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 The outsider — le corbeau

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MessageSujet: The outsider — le corbeau   Lun 7 Sep - 16:35

THE OUTSIDER
BEATRIX ROSENTHAL — LE CORBEAU
28 AOÛT 2016

oneshot

the outsider — APC, remix by renholder

Un gant, puis l’autre. Le Corbeau se prépare à aller chasser alors que les derniers plans du petit salon de thé excentrique, situé dans les rues de Broadway, se chargent. L’allemande ressasse les paroles de Dimitri et sourit doucement. Elle adore avoir carte blanche, c’est quand même quelque chose de pouvoir faire son travail comme bon lui semble. Elle fait le vide dans sa tête, se concentre sur sa mission, sur sa tâche, rien n’est plus important à ce moment précis que ce sur quoi elle travaille. Des photos sont éparpillées sur sa table, six en tout, six hommes d’âges murs, six russes. Pourquoi envoyer la tueuse de la mafia rouge tuer des hommes qui leur appartient ?

Une sorte de mutinerie selon les dires de Dimitri. Il ne pouvait pas en dire plus. Beatrix n’en a pas besoin de toutes façons. Elle ne veut pas davantage d’informations, celles-ci peuvent la mettre en danger. Des noms, des photos, un lieu, c’est ce qui lui faut pour bosser en toute tranquillité. Son contrat est clair. Six de ces hommes sont les têtes d’un mouvement visant à pourrir la mafia de l’intérieur. Les tuer dissuadera les autres, c’est évident. Seule condition d’élimination ? Dans ce salon de thé, qui constitue leur QG. Les six seront là, ce matin, vers cinq heures, avant de prendre leur poste respectif au sein des quartiers huppés de Manhattan. Plutôt bien placés, aisés, les six rebelles des hauts quartiers pensent qu’ils peuvent renverser la direction actuelle de la Mafia Rouge.

La blonde lace ses bottes d’un geste assuré, se redresse, remonte le col de son t-shirt au plus haut et enfile sa veste noire. Ses gestes lui sont devenus naturels, une sorte de rituel. Vérifier la tenue, les cheveux, rien ne doit dépasser, rien ne doit être visible ni significatif. Rien ne doit la trahir. Il est trois heures et demie du matin, tout New York est endormi.

Plans étudiés, emplacement des caméras repérés, la blonde sait d’avance celles qui fonctionnent ou non. Coup de chance ou non, la caméra qui couvre l’arrière du bâtiment a été vandalisée. Son petit repérage effectué quelques jours plus tôt lui a permis d’envisager plusieurs points d’entrée et de sortie. Mais la porte arrière devrait être suffisante pour les deux trajets. Ce contrat devrait être simple, rapide, agréable à effectuer. Beatrix est ravie. Sa discrétion est assurée, grâce à la caméra fracassée, l’emplacement du salon qui se trouve près de petites ruelles sombres, la facilité d’accès à la pièce où ils se réunissent. Tous les six, ce matin, perdront la vie. Elle s’imagine qu’un de leur clébard sera là devant la porte, pour surveiller les lieux. Ce n’est pas de ça dont elle s’inquiète. A vrai dire, elle ne s’inquiète de pas grand-chose pour cette mission là. Tout semble lui sourire. C’est pourquoi elle-même arbore une expression joyeuse. Elle attrape son arme, visse le silencieux sur le canon, la range dans son holster, pose son trench léger sur ses épaules et sort enfin, prête à faire son travail.

Ø

Lorsqu’elle atteint les environs du salon de thé, le soleil n’est pas encore levé. Il est quatre heures et demie, ça lui laisse le temps d’arriver tranquillement, elle gare sa moto à deux rues du salon dans le coin sombre d’une ruelle ouverte pour être plus rapide en cas de fuite.

Elle regarde autour d’elle. Peu de monde, malgré que ce quartier soit normalement assez dynamique. Les enseignes qui clignotent, rouges, roses ou vertes éclairent suffisamment son chemin. Beatrix est concentrée, le visage fermé, ses pas sont rapides. Le Corbeau finit par se faufiler dans un coin en retrait, pour observer l’arrière de la boutique et attendre ses cibles. Son visage est dissimulé derrière un tissu qui lui laisse néanmoins la possibilité de respirer et parler.

L’attente apporte toujours au corbeau un certain plaisir. Celui de l’adrénaline qui monte doucement et renforce sa concentration sur le moment présent. Elle sort des photos des six hommes de sa poche, visualise leur visage à nouveau puis les range. Une dernière vérification, en somme. Beatrix respire doucement, se focalise dans son esprit une ligne plate et lisse, qui lui permet de réguler les mouvements de sa poitrine et les battements de son cœur. Elle doit être parfaitement calme et stable. Ses yeux se sont habitués à la semi-obscurité, et lorsqu’elle relève la tête pour se focaliser à nouveau sur la rue ouverte, un élément posé au sol interpelle son regard. Si elle ne se trompe pas, la plume qui est au sol appartenait à un corbeau. Noir de jais, posée là à un pas d’elle, la blonde sourit. Comme si on ajoutait un autre signe favorable sur sa route du succès.

Une idée germe au sein de son esprit, elle mordille sa lèvre sous son tissu et n’hésite plus très longtemps avant de récupérer la plume pour la mettre dans sa poche.

Lorsqu’elle se redresse, une voiture s’arrête pas loin de là où elle se trouve, et en sort quatre hommes. Bien habillés, des costumes visiblement taillés sur mesure, les quatre hommes d’affaire se dirigent en silence, la mine grave, vers la porte arrière de la boutique de thé. L’allemande jette un coup d’œil à sa montre. Il est quatre heures cinquante-cinq. Ils devaient arriver ensemble. Pourquoi il manque deux hommes à la cargaison ?

Le corbeau fronce les sourcils et préfère se mettre en retrait, pour attendre. Pas longtemps, il ne faut pas qu’elle reste plus de dix minutes à cet endroit. La contrariété passe le bout de son nez par la porte de son esprit mais elle préfère se rappeler rapidement à l’ordre. Si quelque chose déconne, il faut faire avec. Ne pas contourner le problème, mais l’envisager pour le résoudre au plus vite. Alors elle attend dix minutes. Dix minutes de plus qui s’ajoutent à son programme, et ça risque de la contrarier assez vite. Pourtant, les deux derniers hommes de sa liste n’arrivent pas. Sa décision doit être prise rapidement.

Laisser passer les quatre autres pour ça ? Non. Certainement pas.
Le corbeau sort alors de sa cachette et s’engouffre dans le salon de thé. Tête baissée, pas rapide, la blonde dissimulée sous son trench et son tissu pose sa main gantée sur son arme après avoir passé la porte arrière du salon. Elle débarque dans un long couloir. Personne. Juste des bruits de chaises et des bribes de conversations russes lui parviennent. Personne n’est là ? Pas de garde du corps à l’entrée de la seule pièce allumée ?
Elle réfléchit un instant et visualise le plan qu’elle a cracké quelques heures plus tôt. Si elle se situe bien dans le couloir arrière, si le pièce éclairée, troisième porte à droite après l’entrée arrière est bien celle dans laquelle ils se trouvent, les hommes d’affaire discutent dans les cuisines. Elle doit les prendre par surprise. Surtout s’ils ont posté leur clébard à la deuxième sortie des cuisines, celle qui donne vers l’intérieur du salon, là où les clients viennent boire un thé.

Beatrix ne peut pas se permettre d’attendre plus longtemps c’est pourquoi elle sort son arme et avance avec précaution et en silence dans le couloir. Le son s’amplifie à mesure qu’elle approche de la porte. Une respiration. Une autre. Son petit sourire s’est effacé depuis longtemps. Si les deux derniers hommes se pointent dans le couloir à ce moment là, elle est fichue. Si leur clébard débarque d’une pièce adjacente, elle est toute aussi foutue.

Se concentrer sur l’instant présent, ne pas perdre une seconde de plus. Son désavantage réside dans le fait qu’elle ne sait pas où ils sont placés dans la pièce. Elle visualise les éléments intérieurs de la cuisine mais ne peut pas prévoir le placement des quatre russes. Il va falloir y aller franco.

Inspire. Expire.
La blonde ne perd pas de temps, elle se déporte sur la gauche d’un geste simple mais qui la découvre immédiatement. Son œil a à peine visualisé la scène que son arme se braque vers l’un des quatre hommes et tire, un de moins. Elle entre dans la pièce le bras tendu et tire sur le deuxième, puis le troisième, qui s’effondrent tous les deux comme des poupées de chiffons. Le quatrième a le temps de héler le garde du corps avant que Beatrix ne l’abatte à son tour, la respiration courte.

Une porte s’ouvre dans son dos, la blonde se retourne avec rapidité et fait face à l’homme de main qui observe un instant le carnage. Ça ne suffit pas à le désarçonner assez longtemps : ses bras se relèvent et se tendent vers le corbeau mais elle est plus rapide, les mains déjà enroulées autour de son arme et lui colle une balle en plein crâne.  Le corps vacille un peu en arrière, puis s’écroule sur les genoux et se retrouve à moitié à l’intérieur de la cuisine, l’autre moitié dans le salon.

Beatrix cherche et retrouve sa respiration, sa poitrine se soulève avec rapidité. Pas de casse. Pas d’attaque ni d’agression. Il est temps de filer, mais avant de partir, la blonde fait un tour d’horizon. Elle crève de chaud mais ne défait aucun de ses vêtements. Il ne doit y avoir aucune trace.
Elle prête bien attention à ne pas marcher dans les traces de sang alors qu’elle se dirige vers un des hommes qui attire son attention. Un râle s’échappe des lèvres de sa victime. Présumant qu’il n’a pas encore littéralement passé l’arme à gauche, Beatrix lui loge encore deux balles dans la poitrine, en plein cœur. L’ensemble de son travail est plutôt propre, et comme si son égo venait de se glorifier du boulot bien fait, la blonde extrait la plume de corbeau de sa poche et la loge dans celle de la veste de se victime la plus propre, poche extérieur, contre son cœur. Là où l’on place d’habitude les fleurs des mariés.
Une balle entre les deux yeux. Le gros balourd, l’homme d’affaire, arbore désormais la première signature du corbeau. La tueuse à gage sourit sous le tissu et décampe aussi vite, laisse la lumière allumée et file dans la nuit.

Le seul hic à ce contrat ? Il n’est pas tout à fait rempli. Deux têtes. Il lui manque deux têtes, qui auraient du être là ce matin. Mais ça n’est pas le cas. Alors une fois qu’elle est rentrée dans sa suite, elle s’empare d’un téléphone à carte, qu’on lui file à chaque fois avec les photos de ses cibles et compose le numéro de Dimitri Borodine. L’échange est bref, rapide, Dimitri est déjà au courant que seulement quatre des six victimes devaient se pointer ce matin. Il la rappellera, d’autres ordres surviendront sous peu. C’est pourquoi elle peut déjà récupérer une partie de son argent. Un poids, installé jusque-là sur ses épaules, s’évapore. Elle a fait ce qu’elle devait à faire.

D’ici ses prochains ordres, le corbeau, satisfait de son travail, se glissera dans un bain, se parera de ses derniers beaux bijoux et tissus, et contactera l’homme inconnu qui lui permet d’assouvir, comme chaque fois, ses premiers instincts.
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