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 Cemetery ~ Damian

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MessageSujet: Cemetery ~ Damian   Mar 12 Mai - 10:26

Dimanche matin, 8h36...

J'avance les pieds nus dans les allées du cimetière, tenant mes chaussures à taons de deux doigts par dessus mon épaule.. Tout est calme, loin de la folie qu'a été ma nuit. C'est généralement ce moment là, précisément, que je choisi pour venir ici. C'est comme un secret bien gardé, quelque chose d'unique que je ne tiens à partager avec personne, car personne n'a su s'en montrer digne. Personne ne sait exactement qui j'ai été, ou même qui je suis aujourd'hui : mes relations ne sont que superficielles, je ne montre que ce que je veux montrer, je ne dis que ce que je veux qu'on entende ou connaisse de moi.
L'herbe est encore humide de rosée bien que le soleil monte déjà bien haut dans le ciel. J'aime ça, ce plaisir simple de la vie, marcher dans l'herbe humide, sentir l'odeur de l'herbe fraîchement coupé, sentir sous mes pieds la vie... Mais ici la terre renferme aussi la mort, les corps de ceux qui ne sont plus, les corps de mes parents... C'est une étrange contradiction... Comme si l'herbe qui pousse nous rappelait que la vie continuait malgré tout, comme si ces fleurs qui s'ouvraient au printemps voulaient qu'on le voit et ne l'oublie pas... Moi, je n'ai pas apporté de fleurs, je n'en apporte jamais. Je n'aime pas les voir mourir sur les tombes, même si les gardiens entretiennent la beauté du lieu. Déposer des fleurs sur une tombe me rappelle surtout que ceux à qui on les destine ne peuvent pas les recevoir... Je ne leur offre jamais rien.

Je traine un peu, comme pour retarder le moment où je serai face à elles, face à ses pierres portant le nom de mes parents, portant la date à laquelle leur disparition a fait de moi une orpheline ballottée de famille en famille. Je leur en veux parfois, même si au fond de moi je sais qu'ils n'y sont pour rien... Mais la raison n'est pas toujours très claire et vous laisse en proie à des émotions vives qui ne s'éteignent quasiment jamais.
Je traine un peu parce que le lieu est encore presque vide, et qu'ici, personne ne prête vraiment attention à moi. Ma tenue passe étrangement inaperçue quand on me connait dans la vie que je mène. Ma tenue de travail, un mini short en simili cuir et brassière dorée et pigeonnante, a été remplacée sous un large sweat noir et un jeans bleu délavé. Je n'ai que mon soutien-gorge sous le sweat, mais cela personne ne le saura j'imagine. Je sais, ce n'est pas la tenue dans laquelle on attend de voir quelqu'un venu se recueillir sur une tombe, mais suis-je vraiment là pour me recueillir?

Je suis venue directement, ou presque, après mon travail... Juste le temps de passer quelques heures avec un jeune homme, puis changement de tenue, maquillage effacé, Amy au naturel...
J'ai beau joué les dures, avoir toujours la tête haute, cette faiblesse et la mienne et je l'entretiens en venant ici... L'abandon... la solitude... Je ne les supporte pas!
Arrivés auprès d'eux, je m'agenouille, et le temps passe sans que je sache s'il s'écoule rapidement ou non. Je ne dis rien, je les regarde, ces deux stèles grises devant moi, leur nom, le mien, le notre devant mes yeux. Assise sur mes pieds nus, mes doigts joue avec le sol sans même que je ne le réalise, et ma mâchoire est serrée à m'en faire mal. Je ne pleure pas, je ne pleure jamais ici... Je suis en colère, c'est sans doute une façon que j'ai d'exprimer ma peine... Parfois, je leur dis ce que je pense, qu'ils m'ont abandonné, qu'ils n'auraient pas du sortir ce soir là, qu'ils étaient égoïstes. Mais ça ne me soulage pas, surement car une partie de moi sait à quel point c'est faux.

Je ne prête pas attention à ce qui m'entoure, comme enfermée dans une bulle qui m'isole du monde pour me laisser me noyer dans ma colère et ma peine. Le temps file, des secondes, des minutes... Je ne parle pas, je ne fais pas partie de ces gens qui parlent à une pierre comme s'il s'adressaient à leurs proches, tout est dans ma tête, dans mes doigts qui arrachent l'herbe qu'ils serrent, dans ma mâchoire serrée à m'en faire mal...

Puis vient l'épuisement... La fatigue d'une nuit de travail, des folies faites pour ne pas rentrer chez moi, de ce moment que je m'inflige pour une raison que j'ignore. Je me lève, mes yeux gorgées des larmes qui n'ont coulé. Je suis loin de la beauté que j'expose au quotidien, encore plus de celle qui fait fantasmer tant d'hommes lors de mes spectacles. Démaquillée, fatiguée, personne ne retiendra le visage de cette petite blonde insignifiante. Je n'ai pas remis mes chaussures et j'arpente à nouveau les allées sans regarder où je vais, jusqu'à me prendre la cheville dans une canne ou quelque chose comme ça, perdant l'équilibre jusqu'à faire voler mes chaussures deux mètres plus loin et me retrouver à quatre pattes au sol. Certes, avec ma taille, je ne tombe pas de haut, mais l'effet est le même que pour vous grandes gigues qui me lisez...

"Vous pouvez pas regarder où vous poser vos affaires non!"
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MessageSujet: Re: Cemetery ~ Damian   Mar 19 Mai - 23:18





« We've lost something, someone we've loved. »


Il entend encore l’eau s’effondrer sur les fenêtres du manoir. Rien n’a vraiment de sens, rien n’a d’importance depuis que l’averse s’est imposée sur la Grosse Pomme. Il l’avait écouté durant des heures et des heures jusqu’à ce que la fatigue ne l’emporte, jusqu’à ce qu’elle ne gagne la partie contre l’inquiétude qu’il avait pu porter à ses parents et avec raison, finalement. Parce qu’ils avaient succombés, parce que le chauffeur de ce camion avait été surpris par l’orage, par la pluie, par la limousine qui, un peu plus loin, ne roulait qu’assez lentement dans l’espoir d’éviter un quelconque accident. Ce n’était pas de leur fait, ils avaient fait au mieux, tout leur possible pour rejoindre ce petit garçon qui, à cette heure-là, attendait devant la télé, réveillé par le tonnerre, quelques sourires sur son visage quand à ce qu’il entendait, ce qu’il écoutait comme pour mettre  un terme aux tracas inutiles d’un gamin patientant pour le retour de ses parents. Ca aurait dû n’être qu’un gala, qu’une soirée luxueuse aux abords de Manhattan, ça aurait dû n’être qu’une sortie parmi tant d’autres dont ils n’auraient pas parlés, pas ensuite. Mais celle-ci s’était éternisée, conduisant dans les locaux les plus froids qu’un hôpital puisse posséder jusqu’aux cœurs d’allées fleuries et tristes, aussi monotone que n’est devenue sa vie, quelques années plus tard. C’est tout ce qu’a entendu Damian, cette nuit-là, pourtant douce et silencieuse ; probablement même plus que d’ordinaire. Il en avait soupirer en se levant, cherchant une raison à la venue de ses souvenirs en son esprit, déjà bien assez torturé par cette solitude qu’il endure depuis des jours et des jours, des mois, des années, depuis ce fameux soir-là. Il aurait voulu que les choses soient toutes autres, il aurait aimé que son sommeil ne soit pas agité de la sorte mais sa mémoire n’avait fait que lui montrer la voie, elle n’avait fait que lui ouvrir les yeux sur ce que devrait être la première chose à faire pour cette nouvelle journée, l’aube traversant très probablement déjà sa fenêtre au vu de la brise légère qu’il sent caresser son dos, toujours assis sur le bord de son lit. Il réfléchit, il attend quelque chose dont il ignore encore tout, ses sens se bousculent, s’entrechoquent. Finalement, oui, la nuit a été longue, davantage avec ce qui lui avait occupé l’esprit plus que l’idée de se reposer pleinement. Et c’est un souffle qui vient trahir cette agacement, franchissant la barrière de ses lèvres quand il daigne se lever, appelant son chauffeur, se dirigeant d’ors et déjà dans sa cuisine dans l’espoir d’un peu de café qu’il laisse couler, quelques secondes ensuite en même temps que l’eau de sa douche. Il est résigné, sachant pertinemment qu’il ne pourrait pas reculer cette date plus longtemps qu’il ne le fait déjà, toujours effrayé à l’idée de leur rendre visite, ou plutôt de feindre la croyance d’une quelconque entente de leur part quant à ce qu’il pourrait vouloir leur dire. Il n’a pas perdu sa foi, bien au contraire, mais la douleur ne fait qu’accroitre chaque fois qu’ils les imaginent ailleurs, loin de sa propre personne ; bien mieux qu’au milieu d’une carcasse de ferraille au centre d’un pont et sous une pluie battante. On le dépose aux abords du cimetière une petite heure ensuite, Damian quittant le véhicule avec hésitation, cherchant à se défaire de cette charge qu’il doit pourtant accomplir, rien que pour sa conscience, l’allégée d’un devoir qui aurait dû être accomplis bien plus tôt ; un devoir qui se voit finalement retardé, une fois de plus, bien qu’il n’y soit pour rien, pas volontairement toujours.

Il sent un obstacle sous sa canne et parvient à distinguer la respiration de cette obstacle que trop tard, jusqu’alors perdu dans les méandres de son for intérieur en quête d’une once – même minime – de courage pour se rendre jusqu’au bout de ce qu’il tenait absolument à faire, ce matin, pensant que ça ne rendrait pas sa journée aussi morose. C’est ce même courage qu’il vient de laisser tomber avec la personne à ses côtés, cette demoiselle à en juger la voix qui s’élève à son attention. Aussi, il se concentre impérativement sur sa respiration, parvenant plus facilement à se hisser à sa hauteur pour lui venir en aide, laissant sa canne de côté dans l’espoir de bien pouvoir arranger les choses. « Pardonnez-moi, je ne faisais pas attention. J’étais… peu importe. » Souffle-t-il, cherchant prudemment sa main pour lui proposer la sienne en espérant qu’elle ne le frappe pas ou qu’elle ne déclenche pas un esclandre en ces lieux. C’était bien la première fois qu’il se retrouvait confronté à cette situation, n’ayant jamais été aussi distrait, aussi tristement d’ailleurs. Ce lieu n’arrangeait pas les choses, faisant revenir bon nombre d’autres souvenirs comme si… quelque chose… était responsable de cela. Damian décide de ne plus y songer, aidant du mieux qu’il le peut la jeune femme à se redresser, se relever suite à la chute qu’il venait de causer bêtement. Il songe à toutes ses années passées sans aucun accident, il pense à toutes ces heures passées seules dans les grandes artères de New-York, nageant comme tant d’autres parmi la foule ambiante qui longe ces dernières, noyé sous le bruit constant des conversations, des véhicules allant et venant à ses côtés, partout aux alentours, constamment concentré sur le moindre bruissement un peu trop annonciateur d’un potentiel danger. Et, ici, il n’y avait rien eu. Seulement un bruit de fond habituel pour cette ville, cet endroit, mais, sinon, un calme ambiant, quelque chose de reposant, propice aux songes et à la perte d’attention quant à ce qui se tient soit devant nous, soit derrière nous. Et ça avait été le cas pour Damian, même malgré l’éternel nécessité de son ouïe au cours de son existence, durant chaque minute que Dieu pouvait lui offrir, chaque instant passé pour ne rien risqué. Il s’était éloigné de cela et les conséquences se trouvaient désormais matérialisées en une demoiselle très probablement égratignée et par sa faute, quoi que pas directement, ou peut-être que si. « Rassurez-moi, dîtes moi que vous n’avez rien. » Lance-t-il finalement à son égard, se redressant en gardant toujours sa canne contre lui, essayant de déterminer si elle allait tout de même lui en vouloir en comprenant ce qui les avait mené là ou non.  Il aurait dû se préparer à ce genre de circonstances, il aurait dû y penser avant qu’elles ne s’imposent à lui et de la pire manière qui soit, en plein cœur d’un lieu destiné au recueillement plus qu’au risque ; aussi peu dangereux qu’il puisse être. Et, enfin, il relâche sa main, dépose la sienne rapidement sur son épaule comme pour s’assurer qu’elle ne tombe pas à nouveau, la retirant assez rapidement dans l’espoir de ne pas s’être fait trop entreprenant, même si ça n’avait été que pour la bonne cause. Il ne l’aurait pas laissé par terre, pas en sachant que c’était ‘ses affaires’ qui l’avaient conduite jusqu’au sol qu’ils foulent encore tous les deux, cette fois sur leurs deux pieds. « S’il y a quelque chose que je puisse faire pour rattraper mon erreur, n’hésitez pas, Mademoiselle, je ne saurais comment réellement m’excuser autrement qu’avec des mots. » Sa voix reste tout de même assurée, même malgré l’inquiétude qu’il porte quant à cette légère altercation ; qui, en soi, n’en est pas encore une.
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MessageSujet: Re: Cemetery ~ Damian   Jeu 21 Mai - 11:58

Comment voulez-vous rester en colère quand celui que vous jugez fautif de votre chute se retrouve être un aveugle qui ne pouvait pas vous voir venir, contrairement à vous... J'aurai du regarder où j'allais, c'était une évidence, et il est tellement aisé de rejeter la faute sur les autres. Il me tend une main que je prends sans rien dire alors qu'il s'excuse et s'inquiète de mes éventuelles blessures. A part une petite plaie à l'égo, rien n'est à déplorer. Lui dirais-je? Peut-être, ou pas...
Je me relève, sans rien dire pour le moment. Je ne cherche pas à la laisser parler, je suis juste légèrement rongé par la honte de l'avoir quasiment insulté alors qu'il est handicapé. J'ai peu de principe, mais j'ai toujours pris soin des plus faibles, toujours veiller à ce qu'on les respecte. Et là, j'avais agi comme une conne et j'avais honte de moi.

Non, non, ça va... j'ai rien...

Il posa sa main sur mon épaule, un geste que tout autre homme aurait fait non sans recevoir un joli retour de flamme, mais là, son geste n'était qu'un regard pour s'assurer que je sois stable à présent. J'étais petite à ses cotés, sans talon, je n'atteignais qu'un peu plus d'un mètre cinquante, et mon épaule se trouvait encore plus bas. que pouvait-il imaginer de ma personne du coup? Pouvait-il deviner mon âge rien qu'au son de ma voix? Je n'avais encore jamais côtoyé de mal-voyant jusqu'ici, et ce que j'en savais, n'allait pas plus loin que le fait que tous leurs autres sens étaient plus affutés... La vision de la vie qui nous entoure devait être totalement différente de la mienne.

C'était pas votre faute, j'aurai du faire plus attention... Désolée de m'être emportée, c'est... Soupir C'est ce lieu qui me rend un peu nerveuse. Vous n'avez pas à vous excusez de quoi que ce soit, j'aurai pas du m'emporter

Je regardais mes chaussures un peu plus loin par terre, elles avaient volé dans ma chute et je réalisais que mes pieds nus sur ce sol de jardin n'avait pas du l'informer de mon arrivée vers lui. Légère comme j'étais, je pouvais me déplacer sans bruit si je le voulais, et parfois même sans m'en rendre compte. Par contre, il était clair que n'importe qui d'autres, fautif ou non de ma chute, aurait subit ma mauvaise humeur, mais là, j'avais été décontenancée, je me retrouvais comme désarçonnée, jeté à terre par ma monture en quelques sortes, sans l'avoir vu venir.

Vous parvenez à vous y retrouver ici? Même moi qui viens depuis de nombreuses années, j'ai parfois l'impression de m'y perdre...

Je me sentais fautive de l'avoir couper dans sa visite. Arrivait-il? repartait-il lui aussi? Ou bien étions-nous devant la tombe qu'il visitait? Je pouvais pas vraiment le deviner, et j'espérais l'air de rien ne pas avoir manqué de respect en l'interpellant de la sorte devant la tombe d'un proche.
Je me sentais fautive au point de ne pas vouloir partir avant d'être sûre qu'il n'y avait pas de malaise, ou alors, était-ce une curiosité mal placée qui me poussait à vouloir rester en sa compagnie? Peut-être un peu des deux. Les hommes que je croisais au quotidien voyait en moi la jolie danseuse, la jolie fille... je jouais de mon physique pour plaire en toutes occasions, ou encore pour parvenir à obtenir ce que je voulais. Mais qu'en serait-il face à un homme qui ne voit de moi que ma petite taille pour avoir poser sa main sur mon épaule, et le simple son de ma voix? Je jouais à un jeu à double tranchant, car face à son regard, je ne ferai face qu'à moi même, ne pouvant plus jouer sur mon terrain, en tout confort.
Et lui, accepterait-il une compagnie? Ici? Personnellement, je n'ai jamais accepter quiconque ici, refusant d'exposer aux yeux de tous l'orpheline que je suis... Alors pourquoi n'ai-je déjà pas pris mes jambes à mon cou, ramasser mes chaussures pour reprendre ma route?

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