assez tôt après tout. Le gris, comme aimait à l'appeler Félix, avait donc réussit à conserver une infime partie des biens qu'il lui avait confié. Chapeau bas, maître. Il s'en alla dans sa chambre, tira un tiroir de la sobre commode noire et prit, au milieu de ses pantalons soigneusement pliés, un portefeuille noir. Amon Bermond, 34 ans, né à Rennes. Quelques billets pliés en son creux et une carte de crédit American Express estampé du même nom s'y trouvait. Rien de plus. Mieux valait avoir de quoi justifier son identité si une longue nuit en dehors de ses murs à peine ornés était en perspective. Pour le clin d'oeil, Amon, en phénicien, voulait dire "prince". Autant avoir de bons goûts, si on pouvait se permettre de choisir son nom. Il attrapa par la même occasion le petit revolver qui était posé sur le dessus de la commode avant de quitter la pièce.

Electrifié par cette bonne nouvelle, il fouilla dans son veston afin d'y tirer sa montre qu'il attacha à son poignet et c'est à ce moment-là que son regard aperçut le cadran... 15 heures. 3 heures de l'après midi. Foutu horloge en panne ! Il ouvrit la porte, la referma en ayant prit grand soin d'insérer son petit papier témoin, tourna le verrou à l'aide de la clef, dévala les marches et salua la concierge qui comme toujours buvait du thé glacé dans la cour, sous le soleil. Du troisième âge, elle avait ce regard noir emplit de méfiance et se sourire jaune qui arborait son visage ridé décoré d'un brin de malice. Très vite, près de l'immeuble fraichement sortit de terre que Félix habitait, il trouva et arrêta un taxi avant de s'installer sur la banquete arrière.

- " Manhattan je vous pris, monsieur "

Pour Félix, un chauffeur est un monsieur, un maire un monsieur. Il n'a jamais rabaissé ou grandit un être par son simple statut social. Il répugne le manque de courtoisie, surtout à l'encontre d'honnête gens. La route se fit plutôt rapidement, sans trop de grabuges. Le chauffeur, faisant discussion avec notre homme, lui fit un topo des dernières actualités de la ville. Le couvre-feu a été levé pour le plaisir de tous et au grand dam des autorités, c'est ainsi que la majorité de la ville était occupée à se tuer au travail pour finir en beauté leurs soirées afin de rattraper ses nombreuses nuitées perdues. Arrivé à destination, Félix laissa un généreux pourboire au trentenaire qui le conduisit si aimablement et après avoir échangé les dernières politesse de rigueur se séparèrent. Sa montre affichait presque 16 heures, il fallait ce depecher. Il s'arrêta à une poste et demanda une feuille puis un  stylo. Il y gribouilla quelques mots, l'affranchit et la laissa au guichetier. Voici donc, l'accusé de réception partirait aujourd'hui l'avait il rassuré.

A la sortie du batiment, il se planta à son pas. Voila, il n'avait plus rien d'autre à faire. Cette sensation désagréable qui le crispa au lit un peu plus tôt revint le martyriser. Hors de question de rentrer, ces murs et cet ennui finiraient par le tuer si ce n'est pas lui d'abord qui  ferait le grand saut. Non non, il ne rentrera pas, plutôt hanter ces rues hexagonales. Il se mit donc à marcher, sans but précis, le long des trottoirs au milieu des gens tout en les scrutant d'un air intéressé, les mains dans les poches. Son chemin le mena ici et la, au milieu des travailleurs pressés, de commerçants, s'arretant parfois pour reluquer jolies dames en bon vivant qu'il est ou alléchantes vitrines.
Après un long moment de marche perdue il s'arrêta. Tout en gonflant les joues, il laissa échapper un soupir. Un homme le bouscula involontairement le forçant ainsi à se retourner et ses yeux se posèrent sur une enseigne. Le soleil s'était déjà mit à embrasser l'horizon. 20 heures. Il regarda plus attentivement l'enseigne, une boite de nuit. L'allure de l'entrée laissait à croire que l'endroit semblait sympathique, joviale et bien fréquenté. Qui dit bien fréquenté dit clientèles fortunées... Pourquoi se refuser l'amusement ? Quoi donc ? Le danger ? Mais qui vit sans danger ne vit pas, que cela vous soit donc utile. Les hommes sont destinés à mourir, la gloire est sur ce chemin tortueux que seul la lâcheté peut entacher. Ne songez pas à la manière, elle arrivera un point c'est tout, fussent que vous soyez dans de vertigineuses tours ou des forts imprenables.

Propre sur lui, prenant son air le plus charmeur, il se dirigea vers l'entrée persuadé qu'elle ne lui sera pas refusée. Ce ne fut qu'une formalité. Pénétrant dans les étroits couloirs tamisés, il finit par arriver au coeur de l'édifice. Le style était dynamique, agréable, épuré, tout ce qu'il aimait. La musique semblait bonne en général. Enfin, de quoi s'occuper quelques heures. Il s'approcha du bar tenu par une jeune femme qui était déjà d'attaque à servir les quelques clients prêt à en découdre avec Dionysos, Félix ne serait que le suivant.

- " Bonsoir, elle sourit pour la politesse et la lui rendit. Un double whisky, frais, s'il vous plait. "

Elle tourna le dos afin de s'exécuter. Une fenêtre s'ouvrait sur le client à la droite de Félix qui tentait de se mettre en valeur devant une belle jeune femme accoudée au bar, lassée de ses tourments masculins qui l'accablent, à priori, sans répits. De la plus naturelle des manières il s'immisça entre eux, coupant net le monologue du mâle :

- " Mon ami ! Ne vois tu donc pas que tu importunes, viens donc faire conversation avec moi, j'ai grande envie d'entendre les surprenantes aventures que tu nous racontes là "

Profitant de la surprise, son index et son majeur plongèrent dans la poche de sa veste. Vide. La guerre n'etait pourtant pas terminé. L'empechant de :e reprendre, profitant toujours de la surprise causée par l'interaction un tantinet brutal de Félix, il tapota son avant bras posé sur le bar. Son autre main passa dans le dos de l'inconnu, se plaçant au niveau de la poche arrière. Il tira avec l'autre le verre que tenait l'homme :

- " C'est ma premiere fois ici, qu'est-ce que tu bois ?, tout en faisant  mine de regarder le liquide d'ambre au fond du verre. Je veux la même chose ! "

L'opportun camarade se pencha légèrement, ébahi par les manières de Félix, lui laissant ainsi l'occasion de glisser ses deux doigts dans la poche arrière légèrement écarté par le mouvement. Vif et expérimenté il sentit le portefeuille, pinça les 3 billets qui se trouvaient à l'intérieur et les extirpa avec dextérité, collant ensuite la main contre sa jambe. L'autre récupéra son verre, laissa échapper quelques grossieretés à l'encontre du comportement de celui qui se trouvait à ses cotés. D'un sourire espiègle, Félix rajouta :

- " Bah, ne t’énerves pas, c'est moi qui paye pour la peine. "


Il arracha un billet de sa main gauche grâce à la droite et le déposa sur le bar.

- " Ainsi que pour vous, mademoiselle "

Un sourire, de fierté face à celui qui ne se rendrait compte du larçin que bien trop tard, un salut de la tête et Félix retourna un peu plus loin, à la place qu'il occupait préalablement. Là, la serveuse l'attendait, lui glissa son verre. La remerciant, il lui glissa le deuxième billet dont il avait soulagé sa victime.

- " Gardez le tout pour mes prochaines commandes, je vous prie. "

Il porta le verre frais à sa bouche et avala deux gorgés. Le liquide ne tarda pas à réchauffer sa gorge en même temps qu'il fasait route vers son estomac. Un arôme légèrement boisé, presque mielleux, très agréable. Il ne manquait qu'une cigarette pour achever son petit paradis nocturne. Félix ne tarda pas à se replonger dans ses pensées, oubliant rapidement tout ce qui l'entourait sauf son verre, se remémorant quelques souvenirs heureux tout en essayant de faire abstraction de ceux qui ne l'étaient moins.

Doux alcool, douce nuit, tragique destin.


Dernière édition par Félix D'Horace le Dim 24 Mai - 1:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Will somebody please please double cup me - Miss Peterson   Ven 15 Mai - 4:11

Le Webster Hall. Julia Moore, l'une de ses clientes, lui avait donné rendez-vous dans cet endroit. Elle ne lui avait pas dit pourquoi. Gabrielle ne voyait pas trop le lien entre les photos et ce lien, surtout qu'elle ne lui avait pas demandé d'amener son appareil. Peut-être pour apporter des précisions supplémentaires, mais cela aurait pu avoir lieu dans un endroit un peu moins glamour. Elle verrait bien les raisons de sa cliente, mais elle aurait choisi un autre endroit si on lui avait demandé. Différents souvenirs y étaient affiliés. Ce n'était pas la première fois qu'elle y allait, elle avait y avait été invitée quelque fois. Sa première fois était plus marquante que les suivantes : Jane. Elles s'étaient rencontrées lors d'une séance photo et avaient ensuite gardé contact. La blonde n'avait pas du tout trouvé que la mannequin avait été comme les rumeurs le disaient. Elles s'étaient rapprochées, surtout après une soirée au Webster justement, où une fois dans son ancien studio dans le Bronx, la jeune femme s'était confiée. Leur lien n'avait fait que se resserrer pour ensuite s'arrêter. Mais ça, elle l'avait fait avec tout le monde. L'homme de sa vie, ce qu'elle pensait de lui à l'époque, ayant joué dans sa tête et lui ayant fait avaler des médicaments dont elle n'avait pas de besoin jusqu'à ce qu'elle en devienne dépendante. Elle s'en était libérée involontairement, délirant à propos de la lune, jusqu'à sortir afin de vouloir l'attraper. Un peu plus et elle se serait transformée en sirène. On l'avait sauvé, elle préférait ne pas penser à qui l'avait sauvé à ce moment, et amené à l'hôpital. Elle avait repris peu à peu contact avec la réalité. Et l'annonce tomba : Jane s'était suicidée. Niveau moral ça ne l'avait pas du tout aidé à ce moment. Elle lui avait laissé son appartement, tout ce qu'il y avait dans ce dernier, et de l'argent aussi. Tout ce dont elle aurait pu se passer. Ça n'avait pas ramené pas la jeune femme.

Elle avait ensuite aménagé dans le logement, afin de se rapprocher d'elle malgré tout. Elle n'avait pas été là durant plusieurs mois, elle s'en sentait encore coupable. Tout ça à cause d'un homme. Ses relations depuis avaient toujours été plutôt chaotiques. Elle avait elle-même fait planter celle ayant le plus d'avenir. Bref, elle ne s'empêchait pas d'aller dans les endroits reliés à des souvenirs qu'ils sont bons ou mauvais. Pour ces derniers, elle n'irait même pas chez elle. Celui du Webster n'en n'était pas un mauvais tout seul. C'était relié à la mort de celle qui avait été sa meilleure amie.

Une fois entrée dans le lieu, Gaby se dirigea vers le bar, là où elles devaient se retrouver. Julia n'était pas en vue. Elle s'installa sur l'un des tabourets du bar en attendant, et elle se commanda un verre de rhum avec de la glace. Elle allait doucement le siroter jusqu'à ce que sa cliente arrive et ensuite elle verrait bien pourquoi elle lui avait donné rendez-vous dans cet endroit. Quelques minutes plus tard, elle se fit aborder. Elle lui dit qu'elle attendait quelqu'un et que donc elle ne souhaitait pas parler avec lui. Il continua de parler tout de même. Elle le regarda, sans trop l'écouter, ne faisant même pas semblant de lui porter attention. S'il voulait perdre du temps, qu'il le fasse. Tant qu'il ne la touchait pas il pouvait perdre de sa salive autant qu'il le souhaitait. Elle mit son coude sur le comptoir, le regardant d'un air ennuyé question qu'il puisse tout de même comprendre ce qu'elle pensait. Il aimait s'écouter parler. Elle pouvait être assez bavarde de temps à autre, mais elle préférait quand on l'écoutait parler. Ou quand elle pensait que cela arrivait. Bref, elle ne voyait pas trop l'intérêt de parler dans le vide comme certain. Elle aurait dû calculer le temps depuis le début. Ou pas. Elle venait de s'intéresser un peu à lui et elle se demandait franchement à comment il en était venue à parler de son intolérance au gluten. Bref, ça devait être bien chiant pour lui, mais elle ne comptait pas compatir et commencer à lui parler. Elle ne pourrait pas vivre sans gluten. Certains le faisaient, mais comme elle pouvait se le permettre, elle n'allait pas commencer à s'en passer.

Elle texta Julia même si on lui parlait, c'était monnaie courante aujourd'hui après tout, voyant en même temps l'heure. Okay, elle était un peu en retard. Cela arrivait. Si au moins l'autre pourrait partir... ce qui arriva, d'une manière assez originale, mais bienvenue. Un deuxième homme fit son apparition, charmant. Elle cligna des yeux, ne cachant pas son sourire, les laissant ensuite faire, ne comptant pas les interrompre. Elle était seule de nouveau, pourquoi s'en faire ? Elle laissa un message à Julia cette fois-ci. Le deuxième homme était seul, le premier ayant dû décider que ça ne devait pas être sa soirée finalement. « Merci pour le verre... et pour l'aide. » dit-elle, après s'être rapprochée. Elle ne savait pas trop comment appeler ceci. Il l'avait aidé à se débarrasser d'un type assez lourd. Enfin, elle ne savait pas trop s'il l'était vraiment, elle n'avait juste pas eu envie de se faire déranger. Elle regarda son téléphone afin de vérifier encore une fois l'heure et si un message n'était pas affiché sur ce dernier. Il était trois minutes de plus que précédemment et il n'y avait toujours aucun message. Elle ne savait pas trop si elle la textait encore, si elle l'appelait une nouvelle fois ou si elle quittait. Dix minutes de retard. Elle allait peut-être encore attendre un autre dix et ensuite partir. Elle n'avait rien contre les retards. Avertir c'était simplement la moindre des choses.

Comment elle était supposée ne pas s'inquiéter si on ne lui donnait pas de nouvelles ? Accidents de voiture, vols, agressions, blessures... rien de bien joyeux, mais elle ne pouvait pas s'empêcher d'y penser. Peu importe la raison, indiquer qu'on allait bien ou pas, juste informer l'autre était la moindre des choses. Peu importe aussi si elle ne la connaissait presque pas. Ce n'était pas le genre de détails dont Gab s'inquiétaient. Il y avait bien l'option elle l'avait oublié, mais elle n'y pensait pas trop. Ce serait assez déprimant si c'était le cas. Ce serait toujours moins pire qu'un accident ou quelque chose d'autre comme ça, non ? Ça ne serait pas si grave que cela non plus si elle l'avait oublié, son égo n'était pas très haut, elle était assez modeste. Elle espérait simplement que ça n'arriverait pas trop souvent. Que ce soit avec Julia ou bien avec n'importe qui d'autres. Elle s'en retourna ensuite à sa place, ne voulant pas déranger plus longtemps le jeune homme. Elle l'avait remercié, elle avait fait ce qu'elle voulait faire. Il ne voulait peut-être pas de compagnie, et même si c'était le cas, elle ne savait pas combien de temps elle pourrait rester avec lui, ne sachant pas si sa cliente allait au final se pointer ou pas.
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MessageSujet: Re: Will somebody please please double cup me - Miss Peterson   Dim 24 Mai - 1:50

Perdu dans les abysses de son esprit insondable, dans ces abimes indescriptibles en apparence si calmes, Félix c’était complétement isolé du monde qui l’entouré. Aveugle et sourd, dans une sorte de léthargie mentale, il s’était projeté dans son précis mémorial, jugeant avoir encore des choses à régler. Une horloge, comme il aimait à se le représenter. Mais avant qu’il ne soit complétement absorbé par d’ intenses réflexions ainsi que par ses principales préoccupations, la jeune femme qui était préalablement au bar dont s’était entiché le jeune homme s’approcha de lui. Ce sont ses quelques mots, à peine audibles à cause du bruit ambiant et de la hauteur de sa voix presque timide, qui le sortit de sa torpeur. Si son ouie n’était pas aussi fine, il ne l’aurait tout simplement pas entendue. Il leva les yeux délicatement vers elle, mais déjà la jeune dame faisait demi tour afin de s’installer un peu plus loin. En voila une femme bien à elle, pensa-t-il. D’un coté semblait elle courtoise et timide, de l’autre entreprenante, n’attendant rien des autres. Au vu du comportement qu’elle adoptait, tournant dos sans même attendre réponse ou réaction, chose à laquelle toute personne habitué aux ordres et à la soumission aurait par instinct, attendu. Sans pour autant la quitter du regard, il fouilla dans ses poches. Vraisemblablement ce qu’il cherchait n’était pas présent. Il saisit d’une main rapide son verre avant d’en avaler d’une traite tout le contenu et se dirigea vers le bar ou était encore présent cette belle jeune femme qui, précédemment, l’avait servit.

Il déposa sur le bar son verre et dans un échange de regard, la femme sut la raison de son retour. Elle saisit habilement une bouteille entreposée sous le comptoir, apparemment un whisky de meilleur qualité que ce qui était habituellement servit, et dans un autre échange mais, cette fois de sourire, servit un double à notre homme. Cependant, ce n’était pas l’unique raison du retour de Félix. Il se pencha légèrement, invitant la femme à faire de même et lorsque ce fut le cas, il lui demanda poliment à l’oreille si elle pouvait lui prêter un stylo. Encore un autre sourire, plutôt charmeur de sa part, et elle fouilla quelques secondes avant de revenir avec un stylo bic qu’elle lui tendit. Félix s’en saisit tout en la remerciant grassement avant de retourner à sa place, avec son verre à la main. Une fois assit il en avala quelques gorgées et sortit un mouchoir qu’il étendit sur la table noire qui lui servait de support. La, durant quelques minutes, happé comme plus tôt dans les ruissellements de ses pensées il se perdit une fois de plus.

Sur le blanc immaculé du mouchoir, il se mit à griffonner quelconque symboles apparemment seulement compréhensible par l’auteur même, tout en dessinant une figure et quelques flèches. Félix avait l’air tellement absorber par son oeuvre qu’il en oublia d’abord le bruit de la populace qui s’enflammée, puis la musique, jusqu’à ce que seul un bourdonnement persista à ses oreilles. C’est dans cet état totalement détaché qu’il continua, avec un quasi air de possédé, en transe, loin, très loin, dans la circonvolution de ses idées. Et pourtant...


Un bruit sourd le rappela à l’ordre, un martèlement sourd, qui lui sembla d’abord venir de loin l’extirpa de son monde. Il se retourna afin d’observer la salle, rien qui semblait venir de derrière. C’est en revenant à sa première position qu’il comprit. La, ses yeux parcoururent les quelques tablées qui se dessinaient devant lui. La jeune femme avec qui il eut un léger échange, et ce n’est encore qu’un euphémisme, écarquillait les yeux. Devant elle, se tenait debout, apparemment beaucoup plus éméché qu’au préalable, l’homme dont Félix avait subtilisé les deux centaine de dollars. Il observait la scène derrière eux, sans pour autant n’afficher aucun étonnement ni surprise. A vrai dire, la vie nocturne parisienne à laquelle il gouta bien jeune fut un bon enseignement pour lui et c'est  d’un las apparent qu’il regardait se tortiller ce pauvre homme, qui tentait tant bien que mal par ses fortes gesticulations d’intimider. Bien heureusement, le monde autour ne s’arrêta que très rapidement sur la scène chacun retournant à ses occupations. Félix n’entendait pas réellement ce qu'ils se disaient et sa pratique de la langue anglaise ne lui aurait en aucune manière permit de lire promptement sur les lèvres des deux individus. D’une de ses mains il attrapa le mouchoir noircis d’une part de figures et d’autre de lettres avant de l’écraser et le fourrer dans sa poche. C’est la que ses doigts rentrèrent en contact avec le métal glacial de l’arme qu’il portait par pure précaution sur lui. Son Pitbull était la, au garde à vous, prêt à grogner et à mordre au moindre danger apparent envers son maître. L’idée lui traversa l’esprit en un éclair, mais il la chassa tout d’abord, préférant jouer la prudence. N’était elle pas mère de sureté après tout ?


C’est pour cela qu’il continua à regarder la scène. Pourtant un geste fut de trop et personne au alentours ne semblait prêter attention à ce qui déroulait là, à cette table. Le trop plein de politesse de la jeune femme semblait n’être qu’un carburant au déploiement d’énergie du gaillard qui parfois bégayait dans ses propos et renverser de son verre le liquide à chaque mouvement hagard. D’une main experte, il fit tomber les balles de 6.35 insérées dans le barillet, dans sa poche dans un cliquetis aigus à peine audible et se leva. Son visage était devenu grave, menaçant. Apparemment, les mauvais jours passés dans la grosse pomme ne donnèrent que plus grande motivation à son besoin bestiale d’écraser, humilier, détruire. Sentiment exclusivement humain. De pas élancés mais en même temps lourds il se dirigea jusqu’a l’homme. En à peine une dizaine de pas il était derrière lui. Les sourcils légèrement froncés, les lèvres étirés par un semblant d’énervement, il passa sa main par dessus l’épaule de l’homme. Il laissa tombé un objet lourd mais petit de sa main dans le verre de l’homme qui frappa contre le verre. Le premier réflexe de celui-ci fit de se tourner et il tomba nez à nez avec Félix avant de reporter son attention sur le contenu de son verre. Là, au fond du verre transparent à moitié remplie, une balle de 6.35 rouler dans le fond du verre à chaque balancement hasardeux de son bras. De grands yeux ronds vinrent dessiner son visage, avant qu’une certaine incompréhension teintée de crainte ne viennent conclure la fresque. L’effet de surprise avait à fortiori fonctionner. Prudence, mère de Sureté, tu n’es qu’une femme de joie.

- Barre toi.

Deux mots, Deux syllabes et le lapin se mit à détaler face au chasseur à la mine lugubre. Ce n’était pas un jour pour jouer, encore moins pour venir emmerder l’homme qui avait perdu toute envie de rester calme et l'inopportun sembla vite calculer et jauger Félix. C’est ainsi, qu’il s’éloigna les épaules refermées. Félix tira une des chaises qui lui faisait face et s’y installa, sans même avoir été invité. Le bougre perdait ses bonnes manières. Ses yeux sondèrent celle qui lui faisait face. Il la toisa du regard sans pour autant qu’il s’y trouve dureté, et l’analysa en tant qu’homme chevronné, expert des jugements. Sa tenue n’était pas surabondance et ses manières ainsi que ses airs laissa à Félix le toupet de se dire à lui même qu’elle était une libérale, surement une artiste en début de carrière. Sans pour autant mal-juger, ni même s’alourdir de préjuger, il finit par briser le silence -imagé- entre eux deux par quelques mots simples, refusant pour l’instant de  s’aventurer jusqu’à la boutade :

- C’est surement à cause de vos yeux.

C’est vrai qu’ils étaient étranges. En fonction de la luminosité Félix pouvait apercevoir des nuances de bleu, parfois de vert pale  tout en étant nuancé de noir. Il n’en avait que rarement vu d’aussi changeants.


- Permettez moi de rester à vos cotés quelques instants. Ca éloignera les parasites les plus lymphatiques. Au moins le temps d’un verre... Que je vous offre.

Il esquissa un sourire, avant de regarder autour de lui, l’un des employés semblait s’approcher de la table puisqu’il servait certains autour d’eux. Il le notifia et celui ci fit un signe de tête afin de confirmer l’appel. Il arrivera surement d’ici quelques minutes, le temps d’accomplir les taches auquel il s’était déjà adonner.
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MessageSujet: Re: Will somebody please please double cup me - Miss Peterson   Mar 2 Juin - 4:25

Alors que Gabrielle ne l'espérait plus et qu'elle était prête à partir, son téléphone vibra. Julia venait de lui envoyer un message. Elle avait eu une urgence, sans mentionner ce qu'était cette dite urgence, et qu'elle n'avait pas eu d'occasion de lui donner des nouvelles avant. Leur rencontre était était remis à elle ne savait quand. Silence texto par la suite. La photographe n'insista pas, Julia devait sûrement avoir autre chose à faire, disant simplement okay et courage. Elle allait finir son verre et puis partir. C'était du temps de perdu qu'elle avait passé dans cette boite. Elle ne savait pas trop ce qu'elle aurait fait à la place, mais son temps aurait sûrement été mieux employé qu'à attendre. Elle avait trop attendu. L'inconnu qui l'avait abordé un peu plus tôt était de retour, encore plus éméché que précédemment et vraiment plus collant. Durant les premiers instants, elle fut trop stupéfaite pour pouvoir réagir. Ensuite, il continuait de faire comme si elle ne parlait pas. Rien de bien engageant niveau conversation. Puis, il dégagea, sans ne rien dire, ayant cessé de parler. Tant mieux. Une fois qu'il ce fut éloigné, elle peut voir le jeune homme. Le même qu'un peu plus tôt. Il venait encore de le faire déguerpir avec de simples méthodes. C'était génial. Certain devrait prendre des cours de lui. Elle n'avait pas vu la balle tomber dans le verre. Il s'installa ensuite à sa table, la regardant. Elle lui sourit et il la coupa involontairement.

« Oh... merci.» dit-elle, rougissant légèrement, ne sachant pas trop de quelle manière prendre ça. C'était un compliment, une sorte de tout du moins. Elle ne savait pas trop comment les prendre, d'où le rose à son visage. « Je pensais à l'alcool. » C'était un peu plus classique comme explication de comportement. Ce n'était sûrement pas à sa poitrine qui n'était pas la plus présente. M'enfin, elle n'avait pas trop le choix de faire avec de toute façon. Elle ne comptait pas plus passer sous le bistouri pour réglé ce problème de taille. « Merci... encore, de m'avoir aidé. » Il y avait comme une petite impression de déjà-vu non ? Trois fois en très peu de temps. Elle se donnait l'impression d'être un perroquet. Elle devrait essayer de varier son vocabulaire. En même temps, elle ne connaissait aucun synonyme pour merci. Elle devrait peut-être essayer de lire un dictionnaire. Ça ne devrait pas lui faire de tort, lui mettre un peu de plomb dans la cervelle pouvait toujours être utile.

Il lui offrit de rester un peu près d'elle, juste au cas, tout comme à boire. « Vous êtes sûr ? Je voudrais pas qu'ils vous causent des problèmes. » Au ils, elle montra ses yeux. Après tout, c'était de leur faute non ? Elle ne pouvait rien y faire, elle ne pouvait tout de même se balader tout le temps les yeux fermés. « Gabrielle. » se présenta-t-elle, tout de même, tendant sa main. Problèmes, pas problèmes, c'était de base de faire ça. Elle n'avait pas lu le livre de l'étiquette ni rien dans ce genre, mais elle considérait que de dire comment elle se nommait était important. Elle qui comptait partir, cela venait de changer un peu ses plans. Ça n'allait pas se faire aussi rapidement qu'elle le pensait, mais elle allait s'exécuter. « Je comptais y aller, ma cliente a annulé... en retard. » lui dit-elle. Il n'en n'avait peut-être rien à faire, mais c'était pour plus au moins dire qu'elle comptait partir. Elle n'avait donc plus rien à faire dans cet endroit. Avec le dernier incident, elle n'avait plus trop envie de rester, peu importe à quel point le jeune homme s'était montré charmant jusqu'ici. En gros, c'était non pour son verre. Elle n'avait pas encore fini la précédente consommation qu'il lui avait offert.

L'autre pourrait revenir pour se venger ou elle ne savait quoi d'autre. Elle ne voulait pas le savoir non plus. Elle ne pensait pas se montrer aussi insistante sous l'effet de l'alcool. Il était vrai que ses perspectives de ce qu'elle faisait pouvaient être déformées sans problème avec ce qu'elle pouvait ingérer. Ce dont elle pouvait être sûre, c'était qu'elle ne se montrait pas aussi agressive. L'agressivité ne faisait pas parti de son caractère, même pas caché. Après tout, on disait que la gnôle faisait sortir certains côtés des caractères qu'on ne montrait pas tout le temps. L’inhibition tombait, on se révélait. Ce qui n'était pas nécessairement toujours une bonne chose. « Vous êtes donc pas obligé de rester si vous le souhaitez pas. Je devrais pas m'attirer d'autres ennuis d'ici quelques minutes. » Il se sentait peut-être forcé de le faire, il devait penser qu'elle était sans défense puisqu'elle n'avait pas réagi les deux fois. Elle n'avait pas vu l'intérêt. Le type était insistant, agressif, mais il ne l'avait pas touché. Il s'était vraiment approché d'elle, mais il n'avait eu le temps de ne rien faire. Elle savait comment se défendre, l'une de ses amies lui avait montré comment faire, lui donnant des cours. Elle ne s'en était presque pas servie jusqu'ici, elle devait avoir eu de la chance. Comme ce soir. Un peu plus et elle se serait défendue. Le jeune homme était intervenu avant.

« J'espère. » fit-elle, riant, quelques secondes plus tard. Ça serait vraiment le comble si ça lui arrivait encore. Il y avait de ses journées, ou soirée dans ce cas-ci, comme ça... il lui était apparu que c'était le Webster qui lui provoquait ceci. Avant d'entrer, tout allait bien. Elle allait en sortir afin de voir si cela allait régler le tout. « On dirait que le Webster veut pas de moi. » Et elle allait sûrement l'écouter. C'était peut-être faux, ce serait une sorte de malédiction assez étrange (enfin si les malédictions existaient), mais puisque cela avait commencé avec son entrée, cela allait se terminer avec sa sortie, non ? Elle n'allait pas le faire brusquement, elle n'était plus seule. Elle ne voulait pas se montrer malpolie et s'en aller comme ça. Peut-être qu'il allait se dire que si c'était comme ça qu'il recevait des remerciements, il n'allait plus jamais aider personne. Ce qui était à éviter.
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Will somebody please please double cup me - Miss Peterson

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