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 I won't show mercy on you now - Erika

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MessageSujet: I won't show mercy on you now - Erika   Mer 24 Juin - 11:39

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Erika & Cillian


Dimanche 10 Avril – 7h20, Appartement d’Henderson.

Un bruit incessant et perçant me transperce le crâne, me tirant brutalement de mon sommeil, celui que j’ai eu tant de peine à trouver. Mes paupières sont des feuilles de verre pilé qui m’écorche le globe oculaire alors que j’ouvre un œil. Je ne capte pas tout de suite d’où provient cette sonnerie insupportable qui me donne aussitôt envie de gueuler comme un putois mais lorsque mon cerveau fait le lien avec mon portable, je m’éveille un peu plus, un peu plus vite. C’est celui du boulot et un coup d’œil sur le réveil pour voir l’heure m’incite à me dire que si on m’appelle si tôt alors que je suis censé être en congé, c’est que quelque chose à merder. Ou à porter ses fruits. Au choix. C’est la roulette russe aux nouvelles.
Allongé sur le ventre, je m’appuie sur un coude en tâtonnant sur ma table de chevet à la recherche de mon portable. Faut vraiment que je pense à modifier cette foutue sonnerie. Je sens finalement le vibreur sous mes doigts, attrape l’appareil et décroche.

- Ouais ?
- Henderson ? Tu dormais ?
- Ouais ouais, mais peu importe, t’as des nouvelles ?
- Un peu oui ! On a trouvé où loge ton pédophile mon vieux.

Décharge d’adrénaline brutale dans chaque partie de mon corps et je me redresse rapidement, me dégageant des couvertures et m’asseyant sur le bord du lit, me frottant un œil avec la paume.

- T’en es certain ?
- A 95%. C’est une femme de ménage d'un hôtel qui est tombée sur des photos compromettantes dans sa chambre alors qu’elle voulait dépoussiérer un meuble. A la base il avait demandé à ce que personne n’y entre mais c’est une nouvelle, elle était pas au courant. Elle est entrée… Et là, surprise. Elle a signalée le tout à sa chef qui a appelé la police qui eux, ont préféré alerter notre service avant d’agir.
- Parfait, c’est du bon boulot Kapson. File moi l’adresse.
- Hôtel Stella Crowne, 243 Sunset street. Tu veux que je t’envoie une unité et que j’appelle Stojanovic.
- Non, j’vais le faire et passer la chercher. Envoie une unité mais en civile, je veux qu’il ne se doute de rien, ok ?
- Ça marche ! Bon courage !

Je coupe le téléphone et compose aussitôt le numéro d’Erika alors que j’attrape le premier jean que j’ai sous la main, l’enfilant en dansant d’un pied sur l’autre. Répondeur. Je raccroche et teste une deuxième fois alors que je fouille dans mon placard pour trouver un tee-shirt … répondeur. Putain, elle fait chier. J’attends la fin du bip.

- C’est Henderson. Je passe te chercher dans … regard vers ma montre. 20 minutes, grand max’. Dis à ton avocat de retirer son nez du Saint Graal et habille toi, on a l’adresse où loge Robertson. Pas d’uniforme, j’veux qu’il se doute de rien. J’te raconterais sur le chemin.

Je raccroche et glisse le portable dans ma poche, chopant une paire de chaussettes et les enfilant, manquant de me vautrer en plein dans ma cuisine. J’ai le cœur qui bat tambourine comme un dingue et mon cerveau est définitivement gorgé d’adrénaline, ce qui me rend si actif, précis, voir nerveux. Ouais. Parce que ce fils de chien est celui qui a tué mon frère. Cet enfoiré de merde est celui qui tabasser Ethan, l’a violé, puis l’a achevé. J’en suis certains. Trop de charge pèse contre lui et si dans sa putain de chambre nous arrivons à trouver ne serait-ce qu’un cheveu – ce dont je ne doute pas – nous pourrons faire une comparaison ADN et là, jackpot. J’ai déjà envie de le démolir. Je repense à mon entrevue avec Anja où, déjà, nous sentions la tension grimpée concernant ce sujet. Je vais le choper, lui faire cracher le morceau et le faire croupir en taule le restant de ses jours où ses nouveaux amis codétenus lui feront sa fête.

J’enfile ma veste, bois rapidement quelques gorgées du café que j’ai mis à chauffer, chaussures, clés et la porte claque. Je m’apprête à dévaler les escaliers….

- Oh Cillian, ça tombe bien ! Je voulais te voir.

Une femme âgée d’une soixantaine d’année remonte doucement les escaliers, deux sachets de viennoiseries dans les mains. Solène, ma voisine de palier aussi adorable qu’attentionnée, est toujours prompts à me ramener quelques cookies ou autres gourmandises pour que je ne meurs pas de faim « en bon célibataire que je suis ». Je la connais depuis plus d’un an désormais et elle sait que si elle a besoin d’un service, je serais présent. Je lui répare quelques trucs dans son appartement et lui tiens compagnie et Solène m’apporte de temps en temps des petites attentions comme … des viennoiseries.

- Désolé Solène, j’dois partir pour le travail, c’est urgent.
- Justement. Tiens, pour prendre des forces mon petit.

Elle me tend un sachet de viennoiseries et me le fourre dans les bras, sans attendre mon consentement.

- Allez, qu’est-ce que tu attends ! File !

Elle me presse d’un geste de la main avant que je n’ai eu le temps de la remercier mais lui glisse tout de même un bisou sur la joue puis dévale les escaliers de l’immeuble.
Le temps est compté, si jamais il se doute de quoi que ce soit ou s’il apprend que la jeune femme a vu quoi que ce soit on peut être sûr qu’il va se faire la malle dans la foulée.

Je grimpe dans la voiture, mets le contacte et quitte le parking en quelques manœuvres. L’urgence palpite dans mes veines et mes tempes, mes ressentis se mélangeants, se percutant. Je lutte contre l’envie furieuse de foncer directement vers l’hôtel et de lui foutre une dérouillée, de lui éclater sa sale gueule de pédophile sur le sol et de sentir ses os se rompre sous mes phalanges. Je serre le volant entre mes doigts et prends une inspiration profonde. Calme-toi. Chasse moi ces foutues idées de ta tête, Henderson. Je conduis vite, peut-être trop vite, me tape de bref bouchons qui entame ma patience déjà quasi-inexistante et je me retrouve même à klaxonner comme un con et à pester contre ceux en face de moi, comme si ça allait à aller plus vite. Connerie.

Je me retrouve devant chez elle en une vingtaine de minutes, espérant qu’elle soit bien là et non pas chez son Lockhart-que-j’aime-et-j’vais-vomir. J’appuie sur le klaxonne une fois, puis deux et attend quelques secondes. Mais parce qu’elle est aussi efficace que chiante, il n’en faut qu’une poignée avant de la voir apparaitre dans l’encadrement de la porte, finissant d’enfiler sa veste et venant me rejoindre du côté passager. Je me sens nerveux mais j’essaie d’en dissimuler les signes, lui montrant d’un signe de tête le sachet de viennoiseries donné par Solène posé sur le tableau de bord.

- P’tit déj, sers toi comme tu veux.

On ne peut pas dire que ça se soit arrangé avec elle, mais disons que nous tolérons plus facilement la présence de l’autre, surtout sur les affaires comme celle-ci. C’est con mais j’aime bien bosser avec. Erika est efficace, conserve toujours le souci du détail et c’est surtout une acharnée du travail. En bref, elle fait une bonne partenaire. Bonne partenaire, mais ça n’empêche pas qu’elle soit chiante. Vraiment chiante.
C’est pas le moment de penser à ça, de toute manière je n’en ai pas le temps. Robertson est en cette seconde ma putain de priorité.
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MessageSujet: Re: I won't show mercy on you now - Erika   Mar 30 Juin - 13:19


Dimanche 10 Avril – 7h20, Appartement d’Erika

Le suspect était en train de leur échapper. Erika avait beau courir de toutes ses forces, pousser ses muscles dans leurs ultimes retranchements avec l’espoir vain qu’un centième de seconde supplémentaire pourrait faire la différence, elle se faisait distancer. Dans ces cas-là, il n’y avait pas à tergiverser ni à continuer de foncer tête baissée, il fallait ruser. Et vite. Avant que le suspect ne s’échappe. Cessant sa course en ligne droite pour emprunter une porte qui menait directement à l’extérieur du bâtiment sur l’un des côtés, la jeune femme s’arrêta et jeta de rapides coups d’œil tout autour d’elle, vérifiant chaque angle de tir potentiel, s’assurant qu’elle n’était pas à découvert. Sa poitrine se soulevait avec force, l’air qui circulait dans ses poumons lui brûlait la trachée. Elle regarda à nouveau autour d’elle, cherchant l’issue par laquelle pourrait surgir son suspect maintenant qu’elle avait disparu de son sillage et qu’il allait se sentir en sécurité. Elle repéra une porte dont elle s’approcha. Celle-ci s’ouvrit alors à la volée et elle n’eut que le temps de bondir en arrière et d’attraper son arme pour la brandir exactement au même moment où l’homme en face d’elle la mettait aussi en joue. C’est dans le prolongement de son arme, le regard planté dans celui de son suspect qu’elle réalisa qu’il s’agissait ni plus ni moins de Cillian. Le suspect. C’était lui.

Le choc faillit lui faire lâcher son arme. Elle rajusta sa prise tandis qu’il faisait de même, redressant sa visée comme s’il cherchait à l’atteindre en pleine tête. Pas un mot n’était prononcé. Erika n’aurait su dire pourquoi mais elle le sentait capable de la tuer à cet instant. Il dégageait un calme froid, le même dont elle pouvait faire preuve lorsque la décision devait être prise, et sans tarder. Ôter la vie. N’était-ce pas un terme d’une élégance rare ? Comme si l’on venait chercher quelque chose qui n’avait jamais vraiment appartenu à l’autre, dont il ne méritait plus les grâces. Cillian était venu lui retirer la sienne. Il allait viser en pleine tête, ne pas la laisser souffrir inutilement. Débrancher la centrale directement plutôt que de viser les organes vitaux qui mettraient quelques minutes à se vider et dont elle ressentirait la vie s’en échappant à chaque goutte supplémentaire de sang versé sur le trottoir.

Elle savait qu’elle était faite pour mourir ici, dans la rue, la vie arrachée par une balle.
Elle n’avait juste pas pensé que ça viendrait de lui. C’est tout.



Une sonnerie incessante perça les épaisseurs de sommeil dans laquelle elle était enfoncée et lui vrilla le crâne au point de lui faire ouvrir péniblement les yeux. Jetant un œil autour d’elle, elle réalisa où elle ne se trouvait pas et laissa un grognement s’échapper. Un rêve. Rien qu’un putain de rêve. Repoussant la couette loin d’elle, Erika bascula ses jambes sur le bord du lit et attrapa à tâtons son téléphone tout en se frottant le visage d’une main. Quelle heure était-il ? Qui pouvait bien téléphoner à une heure pareille, un dimanche matin ? Désacraliser la grasse matinée, c’était puni de la peine de mort dans certains états ça non ?

C’est Henderson. Je passe te chercher dans … 20 minutes, grand max’. Dis à ton avocat de retirer son nez du Saint Graal et habille toi, on a l’adresse où loge Robertson. Pas d’uniforme, j’veux qu’il se doute de rien. J’te raconterais sur le chemin. »

Elle fit glisser son téléphone sur la table de nuit avec un soupir.
Bien sûr. Qui d’autre ? Entendre sa voix quand il venait tout juste de tenter de la tuer ne lui procurait pas la plus agréable et rassurante des sensations mais Erika était habituée à ce genre de rêves depuis qu’elle avait choisi de devenir flic. Il y avait des contreparties à laisser le boulot empiéter complètement sur votre vie. Il finissait par s’inviter jusque dans votre lit et vos nuits. C’était toujours assez réaliste pour perturber son réveil mais elle se contentait d’une répétition brève et efficace de ‘ce n’était qu’un rêve’ pour faire passer la sensation. Après tout, si Cillian voulait vraiment la tuer, il trouverait bien plus long, douloureux et chiant à mourir qu’une simple balle logée en pleine tête. C’était presque trop propre ça.

Certaine qu’il serait pile à l’heure malgré sa fâcheuse habitude de lambiner dès qu’il lui était possible de le faire – cette affaire comptait trop pour lui – Erika ne perdit pas une minute de plus à ressasser sa nuit et passa sous la douche avant d’avaler deux tasses de café en grignotant une tartine du bout des dents histoire d’avoir quelque chose dans le ventre d’un peu moins fictif que l’épaisseur de son café. Elle repensait à cette affaire, ce Robertson qu’ils allaient cueillir au petit matin le jour du seigneur. Une sombre histoire, comme tant d’autres dirait-on. Celle-ci avait malgré tout la particularité d’intéresser plus que de coutume Henderson. Il n’était jamais partiellement impliqué dans ses enquêtes, il était même plutôt du genre à se donner à fond au point mais sur cette enquête son souci du détail s’apparentait presque à la névrose. La moindre contrariété l’avait rendu plus irritable depuis qu’ils avaient eu du nouveau, sans qu’il en vienne jamais à dépasser les bornes mais cela faisait presque un mois à présent qu’ils bossaient tous les jours ensemble et elle discernait des changements dans son comportement. Sans qu’elle puisse cependant les expliquer, tout cela n’était que de l’observation. Il prenait l’affaire très au sérieux pour une raison qui lui était mystérieuse et qu’elle ne cherchait pas non plus à deviner. Ils avaient tous leurs fantômes et tout comme elle ne lui aurait pas confié ses blessures, il ne parlait pas des siennes. Si blessure il y avait bien sûr.

Elle sortit alors qu’il freinait à hauteur du bâtiment dans lequel elle vivait et klaxonnait deux coups pour l’avertir de sa présence. Elle se glissa sans un mot dans l’habitacle. Il désigna un sachet entre les deux sièges d’un geste évasif.

P’tit déj, sers toi comme tu veux. »
Merci. » fit-elle en réponse, haussant un léger sourcil surpris.

La voiture redémarra dans un silence perturbé par le froissement du sachet dans lequel Erika piocha une viennoiserie à peine plus grosse que son poing. Elle mordit dedans tout en inspectant le visage de son partenaire. Tendu. Ils l’étaient à moins et elle ne s’attendait pas à le voir serein de toute façon. Pas après toutes ces petites sautes d’humeur dès que l’affaire avait eu l’air de trébucher. Tiendrait-il la distance lors de la confrontation avec Robertson ? Elle doutait. La confiance était un bien grand mot entre ces deux-là. Ils ne se détestaient pas cordialement et avaient appris à fonctionner sur le même terrain mais l’attitude d’Henderson crevait les yeux pour qui prenait le temps d’observer et Erika en avait eu tout le loisir depuis que l’affaire avait repris. Tout cela ne lui inspirait guère confiance. Cillian semblait toujours sur le point d’exploser. Contre elle, contre les autres, contre ce Robertson. Là où elle le trouvait parfois balourd, l’ex-soldat avait acquis des réflexes et les avait affutés comme en prévision de cette confrontation. Il prenait l’affaire à cœur. Trop peut-être. Elle n’aurait pu le certifier mais Erika craignait que cela finisse mal. Henderson s’impliquait trop. Ce genre de choses ne connaissait que rarement un dénouement heureux.

Le plus étonnant était qu’il fasse encore appel à elle. Soit elle se trompait complètement, il n’y avait rien, il était simplement impliqué parce qu’il s’agissait de gosses ou quelque chose comme ça, soit elle servait de garde-fou. Elle n’envisageait pas qu’il puisse avoir besoin d’elle autrement. Aussi chiant qu’il pouvait être, il n’avait pas besoin d’elle la plupart du temps. Il se débrouillait aussi bien seul. Et vice-versa. Dans tous les cas, maintenant qu’elle était là, elle n’allait pas rester bras croisés. C’était l’enquête de Cillian mais il l’avait mise dessus avec lui alors …

Comment t’as eu l’adresse ? » demanda-t-elle, regardant par la fenêtre les rues défiler avant de ramener son attention sur lui. On va où d’ailleurs ? »



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MessageSujet: Re: I won't show mercy on you now - Erika   Ven 3 Juil - 10:47

▬ Merci.

J’acquiesce d’un signe de tête en signe de « y’a pas d’quoi » alors que je tente de gérer mon myocarde qui résonne aussi fort que si ma cage thoracique était vide. Comme dans une grotte. Ouais, une foutue grotte où Robertson viole, torture et tue des gosses. Et parmi eux, mon frère. S’il s’avère que c’est lui, si l’ADN récupérer à son domicile s’avère être celui qui se trouvait sur Ethan alors…

Alors quoi ? Alors rien. Tu vas RIEN faire. Tu vas l’embarquer, l’interroger et laisser la justice faire ce qu’elle doit faire. Mais à aucun moment tu ne feras autre chose. Et encore moins lui coller une balle en pleine tête. Je jette un regard en biais à Erika. J’aurai pu ne pas l’appeler, j’aurai pu l’envoyer se faire foutre et y aller tout seul mais j’suis pas comme ça. Cette affaire est plus qu’importante à mes yeux mais jamais je jouerais les cons. Et puis, elle mérite autant que moi d’aller le coffrer. Erika aussi a bossé dessus, à mener sa petite enquête avec des interrogatoires, des recherches, et j’en passe. Et malgré le fait qu’elle me brise les rotules la plupart du temps, elle n’en reste pas moins ma partenaire. Et à l’armée, j’ai vite appris que peu importe si la gueule de ton « frère d’arme » te revenait pas, tu devais faire avec. Alors un minimum d’effort s’impose. Il tient ta vie entre ses mains et toi, la sienne entre tes paumes.

Le décor des rues défilent sous nos yeux alors que j’accélère un peu plus, voulant faire vite avant que ce malade ne se tire de son hôtel pour de bon, espérant que nous puissions entrer dans la chambre avec le consentement du patron, ne nous obligeant pas à demander un mandat de perquisition. Je me sens nerveux et à la fois, surexcité. L’adrénaline commence à faire son petit effet alors qu’elle glisse le long de mes veines. J’ai la sensation de toucher au but, de palper quelque chose de sombre, dangereux. Mais pour qui ? Pour moi ? Erika ? Ce type ? J’ai cette mauvaise impression qui flotte autour de moi mais je n’en tiens pas compte. C’est foutrement pas le moment. Je reste concentré sur la route, roulant tranquillement, essayant de réfréner cette pulsion qui rôde en moi et qui me hurle d’accélérer encore un peu plus, de foncer comme une bombe là-bas et d’aller lui démonter la gueule.

▬ Comment t’as eu l’adresse ? On va où d’ailleurs ?

Je lui accorde un bref regard, il est vrai que j’lui ai encore rien dit, n’ayant pas desserré la mâchoire tout le temps où elle se servait cette petite viennoiserie qu’elle tenait maintenant entre ses doigts.

- C’est Kapson qui m’a appelé ce matin. La patronne d’un hôtel a contactée les flics ce matin pour un client louche.

Et pas qu’un peu. Bordel, c’est vraiment un coup de chance qu’on a eu là alors qu’on cherche Robertson depuis déjà plusieurs jours sans le trouver.

- Elle a embauchée une nouvelle femme de ménage il y a peu et Robertson a demandé à ce que personne ne touche à sa chambre durant son absence. Mais la jeune femme ne le savait pas, du coup elle est entrée. Elle aurait trouvé des photos très, voir trop, compromettante en dépoussiérant un meuble.

Je fronce les sourcils alors qu’une voiture me bloque le passage et que je la double, vérifiant au passage que personne n’ai eu la même idée que moi et qu’aucune voiture ne se trouve en face. Je reprends la route, l’hôtel n’étant plus très loin désormais. Peut-être encore dix bonnes minutes, à peine.

- Quelques collègues nous attendent là-bas en civil. Je ne veux pas l’effrayé, j’ai pas envie qu’il se fasse la malle alors qu’on le tient. J’ai amené une photo au cas où à présenter à la patronne, pour être sûr que c’est bien lui. Et si c’est pas le cas bah… on coincera une ordure de plus.

Sauf qu’il faut que ça soit ce type. Je n’envisage pas d’autres scénarios, ou tout du moins, je n’en ai pas envie. Je veux qu’il se tienne face à moi, je veux qu’il me regarde dans les yeux une bonne fois pour toute. Qu’on en finisse, que ce calvaire cesse. Mes parents m’ont souvent répétés de lâcher l’affaire concernant Ethan, que ce fils de chien ne serait malheureusement peut-être jamais retrouvé. Ce sont des parents ayant perdu leur gosse, mais surtout des parents fatigués, usés, d’attendre à ce qu’on trouve un coupable, un visage qu’ils pourraient haïr une bonne fois pour toute. Puis le temps passe, s’égrène et nous fait devenir plus las. Ils sont passés « à autre chose » pour leur second fils, moi, martelant que quoi qu’il advienne, cela ne fera jamais revenir Ethan.

Et ils ont raison, il ne reviendra jamais. Mais cet enfoiré ne fera plus de mal à un autre gosse et surtout, la mémoire d’Ethan sera venger. Certains perdent la force de la haine, de la rage, de la colère. D’autre comme moi, ne lâche rien. S’en serve de catalyseur. Le boulot de flic n’est pas chose facile, encore moins quand on tombe sur ce genre de dossier sordide et glauque au possible. Et le plus effroyable est de ce dire qu’il y a des cas encore pire que celui de Robertson et le viol des enfants. Ouais, à croire que la nature humaine n’a pas de limite et possède des côtés bien plus sombres qu’on ne peut le croire.

L’édifice de l’hôtel apparait derrière une rangé d’immeuble, un immense parking bordé de buisson et d’arbre, s’étendant devant lui. Je perçois la voiture de deux collègues dans un coin. Le conducteur me regarde et je lui accorde un signe de la main pour lui indiquer de ne pas bouger. Je gares ma voiture à l’opposer et coupe le contacte.

- Bienvenue au Stella Crowne. Dommage pour toi, tout le monde va nous prendre pour un couple clandestin venant consumer leur amour dans un hôtel, à l’abri des regards…

Je lui accorde un sourire face à cette boutade que j’arrive à sortir avec mon même naturel, sans me défaire de ce que j’ai toujours été. Je m’extirpe de l’habitacle, verrouille les portes et me retourne pour faire face à l’hôtel. Je sens un fourmillement dans le creux du ventre, suivit d’une accélération du myocarde. Nous y sommes enfin.
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MessageSujet: Re: I won't show mercy on you now - Erika   Jeu 9 Juil - 16:18

Son attention centrée sur la route, Cillian lui accorda un bref regard avant de revenir dessus. Elle continua de le regarder, jetant de temps à autre un œil sur la route bien qu’elle ait une totale confiance dans la conduite de son partenaire. Ce n’était pas un compliment, simplement une constatation, un ressenti qu’elle n’expliquait pas. Il avait une conduite assurée, plus violente que la sienne, certes, mais tout aussi sécurisante. A sillonner New York en long, en large et en travers, on finit par attraper des réflexes et de l’expérience et surtout on observe beaucoup la qualité de conduite des gens avec qui on monte. Cillian ne se débrouillait pas mal pour quelqu’un qui lui tapait sur le système H24. Ses pensées s’arrêtèrent cependant là lorsqu’il commença à parler. Elle écouta.

C’est Kapson qui m’a appelé ce matin. La patronne d’un hôtel a contactée les flics ce matin pour un client louche. Elle a embauchée une nouvelle femme de ménage il y a peu et Robertson a demandé à ce que personne ne touche à sa chambre durant son absence. Mais la jeune femme ne le savait pas, du coup elle est entrée. Elle aurait trouvé des photos très, voir trop, compromettantes en dépoussiérant un meuble. Quelques collègues nous attendent là-bas en civil. Je ne veux pas l’effrayer, j’ai pas envie qu’il se fasse la malle alors qu’on le tient. J’ai amené une photo au cas où à présenter à la patronne, pour être sûr que c’est bien lui. Et si c’est pas le cas bah… on coincera une ordure de plus. »

Erika hocha la tête, enregistrant les informations en même qu’il les lui disait. Un coup de bol, voilà ce qu’il fallait parfois pour faire avancer une enquête. La perspective en était parfois ahurissante pourtant chaque flic de la ville savait qu’un peu de patience était parfois plus utile que toute la précipitation du monde. En l’occurrence ici, l’adage se vérifiait.

Ils arrivèrent sur les lieux une dizaine de minutes plus tard. Erika prit le temps d’observer les lieux tout en essayant de ne pas donner l’air de le faire. Qui sait s’ils n’étaient pas observés ? Cillian se gara à un bout du parking mais ne sortit pas immédiatement.

Bienvenue au Stella Crowne. Dommage pour toi, tout le monde va nous prendre pour un couple clandestin venant consumer leur amour dans un hôtel, à l’abri des regards… »

Il sortit de la voiture. Elle leva les yeux au ciel un bref instant, soupira et détacha sa propre ceinture. Elle avait l’habitude de ce genre de petits jeux. S’il s’agissait bien de jeux, ils allaient tout de même arrêter quelqu’un. L’idée de se faire passer pour la petite amie d’Henderson ne l’enchantait pas plus que ça mais comme dans toute situation où le jeu de rôle s’imposait, elle n’avait pas le choix, cela faisait partie de son travail et bien stupide aurait été celui ou celle qui y croirait un seul instant. C’était pourtant leur mission : faire croire. Elle avait fait cela plusieurs fois, elle savait quoi faire. Lorsqu’elle s’extirpa de l’habitacle, elle regretta presque de ne pas s’être habillée de façon plus féminine. Cela dit s’ils devaient courir après Robertson, autant ne pas être en jupe et en talons. Chaussures, pantalon, c’était très bien comme ça. Contournant la voiture, elle rejoignit Cillian et glissa ses doigts dans les siens, approchant son visage pour lui sourire d’un air enjoué.

On y va mon cœur ? »

Un rapide regard derrière eux tandis qu’ils se décidaient à avancer lui appris le nombre de voitures sur le parking. Robertson était-il venu dans l’une d’entre elles ? Ce serait à vérifier sur le tableau des clés en comptant le nombre de chambres occupées. Ou peut-être Cillian avait-il déjà cette notion-là, auquel cas il réagirait en conséquence si leur suspect tentait de s’enfuir par cette voie-là.
Ils pénétrèrent à l’intérieur du modeste hôtel. D’un coup d’œil lent et circulaire, calculé, ils observèrent les lieux comme s’ils les découvraient pour abriter leurs prochaines galipettes. Erika désigna d’un doigt le réceptionniste en souriant et ils s’avancèrent jusqu’à lui. Le hall de l’hôtel était désertique. Faisant mine de poser ses bras et croiser ses mains au-dessus du comptoir, collant ses hanches contre celles d’Henderson pour lui donner de temps à autre un léger coup comme pour jouer, Erika fit un sourire au réceptionniste et demanda d’une voix innocente :

On pourrait voir le chef de l’hôtel s’il vous plait ? C’est à propos d’une chambre qu’on a réservée aujourd’hui et… enfin il a dit de le demander une fois qu’on serait arrivés. »

Le réceptionniste sourcilla légèrement et préféra d’abord passer l’appel que d’aller déranger le chef. Compréhensible. Erika avait sciemment omis de préciser qui ils étaient, pas de catastrophisme, pas d’alarme inutile, moins les gens en savaient et mieux ils se comportaient en général. S’il s’avérait que Robertson n’était pas dans l’hôtel, le réceptionniste aurait quoiqu’il arrive la même tête que d’habitude et ne chercherait pas à se comporter au mieux pour arrêter l’homme. C’était le genre de précaution parfois stupide qui pouvait aider une arrestation. Quelques secondes plus tard, le réceptionniste raccrocha et leur demanda de bien vouloir patienter le temps que le directeur les rejoigne. Erika le remercia d’un sourire et laissa nonchalamment reposer sa tête sur l’épaule de Cillian. Elle soupira d’un petit air de contentement.

La couverture parfaite était encore celle dans laquelle on vous retrouvait le moins.



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MessageSujet: Re: I won't show mercy on you now - Erika   Ven 10 Juil - 12:47

Je suis face à l’hôtel de classe moyenne, un édifice tout ce qu’il y a de plus banale se tient devant moi. Murs crépis, fenêtre bordées de quelques plantes, devanture propre, clean même avec une pancarte ni trop discrète, ni trop voyante du nom de l’hôtel « Stella Crowne, Hôtel ** ». Cet enfoiré vit ici, depuis quelques jours. Lui qui était subitement introuvable, comme s’il avait senti qu’on lui collait aux fesses et que ça sentait mauvais pour lui. Un coup de bol, c’est tout ce que nous avons eu. Un coup de chance, une jeune employée venant de débuter ici, n’ayant pas été informé du désir du client, venu dépoussiérer un simple meuble. Ouais, tout n’a tenu qu’à ce simple coup de chance. Comme beaucoup de nos enquêtes, comme beaucoup de chose en somme. Un détail suffit à engendrer une série d’évènements plus ou moins important. Une sorte d’effet papillon qui, aujourd’hui, nous mène droit dans l’antre de l’horreur humaine. Le meurtrier d’Ethan. Ou pas ? Tout ce que je sais c’est que le mec qui est entrain de sévir auprès de ces gosses comporte le même ADN qui a été trouvé sur mon frère. Et s’il s’avère que Robertson est le coupable recherché, alors je n’aurai pas intérêt de jouer aux cons. Vraiment pas. Car si je laisse exploser ce qu’il se trame chez moi, je risque de lui tenir compagnie en taule ou de prendre sa place pendant qu’il se fera bouffer par Mère Nature, cloitré entre 4 planches.

Je n’entends pas tout de suite Erika s’approcher et ne remarque sa présence que lorsqu’elle glisse ses doigts dans les mains, me prenant ainsi la main… Et là, si j’éprouvais une envie sévère de meurtre cinq secondes plus tôt, ça n’est plus le cas-là, tout de suite. Si je ne savais pas que ce geste lui demande sûrement un effort surhumain, j’aurai moi-même eu envie de vomir mon café sur ses chaussures… Or, ce qui devait être un calvaire, devient un véritable plaisir quand l’autre en ressent un véritable calvaire.

- On y va mon cœur ?

Son sourire est enjoué et si je ne la connaissais pas, j’aurai clairement pu croire qu’elle était sincère. Mais nous le savons tous : En ce monde, en cette réalité, Erika Stojanovic préfèrerait se jeter sous les roues du camion qui vient tout juste de passer derrière nous, plutôt que de flirter avec Cillian Henderson. Mais il existe des mondes parallèles, parait-il. Peut-être que dans une autre dimension, nous sommes actuellement entrain de consommer un mariage de manière absolument bestiale ! Et vous remarquerez bien évidemment, lecteurs, que la Saint Nitouche Stojanovic profite clairement de l’absence de son avocat pour me faire des avances !

Ceci dit, je lui offre le même sourire qui, pour moi, est sincère. Pas parce que je suis heureux qu’elle me prenne la main et qu’elle m’appelle mon cœur, mais que je vois ici une merveilleuse et formidable opportunité de me venger de quelques frasques… Et franchement, en pleine mission, ce n’est pas sérieux. Sauf que ça fait partie du jeu, donc techniquement, je ne fais que faire mon job… Dommage.
Je serre bien sa main dans la mienne, ne la lâche pas une seule seconde et manifeste un comportement détracté, guilleret et apaisé. J’en profite pour repérer rapidement les lieux, regarder les bagnoles, les passants, tout passe au peigne fin et je sais qu’Erika en a fait de même et qu’elle aura sûrement remarquée des choses qui à moi, m’ont échappé. Et inversement.
Nous entrâmes à l’intérieur, toujours mains dans la main et à la seconde même où nous pénétrons dans le Hall, nos regards s’égarent autour de nous, presque béat. De classe moyenne, l’hôtel savait rester charmant et ce, tout en simplicité. Erika attire mon attention en me montrant le réceptionniste du doigt et je la suis, grand sourire aux lèvres, gorgé de joie à l’idée de passer quelques nuits en compagnie de ma petite amie présente, ici même… Personne n’est présent, quelques plantes par-ci par-là, une porte de secours de chaque côté du Hall, et un petit ascenseur tout au fond à ma droite.

Erika entre en action, sort son plus beau sourire au réceptionniste en croisant les mains sur le comptoir, collant ses hanches contre les miennes. C’est qu’elle serait presque entreprenante.

- On pourrait voir le chef de l’hôtel s’il vous plait ? C’est à propos d’une chambre qu’on a réservée aujourd’hui et… enfin il a dit de le demander une fois qu’on serait arrivés.

Une discussion s’engage entre le réceptionniste et elle, alors que ma main glisse sur la hanche d’Erika, mon bras entourant sa taille, les écoutant tous les deux attentivement. Le réceptionniste passe un appel auprès de son Directeur, échange quelques mots et mes yeux continuent toujours de se balader dans le Hall, prenant garde à voir Robertson s’il décide de se manifester avant que nous puissions atteindre sa chambre.
Le jeune … Thomas, en vue de son badge, raccroche, un sourire aux lèvres.

- Veuillez patienter quelques instants, mon chef arrive.
- Merci à vous.

Erika pose sa tête sur mon épaule, sourire béat sur les lèvres. Le réceptionniste nous regard, presque amusé, voir attendri par la situation. Nous devons jouer le jeu, n’est-ce pas ? Et si jusqu’ici je me suis « tenue tranquille »… Je finis par me glisser derrière Erika, plaquant son dos contre mon torse tout en entourant sa taille de mes bras et glissant un baiser furtif dans son cou.

Bordelquecestdégueulassemaisquestcequecestdrole.

Je dépose mon menton sur son épaule, poussant un léger soupire de contentement avant  de jeter un regard circulaire au Hall.

- Alors mon amour, qu’est-ce que tu en penses ? Plutôt pas mal pour nos retrouvailles après trois mois d’absence.

Sous-entendu : On a du retard à rattraper. BEAUCOUP de retard. Et le réceptionniste se marre, en silence et moi, je m’amuse. Et pas qu’un peu, surtout lorsque je lui claque un bisou sur la joue – non baveux -, gardant ma tête contre la sienne tout en la serrant contre moi. Faut pas croire que j’sois hyper content de jouer ça, mais j’en tire au moins le plaisir de la faire chier et ça, ça vaut l’effort et le détour. J’suis prêt à subir encore une heure d’embrassade, de caresse et de mots doux juste pour la savoir entrain d’enrager dans sa boite crânienne, me promettant sûrement mille et une façon de me tuer après tout ça.
Des bruits de pas se font entendre et une porte s’ouvre juste à notre gauche, laissant voir un homme de la taille d’Erika, crâne dégarni et le visage incroyablement aimable. Vêtue d’une simple chemise et d’un pantalon de costume, il se dirige vers nous, tout sourire et je me détache d’Erika, mais garde mes mains sur ses hanches, rendant le sourire au patron de l’hôtel.

- Bonjour, Thomas m’a informé que vous souhaitiez me voir pour une chambre ?
- Oui, nous vous avons appelez très tôt ce matin pour une chambre. Vous nous avez dit qu’il suffisait simplement que votre nouvelle technicienne de surface y vienne faire le ménage et qu’elle serait disponible. Apparemment, c'est l'une des plus belles que vous possédez.

Le visage du patron tique légèrement face à mon demi-message. Je sais que nos collègues l’ont avertie que deux agents se présenteraient à son hôtel sous peu, un homme et une femme, afin que nous puissions parler de tout cela. Il semble comprendre et affiche un sourire un peu plus pâle cette fois.

- Vous comprenez, ça fait trois mois que nous ne nous sommes pas vu alors… Disons que nous sommes impatients de nous retrouver un peu dans l’intimité. N’est-ce pas chérie ?

Nouveau baisé sur sa tempe après lui avoir offert un clin d’œil, puis je me glisse à côté d’elle, reprenant sa main dans la mienne. Le réceptionniste est toujours là et Erika à jouer la bonne carte en nous faisant passer pour un jeune couple puisque peu importe la personne qui passera dans ce Hall, elle ne verra de nous que deux amoureux, venus s’offrir quelques jours de tranquillités. Et ça, c’était important. Parce que Robertson risquait de débarquer à tout moment et il aurait été trop con que nous ayons l’air trop formelle. Voir même, complètement stupide.

- Venez, je vais vous y conduire.
- Merci ! Je viendrais récupérer nos sacs après.

Nous le suivons jusqu’à l’ascenseur où il nous laisse entrer en premier, pour prendre notre suite et appuyer sur le 4 étages. Les portes se ferment sur cet espace un peu exigüe mais qui me permet de ne plus trop touché à Erika, désormais que nous sommes à l’abri des regards. Le jeu est terminé, du moins pour l’instant et nous laissons très rapidement tomber le masque, que ça soit moi ou elle. Et je crois que malgré tout nous en ressentons un profond soulagement.

- Merci de nous recevoir.
- Je vous en prie. Si nous pouvons vous aider à coincer un type aussi tordu que lui, ça serait avec plaisir.

Je plonge la main dans la poche arrière de mon jean et déplie une image A4 avec la photo de Robertson imprimé dessus. Je la lui tends afin qu’il puisse reconnaitre notre homme. De nouveau, mon cœur s’emballe, l’adrénaline revient de plein fouet.

- Est-ce que c’est bien lui ? Il est dans sa chambre actuellement ?

Les yeux du patron se pose sur l’image et un seul regard me suffit pour comprendre que cette fois, nous y sommes. Il le reconnait et s’est flagrant. Mes muscles se tendent au maximum et la petite cage d’ascenseur semble se gorger d’une tension nouvelle, s’infiltrant dans chaque pore de ma peau.
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MessageSujet: Re: I won't show mercy on you now - Erika   Dim 12 Juil - 19:36

Si la situation n’était déjà pas assez agaçante comme ça pour la jeune femme, elle devint carrément insupportable lorsque jouant à son tour le jeu, Cillian passa dans son dos pour se coller à elle d’un peu trop près et déposer un baiser dans sa nuque. Un long frisson de dégoût remonta le long de sa colonne mais elle fit en sorte de ne rien laisser paraître. Pas question de griller leur couverture même pour montrer à Henderson à quel point elle l’exécrait à cet instant. Il jouait avec ses nerfs, comme d’habitude. Baissant les yeux en faisant mine de glousser de plaisir, elle cambra légèrement ses hanches et tendit au passage une jambe pour écraser le pied le plus proche d’elle. Le réceptionniste les regarda avec un air attendri, faisant s’élargir un peu plus le sourire d’Erika. Imbécile heureux. Elle ne put cependant s’empêcher de tressaillir imperceptiblement quand le menton de Cillian se posa sur son épaule. Gardant la tête bien droite, regardant devant elle, elle tâcha de ne pas se racler la gorge de manière trop sèche. Elle sentait le souffle d’Henderson tomber sur sa poitrine…
Yeurk.

Alors mon amour, qu’est-ce que tu en penses ? Plutôt pas mal pour nos retrouvailles après trois mois d’absence. » minauda-t-il.

Le réceptionniste fit une œillade complice à Henderson tandis qu’Erika se contenait de toutes ses forces pour ne pas en prendre pour le nouer aux testicules de l’autre. Les lèvres de Cillian déposèrent un nouveau baiser sur sa joue, elle sourit de plus belle à défaut de pouvoir réagir autrement que comme la parfaite petite amie amoureuse. Elle le détestait. Vraiment. De toutes les putains de fibres de son être. Bouillonnant intérieurement de devoir, malgré tout ça, jouer son propre rôle, elle tourna légèrement la tête pour mordiller la joue de Cillian tout en déposant à son tour un baiser et lâcha d’une voix basse et chaude dans son oreille. Un sourire aux lèvres.

Oui… il me tarde de te faire ta fête, mon cœur. »

Son cœur à elle était un brasier sans fin où brulait, plantée sur un pique, la tête de Cillian Henderson, sa virilité punaisée à son front et le corps gisant à côté, criblé de balles gros calibre. Elle allait le tremper dans l’acide. Lui arracher les ongles. Le démembrer. Le dépecer. Le désosser. Lui couper les cou..
Ce qui semblait être le directeur de l’établissement arriva sur ces entre-faits, le sourire aimable et la main tendue. Erika se ressaisit immédiatement.

Bonjour, Thomas m’a informé que vous souhaitiez me voir pour une chambre ? »

Cillian se déplaça légèrement, laissant une main sur la taille d’Erika qu’elle tâcha d’ignorer. Au moins, il n’était plus scotché à elle comme un chien à son os…

Oui, nous vous avons appelé très tôt ce matin pour une chambre. Vous nous avez dit qu’il suffisait simplement que votre nouvelle technicienne de surface y vienne faire le ménage et qu’elle serait disponible. Apparemment, c'est l'une des plus belles que vous possédez. »

A ses mots, le patron se crispa légèrement et jeta un coup d’œil furtif derrière eux, vers l’entrée de l’hôtel. Les deux flics restèrent immobiles, parfaits dans leur rôle bien que la tension fut immédiatement palpable entre eux trois. Le message était passé et il était de nécessité vitale que l’homme en face d’eux continue de jouer son rôle bien qu’il ait deviné à qui il avait affaire. Cillian l’y aida en ajoutant :

Vous comprenez, ça fait trois mois que nous ne nous sommes pas vu alors… Disons que nous sommes impatients de nous retrouver un peu dans l’intimité. N’est-ce pas chérie ? »

Hin hin hin.
J’vais te le foutre au cul moi ton chérie.


Fermant les yeux lorsqu’il déposa un baiser sur sa tempe, elle fit mine de se serrer contre lui et hocha la tête en minaudant gentiment en direction du patron. Celui-ci sembla se détendre à l’idée de devoir se contenter de son rôle de directeur d’hôtel montrant une chambre à des nouveaux clients et leur indiqua l’ascenseur tout près d’eux. Erika marqua un discret temps d’arrêt en apercevant son exiguïté mais contrainte à jouer la comédie et n’ayant pas la moindre envie qu’Henderson ou quiconque apprenne son léger ‘problème’ avec les espaces clos, elle prit sur elle de monter dedans, se calant le plus loin possible des deux autres sitôt que les portes se furent refermées. L’ascenseur commença à s’élever. Elle n’écoutait plus la conversation devant elle bien qu’elle essaya plusieurs fois de s’y raccrocher. Son regard fixe errait quelque part entre la photo que Cillian tendait au directeur et le reste du monde. Il reconnut le visage sur la photo, elle, voyait les murs. Elle les sentait tout autour d’elle, semblant vouloir l’empêcher de respirer correctement. Essayant de se refermer sur sa cage thoracique. Elle déglutit plusieurs fois, sentant son pouls s’accélérer, sa gorge s’assécher, jetant régulièrement un discret regard vers Cillian pour s’assurer qu’il ne remarquait rien. Il était en avant par rapport à elle et son regard froncé trahissait une toute autre préoccupation. Tant mieux. Ils arrivaient bientôt au 4ème, pas de panique. Elle inspira profondément et sentit le soulagement la submerger lorsque les portes s’ouvrirent.

Machinalement, elle voulut récupérer la main de Cillian avant de réaliser que le directeur avait déclaré dans l’ascenseur que Robertson n’était pas dans sa chambre ce matin. Il l’avait vu sortir depuis la fenêtre de son bureau. La voie était donc plus ou moins libre. Ils avancèrent malgré tout dans le couloir avec prudence. Le sol était recouvert d’une moquette beige qui n’empêchait pas le plancher en-dessous de craquer sous leurs pas. La chambre de Robertson était au bout du couloir, ils l’atteignirent sans faire de rencontre autre qu’une femme de chambre qui les salua poliment d’un signe de tête. Arrivés devant la porte, le directeur la déverrouilla à l’aide d’un pass et leur ouvrit tout en restant sur le seuil.

Si vous avez besoin de quoique ce soit. N’hésitez pas. Et bonne chance. »

Ils le remercièrent et Erika referma soigneusement la porte derrière eux une fois entrés. Libérée de leur petite comédie romantique et de toute autre convention sociale, elle pointa un doigt furieux en direction de son partenaire et plissa les yeux sans dire un mot mais assez longtemps pour que le message atteigne les rares connections nerveuses que comportaient le cerveau de Cillian. Il lui payerait ce petite tripotage en règle, qu’il en soit certain !

L’heure n’étant cependant pas aux règlements de comptes, la jeune femme se détourna ensuite de lui pour observer la pièce dans laquelle ils se trouvaient. De taille moyenne, ce n’était pas le grand luxe auquel on aurait pu s’attendre pour la soi-disante plus belle chambre de l’hôtel mais passons. Ils n’étaient pas là pour écrire un guide des hôtels new-yorkais. La femme de ménage étant passée, le lit était refait au carré et l’ensemble semblait ordonné. Robertson ne devait pas se cacher depuis longtemps dans cet hôtel. Trois ou quatre jours grand max. C’était sans doute provisoire. Toutes les hypothèses étaient permises en tout cas.

Je vais fouiller la salle de bains. Je te laisse le soin de fouiller dans ses caleçons. Je sais que t’adore ça. »

Et sans attendre sa riposte, elle s'éloigna dans l'autre pièce.



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MessageSujet: Re: I won't show mercy on you now - Erika   Mar 21 Juil - 11:03

Tout le long du « trajet » dans l’ascenseur je reste bloqué sur le gérant qui nous fournit les informations nécessaires concernant la chambre et le client. Il n’est pas là, s’est absenté il y a une petite demi-heure mais lorsqu’il rentrera, il se chargera de 1) de le retenir en prétextant une histoire bidon mais aussi en faisant sonner le téléphone de sa chambre durant deux tonalités. De quoi nous prévenir si Robertson débarque et pour que nous puissions nous maintenir prêts. L’adrénaline pulse à mes tempes, comme un second cœur qui y serait logé et qui y battrait bien trop fort. Des fourmillements se manifestent dans mes phalanges et le creux de l’estomac. Cette envie… non, ce besoin, de le voir. Le regarder dans les yeux. Le frapper, l’amocher, le réduire à l’état de bouillit de chair. D’y abattre mes poings à chaque fois que je me remémorerais le corps blanc laiteux et mort de mon petit frère de 17 ans, là, sur cette table en métal.
La sonnerie de l’ascenseur me tire de ma rêverie cauchemardesque et je laisse Erika sortir la première, ne lui ayant pas prêté une seule seconde d’attention dès l’instant où nous avons pénétré dans l’habitacle. Le petit jeu est terminé et si j’ai pris plaisir tout à l’heure à l’emmerder avec une aisance toute particulière, je n’ai ici, plus l’envie. Je veux simplement trouver les preuves pour inculper ce connard.

Le gérant nous conduit au bout du couloir, mené par une moquette beige, propre et simple. Nous croisons une femme de ménage, peut-être celle qui a découvert les preuves et qui nous salut d’un léger signe de tête que je lui rends avec un sourire qui n’en est pas un. Pas par irrespect, loin de là. Juste que mon esprit s’est déjà verrouillé ailleurs. Devant la porte, le gérant l’ouvre à l’aide d’un passe et pousse le battant de bois sans pour autant en franchir le seuil.

- Si vous avez besoin de quoique ce soit. N’hésitez pas. Et bonne chance.
- Merci. Et n’oubliez pas de nous prévenir de son retour.

Il acquiesce et tourne les talons.
J’ai le cœur qui va exploser, rompre mes côtes et hurler cette rage que je ne soupçonnais pas aussi violente.

J’entre dans la chambre où flotte une toute légère odeur de tabac froid sans que ça ne soit écœurant. J’entends Erika qui referme la porte derrière nous et lorsque je me tourne vers elle, ses yeux me fusillent sur le tas alors qu’un doigt accusateur se pointe droit sur moi. Et au travers son regard, j’y vois la promesse d’un éternel supplice qu’elle m’offrira sur un plateau de rouille et de barbelés. Ça ne t’a pas plus cette petite comédie d’amoureux transit ? Dommage. Je pousse un soupir, fais mine de fouiller quelque dans la poche de mon jean et en sort… mon majeur, bien levé devant elle, sans un sourire.

Conasse.

Elle se détourne et je secoue la tête, agacé. Putain qu’est-ce qu’elle peut être barbante, ennuyeuse, frigide – quoi que, c’est toujours celles qui en disent le moins qui en font le plus… La savoir dans le trip de la sado-maso-douche-dorée-scatophile ne m’étonnerais pas.
Mon esprit occulte et se concentre désormais sur la pièce mais surtout, sur la situation. Chambre basique, moyenne, propre et bien ordonnée. Elle n’avait rien d’extraordinaire mais offrait juste ce qu’il fallait pour un confort agréable. Le lit était fait, sûrement par la femme de ménage et rien n’était en … désordre. Traduction ? Si nous omettons le fait que la femme de ménage ait touché à autre chose, Robertson semble très très méticuleux. Ou du moins, ordonné et aimant la propreté.

- Je vais fouiller la salle de bains. Je te laisse le soin de fouiller dans ses caleçons. Je sais que t’adore ça.

Connasse 2.0

En temps normal je n’aurais pas hésité une seule seconde à lui répondre de là où je suis et ce, avec ironie voir, humour. Mais pas maintenant. J’ai pas envie de perdre mon temps avec ses répliques de cours de primaires. Je suis dans l’antre d’un tueur, potentiellement responsable de la mort de mon frère. Alors, excuse-moi de me contre-foutre de ta putain d’amertume.
Je plonge la main dans la poche de mon jean pour en retirer une paire de gants chirurgicale, que j’enfile tout en jetant un regard circulaire à la pièce. Je ne veux pas laisser de trace si jamais les scientifiques devaient venir et je prends garde à ne pas commettre d’impairs.

Je n’entends plus Erika qui s’affaire dans la pièce d’à côté, mes sens se concentrant uniquement sur ma part d’environnement. Une TV est accrochée au mur, un placard y est également encastré, au fond à droite et c’est par là que je me dirige. C’est une chambre, pas un appartement, donc à part ce placard, nous ne verrons rien d’autre qu’une table de chevet. J’ouvre la première porte et y trouve des chemises accrochées à leurs cintres mais aussi des pantalons. Sans un seul pli. Comme si tous les vêtements venaient d’être tout justes repassés et pliés. D’un geste délicat, je les passe en revus, cherchant des poches éventuelles mais rien. Même chose pour cette veste en cuir dont je fouille le contenu et où je fais choux blanc. Juste au-dessus se trouve une étagère vide. En dessous ? Rien.
Je ferme la première porte puis ouvre la deuxième. Là se trouve trois nouvelles étagères où sont pliés délicatement chaque vêtements. Tee-shirts, autres pantalons, caleçons propres…  Et tout cela avec une même symétrie. Maniaque, Robertson ? Je soulève les couches unes à unes, mes yeux parcourant chaque détails pouvant s’avérer utile.

Puis vient l’enveloppe. Du kraft. Format A4. Épaisse, comme si elle contenait un cahier simple de 90 pages.
Je marque une légère hésitation avant de la prendre entre mes doigts, de reculer d’un pas et de l’ouvrir. D’un geste, je fais glisser le contenu dans le creux de ma paume.

Je suis flic depuis un peu plus d’un an. J’ai été militaire, j’ai effectué des missions à l’étranger et dans des lieux qui vous demande de ne pas amener votre package de sensiblerie avec vous si vous voulez vous sortir de là-bas sans avoir l’envie de vous foutre une balle en pleine tête. J’ai vu des corps en décomposition, des morceaux d’humains dans une poubelle. J’ai vu des hommes et/ou des femmes venir témoigner pour avoir été battu avec une haine innommable, violés, séquestrés. En peu de temps, j’ai vu quelques horreurs qui priveraient beaucoup d’habitants de cette ville d’un sommeil tranquille.

Mais putain. Ce que je vois là, dans ma main. Ce que je vois défiler sous mes yeux, photos après photos, notes après notes… C’est au-delà de ce que j’ai déjà vu.

Des meurtres figés par l’image, la photographie. Mise à l’œuvre comme si, ici, elle était un art. Prenant le dernier instant de chacun de ces gosses à l’apogée de leur douleur commune. Des jeunes filles et jeunes hommes, de tout âge. Des 8 ans à 18. De toute taille, de toute origine, de toute morphologie. Datés et annotés du plaisir ressenti à l’arrière de chaque cliché.

Thomas, 11 ans. Détails du supplice tout en précisant la méthode de l’orgasme de Robertson.
Evelyne, 16 ans.
Josh’, 13 ans.
Peter, 9 ans.
Alejandro, 15 ans.


Et j’en passe. Principalement des jeunes hommes. Parfois, des jeunes filles. Parfois, des gamins. Parfois des gamines.
Je ne remarque pas mes mains qui tremblent et encore moins l’accélération de mon souffle. J’ai le sang qui bat brutalement à mes tempes, un flot de lave en fusion venant dévaster chacune parcelle de ma peau, de ma conscience. Parce qu’en plus de tout ça, chaque photo est en couleur, veillant à être toujours de très bonne qualité mais surtout, datée.

2015. 2011. 2008 …

Cet enculé gardait précieusement une photo de chacune de ses victimes. Sans en manquer une seule. Et l’inconcevable s’affiche en gros caractère devant moi. Si ce fils de pute est celui qui a tué Ethan et qu’il garde chaleureusement les clichés de ses horreurs, dois-je déduire qu’il s’y trouve aussi ?
Je vais dégobiller dans la seconde, je sens mon estomac qui se tord aussi violemment que le ferait une machine à lavé avec ton linge mais je serre les dents. La salle de bain doit être criblée de preuves s’il prend plaisir à revivre ses fantasmes devant ces photos.

Une haine prend racine au creux de mon estomac et l’envie de hurler et de tout renverser dans cette chambre m’ébranle, me secoue comme un prunier et je me fais violence pour ne pas éclater. Pour ne pas exploser. Les photos défilent et à chacune d’elles, je redoute d’y voir le visage mort, ou vivant mais en souffrance, de mon frère.

Un bruit de pas me tire de cette torpeur douloureuse. Je lève le regarde et croise celui d’Erika non loin de moi. Mon cœur explose à chaque pulsation et je me contente de lever le bras, lui montrant le paquet de photo laissant entrevoir le corps nu de Lukas, dernière victime retrouvée, lacéré et torturé. En couleurs et HD.
Je ne prononce pas un mot, me contentant de regarder ma coéquipière droit dans les yeux. Elle semble elle aussi perturbée, ébranlée, comme si quelque chose dans cette foutue salle de bain a suffit à lui provoquer un sentiment de profond malaise.
Nous n’avons pas besoin d’articuler des paroles inutiles. Pour une fois, nous n’avons pas besoin non plus de tirer dessus avec des réflexions cinglantes, insultantes. Nous sommes simplement deux flics face à l’horreur d’un homme. D’un Homme aux instincts de monstre.

Ma rage s’insinue, s’écoule dans mes veines de manière vicieuse, lente. Attendant le bon moment pour exploser aux yeux de tous, me donnant pour l’instant l’impression d’être euthanasier de toutes sensations.
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MessageSujet: Re: I won't show mercy on you now - Erika   Jeu 30 Juil - 23:29

Passée dans la pièce d’à côté, Erika fit abstraction de son partenaire pour se concentrer sur son environnement. Sortant des gants en latex de sa poche pour les enfiler, elle fit d’abord une inspection générale des lieux, de la disposition des meubles et surtout des quelques effets personnels de Robertson. S’il lui fallait bouger le moindre objet, elle devrait le replacer au millimètre près. Cela paraissait du bon sens pour certains, une perte de temps pour d’autres. Pour sa part, Erika savait pertinemment que le moindre objet déplacé puis replacé chez elle lui sauterait immédiatement aux yeux. C’était une question d’observation. Elle entreprit d’engrammer dans son esprit les moindres détails de la scène, jusqu’à l’orientation de la brosse à dents dans son verre. TOUT avait de l’importance s’ils devaient repartir sans alerter le suspect de leur précédente présence. Une fois l’image de la salle de bains bien en tête, la flic entreprit d’inspecter, fouiller, ouvrir le moindre tiroir, la moindre petite armoire à pharmacie que contenait la petite pièce. Elle ne trouva pas grand-chose qui appartenait à Robertson. La plupart des affaires étaient celles comprises dans le prix de la chambre et procurées par l’hôtel pour le confort de ses clients. Rien d’intéressant en somme. Elle entendait Henderson ouvrir les tiroirs dans la pièce d’à côté. Elle espéra qu’il faisait moins chou blanc que sa propre fouille. Les sourcils froncés au-dessus de son regard, la jeune femme essayait de réfléchir à l’utilité qu’aurait eue Robertson d’une salle de bains, autre que celle de se laver bien sûr. Il ne pouvait pas tout planquer sous le lit ou dans les placards ; il fallait forcément une cachette quelque part d’autre où il pourrait y laisser son matos. Soit il avait une voiture et tout était dedans, soit c’était quelque part ici et étant donné l’espèce d’oiseau migrant qu’il était, il ne devait pas laisser ses affaires bien loin de lui. Erika observa à nouveau les lieux. Le mur à gauche de l’entrée donnait sur le couloir. En face, le lavabo. A sa droite, les toilettes et un petit meuble où elle n’avait trouvé que des serviettes, un gant et des petites portions de savon. Au fond, la baignoire. Au plafond… rien, pas de grille, pas de faux-plafond possible. Elle soupira. Réfléchis Erika, réfléchis…

Les mots clignotèrent dans son esprit. Elle releva la tête et jeta un regard en direction des deux choses qui l’intéressaient. D’abord les toilettes ; ouvrant le réservoir de la chasse, elle l’inspecta minutieusement mais ne trouva rien. Pas étonnant, pas assez grand pour contenir grand-chose. Essaie encore. Elle se tourna alors vers le deuxième point intéressant de la pièce : le faux-contour de la baignoire en carrelage permettant de la maintenir en place sans qu’elle glisse sur le sol sitôt son propriétaire s’installant dedans. Se plaçant à l’extrémité où se trouvaient les robinets et où l’espace avec le mur était le plus large, Erika s’accroupit et inspecta avec attention le cimentage des pièces de carrelage entre elles. Elle ne vit rien sur les premiers carreaux mais arrivée à environ une quinzaine de centimètres du mur, elle la vit. La fissure dans le ciment. Son cœur fit un bond dans sa poitrine. Elle tâcha de garder son sang-froid et posa ses mains sur le panneau de carrelage que cela formait. Une légère pression de sa part et il se déchaussa de sa position. Elle le récupéra avec précaution et le posa à côté d’elle avant de se pencher pour extirper la masse noire abritée entre le mur et le fond de la baignoire. Elle se recula pour le sortir complètement et l’observer à la lumière du jour. Un sac noir. Des plus basiques. Style sac de sport. Ok.

Erika releva un instant la tête de sa trouvaille pour tendre l’oreille. Elle n’entendait plus Cillian chercher. Elle patienta quelques secondes avant de l’entendre à nouveau, faisant je-ne-sais-quoi. Il avait peut-être trouvé quelque chose aussi. Plus tard. Se reconcentrant sur le sac, Erika attrapa la fermeture principale, et la seule en fait, pour la dézipper et ouvrir le sac. Ses sourcils se froncèrent. Le sac contenait de la corde, du ruban adhésif assez large, une lampe torche et un tas d’autres trucs qui n’avaient rien à faire dans un sac de sport sauf lorsqu’on décidait subitement d’aller kidnapper des gamins pour les torturer, les violer puis les tuer. Erika ne fit aucun commentaire, n’émit aucune pensée autre que celle de revenir chercher ce tas de preuves que l’unité scientifique pourrait analyser une fois qu’ils auraient attrapé Robertson. Ils pourraient se servir de ça contre lui.

Elle inspecta le reste de la cachette juste au cas où mais elle savait qu’ils avaient d’ores et déjà trouvé le principal. Elle décida de rejoindre Cillian pour échanger avec lui à ce sujet plutôt que de le héler à travers la pièce et prendre le risque de se faire remarquer. Arrivée dans l’autre pièce, elle le vit se tenant là, en plein milieu, des paquets de photos entre les mains. Le visage décomposé. Elle ne songea même pas à le railler. Ses sourcils se fronçant un peu plus, elle s’approcha et saisit le paquet de photos qu’il lui tendait. Des noms. Des prénoms. Des photos de gamins. Morts. Des détails… sordides. Pourtant solide à ce niveau, Erika sentit malgré elle la nausée l’envahir. Comme souvent dans ces moments-là, elle était incapable de dire ou penser quoique ce soit. Muette de rage, d’horreur, elle se barricadait dans cette armure de glace, professionnelle au possible et cessait de penser, d’imaginer dans quelle espèce de monde pouvaient subsister des gens comme Robertson ? Comment pouvaient-ils appartenir à la même espèce ? Le regard de Cillian trahissait les mêmes questionnements impuissants. L’horreur pure et simple d’un monstre appartenant à l’espèce humaine. Comment ? Pourquoi ? Où ? A quel moment ? Quand était-il dieu possible de devenir aussi cruel, aussi froid, aussi.. monstrueux envers sa propre espèce ?

Erika secoua la tête, tâchant de chasser tout ça, de rester froide et impartiale. Professionnelle. Ce n’était pas le moment de se laisser aller aux émotions. Ils avaient un monstre à attraper et à charger d’une telle façon devant les juges que pas un ne songerait à lui éviter la peine maximale. Relevant la tête, elle s’apprêta à expliquer ce qu’elle avait trouvé à Cillian quand elle fut interrompue par le téléphone de la chambre. Qui sonna. Une fois. Deux fois. Puis plus rien. Raccroché. Ça ne pouvait signifier qu’une chose.

Robertson.

Croisant le regard de son partenaire, ils n’eurent pas besoin de s’exprimer par des mots pour se comprendre. Si infoutus qu'ils étaient de s’entendre, à cet instant, leur collaboration sembla tout droit sortie de la plus parfaite des synchronisations. Remettant rapidement en place les photos dans l’armoire, ils se positionnèrent chacun dans la chambre. C’était le moment où jamais pour attraper Robertson par surprise. Erika réintégra la salle de bains, jeta un bref coup d’œil au sac et songea qu’avant de le voir mal rangé, Robertson la verrait elle. Le plus silencieusement du monde, elle dégaina l’arme dissimulée sous sa veste de cuir et se plaça derrière la porte, ouverte déjà à son arrivée. Entre la plinthe et la porte, elle glissa un œil et s’assura une bonne visibilité du reste de la pièce. Il fallait qu’elle sache exactement ce qui se passait pour être prête à bondir et assurer les arrières de Cillian, plus à découvert qu’elle. Une fois positionnée et tous ses paramètres verrouillés, la jeune femme entreprit de faire le vide dans sa tête. Ses sens fonctionnaient déjà plus qu’à l’accoutumée, l’adrénaline pulsait dans ses veines et sa respiration se faisait plus ample, plus profonde. Son regard braqué sur son partenaire, tapi dans un coin de la pièce, Erika entendit distinctement la poignée de la porte de la chambre tourner dans son mécanisme.

Ensuite, tout alla très vite.



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MessageSujet: Re: I won't show mercy on you now - Erika   Lun 3 Aoû - 15:40


Le sang-froid est un contrôle et une maitrise de soi indispensable pour faire partie du rang militaire. Si vous êtes trop instable émotionnellement, vous pouvez faire une croire sur votre rêve de carrière car ils ne veulent pas de type ou de nanas qui se brisent à la moindre vision d’horreur, aux moindres morceaux de chairs troués ou trouvés. Non, ils veulent du solide, un mental d’acier pour réussir à gérer des instants de crises ou des missions qui ne tournent finalement pas comme nous le voulions. J’avais toutes les qualités pour être Soldat et faire partie de leur troupe. La force physique, le contrôle de soi, l’esprit suffisamment tactique pour pouvoir me débrouiller seul en cas de pépin mais aussi l’esprit d’équipe. Parce que tu ne peux pas venir jouer aux petits soldats si tu ne supportes pas les autres. Si tu n’es pas foutu de faire équipe avec un ou une autre. J’avais tout. Et tout à foiré. A la mort d’Ethan. A la mort de Sam.

Et maintenant ici.

La condition pour que je ne passe pas devant un juge et pour que mon casier judiciaire reste vierge, était la suivante : Suivre une thérapie avec un psy. Chose que j’ai suivi à la lettre puisque ma motivation était d’entrer dans la Crim’. J’ai fait plusieurs années de séance et je crache à la gueule de tous ceux qui prennent ça pour de la faiblesse. J’en avais besoin. Besoin pour ne pas exploser et me fragmenter sur le prochain que je croiserais. J’ai appris à reprendre le contrôle, renoué avec mon sang-froid, à me stabiliser émotionnellement. Le temps aidant, je suis revenu au point de départ, mais sans mon frère. Avec cette putain de sensation de vide.
Et toutes ces années de travail sur soi menace d’être réduites en cendre en cet instant. Ces photos entre les mains, ces images morbides, horrifiantes, à la limite de l’insurmontable viennent de fracturer cette muraille que j’entreprends de bâtir un peu plus chaque jours afin de ne pas refaire les mêmes erreurs. Ca n’est pas tant à cause des photos en elles-mêmes. Je ne dis pas que je suis insensible, parce que c’est faux. Le problème qui se pose ici est que je suis peut-être impliqué de manière plus personnelle et c’est ce qui rend les choses beaucoup plus compliqué à gérer. Si je ne soupçonnais pas ce fils de chien d’être responsable de la mort d’Ethan, alors j’aurai pu garder mon sang-froid malgré tout ce dégoût et cette haine d’assister à ça, d’avoir ce désastre entre les mains. Cet homme est un malade, l’incarnation de la pire des perversités, exploitant une majeure partie de sa part d’ombre… Je ne conçois pas qu’un esprit puisse autant dériver vers les bas-fonds de l’être, qu’il puisse… ressentir du plaisir à violer des gosses. Des gamins. L’incarnation du mal contre celle de l’innocence. Deux extrêmes opposés, deux entités bien distincts. Est-ce que c’est donc ça qui te fait bander Robertson ? C’est ça ? Cette puissance sur l’innocence ? Cette ascendance que tu as sur cette fragilité où tu sais que tu peux la fracturer d’un geste.

Est-ce que c’est ça qui t’as donné envie de bousiller la vie de mon frère ?

Le sang bat à mes tempes avec violence, à m’en étourdir. J’ai la sensation que ma vue se rétrécit pour se concentrer sur deux points. Les photos où Lucas est le premier à exposer malgré lui sa torture mortuaire et Erika. Erika qui prend les clichés en main et qui vient elle aussi de se prendre un uppercut dans l’estomac. Notre métier nous blinde tous les jours, nous forme et nous permets au fur et à mesure de réussir à contenir les sentiments afin de ne pas se laisser submerger et de faire des conneries. Mais tout devient compliqué lorsque vous avez une trentaine, voir, une quarantaine de clichés sanglants entre les mains avec des gosses. Dans des positions aussi bien dérangeantes que monstrueuses, leur visage parfois prit en photo en gros plan, pour immortaliser leurs peurs, leurs horreurs. Pour que Robertson puisse revivre son fantasme, sans limitation, sans restriction.
Le visage de ma coéquipière se décompose légèrement, elle fronce les sourcils, les regardes à son tour avant de secouer la tête. C’est ici que nous prenons de nouveau conscience que la nature humaine n’a pas de limite, pas de contrôle. Certains naissent avec une perception de l’horreur différente de la nôtre, d’autre sont modulés selon leur vécue. Et ça peut tomber sur n’importe qui. Votre frère, votre mère, une tante, un meilleur ami, votre patron.

Je reste les poings serrés, sans décrocher un mot, attendant qu’Erika visualise par elle-même ce dont il est visiblement capable. Je me passe une main dans les cheveux, luttant contre cette lave qui ronge chaque parcelle de raison qui entrave une haine profonde et qui ne demande qu’à sortir, une bonne fois pour toute. Je ne le ferais pas. Je garderais le contrôle, entre mes paumes et je ne craquerais pas. Je ne lui donnerais pas se plaisir et si je veux continuer mon enquête sur ce type, j’ai tout intérêt à fermer ma gueule. Quoi qu’il se passe chez moi.

Le téléphone sonne.
Nous sursautons légèrement tous les deux, nos esprits étant à mille lieux d’ici. Nos regards se posent sur le combiné, attendant. L’adrénaline fourmille partout chez moi, impatiente de pouvoir déverser son flot d’énergie.
Une fois.
Deux fois.
Silence.

Mon regard se braque aussitôt dans celui d’Erika. Le message est clair et se diffuse entre nous sans aucun obstacle. Je la déteste, elle me déteste… mais en cette seconde, là où nos corps se tendent et que l’adrénaline vient d’exploser son barrage et se déverse à grand flots dans nos veines, une symbiose vient de naitre. Une synchronisation que nous pourrions croire inexistante entre nous. Et si nous étions moins cons nous pourrions y voir ici un signe que, peut-être, nous n’étions pas si mal dans ce duo forcé.
Je glisse d’un geste rapide mais adroit, les photos dans leur enveloppe, la repositionne là où je l’ai trouvé et entreprend de fermer l’armoire après avoir rapidement vérifié que je n’avais rien dérangé de trop suspect. Erika se glisse dans la salle de bain et mon cerveau s’agite pour me trouver un endroit qui ne me donnera pas en pâture à Robertson à la seconde où il entrerait dans la pièce. La porte d’entrée donne sur un couloir de moins de deux mètres de long qui mène à la chambre, donnant une vue directe sur le lit, mais pas à la TV ni à la petite table, toutes deux dissimulées par l’angle du mur. Et c’est là que je me glisse. Dos collé à la paroi, à deux mètres à peine de la porte d’entrée, caché par l’angle.

Avec une infime précaution, je glisse la main sous ma veste et en tire mon glock. Mes deux mains enserrent la crosse et y assurent leurs prises. Sentir le métal froid et la puissance de l’arme sous mes doigts me donne une nouvelle assurance, prêt à bondir sur sa gueule d’enfoiré pour le sortir d’ici, menotté pour qu’il puisse répondre de ses actes devant la Justice. Devant les parents de tous ces gamins tués.
La poignée tourne, les mécanismes s’enclenchent. Je jette un dernier coup d’œil à la salle de bain où je ne distingue pas Erika… Signe qu’elle est suffisamment bien dissimulée pour être à l’abri du premier coup d’œil. Je sais qu’elle capte mon regard, je sais qu’elle aussi est entrain de réguler son rythme cardiaque afin de garder le contrôle. Chez moi c’est un geyser d’émotions. La porte s’ouvre. Sang et adrénaline pulsent ensemble, en une symbiose et en parfait accord. Ils ne font qu’uns, jusqu’à mon cerveau, me donnant la sensation que chaque sens se décuplent. Je revois ces corps d’enfants, ces visages, ces expressions. La douleur. Le sang. La torture.

Les pas s’engagent dans le couloir. Je me redresse, me calle un peu plus contre le mur malgré ma carrure, toujours le glock bien en main. Et il dépasse l’angle dans lequel je suis dissimulé, son corps m’apparait. Grand, de musculature sèche mais sportive, démarche assurée. Cheveux courts grisonnants. Il jette un sac sur son lit. Je bloque ma respiration.

Deux pas me suffisent pour me planter derrière lui, campé sur mes deux pieds, arme pointée sur son crâne.

- Lève tes mains, espèce d’ordure. Et en douceur si t’as pas envie de te faire troués comme une foutue passoire.

Il sursaute à peine. Comme s’il s’attendait à tout moment de nous voir. Erika ne bouge pas de sa planque et elle fait bien. Il faut un coup d’avance et elle reste notre seconde effet de surprise si jamais besoin est. Mais mon esprit se concentre sur le crâne de ce fils de chien, me voyant déjà le détruire sous mes phalanges. Ma respiration s’écourte et la scène me semble longue, se dérouler sur plusieurs minutes alors qu’en réalité, seulement deux secondes s’écoulent entre mes mots et la suite.

Le coup part à une vitesse à laquelle je ne m’attendais pas. Le poing de Robertson vient violemment s’abattre sur mon avant-bras, me déstabilisant une fraction de seconde. Une fraction de seconde de trop.

Les évènements s’enchainent avec violence, à une vitesse inouïe. Il tente de me pousser en me fonçant droit dessus. Il me saisit par la taille et me plaque avec force au mur derrière moi, comme un rugbyman voulant me faire reculer de la ligne de marquage et mon souffle se coupe sous le choc. Je laisse alors agir mes réflexes de flics, ceux qu’ils nous enseignent au combat en cas de besoin. J’abats ma crosse une première fois sur son épaule alors qu’il tente de fuir, puis une deuxième fois contre son arcade qui éclate sous le choc. Il titube en arrière et pas une seule fois je ne réfléchis à pointer de nouveau mon arme sur lui pour le tenir en joue. Non, pas une seule fois je m’impose une distance physique parce qu’au contraire, j’ai besoin de le sentir contre moi. De sentir ma violence contre la sienne. De lui montrer qu’il n’est pas Dieu, qu’il n’est Maitre de rien. Je me précipite à sa rencontre mais Robertson se reprend vite, trop vite. Et je remarque à quel point ses gestes sont précis. Cet enfoiré exerce l’art du combat.
Il esquive mon uppercut et abat ses phalanges contre ma mâchoire, puis une deuxième fois, entrainant mon cerveau dans une spirale douloureuse et flou, les couleurs se mélangeant comme la palette d’un artiste défoncé. Je sens sa présence non loin de moi, tentant vainement de fuir en me contournant mais je m’élance à l’aveugle, réussissant à le faire trébucher contre la porte de la salle de bain qui se ferme dans un claquement sonore, faisant tomber au passage la table de chevet.

- Fils de pute.

Et mon poing s’abat sur sa pommette avant de le prendre par le col et de le jeter contre le mur derrière moi, son visage venant percuter la matière de pleine face. Je ne sens pas le sang qui coule sur ma tempe, je ne sens pas la douleur dans mon avant-bras. Je ne ressens rien, juste cette colère sourde et brutale, qui vous donne des envies monstrueuses aux allures de meurtre. Un déchirement de soi, un éclat de vous. Et durant tout ce temps, l’image des gosses défilent en boucle mais surtout celui d’Ethan. Ethan en sang.

Je m’approche d’un pas lourd alors que Robertson tente déjà de se relever malgré sa gueule en sang, prêt à se ruer de nouveau sur moi. Je n’entends pas la porte de la salle de bain qui s’ouvre derrière moi. Je n’entends plus rien que le battement de mon cœur qui tambourine à mes tempes.
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MessageSujet: Re: I won't show mercy on you now - Erika   Lun 10 Aoû - 22:22

Robertson entra dans la pièce à pas mesurés, ne marquant aucun temps d’arrêt avant de jeter son sac sur le lit. Silencieuse comme une ombre, Erika observa son partenaire apparaître derrière leur suspect, pointer son arme vers lui et le menacer de faire un geste de plus. De son point d’observation, elle ne voyait pas le visage de Robertson, seulement la moitié de celui de Cillian. Celui-ci réagit un temps trop tard quand le poing s’abattit contre son avant-bras. Il conserva néanmoins son arme. Réflexe. S’ensuivit alors un combat entre Cillian et Robertson dont la flic ne perdit pas une miette, prête à intervenir si les choses commençaient à déraper. Paradoxalement, elle restait simple spectatrice pour le moment, autant pour garder l’atout qu’ils avaient de ne pas avoir informé Robertson de sa présence, que parce qu’elle ne doutait pas des capacités de son partenaire. Au combat, il était certainement meilleur qu’elle et bien qu’elle ait de quoi maîtriser un suspect d’un gabarit supérieur au sien, elle n’était pas non plus aussi efficace que lorsque le poing de Cillian s’abattait sur le visage de Robertson. Question de force, voyez ? Elle en était consciente et avait l’intelligence de ne pas ramener son égo dans la partie. Elle n’avait pas à rougir de ses capacités et de ça aussi, elle en était consciente.

Robertson s’effondra brusquement dans son champ de vision et la porte de la salle de bains claqua. Erika ne dit pas un mot mais devint soudain aveugle à tout ce qui se passait dans la pièce d’à côté. Maudissant l’abruti aux biceps plus gros que son QI qui lui servait de partenaire et qui venait tout bonnement de leur griller leur atout, elle se déplaça le plus silencieusement possible pour coller très brièvement son oreille à la porte et écouter. Elle distingua la voix de Cillian, le bruit d’un poing qui s’abat sur un visage et le grognement qui en général n’oublie pas de suivre.  Que l’un ou l’autre mène la danse n’avait en fin de compte pas d’importance dans sa prise de décision. Elle devait sortir, révéler sa présence et faire état des lieux. La situation pouvait très vite dégénérer si celui sensé intervenir pour aider le premier était coincé ou aveugle aux événements se déroulant. Ce qui était le cas, présentement. Imbécile impulsif … râla-t-elle intérieurement tandis qu’elle se plaçait derrière la porte de sorte à minimiser le nombre de ses gestes et sortir le plus vite possible. Son Glock en main, elle ouvrit la porte d’un coup sec.

En une fraction de seconde, elle prit connaissance de plusieurs choses. Robertson appuyé contre le mur du fond à côté du lit, le visage en sang, l’air hagard de celui qui vient de s’en manger une belle. Henderson, dos à elle, le corps tout entier tourné vers leur suspect, les poings serrés de rage. Elle ne pouvait voir son visage de là mais son regard aurait sans doute suffi à lui faire dire qu’autre chose se tramait qu’une simple enquête sur un pédophile serial-killeur. Au lieu de ça, elle reprit simplement la situation actuelle en main et pointa son arme droit sur Robertson, parlant d’une voix qui ne souffrait aucune exception.

Mains en l’air Robertson. Exécution ! »

L’homme jaugea la situation une paire de secondes, semblant avoir du mal à réfléchir et reprendre son souffle en même temps, avant de décider que deux flics étaient sans doute trop pour lui pour le moment et de lever lentement les mains au-dessus de sa tête. Le tenant en joue, Erika laissa au bon soin de Cillian de menotter leur suspect. Une fois ficelé et hors d’état de nuire s’ils ne commettaient pas de bêtises, elle s’approcha des deux hommes et se tourna vers Henderson.

Tu vas tenir la route ? »

Elle le regarda sans le toiser, simplement pour vérifier qu’il ne s’était pas pris de coups vitaux  et qu’elle pouvait compter sur lui pour la suite de leur enquête. Elle était prête à prendre le relais à n’importe quel moment et sans lui demander sa permission mais elle gardait en tête qu’il s’agissait à la base de l’enquête de Cillian et non la sienne. Il avait bossé dur et longtemps pour réussir à dénicher ce connard, elle n’était pas de ceux qui lui grilleraient la politesse d’enfermer ce type. Après une affirmation de sa part, elle hocha brièvement la tête d’assentiment et se mit à rassembler les preuves qu’ils avaient trouvées dans la chambre et la salle de bains, sortant de ses poches et de celles de Cillian des sachets transparents destinés à protéger les preuves de toute contamination. Elle embarqua le paquet de photos, le sac et laissa le reste pour l’équipe scientifique qui se chargerait d’analyser la pièce du sol au plafond. Pendant ce temps, Robertson la regardait faire. Sans dire un mot. Il se réservait pour l’interrogatoire ? Si seulement ils étaient encore assez naïfs pour croire ça. Un suspect silencieux est souvent plus à craindre qu’un suspect qui parle trop. Un suspect silencieux sait, lui, le pouvoir du silence.

Mais qu’à cela ne tienne. Ils le feraient parler. Ils avaient largement de quoi exciter ses sens de prédateur pour le faire sortir de son repère et le pousser à la faute. En attrapant le paquet de photos, son regard croisa celui de Robertson et s’y arrêta. Il eut un sourire torve en reconnaissant sa collection de clichés et ne put s’empêcher de le montrer. Erika le considéra longuement, laissant l’effroi remonter le long de son échine mais ne pas apparaître sur son visage ni dans son esprit qui n’était qu’un océan de glace et de mépris sur lequel ce monstre viendrait briser ses os et sa volonté. Rien que ça oui.

Elle n’avait pas de cœur pour les violeurs ou les tueurs d’enfants.

Elle attendit qu’il détourne son regard du sien pour ensuite planter le sien dans les yeux de Cillian et formuler silencieusement une question : t’es prêt ? on peut y aller ?



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MessageSujet: Re: I won't show mercy on you now - Erika   Mer 12 Aoû - 19:15

Tu es là devant moi. Le visage en sang, tu essaie de te relever alors que je fais un pas de plus vers toi. Le temps semble s’être arrêté. Je suis là, devant toi. Et je ne sais même pas si c’est vraiment toi qui l’as tué, il y a 9 ans. Pourtant, toute cette haine et cette rage, je la dirige contre toi, enfoiré. Et ma seule envie, mon seul désir, est de te fracturer en un million de morceau, de faire éclater ta chaire, de t’entendre hurler pour enfin, puiser toute cette rage qui me consume depuis autant de temps. Et elle m’aveugle tellement qu’un détail m’échappe, un détail qui me reviendra plus tard, à un moment inopportun.
 
Il est de nouveau debout et la voix d’Erika me tire de cette transe meurtrière où je relâche, sous l’effet de surprise, mes poings serrés.
 
- Mains en l’air Robertson. Exécution !
 
Il nous jauge tous les deux, souffle court, du sang sur son visage. Il hésite et se demande comment il va se sortir de cette merde, on peut le voir dans ces yeux que ce fils de chien cherche une échappatoire. Pourtant, il ne tente rien de stupide et se plie à la demande d’Erika en levant les mains au-dessus de sa tête.  Je franchis les quelques mètres qui nous séparent en plongeant la main dans ma veste pour en sortir la paire de menottes. Je me glisse derrière lui et il émet une résistance lorsque je veux baisser ses bras pour les menotter. Je force un peu plus, quitte à lui faire mal et je pense qu’à ce stade, nous ne sommes plus à ça près. Les menottes glissent autour de ses poignets et je ne prends pas garde à vérifier si elles sont trop serrées. Comparé à tout ce qu’il a fait à ces gosses, ça n’est rien comme douleur. Absolument RIEN.
 
- Tu vas tenir la route ?
 
Je lève mon regard vers Erika qui pose ses yeux sur moi. Une petite décharge électrique se manifeste un instant, où j’ai pensé qu’elle savait, qu’elle était au courant de certaines choses avant de me rappeler que les seules personnes informées sont Alexeï et moi-même. Informées de mes recherches. Informées de mes suspicions.
 
- C’est à cet enfoiré qu’il faut poser la question.
 
Rire sec alors que j’attrape Robertson par le col et le fait avancé d’un pas. Les choses se mettent en place presque naturellement lorsqu’Erika rassemble les preuves, pendant que moi je plonge les mains dans les poches de mon jeans, toujours avec mes gants chirurgicaux. Je compose le numéro des collègues et leur demande rapidement de rameuter les équipes nécessaires à la fouille complète de la chambre et bien évidemment, que nous avons notre suspect. De leurs côtés, ils m’annoncent qu’une voiture est en route pour le mener au poste et que le reste suivra avec. Je passe un deuxième coup de téléphone auprès du chef que je préviens également et qui ne se retient pas de nous féliciter Erika et moi. Je ne regarde ni Robertson, ni ma partenaire qui s’affaire derrière moi. Ca n’est qu’à la fin de la série d’appels passés que je me reviens à eux et en particulier vers Erika qui m’interroge du regard afin que nous puissions partir. J’aurais tout le temps d’affronter cette ordure en interrogatoire, parce que oui, je compte bien m’y coller. Et crois-moi, enfoiré, je te ferais craché le morceau de toute ta merde commise.
 
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Dimanche 10 Avril – 15h30
 
Cinq heures qu’il est dans cette salle, à attendre. Cinq heures que nous le laissons mariner dans son jus. Dans une salle à peine éclairé, froide, sans rien sur les murs. Juste une table et deux chaises. Rien de plus. C’est ce qui s’appelle l’usure psychologique. L’interroger une première fois. Le laisser miroiter quelques temps. Revenir, faire pression. Le laisser de nouveau. Sans jamais le laisser dormir. Ni lui donné à boire et encore moins à manger. Nous sommes en garde à vue, en plein interrogatoire, pas au club med. La fatigue jouera son rôle, la pression également. Autant d’allier qui, je l’espère le fera plier. Sauf que Robertson n’a pas l’air d’être ce genre d’homme. Erika et moi étions derrière cette vitre où, lui, ne nous voyait pas, à l’observer. Visage fermé, inexpressif. Ni tendu, ni énervé, ni quoi que ce soit. Juste un visage, sans expression. Le visage de celui qui sait mais qui ne crachera rien. Le visage de celui qui détient une parfaite maitrise de soi, de ces mots. Je n’ai pas eu à insister pour être celui qui débutera l’interrogatoire, elle a fini par prendre la relève pour que j’en fasse de même par la suite. Et ça doit faire une bonne vingtaine de minute que je suis fasse à lui, à lui poser des questions bateaux auxquels il répond sans jamais se défaire de son masque. Le pire est qu’il répond sans détour. Ses enfants, sa femme. Son job, celui de s’occuper d’un taxi. On fait la conversation, tout simplement. Le mettre en confiance, peut-être le pousser à la confidence. Il m’esquisse parfois un sourire lorsqu’il parle de ses enfants et mon estomac se soulève.
 
Il sait ce qu’il a fait. J’ai le cœur qui bat à une vitesse vertigineuse mais pourtant, je ne me défais pas de mon calme, de mon sang-froid même si je sens cette lave lentement couler le long de mes veines. Je garde un ton détaché, presque amicale. Même s’il ne crache rien, il ne pourra nier plus longtemps les faits. Les photos sont là, les vidéos aussi. Les empreintes partout dans la salle de bain et surtout, ces petits cheveux repérer dans le lavabo qui nous servira de marque d’ADN pour le comparer ce à qui a été trouvé sur Lukas.
 
- Bon, j’te repose la question. Dimanche 27 Mars, 20 heures, où est-ce que tu étais et avec qui ?
 
Moment de silence, puis il parle de sa voix grave mais incroyablement douce. Ouais, dégueulassement douce.
 
- Je ne sais pas.
- Cherche.
- 27 Mars vous dites ? Un dimanche ? Il fait mine de réfléchir. Ça remonte à loin tout ça.
- Pourtant vous êtes un amoureux des détails d'après ce que j'ai pu voir.
 
Sourire en coin de sa part. Je reste impassible.
 
- Ça voudrait dire que vous avez mis plus d’un mois pour trouver une piste qui vous semble exploitable ?
- Réponds à la question.
- Un mois, c’est long pour des gars comme vous. Et combien de gamin ce sont fait tué entre-temps ? Combien n’avez-vous pas pu sauver ?
 
Il à l’assurance de celui qui possède un parfait contrôle de la situation et s’en est frustrant. Je suis toujours assit en face de lui, trahissant un rictus de dégoût. Il le perçoit, je me blinde à ce qu’il s’apprête à me dire. Il a le profil type d’un psychopathe. Ce regard froid, ce sourire malsain qui commence à naitre à la commissure de ses lèvres. Il me dégoûte et la fatigue commence à tirer les nerfs, les muscles. Aussi bien chez lui, que chez nous. Je termine d’une traite le café juste à côté de moi, sans lui répondre.
 
- Lukas, ça te dis quelque chose ?
- Non. Il y a des centaines de Lukas dans New-York. Des centaines que j’ai eues en tant que clients.
- Et tu as eu aussi des centaines de Lukas de 16 ans dans ton taxi ?
- Allez savoir. Encore un que vous n’avez pas réussi à retrouver à temps ?
- Contente-toi de répondre aux questions.
- C’est ce que je fais.
 
Il effrite mes nerfs mais je ne laisse rien paraitre, malgré cette lente envie de lui sauter à la gorge. On sait très bien comment fonctionne ces enfoirés mais ce n’est qu’une question de temps avant que nous n’ayons les résultats du labo qui l’inculperont aussitôt. Nous n’avions pas ressortie les photos depuis notre retour et ce n’est que pour cette partie de l’interrogatoire que nous l’avons fait. Pour lui « rafraichir » la mémoire.
Je n’ai pris que les clichés concernant les quatre premières victimes avec moi et lui présente celle de Lukas, encore en vie, bâillonné et à demi-nu.
 
- Toujours rien ?
 
Il réfléchit, ne tique même pas devant la photo. Il n’a absolument AUCUN remord.
 
- Il semble apeuré, le pauvre… Mais non. Ça ne me dit rien.
- Te fou pas de ma gueule.

Moment de silence et j'enchaine.

- Tu leur fait ça pour pas le faire à tes gosses, c'est ça? T'es ce genre de type?

Il tique. Je tiens une corde sensible.

- T'as envie de leur faire la même chose mais tu peux pas, ça te foutrais trop en danger. Alors tu te venge sur d'autre, en imaginant ton propre gamin à sa place?
- Vous ne savez rien.

Voix froide. Tranchante.

- Ah ça, j'en doute. Ou alors tu as ce besoin de le faire sur eux mais tu ne veux pas?
- Dites-moi, c’est quoi votre nom déjà ?
 
Je marque un léger temps de surprises face à ce retournement de situation, de questions. Je ne réponds pas, la photo sous mes doigts. Nos regards ne se lâchent pas et le sien, bleu glace, me transperce de part en part. Il a encore le visage gonflé par les coups et j’ai moi-même l’arcade légèrement bombée sous les points de sutures. Il attend, patiente et …
 
- Henderson, c’est ça ?
- Qu’est-ce que ça peut te foutre.
- Attendez… Lukas, ça ne me dit rien. Mais Henderson… ce nom me rappelle vaguement quelque chose.
 
Une douche froide s’abat sur mes épaules.
Mon cœur s’emballe violemment.
La lave entre en fusion et crame, chaque parcelle de mon corps.
 
Robertson s’est redressé, mains menottées dans le dos, faisant mine de se rappeler de quelque chose avant de s’affaisser. Presque déçu.
 
- Ah non, au temps pour moi…. Il plante de nouveau son regard vers moi. Ça doit être un ami de longue date que je n’ai pas vu depuis longtemps. Huit ans, peut-être bien.

Je n'ai pas remarqué que la photo s'était crispée sous mes doigts, complètement chiffonnée puisque la seule chose que je fixe, c'est son sourire sadique. Malsain. L'éléctrochoc est violent à la seconde où mon cerveau relit enfin les informations.

On a retrouvé sur Ethan et Lukas le même ADN. Alexeï me l'a confirmée.
Les photos et les vidéos du meurtre de Lukas ont été retrouvé chez Robertson.

Mon cœur palpite avec force alors que j'imagine ce type assassiner ces enfants. Mon frère. Il a touché à mon frère. Ce fils de pute l'a torturé... violé. Torturé une nouvelle fois jusqu'à ce qu'il en meurt. Mon frère. Ethan. Ma chaire et mon sang, celui que je me suis juré de toujours protégé a été massacré par cet enfoiré. Seulement une poignée de seconde s'écoule avant que je ne sente une rage sourde, profonde et violente exploser chez moi. Celle qui vous fait perdre contrôle. Celle qui me pousse, en un seul élan, plus agile que nous pourrions le croire, à me jeter sur lui. Sa chaise tombe à la renverse et je passe déjà par-dessus la table, comme nous le faisions lors de nos parcours militaire par-dessus les murets et cette fois, plus rien n'existe. Absolument plus rien. Je ne suis plus flic. Je ne suis plus dans une salle d'interrogatoire. Je ne suis plus Cillian. Je suis simplement un homme voulant venger son frère. Il n'est plus Robertson. Il est simplement un homme qui a assassiné ledit frère. Et ma rage explose au centuple, se déverse et je ne m'entends pas hurler de rage. Je n'entends plus rien, un acouphène se créer, ma vue se rétrécie et se concentre uniquement en un tube sur son visage à LUI. Et mes poings pleuvent. Avec une violence insoupçonnée. Et à chaque phalange rencontrant sa pommette, c'est un cri d'Ethan qui retentit dans mon esprit. Une image. Ses suppliques. Mon prénom, à moi. Son frère. Pour que je vienne le chercher. Mais je ne suis pas venu. Je ne l'ai pas sauvé. Il me l'a enlevé. Il l'a tué de la pire des manières. Et mon poing s'abat une deuxième fois sur lui alors que je suis à califourchon sur son torse.

Crève.
Ordure.
Crève.

Une troisième fois pour un troisième coups. J'en veux encore. Je veux sentir ses os se rompre sous mes phalanges. Je veux l'entendre chialer, je veux qu'il me supplie. Je veux qu'il ressente au centuple ce qu'il a fait subir à Ethan. Je veux y passer la journée. La nuit. A le massacrer. Tu m'as enlevé mon frère fils de pute.

Une force inconnue intervient. Elle se répend sur mes épaules, puis sur mon torse et enfin le tour de ma taille. Je me débats comme un lion en cage, comme un fou furieux qui ne possède plus une once de raison. Je ne vois toujours rien, ayant en gros plan le visage de mon frère se superposant à celui de Robertson en sang et ça n'est que lorsque je me sens projeter contre un mur, dans une salle plus sombre et que ma tête rencontre la surface dure que je reprends mes esprits, souffle court. Je porte mes doigts à mes tempes avec l'envie furieuse de hurler de rage, d'exploser tout ce que j'ai à porter de main. Je n'ai plus rien sous contrôle. Absolument plus rien. Seule Erika se trouve dans la pièce dont sa voix s'élève et je n'en comprends pas le sens. Rien. Je ne veux rien.

Appuyé sur le mur, je tremble, je suffoque et un cri m'échappe. Court, brutal. Mon poing part dans la seconde avec autant de violence qu'il s'est abattu sur le visage de Robertson, dans le mur à côté de moi dont le placo se fissure et s'effrite.

Plus de douleur physique. Plus rien que celle qui me transperce le cerveau.
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MessageSujet: Re: I won't show mercy on you now - Erika   Mer 12 Aoû - 22:37

Tandis qu’elle ramassait les preuves les plus évidentes, celles qui permettraient de faire parler Robertson ; Cillian passait des coups de fil, informant l’équipe d’intervention et l’équipe scientifique de leurs trouvailles, confirmant à leur chef l’arrestation du suspect avant de raccrocher et de se tourner vers elle pour confirmer qu’ils pouvaient lever le camp. Elle les preuves en main, lui Robertson menotté, ils sortirent de la chambre puis de l’hôtel.
Le trajet s’effectua dans le plus grand des silences. Cillian au volant avait le visage fermé et le regard dur au même titre que la jeune femme qui ne se sentait pas de discuter pour le moment. Pas avec leur monstre ficelé à l’arrière de la voiture, prêt à tendre l’oreille à leur moindre conversation même la plus banale. Les battements de son cœur s’étaient calmés depuis que Robertson était menotté et sous bonne garde. Elle n’excluait pas un petit effet de surprise de sa part et ne commettait donc pas l’erreur de sous-estimer leur adversaire. Elle le surveillait dans le rétroviseur intérieur, sa main posée sur son Glock, prête à agir au moindre geste suspect. L’homme puait la confiance en soi et traînait sur son visage cette espèce d’angélisme qui sonnait faux, regardant nonchalamment par la fenêtre comme s’ils se baladaient en taxi new-yorkais. Il allait leur donner du fil à retordre en interrogatoire celui-là. Elle le sentait alors même qu’il n’avait pas encore ouvert la bouche. C’était sa façon d’être, de la regarder, de détailler ses prunelles sans aucune pudeur, aucun respect, de sourire quand Cillian l’avait insulté ou lorsqu’elle avait saisi les photos. Ils avaient ni plus ni moins à faire à un pervers.

Arrivés au poste, la procédure d’interrogatoire commença par l’isolation de leur suspect dans une pièce sans fenêtre, décharnée, éclairée par un seul plafonnier de façon à rendre l’atmosphère froide. Deux policiers l’assirent sur une des chaises composant la salle, laissant l’autre de l’autre côté de la table vide pour les enquêteurs et prenant soin de lui laisser ses menottes. Cillian et Erika passèrent devant la pièce sans un regard, entrant dans la pièce juste à côté, reliée à la précédente par un miroir sans tain. Celle-ci était un peu plus meublée que sa voisine et comportait notamment un ensemble d’écrans permettant plusieurs angles de vue de la pièce et un système audio donnant libre accès à la conversation de l’autre côté du miroir sans que cela soit pour autant perceptible par les suspects. Cela étant toute personne ayant vu au moins une fois un film policier …

Les cinq premières heures se passèrent sans passage de leur part dans la salle d’interrogatoire. Erika et Cillian avaient été à la même école et connaissaient la meilleure manière de mener un interrogatoire qui s’avérerait psychologiquement difficile. Il fallait avant tout user nerveusement leur cible et ils avaient comme n’importe quel être humain normalement constitué, plusieurs leviers pour ça. Le lieu déjà, l’absence d’eau, de nourriture, l’inconfort de la chaise, le passage de policiers subalternes demandant ceci, confirmant cela, ne répondant à aucune autre question. L’absence de repères spatiotemporels était aussi souvent le plus efficace. Les gens pensaient passer des jours quand ils ne restaient qu’une poignée d’heures. Elle n’aurait pas été jusqu’à dire qu’ils perdaient la raison mais cette pièce vide de tout sauf de vérités faisait souvent l’effet escompté.

Pas aujourd’hui cependant.
Assise à moitié sur la table, une jambe encore tendue au sol, Erika tenait le paquet de photos trouvées dans la chambre dans une main sans y toucher pour le moment. Son regard était fixé au-delà du miroir sans tain, par-dessus l’épaule de Cillian à qui elle avait laissé la priorité pour l’interrogatoire. Les questions et les réponses qui suivaient étaient audibles après qu’elle ait branché le haut-parleur. Elle écoutait tout en fixant les expressions du visage de Robertson. Si une part d’elle était fascinée par son self-control alors qu’elle voyait d’ici la tension dans les épaules de son partenaire, le reste observait, apprenait, s’adaptait, cherchait la faille, tentait de percer cette épaisse barrière derrière laquelle leur suspect se protégeait. Il était intelligent, il fallait lui reconnaître ça. Là où les questions de Cillian se voulaient précises et attendaient une réponse toute aussi précise, Robertson esquivait, louvoyait dans son discours pour ne jamais avoir à répondre directement. Henderson, fort heureusement, était aguerri de ce genre de serpent et recentrait, reposait la question, gardant son calme autant que possible. Il fit même tiquer Robertson en lui parlant de ses enfants, réaction qui n’échappa pas non plus à Erika. Elle eut un sourire, rassurée sur la méthode de son bourrin de partenaire et tâcha de se concentrer sur les photos qu’elle pourrait bien présenter à Robertson. Celles qui ressemblaient le plus à ses gamins par exemple. Elle n’écouta plus que d’une oreille distraite ce qui se disait, étalant les photos sur la table derrière elle, analysant chaque cliché un peu mieux que le rapide coup d’œil qu’elle avait jeté dans la chambre.

Retranchée derrière son regard d’expert, couverte par sa fonction de Detective de police, elle surmontait facilement l’horreur qu’elle avait à nouveau sous les yeux. C’était vital dans leur boulot de savoir garder son sang-froid quelle que soit la situation. Particulièrement lorsqu’ils avaient à faire à des monstres sournois et intelligents comme Robertson qui n’hésiteraient pas une seconde à s’introduire dans les failles de leur discours. Cela faisait aussi partie des raisons pour lesquelles elle adorait son métier, aussi dur soit-il. Il la poussait à dépasser constamment ses capacités. Rien ne devait être insurmontable, s’il lui fallait plus de sang-froid, plus de force, plus de dextérité, plus de réflexions à l’égard d’une enquête. Qu’à cela ne tienne. Elle travaillerait quatre fois plus pour obtenir justice. Elle n’avait rien de plus ancré dans son âme que son sens de la justice et le besoin de ne pas laisser des ordures comme Robertson obtenir gain de cause et liberté face à ses victimes. Alors regarder les photos de ses crimes, la souffrance de ces gamins, l’horreur dans leurs yeux écarquillés ne la faisait pas trembler. Au contraire. Cela lui donnait soif de vengeance. Une vengeance froide et implacable. Briser l’idée que les flics ne les rattraperaient pas ou n’étaient pas assez malins pour détecter les anomalies, repérer l’illogisme de tel ou tel acte qui conduisait généralement droit aux suspects. Attention et patience, les maîtres mots du chasseur. Ce qu’ils étaient aujourd’hui. Des chasseurs.

Qu’est-ce que ça peut te foutre. »

Erika releva une seconde la tête des photos pour regarder les écrans devant elle. Le ton montait et Cillian montrait clairement des signes d’agacement tandis que le visage de Robertson reflétait toujours autant ce calme doux et paisible de celui qui ne cédera pas. Attrapant les trois photos qu’elle avait sélectionnées pour son interrogatoire, elle décida de prendre le relais d’Henderson, il commençait à s’énerver, il allait se faire avoir là-dessus. Son regard passa machinalement sur un nom qui sonna étrangement familier et stoppa net son geste de rassembler les photos. Posant celles qu’elle avait choisies, elle attrapa celle qui avait attiré son attention, fronça les sourcils et relut le nom une deuxième fois. Elle l’avait peut-être trop vite déchiffré la première fois et prit un raccourci ?

Henderson.
Ethan Henderson.


Les rouages de son esprit semblèrent se mettre en marche seuls, faisant le lien, expliquant certaines choses, envisageant des possibilités, mesurant les risques, évaluant le danger immédiat d’un pervers pédophile tueur d’enfants responsable de la mort d’un membre de la famille de l’inspecteur situé juste en face de lui dont les nerfs devaient se retenir depuis le début de l’enquête. Il lui fallut une seconde pour bondir hors de la pièce et héler les premiers venus dans le couloir. Elle entendait déjà le bruit de la chaise racler violemment contre le sol de la salle d’interrogatoire.

Vous deux, avec moi ! »

Les deux policiers en uniforme se précipitèrent à sa suite dans la pièce où Cillian, à califourchon sur Robertson lui refaisait déjà le portrait en hurlant de rage. Ils marquèrent un léger temps de surprise que ne se permit pas d’avoir Erika qui se jeta sur son partenaire pour le ceinturer un bras au-dessus de l’épaule un autre sous l’aisselle et usa de tout son corps pour l’éloigner assez, le temps pour les deux policiers de tirer Robertson à l’écart. Cillian se débattait comme un beau diable dans l’étreinte solide de la jeune femme et elle remercia Dexter son ancien partenaire de lui avoir appris à se servir non pas simplement de la force de ses bras mais de celle de l’ensemble de sa ceinture abdominopelvienne pour contrôler des géants comme Cillian. S’il lui en collait une, elle n’était pas certaine de ne pas s’écrouler avec une commotion mais pour le moment, il semblait ne pas ressentir le besoin de l’agresser malgré ses gesticulations. Sans broncher, elle le tira hors de la salle d’interrogatoire après avoir ordonné d’une voix sèche aux deux policiers de contrôler l’état de Robertson. Pas question qu’ils se retrouvent en plus avec une injonction de son avocat au cul pour maltraitance et abus de pouvoir. Arrivée tant bien que mal dans la pièce à côté, elle n’eut aucune espèce de remord à balancer son partenaire contre le mur le plus proche pour qu’il s’y remette les idées en place. Fou de rage, Cillian retint malgré tout son ‘atterrissage’ et se tourna brutalement vers elle comme pour faire face à l’agression. Sans perdre une once d’aplomb malgré le danger que pouvait représenter son partenaire à cet instant, Erika fit un pas vers lui, volontairement offensif. Son visage transgressait toutes les règles du self control et n’exprimait que sa colère de le voir ainsi perdre le contrôle sur lui-même. L’ex-soldat ne sembla même pas la voir et s’appuya finalement sur le mur en soufflant comme un buffle. Son cri de rage ne fut rien comparé au poing qui s’abattit violemment dans le mur. Là, Erika perdit toute patience.

HEY ! » l’interpella-t-elle en aboyant de la même rage que lui.

Captant son regard, elle ne le lâcha plus et s’avança jusqu’à lui pour lui faire face de toute sa hauteur. Elle remercia ses parents de l’avoir dotée d’une taille telle que seuls 7 malheureux centimètres la séparaient du haut du crâne de Cillian et lui permettaient ainsi de leur regarder droit dans les yeux sans avoir l’air d’une naine. Sachant pertinemment que si elle criait, elle serait entendue de tout le district, elle prit sur elle de l’enguirlander à voix basse.

Non mais tu te crois où là ? Ta connerie c’était congénitale ou t’as appris ça à l’armée ?! Non mais dis-moi parce que comme ça je saurai si c’est curable ou pas ! Mais qu’est-ce qui te passe par la tête bon dieu Cillian, c’est un SUSPECT ! Si tu lui cognes dessus, t’es capable de ruiner l’enquête et c’est du pain béni pour les avocats de ce mec-là ! T’as réfléchi à ça ?! Tu veux qu’il s’en sorte ? Tu veux qu’il ressorte de là les mains dans les poches et aillent violer et tuer d’autres gamins ? Non ?? Alors ressaisis-toi bon dieu de merde ! »

Se passant une main rageuse dans les cheveux, elle se détourna un instant de lui avant de revenir à la charge, son regard balayant le sol cette fois. Elle se souvenait de la photo, de ce que cela pouvait représenter pour lui de savoir le meurtrier d’un membre de sa famille, assis là, tranquillement. Son ton se fit plus calme bien que toujours en colère contre lui.

C’est pas en perdant patience qu’on l’aura celui-là. Faut que tu t’calmes ! On rend pas justice en explosant la face des gens. Pas quand on bosse pour la police ! »

Elle le regarda, scrutant sa réaction en lui demandant :

C’était qui Ethan par rapport à toi ? »

Elle attendait un minimum de sincérité de sa part après son coup d’éclat. Ils étaient partenaires quoi, merde. C’était son enquête à elle aussi et surtout c’était son partenaire. Il lui devait bien ça. Non ?



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MessageSujet: Re: I won't show mercy on you now - Erika   Jeu 13 Aoû - 11:52

Rage expulsée, colère exprimée, le corps me rappelle son existence avec une chaleur dérangeante envahissant toute ma main droite qui me donne la sensation d’y contenir un cœur battant à tout rompre. La douleur s’insinue, comme des millions d’aiguilles s’insinuant entre mes os alors qu’un liquide chaud ruissèle doucement sur mes doigts. Mon souffle court, les images ne cessent de venir m’envahir le cerveau et s’imposer à moi pour me rappeler l’horreur de la situation. D’un sous-entendu à peine dissimulé, m’a avoué qu’Ethan a été à son contact, qu’il l’a eu entre ses mains. «Un ami de longue date ». Huit ans ? Non, neuf. Plus ou moins. Toutes ces années à savoir son criminel quelque part dans la nature et maintenant, le voilà. Je l’ai eu en face de moi, il m’a regardé droit dans les yeux et m’a offert son sourire dégueulasse. Celui qu’il a dû servir un million de fois à tous ceux qu’il a eu entre ses paumes assassines.
Une boule me monte le long de la gorge alors que le sang me bat aux tempes et que je me passe une main dans les cheveux, Erika venant me confronter en face à face. Erika. J’avais presque oublié sa présence alors que les évènements de ces deux dernières minutes me semblent flous, comme inexistantes et étant le fruit de mon imagination. Une explosion s’est produit et je n’ai pas su la contrôlé. Comment aurais-je pu ? Avec ce type en face de moi. Responsable de la mort de mon frère. Comment j’pouvais garder mon calme ? C’est une chose à laquelle j’aurai dû y penser, bien avant de rentrer dans cette salle. Pourtant, une part de moi savait quelque part que si ça devait être lui il fallait que je le vois. Que je m’installe en face de lui pour l’écouter parler et m’avouer toutes les saloperies qu’il a faites durant sa pitoyable et misérable vie.

Le regard d’Erika me fusille sur place et c’est foutrement pas le moment. Non, foutrement pas le moment. Parce qu’elle ne me connait pas, elle ne sait rien de moi, s’amusant à passer son temps à me prendre pour la pire des merdes et le pire des débiles qu’elle ait pu rencontrer. Mais toi, tu es quoi de plus dis-moi ? A part une psychorigide à la con qui veut absolument tout contrôler ? Qu’est-ce qu’il se passera quand tu laisseras ta putain de fierté prendre le dessus et que ça te coutera quelque chose. Qu’est-ce qu’il se passera quand le contrôle t’échappera dans son intégralité.
Je me redresse de toute ma hauteur et même si elle est à peine plus petite que moi, ça ne m’empêche pas de me redresser un peu plus, par instinct. Par colère. Nervosité.

- Non mais tu te crois où là ? Ta connerie c’était congénitale ou t’as appris ça à l’armée ?! Non mais dis-moi parce que comme ça je saurai si c’est curable ou pas ! Mais qu’est-ce qui te passe par la tête bon dieu Cillian, c’est un SUSPECT ! Si tu lui cognes dessus, t’es capable de ruiner l’enquête et c’est du pain béni pour les avocats de ce mec-là ! T’as réfléchi à ça ?! Tu veux qu’il s’en sorte ? Tu veux qu’il ressorte de là les mains dans les poches et aillent violer et tuer d’autres gamins ? Non ?? Alors ressaisis-toi bon dieu de merde !

Gueule comme tu veux, ça ne changera rien. Et je ne desserre pas les dents. Tes insultes sur mon passage à l’armée, tu te les carres où j’pense. Alors que la rage semblait redescendre d’un étage, elle refait subitement surface. Toi aussi, tu me les brises, bordel. Je sais qu’elle a raison sur un bon nombre de points, que si le suspect décide de porter plainte pour abus de pouvoir, c’est pas l’enquête qui en pâtira, c’est ma carrière. Avec les preuves que nous avons contre lui, il ne sortira pas de cette cellule. Il ne sortira jamais voir la lumière du jour parce que j’y veillerais.
Et non, je n’ai réfléchis à rien parce que je n’en avais plus la faculté à la seconde où il a insinué connaitre Ethan et où j’ai compris qu’il était celui qui l’avait assassiné. A cette seconde-là, tous s’est mis en OFF chez moi. Le contrôle, la maitrise, le sang-froid et la raison se sont fait la malle. Et j’ai eu ce besoin irrépressible de le détruire. Mais ça, elle ne le comprend pas. Parce que son seul objectif, c’est cette putain d’enquête. J’peux pas lui en vouloir et elle a raison de se concentrer sur ça. Sauf que moi, je n’en suis pas capable. Pas là, pas maintenant. Pas quand cette pulsion meurtrière tambourine à mes tempes.

Je reste droit, comme si je faisais face à une hiérarchie supérieure militaire, souffle toujours court. Mâchoires et poing serrés. Ne titille pas trop ce qu’il se passe avant que tout ne recommence. Je repense aux conseils du psy, je repense à tout ce qu’elle a pu me dire pour m’aider à me sortir de ma culpabilité d’avoir conduit Sam à la mort, à ma culpabilité de ne pas avoir pu sauver Ethan, mais ça ne fonctionne qu’à moitié.

Qu’est-ce que j’vais dire à mes parents ?
Et à toutes ces familles qui vont suivre dont certains n’ont jamais revu le corps de leur enfant.
Ça fait partie de notre boulot, c’est notre job… mais l’idée qu’Ethan en fasse partie rend les tout de suite les choses bien plus compliquées. La douleur m’élance plus fort, une crampe me saisit l’estomac et la nausée me submerge. J’inspire. J’expire. Ne craque pas. N’explose pas. Le contrôle, Cillian.

- C’est pas en perdant patience qu’on l’aura celui-là. Faut que tu t’calmes ! On rend pas justice en explosant la face des gens. Pas quand on bosse pour la police !

Sa voix se fait plus douce mais ses mots n’en restent pas moins assassins. Ça monte encore et encore.
Respire.
Inspire.
N’explose pas, elle en fait que son job.

Respire encore. Contrôle ce flot qui se déverse. Ne pense pas à l’ordure de l’autre côté de la vitre. Un souffle de satisfaction se manifeste alors que j’imagine sa gueule en sang. Si tu savais tout ce que je pourrais te faire enfoiré.
Elle me scrute, je ne lâche pas son regard, transpirant la haine. Transpirant le dégoût et tout autre chose qui pourrait s’en rapprocher. T’as encore une saloperie à me balancer au visage ? Un autre truc sur l’armée ? Vas y. Traite moi encore de singe ou de labrador. Comme si les bruits de couloirs n’existaient pas Stojanovic.

- C’était qui Ethan par rapport à toi ?
- Tu l’as vu parmi les photos, c’est ça ?

Elle me scrute. J’ai ma réponse et un ouragan s’abat sur mes épaules.
Je lâche un ricanement sec, mêlé d’une envie de claquer cette porte et de me tirer d’ici, au plus vite. Ethan. Elle sait, elle l’a vu, il est dedans parmi toute cette mort, toute cette torture. Je me fracture de seconde en seconde mais je ne mesure en aucun cas l’ampleur des dégâts.

- Tu veux savoir pourquoi j’ai essayé de massacrer ce type ? Parce qu’il a torturé, violé et de nouveau torturé mon frère jusqu’à ce qu’il en crève, comme si c’était sa putain de poupée de chiffon. Ethan Henderson. C’était MON petit frère. Il l’a eu entre ses mains, il l’a kidnappé il y a 9 ans alors qu’il trainait avec un pote. On l’a retrouvé 4 jours plus tard, nu, violé et tabassé à mort.

Je ne la lâche pas du regard alors que durant mon discours, je pointe du doigt la vitre pour désigner Robertson, tremblant de rage à nouveau.

- Il m’a enlevé mon frangin. Il en a tué une trentaine d’autres. Il n’avait que 17 ans. Juste … 17 ans. Et ça fait 9 ans qu’on vit avec ça sans savoir où est ce type, qui l’a tué, qui lui a fait ça. Et maintenant, j’ai cette ordure en face de moi Erika. J’ai peut-être fait une connerie en lui sautant sur la gueule mais il a massacré mon propre frère. Tu vas m’dire que t’aurais pas réagi toi ?

Je secoue la tête et me redresse, arrivant à un stade où je n’ai plus rien envie de retenir ou de tenir en laisse. Ces conneries ont assez durées et je suis en proie à une haine profonde qui menace d’exploser à tout moment. Alors je lâche la bride et la regarde toujours, sourcils froncés, chassant au mieux cette pulsion qui me cogne chaque partie de mon être.

- Tu m’prends pour un con et un débile depuis le début. Tu crois que j’sais pas ce que tu craches sur ma gueule en me donnant le surnom du singe ou du labrador ? Tu crois que j’lui ai sauté sur la gueule parce que j’avais juste envie et parce que c’est un enfoiré ?A lors, non. Je n'ai pas JUSTE perdue patience. Sous prétexte que j’ai fait l’armée, je n’suis pour toi qu’un putain de connard stupide sans la possibilité d’une once de réflexion, c’est ça que tu penses faut pas être devin pour le comprendre. Tu crois qu’un soldat ne sait pas réfléchir et additionner deux plus deux. Grande nouvelle pour toi : Pendant que tu gardes ton cul bien gentiment posée derrière ton bureau à traquer des fils de putes comme celui qu’on a derrière cette vitre, il y a un millier de mecs et de nanas comme moi qui sont envoyés au front pour une guerre qu’on n’comprends pas avec pour unique but : Protéger toute la population qui nous crache à la gueule.

Il faut que ça sorte, parce que j’arrive à un point de non-retour et que si je ne crache pas mon venin tout de suite, je vais faire la pire connerie de ma vie. Retourner dans cette salle, l’achever et terminé en taule. La colère que m’a provoquée Robertson joue un rôle majeur dans mes propos même si je les pense, mais si Ethan n’était pas impliqué dans cette histoire je ne l’aurai probablement ouverte avant un petit moment. Seulement, les faits sont là. Je craque et tout ça commence à me gonfler. Leur manière, les siennes, ne sont pas les bienvenus tout simplement. Parce que ça n’est pas le moment, même si c’est foutrement égoïste. J’demande pas à ce qu’elle me plaigne et qu’elle vienne chialer sur mon épaule, juste qu’elle comprenne. Qu’elle comprenne tout ça et qu’elle arrête de me prendre pour un incompétent et pour un débile profond.

- J’te remercie pour le cours de conduite Prof’, mais j’suis au courant de tout ça. Tu passes ton temps à m’emmerder avec tes petites réflexions à la con sortie tout droit de la bouche d’une psychorigide qui veut absolument tout contrôler. J’en ai ras le cul d’essayer de faire des efforts parce que Madame la Duchesse de mes deux fait son petit caprice et n’veut pas faire équipe avec un type qu’elle croit décérébrer.

Ma voix est froide, tranchante, rauque, mais je ne bouge toujours pas. Je ne l’assassine même pas du regard, je me contente de la fixer sans jamais la lâcher. Remettre les pendules à l’heure. Pourquoi ? Parce que si elle continue à me prendre pour la dernière des merdes, j’y arriverais pas. Parce que si je fais équipe avec une coéquipière sur laquelle je ne peux pas compter, j’arriverais jamais au bout de cette enquête sans y laisser ma carcasse. On m’a toujours apprit à bosser en équipe, à compter sur l’autre et inversement. Mais même si sur le terrain nous arrivons à nous coordonner avec une aisance déconcertante, les faits sont là : On se marche dessus comme des gamins dans une cours de récrés. Nous sommes censés nous épauler, nous garder debout pour que l’un et l’autre réussisse à faire face à tout ce qu’on traverse malgré ce qu’il se passe à côté de nos uniformes.

Encore une fois, j’suis pas là pour faire pleurer les chaumières parce qu’au fond, j’en ai rien à foutre de savoir comment elle me considère, pour qui elle me prend mais tout ça commence à prendre des ampleurs qui me ronge de l’intérieur et qui me tape sur les nerfs. Ca fait faire presque 4 mois que nous faisons équipe et les coups de crasses n’en finissent plus. Les piques acerbes envoyées à la gueule, non plus. Ça pourrait paraitre bon enfant si on sentait que ça n’était pas sincère, sauf que c’est pas le cas. Elle peut pas m’voir en peinture et j’suis clairement entrain développer une allergie contre elle.

- T’en fais pas, l’enquête n’en pâtira pas. J’assume l’entière responsabilité de mes actes, si c’est ça qui t’inquiète.

Tout ce qui concerne mon frère, je l’assume. Et si je dois retourner dans cette salle pour l’achever une bonne fois pour toute, je le ferais sans hésitation. Parce que je ne cesse pas de me refaire ce film, de l’imaginer hurler sous la torture, pleurer que tout ça s’arrête pour de bon. Mes yeux dévient vers le vitrage qui me laisse entrevoir un Robertson, nez en sang, prit en charge par un infirmier de chez nous. Mes membres ne tremblent plus. Cette colère en ébullition vient de se figer en une rage sourde et froide. Rigide, comme un bloc de ciment qui me tombe dans le creux de l’estomac.
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MessageSujet: Re: I won't show mercy on you now - Erika   Jeu 13 Aoû - 21:07

C’était qui Ethan par rapport à toi ? »
Tu l’as vu parmi les photos, c’est ça ? »

Erika garda le silence et scruta le visage en face d’elle un bref instant avant de hocher la tête une seule fois. Oui, elle l’avait vu parmi les photos. La réponse informulée eut l’effet d’un ouragan sur Cillian, fixant d’abord le vide entre eux avant de brusquement lâcher un rire sec et lui faire à nouveau face du haut de toute sa fureur.

Tu veux savoir pourquoi j’ai essayé de massacrer ce type ? Parce qu’il a torturé, violé et de nouveau torturé mon frère jusqu’à ce qu’il en crève, comme si c’était sa putain de poupée de chiffon. Ethan Henderson. C’était MON petit frère. Il l’a eu entre ses mains, il l’a kidnappé il y a 9 ans alors qu’il trainait avec un pote. On l’a retrouvé 4 jours plus tard, nu, violé et tabassé à mort. (Son doigt pointa la vitre derrière laquelle se trouvait Robertson.) Il m’a enlevé mon frangin. Il en a tué une trentaine d’autres. Il n’avait que 17 ans. Juste … 17 ans. Et ça fait 9 ans qu’on vit avec ça sans savoir où est ce type, qui l’a tué, qui lui a fait ça. Et maintenant, j’ai cette ordure en face de moi Erika. J’ai peut-être fait une connerie en lui sautant sur la gueule mais il a massacré mon propre frère. Tu vas m’dire que t’aurais pas réagi toi ? »

Elle le regarda secouer la tête comme si la conversation n’en valait pas la peine alors qu’elle en apprenait plus aujourd’hui qu’en 4 mois de ‘cohabitation’ avec lui sur ses enquêtes. Bras à présent croisés sur sa poitrine, elle l’écoutait déverser sa bile sur elle, presque calmement malgré ses sourcils froncés, son cœur cinglant d’adrénaline et son envie furieuse de se jeter dans la conversation à la manière d’une lionne pour lui rappeler dans quelle équipe elle était depuis le début et qu’il faisait bien semblant de ne pas remarquer.

Tu m’prends pour un con et un débile depuis le début. Tu crois que j’sais pas ce que tu craches sur ma gueule en me donnant le surnom du singe ou du labrador ? Tu crois que j’lui ai sauté sur la gueule parce que j’avais juste envie et parce que c’est un enfoiré ? Alors, non. Je n'ai pas JUSTE perdu patience. Sous prétexte que j’ai fait l’armée, je n’suis pour toi qu’un putain de connard stupide sans la possibilité d’une once de réflexion, c’est ça que tu penses faut pas être devin pour le comprendre. Tu crois qu’un soldat ne sait pas réfléchir et additionner deux plus deux. Grande nouvelle pour toi : Pendant que tu gardes ton cul bien gentiment posée derrière ton bureau à traquer des fils de putes comme celui qu’on a derrière cette vitre, il y a un millier de mecs et de nanas comme moi qui sont envoyés au front pour une guerre qu’on n’comprends pas avec pour unique but : Protéger toute la population qui nous crache à la gueule. »

Son sourcil gauche se haussa imperceptiblement sous la pique à peine voilée. Quoi il la pensait mieux lotie que lui ? Monsieur avait soudain des envies de victimisation ? Des réclamations à faire peut-être parce que la vie à l’armée c’est dur hein quand même ? Son sang bouillonnait dans ses veines. Elle garda néanmoins le silence car il n’en avait pas fini et tâcha d’ignorer le voile rouge qui apparaissait sous ses yeux quand il osait prétendre un métier plus facile qu’un autre.

J’te remercie pour le cours de conduite Prof’, mais j’suis au courant de tout ça. Tu passes ton temps à m’emmerder avec tes petites réflexions à la con sorties tout droit de la bouche d’une psychorigide qui veut absolument tout contrôler. J’en ai ras le cul d’essayer de faire des efforts parce que Madame la Duchesse de mes deux fait son petit caprice et n’veut pas faire équipe avec un type qu’elle croit décérébré. »

Cette fois ses deux sourcils se haussèrent. D’où ça sortait ça ? Elle ne voyait pas le lien avec l’affaire en cours ni même avec ce qu’il venait de se passer. Sa seule hypothèse était que Cillian savait parfaitement dans quelle merde il était en train de se rouler et ne supportait pas de se l’entendre rappeler. M’enfin ça … elle n’y pouvait rien. C’était son rôle aussi et il ne se serait pas gardé de lui rappeler les mêmes phrases si les positions avaient été échangées. Pour une fois qu’elle agissait réellement et sincèrement en tant que partenaire… Enfin bon, elle n’était pas là et n’agissait pas pour obtenir les faveurs de Cillian ou même ses remerciements. Oui leur relation avait effectivement très mal démarré et certainement par sa faute à elle, relation qu’elle n’avait pas cherché à améliorer par la suite tant le comportement de l’ex-soldat l’avait insupporté au départ mais aussi parce que l’idée de donner raison à son chef, raison à Dexter, raison à tous ces cons qui la pensaient plus efficace accompagnée que seule l’avait tenue par sa fierté une bonne poignée de semaines. Quand elle avait une idée dans la tête, elle ne l’avait pas ailleurs, oui bon et alors ! C’était comme tout, il lui avait fallu du temps. Elle n’accordait pas sa confiance et sa vie au premier venu simplement sur décret du Capitaine. Personne n’était en droit de la blâmer pour ça. Alors oui, effectivement, elle y avait mis plus que du sien pour lui rendre la vie infernale et le pousser à faire changer d’avis le chef à propos de leur partenariat mais en vain non ? Il lui avait bien pourri la vie aussi et même si c’était en réponse à ses propres attaques, elle estimait qu’ils étaient quittes à ce sujet. Œil pour œil, dent pour dent, ils fonctionnaient tous les deux sur ce principe. Point. Et puis le début de la journée prouvait bien que ses insinuations auxquelles il semblait attacher tant d’importance étaient fausses, ils l’avaient attrapé, ensemble, synchro, en s’entraidant et elle l’avait laissé mener son enquête comme il le souhaitait et non pas comme elle l’aurait fait, ça n’était une preuve de confiance ça peut-être ? La connaissant.

T’en fais pas, l’enquête n’en pâtira pas. J’assume l’entière responsabilité de mes actes, si c’est ça qui t’inquiète. »

Elle soupira longuement et regarda à son tour la vitre donnant vue sur Robertson.

Ce qui m’inquiète Cillian c’est que tu ne te rendes pas compte de l’équipe dans laquelle je joue et que tu vas compromettre ton enquête et ta carrière sans rendre justice à ton frère et à tous ces gamins que Robertson a torturé. C’est ça qui m’inquiète. Et tu peux me traiter d’être la dernière des emmerdeuses si tu veux parce que je crois avoir assez fait preuve de mon talent pour te pourrir l’existence, je m’en fous, je suis pas là pour être ta meilleure pote. Je suis là pour faire mon boulot et toi le tien. Alors oui, j’ai mis une éternité à accepter ta présence à mes côtés et le fait qu’on devrait bosser ensemble à partir de maintenant mais à ma décharge, je ne confie pas ma vie à n’importe qui et je pense que toi, entre tous, est capable de comprendre que le sentiment de fraternité d’armes qui unit deux personnes ne s’invente pas du jour au lendemain parce que quelqu’un au-dessus a décidé que ces deux-là seraient bien ensemble. Maintenant si tu veux continuer de chouiner parce que ta partenaire est méchante avec toi et te fait des remarques qui te déplaisent, libre à toi. Mais c’est pas le partenaire que je pensais trouver en toi. Et j’ai aucune envie que ce gars-là (son pouce se braqua en direction de Robertson de l’autre côté de la vitre) trouve le sommeil cette nuit parce que deux idiots de flics ont perdu leur calme et n’ont pas su s’entendre. »

Son regard se planta dans celui de Cillian. Elle décroisa ses bras, appuya ses deux mains sur la table et reprit.

Si jt’ai sorti de là c’est pas parce que je te prends pour un con débile impulsif. Si je suis intervenue Cillian c’est parce que t’es à deux doigts de te comporter en con débile et impulsif et de donner à Robertson exactement ce qu’il attend. (sa voix se fit plus forte, elle voulait le secouer, lui faire comprendre) Le laisse pas flinguer ta carrière parce qu’il joue sur la corde sensible. Ça t’avancera à quoi dans le meurtre d’Ethan si t’es en taule et lui de nouveau en liberté pour vice de procédure dans notre enquête ? Dis-le moi ! »

Elle laissa planer un silence éloquent.



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MessageSujet: Re: I won't show mercy on you now - Erika   Jeu 27 Aoû - 17:47

Mon regard ne décroche pas de la vitre où Robertson se fait remettre debout par les collègues, la gueule en sang, un sourire amusé sur les lèvres. Enfoiré. Je lui ai donné la satisfaction de ma colère et il en jouit, tu le sens à dix kilomètres qu'il est heureux de la douleur provoqué chez l'autre. La même joie qu'il doit ressentir lorsqu'il torture ces gamins. J'ai fais une erreur, je le sais et je m'en boufferais sûrement les doigts d'ici quelques heures lorsque la pression sera redescendue et que je serais chez moi, voir même dans ma bagnole. Parce qu'en attendant, le visage que je veux ravager c'est toujours le sien et la haine ne me quitte pas. Avoir un meurtrier face à soit est déjà quelque chose à gérer et si j'suis encore flic aujourd'hui ça n'est pas pour rien. Mais avoir le meurtrier de son propre frère est autre chose. Un putain de poison qui vous ronge de l'intérieur, comme une gorgée d'acide. La violence palpite dans mes veines et chacun de mes muscles, les mots d'Erika jette de l'huile sur le feu alors qu'une part de moi me hurle de revenir à cette foutue réalité. Erika a raison sur toute la ligne mais ce qui me met le plus en rage c'est que tout cela vienne d'une nana qui m'a prise pour un con depuis le début. Mon regard se braque dans le sien. J'en viens à me demander si ça ne lui insuffle pas un putain de plaisir de m'avoir vu dérapé et par conséquent, de lui avoir donné raison que je peux être qu'un abruti sans réflexion.

Je ne trouve aucun apaisement et ce qu'il me faut maintenant, c'est une bonne droite dans la gueule. Remettre mes idées en place. Taire ce volcan qui crache sa haine chez moi. Que tout s'arrête en fin. C'est un cercle vicieux, tu essaie de calmer un départ de feu alors qu'un deuxième prend naissance pour donner vie à un troisième et ainsi de suite. Ça n'en finit jamais. Et c'est ce qu'il se produit sous mon crâne. Je débloque. Je craque. Les nerfs sont tendus à leur paroxysme, comme une branche de métal qui menace de vous exploser à la gueule.

Respire putain. Respire.

▬ Ce qui m’inquiète Cillian c’est que tu ne te rendes pas compte de l’équipe dans laquelle je joue et que tu vas compromettre ton enquête et ta carrière sans rendre justice à ton frère et à tous ces gamins que Robertson a torturé. C’est ça qui m’inquiète. Et tu peux me traiter d’être la dernière des emmerdeuses si tu veux parce que je crois avoir assez fait preuve de mon talent pour te pourrir l’existence, je m’en fous, je suis pas là pour être ta meilleure pote. Je suis là pour faire mon boulot et toi le tien. Alors oui, j’ai mis une éternité à accepter ta présence à mes côtés et le fait qu’on devrait bosser ensemble à partir de maintenant mais à ma décharge, je ne confie pas ma vie à n’importe qui et je pense que toi, entre tous, est capable de comprendre que le sentiment de fraternité d’armes qui unit deux personnes ne s’invente pas du jour au lendemain parce que quelqu’un au-dessus a décidé que ces deux-là seraient bien ensemble. Maintenant si tu veux continuer de chouiner parce que ta partenaire est méchante avec toi et te fait des remarques qui te déplaisent, libre à toi. Mais c’est pas le partenaire que je pensais trouver en toi. Et j’ai aucune envie que ce gars-là trouve le sommeil cette nuit parce que deux idiots de flics ont perdu leur calme et n’ont pas su s’entendre.

Silence de ma part. Son regard dans le mien, je ne bouge pas d'un iota. Ses mots entre les uns derrière les autres, ne se bousculent pas, ne se piétinent pas. Non. Ils font mieux que ça. Ils résonnent. Me résonnent. Et ça, je m'y attendais pas. Pourtant, sa petite pique glisser entre toutes ces phrases aurait pu soulever une nouvelle vague de colère chez moi, un quelque chose qui m'aurait pousser à lui hurler de fermer sa grande gueule et d'aller se faire foutre. Mais ça n'est pas le cas. Ma respiration reste saccadée, mes poings serrées contre mes cuisses et mon regard ne se décharge pas un seul instant de la dureté du moment. Pourtant, un nœud commence doucement à se défaire, à desserrer son étreinte.

▬ Si jt’ai sorti de là c’est pas parce que je te prends pour un con débile impulsif. Si je suis intervenue Cillian c’est parce que t’es à deux doigts de te comporter en con débile et impulsif et de donner à Robertson exactement ce qu’il attend. Le laisse pas flinguer ta carrière parce qu’il joue sur la corde sensible. Ça t’avancera à quoi dans le meurtre d’Ethan si t’es en taule et lui de nouveau en liberté pour vice de procédure dans notre enquête ? Dis-le moi !

A rien. Ça ne m'avancera à rien si ce n'est qu'avoir la satisfaction de lui faire subir le même sort, la même violence qu'il a fait couler sur mon frère. C'est là toute la source de ma haine, le désir violent de lui faire payer la perte qu'il nous a causé pour son propre plaisir à lui. Malsain et barbare.
Je me détourne, mains sur les hanches, dos à Erika, pas foutu de prononcer quoi que ce soit. Mâchoire serrée, j'ai la sensation que si je l'ouvre, je vais simplement dégobiller dans la corbeille à deux mètres de moi. Ce qu'il se passe c'est que je suis entrain de m'embourber dans une merdier sans nom qui ne relève que du psychologique.

Erika tape juste, dans les moindres recoins. Je pourrais être frustré que ça vienne d'elle mais je sais aussi reconnaître mes tords, comme je sais reconnaître en cet instant qu'elle me claque des vérités à la gueule qui sont justifiées de surcroît. Ouais, je sais reconnaître qu'elle a raison... Mais ma fierté fait la gueule malgré tout. Je glisse mes deux mains sur mon visage et me surprend à esquisser un sourire amer et sarcastique. Elle fait chier d'être aussi conne au quotidien mais d'être aussi efficace dans son job. On pourra dire ce qu'on voudra mais elle et moi sur le terrain... ca coule de source. Pas besoin de se parler, juste de se regarder et le courant passe sans anicroche, sans obstacle. On a beau être de deux mondes différents avec deux manières de pensées qui détonnent aussi fortement que le blanc et le noir, en mission c'est une osmose. Et les mots qu'elle m'a claquée dans la gueule est exactement ce dont j'avais besoin. Une honnêteté à toute épreuve. Histoire de me remettre les idées en place. Et je n'en prends conscience que maintenant.
Ethan ne trouvera pas justice dans mes gestes mais dans ceux de la cours martiale. Pourtant, quoi que je dise ou fasse, ce goût amer et ce besoin de détruire cet enfoiré de première ne se décollera pas de ma personne.

- A rien.

Premiers mots, toujours dos tourné, mes deux mains sur mon crâne avant de revenir sur mes hanches. Ma voix est un bloc de cailloux.

- Ca ne servirait à rien qu'à me soulager de le détruire comme il a détruit la vie de mon frère et de mes parents.

Les mots s'écoulent tous seuls et je n'ai aucune pudeur, puisque ce n'est que la strict vérité. Si honnêteté il doit y avoir entre elle et moi, alors soit. Je secoue la tête, reprenant peu à peu la maîtrise et de mon souffle et de mes actes. C'est le monde à l'envers que ça soit cette nana qui me remette les idées en place. Pourtant, c'est le cas. Je fulmine toujours, tremble encore, parce qu'une rage comme celle là ne s'estompe pas d'un claquement de doigts.

- C'est ton avocat qui t'as apprit la plaidoirie ?

Que j'sois au courant n'est pas une surprise. Je me retourne face à elle et croyez le ou non, c'était une simple boutade. Même pas méchante en plus. Une première, fais moi une croix sur ce foutu calendrier, c'est la journée du changement. Je m'approche d'elle et me tourne vers la vitre où Robertson a fini de se faire essuyer la gueule du sang laissé par mes soins. Je reste planté là un instant, bras croisés sur le torse et ravale ma haine. Il mériterait de crever mais même ça, ça serait trop de plaisir à lui accordé. J'lui dirais pas merci. A Erika. Faut pas déconner non plus. Même si j'pourrais de l'avoir empêcher de me laisser commettre une belle connerie …. qui aurait conduit à un véritable merdier.

- La prochaine fois, colle moi une droite ça sera plus rapide.

C'est ma manière de te dire merci, c'est déjà pas mal, non ? Et je déconne pas, en plus de ça. Quand un mec comme moi débloque, une bonne tarde dans la gueule n'est jamais de trop. Surtout quand on fait des conneries aussi grosse que soit. Tout ça n'est pas dans mes habitudes et je pense que durant tous ces mois à bosser ensemble, elle a comprit que j'étais pas le genre de type à faire de la merde. Sinon, je ne serais pas ici, derrière cette vitre avec elle.
Je prends sur moi, plus que nous ne pouvons le croire mais le fait est qu'Erika a raison. Si je lui donne l'occasion d'avoir quelque chose contre moi, Robertson s'en sortira avec des années en moins à faire et c'est pas le genre de chose concevable.

- Mais t'as quand même dit que tu ne me trouvais pas con et impulsif. Y a du progrès.

Je continue de fixer Robertson et esquisse un léger sourire. Crispé mais présent. Je saute clairement sur l'occasion de ressentir un minimum de maîtrise pour tenter de me défaire de cet étau dans lequel je me suis fourré tout à l'heure. Celui qui me donnait l'impression de partir en vrille et de plonger pieds et poings liés dans la merde.

- Je te laisse prendre la relève. Je suis pas certain de réussir à garder mon calme. Pas maintenant.

Je ne la regarde toujours pas et je sens toujours les traits de mon visage se crispés par intermittence. Cependant, j'admets devant elle que je ne suis pas capable d'assurer. En tout cas, pas de tout de suite. Et je pense que ça vaut son pesant d'or, en terme de confiance. Peut-être qu'un jour on y arrivera pour de bon.
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MessageSujet: Re: I won't show mercy on you now - Erika   Dim 6 Sep - 14:54

A rien. » lâcha Cillian au bout d’un long moment de silence.

Le dos toujours tourné à Erika, les mains sur le crâne comme pour essayer d’arrêter les pensées de tempêter dans sa tête, elle le vit inspirer profondément. Chercher à se calmer ?

Ça ne servirait à rien qu'à me soulager de le détruire comme il a détruit la vie de mon frère et de mes parents. »

Il secoua la tête mais elle ne vit pas son expression. Qu’importait cependant qu’elle la voit ou pas, elle connaissait ce sentiment, cette colère, ce besoin sourd de détruire comme on a été détruit, de venger, de parler pour les morts, de bouger pour eux, de tuer. Son père n’était pour ainsi dire pas mort physiquement puisque son corps vivait toujours, quelque part en Serbie mais la partie de son esprit qui aurait dû se souvenir et reconnaître sa fille était morte en prison. Et si la douleur de le voir embarqué par les autorités ce jour-là n’avait pas été suffisante pour lui donner des envies de vengeance vis-à-vis de sa mère, seule responsable du fiasco qu’était leur famille, cet accident, ce petit caillot bouché dans son cerveau qui avait bouleversé la vie de la jeune femme s’était chargé du reste. Elle était seule responsable de la solitude dans laquelle Erika avait vécu depuis ses 16 ans. La seule et unique responsable. Et il lui avait fallu du temps pour accepter que le meilleur moyen de venger la mémoire de son père et ce qui avait été infligé à sa famille était d’entrer au service des autorités qui avaient enfermé son père, de faire le travail correctement, de rester intègre et d’espérer trouver sur sa route d’autres flics aussi intègres qu’elle pour lutter ensemble contre ce poison de l’espèce humaine. En vouloir éternellement à sa mère était une chose contre laquelle elle ne pouvait pas lutter, elle lui avait trop pris. Mais ne pas ressasser le passé et essayer de continuer d’avancer et de se battre pour d’autres, ça, elle était capable de le faire.
Et Cillian allait apprendre aussi. A ses côtés peut-être. Qui sait. Ils ne fonctionnaient pas si mal en tant que partenaires après tout ? Une fois débarrassés de leur méfiance et de leurs préjugés. Dans le feu pur de l’action.

C'est ton avocat qui t'as appris la plaidoirie ? »

Il se retourna, la regardant avec un presque sourire aux lèvres. Elle haussa un sourcil, à peine surprise que lui aussi soit au courant. S’il subsistait une seule personne qui ne soit pas au courant au poste de sa relation avec August alors elle était probablement sur les tables de la morgue à attendre le bistouri d’Alexeï. Elle laissa malgré tout un sourire naître au coin de ses lèvres, amusée par la remarque de l’ex-soldat et haussa les épaules d’un air fataliste. Probablement que oui, elle avait pêché ça chez lui. Encore qu’ils n’étaient pas très portés sur la discussion lorsqu’ils étaient à deux …

La prochaine fois, colle moi une droite ça sera plus rapide. » lâcha ensuite Cillian d’un ton bourru, regardant Robertson à travers la vitre d’un air pensif.
Avec joie. » répondit-elle d’un air de défi.

Elle avait songé à cette possibilité. La prochaine fois elle ferait plus qu’y penser simplement.
Cillian semblait perdu dans sa contemplation de l’autre côté de la vitre sans tain. Erika le laissait régler seul ses pensées et y mettre de l’ordre. La crise était passée apparemment, elle le sentait se calmer, respirer plus lentement. Elle patientait, elle était à présent assise une fesse sur la table, l’autre jambe reposant au sol pour lui donner appui. Elle jetait de temps à autre un œil aux écrans, surveillant Robertson qu’on réinstallait sur sa chaise.

Mais t'as quand même dit que tu ne me trouvais pas con et impulsif. Y a du progrès. » fit-il remarquer au bout d’un instant, la faisant sourire brièvement.
Fais gaffe, je vais peut-être commencer à t’apprécier. Ne prenons pas de mauvaises habitudes. »

Robertson se retrouva à nouveau seul dans la salle d’interrogatoire, se passant une main sur le visage pour vérifier que le sang n’y coulait plus sans doute. Erika le regarda un instant avant de se concentrer sur son partenaire. Ils allaient devoir y retourner. D’une façon ou d’une autre. La question était de savoir comment Cillian voulait procéder. Elle s’apprêta à lui proposer d’y retourner ensemble mais il lui coupa l’herbe sous le pied.

Je te laisse prendre la relève. Je suis pas certain de réussir à garder mon calme. Pas maintenant. »

Il ne la regarda pas, restant obstinément tourné vers la salle d’interrogatoire. Surprise par cet accès de confiance brusque, elle marqua un instant d’hésitation, se demandant presque si elle n’allait pas lui faire confirmer ce qu’il venait de dire mais Cillian ne bougea pas d’un iota. Erika lui laissa encore une seconde pour se rétracter avant d’attraper les photos qu’elle avait sélectionnées au tout départ. Elle fit le point dans sa tête pour revenir sur ce qu’elle avait prévu de demander à leur suspect et passa la porte de la pièce sans rien dire. Ils n’étaient pas du genre à se remercier et se faire des accolades d’encouragement. Il lui demandait un service. Elle allait lui rendre ce service.

En sortant, elle fut alpaguée par quelques regards curieux qui avaient entendu le remue-ménage et se demandait si Tic et Tac en étaient finalement venus aux mains ou pas. Elle les ignora et passa directement dans la pièce à côté où se trouvait Robertson. A nouveau assis sur sa chaise, le dos un peu avachi, le visage amoché et les mains sur la table, il la regarda sans plus de réaction qu’un discret sourire aux lèvres.

On envoie maman me gronder ? » plaisanta-t-il.

Elle l’ignora, laissant la remarque glisser sur elle. Il ne laissait rien transparaître de plus que cet amusement et elle ne pouvait savoir s’il était déçu ou pressé de voir son interrogateur changer de tête. Sans doute aurait-il préféré que Cillian se compromette complètement afin qu’il puisse porter plainte et faire valoir le vice de procédure dans l’enquête mais rien n’était moins sûr avec ce genre de serpent. Elle était sur ses gardes sans pour autant faire transparaître une quelconque crainte. Elle n’était pas à sa première chasse aux serpents. Laissant tomber le dossier à plat sur la table, elle posa son regard supérieur dans celui de Robertson, follement amusé par la situation, et racla la chaise par terre avant de s’y installer.

Vous aussi vous allez me parler de Lukas et du dimanche 27 mars? »

Elle feuilletait son dossier sans dire un mot, laissant le silence s’appesantir jusqu’à ce qu’il dérange Robertson. Il aurait tout aussi bien pu jouer le même jeu qu’elle et se taire, attendre qu’elle perde patience mais fort de son succès d’avoir fait perdre les pédales à Cillian, il ne pouvait s’empêcher de vouloir faire pareil avec elle. Et il ne pouvait le faire qu’en parlant. N’y avait-il seulement rien de plus agaçant qu’un mur en face de vous sur lesquelles vos paroles n’ont aucun effet ? Erika se taisait donc, faisant mine d’analyser son dossier quand toute son attention était tournée vers l’homme en face d’elle. Elle analysait le rythme de sa respiration, ses variations, le pied qui semblait tiquer et s’impatienter discrètement sous la table, proche du sien, le regard qu’elle sentait peser sur elle, cherchant à capter le sien. Elle était négligemment assise de biais, le buste tourné vers la porte comme si le semblant de conversation qu’elle aurait pu avoir avec Robertson ne l’intéressait pas plus que le mur d’en face. C’était une tactique comme une autre, elle testait son suspect, le laissait évoluer autour d’elle sans intervention de sa part pour comprendre dans quelle mesure elle allait pouvoir resserrer ses filets sur lui. Le silence fonctionnait plutôt bien pour l’instant. Robertson s’impatientait minute après minute.

Il vous a mordu la langue après m’avoir cogné dessus ? Ou peut-être que c’est vous qui le mordez. Vous avez l’air de ne pas vous laisser faire. Je suis sûr que vous êtes de ces femmes qui ont une paire de couilles plus grosses que celles de leurs homologues masculins. Voilà pourquoi vous gardez le silence en pensant avoir l’emprise sur moi de cette façon. »

Erika releva enfin ses yeux et croisa le regard de Robertson. Un long sourire s’étira sur ses lèvres.

Ah. On a enfin connecté son cerveau. » déclara-t-elle d’une voix tranquille.

Un éclair d’agacement passa dans les yeux de Robertson mais qu’il fit disparaître rapidement, pas assez cependant pour que le léger froncement de sourcils échappe à Erika. Son sourire s’étira plus largement. Elle referma le dossier devant elle et accorda cette fois son attention à l’homme en face d’elle.

J’ai lu que vous aviez trois enfants. Vous pouvez m’en parler ? »
Quel intérêt ? »
Simple curiosité. »

Robertson sembla réfléchir, la jauger et détourna finalement la tête avant de répondre.

Non. »

Le sourire d’Erika se fit intérieur. Elle minauda.

Allons. J’en connais déjà beaucoup sur eux en plus … »
Raison de plus. »

Il se fermait autour de ses enfants, ne cherchant plus à louvoyer mais à éviter de passer près de ce sujet, reculant dans la conversation sans la contourner. S’il n’avait pas été pris de court par l’attaque de Robertson, Cillian aurait certainement poursuivi dans cette faille mais le sujet Ethan avait été abordé à ce moment-là. Erika se fit un plaisir de poursuivre le travail qui avait été commencé. Elle ouvrit le dossier, effaçant son sourire mielleux pour le remplacer par un regard dur quand elle posa la première photo sous le nez du suspect. Le regard de Robertson se posa une brève seconde dessus avant de se détourner. Il sentait venir le jeu d’Erika.

Ne ressemble-t-il pas à Will ? Votre aîné de 15 ans. Regardez. Même touffe de cheveux bruns hirsutes, même mâchoire volontaire, même silhouette dégingandée. Est-ce qu’il vous exciterait lui aussi dans cette position ? Est-ce que ça vous procurerait du plaisir de le savoir pieds et poings liés à votre merci, obéissant à vos moindres caprices sexuels ? Ressentiriez-vous le besoin de l’égorger lui aussi ? De souiller son cadavre après en avoir abusé ? Répondez Robertson. »

Pas de réponse.
Erika, à présent échauffée et prête à en découdre, dégaina la photo suivante, la posant avec le même geste implacable. Ignorant le regard que détournait volontairement Robertson des clichés. S’il ne savait plus regarder c’est que c’était bon signe pour elle. Sa façade se craquelait.

Et cette petite-là, je jurerai y voir Madison. Quel âge a-t-elle maintenant… 8 ans ? Elles sont encore douces et naïves à cet âge-là, elles vous laissent les caresser, leur murmurer des mots doux sans qu’elles en comprennent véritablement le sens. Leur force est encore celle d’un oiseau, vous avez facilement le dessus sur Madison n’est-ce pas ? Voilà pourquoi vous n’osez pas la toucher. … Mais vous en rêvez n’est-ce pas ? Quand elle prend son bain, qu’elle court vers vous toute nue pour que vous lui mettiez son pyjama. … Ce besoin de la posséder, de mettre vos doigts, de salir cette pureté enfantine. Par moments vous ne savez plus lutter contre. N’est-ce pas Robertson ? »

Toujours pas de réponse.
Il la regardait à présent. Si ses yeux avaient pu la fusiller, elle serait morte sur place à l’heure qu’il est. Mais il ne pouvait que se taire et la maudire en silence s’il voulait s’en sortir indemne. Ils n’avaient rien, aucune preuve, aucune empreinte sur les victimes ou les lieux des différents crimes, seulement ces photos dans un tiroir de chambre d’hôtel au nom de Robertson et cette réaction lorsqu’on parlait de ses enfants. Erika avait la nausée de faire ce qu’elle faisait, interroger les pédophiles était toujours une épreuve difficile, mais elle était déterminée à le faire flancher. Salir l’image de ses enfants ne le laissait pas indifférent. Encore un et elle le ferait sans doute sortir de ses gonds à le voir trembler comme il le faisait, prêt à l’égorger sur place tout en sachant très bien ce que cela signerait pour lui mais elle avait d’autres cartes en main que de lui faire perdre à son tour les pédales. Son but n’était pas d’y laisser des plumes au passage mais de le coincer dans les règles de l’art. Et dieu merci, elle avait été à bonne école pour cela.

Son regard se fit donc plus compréhensif, sa voix baissa d’un ton, effaçant la dureté des reproches, cherchant à ressembler à une main tendue. Elle inclina légèrement la tête sur le côté.

C’est plus fort que vous n’est-ce pas ? Tous ces enfants violés et tués pour ne pas toucher aux vôtres. C’est une maladie Robertson. Vous le savez ? »

Et tu iras en prison pour ça.

Il ne répondit pas, la regardant d’un air vide et abattu. Erika l’observa un instant, soupira et sortit la 3ème photo qu’elle avait sélectionnée. L’enfant avait à peine 4 ans dessus et l’état de son corps était dans un tel état qu’il soulevait le cœur de la jeune femme rien qu’à imaginer les sévices infligés dessus. Robertson posa à peine son regard dessus et fondit en larmes en silence.
Insensible, Erika le laissa faire sans un mot. Au bout de quelques minutes à l’entendre renifler et geindre, elle demanda :

Dimanche 27 mars à 20h, où étiez-vous ? »

- Fini pour moi -



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Even though your words hurt the most, I still wanna hear them, every day. You say let it go but I can't let it go. For I'm so scared of losing you and I don't know what I can do about it. So tell me how long, love, before you go and leave me here on my own. I know that I don't wanna know who I am without you.
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I won't show mercy on you now - Erika

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