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 Responsability, delay, hopes

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MessageSujet: Responsability, delay, hopes   Dim 16 Juil - 15:47

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♦♦♦♦♦



Maître Lockhart.
Je fixe avec une étrange nostalgie la plaque collée à la porte du cabinet. Comme si tout allait s'arrêter après ce message.

Suite à une fuite totale et assumée – ou presque – à faire ronfler les moteurs des voitures de luxe, à me confronter à mon père et mon passé, à me perdre dans les plus fameux alcools et tenter d’oublier ce que j’ai fait, je suis revenu à la seule activité qui me rassure, m’apaise, me rend fort et solide. Je suis avocat, je suis le grand maître Lockhart, je défends mes clients en attaquant leurs adversaires, quelles que soient les causes et les reproches. Je suis un lion. Je fais mon métier sans me laisser atteindre par les remords et je sais que j’ai raison.

Planté devant la porte, je n’entends pas immédiatement la secrétaire arriver. Se sont ses talons contre le parquet qui me tirent de mes pensées juste à temps. Je passe la clé dans la serrure, verrouille l’entrée et me retourne pour faire face à la petite brune en tailleur, ses dossiers contre la poitrine.

« Vous partez déjà, maître ? »

« Je vous l’ai dit cent fois, August suffit. Et oui je pars, remettez mes rendez-vous à d… à plus tard. La semaine prochaine. »

« Mais… ! »

Je pose ma main sur sa fine épaule et lui lance un regard sûr, pas autoritaire cependant. Je pars, c’est ainsi, elle se démerde avec le téléphone.
Dévalant les marches quatre à quatre, je rejoins le parking sous-terrain. Je n’aurai pas supporté l’ascenseur tant je tremble. Je ne peux pas rester immobile. Mes pieds sur les pédales s’agitent nerveusement et la voiture grogne ses chevaux quand je me lance sur la voie rapide ;
Erika Erika. Qu’est ce qu’on fabrique ?

Direction l’hôpital. Tic tac. Je braque à droite, demi-tour. Non, je vais aller boire un verre. Tic tac. Je m’arrête, jeté sur le trottoir, je me frotte le visage nerveusement, défais ma cravate et redémarre manquant de percuter un pick-up de cow-boy. Coups de klaxons, frein à main, demi-tour à nouveau. L’hôpital. Je le vois enfin, massif, blanc, sale. Je fais plusieurs fois le tour, finis par attirer l’attention de la sécurité qui m’oblige à me stationner.
J’y suis. Tic tac. Erika. Sa santé, ses pensées ? J’entre mais suis incapable de rejoindre la salle d’attente. Encore moins le service maternité. Je tourne en rond. Je regarde avec dédain tous les patients et leurs familles. Quand c’est un couple qui passe, un bébé dans les bras, je sens mon cœur se serrer et mon ventre se nouer. Je déglutis. Ça ne passe pas. Ça ne passera jamais.
Tic tac. L’horloge tourne pourtant. Prêt ou pas, c’est maintenant. Non ?

Une infirmière vient finalement m’interroger. Je l’inquiète, il faut croire. Je me laisse alors guider, mes phrases n’ont aucun sens. Je m’arrête à un distributeur pour me payer un café. Finalement je reste près de l’appareil, ça me rassure. J’avale trois doses, achète une peluche au stand d’une association posée là. Ça craint. J’avais une plaidoirie ce soir, ça a commencé, il me reste une heure avant que je sois anormalement en retard. Tant pis.

« Monsieur ? Vous êtes là pour qui, déjà ? »

Elle est perdue, mais pas autant que moi. Je la vois fouiller ses papiers. Apparemment, aucune femme entrain d’accoucher n’est seule. Quoi ??? Je regarde mon téléphone, relis le message, panique. Je me suis gouré d’hôpital ?
J’articule son nom, je fais le tour du service avec deux blondes aux pattes. Non pas ici, interdiction, calme, discrétion. Je claque une porte puis une troisième miss m’accoste. Allez-vous faire foutre !
Dans ce que j’entends néanmoins, des éléments familiers. Points de repères : " Agent de police. Seule. Détresse. Jumeaux." Je lui attrape le bras et mes yeux la supplient pour moi. On m’entraîne devant une pièce, on m’ordonne différents trucs, je ne capte rien. Après plusieurs minutes passées seul, dans le silence, je pousse la porte et la terreur qui me tenait tout le corps se recentre. Concentration sur le cœur. Douleur.
Pour avoir la force d’avancer, je m’accroche à son regard et me place à son chevet. Raide, gelé, paumé.

« ...salut...ça va ? »

Pas de mini silhouette dans ses bras, pas de cris, pas de pleures. Je ne déchiffre pas les codes de son visage. Je ne remarque personne. Juste elle dans ce lit. Est-elle souffrante ?
Je dépose la peluche sur ses jambes et cherche sa main.

« Comment tu te sens ? Erika ? »
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MessageSujet: Re: Responsability, delay, hopes   Dim 6 Aoû - 17:04

&

Les yeux fermés, elle écoutait. Calme comme une endormie, elle faisait mine de l’être. Quelque chose la retenait. Elle écoutait, les sages-femmes rentrer dans sa chambre, prendre sa tension, surveiller ce qu’il y avait à surveiller, ressortir en chuchotant à voix basse. Elle écoutait les bruits dans le couloir, les conversations, le pas des médecins, le trottinement léger des étudiants derrière eux. Elle écoutait aussi le silence, le calme apparent de la chambre qu’on avait désignée comme sienne.
Cillian et Dexter étaient repartis une fois sa chambre regagnée. Ils étaient restés avec elle toute la journée, en salle d’accouchement puis au bloc obstétrical, assurant un soutien qu’elle n’attendait plus depuis longtemps. Elle les avait appelés sans même sourciller, sans la moindre hésitation. L’un comme l’autre s’étaient montrés présents durant les neuf derniers mois, assurant les trajets pour lesquels August ne pouvait se libérer, l’accompagnant aux consultations de suivi, l’aidant à surmonter la surprise et le choc de la première échographie. Ils avaient largement gagné leur place auprès d’elle, à ce moment aussi intense qu’intime et qui s’était révélé par la suite d’une violence et d’une angoisse effrayante.
Elle réalisait à peine en être sortie vivante. Tout s’était passé si vite.

Elle était seule. Elle le savait. Elle n’avait pas besoin de chercher le bruit d’une autre respiration que la sienne, il n’y en avait simplement pas. Après avoir vécu neuf mois sans avoir un seul instant réellement à elle, voilà qu’elle était seule. Il n’y avait plus qu’elle. Elle et seulement elle. Le réaliser était effarant. Elle ne savait quoi dire, quoi exprimer. Quoi raconter ? Cillian et Dexter avaient tout suivi, du début à la fin. Et pouvait-on seulement appeler cela une fin ? Elle était toujours là, toujours en vie ou semblant au moins l’être. Mais son esprit lui était suspendu, perdu dans les limbes de réflexions qu’elle n’arrivait même pas à mettre en mots.
Comment pouvait-elle sortir vivante de ça ?

Elle entendit qu’on entrait dans sa chambre. Ne reconnaissant ni le pas de la sage-femme ni celui de Cillian ou Dex - qui étaient de toute manière partis depuis plus d’une heure - , Erika ouvrit les yeux et tourna lentement la tête vers l’entrée de sa chambre. Elle réagit à peine en voyant qu’il s’agissait de l’avocat. Son visage vidé de toute expression. Elle ne pouvait dire si elle était heureuse de le voir. En colère ou soulagée. Blessée ou pleine de rancœur. Il était là, c’est tout.
August s’approcha lentement, indécis jusque dans les traits de son visage, une peluche à la main. Sans plus réagir, elle le laissa faire, se redressant légèrement pour lui faire face dans son lit avec le peu de dignité qu’il lui restait à cet instant. Comme souvent depuis neuf mois, Erika gardait un silence de marbre, laissant l’avocat faire le pas en premier. S’ils s’étaient tous deux habitués à l’amertume de la flic et l’indécision du futur père, aucun ne s’était réellement préparé à cet instant. A peine avaient-ils évoqué qu’un beau jour Erika accoucherait de ce qu’ils avaient engendré à deux. Pourtant ils y étaient. Du moins elle, y avait été. Lui évidemment …
Enfin ce n’était qu’une pierre de plus apportée à un édifice qu’ils bâtissaient depuis longtemps.

Se raclant difficilement la gorge, August parvint à dire quelques mots et rompre ainsi le silence de la chambre :

Comment tu te sens ? Erika ? »

Sa main chercha la sienne, elle la lui laissa sans ressentir plus qu’un vague sentiment de tendresse lorsque leurs doigts s’effleurèrent. Elle avait l’esprit ailleurs. Elle avait le cœur ailleurs. Sur une table d’opération, entre les instruments et les doigts d’un chirurgien qu’elle espérait habile. Dans un berceau au côté d’un berceau vide. Elle ne pouvait être ici tout en étant là-bas. Elle ne pouvait l’écouter quand ils étaient là-bas. Elle était suspendue, sa vie était suspendue, son avenir tout entier semblait dépendre de ce qui se déroulait quelques salles plus loin. Le travail avait été long, l’accouchement rapide malgré une charge double de travail pour son corps, mais il avait fallu agir vite une fois qu’ils étaient sortis. On lui avait à peine expliqué. On s’était empressés. Elle les avait à peine vus, déjà disparus. Elle était incapable d’expliquer ce qu’il s’était passé. August semblait à peine remarquer, lui, que quelque chose manquait. Quelque chose d’essentiel. Elle le regardait, elle le voyait tenter de décrypter son visage, ses expressions ; elle n’en avait aucune. Elle était vidée. Elle attendait que quelqu’un la re-remplisse, lui ré-insuffle un souffle de vie. Deux souffles de vie. Jamais elle n’aurait imaginé ressentir ce vide immense, ce gouffre effroyable dans son esprit tandis qu’on tentait de garder en vie l’un de ses enfants. Elle n’avait pas eu de grossesse idyllique, pas d’amant parfait non plus, à peine l’ombre d’un père mais tout cela ne l’avait pas empêché malgré elle de tisser un lien avec les deux petits êtres qui avaient commencé à pousser au cœur de son être. Elle avait appris à les sentir, appris à les toucher à travers la peau de son ventre, les reconnaître selon leurs réactions lorsqu’elle leur parlait. Elle avait appris à les aimer pour deux, appris à les protéger d’elle-même, de l’envahissement de son boulot dans sa vie, de sa relation devenue complexe avec leur père. Elle leur avait trouvé une place dans son cœur, préparé leur venue, suivi leurs progrès et fait attention aux siens. Elle avait fait tout cela sans jamais s’en être crue capable.

Aujourd’hui tout était sur le point de partir en fumée.
Alors à sa question, comment se sentait-elle, elle qui avait enduré tout cela, qui ne lui avait plus jamais demandé d’être là sans qu’il se soit de lui-même proposé d’y être …
Rien. Elle ne se sentait rien.


Détournant finalement le regard, l’âme morcelée, le cœur rongé par la peur d’espérer, elle se racla douloureusement la gorge pour en évacuer la boule énorme qui s’y formait dès qu’elle pensait à raconter. Sans savoir pourquoi elle se sentait encore redevable d’explications envers lui, elle parla :

L’un des jumeaux est devenu tout bleu quand ils l’ont sorti. Problème au niveau du cœur ils ont dit. Ils sont en train d’essayer de réparer là. Ça fait deux heures. L’autre n’a pas eu ça mais ils le gardent en observation pour être sûr qu’il ne va pas faire une forme retardée. »

Gardant le regard hors de portée de l’avocat, elle laissa tomber d’une voix basse et dénuée en apparence de sentiment :

Je les ai à peine vus. »

Elle eut envie d’ajouter. Elle eut envie de lui claquer au visage qu’il n’aurait finalement pas à faire semblant d’être un père puisqu’ils allaient probablement y passer, qu’ils étaient trop petits pour résister à ce genre de chirurgie, que c’était folie d’être chirurgien et de se lancer dans ce genre d’opérations sur un nouveau-né de quelques minutes à peine de vie. Elle eut envie de le frapper, de ne pas savoir quoi dire, de ne pas demander pourquoi il n’y avait pas deux berceaux dans la chambre avec elle, de ne s’intéresser qu’à elle, qu’à son bien-être, son moral, sa santé. Ils n’étaient plus deux depuis longtemps et lui continuait de faire comme si.
Mais c’était une engueulade qu’ils avaient déjà eue. Et pas qu’en un seul exemplaire. L’annonce des jumeaux à la première échographie n’avait guère aidé mais, au fond d’elle, Erika savait qu’elle avait perdu l’avocat le jour où elle était tombée enceinte. Il n’était pas complètement parti mais il n’était plus vraiment là. Quelque chose subsistait entre eux évidemment, parce que c’était eux, mais les choses étaient différentes, les sentiments, l’amour, tout était teinté par l’amertume, la rancœur, le manque de confiance. Elle se demandait parfois pourquoi il s’accrochait. Ce qui le retenait encore à elle.

Et comment elle, parvenait à l’aimer encore.



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MessageSujet: Re: Responsability, delay, hopes   Sam 12 Aoû - 16:20

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♦♦♦♦♦



Vide. Son regard est vide. Pas d'émotion visible, ni le soulagement ni la contrariété. Pas de bonheur d'être mère, pas de colère de m'avoir pour père de ses enfants. J'avoue que j'aurai préféré une crise à ce silence. Ses reproches auraient forcément froissé ma fierté, c'est toujours le cas et j'ai fini par l'accepter. Ses arguments sont toujours justes, censés, je connais peu d'avocat à la hauteur de ses tirades. Pourquoi ce silence ? Est-ce le calme avant la tempête ? J'attends, les secondes s'écoulent péniblement, mais rien ne vient.
Son indifférence est une douleur cuisante qui me submerge. J'ai l'impression de ressentir tout ce qu'Erika n'éprouve pas. Je lui connais un sang-froid bien meilleur que le mien, pour autant, cette façon de ne pas me regarder ce n'est pas du contrôle, pas même de la supercherie.
Erika est vide, et moi je déborde de sentiments.

Quand son regard échappe au mien je me sens faire un pas, comme s'il suffisait de la percuter pour la réveiller, comme si j'étais incapable de retenir la terrible envie de la faire revenir. Si encore je savais où est ma flicette ;
Sa voix brise enfin le silence et met en suspend mes interrogations.

▬ L’un des jumeaux est devenu tout bleu quand ils l’ont sorti. Problème au niveau du cœur ils ont dit. Ils sont en train d’essayer de réparer là. Ça fait deux heures. L’autre n’a pas eu ça mais ils le gardent en observation pour être sûr qu’il ne va pas faire une forme retardée. »

« Quoi ?! »

Plus que la surprise, c'est l'agressivité dans mon intonation. Elle est mal dirigée, ce n'est pas à Erika que j'en veux. A qui, alors ?

▬ Je les ai à peine vus. »

Je déglutis bruyamment l’afflux des larmes qui me montent aux yeux et me nouent la gorge. Cette fois je recule, encore capable de tenir debout malgré le vertige qui s'empare de moi. Les petits ne sont pas là. Je ne comprends toujours pas comment l'équipe médicale envisageait d'en faire tenir deux dans ce minuscule lit près d'Erika. Je ne cherche pas à comprendre à quoi il correspond en fait, je fais un tour sur moi même, m'essuie la p*tain de larme qui a réussi à s'échapper. Quand la deuxième puis une troisième veulent faire croire que je pleure, je quitte la pièce brutalement.

C'est où qu'on opère des nourrissons ? J'attrape une infirmière par le bras, je me fais engueuler. Deux autres miss un peu plus compatissantes essayent de comprendre ce que je cherche mais je ne suis pas foutu d'articuler un truc compréhensible. Il faut que l'une d'entre elles fasse le lien avec Erika pour qu'on m'indique le bloc d'un vulgaire geste de la main.
Et c'est tout ? J'attends là, sans rien faire ? Mes enfants sont entre la vie et la mort, à la merci de quelques diplômés arrogants et je dois attendre ?!!!

«  Mais dites-moi au moins où ça en est ! Dites quelque chose ! Je...On ne sait rien !!! Ma...Ma femme vient d'accoucher et personne ne vient lui dire comment vont ses enfants, vous trouver ça normal ? »

Une petite équipe m'encercle alors. Compréhensifs, patients, très professionnels, ils ont les mots rassurants mais l'intonation suffisamment sévère. Il faut que je me calme, ils ont d'autres patients, d'autres accouchements en cours, des opérations peut être, des mères enceintes c'est sûr.
...
J'en ai rien à battre.
Je repousse l'interne qui se prend pour le coq au milieu des poules mais, quand les mecs de la sécurité arrivent, je saisi enfin mes intérêts : je ne veux pas être mis dehors.

« Ça va cowboy, retourne surveiller les mamies excitées à l'entrée. Vous : allez prendre des nouvelles de mes enfants. Vite. Je ne bouge pas d'ici. »

Je dis n'importe quoi. Je ne demande même pas s'il est possible de voir le petit qui n'est pas en salle d'opération. Car l'un d'eux se porte bien, non ? Mieux que son frère ? Quelqu'un va venir me le proposer, et même à Erika ! En passant devant un tableau - qui se veut décoratif ? - je  constate que je chiale comme une gonzesse. J'arrange mon visage à l'aide du reflet, inspire un grand coup et, incapable d'attendre de l'autre côté de la porte, je reviens dans la chambre d'Erika.
Avec ce boucan, rien n'a du lui échapper. Aussi, elle sait que je n'ai pas fait de miracle, au contraire. Néanmoins j'affirme, plus maladroit que menteur :

« Ça va. Tout...tout se passe bien, ils vont venir nous expliquer. »

Je joue nerveusement avec mes mains un moment avant de les faire taire, plongées dans mes poches. Je fais quelques pas jusqu'à la fenêtre, comme si la vue avait une importance quelconque. Je ne veux pas affronter son mépris. Je prends sur moi et replace mes yeux sur Erika, revenant à son chevet, essayant d'être à ma place à ses côtés.

« Ils vont venir. »

Dis-je surtout pour me rassurer. Ils vont venir. Un chirurgien, une aide-soignante, je ne sais qui, pour donner quelques détails sur la santé de nos petits, juste ce qu'il faut pour que l'on cesse de paniquer. Car tout va bien ;
Je suis mort de peur. Sans avoir le temps de me dire que je suis père, j'attends qu'on me dise comment vont mes enfants.


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MessageSujet: Re: Responsability, delay, hopes   Jeu 17 Aoû - 16:35

Quoi ?! »

L’agressivité dans le ton de l’avocat sembla agir comme un électrochoc sur Erika. Secouée, elle planta son regard immédiatement dans le sien et ses sourcils se froncèrent. La colère lui monta au nez en le voyant se détourner, cacher des larmes qu’elle ne pouvait imaginer chez lui. Le silence tomba plus lourdement dans la petite chambre à la lumière aseptisée. Les insultes mourant instantanément sur ses lèvres, la jeune femme ne parvenait qu’à fusiller du regard le dos muet de l’avocat. Fais quelque chose ! avait-elle envie de crier, implique toi, renseigne toi, va les chercher, ramène les nous. Ne reste pas planté là.
Mais ces mots-là aussi mourraient au fond de sa gorge, étranglant au passage une douleur sans nom.

L’avocat quitta précipitamment la pièce sans ajouter une seule explication à son comportement. Amère et soudain pleine de colère, Erika attrapa le premier objet à sa portée et le jeta violemment à terre. Le téléphone de sa chambre avait dû en connaître de bien pires car il résista au choc. Elle le regarda rebondir à terre avec un mélange de frustration et de désespoir. Ravalant sa morgue, la flicette laissa retomber sa tête sur l’oreiller, fermant les yeux dans un soupir d’énervement. L’oreille tendue malgré tout, elle entendit le cirque d’August passer dans le couloir. Ses protestations accentuaient sa propre détresse. Elle cacha son visage de ses mains. A quoi croyaient-ils se confronter ? On aurait dit deux gosses capricieux à qui l’on avait oublié d’expliquer les règles. Deux gosses même plus capables de jouer ensemble sans se faire mal. Personne ne viendrait plus les séparer à présent. Ils étaient assez grands pour courir à leur propre perte en connaissance de cause.

Erika ne voyait pas comment vivre sans lui. C’était insensé mais elle ne voyait pas. Elle avait beau être entourée des meilleurs, avoir rebâti un entourage familial plus solide que le premier ; elle avait beau avoir souffert de nombreuses fois par les actes ou les décisions d’August ; elle ne voyait pas comment faire sans lui. Il ne fallait pas chercher de raison, d’argument, pas même de logique. C’était ainsi. Elle ne pouvait pas. Alors tandis qu’il beuglait dans le couloir qu’on vienne s’occuper d’eux, les informer, les rassurer, elle, attendait qu’il revienne.

Ce qu’il fit quelques instants après. Rentrant en trombe dans la chambre, évitant son regard pour se concentrer sur la vue à l’extérieur, il parla d’une voix malhabile et fermée :

Ça va. Tout...tout se passe bien, ils vont venir nous expliquer. »


Erika écrasa un petit soupir sec et résigné. Il mentait. Comment tout pouvait bien se passer quand on ouvrait encore les thorax des nouveaux-nés sans tenir les mères informées ? Dans quel genre d’hôpital l’avait-on amenée ?
L’avocat se tourna finalement vers elle, le regard troublé. Il s’approcha du lit sans prétendre y trouver sa place et répéta une nouvelle fois, ses yeux dans les siens :

Ils vont venir. »
Arrête de dire ça s’il te plait. »

Leur regard se trouvèrent sans plus pouvoir se détacher ni se détourner. Luttant contre des sentiments contradictoires, les doigts d’Erika glissèrent finalement contre ceux de l’avocat. Son visage cerné par la fatigue, la colère, la peur ne pouvait traduire la douceur de ce geste mais il suffisait de fermer les yeux pour sentir que tout n’était pas complètement abandonné. Elle n’était pas capable de mieux pour le moment. Elle sentait la détresse de l’avocat, au-delà de la rancœur, de sa colère, au-delà de tout ce qu’il aurait dû faire ou être en tant que père de ces deux enfants et qu’il lui avait abandonné sans l’ombre d’une explication plausible. Tout le temps où ils avaient été à l’abri dans son ventre, il avait pu feindre que rien n’allait jamais arriver, que leur monde n’était pas déjà bouleversé jusque dans ses fondations. Maintenant qu’ils étaient nés, maintenant qu’ils étaient de leur monde, en chair, en os, en cris et en pleurs ; il se prenait de plein fouet leur réalité. Sa réalité. Qu’il le veuille ou non, il était père de ces deux enfants. Et un de leur enfant était malade. L’autre sans doute en sursis. Qu’ils le veuillent ou non, ils étaient ensembles dans cette douleur. Ils la partageaient. Ils la vivaient dans le regard de l’autre. Aucun ne pouvait prétendre passer au-dessus de ça, ne rien ressentir, ne pas vouloir savoir.

On toqua doucement à la porte, tirant Erika de leur conversation silencieuse. Des blouses blanches entrèrent, nombreuses et solennelles. Des regards furent jetés discrètement à l’avocat, avertissements du calme à présenter après le remue-ménage qu’il avait orchestré, puis l’attention sembla se recentrer sur Erika. L’ensemble des regards convergeant vers sa silhouette en blouse, à moitié redressée dans le lit, le visage marqué par les événements de la journée, la jeune femme se sentit vulnérable. Ses doigts toujours glissés contre ceux d’August tressaillirent avant qu’une des blouses blanches ne se décide à racler sa gorge et parler.

Mme Stojanović, je suis le docteur Howard. Je suis chirurgien cardio-pédiatre. C’est moi qui ai opéré votre fils avec l’aide de mes assistants. »

Nouvel électrochoc. Complètement redressée dans son lit, Erika sentit son cœur s’emballer et battre plus fort dans sa poitrine. L’estomac noué d’angoisse, elle articula d’une voix blanche :

Comment il va ? »

Se raclant à nouveau la gorge, l’homme en blouse baissa un instant les yeux et expliqua :

Votre fils souffrait d’une pathologie rare qu’on appelle transposition des gros vaisseaux. Vous en avez peut-être entendu parler, c’est.. »
Je me fous de ce que c’est, le coupa-t-elle, comment il va ? Comment va mon fils ? Répondez-moi, bordel de merde ! »

Une autre blouse blanche voulut s’avancer pour s’interposer mais le premier médecin lui fit signe de ne pas bouger. Reportant son attention sur la flic furieuse dans son lit, il laissa finalement apparaître un sourire.

Et une phrase.

Votre fils va bien, Madame. Il est en vie. L’opération a réussi. »

Et à cet instant, ce fut trop.
Laissant échapper une exclamation étranglée, Erika sentit confusément les larmes monter tandis qu’elle hochait indéfiniment la tête, observant chacun des membres du corps médical sans plus pouvoir les distinguer, le regard embué. Sa gorge se serra d’une telle force qu’elle fut incapable de parler. Sa main chercha à tâtons l’avocat, attrapant son poignet qu’elle serra, serra, serra jusqu’à en avoir les jointures blanches et le souffle court. Elle n’entendit personne partir, elle n’entendit pas la puéricultrice lui annonçant le retour de son premier. Elle ne put qu’encaisser la violence de son soulagement. Les larmes coulaient de ses yeux sans vouloir tarir la source qu’elles formaient. Agrippée à l’avant-bras de l’avocat, la flicette ne parvenait pas à le lâcher. Sa main libre passait et repassait sur son visage, essuyant des torrents de larmes, palpant sa gorge toujours nouée, essayant de dissimuler derrière elle les sanglots qui remontaient lorsqu’elle inspirait. Sa voix pâle et exténuée ne cessait de répéter :

Il est en vie. Il va bien. L’opération a réussi. Il est en vie. Notre fils est en vie. »



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