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 Responsability, delay, hopes

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MessageSujet: Responsability, delay, hopes   Dim 16 Juil - 15:47

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♦♦♦♦♦



Maître Lockhart.
Je fixe avec une étrange nostalgie la plaque collée à la porte du cabinet. Comme si tout allait s'arrêter après ce message.

Suite à une fuite totale et assumée – ou presque – à faire ronfler les moteurs des voitures de luxe, à me confronter à mon père et mon passé, à me perdre dans les plus fameux alcools et tenter d’oublier ce que j’ai fait, je suis revenu à la seule activité qui me rassure, m’apaise, me rend fort et solide. Je suis avocat, je suis le grand maître Lockhart, je défends mes clients en attaquant leurs adversaires, quelles que soient les causes et les reproches. Je suis un lion. Je fais mon métier sans me laisser atteindre par les remords et je sais que j’ai raison.

Planté devant la porte, je n’entends pas immédiatement la secrétaire arriver. Se sont ses talons contre le parquet qui me tirent de mes pensées juste à temps. Je passe la clé dans la serrure, verrouille l’entrée et me retourne pour faire face à la petite brune en tailleur, ses dossiers contre la poitrine.

« Vous partez déjà, maître ? »

« Je vous l’ai dit cent fois, August suffit. Et oui je pars, remettez mes rendez-vous à d… à plus tard. La semaine prochaine. »

« Mais… ! »

Je pose ma main sur sa fine épaule et lui lance un regard sûr, pas autoritaire cependant. Je pars, c’est ainsi, elle se démerde avec le téléphone.
Dévalant les marches quatre à quatre, je rejoins le parking sous-terrain. Je n’aurai pas supporté l’ascenseur tant je tremble. Je ne peux pas rester immobile. Mes pieds sur les pédales s’agitent nerveusement et la voiture grogne ses chevaux quand je me lance sur la voie rapide ;
Erika Erika. Qu’est ce qu’on fabrique ?

Direction l’hôpital. Tic tac. Je braque à droite, demi-tour. Non, je vais aller boire un verre. Tic tac. Je m’arrête, jeté sur le trottoir, je me frotte le visage nerveusement, défais ma cravate et redémarre manquant de percuter un pick-up de cow-boy. Coups de klaxons, frein à main, demi-tour à nouveau. L’hôpital. Je le vois enfin, massif, blanc, sale. Je fais plusieurs fois le tour, finis par attirer l’attention de la sécurité qui m’oblige à me stationner.
J’y suis. Tic tac. Erika. Sa santé, ses pensées ? J’entre mais suis incapable de rejoindre la salle d’attente. Encore moins le service maternité. Je tourne en rond. Je regarde avec dédain tous les patients et leurs familles. Quand c’est un couple qui passe, un bébé dans les bras, je sens mon cœur se serrer et mon ventre se nouer. Je déglutis. Ça ne passe pas. Ça ne passera jamais.
Tic tac. L’horloge tourne pourtant. Prêt ou pas, c’est maintenant. Non ?

Une infirmière vient finalement m’interroger. Je l’inquiète, il faut croire. Je me laisse alors guider, mes phrases n’ont aucun sens. Je m’arrête à un distributeur pour me payer un café. Finalement je reste près de l’appareil, ça me rassure. J’avale trois doses, achète une peluche au stand d’une association posée là. Ça craint. J’avais une plaidoirie ce soir, ça a commencé, il me reste une heure avant que je sois anormalement en retard. Tant pis.

« Monsieur ? Vous êtes là pour qui, déjà ? »

Elle est perdue, mais pas autant que moi. Je la vois fouiller ses papiers. Apparemment, aucune femme entrain d’accoucher n’est seule. Quoi ??? Je regarde mon téléphone, relis le message, panique. Je me suis gouré d’hôpital ?
J’articule son nom, je fais le tour du service avec deux blondes aux pattes. Non pas ici, interdiction, calme, discrétion. Je claque une porte puis une troisième miss m’accoste. Allez-vous faire foutre !
Dans ce que j’entends néanmoins, des éléments familiers. Points de repères : " Agent de police. Seule. Détresse. Jumeaux." Je lui attrape le bras et mes yeux la supplient pour moi. On m’entraîne devant une pièce, on m’ordonne différents trucs, je ne capte rien. Après plusieurs minutes passées seul, dans le silence, je pousse la porte et la terreur qui me tenait tout le corps se recentre. Concentration sur le cœur. Douleur.
Pour avoir la force d’avancer, je m’accroche à son regard et me place à son chevet. Raide, gelé, paumé.

« ...salut...ça va ? »

Pas de mini silhouette dans ses bras, pas de cris, pas de pleures. Je ne déchiffre pas les codes de son visage. Je ne remarque personne. Juste elle dans ce lit. Est-elle souffrante ?
Je dépose la peluche sur ses jambes et cherche sa main.

« Comment tu te sens ? Erika ? »
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MessageSujet: Re: Responsability, delay, hopes   Dim 6 Aoû - 17:04

&

Les yeux fermés, elle écoutait. Calme comme une endormie, elle faisait mine de l’être. Quelque chose la retenait. Elle écoutait, les sages-femmes rentrer dans sa chambre, prendre sa tension, surveiller ce qu’il y avait à surveiller, ressortir en chuchotant à voix basse. Elle écoutait les bruits dans le couloir, les conversations, le pas des médecins, le trottinement léger des étudiants derrière eux. Elle écoutait aussi le silence, le calme apparent de la chambre qu’on avait désignée comme sienne.
Cillian et Dexter étaient repartis une fois sa chambre regagnée. Ils étaient restés avec elle toute la journée, en salle d’accouchement puis au bloc obstétrical, assurant un soutien qu’elle n’attendait plus depuis longtemps. Elle les avait appelés sans même sourciller, sans la moindre hésitation. L’un comme l’autre s’étaient montrés présents durant les neuf derniers mois, assurant les trajets pour lesquels August ne pouvait se libérer, l’accompagnant aux consultations de suivi, l’aidant à surmonter la surprise et le choc de la première échographie. Ils avaient largement gagné leur place auprès d’elle, à ce moment aussi intense qu’intime et qui s’était révélé par la suite d’une violence et d’une angoisse effrayante.
Elle réalisait à peine en être sortie vivante. Tout s’était passé si vite.

Elle était seule. Elle le savait. Elle n’avait pas besoin de chercher le bruit d’une autre respiration que la sienne, il n’y en avait simplement pas. Après avoir vécu neuf mois sans avoir un seul instant réellement à elle, voilà qu’elle était seule. Il n’y avait plus qu’elle. Elle et seulement elle. Le réaliser était effarant. Elle ne savait quoi dire, quoi exprimer. Quoi raconter ? Cillian et Dexter avaient tout suivi, du début à la fin. Et pouvait-on seulement appeler cela une fin ? Elle était toujours là, toujours en vie ou semblant au moins l’être. Mais son esprit lui était suspendu, perdu dans les limbes de réflexions qu’elle n’arrivait même pas à mettre en mots.
Comment pouvait-elle sortir vivante de ça ?

Elle entendit qu’on entrait dans sa chambre. Ne reconnaissant ni le pas de la sage-femme ni celui de Cillian ou Dex - qui étaient de toute manière partis depuis plus d’une heure - , Erika ouvrit les yeux et tourna lentement la tête vers l’entrée de sa chambre. Elle réagit à peine en voyant qu’il s’agissait de l’avocat. Son visage vidé de toute expression. Elle ne pouvait dire si elle était heureuse de le voir. En colère ou soulagée. Blessée ou pleine de rancœur. Il était là, c’est tout.
August s’approcha lentement, indécis jusque dans les traits de son visage, une peluche à la main. Sans plus réagir, elle le laissa faire, se redressant légèrement pour lui faire face dans son lit avec le peu de dignité qu’il lui restait à cet instant. Comme souvent depuis neuf mois, Erika gardait un silence de marbre, laissant l’avocat faire le pas en premier. S’ils s’étaient tous deux habitués à l’amertume de la flic et l’indécision du futur père, aucun ne s’était réellement préparé à cet instant. A peine avaient-ils évoqué qu’un beau jour Erika accoucherait de ce qu’ils avaient engendré à deux. Pourtant ils y étaient. Du moins elle, y avait été. Lui évidemment …
Enfin ce n’était qu’une pierre de plus apportée à un édifice qu’ils bâtissaient depuis longtemps.

Se raclant difficilement la gorge, August parvint à dire quelques mots et rompre ainsi le silence de la chambre :

Comment tu te sens ? Erika ? »

Sa main chercha la sienne, elle la lui laissa sans ressentir plus qu’un vague sentiment de tendresse lorsque leurs doigts s’effleurèrent. Elle avait l’esprit ailleurs. Elle avait le cœur ailleurs. Sur une table d’opération, entre les instruments et les doigts d’un chirurgien qu’elle espérait habile. Dans un berceau au côté d’un berceau vide. Elle ne pouvait être ici tout en étant là-bas. Elle ne pouvait l’écouter quand ils étaient là-bas. Elle était suspendue, sa vie était suspendue, son avenir tout entier semblait dépendre de ce qui se déroulait quelques salles plus loin. Le travail avait été long, l’accouchement rapide malgré une charge double de travail pour son corps, mais il avait fallu agir vite une fois qu’ils étaient sortis. On lui avait à peine expliqué. On s’était empressés. Elle les avait à peine vus, déjà disparus. Elle était incapable d’expliquer ce qu’il s’était passé. August semblait à peine remarquer, lui, que quelque chose manquait. Quelque chose d’essentiel. Elle le regardait, elle le voyait tenter de décrypter son visage, ses expressions ; elle n’en avait aucune. Elle était vidée. Elle attendait que quelqu’un la re-remplisse, lui ré-insuffle un souffle de vie. Deux souffles de vie. Jamais elle n’aurait imaginé ressentir ce vide immense, ce gouffre effroyable dans son esprit tandis qu’on tentait de garder en vie l’un de ses enfants. Elle n’avait pas eu de grossesse idyllique, pas d’amant parfait non plus, à peine l’ombre d’un père mais tout cela ne l’avait pas empêché malgré elle de tisser un lien avec les deux petits êtres qui avaient commencé à pousser au cœur de son être. Elle avait appris à les sentir, appris à les toucher à travers la peau de son ventre, les reconnaître selon leurs réactions lorsqu’elle leur parlait. Elle avait appris à les aimer pour deux, appris à les protéger d’elle-même, de l’envahissement de son boulot dans sa vie, de sa relation devenue complexe avec leur père. Elle leur avait trouvé une place dans son cœur, préparé leur venue, suivi leurs progrès et fait attention aux siens. Elle avait fait tout cela sans jamais s’en être crue capable.

Aujourd’hui tout était sur le point de partir en fumée.
Alors à sa question, comment se sentait-elle, elle qui avait enduré tout cela, qui ne lui avait plus jamais demandé d’être là sans qu’il se soit de lui-même proposé d’y être …
Rien. Elle ne se sentait rien.


Détournant finalement le regard, l’âme morcelée, le cœur rongé par la peur d’espérer, elle se racla douloureusement la gorge pour en évacuer la boule énorme qui s’y formait dès qu’elle pensait à raconter. Sans savoir pourquoi elle se sentait encore redevable d’explications envers lui, elle parla :

L’un des jumeaux est devenu tout bleu quand ils l’ont sorti. Problème au niveau du cœur ils ont dit. Ils sont en train d’essayer de réparer là. Ça fait deux heures. L’autre n’a pas eu ça mais ils le gardent en observation pour être sûr qu’il ne va pas faire une forme retardée. »

Gardant le regard hors de portée de l’avocat, elle laissa tomber d’une voix basse et dénuée en apparence de sentiment :

Je les ai à peine vus. »

Elle eut envie d’ajouter. Elle eut envie de lui claquer au visage qu’il n’aurait finalement pas à faire semblant d’être un père puisqu’ils allaient probablement y passer, qu’ils étaient trop petits pour résister à ce genre de chirurgie, que c’était folie d’être chirurgien et de se lancer dans ce genre d’opérations sur un nouveau-né de quelques minutes à peine de vie. Elle eut envie de le frapper, de ne pas savoir quoi dire, de ne pas demander pourquoi il n’y avait pas deux berceaux dans la chambre avec elle, de ne s’intéresser qu’à elle, qu’à son bien-être, son moral, sa santé. Ils n’étaient plus deux depuis longtemps et lui continuait de faire comme si.
Mais c’était une engueulade qu’ils avaient déjà eue. Et pas qu’en un seul exemplaire. L’annonce des jumeaux à la première échographie n’avait guère aidé mais, au fond d’elle, Erika savait qu’elle avait perdu l’avocat le jour où elle était tombée enceinte. Il n’était pas complètement parti mais il n’était plus vraiment là. Quelque chose subsistait entre eux évidemment, parce que c’était eux, mais les choses étaient différentes, les sentiments, l’amour, tout était teinté par l’amertume, la rancœur, le manque de confiance. Elle se demandait parfois pourquoi il s’accrochait. Ce qui le retenait encore à elle.

Et comment elle, parvenait à l’aimer encore.



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MessageSujet: Re: Responsability, delay, hopes   Sam 12 Aoû - 16:20

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Vide. Son regard est vide. Pas d'émotion visible, ni le soulagement ni la contrariété. Pas de bonheur d'être mère, pas de colère de m'avoir pour père de ses enfants. J'avoue que j'aurai préféré une crise à ce silence. Ses reproches auraient forcément froissé ma fierté, c'est toujours le cas et j'ai fini par l'accepter. Ses arguments sont toujours justes, censés, je connais peu d'avocat à la hauteur de ses tirades. Pourquoi ce silence ? Est-ce le calme avant la tempête ? J'attends, les secondes s'écoulent péniblement, mais rien ne vient.
Son indifférence est une douleur cuisante qui me submerge. J'ai l'impression de ressentir tout ce qu'Erika n'éprouve pas. Je lui connais un sang-froid bien meilleur que le mien, pour autant, cette façon de ne pas me regarder ce n'est pas du contrôle, pas même de la supercherie.
Erika est vide, et moi je déborde de sentiments.

Quand son regard échappe au mien je me sens faire un pas, comme s'il suffisait de la percuter pour la réveiller, comme si j'étais incapable de retenir la terrible envie de la faire revenir. Si encore je savais où est ma flicette ;
Sa voix brise enfin le silence et met en suspend mes interrogations.

▬ L’un des jumeaux est devenu tout bleu quand ils l’ont sorti. Problème au niveau du cœur ils ont dit. Ils sont en train d’essayer de réparer là. Ça fait deux heures. L’autre n’a pas eu ça mais ils le gardent en observation pour être sûr qu’il ne va pas faire une forme retardée. »

« Quoi ?! »

Plus que la surprise, c'est l'agressivité dans mon intonation. Elle est mal dirigée, ce n'est pas à Erika que j'en veux. A qui, alors ?

▬ Je les ai à peine vus. »

Je déglutis bruyamment l’afflux des larmes qui me montent aux yeux et me nouent la gorge. Cette fois je recule, encore capable de tenir debout malgré le vertige qui s'empare de moi. Les petits ne sont pas là. Je ne comprends toujours pas comment l'équipe médicale envisageait d'en faire tenir deux dans ce minuscule lit près d'Erika. Je ne cherche pas à comprendre à quoi il correspond en fait, je fais un tour sur moi même, m'essuie la p*tain de larme qui a réussi à s'échapper. Quand la deuxième puis une troisième veulent faire croire que je pleure, je quitte la pièce brutalement.

C'est où qu'on opère des nourrissons ? J'attrape une infirmière par le bras, je me fais engueuler. Deux autres miss un peu plus compatissantes essayent de comprendre ce que je cherche mais je ne suis pas foutu d'articuler un truc compréhensible. Il faut que l'une d'entre elles fasse le lien avec Erika pour qu'on m'indique le bloc d'un vulgaire geste de la main.
Et c'est tout ? J'attends là, sans rien faire ? Mes enfants sont entre la vie et la mort, à la merci de quelques diplômés arrogants et je dois attendre ?!!!

«  Mais dites-moi au moins où ça en est ! Dites quelque chose ! Je...On ne sait rien !!! Ma...Ma femme vient d'accoucher et personne ne vient lui dire comment vont ses enfants, vous trouver ça normal ? »

Une petite équipe m'encercle alors. Compréhensifs, patients, très professionnels, ils ont les mots rassurants mais l'intonation suffisamment sévère. Il faut que je me calme, ils ont d'autres patients, d'autres accouchements en cours, des opérations peut être, des mères enceintes c'est sûr.
...
J'en ai rien à battre.
Je repousse l'interne qui se prend pour le coq au milieu des poules mais, quand les mecs de la sécurité arrivent, je saisi enfin mes intérêts : je ne veux pas être mis dehors.

« Ça va cowboy, retourne surveiller les mamies excitées à l'entrée. Vous : allez prendre des nouvelles de mes enfants. Vite. Je ne bouge pas d'ici. »

Je dis n'importe quoi. Je ne demande même pas s'il est possible de voir le petit qui n'est pas en salle d'opération. Car l'un d'eux se porte bien, non ? Mieux que son frère ? Quelqu'un va venir me le proposer, et même à Erika ! En passant devant un tableau - qui se veut décoratif ? - je  constate que je chiale comme une gonzesse. J'arrange mon visage à l'aide du reflet, inspire un grand coup et, incapable d'attendre de l'autre côté de la porte, je reviens dans la chambre d'Erika.
Avec ce boucan, rien n'a du lui échapper. Aussi, elle sait que je n'ai pas fait de miracle, au contraire. Néanmoins j'affirme, plus maladroit que menteur :

« Ça va. Tout...tout se passe bien, ils vont venir nous expliquer. »

Je joue nerveusement avec mes mains un moment avant de les faire taire, plongées dans mes poches. Je fais quelques pas jusqu'à la fenêtre, comme si la vue avait une importance quelconque. Je ne veux pas affronter son mépris. Je prends sur moi et replace mes yeux sur Erika, revenant à son chevet, essayant d'être à ma place à ses côtés.

« Ils vont venir. »

Dis-je surtout pour me rassurer. Ils vont venir. Un chirurgien, une aide-soignante, je ne sais qui, pour donner quelques détails sur la santé de nos petits, juste ce qu'il faut pour que l'on cesse de paniquer. Car tout va bien ;
Je suis mort de peur. Sans avoir le temps de me dire que je suis père, j'attends qu'on me dise comment vont mes enfants.


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MessageSujet: Re: Responsability, delay, hopes   Jeu 17 Aoû - 16:35

Quoi ?! »

L’agressivité dans le ton de l’avocat sembla agir comme un électrochoc sur Erika. Secouée, elle planta son regard immédiatement dans le sien et ses sourcils se froncèrent. La colère lui monta au nez en le voyant se détourner, cacher des larmes qu’elle ne pouvait imaginer chez lui. Le silence tomba plus lourdement dans la petite chambre à la lumière aseptisée. Les insultes mourant instantanément sur ses lèvres, la jeune femme ne parvenait qu’à fusiller du regard le dos muet de l’avocat. Fais quelque chose ! avait-elle envie de crier, implique toi, renseigne toi, va les chercher, ramène les nous. Ne reste pas planté là.
Mais ces mots-là aussi mourraient au fond de sa gorge, étranglant au passage une douleur sans nom.

L’avocat quitta précipitamment la pièce sans ajouter une seule explication à son comportement. Amère et soudain pleine de colère, Erika attrapa le premier objet à sa portée et le jeta violemment à terre. Le téléphone de sa chambre avait dû en connaître de bien pires car il résista au choc. Elle le regarda rebondir à terre avec un mélange de frustration et de désespoir. Ravalant sa morgue, la flicette laissa retomber sa tête sur l’oreiller, fermant les yeux dans un soupir d’énervement. L’oreille tendue malgré tout, elle entendit le cirque d’August passer dans le couloir. Ses protestations accentuaient sa propre détresse. Elle cacha son visage de ses mains. A quoi croyaient-ils se confronter ? On aurait dit deux gosses capricieux à qui l’on avait oublié d’expliquer les règles. Deux gosses même plus capables de jouer ensemble sans se faire mal. Personne ne viendrait plus les séparer à présent. Ils étaient assez grands pour courir à leur propre perte en connaissance de cause.

Erika ne voyait pas comment vivre sans lui. C’était insensé mais elle ne voyait pas. Elle avait beau être entourée des meilleurs, avoir rebâti un entourage familial plus solide que le premier ; elle avait beau avoir souffert de nombreuses fois par les actes ou les décisions d’August ; elle ne voyait pas comment faire sans lui. Il ne fallait pas chercher de raison, d’argument, pas même de logique. C’était ainsi. Elle ne pouvait pas. Alors tandis qu’il beuglait dans le couloir qu’on vienne s’occuper d’eux, les informer, les rassurer, elle, attendait qu’il revienne.

Ce qu’il fit quelques instants après. Rentrant en trombe dans la chambre, évitant son regard pour se concentrer sur la vue à l’extérieur, il parla d’une voix malhabile et fermée :

Ça va. Tout...tout se passe bien, ils vont venir nous expliquer. »


Erika écrasa un petit soupir sec et résigné. Il mentait. Comment tout pouvait bien se passer quand on ouvrait encore les thorax des nouveaux-nés sans tenir les mères informées ? Dans quel genre d’hôpital l’avait-on amenée ?
L’avocat se tourna finalement vers elle, le regard troublé. Il s’approcha du lit sans prétendre y trouver sa place et répéta une nouvelle fois, ses yeux dans les siens :

Ils vont venir. »
Arrête de dire ça s’il te plait. »

Leur regard se trouvèrent sans plus pouvoir se détacher ni se détourner. Luttant contre des sentiments contradictoires, les doigts d’Erika glissèrent finalement contre ceux de l’avocat. Son visage cerné par la fatigue, la colère, la peur ne pouvait traduire la douceur de ce geste mais il suffisait de fermer les yeux pour sentir que tout n’était pas complètement abandonné. Elle n’était pas capable de mieux pour le moment. Elle sentait la détresse de l’avocat, au-delà de la rancœur, de sa colère, au-delà de tout ce qu’il aurait dû faire ou être en tant que père de ces deux enfants et qu’il lui avait abandonné sans l’ombre d’une explication plausible. Tout le temps où ils avaient été à l’abri dans son ventre, il avait pu feindre que rien n’allait jamais arriver, que leur monde n’était pas déjà bouleversé jusque dans ses fondations. Maintenant qu’ils étaient nés, maintenant qu’ils étaient de leur monde, en chair, en os, en cris et en pleurs ; il se prenait de plein fouet leur réalité. Sa réalité. Qu’il le veuille ou non, il était père de ces deux enfants. Et un de leur enfant était malade. L’autre sans doute en sursis. Qu’ils le veuillent ou non, ils étaient ensembles dans cette douleur. Ils la partageaient. Ils la vivaient dans le regard de l’autre. Aucun ne pouvait prétendre passer au-dessus de ça, ne rien ressentir, ne pas vouloir savoir.

On toqua doucement à la porte, tirant Erika de leur conversation silencieuse. Des blouses blanches entrèrent, nombreuses et solennelles. Des regards furent jetés discrètement à l’avocat, avertissements du calme à présenter après le remue-ménage qu’il avait orchestré, puis l’attention sembla se recentrer sur Erika. L’ensemble des regards convergeant vers sa silhouette en blouse, à moitié redressée dans le lit, le visage marqué par les événements de la journée, la jeune femme se sentit vulnérable. Ses doigts toujours glissés contre ceux d’August tressaillirent avant qu’une des blouses blanches ne se décide à racler sa gorge et parler.

Mme Stojanović, je suis le docteur Howard. Je suis chirurgien cardio-pédiatre. C’est moi qui ai opéré votre fils avec l’aide de mes assistants. »

Nouvel électrochoc. Complètement redressée dans son lit, Erika sentit son cœur s’emballer et battre plus fort dans sa poitrine. L’estomac noué d’angoisse, elle articula d’une voix blanche :

Comment il va ? »

Se raclant à nouveau la gorge, l’homme en blouse baissa un instant les yeux et expliqua :

Votre fils souffrait d’une pathologie rare qu’on appelle transposition des gros vaisseaux. Vous en avez peut-être entendu parler, c’est.. »
Je me fous de ce que c’est, le coupa-t-elle, comment il va ? Comment va mon fils ? Répondez-moi, bordel de merde ! »

Une autre blouse blanche voulut s’avancer pour s’interposer mais le premier médecin lui fit signe de ne pas bouger. Reportant son attention sur la flic furieuse dans son lit, il laissa finalement apparaître un sourire.

Et une phrase.

Votre fils va bien, Madame. Il est en vie. L’opération a réussi. »

Et à cet instant, ce fut trop.
Laissant échapper une exclamation étranglée, Erika sentit confusément les larmes monter tandis qu’elle hochait indéfiniment la tête, observant chacun des membres du corps médical sans plus pouvoir les distinguer, le regard embué. Sa gorge se serra d’une telle force qu’elle fut incapable de parler. Sa main chercha à tâtons l’avocat, attrapant son poignet qu’elle serra, serra, serra jusqu’à en avoir les jointures blanches et le souffle court. Elle n’entendit personne partir, elle n’entendit pas la puéricultrice lui annonçant le retour de son premier. Elle ne put qu’encaisser la violence de son soulagement. Les larmes coulaient de ses yeux sans vouloir tarir la source qu’elles formaient. Agrippée à l’avant-bras de l’avocat, la flicette ne parvenait pas à le lâcher. Sa main libre passait et repassait sur son visage, essuyant des torrents de larmes, palpant sa gorge toujours nouée, essayant de dissimuler derrière elle les sanglots qui remontaient lorsqu’elle inspirait. Sa voix pâle et exténuée ne cessait de répéter :

Il est en vie. Il va bien. L’opération a réussi. Il est en vie. Notre fils est en vie. »



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▬ Arrête de dire ça s’il te plait. »

Alors je m'arrête. J'obéis, car les souhaits d'Erika ne m'ont jamais paru si clairs que lorsqu'elle les exprime directement. Je ne dirai plus ça. Mais je ne sais pas quoi dire pour l'aider à aller mieux. Pour la rassurer sur la santé des deux nouveaux-nés.
Je ne peux plus tourner en rond, ça l'agace aussi. Si je ne parle pas, si je ne bouge pas, ce sont mes pensées qui s'égarent. J'imagine le médecin en blouse blanche recouverte de sang, j'imagine l'équipe entière autour d'un minuscule enfant au supplice. Puis j'imagine l'enfant, plus près. Son visage reste flou. Je ne vois pas ses yeux, je ne sais même pas s'il a des cheveux. Je ne vois que quatre membres  microscopiques et fripés, rosis. Ils sont deux comme ça. Deux bébés en pleurs, loin de moi, à portée de vue mais impossible à dévisager pourtant. Ma mâchoire se contracte un peu plus et la migraine dévaste tout. Une larme - encore ? - s'invite au coin de l’œil. Je vais exploser.

Puis les doigts d'Erika viennent au creux des miens. Je ramène mon regard à son visage et si la panique comme la tristesse l'affectent sérieusement, je retrouve des airs connus. C'est davantage un pressentiment, un ressentit familier. La façon dont elle me regarde, à moins que ce soit l'emplacement de sa main contre la mienne. Je resserre mon étreinte avec autant de compassion et de tendresse que possible. Je veux pouvoir la rassurer, mais je ne suis jamais plus maladroit qu'avec celle que j'aime.

Nos regards en communion nous suffisent. J'ai tant à dire, si peu à avouer. Les innombrables fautes, l'erreur première, ma culpabilité et l'incapacité totale à me faire pardonner. Je retiens les mots et accepte ce que Erika semble préférer pour l'heure. Juste le silence, nos peaux retrouvées et ses yeux si profondément ancrés dans les miens.

Une équipe médicale fini par faire son entrée dans la pièce. La légère trêve est aussitôt détruite. De nouveau la haine, la colère. Envers eux, personnellement, envers le monde entier. Toute cette animosité, si immense qu'elle semble traverser la chambre, remplir l'hôpital, se répandre en ville et ignorer les frontières. Immense et écœurante, lourde, aussi, je peine à la supporter.  
Je garde la main de la flicette pour seul sédatif.

Engendrée par les mots du docteur, l'imagination se remet en marche. Chirurgien, opération, pathologie. Fébrile mais immobile, j'attends qu'ils s'expliquent enfin. Mon inertie s'efface lorsque l'un des pantins ose faire un geste devant l'excitation d'Erika. Heureusement, le docteur en chef - ou je ne sais déjà plus son titre - lui indique de tenir place. Il a intérêt.

▬ Votre fils va bien, Madame. Il est en vie. L’opération a réussi. »

Son fils va bien. L'opération a réussi. Son fils... Notre fils est sauvé ? Je déglutis, comme après avoir encaissé un choc. Le souffle court et le regard vague, je ne sais pas si je dois dire "merci" "ok" "sortez" ou "bordel". Je ne dis rien de concret, je me contente de marmonner un truc - indéchiffrable - quand ils sortent. J'entends cependant parler du deuxième enfant. Il arrive. Je crois. Et l'autre ? Où est-il ? Peut-on le voir ? Va-t-il avoir des séquelles ? Dorment-ils ensemble ? Où sont leurs yeux putain ??!!!

Je ne craque pas. Je ne suis pas fou, pas encore. Mais Erika, après cette journée infernale et ces mois d'injuste solitude, s'effondre. Mon poignet commence à devenir douloureux et je ne vous parle pas de mon cœur. Voilà un organe bien trop malmené après tant d'années au mutisme. Il saigne, il pleure avec Erika autant que je reste visiblement impassible.
Si je craque maintenant ? Ça n'est simplement pas autorisé. Je n'ai pas le droit de partager sa joie, parce que j'ai fait le choix de ne pas partager la grossesse et, mauvais, j'ai carrément manqué la naissance de mes enfants.

▬ Il est en vie. Il va bien. L’opération a réussi. Il est en vie. Notre fils est en vie. »

...
Finalement j'envoie chier ma raison, les sanctions que je m'impose tout seul et cette étrange envie de souffrir rapidement pour rattraper tout le mal qu'elle a subit. Je ramène sa main contre moi pour plus de solidarité encore et, glissant l'autre contre sa joue, je rapproche nos visages en souriant.

« Il va bien. Nos fils vont bien. »

Si, c'est très bizarre. Oui, c'est surnaturel. Mais je n'ai pas réfléchi cette phrase, pas plus que j'envisage ce baiser que je viens déposer contre ses lèvres alors que les portes s'ouvrent une nouvelle fois. Je me recule pour accueillir la jeune femme qui, calmement, vient installer le minuscule lit que j'ai du voir plus tôt.
Cette fois, le lit n'est pas vide. Et comme si une part de moi nouvelle et envahissante venait d'être créée, elle se rempli brusquement d'une présence : mon fils.

La professionnelle s'adresse aux parents que nous sommes. Il n'y a pas de parents parfaits, je doute qu'il y ait beaucoup de parents aussi perdus que nous cependant. J'acquiesce, je l'entends sans l'écouter et ne quitte pas des yeux le petit truc vivant qui semble dormir paisiblement. La demoiselle est repartie je crois. Mais le petit, il est là, il respire, il entend sûrement. Il, s'appelle ?

« ... il est, petit. »

Je me suis rapproché sans m'en rendre compte. Curieux, totalement attiré. Quand je le réalise, je titube en arrière. Je ne veux pas mal faire, c'est pour ça que j'ai cru qu'il fallait simplement ne pas faire. Ne pas être présent, ne pas risquer d'influencer d'une façon ou d'une autre ces enfants chéris.
Apeuré par ce que je suis, je prends de la distance avec cet être vivant qui est et sera pour toujours le fruit de notre amour.

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MessageSujet: Re: Responsability, delay, hopes   Lun 4 Sep - 15:34

Son cœur et sa gorge lui faisaient mal. Elle sentait le rythme désordonné de ses battements. Sa tête lui paraissait sur le point d’exploser tant elle pleurait. Et ses larmes qu’elle ne parvenait pas à arrêter. On eut dit qu’elles se retenaient, s’emmagasinaient depuis tant de temps que plus rien ne pouvaient les stopper maintenant qu’elles avaient franchi le mur qui les retenait. Elle pleurait un océan de soulagement. Ses fils allaient bien, le plus malade des deux récupérait et l’autre était en pleine santé. Ils n’allaient pas mourir. Elle allait pouvoir les voir. La pensée se frayait lentement un passage au milieu des décombres de ses angoisses, tues si longtemps.

Sa main toujours agrippée au poignet de l’avocat, Erika ne parvenait pas à le lâcher. Sans doute était-ce la peur indicible de le voir décamper maintenant que ses barrières à elle avaient explosé et révélé la fragilité de son état d’esprit. La main d’August vint néanmoins raffermir la prise qu’elle avait. Sans un mot, il glissa l’autre sur son visage, essuyant les sillons de larmes, soutenant sa mâchoire avec une douceur ferme. Son regard se posa dans celui d’Erika en même temps qu’un sourire sur ses lèvres.

Il va bien. Nos fils vont bien. »

Et tandis que les mots s’inscrivaient dans son esprit comme la pure et simple vérité, celle qui soulage et autorise rien qu’un instant à respirer plus librement, l’avocat déposa un baiser sur ses lèvres. La tendresse dans ce geste, leurs différents, sa grossesse, son accouchement, tout cet ensemble de sentiments contradictoires freina la jeune femme. Elle ne sut comment lui rendre ce qu’il venait de lui offrir. Elle ne sut comment réagir correctement. Comment réagir tout court. Le regardant reculer au son de la porte qui s’ouvrait, elle l’observa en silence, le cœur mêlé d’émotions étranges. Elle aurait pouvoir lui dire de revenir, se rapprocher, lui laisser le temps de réapprendre, de se souvenir d’eux. Une forme caractéristique près de la porte, entrant dans la chambre, attira néanmoins son attention avec une irrémédiable force de gravitation. L’auxiliaire approcha le berceau près des jeunes parents. Captivée par la moitié de visage qu’elle distinguait, Erika se redressa et n’entendit pas ce qu’on leur prodiguait comme conseils. Son regard était braqué sur le bout de ce nez, sur ces paupières fermées. La porte se referma et tout aussi subjugué, l’avocat s’approcha. Penché au-dessus du berceau, il souffla :

... il est, petit. »

Sa voix était hésitante. Emue. Erika lui accorda un regard, saisissant une expression précieuse sur le visage de l’avocat avant que celui-ci ne recule et ne la regarde avec un air d’inquiétude. Il ne se sentait pas prêt. Pas tout de suite. Reportant son attention sur le petit être endormi, Erika ne se posa même pas la question d’être prête ou non. Elle avait besoin de répondre à un besoin. Un besoin qu’elle avait dû laisser en suspend dès l’accouchement terminé. Un besoin qu’elle pouvait à présent combler.
S’asseyant complètement dans son lit, elle approcha d’une main le berceau de son matelas et contempla le petit être endormi dedans. Elle se laissa le temps. Elle intégra silencieusement l’idée qui s’était déjà frayé un chemin dans son cœur et son esprit. Cet enfant était le sien. Celui d’August. Leur enfant à tous les deux. Elle l’avait attendu neuf mois et il était enfin là. Présent. Vivant. Elle entendait sa minuscule respiration d’oiseau.
Le sortant avec toute la délicatesse du monde de son cocon de couverture, elle le prit sur elle, le plaça contre elle. Tout doucement. Le nouveau-né sembla réagir dans son sommeil, fronçant son petit nez, fermant ses poings. Ils entendirent un petit geignement de protestation qu’Erika calma instinctivement du son de sa voix. Le voyant se rendormir, elle caressa du bout des doigts son visage à la douceur incomparable et commença à le bercer d’un léger balancement de son bras. Elle ne pouvait cesser de le regarder. Elle ignorait d’où lui venaient ses gestes ; elle avait déjà tenu des bébés dans ses bras, en de rares occasions mais aucune de ces expériences n’étaient comparables à celle qu’elle vivait en ce moment. Elle avait l’impression de tenir le centre de l’univers. Comme si tous les éléments s’étaient réarrangés autour d’elle. Plus rien n’avait d’importance à présent si les besoins, les désirs, les rêves de cet enfant et celui attendant de les rejoindre n’étaient pas satisfaits. Il était difficile de décrire ce qu’elle ressentait à tenir leur fils entre ses bras. Elle sentait qu’il la changeait. Que tous les deux l’avaient changée déjà en annonçant leur arrivée mais qu’à présent qu’ils étaient physiquement là, qu’elle pouvait les tenir, les toucher … Elle ne pouvait plus réellement n’être qu’elle-même. Elle ne pouvait plus compter que pour elle ou pour l’avocat. Elle avait un nouveau rôle à jouer. Un rôle bien plus difficile que celui de courir après les méchants, de sauver la veuve et l’orphelin.

N’entendant plus le son de sa voix, la jeune femme releva la tête, cherchant l’avocat du regard. Elle savait parfaitement que les choses n’étaient pas aussi évidentes pour lui que pour elle. S’ils n’y connaissaient rien ni l’un ni l’autre en matière de bébés (hormis la façon de les faire), elle se doutait que de nombreuses choses seraient de plus gros obstacles pour August que pour elle. Il y avait quelque chose d’instinctuel chez elle qui dormait probablement encore chez lui. Il allait falloir se montrer patient. Laissant leur regard se croiser, Erika mit ce qu’elle put de côté pour le regarder et proposer :

Tu veux venir saluer ton fils ? »

Ses yeux à elle hésitaient. Elle ne savait sur quel pied danser. Colère ? Pitié ? Tristesse ? Regrets ? Rien ne lui allait, elle naviguait d’une émotion à une autre, attendant celles de l’avocat pour se fixer. Elle aurait aimé que les choses soient plus simples. Elle aurait aimé ne plus réfléchir autant.
Elle aurait aimé l’aimer point barre. Sans concession, sans réflexion.

Approche toi, s’il te plait. »



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MessageSujet: Re: Responsability, delay, hopes   Mer 6 Sep - 14:35

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responsability, delay, hopes

♦♦♦♦♦





Finalement Erika s'approche du berceau à son tour. Avec beaucoup de discrétion, presque en retenue. Je la regarde faire, fasciné par la scène qui se déroule sous mes yeux, comme s'il s'agissait d'une chose magique, exceptionnelle. Mais c'est le cas, en fait. Erika est en train de soulever notre enfant et de le blottir contre son cœur, là où je n'en doute pas un instant : il sera le plus heureux. Le plus en sécurité aussi.
Le mien, de cœur, se serre encore. Je ne les quitte pas des yeux, impressionné par sa façon d'apaiser le nourrisson, tout aussi béat devant ce petit être qui respire devant moi depuis presque cinq minutes déjà. Et c'est parti pour toute une vie ;

Je ressens différentes choses, agréables et douloureuses à la fois, toujours fortes. Il y a d'abord l'appréhension qui, elle, ne m'a pas quitté depuis que nous avons appris la grossesse de la flicette. Elle prend une autre forme, plus concrète, plus amère. Je l'étouffe comme je peux. Il y a aussi une immense rancœur, contre cette mauvaise mère, contre ce père que j'ai récemment retrouvé - toujours aussi incapable, contre celui que je suis, bien sûr. Absent depuis si longtemps, tombé volontairement dans un tourbillon de silence et de vide, de manque, de désolation. Tous ces mois sont perdus et je ne sais toujours pas comment devenir suffisamment bien pour eux. Eux trois. Enfin, il y a cette surprenante fierté. Mon regard pétille de satisfaction et d'amour. Erika est radieuse, j'observe une femme qui craignait tant et qui, sans surprise pour moi, est déjà une mère formidable. Les pulsations de mon cœur battent vivement pour elle, mais pas seulement. L'organe ne s'est pas divisé en trois, il n'a pas enflé non plus. Il bat maintenant pour ma famille, exactement de la même manière qu'il a toujours battu pour Erika.
A travers l'amour que j'éprouve pour la jeune femme, j'aime les deux garçons. Mes enfants.

▬ Tu veux venir saluer ton fils ? »

« 'sûr ! »

Dis-je trop spontanément, craignant surtout de la contrarier. Je finis quand même par comprendre le sens de sa question et mes jambes se figent au sol. Mes mains se rejoignent dans un frottement nerveux et je m’éclaircis la gorge, si inquiet.
Pourquoi aller noircir ce tableau parfait ?

▬ Approche toi, s’il te plait. »

Parce qu'Erika me le demande. Je hoche simplement la tête et contourne le berceau pour venir, si possible, m'assoir près de la demoiselle. C'est elle qui monopolise toute mon attention. Je dessine du regard le contour de son visage et la proximité à nouveau me réchauffe. Elle est si belle. Mais elle n'attend pas que je l'aime aujourd'hui. Mes responsabilités nouvelles doivent être gérées dès maintenant. Constamment.

Je déglutis et pose enfin mes yeux sur le si petit bébé. Il n'a pas changé, depuis trois minutes. Quoiqu'il semble moins embarrassé. Ses sourcils ne grimacent plus et sa respiration calme, si discrète, est un bruit que je trouve affolant. Parfois le souffle paraît trop rapide, parfois il tarde trop à venir et mon pouls s'affole !
Doucement, j'ouvre ma main au dessus de l'enfant, à hauteur de son ventre, et l'approche, le recouvrant à moitié tant il est minuscule. La chaleur de mon corps se diffuse tendrement contre lui et je reste là, hésitant, conquis, souriant. Il ne dit rien. Il ne pleure pas quand je suis si près et j'en suis ému ;

« Merci. »

Plus rien n'existe. Et pourtant il va falloir tenir compte de si nombreux détails à présent ! Ma seconde main s'invite dans le dos d'Erika, que je lâche dès qu'elle bouge - sans être sûr qu'il s'agissait d'un geste contestataire - et me contente alors de poser mon épaule contre la sienne, penché sur notre enfant.

« Il faut peut être leur donner un prénom... Tu l'as fait ? » J'attends sa réponse mais déjà d'autres questions me viennent, je m'agite un peu. « Est-ce qu'il faut que j'aille en mairie ? Tu t'es occupée de tout. » Forcément, puisque j'étais absent. Mais Erika a des besoins aussi. J'indique l'extérieur, prêt à bondir hors de la chambre sur sa demande : « Si tu veux, je vais demander si... »

Le petit être entre ses bras émet un grognement certes léger qui me coupe pourtant la parole. Déjà. On dit que les bébés connaissent la voix de leur père, à condition d'avoir été là durant la grossesse. Me reconnait-il, ou au contraire, suis-je en train de l'effrayer ?
Je n'ose même pas me lever.

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MessageSujet: Re: Responsability, delay, hopes   Sam 9 Sep - 18:53

Obtempérant en silence, l’avocat contourna le berceau pour venir s’asseoir au bord du lit, côte à côte avec elle. Ses bras entourant l’enfant, Erika gardait son attention sur les réactions d’August. Il avança lentement une main, semblant hésiter sur la façon dont on pouvait toucher un bébé de quelques heures à peine de vie. Ses doigts puis sa paume se posèrent finalement sur le ventre emmailloté. Le corps tout entier de l’avocat sembla se détendre face à la non-réaction du nourrisson. Guettant ses expressions, Erika sourit malgré elle. De façon logique, elle avait craint et continuerait probablement de craindre un moment les réactions d’August face aux enfants. Il s’était enfui en apprenant sa grossesse, ne s’était montré que peu présent durant celle-ci et avait carrément disparu de la circulation le jour J … Elle ne s’attendait pas à un père exemplaire en la personne de l’avocat. Néanmoins, à sa manière et compte tenu de son passif paternel, il avait tenté de faire des efforts. Elle les avait remarqués. Ce ne serait probablement jamais suffisant pour prétendre élever ces enfants ensemble mais cela tempérait malgré tout les réactions d’Erika. Elle lui aurait formellement interdit de voir les enfants s’ils n’avaient pas renoué une forme de contact ; d’ailleurs elle ne l’aurait certainement jamais informé de leur naissance, de leur présence ou de leur état de santé. August avait cependant refait surface dans sa vie, tentant d’y retrouver une place dont ils semblaient ignorer tous deux l’importance pour l’instant. Elle-même ignorait ce qu’elle souhaitait exactement. Sa tête lui disait une chose, son cœur le contraire, sa fierté blessée ne voulait plus entendre parler mais si l’on interrogeait son instinct de mère nouvellement révélé ; il fallait un père à ces enfants. Et pas n’importe lequel. Alors le voir approcher sa main de l’enfant, essayer de le toucher, de prendre conscience de ce qu’ils avaient faits par amour, oui, cela la faisait sourire. C’était une petite victoire en soi.

Sentant une main glisser dans son dos pour y apposer sa chaleur, Erika voulut se rapprocher de l’avocat à ses côtés mais le mouvement contraria l’intention et la main s’éloigna de son dos, ne voulant pas vexer. August resta néanmoins proche d’elle mais la jeune femme ressentit une pointe d’amertume sur sa réaction. Il avait peur de la toucher. Elle tâcha de passer outre, posant à nouveau ses yeux sur l’enfant endormi. Des questions émergeaient doucement dans son esprit, les choses qu’elle avait prévu avant d’arriver en salle d’accouchement, les choses qu’on attendait neuf mois avant de pouvoir les concrétiser. L’avocat fit comme de coutume, écho à ses pensées.

Il faut peut être leur donner un prénom... Tu l'as fait ? » Puis sans vraiment accorder de temps à la réponse, il ajouta : Est-ce qu'il faut que j'aille en mairie ? Tu t'es occupée de tout. » Soudain agité, il désigna l’extérieur d’une main tout en la questionnant : Si tu veux, je vais demander si... »

S’immobilisant en pleine phrase, le regard de l’avocat tomba sur le petit grognement contrarié que venait de faire leur enfant. Paralysé, il se tut et ne bougea pas d’un cil, les yeux toujours fixés sur le nouveau-né. La scène tira à nouveau un sourire à la jeune femme. Posant une main délicate sur le poignet de l’avocat pour l’arrêter, elle raffermit sa prise de l’autre sur l’enfant qui cessa de ronchonner.

Détends toi. On verra ces détails d’administration plus tard. Tu auras tout le temps du monde pour reconnaître tes fils en tant que tels. »

Laissant la portée de sa phrase l’atteindre en douceur, elle lâcha son poignet pour récupérer le bébé à deux mains et se lever pour le reposer dans son berceau. Elle remit les couvertures avec précaution, évitant de réveiller l’enfant avant de s’en détourner pour jeter un œil à la chambre. Cillian avait laissé son sac quelque part, ils étaient venus avec de l’appartement. Le localisant finalement sur la banquette au fond près de l’armoire, Erika s’en approcha à pas presque maladroits. Le contact du carrelage froid couplé à la fatigue d’avoir travaillé pendant des heures pour accoucher de ses deux enfants lui donnaient cette démarche malhabile. Arrivée à son sac, penchée dedans elle sortit des affaires à elle, des affaires pour les jumeaux, ses papiers desquels elle extirpa finalement un bout de papier griffonné d’une série de noms. Elle l’observa une seconde, être sûre que c’était bien celui-là et se redressa. Le lever fut un peu brusque et elle ressentit instantanément le vertige dont on l’avait avertie. Vacillant sur ses deux jambes, elle posa une main contre l’armoire près d’elle pour laisser passer la sensation.

Ça va. Juste un vertige. » fit-elle à l’attention de l’avocat.

Elle revint s’asseoir prudemment, la liste toujours en main. Son épaule à nouveau contre celle d’August, elle lui montra son bout de papier. Y figurait une double liste de prénoms, la plupart écrits puis finalement barrés, certains réécrits à côté des ratures, résultat de nombreuses heures de brainstorming avec elle-même puis consultation d’avis autour pour être sûre de ne pas donner le prénom le plus ridicule de l’année à ses enfants. Sur chaque colonne figurait un nom, un seul, qui n’était ni barré ni raturé. Erika les avait finalement entourés pour retenir son choix sur ces deux-là. Elle n’avait pas consulté l’avocat pour ça mais elle doutait qu’il y voit un inconvénient. Comme pour tout, il y avait certaines choses pour lesquelles il ne fallait pas donner trop d’opportunités ou de possibilités aux hommes. Sinon ils étaient perdus. August était réduit à un choix assez simple :

A toi de choisir qui aura quoi. »

Le laissant à sa réflexion, Erika reposa son attention sur le berceau en attendant. Elle ignorait quand ils pourraient voir leur deuxième enfant. Après l’opération qu’il avait subie, combien de temps les médecins estimaient-ils devoir le garder en surveillance loin de ses parents ? Maintenant qu’elle avait fait connaissance avec le premier, la jeune femme n’aspirait qu’à une chose : voir le deuxième. Réunir ses jumeaux, sa famille. Apprendre à s’occuper d’eux. Une longue route les attendait. Elle était avide de la démarrer. Avide et malgré tout nerveuse. Serait-elle à la hauteur ? Etait-elle capable de s’occuper de deux enfants en même temps ? La perspective d’un seul l’avait déjà rendue anxieuse.

Erika sentait néanmoins que ses peurs avaient perdu de leur teneur comparées à l’instant où on lui avait annoncé qu’il s’agissait de jumeaux. Il s’agissait plus pour le moment de fantômes d’angoisses face à une tâche que tout un chacun savait difficile. Après tout, peut-être ferait-elle une moins mauvaise mère que la sienne ? Le doute autant que l’espoir étaient permis.

Appuyant un peu plus de son poids sur l’épaule de l’avocat pour attirer son attention, la jeune femme redirigea son regard dans le sien et demanda :

Alors, Nino, ou Oscar ? »

Ajoutant pour le titiller, un sourire déguisé dans la voix :

Choisis bien, il va devoir porter ça toute sa vie. Et je lui dirai que c’est toi qui as choisi. »



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MessageSujet: Re: Responsability, delay, hopes   Mer 13 Sep - 15:17

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Je m'imagine des montagnes de difficultés, des démarches fastidieuses - et emmerdantes surtout - que je n'ai aucune envi de subir. Et pourtant. Je pose la question car je sais qu'il va falloir les entreprendre et je n'ai pas l'intention de laisser Erika gérer seule. De plus, puisque je suis le père, certaines de ces démarches me concernent directement. Je suis terrorisé à l'idée d'effectuer ces corvées sans son aide, je l'admets. Je suis sûr qu'elle n'est d'ailleurs pas dupe et le sourire conciliant qu'elle m'offre avec ces quelques mots rassurants en sont la preuve ;
Je la remercie d'un hochement de tête. Vraiment ? J'ai le temps pour tout ça ? Ces choses ne sont-elles pas censées se faire dans l'urgence ? Je ne dis rien, ma confiance en Erika est totale et ma capacité à agir dès à présent est nulle ...

Notre fils est déposé dans son berceau sans que je le quitte des yeux. Les déplacements ne semblent pas le déranger, il continue de dormir, paisiblement, le visage apaisé et la respiration régulière.
C'est lorsque Erika s'éloigne que je replace sur elle mon attention. Une légère nostalgie me tient devant sa beauté, puis je bondis en la voyant tituber.

« Eh !!! »

▬ Ça va. Juste un vertige. »

Juste un vertige ? Je dois être rassuré ? Je n'ose pas m'approcher mais je la couve d'un regard à la fois paniqué et sévère, tant qu'elle n'est pas de retour sur le lit. Je ne sais pas si cet état de fatigue est normal, je suppose que oui.
Pas moyen d'articuler mes remontrances, la jeune femme est revenue avec un document qui prend un caractère ultra précieux. Des prénoms. Rayés, pour la plupart. Mais pas tous, non, deux d'entre eux ont visiblement échappé à l'exigence de ses goûts ;

Et la sanction tombe. A moi de choisir, dit-elle. Pour me punir de ne pas être à l'initiative de cette liste ? De ne pas l'avoir agrémentée ? De n'avoir jamais su imaginer un prénom pour mes enfants ? J'essaye de ne pas mal prendre sa demande.
La sanction n'en est peut être pas une. Quelque part, c'est presque un cadeau. Le choix n'est plus à faire - et c'est tant mieux - mais il reste à nommer les bébés. Mes bébés.

▬ Alors, Nino, ou Oscar ? [...] Choisis bien, il va devoir porter ça toute sa vie. Et je lui dirai que c’est toi qui as choisi. »

Sa pique me fait froncer les sourcils et j'ouvre la bouche, feignant d'être totalement choqué. C'est une honte de dire ça ! Surtout que si ce n'est pas celui-ci qui se lamente de son prénom, ce sera le second !

« Je lui dirai que j'ai choisi dans ta liste ! »

Je finis par sourire, rendant le léger coup d'épaule à Erika. Plus léger encore. Elle paraît si fragile. Quelqu'un a-t-il pensé à la nourrir depuis l'accouchement ?
Mes doigts jouent nerveusement entre eux, puis viennent s'agripper au berceau. Je veux voir l'autre petit. Comme si les avoir devant moi, tous les deux, rendrait le choix moins difficile. Comme s'ils avaient déjà leur prénom et que je saurai les différencier en les comparant.

« Nino. C'est Nino. Parce que Oscar sonne plus solide. »

Parce que je veux que mon fils tout juste opéré soit fort. Parce que je sais, qu'après cette épreuve, il est peut être déjà plus fort que son frère indemne. Parce que j'ai besoin que la tendresse de ce bébé sous mes yeux soit éternelle et que le prénom Nino lui colle déjà si bien ;
Parce que je ne sais pas. Nino. C'est ainsi.
Sauf en cas d'objection de la mère, cela va sans dire.

« ...Je veux voir l'autre. »

Je me frotte le menton dans un soupir mal contenu. Nous savons que notre bébé a supporté l'opération et qu'il va bien. Mais l'anxiété est toujours présente, il faut croire qu'elle ne partira pas tant que je n'aurai pas constaté moi-même l'état de santé de mon fils.

Je finis par me lever, intenable.

« Je vais demander où ils en sont, ils nous l'emmènent peut être bientôt ! »

En glissant un regard au bébé, je viens déposer un baiser sur le front de ma flicette. Je me retire ensuite, étrangement rempli d'énergie.

« Je te ramène à manger ! Un vrai truc. Tu veux un café aussi ? »


(c)syndrome


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MessageSujet: Re: Responsability, delay, hopes   Mar 26 Sep - 20:32

Nino. C'est Nino. Parce que Oscar sonne plus solide. » déclara finalement l’avocat en contemplant l’enfant de nouveau endormi.

L’ébauche d’un sourire s’esquissant au coin de ses lèvres, il semblait perdu dans sa contemplation et ses pensées. Erika le regarda un instant avant de laisser son attention revenir naturellement à leur enfant. Nino. Elle hocha intérieurement la tête. Oui, cela lui allait comme un gant. Et comme si leurs pensées se faisaient écho les unes aux autres, l’avocat ajouta dans un soupir :

...Je veux voir l'autre. »

Il se leva, accompagné par le regard d’Erika qui préféra rester assise. A nouveau, la tension sembla le gagner. Traversant la pièce à pas vifs pour rejoindre la porte, il s’arrêta juste devant, avant de se retourner pour croiser son regard :

Je vais demander où ils en sont, ils nous l'emmènent peut être bientôt ! »

Etant donné qu’elle s’était arrêtée à ‘votre fils va bien, l’opération a réussi’ dans le discours du médecin, elle ne trouva rien à ajouter au fait que l’avocat aille se renseigner. Dans le pire des cas, on lui refusait l’information ; dans le meilleur, ils sauraient à quoi s’en tenir. La meilleure nouvelle était de toute manière déjà tombée, la catastrophe avait été évitée, il ne pouvait rien à arriver de grave à présent. Il ne pouvait que se remettre. C’était du moins ce qu’elle avait besoin d’entendre.  Acquiesçant au plan de l’avocat, elle eut une pensée reconnaissante lorsqu’il lui proposa de ramener à manger. Voilà une chose à laquelle elle n’avait pas pensé depuis un moment et qui s’annonçait la bienvenue. La porte se referma sur August et le silence retomba dans la chambre.

Instinctivement le regard d’Erika se reporta sur le berceau. L’enfant dormait toujours, paisible. Ce bref contact avec ses parents ne semblait pas l’avoir secoué ni perturbé. Les choses lui semblaient plus naturelles qu’elles ne l’étaient pour les deux adultes. Erika était notamment fascinée par ses propres réactions. Le centre du monde semblait avoir dérivé du cœur de la terre. Son centre gravitationnel, ce vers quoi tout la ramenait avait changé en l’espace d’une nuit. Il lui semblait qu’il en était de même pour l’avocat. Son regard avait peiné à se détacher de Nino. Il peinerait probablement autant si ce n’est plus en découvrant Oscar. Il était néanmoins rassurant pour la jeune femme d’observer ce genre de comportements chez August.
Elle s’était préparée, elle avait eu neuf mois pour se rendre compte de l’absence et du vide qu’il était capable de générer autour de lui. Elle n’avait pas attendu autant d’attention le jour de la naissance, ni la réaction de muette fascination qu’il avait eu en touchant Nino pour la première fois. Ils étaient loin du père idéal, ça c’était certain mais Erika ne se leurrait plus depuis longtemps à ce sujet ; il ne serait jamais le père qu’elle avait eu. Jamais. Et elle devrait malgré tout apprendre à ses enfants à aimer leur père tel qu’il était. Cela ne signifiait pas qu’elle ne lui en tiendrait pas rigueur ou que les jumeaux comprendraient mais au moins aucun des trois ne se berceraient jamais de douces illusions. August allait faire de son mieux, ça elle en était certaine mais son mieux, ne serait peut-être pas toujours suffisant. C’était comme ça.

Se penchant à nouveau sur le berceau, elle s’émerveilla encore une fois de la naissance de leurs fils. Sans doute était-ce la fatigue, le stress de ne pas les avoir avec elle tout de suite, l’attente angoissante dans sa chambre et l’arrivée de l’avocat ensuite qui généraient ce sentiment mais elle avait par moments des difficultés à réaliser où elle était, ce qu’elle avait accompli. A quel point sa vie était changée à présent. En regardant Nino, elle avait la sensation de le redécouvrir, une fois encore. Malgré le sommeil dans lequel il était plongé, elle ne résista pas à la tentation de le reprendre sur elle. Elle avait attendu neuf mois de pouvoir les tenir contre elle, ce n’était pas pour se priver maintenant.

S’installant le dos contre son oreiller, le plus confortablement possible pour eux deux, Erika ramena d’une main ses cheveux derrière sa nuque tout en tenant le bébé de l’autre. Le mouvement sembla perturber le sommeil du nouveau-né qui froissa à nouveau le centre de son visage, sans pour autant ouvrir les yeux. Le ramenant contre elle, elle ne le quittait pas des yeux, attentive au moindre de ses mouvements pour être sûre de ne pas lui faire de mal. L’avocat craignait peut-être de les toucher mais elle n’était pas forcément toujours plus à l’aise pour le moment. Elle sembla néanmoins saisir le message discret que les lèvres de son enfant lui firent passer. Ouvrant et refermant sa bouche, laissant parfois apparaître un bout de langue dans un petit bruit de succion, il manifesta ce qui parut à Erika être de la faim. La jeune femme se tendit malgré elle, incertaine de l’idée de faire ça toute seule. Et si elle s’y prenait mal ?
Elle jeta un regard vers la porte, un autre vers la sonnette près de son lit. Elle pouvait toujours appeler. Au besoin. Elle reporta son attention sur l’enfant qui se réveillait de plus en plus et à nouveau, écouta son instinct. Le posant sur ses cuisses à demi repliées pour le caler, Erika retira les premiers boutons de sa blouse et l’ouvrit avant de récupérer Nino. Elle le coucha sur son bras, sa tête au creux de son coude, une main sur les fesses, adoptant une première position maladroite mais que les deux corrigèrent petit à petit. Tendue comme un arc, guettant à la fois les bruits du couloir et les réactions de son fils, Erika lui présenta un sein. Elle n’eut guère le temps de se demander si les bébés étaient formatés dès la naissance à manger et déglutir ce qu’on leur mettait sous le nez que Nino lui démontra ce que des générations de bébés avaient été capables de faire avant lui : reconnaître l’odeur de leur mère et celle de ses seins. Là où la vie se trouvait pour lui. Comme s’il avait toujours su quoi faire, il ouvrit une bouche qui sembla immense à la jeune femme et la colla contre elle pour commencer à manger. Au début, il ne se passa pas grand-chose, ce qui le frustra et l’engagea à téter plus fort. L’observant et le ressentant jusqu’au bout de sa poitrine, Erika n’osa dire un mot, à peine arrivait-elle à respirer. Lorsqu’il eut pris le rythme et se laissa complètement aller contre elle, elle commença doucement à se détendre. Elle était néanmoins loin d’être totalement relaxée comme le prouva le sursaut qui la secoua en entendant la porte se rouvrir.

Ah mais je vois qu’on a déjà fait connaissance avec maman ! Ça va madame la position ? Je peux vous aider sinon, j’ai peur que là vous n’attrapiez des courbatures. Tenez, regardez … »

Approchant, la puéricultrice aida en quelques gestes avisés Erika à mieux caler son dos et poser son bras sur un oreiller pour ne pas la fatiguer et permettre à l’enfant de boire correctement. Elle glissa quelques conseils supplémentaires qu’Erika écouta avec attention malgré son entière concentration sur les faits et gestes de Nino. Lui proposant de repasser plus tard pour lui expliquer la suite de ce qu’il y avait à savoir et répondre aux éventuelles questions des parents, la puéricultrice sortit. La porte n’eut pas le temps de se refermer complètement qu’on entra à nouveau. Cette fois, Erika ne sursauta pas. C’était August qui lui apportait son repas. Redressant lentement la tête pour le regarder, elle demanda directement :

Alors ? Tu en as su plus ? »



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MessageSujet: Re: Responsability, delay, hopes   Dim 8 Oct - 14:09

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En quittant la chambre d'Erika, je me sens presque coupable. Pourtant je m'en vais pour mieux revenir, avec de quoi déjeuner pour la jeune maman et, j'espère, des informations concernant notre fils Oscar.
Un sourire fier barre mon visage à cette simple pensée. Il va bien, je veux croire que c'est une certitude, alors je souris. Et pouvoir nommer ces petits êtres leur donne un caractère plus réel encore. Oui ils sont bien là, tous les deux, près de nous, bientôt. Près de leur mère du moins et c'est le plus important. Voici quelques minutes à peine que je la vois s'occuper de Nino, juste sa présence aux côtés de l'enfant démontre à quel point elle avait tord de douter : c'est déjà une mère parfaite.

A défaut de croiser du personnel médical, visiblement tous très occupés à droite à gauche, j'atterris dans une cafétéria au rez-de-chaussée. Des familles attendent, souvent des hommes avec enfants, probablement en visite, en attente d'une naissance. Cette image bizarrement ne m'amuse pas. Je passe en vitesse devant eux et atteins un distributeur douteux. Heureusement une jeune femme derrière un comptoir me propose son aide et je peux acheter deux sandwichs chauds pour Erika et moi. Une boisson et un paquet de gâteaux plus tard, je remonte, pensif.

Erika va élever deux enfants. Mes enfants. Sa vie est désormais entraînée sur un sentier si ce n'est tout tracé du moins fortement orienté. J'ai peur, toujours, je suis terrorisé. Par ailleurs, et c'est bien nouveau : je suis frustré. Je veux l'aider. Pire encore, je ne veux rien manquer !
En croisant une infirmière je mets ces pensées de côté et demande des nouvelles de mon petit. Honnêtement, si la jeune femme fait tout pour être rassurante, son discours n'est pas très clair. J'estime avoir compris et me rends dans la chambre après avoir laissé une autre professionnelle en sortir ;

▬ Alors ? Tu en as su plus ? »

Je marque un temps d'arrêt en remarquant que l'enfant n'est plus dans son berceau. Il me faut deux secondes avant de comprendre que Nino est contre sa mère. Occupé. Je hoche lentement la tête avant de pouvoir répondre :

« Oui... oui ils avaient besoin de le garder en repos après l'intervention mais apparemment il va pouvoir venir récupérer ici, avec vous. »

Avec nous. Le portable vibre frénétiquement dans ma veste depuis que j'ai quitté le bureau mais je ne m'en affole pas. Rien ne semble avoir d'importance, rien, seulement eux trois. Je n'ai aucune envie de partir. Pas sans les avoir vu réunis et saufs.

« Il mange ? »

Dis-je en désignant le nourrisson d'un geste du menton, comme si la réponse n'était pas évidente. Je pose les sandwichs sur la petite table à proximité du lit d'Erika et reste à une distance relative. Assez près pour partager l'instant je pense, suffisamment loin pour leur laisser l'intimité dont ils ont besoin.
C'est pathétique de voir à quel point je suis devenu embarrassé d'indisposer celle que j'aime. Nous étions si proches à une époque pas si vieille que ça.

« Si tu veux, je peux repasser... Tu n'as besoin de rien d'autre ? Quand est-ce que tu sors ? Et, si je reviens demain vous serez toujours dans cette chambre ? »

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